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Ottawa : Université désignée

La nouvelle désignation de l’Université d’Ottawa en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario n’est pas complète, mais est-elle suffisante? Et comment définit-on cette « classe moyenne » dont les politiciens fédéraux parlent tant depuis le début de la campagne électorale?



Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Bienvenue à #ONfr.

Ça y est, l'Université d'Ottawa

est entrée dans le cercle

des établissements désignés en vertu

de la Loi sur les services en français

de l'Ontario. Le processus a été long

et difficile, et la protection qui en résulte

demeure somme toute limitée,

comme nous l'explique Sébastien Pierroz.


SÉBASTIEN PIERROZ

L'Université d'Ottawa est désormais

désignée en vertu de la loi 8

sur les services en français.

Le recteur, Allan Rock, en a fait

l'annonce vendredi dernier.

Qu'est-ce que cela changera

concrètement pour les 30% d'étudiants

francophones qui font partie

de l'Université d'Ottawa?


Diffusion d'images de l'Université d'Ottawa


SÉBASTIEN PIERROZ

La désignation, qui est une protection

additionnelle de la province

sur les services offerts en français

par un organisme, comme un hôpital

ou une école, ne changera en effet

pas grand-chose pour l'Université d'Ottawa.

La désignation de l'Université d'Ottawa,

qui entrera en vigueur en janvier 2016,

n'est en fait que partielle. Elle concerne

les programmes de premier cycle,

mais aussi les services alimentaires

et de bibliothèques donnés aux étudiants.

Ne sont pas pris en compte,

dans cette désignation, les programmes

relevant des facultés de science

et celles de génie, mais aussi les stages

effectués dans le cadre de ces mêmes

programmes. Pour le professeur de droit

Sébastien Grammond, cette désignation

demeure un véritable pas en avant

pour les étudiants francophones.


Entretien avec SÉBASTIEN GRAMMOND, professeur de droit à l'Université d'Ottawa


SÉBASTIEN GRAMMOND

C'est sûr que c'est une désignation

qui est partielle, on l'a dit. Dans trois ans,

on étudiera la possibilité de l'étendre,

entre autres, aux programmes d'études

supérieures. Mais je pense qu'à peu près

90% des étudiants francophones

de l'Université étudient dans des programmes

visés par la désignation. Et quant aux services,

là, la désignation, elle est totale.


SÉBASTIEN PIERROZ

L'Université d'Ottawa devient donc

la deuxième université ontarienne

à obtenir une désignation partielle

en vertu de la loi 8 de 1986, et ce,

après l'Université Laurentienne,

l'an dernier. Il aura donc fallu trois ans

pour que l'établissement et la province

finissent par s'entendre sur la portée

d'une telle désignation.

La nouvelle juridiction réjouit,

en tout cas, une partie des étudiants

du campus.


Entretien avec SHAHAD KHALLADI, étudiante à l'Université d'Ottawa


SHAHAD KHALLADI

Sûrement, c'est une opportunité pour

tous les étudiants, sur notre campus,

d'avoir des cours en français,

d'avoir l'option de prendre n'importe

quel programme de premier cycle

dans la langue qu'il veut.


Entretien avec PATRICK LAVOIE, étudiant à l'Université d'Ottawa


PATRICK LAVOIE

Je vous dirais, c'est que les étudiants

avaient cette volonté-là, ils voulaient

compléter leur programme en français.

Donc, c'était, justement, quelque chose

que les étudiants souhaitaient.

Et de pouvoir l'avoir, c'est quelque

chose qui est très bien accueilli

de la part des étudiants.


SÉBASTIEN PIERROZ

Pour le recteur de l'Université

d'Ottawa, Allan Rock, il s'agira

maintenant d'atteindre une proportion

de 33% d'étudiants de langue française,

et ce, rapidement.

Le recteur reste convaincu que

l'institution de plus de 40 000 étudiants

reste la réponse à l'université

franco-ontarienne.


Entretien avec ALLAN ROCK, recteur de l'Université d'Ottawa


ALLAN ROCK

Nous sommes là pour répondre

aux besoins de la population

francophone, des gens qui voudraient

avoir une formation postsecondaire

de haut niveau en français.

Alors, nous sommes là.


SÉBASTIEN PIERROZ

L'université devra réviser, tous

les trois ans, sa désignation.


TRANSITION


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

On reste du côté d'Ottawa, où

il est beaucoup question de la

classe moyenne depuis le début

de cette campagne électorale fédérale.

Mais qu'est-ce que la classe

moyenne? Qui en fait partie

et qui n'en fait pas partie?

J'en discute avec mon collègue

Benjamin Vachet, qui s'est

penché sur la question.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant à BENJAMIN VACHET)

Bonjour, Benjamin.


BENJAMIN VACHET

Bonjour, François-Pierre.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Dis-moi, Benjamin, qu'est-ce

que la classe moyenne?


BENJAMIN VACHET

Effectivement, la classe moyenne,

ça semble être la cible prioritaire

pour les trois partis favoris pour

cette campagne électorale.

Pour autant, il est très difficile

de définir ce qu'est la classe moyenne,

que ce soit du côté des chercheurs

comme des universitaires

ou des partis politiques,

on n'arrive pas à définir véritablement

dans quelle tranche se situe

la classe moyenne.

Selon les cas, on va utiliser le cas

du CRÉDOC, qui nous parle

pour une classe moyenne qui serait

composée de deux adultes

et deux enfants, une famille

moyenne canadienne, d'un salaire

compris entre 45 000$ et 95 000$

par année. D'autres universitaires

utilisent plutôt une fourchette

qui irait de 72 000$ à 144 000$

par année et enfin, le ministère des

Finances, en 2015, lui, allait

jusqu'à 120 000$ pour la même

famille utilisée. Bref, il est difficile

de dire ce qu'est la classe moyenne.

J'ai donc posé la question

au professeur de sciences économiques

à l'Université d'Ottawa, Gilles Grenier.


Entretien avec GILLES GRENIER, professeur de sciences économiques


GILLES GRENIER

La classe moyenne, c'est un terme

très, très vague, il n'y a pas de définition

précise, c'est peut-être pour ça qu'on peut

en parler à toutes les sauces

sans jamais savoir ce que c'est.

Ce qu'on sait, c'est qu'il y a,

au Canada, il y a des statistiques

sur les revenus, sur les actifs et tout ça.

Ce sont tous les gens qui sont

pas très, très riches, ni très,

très pauvres. Je pense que par exemple,

Justin Trudeau a tendance à les définir

comme tous les autres qui ne sont pas

dans les 1% les plus riches.

Parce que lui: "On va taxer

les 1% plus riches, tous les autres,

on va baisser leurs impôts".

Mais il n'y a pas de définition, donc.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant à BENJAMIN VACHET)

Mais comment explique-t-on

un tel engouement pour

un concept aussi flou?


BENJAMIN VACHET

Cet engouement, il est avant

tout stratégique, parce que,

quand les partis parlent de la

classe moyenne, ils essaient

d'englober la majorité de la

population. Alors qu'ils parlent

de baisse de taxes, de création

de places en garderie ou

également d'investissement en

infrastructures, ça concerne

tous les Canadiens qui

pourraient être touchés par ces

propositions. On le voit, c'est

un terme qui reste très flou et

c'est volontairement très flou.

Seul le parti Libéral l'avait

chiffré en parlant d'une classe

moyenne qui pouvait gagner

jusqu'à 200 000$, mais

généralement, les partis

restent très évasifs. Selon

le professeur Gilles Grenier,

l'idée, c'est justement

d'utiliser un terme qui est

émotif, qui est assez subjectif,

en n'oubliant jamais, du côté

des partis, que les Canadiens se

considèrent tous dans la classe

moyenne, même quand

ils ne le sont pas.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Est-ce qu'il y a un parti

qui répond mieux aux besoins

de cette classe moyenne?


BENJAMIN VACHET

C'est difficile à dire. Par

contre, ce qu'on peut constater,

c'est que les études montrent

que le Canada a développé sa

classe moyenne en utilisant

un impôt progressif qui a assuré

une meilleure répartition

des richesses.

Le professeur Grenier n'a pas

voulu prendre position, jugeant

que chaque programme avait

des points intéressants. Il juge

toutefois que les politiciens

jouent un jeu dangereux quand ils

parlent de faire payer les riches

ou de baisser les taxes.

On l'écoute.


GILLES GRENIER

Bien là où je pense que c'est

un peu irréaliste, c'est de

penser qu'on peut aller chercher

des revenus supplémentaires

de l'État sans que ça affecte la

classe moyenne. La classe

moyenne, je pense que peu

importe ce que l'on fait, ce

sont les gens ordinaires qui

vont devoir payer à la fin. Et

c'est peut-être parfois, une

illusion de dire, bien, il y

a tellement de gens riches au

Canada que vous, vous paierez

rien, on va faire seulement

payer les gens riches. C'est

quelque chose qu'on dit souvent,

comme s'il y avait un bassin

de richesse infini sur lequel on

pourrait aller chercher l'argent et

sans que ça affecte les gens.


BENJAMIN VACHET

Bref, on l'aura compris, si

les partis politiques utilisent

le terme de classe moyenne,

c'est une manière pour eux

de faire comprendre à chaque

électeur qu'il pourrait tirer

profit des promesses

qui ont été faites.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Merci, Benjamin.


BENJAMIN VACHET

Merci, François Pierre.


TRANSITION


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Vous voulez réagir à l'émission?

Joignez-vous à nous sur Twitter.

Et pour suivre en direct

les dossiers chauds sur la

scène politique et dans la

francophonie canadienne,

rendez-vous sur notre site

d'information tous les jours

au tfo.org/onfr. Voilà ce qui

conclut cette émission d'#ONfr.

On se retrouve jeudi prochain.

Au revoir.


Générique de fermeture





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