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Parent un jour, parent toujours

Des trucs et astuces qui permettent de réfléchir sur l'éducation des enfants en valorisant l'expérience des papas et des mamans d'aujourd'hui. Deux sympathiques familles se rencontrent pour une fin de semaine afin de vivre toutes sortes d'activités qui leur permettent d'échanger sur un thème précis lié à l'éducation des tout-petits. Un spécialiste se joint à la bande pour approfondir davantage le sujet et proposer d'autres solutions aux défis quotidiens que représente l'éducation.

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Je le veux, je le veux

Comment faire de nos enfants des consommateurs responsables et avertis dans une société où ils sont sollicités de toutes parts pour acheter, consommer et dépenser? Deux familles et une spécialiste proposent des pistes de solution.


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VIDÉO TRANSCRIPTION

Intertitre :
Album de familles


La photo d’une famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille

Grenier-Parent. Maman Valérie,

papa Éric et leurs deux filles.


ÉRIC PARENT

Ma plus vieille, 4 ans, c’est

Florence, bientôt 5 ans. Puis

ensuite, la dernière, Rosalie

qui a 2 ans, qui va avoir 2 ans

en fait le 5... le 9... voyons.


ROSALIE GRENIER-PARENT

Le 9 mars.


La photo d’une autre famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille

Morin-Dubuc. Maman Estelle, papa

Raphaël et leurs quatre enfants.


RAPHAËL DUBUC

Je vais vous présenter mon

clan. Laurence qui a 7 ans,

Éloïse qui a 9 ans, Hugo qui a 3

ans, ma petite crasse.


HUGO MORIN-DUBUC

Moi?


RAPHAËL DUBUC

Et Cédric qui a 5 ans.


NARRATEUR

Ces parents qui ne

se connaissent pas ont accepté

de passer une fin de semaine

complète ensemble pour échanger,

se donner des trucs sur un sujet

de l’heure : la consommation et

l’argent. Comment ne pas crouler

sous la pression d’une société

où parents et enfants sont

sollicités de toutes parts pour

acheter, dépenser, consommer.

Ces parents veulent faire des

choix éclairés et accompagner

leurs enfants pour faire d’eux

des consommateurs responsables

et avertis.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: Je le veux, je le veux!


La famille Grenier-Parent est à la maison et joue.


FLORENCE GRENIER-PARENT

(Choisissant une page d’autocollants)

J’ai choisi celui-là.


ÉRIC PARENT

Oui.


VALÉRIE GRENIER

C’est-tu le restaurant de Tiana

ça Florence?


ÉRIC PARENT

Ça lui ressemble pas mal,

mais... attend un petit peu...


FLORENCE GRENIER-PARENT

Ah! Oui.


VALÉRIE GRENIER donne une entrevue.


VALÉRIE GRENIER

On a eu des crises, c’est un

enfant, là. On en a eu des

crises de : « Je le veux! Je le

veux! » Puis de se mettre à

pleurer.


VALÉRIE GRENIER

(S’adressant à sa fille)

Hé! Ça va être beau, hein.


VALÉRIE GRENIER

(Poursuivant l’entrevue)

Quand je vois un nouveau DVD de

princesse qui sort, je l’achète,

tu sais. Mais, ça c’est

mon petit côté fille de...

J’ai mes filles, fait qu’il faut

que... tu sais. Mais de là à

avoir tout ce qui est de

princesse, tout, tout, tout,

non.

J’appréhende l’école parce que

des fois les enfants c’est...

« Ah! Bien moi j’ai un chandail... »

Je ne sais pas, moi, Guess

ou... je ne sais pas, moi, Tommy

ou... Mais j’ai pas le goût qu’elle

arrive à la maison : « Mais

maman, mais moi je veux ce

chandail-là parce que je me suis

faite niaiser à l’école ou... »

J’ai pas le goût.

Je veux commencer tout de suite

à lui faire comprendre que ce

n’est pas l’apparence qui compte

nécessairement, là.


Claire Leduc, travailleuse-sociale et thérapeute familiale, lit un livre à deux enfants.


NARRATEUR

Claire Leduc est

travailleuse sociale en plus

d’être thérapeute conjugale et

familiale depuis plus de 35 ans.

Elle a fondé l’Association des

Parents entraîneurs et donne de

nombreuses conférences.

Elle constate que les papas et

les mamans d’aujourd’hui vivent

beaucoup de pression en lien

avec la société de consommation.


CLAIRE LEDUC donne une entrevue.


CLAIRE LEDUC

Quand les gens viennent me

consulter, c’est souvent parce

qu’il y a des débordements dans

les comportements des enfants,

mais qui sont souvent en miroir

avec ceux des parents. Et par

rapport à la consommation, ce

que les parents trouvent

difficile c’est les caprices,

c’est le phénomène des enfants-

rois, des enfants qui font des

crises dans le centre d’achat

pour obtenir une petite gâterie

de plus ou un petit jouet de

plus alors qu’ils en ont des

centaines.

Et qui vont même jusqu’à se

rouler par terre pour obtenir

ces jouets-là. On peut expliquer

ça très bien à des enfants que

nos valeurs à nous c’est pas les

mêmes que la société de

consommation.

Et plus ils sont jeunes, plus

c’est facile de leur inculquer

ces valeurs-là aussi.


La famille Morin-Dubuc, après avoir joué dehors, rentre à la maison.


RAPHAËL DUBUC donne une entrevue.


RAPHAËL DUBUC

On dirait qu’ils se font

tellement bombarder avec...

je veux dire, le marketing, la

publicité. Puis veut veut pas,

ça te rend un peu... pas jaloux,

mais toi aussi tu voudrais avoir

la même affaire.

C’est sûr que ça se compare.

Là, ça commence un petit peu que

ça veut acheter... Tu sais, du

linge un peu de marque.

Tu sais, elles regardent leurs

amies de filles qui ont du linge

de marque, puis...

C’est sûr qu’elles vont trouver

ça plate, comme moi j’ai trouvé

ça plate quand j’étais jeune.

Oui, je vais avoir des crises,

mais regarde, c’est ça la vraie

vie. Tu ne peux pas avoir tout

ce que tu veux, puis on est pas

une banque à piton.


ESTELLE MORIN

Non.


RAPHAËL DUBUC

(S’adressant à ses enfants)

Tu veux-tu colorier un mandala?


ESTELLE MORIN donne une entrevue.


ESTELLE MORIN

Des fois il faut vraiment se

poser la question : ils en ont-

tu vraiment besoin? Ça leur

ferait-tu si plaisir que ça?

Parce que souvent on achète pour

faire plaisir, hein, puis 10

minutes après c’est déjà... ils

sont déjà passés à un autre

appel.


NARRATEUR

Notre société de

consommation encourage nos

enfants à en vouloir toujours

plus... Ce qui nous amène

inévitablement à l’argent.

Comment les éduquer pour qu’ils

aient un rapport sain avec

l’argent? Devrait-on les payer

lorsqu’ils font des tâches à la

maison ou un travail

particulier?


La famille Grenier-Parent prépare le repas.


VALÉRIE GRENIER

Florence, pour nous aider, elle

met la table. Elle aime beaucoup

essuyer la vaisselle, elle aime

beaucoup nous aider dans le

quotidien. Qu’est-ce que tu fais

Florence avec le...

quand on sort le petit plumeau,

là, pour épousseter?


FLORENCE GRENIER-PARENT

J’époussette.


VALÉRIE GRENIER

On ne récompense pas les filles quand

elles nous aident parce qu’on

les récompense pour autres

choses.

Quand c’est des choses normales,

dans la vie de tous les jours :

faire son lit, nous aider à

faire la vaisselle, nous aider à

faire les repas.

Je trouve que c’est des trucs

normaux, c’est des choses dans

la vie qui sont de tous les

jours, là.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Les tâches familiales ne

doivent pas être rémunérées

parce que toute la société

civile repose sur le bénévolat

et sur la solidarité familiale.

Ce que je dis aux parents :

« Est-ce que vous êtes payés pour

faire le souper? » Ils me

répondent : « Non. » Alors je

pense qu’il faut arriver à

transmettre à nos enfants le

sens du partage des

responsabilités, proportionnel à

leur âge, même à 1 1/2 ans ils

peuvent mettre leur assiette

dans le lave-vaisselle, alors...

Puis ils aiment ça. C’est ça

qu’il faut comprendre, c’est que

quand ils sont tout petits, ils

aiment ça faire ces tâches-là.

Ils n’ont pas du tout besoin

d’être payés pour ça.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

(Revenant de l’école avec sa mère)

Il y a des filles à l’école qui

disent que je ne suis pas très

très chanceuse parce qu’elles

sont payées pour les tâches

ménagères.

Genre, à la fin de la semaine,

le vendredi, si ta chambre est

toute ramassée, les lits sont

faits, t’as 5 $.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

(S’adressant à sa mère)

Est-ce qu’on va au magasin, là?


ESTELLE MORIN

On va aller au magasin jusqu’au

souper.


NARRATEUR

Maman Estelle, qui

est propriétaire d’un commerce,

amène régulièrement ses enfants

à la boutique pour les initier à

la valeur de l’argent.

Sa plus grande, Éloïse, lui

donne parfois même un coup de

main pour certaines tâches.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Heu... j’emballe des compresses

d’allaitement. Parfois c’est

faire des commandes Internet,

parfois c’est plier des

ceintures. Puis parfois c’est

faire l’inventaire, ça c’est l’fun.

(S’adressant à sa mère en lui montrant une serviette qu’elle a pliée)

De même, genre?


ESTELLE MORIN donne une entrevue.


ESTELLE MORIN

Ils sont en apprentissage de la

vie adulte, là, puis ça, ça va

être vraiment leur quotidien.

L’argent, ça ne tombe pas du

ciel, là. Puis des fois je vais

lui donner quelques sous de la

pièce. Après 10, elle réalise :

« Ah! J’ai encore même pas une

piastre, là. Ah! Il va falloir

que je continue plus longtemps. »


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

OK, c’est à mon tour de

compter, là.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Si nos enfants ont l’occasion

de travailler avec nous et de

partager des tâches pour

lesquelles nous on est rémunéré,

bien c’est bien de les

rémunérer. Ça peut être une

occasion pour eux d’apprendre un

métier, un travail, des

techniques et vraiment c’est une

bonne idée. Évidemment, on peut

faire ça deux heures, trois

heures, pas à la semaine longue.

Mais à l’occasion ça peut être

très très bien. Ils vont

réaliser le coût et l’effort que

ça prend pour gagner des sous et

ils gaspilleront beaucoup moins.


ESTELLE MORIN

1,25 $, ça été négocié à la

hausse. 1,25 $. Tiens chouette.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Je vais recompter au cas où.

75...


Plus tard, la famille Morin-Dubuc se rend chez la famille Grenier-Parent.


LAURENCE MORIN-DUBUC

On s’en va où?


RAPHAËL DUBUC

Chez des nouveaux amis.


VALÉRIE GRENIER

(Accueillant la famille)

Allo!


RAPHAËL DUBUC

Raphaël.


ÉRIC PARENT

Éric.


RAPHAËL DUBUC

Salut Éric!


VALÉRIE GRENIER

Salut! Valérie.


RAPHAËL DUBUC

Bonjour Valérie!


ESTELLE MORIN

Estelle.


VALÉRIE GRENIER

Allo!


NARRATEUR

Des jouets, il

s’en vend au Canada.

Le marché intérieur dépasse les

3 milliards de dollars par

année! L’éducation à la

consommation est essentielle,

surtout lorsque l’on sait que,

bon an, mal an, nos tout-petits

sont exposés à plus de 40 000

messages télévisés!


Pendant que les enfants s’amusent avec des jouets, les parents discutent.


RAPHAËL DUBUC

Quand on voit mettons des

publicités sur des produits que

je vois que c’est littéralement

de la gamique, bien là je les

prépare déjà au marketing,

comment est-ce que ça fonctionne

pour cibler le public cible.


ÉRIC PARENT

Veux-tu qu’on aille chercher ce

qui nous manque pour le

bricolage?


RAPHAËL DUBUC

Oui, oui, pas pire.

Tout de suite, là?


ÉRIC PARENT

Oui, oui.


RAPHAËL DUBUC

Go!


ÉRIC PARENT

(Sortant de la maison pour se rendre dans une boutique spécialisée)

♪ C’est parti les amis ♪


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Je crois qu’on doit fonctionner

avec le principe de réalité. Les

parents ne peuvent pas toujours

faire garder leurs enfants.

C’est souvent bon qu’ils

apprennent à se contrôler dans

les magasins.


RAPHAËL DUBUC

(S’adressant à son fils, alors qu’ils sont dans la boutique)

OK. Là, là,

écoute-moi, là.

Écoute-moi. On ne court pas tout

partout, OK, tu respectes papa.

D’accord? Pas de crise.

Rappelle-toi des consignes.

(Arpentant les allées)

On cherche des cure-pipes puis

de la feutrine. Bien vient-en

mon petit loup.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Je pense qu’il faut les

préparer à l’avance, mais ça

devrait devenir une habitude que

les enfants savent comment se

comporter, c’est-à-dire ne pas

trop demander. Savoir ce qui les

attend. Oui, on va acheter des

matériaux pour compléter telles

choses dans la maison, mais tu

vas regarder, tu vas apprendre à

regarder.


FLORENCE GRENIER-PARENT

(Montrant différents objets sur les rayons)

J’aime ça, ça, puis ça.


HUGO MORIN-DUBUC

Puis ça.


FLORENCE GRENIER-PARENT

Oui.

Ça, ça, puis ça.


ÉRIC PARENT

Est-ce que ça

c’est de la feutrine? Bien

j’aimerais ça que tu les

remettes à leur place.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Les parents cherchent souvent à

acheter la paix et finalement ce

que ça fait c’est que les

enfants développent ce qu’on

appelle des troubles du

comportement. Ils deviennent

agressifs, revendicateurs,

impolis. Et finalement ils ne

sont pas heureux. Tandis que les

enfants à qui on montre à bien

se contrôler dans les magasins,

ils apprécient ce qu’on leur

offre puis ils ne s’en font pas

trop avec ce qu’ils ne peuvent

pas avoir.

FLORENCE GRENIER-PARENT

Est-ce que je peux choisir, moi?


RAPHAËL DUBUC

Heu... Bien regarde, tu peux

choisir ça ou ça.


FLORENCE GRENIER-PARENT

Moi, je veux ça.


RAPHAËL DUBUC

Ça, d’accord. Ça ou ça?


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

On peut leur confier aussi des

responsabilités avec un petit

panier puis leur dire : « Bien

toi, tu vas choisir les

céréales. Tu sais lesquelles on

doit prendre. » Mais c’est aux

parents à décider des achats et

ils doivent ne pas craindre

d’affirmer leur autorité

parentale et affirmer leurs

moyens et leurs limites aussi.


FLORENCE GRENIER-PARENT

(Pleurant en montrant un livre)

Je l’aime trop.


ÉRIC PARENT

Oui. As-tu

fini tes princesses?

Écoute, non...


FLORENCE GRENIER-PARENT

Mais quelles princesses?


ÉRIC PARENT

Chut! Hein, ça ne donne rien de

crier. C’est pas loin ici, on

reviendra quand t’auras fini tes

collants de princesses.


FLORENCE GRENIER-PARENT

Je le sais, mais il y en aura

plus!


ÉRIC PARENT

Il y en a toujours Florence.


FLORENCE GRENIER-PARENT

Je le sais, mais papa...


ÉRIC PARENT

Florence.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Il ne faut pas avoir

peur de dire : « Non, c’est pas

acceptable de faire une crise.

Oui, il faut que t’apprennes à

tolérer ta frustration. C’est

normal dans la vie. Regarde

aujourd’hui, moi j’ai dû

attendre longtemps avant de

traverser le pont ou de

traverser la ville.

Puis j’ai écouté de la musique,

puis je pensais à toi. » Tu

sais, vraiment dédramatiser les

situations comme ça que c’est

pas grave et puis que ça fait

partie de la vie.

Je pense qu’il faut aussi être

un modèle au niveau de la

consommation.

Si on s’achète un paquet de

choses dont on a pas besoin et

que notre maison est remplie de

choses, c’est difficile de dire

à nos enfants : « Non, tu ne

t’achèteras pas un trentième

petit bonhomme de plastique. »


RAPHAËL DUBUC

(S’adressant à ÉRIC PARENT)

Tu y as goûté un peu avec...

avec Flo tantôt, toi.


ÉRIC PARENT

Oui.


RAPHAËL DUBUC

As-tu des grosses crises des

fois de même.


ÉRIC PARENT

Bah... Je te dirais que

c’est... Bien, le plus gros

c’est ça. Tu sais, que là ça

vient jusqu’aux larmes puis elle

devient vraiment triste.

Sauf que je viens à bout de lui

expliquer que je ne peux pas.


RAPHAËL DUBUC

Moi c’était comme plus...

mettons Hugo, ça été mon plus

gros criseux, là, celui qui

faisait les plus grosses crises,

là, puis c’était comme plus vers

2 ans. Tu sais, qu’il est à

l’âge de s’affirmer puis tout,

là. Tu le ramasses par le fond

de culotte, puis tu l’amènes

dans le char puis je pense que

ça vient de finir là.


RAPHAËL DUBUC

(Commentant par la suite)

Dans le fond, il ne faut pas que t’aies

peur de déroger de ton planning

pour faire de la discipline puis

casser ça dans l’œuf tout de

suite, là.


NARRATEUR

Maintenant que le

matériel d’artisanat est acheté,

les enfants sont prêts à

bricoler avec une base de

matériel recyclé.

Les tout-petits sont invités à

fabriquer un objet de

circonstance : une tirelire qui

pourra ensuite leur servir à

économiser.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

(Lisant une feuille)

Comment fabriquer votre propre

tirelire.


RAPHAËL DUBUC

On va faire un cochon avec un

deux litres de liqueur recyclé,

puis on va mettre des feutrines,

on va mettre des yeux, la petite

queue en tire-bouchon.


ESTELLE MORIN

On fait juste leur montrer que

c’est bien beau dire : « Ah! Ça,

on va la mettre au recyclage,

puis ils vont faire autre chose

avec. » Mais si ça, ça pouvait

servir encore, tel que c’est

fait, c’est mieux, tu sais.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

De faire des activités comme

recycler des matières, ça montre

aux enfants que c’est pas

toujours d’acheter quelque chose

qui rend heureux.

Ça peut donner un plaisir, mais

de faire quelque chose peut

apporter une joie beaucoup plus

profonde. Et c’est ce qu’on doit

cultiver chez nos enfants. Si on

fait ça, ils ont beaucoup moins

de troubles de comportement.


ESTELLE MORIN

Il y a un dollar pour tout le

monde. Qui peut m’aider?


ENSEMBLE

Moi!


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Les enfants reçoivent beaucoup de

cadeaux. À Noël, les gens ne

savent pas trop quoi leur

donner, puis ils leur donnent de

l’argent. Alors je crois que

c’est le rôle des parents de

leur montrer à gérer cet argent-

là, d’en économiser une partie

ou de créer un projet.

Dès l’âge de 5 ans ou 6 ans, les

enfants pourraient avoir leur

compte de banque et peut-être

regarder sur l’ordinateur le

fruit de leur magot. Mais moi je

pense qu’ils doivent le faire

avant l’adolescence pour que les

jeunes ne commencent pas à aller

tout dépenser leur argent dans

toutes sortes de petites choses

qui coûtent cher sans réaliser

ce que ça coûte et leurs moyens.


VALÉRIE GRENIER

On va mettre des sous dedans à

la maison.


ROSALIE GRENIER-PARENT

Oui!


VALÉRIE GRENIER

On va rentrer les sous dedans

ici.


ROSALIE GRENIER-PARENT

Oui!


VALÉRIE GRENIER

Dans le trou.


ROSALIE GRENIER-PARENT

Dans le trou.


VALÉRIE GRENIER

Oui, dans le trou.


ESTELLE MORIN

(Poursuivant l’entrevue)

Quand les

filles ont appris qu’on les

envoyait aux États-Unis en

visite chez leur oncle, elles

voulaient amener une caméra

digitale pour prendre des

photos.

Donc on a vraiment pris l’été

pour économiser chaque 2, 3 $

pour arriver à s’acheter une

petite caméra digitale de poche,

là, un peu, autour de 100 $.

Quand on est arrivés près du

voyage, il y avait à peu près

70 $ en banque.

Moi, j’ai complété, sachant

qu’elles avaient quand même fait

beaucoup d’efforts. Puis je peux

te dire que pendant la période

où on économisait, il y a même

pas un dollar qui s’est dépensé.


ESTELLE MORIN

(Comptant des pièces de monnaie)

25, 50, 75.


HUGO MORIN-DUBUC

Oui, mais les petits.


ESTELLE MORIN

Tu voudrais des petits?

Attends. Tu peux prendre 5 comme

ça...


NARRATEUR

Nos enfants ne

connaissent pas d’emblée la

valeur de l’argent.

Leur enseigner peut sembler

aussi ennuyant que de faire son

propre budget. Or, leur

apprendre en jouant peut être

une excellente option...

En plus, c’est gratuit!


ESTELLE MORIN

Le jeu c’est : est-ce que j’ai

assez d’argent?


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Plus 5 $.


ESTELLE MORIN

Qu’est-ce que je pourrais

m’acheter avec un 2 $?


FLORENCE GRENIER-PARENT

Des crayons.


ESTELLE MORIN

Des crayons, OK.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Il faut leur

apprendre graduellement à

intégrer la notion d’argent

parce qu’on vit avec de

l’argent. Il n’y a pas une

activité qui n’est pas soutenue

par de l’argent.

Les enfants ont des notions de

mathématique très jeunes. Dès

l’âge de 3 ans ils sont capables

de dire leur âge.

Ou j’ai même 2 1/2 ans. Et alors

ce qui fait qu’à 5 ans ou 6 ans,

ils sont tout à fait capables de

compter leur argent et commercer

et savoir si ça coûte cher, pas

cher, s’il faut que papa et

maman travaillent très fort.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

59,50 $.


VALÉRIE GRENIER

Tu nous dois 50 sous?


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Oui. Voilà.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Le jeu qui amuse le

plus les enfants au sujet de

l’argent, c’est le Monopoly.

Puis il y a un Monopoly pour

tout-petits puis qui les amuse

beaucoup.

On peut jouer au magasin aussi.


VALÉRIE GRENIER

Florence, elle veut acheter des

bonbons. Comment ça coûte ses

bonbons tu penses?


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Je suggérerais qu’à ce moment-là

on leur fasse des dollars en

papier, des sous... comme des

sous en chocolat mettons, pour

qu’ils s’habituent

tranquillement à utiliser le

commerce. Puis ils pourraient

apprendre aussi, à ce moment-là,

apprendre à compter leur monnaie

quand ils vont magasiner.


VALÉRIE GRENIER

T’as plus de sous, mais t’as un

vélo. T’as plus de sous.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

C’est une carte de guichet, dès

que tu la passes ça enlève

l’argent de ton compte de

banque. Ça fait que ça pas

vraiment coûté 0 $. Mais pour les

plus jeunes, ça coûte 0 $ s’ils

passent sur la carte.


ESTELLE MORIN

Puis si c’est une carte de

crédit?


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Heu... Bien, ça dit qu’ils

t’enlèvent de l’argent puis à la

fin tu reçois un papier qui dit

que t’as accumulé tel nombre

d’argent sur ta carte de crédit

puis il faut que tu la paies

avec ton compte de banque.


VALÉRIE GRENIER

Moi, je suis impressionnée.

Qu’elle sache tout ça, là, sur

les cartes de guichet, les

cartes de crédit, là, moi ça

m’impressionne.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Bonjour monsieur! Qu’est-ce que

vous voulez acheter?


CÉDRIC MORIN-DUBUC

Des patins.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

OK, ça coûte 50 on

va dire.


NARRATEUR

Maintenant que les

enfants sont au lit, les parents

peuvent se retrouver autour d’un

bon repas. Claire Leduc est

présente pour répondre à leurs

questions.


RAPHAËL DUBUC

Wow! Agréable souper en très

bonne compagnie.


ÉRIC PARENT

Bienvenue chez nous.


CLAIRE LEDUC

Bon appétit, hein.


RAPHAËL DUBUC

Je discutais avec Éric tantôt,

cet après-midi, puis on en est

venus sur l’argent de poche.


CLAIRE LEDUC

Oui.


RAPHAËL DUBUC

Puis les deux on était un

peu sur la même longueur d’onde

que l’argent de poche

systématique c’était... Oh!

Il n’en était pas question.


CLAIRE LEDUC

Moi, je suis en faveur qu’on

leur donne une somme régulière

quand ils sont des enfants.

Parce que de un, ça leur fait

plaisir, mais deux, ils

apprennent tranquillement à

connaître cette réalité-là.

À 2 ans, 3 ans, on peut leur

donner un 2 $ par semaine.

Puis il faut leur dire : « Tu

mets 1 $ dans ta tirelire, puis

l’autre dollar tu peux aller au

magasin. »


VALÉRIE GRENIER

Ça, oui.


CLAIRE LEDUC

Et jusqu’à

10 ans, je dirais que le maximum

c’est 5 $.

C’est de l’argent pour eux,

qu’ils apprennent à gérer puis

qu’ils apprennent à acheter des

petites choses.

L’argent de poche doit être

donné de façon gratuite, mais

jamais comme une récompense ou

une punition.


VALÉRIE GRENIER

Fais-nous pas...


CLAIRE LEDUC

C’est pas une récompense, pas

une punition, puis ça pas

rapport avec les tâches.

C’est normal qu’ils fassent leur

lit. Il faut leur donner le sens

de la responsabilité, pas d’être

payé, c’est là où ça fausse

l’éducation. C’est une erreur

monumentale puis ça produit des

enfants-rois puis des adultes

qui ne sont pas capables de se

prendre en main, puis

responsables.


VALÉRIE GRENIER

Puis qu’ils ne rendent jamais

service à personne parce qu’ils

veulent être payés pour.


CLAIRE LEDUC

Oui, c’est ça. Puis je crois

qu’il faut leur donner le sens

de la gratuité des gestes.


ÉRIC PARENT

Et les grands-parents

aujourd’hui qui sont souvent

gâteau ou très... portés à gâter

leurs petits-enfants, comment

est-ce qu’on peut venir à gérer

le phénomène à ce moment-là?


CLAIRE LEDUC

Ce que les grands-parents

doivent comprendre, c’est que le

pouvoir au niveau de l’éducation

des enfants, c’est les parents

qui l’ont. Et vous devez dire à

vos parents, gentiment, qu’il y

a telles choses que vous ne

voulez plus dans la maison.

Tu sais, vous ne voulez pas

qu’ils apportent une surprise à

chaque fois parce que ça...


VALÉRIE GRENIER

Je l’ai dit à ma mère ça.


ESTELLE MORIN

Oui, ça crée des attentes.


VALÉRIE GRENIER

Je l’ai dit. Florence était...


ÉRIC PARENT

Oui, c’est ça, parce qu’à la

minute qu’elle la voit rentrer,

c’est tout de suite : « Ah!... »

« As-tu une surprise pour moi? »


CLAIRE LEDUC

Non, mais aussi

c’est qu’on peut faire des

suggestions aux grands-parents.

Ils peuvent les amener au parc,

ils peuvent les amener faire un

jeu avec eux.


VALÉRIE GRENIER

Ils peuvent faire un pique-

nique, ils peuvent faire des...


CLAIRE LEDUC

Ils peuvent plutôt faire une

activité. Le rôle des grands-parents

c’est beaucoup plus

d’être un soutien, d’être

conseil quand c’est demandé, pas

nécessairement de s’imposer.


ESTELLE MORIN

Une fois on avait promis une

trottinette pour la fête de la

plus vieille, puis quand on

arrive dans le magasin, la

trottinette de princesse avec

les fla-flas puis tout ça, était

littéralement le double de la

trottinette mauve, juste bien

ordinaire. Puis d’avoir demandé

à Éloïse : « Sais-tu quoi? On

pourrait en acheter deux, puis

en avoir une pour Laurence. Donc

ça veut dire qu’on peut faire de

la trottinette ensemble. »


CLAIRE LEDUC

Estelle, vous êtes en train de

donner le bon exemple de

l’importance de l’influence

qu’ont les parents sur leurs

enfants.


VALÉRIE GRENIER

Bien oui, c’est un super bon

truc ça.


CLAIRE LEDUC

Quand vous êtes convaincu, avec

votre cœur, que c’est mieux de

partager que d’avoir une super

bébelle, l’enfant capte ça puis

il y a une charge affective aux

valeurs qu’on transmet à nos

enfants.


VALÉRIE GRENIER

Oui.


CLAIRE LEDUC

Vous avez été élevés dans

une société en croissance

économique. Cette vie-là qu’on a

connue, autant tout le monde, il

va falloir se restreindre et

changer notre mode de

consommation. Alors il va

falloir prendre des bonnes

habitudes et les transmettre à

nos enfants, mais qu’ils ne

fassent pas de dépression parce

qu’ils ne peuvent pas avoir de

bicyclette à 1000 $. Parce qu’on

peut vivre simplement puis être

heureux aussi.


ESTELLE MORIN

Oui.


NARRATEUR

Les enfants

constituent un public cible

important pour les spécialistes

du marketing.

Les dépenses faites par

l’industrie pour la publicité

destinée aux enfants ont explosé

au cours de la dernière

décennie, passant de 100

millions de dollars en 1990 à

plus de 2 milliards en 2000!

Comment ne pas céder à cette

pression sociale et publicitaire

qui fait croire à nos enfants

qu’ils doivent posséder quantité

de vêtements et de biens

matériels pour être acceptés par

leurs amis?


Le lendemain, les deux familles se rendent dans une boutique de vêtements et chaussures.


VALÉRIE GRENIER

Oh! Là, là! Des souliers roses

brillants de princesse.


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Mais je chausse aussi 9.5.


VALÉRIE GRENIER

Oui, mais il faudrait que

t’ailles les remettre là-bas

parce que ça te servira pas des

beaux souliers comme ça.


ESTELLE MORIN

Ça c’est une bonne affaire,

t’aimes-tu ça comme ça?


VALÉRIE GRENIER

Elles sont belles les shorts.

Waouh! Oh! Et elle lève en plus.

L’histoire des marques. Tu sais,

les marques ça coûte cher, mais

à l’école il y a-tu de la

discrimination parce qu’il y en

a un qui a du plus beau linge

que l’autre? Ils ont-tu des...


ESTELLE MORIN

Je ne pense pas.

C’est encore tôt. Ils les

remarquent, mais tu sais de là à

dire, genre : « Je ne suis pas

ton ami parce que tu ne mets pas

des marques, là. »


VALÉRIE GRENIER

Oui, oui, oui.


ESTELLE MORIN

Moi, les filles ne sont

vraiment pas habillées en

marque. Elles vont vraiment

choisir des vêtements

confortables ou vraiment à leur

goût à elles, là, tu sais, vu

que c’est eux autres qui

choisissent leur linge.

Voilà!


ÉLOÏSE MORIN-DUBUC

Je veux me regarder dans le

miroir.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Très souvent les parents

craignent que leurs enfants

soient rejetés s’ils portent des

vêtements qui viennent d’une

friperie et qu’ils ne soient pas

étiquetés avec une marque

connue. Mais les enfants à qui

on explique pourquoi on va à la

friperie, qui sont conscients

que c’est très bien d’utiliser

les vêtements de seconde main,

ils sont capables de s’affirmer

face à leurs compagnons, ça fait

partie de leur développement

d’être confrontés à des

divergences de valeurs, de

goûts, de manières de faire.

Puis c’est bon pour le

développement de leur

personnalité. Donc il ne faut

pas s’en faire avec ça.


LAURENCE MORIN-DUBUC

Moi, je voulais ces souliers-là.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Actuellement, on vit dans une

société qui est très mobile, il

y a beaucoup de parents qui

perdent leur emploi ou qui

travaillent à contrat, fait

qu’ils n’ont pas toujours du

travail et qu’ils n’ont pas

toujours de l’argent pour

acheter plein de choses. Je

crois que nos enfants doivent le

savoir. Si on est inquiet, c’est

peut-être pas nécessaire de le

partager avec eux, mais s’il y a

une difficulté financière dans

la famille, ils doivent le

savoir. Ça va les informer que

la vie c’est pas toujours facile

et que tout le monde a des

efforts à faire pour joindre les

deux bouts.


NARRATEUR

L’éducation à la

consommation c’est transmettre

des valeurs à nos enfants pour

en faire des citoyens avisés,

critiques et responsables où

l’argent est un moyen et non une

fin, où l’avoir ne prend pas le

dessus sur l’être.


Les deux familles quittent la boutique et se dirigent à la friperie.


VALÉRIE GRENIER

On va donner ton livre à des

enfants qui n’en ont pas des

livres comme ça.


ESTELLE MORIN

Moi quand, dans mon réseau, il

n’y a pas personne qui a besoin

des choses, bien là je le

refile à des friperies. Des fois

aussi ça n’a pas des grosses

valeurs, mais si ça peut servir

à quelqu’un, tant mieux.


CLAIRE LEDUC

(Poursuivant l’entrevue)

Les gens qui sont heureux dans

la vie, c’est des gens qui sont

capables de donner, qui sont

capables de participer. Et ils

en retirent énormément de

satisfaction. Ils sont beaucoup

mieux dans leur peau que les

gens qui consomment à outrance.

Et quand on peut amener nos

enfants à rendre service, à

faire des dons, c’est

merveilleux parce que non

seulement on améliore l’état de

la société, mais on fait des

gens beaucoup mieux dans leur

peau, qui ont une tolérance à la

frustration très facile, très

agréable. On n’est pas obligé de

leur mettre des limites, ils le

savent d’instinct.


VALÉRIE GRENIER

Qu’est-ce que vous faites les

filles? Là, vous vous êtes fait

des amis, là, hein?


ESTELLE MORIN

(Commentant par la suite)

On a rencontré une famille qui

est quand même à notre image,

qui nous ressemblait un peu, qui

avait en tout cas du moins les

mêmes préoccupations, celles de

vouloir être de son époque sans

non plus tomber dans les pièges

disons de la consommation.

On voit qu’on n’est pas tout

seuls dans notre dilemme.


ÉRIC PARENT

(Commentant par la suite)

Il y a des choses qu’on ne

pensait pas, qu’eux autres nous

ont éclairés un peu sur le sujet

qu’on se posait des questions en

fait. Comme leur plus vieille,

elle connaît déjà la valeur de

l’argent puis tout, J’imagine,

tu sais, qu’ils ont dû commencer

beaucoup plus de bonne heure

aussi, c’est pas juste dans le

courant de la dernière année.

Donc c’est une bonne idée pour

ça, pour justement Florence

commencer à lui apprendre de

bonne heure aussi.


VALÉRIE GRENIER

(Commentant par la suite)

Suite à la rencontre avec

madame Leduc, on va commencer à

un petit peu d’argent de poche,

pas beaucoup, juste pour qu’elle

puisse aller dépenser...

dépenser ses petits sous, mais

toujours avec nous qui va gérer,

là. Il n’y aura plus de

récompense parce qu’elle est

fine. Elle va être fine pour

être fine. Elle va être

gentille, elle va être polie

pour être comme ça.


Les deux familles se saluent et se quittent ensuite.


VALÉRIE GRENIER

Bye! Bye!


ESTELLE MORIN

Salut!


ÉRIC PARENT

Bye!


RAPHAËL DUBUC

Bye!


VALÉRIE GRENIER

Bye Laurence!


NARRATEUR

Découvrez la

section Rencontre de parents

dans laquelle vous retrouverez

un forum de discussions où il

est possible de poser des

questions, faire part de ses

préoccupations et proposer trucs

et astuces en ce qui a trait à

la vie de famille à l’adresse :

TFO.org/parent.


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