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Logement : encore plus de précarité?

La session parlementaire vient de prendre fin à Queen´s Park. Une session pleine de rebondissements, marquée entre autres par un début de réforme du financement politique et l’attente d’un plan clair sur la lutte au changement climatique. Et des francophones de l’Ontario vivent dans une précarité extrême. Certains, à faibles revenus ou immigrants, ne peuvent tout simplement pas assumer les coûts pour se loger dignement. Des acteurs sociaux qui leurs viennent en aide craignent que des changements qui pourraient être apportés à la législation ontarienne sur le logement viennent maintenant les précariser encore davantage.



Année de production: 2016

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
#ONfr


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER, animateur et reporter, est en studio, s'adressant au public de l'émission.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Bienvenue à

#ONfr.

La session parlementaire est

maintenant terminée à Queen's

Park. Une session qui a

été marquée par plusieurs

rebondissements,

notamment avec un début de

réforme du côté du financement

politique et quelques détails du

plan de match du gouvernement

pour lutter contre les

changements climatiques. Pour

mieux comprendre ces enjeux,

j'en parle avec François Pierre

Dufault qui couvre pour nous

la politique ontarienne.

Bonjour, François Pierre.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT apparaît sur écran vidéo en studio.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Salut, Étienne.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Dis-moi, qu'est-ce qui a

surtout retenu l'attention, là,

du côté de Queen's Park au

cours des derniers mois?


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Sans équivoque, c'est cette

histoire de financement

politique, une histoire qui est

arrivée un peu comme un cheveu

sur la soupe. Quelques histoires

dans les médias semblent avoir

fait boule de neige et forcé le

gouvernement Wynne à légiférer

pour interdire les contributions

des entreprises et des syndicats

aux partis politiques. Mais il

faut dire aussi que la loi

actuelle, elle est désuète et

elle donne parfois l'impression

qu'elle encourage la collusion.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Il y a eu des rumeurs de

prorogation de la session

parlementaire à plusieurs

moments pendant la session.

Finalement, ce n'était

que des rumeurs.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Oui, Étienne, mais on entend

aussi entre les branches

qu'il y aurait pu y avoir une

prorogation si les libéraux ne

s'étaient pas retrouvés sur

la sellette justement avec

cette histoire de financement

politique. Le gouvernement a

dû déposer un projet de loi

rapidement et du coup, une

prorogation n'était

plus possible.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Et la lutte aux changements

climatiques a aussi

fait beaucoup jaser.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Tout à fait, et pas

nécessairement pour

les bonnes raisons.

On apprend que le gouvernement

envisagerait de bannir

l'utilisation du gaz naturel

comme source de chauffage

pour les édifices. Ça a provoqué

toute une commotion, comme vous

pouviez bien vous l'imaginer.

Il y a, à l'heure actuelle, 76%

des édifices en Ontario qui sont

chauffés au gaz naturel. Le

ministre de l'Environnement,

Glen Murray, s'est retrouvé sur

la sellette et c'est la première

ministre Kathleen Wynne

elle-même qui a dû intervenir

pour rassurer l'industrie,

de même que les consommateurs.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Et un remaniement ministériel

paraît de plus en plus imminent.

Est-ce que M. Murray va garder

sa place à Queen's Park

à l'environnement?


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Bien, c'est là tout le

dilemme, Étienne. Le ministre

Murray s'est mis à dos

l'industrie du gaz, bien sûr,

mais aussi l'industrie de

l'automobile, qui l'a accusé

de ne pas en faire assez pour

le climat. Ça va être très

difficile pour M. Murray de

défendre son plan d'action. Ceci

étant dit, si le gouvernement

décide de le larguer ou de

l'envoyer dans un autre

ministère, eh bien, c'est un

désaveu qui risque de donner des

munitions à l'opposition, et qui

risque de raisonner longtemps

dans l'opinion publique.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Au niveau de la francophonie,

bien sûr, il y a eu les excuses

de l'Ontario pour le Règlement

17. Mais qu'est-ce qui ressort

d'autres, là, de cette

session parlementaire?


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Bien, pas grand-chose à vrai

dire. Beaucoup d'attentes. On

attend toujours un rapport sur

l'accès aux postes secondaires

dans le centre et le sud-ouest

de la province. On sait que le

gouvernement doit se baser sur

ce rapport-là pour prendre une

décision finale dans

le dossier de l'université

franco-ontarienne. On attend

aussi de voir si le gouvernement

va moderniser ou non la Loi sur

les services en français pour

ses 30 ans cette année.

C'est une recommandation du

commissaire aux services en

français, François Boileau, dans

son plus récent rapport.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

#ONfr va, évidemment, suivre

tous ces dossiers pendant l'été.

Merci beaucoup, François Pierre.


FRANÇOIS PIERRE DUFAULT

Je t'en prie, Étienne.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

(S'adressant au public de l'émission)

Des francophones de l'Ontario

vivent dans une précarité

extrême. Certains citoyens à

faible revenu ou encore des

immigrants ne peuvent tout

simplement pas assumer les coûts

pour se loger dignement.

Des organismes qui leur viennent

en aide dénoncent maintenant des

changements qui pourraient être

apportés à la législation sur

le logement et qui pourraient

les précariser encore davantage

selon eux. Voici ce

qu'on a découvert.


Dans un reportage, ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER est en entrevue avec MALIA, une immigrante qui garde l'anonymat.


MALIA

Il y a d'abord moi, la maman,

avec mes trois filles, celle de

13 ans, de 10 ans et puis celle

de 8 ans. On a un espace de

4 mètres sur 2,5 à partager.

C'est ça, notre chambre.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Malia ainsi que ses trois

filles vivent dans un refuge

À Toronto. Ses enfants sont

Canadiens, mais elle est sans

statut. Elle se bat pour

l'obtenir depuis 15 ans. Malia

tente par tous les moyens

de garder la tête hors de l'eau.

À sa demande, nous ne

révélons pas son identité.


On nous montre des images floues de MALIA et de ses enfants.


MALIA

Oui, je suis passée par le vol

À l'étalage pour nourrir mes

enfants parce que je n'ai pas pu

les nourrir. Alors, j'ai dit:

"Autant mieux j'encaisse

un dossier criminel, mais mes

enfants ne meurent pas de faim."


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Dans sa situation,

Malia est incapable de trouver

un logement à Toronto.

Plusieurs propriétaires exigent

des preuves d'emploi,

d'autres refusent les mères

monoparentales ou sont

tout simplement racistes,

affirme-t-elle.


MALIA

Souvent, on dit que les

enfants sont pas acceptées.

On préfère les chiens et les

chats parce que ça fait moins

de bruit. Et hum... L'autre

chose, c'est que quand on venait

chercher le logement, la couleur

aussi vous trahit. Ouais,

c'est pas évident.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Sans le sou, menacée

d'expulsion et avec deux enfants

malades, Malia dit vivre

un enfer quotidien.


MALIA

De passer ta nuit blanche.

Tu essaies de dormir, tu as les

yeux ouverts parce qu'il faut

penser qu'il faut faire partir

les enfants du shelter

parce que leur éducation est

en jeu, leur vie est en jeu.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Malia est loin d'être un cas

unique. Chaque année, Oasis

Centre des Femmes réfère

entre 100 et 200 femmes dans

des refuges, dont certains sont

fréquentés par des sans-abris.


DADA GASIRABO, directrice d'Oasis Centre des Femmes est en entrevue.


DADA GASIRABO

Et je pense que c'est une

crise ou je pense qu'on devrait

commencer à agir avant que ça ne

devienne catastrophique.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER s'adresse au public de l'émission.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Les refuges sont normalement

une solution de dernier recours

et temporaire. Une famille

francophone qui se trouve

en situation de pauvreté devrait

plutôt tenter d'obtenir un

logement social, comme ici

À Regent Park où l'on se trouve.

Mais à Toronto, c'est loin

d'être aussi simple. Il faut

attendre jusqu'à 8 ans et demi

pour obtenir un logement social

alors que 96000 familles

sont sur la liste d'attente.

Le gouvernement Wynne n'en

fait pas assez pour aider les

personnes vulnérables à se

loger, selon Oasis

Centre des Femmes.


On nous montre des images de la ville de Toronto.


DADA GASIRABO (Narratrice)

Autant

on regarde Toronto grandir à

vue d'oeil, mais autant les

personnes à faible revenu n'ont

pas accès à ces maisons. Je

pense que le gouvernement

préfère avantager les

développeurs, mais il y a pas ce

lien entre qu'est-ce qui est en

train de se développer et en

quoi est-ce que ça répond

à l'enjeu, en quoi est-ce

que ça répond à la crise.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Plusieurs femmes envoyées

en refuge par Oasis ont été

victimes de violence conjugale.

Incapables de trouver un endroit

décent où vivre, certaines

font marche arrière,

affirme Dada Gasirabo.


DADA GASIRABO

Souvent, elles retournent dans

des conditions, dans ses

situations de violence,

dans des situations d'abus.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Plusieurs organismes, comme

Oasis Centre des Femmes,

s'inquiètent des changements à

venir à la réglementation en

matière de logement en Ontario.

Selon eux, ces modifications

ouvrent la porte à davantage

de discrimination de la part des

propriétaires à l'endroit des

citoyens à faible revenu.


DADA GASIRABO

Mais si on donne encore un

pouvoir aux propriétaires, c'est

comme... on enfonce encore

davantage les locataires.

Et je pense que... J'espère que

cette loi ne passe pas.


On nous montre des images de différents politiciens ontariens au Parlement.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Le gouvernement ontarien

dit ne pas comprendre cette

inquiétude. Le ministre des

Affaires municipales et du

Logement affirme que les

changements à la législation

sont toujours à l'étape des

consultations et que l'objectif

est de mieux protéger les

personnes en situation précaire.


TED MCMEEKIN, ministre des Affaires municipales et du Logement de l'Ontario, est interviewé dans les couloirs du Parlement.


TED MCMEEKIN

(Propos traduits de l'anglais)

En leur donnant des appuis

financiers, les femmes auront,

avec ses projets pilotes,

plus d'options que de rester

dans des logements de transition.


On nous remontre des images de MALIA et de ses enfants. Ils sont tous de dos.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Malia, elle, supplie le Canada

de lui accorder sa citoyenneté.

La vie de ses trois enfants

canadiens est en jeu, dit-elle.


MALIA

Si l'immigration ne fait rien,

on est perdues. J'ai des enfants

canadiens qui seront perdus.


De retour en studio.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

(S'adressant au public de l'émission)

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et canadienne,

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Voilà ce qui complète cette

autre édition de

#ONfr. Au

nom de toute notre équipe, merci

d'avoir été là. On se retrouve

la semaine prochaine. Au revoir.


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