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Windsor : la francophonie en mode survie

Les francophones qui vivent en situation minoritaire peuvent être tentés de consulter un médecin anglophone, lorsqu’ils sont malades. Mais, s’ils n’ont pas une maîtrise parfaite de l’anglais, cela peut avoir des conséquences dramatiques. Les erreurs de compréhension ou de traduction peuvent avoir un effet sur le diagnostique posé par un médecin ou même, parfois, sur la réussite d’une intervention. Et à quelques mètres seulement de la ville américaine de Détroit, Windsor a subi de plein fouet les contrecoups de la crise économique mondiale, à un tel point que la ville est aujourd´hui considérée comme la capitale canadienne du chômage, et peine à accueillir de nouveaux arrivants. Pour les 5000 francophones de l´endroit, l´heure est désormais à la mobilisation.



Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
#ONfr


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER, animateur et reporter, est en studio, s'adressant au public de l'émission.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Bienvenue à #ONfr.

Lorsqu'on est malade, on peut

être tenté, comme francophone

vivant en situation minoritaire,

de consulter un médecin

anglophone.

Mais des spécialistes de la

santé disent qu'il faut être

prudent et qu'une mise en

garde s'impose. Les erreurs

de traduction, ou encore une

mauvaise compréhension des

échanges que vous avez avec

votre médecin peuvent avoir

des conséquences dramatiques

sur votre santé. Le directeur

de l'Institut du savoir de

l'hôpital Montfort, le Dr André

Bilodeau, confirme que plusieurs

patients francophones ne

comprennent pas toujours les

tenants et aboutissants d'une

intervention lorsqu'ils

n'échangent pas dans leur

langue maternelle.


Le DR ANDRÉ BILODEAU, directeur de l'institut du savoir de l'hôpital Montfort, est interviewé sur son lieu de travail.


DR ANDRÉ BILODEAU

Exemple, le consentement à une

chirurgie qui serait à risque.

Déjà, on sait que même dans

la langue maternelle du patient,

à cause de la terminologie,

à cause de la complexité des

concepts qui sont énoncés,

les patients ont de la misère

à comprendre de quoi il est

question. Si on leur demande:

"C'est quoi la chirurgie que

vous allez avoir?" C'est: "Oh,

c'est une chirurgie du genou."

"Quoi exactement?" "Bien,

je sais pas trop." "C'est quoi

les conséquences?" "Hum..."

Bon, on le sait pas trop.

Si on rajoute une étape d'avoir

une deuxième langue, une autre

langue que sa langue maternelle,

là on vient de complexifier,

puis de diminuer

la compréhension.


De retour en studio.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Les patients, mais aussi

les médecins, ont tendance

à surévaluer leurs

capacités linguistiques.

En santé, ça peut avoir

un éventail de conséquences.


Texte informatif :
Les risques: Diagnostics erronés Erreurs médicales Complications Chute du taux de succès d'un traitement Patient insatisfait


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Le diagnostic peut être faussé,

mais ça peut aussi être à

l'origine d'erreurs médicales,

comme vous le voyez

sur notre tableau.

Le Dr Denis Prud'homme donne

d'autres exemples de problèmes

causés par la barrière

de la langue.


Le DR DENIS PRUD'HOMME, directeur scientifique de l'institut de recherche de l'hôpital Monfort, est interviewé sur son lieu de travail.


DR DENIS PRUD'HOMME

S'il y a un problème de

communication, il va y avoir une

surutilisation, par exemple,

de tests diagnostics.

Les tests diagnostics

ne sont pas exempts d'effets

secondaires. Et également, il

peut y avoir un surtraitement

si le diagnostic n'est pas

précis. Et également,

une surconsommation, soit de

médicaments, ou d'interventions

qui seraient pas nécessaires.


De retour en studio.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Une étude menée en 2003

concluait que les erreurs

de traduction avaient des

conséquences graves sur les

patients plus de 63% du temps.

Mais lorsqu'on est en état de

détresse ou fragilisé par la

maladie, ça peut être difficile

parfois, ou même gênant de

réclamer des services en

français. Le Dr André Bilodeau

croit que le patient ne devrait

pas avoir cette responsabilité

sur les épaules. Les services en

français devraient être offerts

d'entrée de jeu.


De retour à l'entrevue avec le DR ANDRÉ BILODEAU.


DR ANDRÉ BILODEAU

Je pense qu'en fait, la

première responsabilité, parce

qu'on est dans une relation

d'aide, appartient au système,

au professionnel, de faire

l'offre des services.

Pour que le patient se sente

confortable et en sécurité

de pouvoir après ça, entrer

dans une relation en français

avec ces professionnels.


De retour en studio.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Le Dr Bilodeau aborde ici

la question de l'offre active,

où les spécialistes de la santé

offrent d'emblée d'orienter

le patient vers des ressources

en français. C'est un concept

qui fait tranquillement,

mais sûrement son chemin dans

les hôpitaux et les cliniques.

Vous voyez d'ailleurs sur notre

tableau comment l'offre active

peut se matérialiser

très concrètement.


Les informations suivantes apparaissent sur un écran en studio: L'offre active en français : Accueil bilingue du patient Identification visuelle du personnel bilingue Correspondance dans les deux langues officielles du Canada Affichage bilingue.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Depuis quelque temps,

on constate aussi l'arrivée

de navigateurs de santé en

français. Ces navigateurs

sont des personnes

qui aident le patient

à trouver des ressources

disponibles en français.

Reste maintenant à savoir

s'ils sont assez nombreux

pour permettre à tous

les francophones de naviguer

le très complexe et parfois

labyrinthique système de santé.


Transition.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Les francophones de Windsor

sont de véritables pionniers de

la francophonie ontarienne. Mais

leur quotidien est loin d'être

facile. Ils évoluent dans une

région en crise, où l'économie

est en véritable déroute.

Récemment, les propos du

maire de Windsor sur la place

du français dans sa ville ont

provoqué la controverse. Mon

collègue Sébastien Pierroz s'est

rendu à Windsor prendre le pouls

d'une communauté francophone

qui lutte pour sa survie.


SÉBASTIEN PIERROZ, reporter aux affaires francophones, se trouve à Windsor.


SÉBASTIEN PIERROZ

À quelques mètres seulement de

la ville américaine de Detroit,

Windsor a subi de plein fouet

les contrecoups de la crise

économique mondiale. À tel point

que la ville est aujourd'hui

considérée comme la capitale

canadienne du chômage

et peine à accueillir

de nouveaux arrivants.

Il s'agit bien entendu d'une

mauvaise nouvelle pour la

communauté francophone. Pour les

5000 francophones de l'endroit,

l'heure est aujourd'hui à

la mobilisation, mais aussi à de

nouveaux projets. Nous sommes

d'ailleurs sur le terrain

en face de l'église Notre-Dame-

de-l'Assomption, qui pourrait

accueillir, en septembre 2017,

le premier monument de la

francophonie de Windsor.


GÉRARD MALO est président de l'ACFO de Windsor-Essex-Kent.


GÉRARD MALO

La raison d'être de

notre projet de monument

de la francophonie,

premièrement, c'est de...

Comment dire? D'accroître

la visibilité, notre visibilité

de la communauté francophone.


SÉBASTIEN PIERROZ (Narrateur)

Le projet consiste à

délocaliser le Monument des noms

au centre-ville, rendant hommage

aux pionniers francophones de

Windsor. Placé devant l'église

Notre-Dame-de-l'Assomption, la

construction sera alors coiffée

d'un drapeau franco-ontarien.

Considérée comme la plus

ancienne communauté francophone

de la province, les

Franco-Ontariens de Windsor

ont besoin d'une nouvelle

visibilité. La proportion

de francophones a lourdement

chuté dans la ville au

cours des dernières années.

En 2011, ils étaient même

2000 de moins que 15 ans

auparavant. Ce recul s'est

traduit par une menace

permanente sur les organismes

francophones existants.

La fermeture est toujours

envisagée pour le Club Alouette.

La librairie francophone de la

ville a dû, elle, fermer ses

portes très récemment. Cette

fragilité de la communauté

francophone de Windsor

s'explique en partie par un taux

de chômage aux alentours de 10%,

que la province peine à enrayer.


TARAS NATYSHAK est le député provincial d'Essex.


TARAS NATYSHAK

Notre taux de chômage est trop

élevé, et ça a été trop

élevé pour trop longtemps.

Donc, on voit un gouvernement

provincial qui n'a pas de plan,

qui n'a pas une stratégie pour

combattre notre taux de chômage.


SÉBASTIEN PIERROZ (Narrateur)

Dépendante de l'industrie

automobile de Detroit, Windsor

peine toujours à se relever de

la faillite subie par sa voisine

américaine. Victime directe

de la crise, l'ancienne usine de

transmission de General Motors

n'est désormais plus qu'un tas

de ruines. L'annonce récente de

Fiat-Chrysler Automobiles Canada

d'embaucher 1200 travailleurs à

Windsor est vue comme une note

d'espoir. Le centre Connexion

emploi Windsor aide justement

les nouveaux arrivants à trouver

des pistes pour obtenir

un emploi dans la région.

L'économie fragile donne

des situations souvent

bien délicates.


MICHEL BRASSARD est directeur de connexion-emploi Windsor.


MICHEL BRASSARD

J'ai des gens qui arrivent du

Nouveau-Brunswick. Ils arrivent

cassés, ils ont plus d'argent.

Pourquoi? Ils ont tout dépensé

pour venir dans notre

région, pensant que...

Moi, je pense que ces gens-là,

ils écoutent pas la télévision.

On est la capitale nationale

du chômage. Ils devraient avoir

une notion que c'est pas si

facile que ça à Windsor.


SÉBASTIEN PIERROZ (Narrateur)

Malgré la morosité de

l'économie, le défi d'aiguiller

les nouveaux arrivants, mais

aussi les francophones déjà

sur place, reste entier.

C'est notamment le cas des

associations réunies au Centre

communautaire francophone

Windsor-Essex-Kent, communément

appelé Place Concorde. Présent

sur place, le collège Boréal,

propriétaire de l'édifice, y

offre différentes formations.

Dans les mêmes locaux, on trouve

également le siège du Conseil

scolaire catholique Providence,

et aussi celui de l'ACFO

régionale. L'ACFO, justement,

aimerait obtenir un coup de

pouce du maire sur les services

en français. L'obstacle peut

paraître à priori élever.

Le maire Drew Dilkens a semé

récemment la polémique en

sous-entendant ne pas vouloir

privilégier la langue de Molière

aux autres cultures au sein

de la municipalité.


GÉRARD MALO

Cette controverse, je l'ai

qualifiée, et je la qualifie

encore de tempête dans un verre

d'eau. Les municipalités n'ont

pas cette obligation légale

d'offrir des services

en français,

bien que certaines municipalités

en Ontario le font tout à fait.

Puis ça veut pas dire que la

ville de Windsor ne peut pas le

faire. On peut le faire. On

va commencer à travailler

sur ce dossier-là.


SÉBASTIEN PIERROZ

La volonté ne manque donc

pas pour les francophones

de Windsor, mais il faudra

sans doute un sérieux coup

de barre pour renverser

la tendance démographique.


De retour en studio.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Voilà, c'était #ONfr.

Au nom de toute notre équipe,

merci d'avoir été là.

On se revoit jeudi

prochain. Au revoir.


L'adresse twitter suivante apparaît: @ONFR_TFO et l'adresse électronique suivante apparaît: TFO.ORG/ONFR


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