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Tensions constitutionnelles 20 ans après

Quelle est la place de l´Ontario français dans le paysage constitutionnel au Canada? Les membres de l´Assemblée de la francophonie se sont posé la question lors de leur grand rassemblement annuel qui avait lieu à Toronto, du 22 au 24 octobre. Et, vingt ans après le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec, comment les communautés francophones et acadienne se souviennent-elles de l’événement et de la décennie de tensions constitutionnelles qui l’a précédé?



Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Bienvenue à #ONfr.

Quelle est la place de l'Ontario

français dans le paysage

constitutionnel au Canada? Eh

bien, c'est la question sur

laquelle se sont penchés les

membres de l'Assemblée de la

francophonie de l'Ontario

lors de leur grand rassemblement

annuel qui avait lieu à Toronto

du 22 au 24 octobre. Le rêve

d'une province bilingue a été

une fois de plus évoqué. Idem

pour le désir de voir les

droits linguistiques des

Franco-Ontariens enchâssés

dans la Constitution canadienne.

On écoute à ce sujet Denis

Vaillancourt, le président

de l'Assemblée.


DENIS VAILLANCOURT

Aujourd'hui, quand on regarde

l'Ontario, 80% des francophones

sont touchés par la

désignation. Ce qui reste,

ce sont des régions, et moi,

j'ai même dit: qu'est-ce qui

empêche aujourd'hui la province,

sur tout son réseau routier, de

mettre des pancartes bilingues?

Ça change quoi dans la vie

du monde? Sauf que ça affirme la

présence. Alors, si on se

déclarait bilingue, il y a des

choses visibles comme ça qui se

feraient plus

facilement, je suppose.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

En clair, pour que les droits

des francophones de l'Ontario

soient inscrits sans équivoque

dans la Constitution canadienne,

il faudrait d'abord que la

province accepte de remplacer sa

Loi sur les services en français

par une loi qui place l'anglais

et le français sur un pied

d'égalité, comme c'est le

cas au Nouveau-Brunswick.

Il faudrait ensuite qu'Ottawa

accepte de modifier sa Loi

constitutionnelle de 1982 pour y

reconnaître et protéger la

minorité franco-ontarienne.

Et encore, la protection ne

serait pas complète à moins

d'obtenir l'enchâssement

constitutionnel d'une dualité

linguistique en Ontario,

c'est-à-dire la gouvernance

totale de nos institutions

francophones en marge de celle

de la majorité anglophone.

Cette même dualité, un

Nouveau-Brunswick officiellement

bilingue aura mis près de

25 ans à l'obtenir.

Il y a donc du chemin à faire.


Transition


Diffusion d'images du discours de JACQUES PARIZEAU, le 30 octobre 1995.


JACQUES PARIZEAU

C'est vrai qu'on a été battu.

Au fond, par quoi? Par l'argent

puis des votes ethniques,

essentiellement.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

On reste dans le thème de

la Constitution, et vous l'aurez

reconnue, cette déclaration

fracassante de l'ancien premier

ministre du Québec Jacques

Parizeau, le soir du référendum

de 1995 sur la souveraineté de

sa province. Cette

déclaration a conclu,

sur un malaise, une quinzaine

d'années de tensions

constitutionnelles au Canada.

Un chapitre douloureux

de l'histoire du pays, et ce,

qu'on se trouve dans le camp

du Oui comme du Non. Cette

déclaration aura 20 ans le 30

octobre. Beaucoup d'analyses ont

été faites de cette période

trouble entre 1980 et 1995.


TEXTE NARRATIF

1980: 1er référendum sur la souveraineté

du Québec.

1982: rapatriement de la constitution

canadienne.

1990: échec de l'accord du Lac Meech.

1992: échec de l'accord de Charlottetown.

1995: 2e référendum sur la souveraineté

du Québec.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Mais très peu parlent de

l'impact de cette impasse

sur les minorités francophones

au pays. Ces mêmes minorités qui

ont pourtant servi d'argument

pour conserver le Québec dans la

fédération canadienne ou pour

qu'il s'en aille, comme nous

l'explique le constitutionnaliste

Gilles Levasseur.


GILLES LEVASSEUR

Les minorités ont aussi été

utilisées par le gouvernement du

Canada dans sa négociation avec

le Québec pour dire: "Écoutez,

voici ce qu'on a fait, voici où

on s'est rendu et voici comment

on les traite." Mais ça a aussi

été un argument politique pour

le Québec pour dire: "Regardez,

l'assimilation, elle est là.

Toute la question du poids

démographique des francophones

hors Québec, ça diminue, donc ce

qui justifie aussi le fait qu'on

doit se séparer parce que, bref,

il y a pas de survie pour les

francophones à l'extérieur du

Québec." Donc, ça a fait le

jeu des deux côtés.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

En 1982, deux ans après un premier

référendum sur la souveraineté

du Québec, le gouvernement

fédéral de Pierre Elliott

Trudeau décide de rapatrier la

Constitution canadienne, qui

se trouve alors à Londres.

Il convoque les provinces et

s'entend avec neuf d'entre

elles. Le gouvernement

souverainiste québécois

de René Lévesque s'estime lésé

et refuse de signer le document.

S'ensuivent alors dix ans de

négociations visant à intégrer

la Belle Province dans l'accord,

puis deux cuisants échecs:

celui de Meech en 1990 et de

Charlottetown en 1992, et un

deuxième référendum au Québec,

gagné de justesse par le camp

fédéraliste. Don Boudria a

vécu la plus grande partie de ce

débat constitutionnel à la

Chambre des communes à

Ottawa. En tant que député

franco-ontarien, il a plusieurs

fois craint pour l'avenir de

son pays et de sa

minorité francophone.


Entretien avec DON BOUDRIA, député et ministre libéral fédéral, 1984 à 2006


DON BOUDRIA

Donc, il y a eu

deux échecs consécutifs suivis

d'un référendum. Et ça, ça a été

très sérieux et on

aurait pu y passer.

Ça a été une période, à mon

avis, de grande inquiétude pour

les francophones hors Québec.

La masse critique... Bien sûr,

on a toute notre fierté de

francophones hors Québec et tout

le reste, mais la masse critique

de la francophonie canadienne

demeurera toujours le Québec.

C'est la pierre angulaire de

la francophonie canadienne, mais

c'est pas la seule composante.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Pour les minorités

francophones, celles dont on a

peut-être le moins parlé,

une victoire souverainiste le 30

octobre 1995 aurait

pu être très grave.


GILLES LEVASSEUR

Ça aurait été un désastre.

À court terme, les gens vous

auraient dit: "On aurait négocié

avec le Québec des relations sur

les minorités linguistiques",

parce que ça fait partie

de la décision de la Cour

suprême de 1997 sur la sécession

du Québec. Mais une fois que

cela a été négocié, pourquoi

est-ce qu'on devrait s'occuper

des minorités de langues

officielles hors Québec quand le

Québec, qui est la place

dominante des francophones,

n'est plus là? Qu'est-ce qui

m'obligerait à vouloir

aller plus loin?


DON BOUDRIA

Ça n'avait pas de sens,

et moi, je craignais le pire. Je

craignais de vivre dans un pays

où notre nombre de francophones

serait... beaucoup, beaucoup

plus petit que celui des autres

communautés culturelles. C'est

bien beau qu'on avait des

droits ancestraux, en quelque

sorte, mais ça changeait pas

la réalité que notre nombre

devenait très, très, très faible

et que l'avenir aurait été

très compliqué pour nous tous.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Cette saga constitutionnelle a

laissé des marques partout au

Canada et particulièrement chez

les minorités francophones. Mais

par la même occasion, cette

période d'affrontements entre

Ottawa et Québec a donné aux

minorités francophones et

acadiennes un meilleur rapport

de force pour négocier des

services avec le fédéral

et les provinces.

Ce n'est peut-être pas un

hasard si les Acadiens du

Nouveau-Brunswick ont obtenu

l'enchâssement constitutionnel

de la dualité linguistique de

leur province en 1993, au

plus fort du débat.

Vingt ans se sont écoulés depuis

le référendum de 1995 au Québec,

20 ans passés à éviter la

question constitutionnelle

plutôt qu'à la résoudre. Et ce

n'est pas l'arrivée à Ottawa du

fils de Pierre Elliott Trudeau,

Justin Trudeau, ni la présence

d'un gouvernement résolument

fédéraliste à Québec,

qui risque de faire débloquer le

dossier, comme nous

l'explique Gilles Levasseur.


GILLES LEVASSEUR

C'est que le Québec veut

être capable d'intégrer, dans

l'honneur et la dignité,

le système politique

constitutionnel canadien.

Le problème, c'est que

si on est pour le faire,

on ouvre plein de portes

qu'on n'est pas nécessairement

capable de fermer. Que ce soit

toute la question, par exemple,

de ce que veut le Québec, mais

aussi de ce que les autres sont

prêts à donner. Mais il y a un

autre acteur qui vient jouer

dans la dynamique, c'est les

Autochtones, qui eux aussi vont

vous dire: "Vous ouvrez la

porte. Qu'est-ce que nous

aussi, on a comme résultat?"

Donc, personne veut travailler

le dossier, et l'exemple le plus

classique de cela, c'est toute

la question du Sénat. On regarde

le Sénat, vous avez

l'Ontario, le Québec, la

Colombie-Britannique qui vous

disent: "On veut pas y aller

parce qu'on sait que si on ouvre

la porte, je ne sais pas

où ça va m'amener."


Transition


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

(S'adressant au public de l'émission)

Un mot en terminant sur notre

site d'information qui vient

tout juste de faire peau neuve.

Branché et convivial, le nouveau

tfo.org/onfr se veut plus que

jamais un guichet unique pour

votre actualité politique de

l'Ontario et de la francophonie

canadienne. Merci

de faire de nous

votre référence quotidienne. Et

n'oubliez pas de nous suivre sur

Twitter. Voilà ce qui conclut

cette émission de #ONfr.

On se retrouve jeudi

prochain. Au revoir.


Générique de fermeture



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