Image univers ONFR Image univers ONFR

ONFR

Restez à l'affût des dossiers chauds à Queen's Park et dans la francophonie ontarienne et canadienne.

Site officielpour ONFR
Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Le Canada est-il vraiment bilingue?

Le Canada est-il réellement un pays bilingue? C’est la question que pose un chercheur de l’Université de Guelph, dans un nouvel essai intitulé «So They Want Us To Learn French». Une question qui remet en perspective près de 50 ans de bilinguisme officiel au pays, au moment où les francophones de l’Ontario sont justement en quête d’une vraie reconnaissance linguistique.

Et après une vingtaine d´années d’annonces sans lendemain pour le réseau ferroviaire dans le corridor Québec-Windsor, le gouvernement de l’Ontario se remet à l’étude d’un projet de train à grande vitesse pour relier les grands centres urbains du Sud-Ouest de la province.



Année de production: 2015

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d'ouverture


Titre :
#ONfr


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT, animateur et premier rédacteur, est en studio, s'adressant au public de l'émission.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Bienvenue à

#ONfr.

Ça fait plus de 20 ans que les

gouvernements à Queen's Park,

à Ottawa et aussi à Québec

jonglent avec l'idée d'implanter

un réseau de trains à grande

vitesse dans le corridor

Québec-Windsor,

mais sans jamais qu'aucun projet

ne se concrétise. L'idée est une

fois de plus remise de l'avant,

cette fois par le gouvernement

libéral de Kathleen Wynne qui

étudie la possibilité d'un TGV

pour relier les grands centres

urbains du Sud-Ouest de

l'Ontario.


Une carte montre les possibles villes ontariennes qui seraient reliées grâce à un train à grande vitesse canadien.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT (Narrateur)

En France, le berceau

du TGV, des trains ultrarapides

et entièrement électriques

sont sur les rails depuis

plus de 35 ans.


Une série d'images montrant des trains à grande vitesse européens viennent éclairer le propos.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT (Narrateur)

Ces engins

qui filent à plus de 300 km/h,

soit deux fois plus vite

que nos trains canadiens,

sont devenus de véritables

leviers économiques dans

plusieurs pays d'Europe

et d'Asie.


Des images montrant des trains canadiens plus lents viennent documenter le propos.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Au Canada, des

préoccupations par rapport à

la rentabilité et au climat

sont souvent venues freiner

les ambitions du TGV.

Le ministre ontarien des

Transports, Steven Del Duca, se

dit néanmoins confiant que cette

fois sera la bonne. Il voit

là un bon moteur économique

pour le Sud-Ouest de la

province. On l'écoute.


Entretien avec STEVEN DEL DUCA, ministre des Transports de l'Ontario.


STEVEN DEL DUCA

(Propos traduits de l'anglais)

Avant et pendant les élections

provinciales de 2014, la première

ministre Kathleen Wynne et mon

prédécesseur, Glen Murray,

ont parlé du besoin d'un train

à grande vitesse entre Toronto

et Windsor avec des arrêts à

London et Kitchener-Waterloo.


Des images montrant des trains circulant sur des passages à niveau urbains viennent mettre en lumière le discours de STEVEN DEL DUCA.


STEVEN DEL DUCA

(Propos traduits de l'anglais)

Ils en ont parlé dans la

perspective de développement

économique du sud-ouest de

l'Ontario, en particulier ce qu'on

appelle le «corridor de l'innovation»

entre Waterloo et Toronto.


L'image de la carte des villes ontariennes potentiellement reliées par un train à grande vitesse est montrée à nouveau.


STEVEN DEL DUCA

(Propos traduits de l'anglais)

Pour libérer le potentiel de

ce corridor.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Queen's Park serait donc prêt

à investir une partie de son

enveloppe de 130 milliards

de dollars sur dix ans pour

l'infrastructure dans un projet

de TGV entre Toronto et Windsor.

La province a récemment nommé

l'ancien ministre fédéral des

Transports David Collenette

comme conseiller spécial pour

l'aider à développer le projet.


STEVEN DEL DUCA

(Propos traduits de l'anglais)

Son mandat est d'étudier les

modèles d'affaires, la faisabilité

et les modèles de financement et

de propriété. Il travaille de près

avec le ministère des Transports.

Il est appuyé par mon ministère.

Je lui ai dit essentiellement qu'il

avait carte blanche.

Nous n'avons jamais fait ça

en Ontario. Je veux qu'il soit

créatif et innovateur. Cela a

généré beaucoup d'enthousiasme

à Waterloo, London et Windsor.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

L'Ontario aurait aussi de

l'intérêt pour des transports

rapides et propres dans d'autres

corridors plus achalandés, comme

celui de Toronto à Montréal par

exemple, mais à beaucoup plus

long terme, comme nous

le dit Steven Del Duca.


Une carte illustrant un corridor Toronto-Montréal vient documenter le propos.


STEVEN DEL DUCA

(Propos traduits de l'anglais)

Je crois que notre gouvernement

continuera à étudier toutes

les options qui nous permettront

de réduire la congestion sur nos routes,

stimuler l'économie et améliorer

la qualité de vie des gens. Mais

je me concentre sur mon mandat.

Et c'est le projet de train à grande

vitesse dont il est question pour

l'instant et pour lequel une

évaluation est en cours.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Les gouvernements du Canada et

de l'Ontario sont pour une rare

fois dans l'histoire récente

du pays tous les deux au même

diapason lorsqu'il est question

d'investissement dans les

transports et de protection de

l'environnement. Reste à voir

si cette combinaison de facteurs

permettra enfin au premier TGV

canadien d'entrer en gare.


Transition


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Le Canada est-il réellement

un pays bilingue? Eh bien,

c'est la question que pose

Matthew Hayday, un chercheur

de l'Université de

Guelph en Ontario,

dans un livre intitulé:

«So They Want Us to Learn French»,

qui vient tout juste de

paraître. Une question qui remet

en perspective près de 50 ans

de bilinguisme officiel au pays

au moment où les francophones

de l'Ontario sont justement en

quête d'une vraie reconnaissance

linguistique. Mon collègue

Étienne Fortin-Gauthier a

rencontré Matthew Hayday

au square Dundas, à Toronto.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER rencontre MATTHEW HAYDAY, chercheur à l'Université de Guelph, au centre-ville de Toronto.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Au Canada, vous le dites dans

votre livre, on a environ 20% de

la population qui est bilingue,

mais chez les anglophones,

ça tourne plus autour de 12%.

Quelles ont été les grandes

erreurs historiques des

gouvernements dans la

promotion du bilinguisme?


MATTHEW HAYDAY

Je crois que le gouvernement

a vraiment... "être" un peu

peur de promouvoir le

bilinguisme comme il faut.

C'est comme, il faut le traiter

comme une "apologie". "Je suis

désolé, mais il faut être

bilingue pour les francophones."

C'est pas quelque chose qu'on

fait pour les anglophones.

Ils n'ont pas vraiment mis

l'emphase sur les bénéfices

du bilinguisme. On parle surtout

des coûts. C'est comme quelque

chose qu'il faut... On a un peu

peur de célébrer le bilinguisme.

Il faut, je crois, encore,

on peut changer notre

position envers ça.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Mais justement, il y a

des groupes qui ont tenté

de s'immiscer dans le débat,

d'influencer un peu ce

développement du bilinguisme.

Il y a un livre qui a été

écrit:

«Bilingual Today, French

Tomorrow».


Une image montrant la page couverture du livre «Bilingual Today, French Tomorrow» vient éclairer le propos.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Ça a été très

controversé. Ça a vendu

énormément. Est-ce que

ça a influencé quand même

l'opinion publique, ces

livres anti-francophones?


MATTHEW HAYDAY

Je crois que oui. Et ça a

vendu plus de 100 000 copies

pendant les années 70.

C'est très populaire. Et

effectivement, c'est une théorie

de complot qui dit que les

francophones du Québec ont

une stratégie de complètement

changer le pays pour que tous

les gens, du premier ministre

jusqu'au niveau des guides, les

gens qui vendent des biscuits,

soient obligés de le faire

en français, partout au pays.

Et ce qui m'a frappé, c'est

que bien des gens ont cru que

ça soit une possibilité. Mais

ce qui est plus difficile à

combattre, c'est les autres

discours anti-bilinguismes qui

viennent des gens plus modérés.


Des images montrant des élèves suivant un cours dans une salle de classe viennent illustrer le propos.


MATTHEW HAYDAY

Les gens qui disent: "Oh!

Envoyer les enfants au programme

d'immersion, dépenser des fonds

pour des programmes d'immersion

français, ça, c'est élitiste. Ça

nuit à l'éducation des autres

Canadiens. On ne doit pas

dépenser des millions de dollars

pour que les gens deviennent

bilingues. Il y a

d'autres priorités."


Une image montrant la page couverture du livre «So they want us to learn french» de MATTHEW HAYDAY vient illustrer le propos.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Vous le dites dans votre

livre: le bilinguisme, ça a

varié selon les

récessions aussi.


MATTHEW HAYDAY

Absolument.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Bizarrement. C'est pas

seulement une influence

politique. Il y a une influence

économique énormément dans les

niveaux de bilinguisme au pays.

Lorsque l'économie va bien,

on met plus d'argent dans

les programmes de bilinguisme,

et sinon, on voit le bilinguisme

chuter parce qu'on a coupé

dans ces programmes-là.

Ça a pas toujours été

une priorité politique.


MATTHEW HAYDAY

Non. Il y a un peu un écart

entre la volonté fédérale à

promouvoir le bilinguisme et

les gouvernements provinciaux,

qui ont la responsabilité pour

l'éducation.


Des images montrent la première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne et le premier ministre du Québec Philippe Couillard ensemble lors d'un point de presse.


MATTHEW HAYDAY

Et ils n'ont

pas vraiment accepté leurs

obligations envers ça. C'est

comme si les provinces disent:

"Bon, si le fédéral ne le

considère pas une priorité,

nous on le fait pas nous-mêmes."

Et ça, c'est un peu

une difficulté.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

En matière de bilinguisme,

Matthew Hayday, le gouvernement

n'a pas toujours fait son

travail. Et c'est souvent

des organismes qui sont non

gouvernementaux qui ont été

impliqués, notamment Canadian

Parents for French. Dites-moi

un peu l'importance de ces

groupes-là, historiquement.


MATTHEW HAYDAY

C'est un groupe qui a été

essentiel. C'est un organisme

fondé en 1977. C'est un

organisme de parents

anglophones. La plupart d'entre

eux sont unilingues anglophones,

mais ils veulent que leurs

enfants aient la chance de

devenir bilingues. Et c'est eux

qui ont travaillé au niveau

fédéral, au niveau provincial

et au niveau des conseils

scolaires, de convaincre les

gens de créer des programmes

d'immersion français, et aussi

des programmes de français

langue seconde pour la plupart

des parents. Sans eux, je crois

qu'on a pas... la situation

assez positive maintenant.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Matthew Hayday, merci

énormément pour cette

entrevue. À bientôt.


Transition


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Voilà ce qui complète cette

édition de

#ONfr. Pour toute

l'actualité de la francophonie

ontarienne et canadienne,

je vous invite à visiter notre

site Internet au tfo.org/onfr.

Notre équipe est aussi mobilisée

pour vous informer en temps réel

sur Twitter. Alors, suivez-nous.

Au nom de toute l'équipe, merci

d'avoir été là. On se retrouve

jeudi prochain. Au revoir.


Générique de fermeture


Épisodes

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Saison
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par