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La portée des mots

Un artiste raconte l'histoire touchante et percutante d'une de ses chansons, en abordant des thèmes qui lui sont chers.

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Davy Poulin - Mal à quoi?

Des rencontres avec des auteurs-compositeurs-interprètes francophones.



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture [Début information à l'écran

Le paysagiste «Mal à quoi?»

[Fin information à l'écran]

À Sudbury, en Ontario, GEORGE STEPHEN arrive à son domicile. Il y entre et se prépare tranquillement un café.


DAYV POULIN (En aparté)

George m'a dit que,

pour lui, quand il était jeune,

un chez-soi, c'était un endroit

où un papa et une maman vivaient

ensemble, quelque chose que lui,

il a jamais connu.

Il a passé 23 ans dans la rue,

il vivait des soupes populaires.

Mais ça lui arrivait souvent

d'imaginer un chez-soi,

n'importe lequel. Aujourd'hui,

quand on lui demande qu'est-ce

que c'est, avoir un chez-soi, il

répond la sécurité, la

chaleur... Mais il dit que c'est

plus que les quatre murs qui nous

entourent, qu'au final, ça vient

de l'intérieur. Que ça vient du coeur.

(DAYV POULIN marche sur un trottoir gelé, puis dépose son étui à guitare par terre devant un restaurant. Il se met à chanter et jouer de la guitare.)



DAYV POULIN

♪ Pardonne-moi mes douleurs ♪

♪ Attrapons des couleurs ♪

♪ Quand la folie fuit ♪

♪ You cannot make a sound ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ La lune, ma lampe veilleuse ♪

♪ Consume mes nuits joyeuses ♪

♪ S'il fait froid dehors ♪

♪ I still sleep on the ground ♪


DAYV POULIN (En aparté)

Moi, c'est souvent

de même, quand je compose une

mélodie, je chante n'importe

quoi, puis ça fait juste sortir.

Il y a souvent une ou deux ou

trois ou plusieurs lignes qui

restent, qui reviennent. Puis pour

Mal à quoi,

justement, ça semblait pointer

vers le sans-abrisme. J'ai dit, OK,

ça se peut, c'est logique,

ça pourrait être quelque chose

de cool.


DAYV POULIN

♪ Prendre le temps ♪

♪ D'écouter le vent ♪

♪ Refroidir le sang ♪

♪ Dans mon corps ♪

Si j'essaie de me mettre dans la

peau d'un sans-abri ou quelqu'un

qui a des problèmes mentaux ou

qui n'a pas assez d'argent pour

nourrir sa famille, bien, c'est

quoi? Je me sentirais comment?

C'est quoi les préjugés? Alors,

c'est aller de là.

Puis ça a été un bel exercice.

Puis ça continue de l'être.

♪ On y passe ♪

♪ Ah, ah, ah ♪

♪ Tour à tour ♪

♪ En première classe ♪

(Par une froide journée d'hiver, DAYV POULIN discute en marchant aux côtés de GEORGE STEPHEN, un ancien sans-abri.)


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

… comme lorsqu'on a vu cette femme

un moment donné, tu sais, elle disait:

« Te souviens-tu de moi? ». Est-ce que

ça t'arrive encore souvent?


GEORGE STEPHEN

(Propos traduits de l'anglais)

Pas mal, pas mal, oui. Il y en a dont

je ne me souviens même plus.

Ils ont mon âge, mais ils ont l'air

d'avoir 70, 80 ans à cause des drogues

et du mode de vie, je suppose.


DAYV POULIN (En aparté)

George, c'est une personne

vraiment, vraiment spéciale. On

va pas en rencontrer deux, dans la

vie, des George, c'est certain.

C'est une personne unique et une

personne qui a vécu des choses

incroyables, des périodes très,

très difficiles. Une vingtaine

d'années sur la rue, sans

maison, vraiment, tu sais, abus

d'alcool, abus de drogues, des

batailles, du temps en prison.

Il a vraiment tout fait, il a

tout passé. Puis c'est une

personne, aussi, qui a réussi à

s'en sortir puis qui,

maintenant, peut en parler et en

parle ouvertement.

(DAYV POULIN et GEORGES STEPHEN arrivent maintenant sous un pont.)


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

Alors, George, que signifie ce lieu

pour toi? Quel est ce lieu?


GEORGE STEPHEN

(Propos traduits de l'anglais)

C'était mon abri lorsque je vivais

dans la rue, parce que c'était loin

du vent et loin des gens.

Peu de gens avaient l'habitude

de marcher sur ce bout de rue.

C'était sécuritaire pour moi parce que

c'était sombre. Et qui veut aller dans

un lieu sombre et épeurant?


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

Alors c'est ici que tu dormais?


GEORGE STEPHEN

(Propos traduits de l'anglais)

Oui, j'ai passé quelques hivers ici.

C'était à la fin de ma «carrière

d'alcoolique», comme je dis.

Et c'est ici que je dormais.


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

La clôture n'était pas là à l'époque?


GEORGE STEPHEN

(Propos traduits de l'anglais)

Non, pas à ce moment-là.

Lorsque je suis sorti de prison

il y a cinq ans, cette clôture était ici.

Et lorsque j'ai demandé pourquoi,

on m'a dit que trop de gens

utilisaient des drogues injectables

à cet endroit, ce qui n'était pas le cas.

Il y avait parfois vingt personnes qui

dormaient ici... des sans-abris, tu sais?


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

Que devraient ressentir les gens?


GEORGE STEPHEN

(Propos traduits de l'anglais)

Un esprit ouvert serait la meilleure

chose, et de la compassion.

Et d'être dans le non-jugement;

de ne pas les juger du coup.

Qui sait ce qu'il a dû traverser ou

pourquoi il est ici. Il pourrait être

un ancien combattant, tu sais, comme

j'en ai souvent vu au Canada.

(Diffusion d'images d'un sans-abri assis dans le froid, et près duquel les gens passent sans s'arrêter et sans le regarder.)


GEORGE STEPHEN

Nous ne choisissons pas tous de vivre

dans la rue. Certains se réveillent

à l'hôpital sans maison ni famille,

dont tous les membres sont morts

dans un incendie; que vas-tu faire?

Vas-tu aller fêter ça? Non. Tu vas

vouloir mourir avec eux mais t'as

trop peur de t'enlever la vie, alors

tu vas choisir de mourir dans la rue.

Nous sommes plusieurs à vivre

cette situation. Et nous finissons

par survivre contre toute attente

pour une raison que j'ignore.

(Dans un refuge d'Ottawa, DAYV POULIN rencontre SYLVAIN MERCIER, un sans-abri.)


SYLVAIN MERCIER (En aparté)

J'habitais pas loin, ici. Puis,

bon, j'ai perdu mon emploi puis

j'ai fait une dépression puis

j'ai perdu mon logis, ça fait

que je suis venu ici.

Ça peut être perdre mon emploi,

ça peut être une chicane entre

amis où, vraiment... Ça se bâtit

pendant un certain bout de

temps, de la frustration,

puis... Je m'étends dans mon lit

puis sans que je m'en aperçoive,

il y a deux mois qui ont passé puis

je suis pas sorti dehors.

Mon père est allé en prison,

j'avais 2 ans. Puis, bon,

ma mère a fait des dépressions,

une après l'autre. Avec ma mère

malade, fallait que j'amène

ma soeur à l'école, que je fasse

la vaisselle, que je fasse

l'épicerie... Je suis devenu

adulte assez jeune. J'ai pas

vraiment eu d'enfance. Je me

suis dit que, quand je serais

adulte, ma vie serait le fun.

Puis le jour où elle ne serait

plus le fun, bien, ce serait le

temps de mourir. Ça fait que,

vraiment, à toutes les fois

qu'il m'arrive quelque chose de

sérieux, je vais sur la

dépression puis j'ai juste envie

de mourir.


DAYV POULIN (En aparté)

George m'a appris, vraiment,

tellement de choses sur ce que

c'est, être un sans-abri.

C'est certain qu'il y a des

programmes, il y a des gens qui

sont prêts à t'aider, mais

il faut que toi, tu veuilles

t'aider. Il faut que toi,

tu veuilles une autre vie.

On est aux Bergers de l'Espoir.

C'est un centre de ressources

pour les sans-abris.


SYLVAIN MERCIER (En aparté)

Ils essaient de te

réhabiliter, de te trouver

un logis puis de... Mais bon.

C'est pas toujours facile.


DAYV POULIN (En aparté)

Le système, ici, fait en

sorte que, une fois que tu es

dans cette situation-là, une

fois que t'as rien, c'est

tellement difficile de s'en

sortir.

(SYLVAIN MERCIER écoute la chanson de DAYV POULIN pour la première fois.)


DAYV POULIN

♪ Prendre le temps ♪

♪ D'écouter le vent ♪

♪ Refroidir le sang ♪

♪ Dans mon corps ♪

♪ Au pouvoir ♪

♪ Dans votre tour d'ivoire ♪

♪ Vous me regardez ♪


SYLVAIN MERCIER (En aparté)

Ouais, c'est... Ce à quoi je

m'associe le plus, c'est

"s'étendre et se laisser geler

pour l'hiver". Tu t'associes à

ça un peu plus facilement quand

t'es dans le froid souvent.

Je me suis fait ramasser

en Gaspésie par la police

dans une fin du mois d'octobre,

début novembre. J'étais dans

le bois, couché par terre.

Puis j'attendais la fin.

Puis il y a quelqu'un qui a

vu... qui m'a vu, puis il a

appelé la police, puis ils sont

venus me chercher. Ils m'ont

amené à l'hôpital. Ça, ça arrive

souvent qu'on sent qu'il y a

plus rien à faire. On est tannés

de se battre contre les

travailleurs sociaux, contre les

docteurs, les travailleurs

publics, quand il faut que tu

t'obstines... Il y a de la bonne

intention. Ils sont toujours:

"Ah, je vais être là pour toi!"

Mais quand c'est vraiment le

temps d'être là, ils sont

toujours occupés.

(DAYV POULIN se rend à l'Association des jeunes de la rue, dont la directrice générale est LISE SÉNÉCAL.)


LISE SÉNÉCAL (En aparté)

Le programme Outreach, disons

qu'on a une chose formelle, puis

c'est pour aider les personnes

qui sont sans abri absolues ou

les personnes qui sont à risque.

On figure qu'on redonne aux gens

sur la rue ou à risque de

devenir sans-abris à peu près

1,5 tonne de linge par mois.

(DAYV POULIN se prépare à accompagner des intervenants qui distribuent des vêtements chauds aux sans-abris.)


[DAYV POULIN:] Salut!
[MEGAN:] Megan.

DAYV POULIN

Salut, Megan, c'est Dayv.

Ça va bien?


MEGAN O'BYRN

Ça va.


DAYV POULIN

Super.


MEGAN O'BYRN

J'ai un manteau ici pour toi.


DAYV POULIN

OK. Ça, c'est ce que vous portez...

Vous portez tous un manteau

comme ça?


MEGAN O'BYRN

Oui, tu peux le mettre juste

en haut de ton manteau.


DAYV POULIN (En aparté)

J'apprécie énormément des

programmes comme le programme

Outreach de l'Association des

jeunes de la rue qui, eux, non

seulement donnent des tuques,

des mitaines, des bas à des gens

qui en ont besoin, mais c'est

aussi, et c'est peut-être même

plus important, une présence

dans la vie de ces gens-là.

C'est une oreille, c'est un

sourire, c'est une caresse,

des fois.


MEGAN O'BYRN

Il y a beaucoup de personnes...


LISE SÉNÉCAL (En aparté)

On agit comme la personne

entre la rue et les agences qui

peuvent aider aux personnes.

Alors, c'est non seulement une

ressource où on peut donner

autre chose pour les aider,

mais surtout, c'est la connexion

de la rue aux autres agences.

(DAYV POULIN s'entretient avec ERICKA HENSHAW, mère célibataire et utilisatrice des services pour personnes dans le besoin.)


DAYV POULIN

(Propos traduits de l'anglais)

Comment trouves-tu les programmes

de Sudbury si t'as besoin d'aide?

Y a-t-il suffisamment de programmes?


ERICKA HENSHAW

(Propos traduits de l'anglais)

Oui et non. Les manteaux rouges nous

aident vraiment, mais ils n'ont même pas

le soutien qu'il leur faut. Il n'y a

tout simplement pas assez de financement

pour les lieux qui existent. Alors on leur

coupe même leurs fonds, comme

qui dirait. En fin de compte, c'est que

tu dois te débrouiller par toi-même.

Mais il y a de l'aide pour toi tout au long

du processus en tout temps.


DAYV POULIN (En aparté)

C'est assez intéressant

suivre les filles qui aident, ce

soir, parce qu'on voit que les

sans-abris ou les gens en

situation difficile, c'est des

humains, c'est pas des drogués.

Des fois, on a l'idée qu'ils

sont psychopathes ou ils vont

essayer de m'attaquer. Je voyais

les filles se promener, je me

dis: "Elles doivent avoir...

Elles se font approcher ou..."

Du tout! C'est juste des gens

qui ont besoin d'un petit coup

de main, qui ont besoin d'une

paire de gants ou d'une paire de

bas puis c'est des humains,

finalement.

(À l'Université Laurentienne, DAYV POULIN rencontre SUZANNE LEMIEUX et HENRI PALLARD, respectivement coordonnatrice et directeur associé du projet "Pauvreté, sans-abrisme et migration".)


HENRI PALLARD

On est en train de regarder

les photos, ici, que nos participants

ont prises dans le projet.


DAYV POULIN

Ça me frappe encore. Je les

ai vues puis je les ai revues

puis... Disons que ça a encore

de l'effet.


DAYV POULIN (En aparté)

À l'Université Laurentienne,

ici, à Sudbury, c'est un projet

qui s'appelle "Pauvreté, sans-abrisme

et migration". Là, ils ont

demandé à des sans-abris,

justement, de prendre des photos

de leurs environnements, où ils

dorment... Alors moi, j'ai vu

ces photos-là et j'ai voulu les

utiliser dans mon vidéoclip.

J'ai dit: "Tu sais, ces photos-

là en disent tellement sur la

situation, sur ce qui doit

changer dans notre société."


SUZANNE LEMIEUX

On n'a pas la même équité

sociale, hein. Tu sais,

on n'a pas accès... Même si

on a des services publics de

santé et d'autres choses, on n'a

pas accès à ces services de la

même façon. Par exemple, moi,

j'ai fait une entrevue avec

une dame qui souffre de santé

mentale. Puis son appartement

était vraiment précaire.

Elle m'a dit: "Toute ma vie, on

m'a dit qu'à cause de mes

problèmes de santé mentale,

j'allais pas avoir une bonne

éducation, j'allais pas avoir un

appartement, j'allais pas avoir

un bon emploi." Puis elle me

dit, en anglais:

"So this is all I deserve."

Tu t'imagines? C'est comme ça

qu'elle vit.


[DAYV POULIN:] Ouais.

HENRI PALLARD

Elle réagit aux attentes que

nous avons d'elle. Elle ne veut

pas nous décevoir... "J'ai pas

de job. Vous m'avez dit que

j'allais pas avoir de job? J'ai

pas de job.

Vous aviez dit que j'allais pas

avoir d'appartement? J'ai pas

d'appartement. Vous aviez dit

que j'allais pas avoir

d'éducation? J'ai pas

d'éducation." Et on fixe, alors,

les défis auxquels ils doivent

répondre. Dans ce cas-ci, ils

ont des défis d'absence.


[DAYV POULIN:] Ouais.
[HENRI PALLARD:] Très négatifs.
[SUZANNE LEMIEUX:] Oui.

DAYV POULIN

Ça me fait penser, un peu, à

ce que George me racontait hier.

Je lui demandais: "Qu'est-ce que

nous... qu'est-ce que les

gens... qu'est-ce qu'on peut

faire? Qu'est-ce que..." Puis

il dit: "Des fois, c'est juste

une poignée de main ou juste de

nous regarder dans les yeux.

Parce qu'on existe, on est

humains." Puis ça m'a frappé,

ça aussi. Parce que, souvent, on

renforce, justement, ce qu'eux

pensent déjà: "Moi, je suis

invisible, je fais pas partie de

la société." Puis si on marche

à côté d'eux puis on les regarde

même pas, ça donne du poids à

cette idée-là, à eux, ce qu'ils

pensent: "C'est vrai, il me

regarde même pas, j'existe pas,

je suis personne." C'est un peu

pourquoi j'ai voulu écrire la

chanson, je pense, parce que

c'est un sujet un peu tabou.

Puis les gens, tu sais, c'est

des humains dans nos rues puis

dans des situations incroyables

puis on dirait que les gens se

ferment les yeux. Puis moi, j'ai

mes propres problèmes, je suis

occupé, je dois faire ci, je

dois faire ça, puis on n'en parle

pas.


SUZANNE LEMIEUX

Moi, j'aimerais tellement

voir la beauté, que les gens

changent, la culture, notre

culture change. Puis si on est

capable de transmettre ce

message-là puis de continuer à

sensibiliser le monde, je pense

que ça va faire une grosse

différence. Et pas juste au

niveau de notre politique, notre

parti politique, puis les

ressources, mais au niveau de

tout le monde, de la famille. Tu

sais, qu'est-ce que je pourrais

faire, moi, avec mes enfants, à

tous les jours, pour aider une

personne, par exemple?


HENRI PALLARD

En manchette, au Sudbury Star,

cette semaine, il y a un

manque de 400 $ par mois pour

qu'une famille soit capable,

disons, de se loger et de se

nourrir. Alors, on n'arrive pas

à ces endroits-là par choix.

C'est par nécessité.


[DAYV POULIN:] Oui, absolument.

(DAYV POULIN rentre chez lui, où l'attendent son épouse SARAH KING GOLD et sa fille ADA.)


GEORGE STEPHEN (En aparté)

(Propos traduits de l'anglais)

Quand j'étais enfant, un chez-soi

c'était un lieu où une maman

et un papa vivaient ensemble,

ce que je n'ai jamais connu.

Maintenant, un chez-soi, c'est où

je peux me sentir en sécurité, protégé.

On dit que nos quatre murs sont

notre maison, et mon lieu sécuritaire,

c'est ici. Et je crois que ça émane

de moi.


DAYV POULIN

♪ Quand la folie fuit ♪

♪ You cannot make a sound ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪


ADA ET DAYV POULIN

♪ La lune, ma lampe veilleuse ♪♪


SARAH KING GOLD (En aparté)

(Propos traduits de l'anglais)

Je vis une expérience intéressante

avec sa musique car je découvre

le sens des mots après avoir

découvert la sensation musicale.

Cette chanson semblait très optimiste.

J'ai été surprise de constater qu'elle

évoque un sujet aussi lourd.

Ouais, il s'agissait d'une chanson

joyeuse pour moi.


SARAH KING GOLD (Jouant du piano)

Je suis une artiste en arts visuels

et aussi la directrice artistique

d'un organisme d'arts communautaires

qui a pour mission de composer

avec des gens pauvres et des enjeux

relatifs à la justice sociale.


GEORGE STEPHEN (En aparté)

(Montrant des objets d'art)

(Propos traduits de l'anglais)

Voici certaines des choses que j'ai

fabriquées en prison, dans le trou.

Je conservais les couvercles de mes

contenants de margarine et je les mordais

pour en retirer une base. Il y en a cinq

ou six ici pour en faire une structure

assez solide pour un capteur de rêves.


SARAH KING GOLD (En aparté)

(Propos traduits de l'anglais)

L'art a le pouvoir de vaincre les obstacles

à la communication par la musique,

l'art visuel, le théâtre...


GEORGE STEPHEN (En aparté)

(Propos traduits de l'anglais)

Comme je l'ai dit, j'ai été initié à l'art

en prison, sans que je le sache.

Ça me calmait, tout simplement; ça

calmait mon esprit en colère.

Et il a fait disparaître toute cette

souffrance et ces pensées. Ouais, je crois

que l'art est un moyen thérapeutique

de se débarrasser de vieilles blessures,

de ressentiments, en particulier.


SYLVAIN MERCIER (En aparté)

Moi, quand j'étais jeune,

je voulais être un musicien, un

chanteur. J'ai perdu la musique,

ça fait dix ans. Vraiment, il n'y

a plus de musique dans ma tête,

il n'y a plus rien. Je pense que

c'est un petit peu le problème,

aussi, quand on perd la

sensation de bonheur.

(Des cris de joie et des rires de bonheur proviennent de la maison de DAYV POULIN, qui joue dans la cour arrière avec ses enfants et son épouse.)


DAYV POULIN (En aparté)

Pour moi, avoir un chez-soi,

avoir... pas une maison, mais

avoir un home, comme ils disent

en anglais, pour moi, c'est de

la chaleur, c'est un lit,

c'est de la nourriture... Mais

l'amour, aussi, c'est un besoin

essentiel. Alors, tu sais, pour

des gens qui n'ont rien,

un contact humain, des fois,

ça fait partie des choses dont

ils ont besoin. Alors, au-delà

de la nourriture, au-delà de

l'argent, au-delà d'une maison,

d'une place où dormir, c'est

de l'amour, du respect.


LISE SÉNÉCAL (En aparté)

Je sortais de la banque,

deux ou trois semaines passées,

puis il y avait... Je sais que

c'est un de nos clients.

Puis il demandait... Il était

là avec sa petite pancarte puis

j'ai arrêté. Je ne me souviens

pas de ce que je lui ai donné

puis je lui ai dit: "Mon doux

que t'as des beaux yeux bleus!"

Puis c'était vrai, il avait

vraiment des beaux yeux bleus.

Tu voyais qu'il était pas lavé,

la grande barbe, mais ses

yeux... Parce que chaque

personne a quelque chose de

beau. Puis il m'a regardée,

comme: "Wow!". Tout content.

C'est des gens qui sont

tellement vulnérables, alors ça

prend un bout de temps avant

d'établir une confiance. Mais

quand la confiance est établie,

par exemple, ces gens-là vont

mourir pour toi.


DAYV POULIN (En aparté)

Cette chanson-là, ça me fait

évoluer comme personne par

rapport à cette situation-là

puis par rapport à la vie en

général. Moi, j'apprécie

davantage ce que j'ai ici.

J'apprécie ma famille,

j'apprécie la chaleur, le soir,

j'apprécie ma maison. Alors, ça

a été non seulement une chanson,

musicalement, que j'adore,

aussi, ça a été un plaisir, puis

je m'amuse beaucoup côté texture

et musical, mais dans le texte,

dans le propos, ça a été un

cadeau pour moi. Parce que,

justement, ça me fait apprécier

ce que j'ai.


DAYV POULIN

♪ Pardonne-moi mes douleurs ♪

♪ Attrapons des couleurs ♪

♪ Quand la folie fuit ♪

♪ You cannot make a sound ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ La lune, ma lampe veilleuse ♪

♪ Consume mes nuits joyeuses ♪

♪ S'il fait froid dehors ♪

♪ I still sleep on the ground ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Prendre le temps ♪

♪ D'écouter le vent ♪

♪ Refroidir le sang ♪

♪ Dans mon corps ♪

♪ Au pouvoir ♪

♪ Dans votre tour d'ivoire ♪

♪ Vous me regardez ♪

♪ Sans me voir ♪


ADA ET DAYV POULIN

♪ Car tour à tour ♪

♪ On y passe ♪

♪ Ah, ah, ah ♪

♪ Tour à tour ♪

♪ En première classe ♪

♪ Ah, ah, ah ♪

♪ Tout à coup ♪

♪ L'esprit s'écrase ♪


DAYV POULIN

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ah, ah ♪

♪ Quand le soleil sort ♪

♪ We feel it all around ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪

♪ Ahhh ♪♪

(Générique de fermeture)

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