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Parent un jour, parent toujours

Des trucs et astuces qui permettent de réfléchir sur l'éducation des enfants en valorisant l'expérience des papas et des mamans d'aujourd'hui. Deux sympathiques familles se rencontrent pour une fin de semaine afin de vivre toutes sortes d'activités qui leur permettent d'échanger sur un thème précis lié à l'éducation des tout-petits. Un spécialiste se joint à la bande pour approfondir davantage le sujet et proposer d'autres solutions aux défis quotidiens que représente l'éducation.

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Familles sans frontières

Être parents, c’est trouver une façon d’éduquer ses enfants qui convient au papa et à la maman. Le défi est important lorsque les parents proviennent de cultures différentes. Un couple franco-kenyan, un autre franco-anglophone ainsi qu’un expert de la question partagent avec nous leurs trucs et astuces pour aplanir les difficultés associées aux différences culturelles.


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VIDÉO TRANSCRIPTION

Intertitre :
Album de familles


NARRATEUR

Voici la famille

Charun-Kibicho. Maman Nathalie,

papa Wanjohi, surnommé Kibi

et leurs petits amours.


WANJOHI présente ses enfants.


WANJOHI

Voici notre fille, elle

s'appelle Karen, elle a

5 ans. Voilà la petite

dernière, Serana, elle a 2 ans.

Et voici le grand fils qui

s'appelle Wesley, il a 3 ans.


NARRATEUR

Voici la famille

Perron-Roach. Maman Danielle,

papa Micheal et leurs enfants.


MICHEAL présente ses enfants.


MICHEAL

Ça, c'est Charlotte, elle a

6 ans. Et ça, c'est Christopher

qui a 10 ans, presque 11 ans.


NARRATEUR

Ces couples, formés

de partenaires de culture

différente, avaient envie

de passer une fin de semaine

ensemble pour échanger, se

donner des trucs, pour bien

vivre une réalité de plus

en plus présente au Canada

et ailleurs dans le monde :

l'exogamie. Bien que partager

sa vie avec un partenaire

d'une autre langue, religion

ou origine ethnique ne soit

pas toujours un long fleuve

tranquille, nous sommes de plus

en plus nombreux à plonger dans

cette belle aventure. Au cours

de la dernière décennie,

le nombre de couples exogames

a explosé et la tendance

semble se maintenir. Et quand

les enfants viennent enrichir

notre union, nous, les parents,

faisons face à un défi

fondamental, celui de

s'inventer une famille

unique, unie, malgré

toutes nos différences.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: Familles sans frontières


KAREN et WANJOHI regardent une grande carte du monde.


WANJOHI

Maman vient de quel pays?


KAREN

France.


WANJOHI

De quelle ville en France?


KAREN

Lyon.


WANJOHI

Lyon, très bien. Et papa, il

est né dans quel pays? Au Kenya.


KAREN

Au Kenya, à Eldoret


WANJOHI

Eldoret, très bien. Et

toi, Karen, tu habites où?


KAREN indique un endroit sur la carte.


KAREN

Moi, j'habite là, à Ottawa.


WANJOHI

Ottawa, très bien.


Dans un salon, NATHALIE, WANJOHI et leurs enfants mangent.


NATHALIE et WANJOHI témoignent.


NATHALIE

Les petits ont un peu de

Massaï, un peu de Kikouyou,

un peu d'Italien, mon papa

était de la frontière des

Alpes italiennes.

Et puis du Normand. Alors les

influences linguistiques sont

aussi nombreuses de ce fait.

Et on a beaucoup d'argot

dans notre façon de parler.


WANJOHI

Mon père, c'est un Kikouyou,

ma maman c'est une Massaï.

Ça, c'est des gens complètement

différents avec des cultures

complètement différentes.

Donc avec la mixité comme ça,

tu sais, c'est vraiment facile

pour moi quand je vois vraiment

la possibilité d'être dans

la situation où les gens sont

différents. Moi, je suis content

dans la situation comme ça.


WESLEY et KAREN mangent des sucettes bleu, blanc et rouge.


NATHALIE

Quelle couleur celui-là?


WESLEY

Bleu et rouge.


NATHALIE

Et au milieu?


KAREN

Blanc.


NATHALIE

Et ça, c'est les couleurs de?


KAREN

France!

Bleu, blanc, rouge.


NATHALIE

Jusqu'à présent c'était moi qui

parlais français et puis Kibi

qui parlait principalement en

anglais. Et les enfants ont vite

compris, avant 1 an, qu'ils

pouvaient s'adresser au papa

en anglais et à la maman en

français. Comme ça avait

tendance à nous séparer un petit

peu, à faire une frontière,

on essaie d'équilibrer puis

les enfants nous aident à

équilibrer en vieillissant.


NATHALIE, WANJOHI et leurs enfants jouent dans un parc.


NATHALIE

Les défis quand on est avec

quelqu'un qui a une autre

origine, une autre culture,

c'est multiple, c'est

vraiment... il y a un monde

entre nous. Il y a beaucoup de

travail des deux côtés, c'est

évident, quoi. Voilà, pour moi

c'est un enrichissement, c'est

clair, mais les défis c'est

d'abord d'essayer d'aller

au-delà de son quotidien,

de ses références culturelles,

des ses références habituelles.

Voilà, on se dépayse tous les

jours et à chaque expression.

On doit remettre en question

nos habitudes et essayer de

comprendre l'autre. C'est

vraiment un avantage parce qu'on

apprend des choses auxquelles

on n'avait pas pensées.

Au niveau du racisme, au

niveau de la politique, de

la compréhension du monde.

On a tous les jours quelque

chose qui nous surprend.


WANJOHI

Oui, ça c'est un défi parce

qu'il y a des choses, même des

choses vraiment petites, des

choses vraiment de base qui,

si on n'est pas bien compris,

qu'on comprend l'un et l'autre,

pour les mamans et les papas,

c'est quelque chose qui

pourrait être un peu...

vraiment un peu difficile.


NARRATEUR

Glen Taylor est

bien placé pour conseiller

les couples mixtes qui

veulent aplanir les

difficultés associées à

l'éducation des enfants.

Lui-même engagé dans

une relation exogame qui

a donné naissance à deux

filles, il est auteur et donne

des conférences sur le sujet.


Dans un salon, GLEN TAYLOR joue avec des enfants.


GLEN TAYLOR, conférencier et auteur, explique.


GLEN TAYLOR

L'exogamie

c'est l'union de deux individus

de langue maternelle et de

culture différente, c'est

aussi simple que ça. C'est

un couple d'origine différente.

On trouve l'exogamie dans

tous les milieux, puis aussi

fréquente dans le milieu

anglophone que francophone,

c'est sûr, oui.

On voit, avec la mobilité des

gens, il n'y a plus de limite

géographique, quoi. Alors les

gens se rencontrent, qu'ils

ne se seraient pas rencontrés

il y a 20 ans ou 40 ans.

Alors oui, c'est un phénomène

qui est partout au Canada.


Dans une cuisine, DANIELLE prépare à manger avec ses enfants.


CHRISTOPHER

C'est moi qui fais le malaxeur.


DANIELLE

Non, non, c'est Charlotte

qui fait le malaxeur.


CHRISTOPHER

Oui, mais moi je

veux tout le temps.


DANIELLE

Bien, cette fois-ci

c'est Charlotte.


CHARLOTTE

(Propos en anglais)

Yeah, finally.


CHARLOTTE actionne un malaxeur.


CHRISTOPHER, MICHEAL et DANIELLE discutent.


CHRISTOPHER

Mes parents, eux, ils se

parlent en anglais entre eux.

Mais, là, mes parents me

parlent en français et moi,

je parle à ma soeur en français.


MICHEAL

Mon père vient du Nouveau-

Brunswick, il est Acadien.

Ma mère vient de Toronto,

une anglophone.


DANIELLE

Moi, mes parents, mes deux

parents viennent de Thetford

Mines, près de la ville de

Québec. Mes parents sont

déménagés ici avant que je sois

née. Alors moi, je suis née ici.


GLEN TAYLOR

Ça prend une certaine ouverture

d'esprit et aussi un certain

caractère pour être attiré vers

quelqu'un qui vient d'une autre

langue et culture. Après ça, la

solidarité parce qu'on va voir

qu'autour de nous, mais ce n'est

pas tout le monde qui appuie

nos décisions, que ce soit la

famille, la société. Alors ça

prend une solidarité vraiment

exemplaire au sein du couple

pour bien avancer après ça.


MICHEAL

(Propos traduits de l'anglais)

Ma langue maternelle

est l'anglais et nous n'avons

jamais parlé le français chez moi.

Mon père parlait français,

la langue maternelle des Acadiens,

mais nous n'avons jamais

parlé le français à la maison.

Je suppose que la seule fois

où j'aurais pu l'apprendre,

c'est lorsque nous visitions sa famille

au Nouveau-Brunswick.

Tout le monde

parle français là-bas.


Autour d'une table, la famille Roach mange et discute en compagnie de JOSEPH, le père de MICHEAL.


DANIELLE

Vous souvenez-vous monsieur

Roach quand on a eu les

discussions avec madame Roach

puis tout ça, concernant comment

les enfants vous appelleraient?

Madame Roach voulait que ce

soit papa, puis là, vous,

vous avez dit : « Non,

ça va être grand-papa. »


JOSEPH

Pour moi, la question de

la langue n'a jamais été

une question de stress ou

de conflit. On vit dans

le milieu dans lequel

on est et c'est tout.


DANIELLE

Ou est-ce que vous vous

souvenez de quand on a parlé

d'envoyer Christopher à l'école

en français ou en anglais?

Puis moi, je disais français,

puis Michael puis madame

Roach disaient anglais.

Puis vous avez dit :

« Non, ça va être français. »


JOSEPH

Pour moi, Christopher

avait mieux réussi en école

francophone qu'en école

d'immersion. Il a maîtrisé

son français beaucoup plus

au niveau.


CHRISTOPHER assiste à un cours dans une classe du primaire.


GLEN TAYLOR

Il y a une foule

de défis associés à l'exogamie.

Ça commence aussi bêtement

que la réaction de la famille,

la famille immédiate.

Est-ce qu'ils vont accepter le

fait que leur fils ou leur fille

soit avec quelqu'un d'une autre

langue et d'une autre culture?

Peut-être que ça peut aller

quand ils n'ont pas d'enfant,

mais dès qu'ils ont des enfants,

ça crée toutes sortes de

dynamiques. La question qui

se pose tout de suite : quelle

langue est-ce que les enfants

vont parler? Quelle culture

est-ce qu'ils vont avoir? On

ne va peut-être pas penser plus

à la culture comme telle, mais

on va vraiment s'interroger

par rapport à la langue

que les enfants vont parler.


NARRATEUR

Comme couple mixte,

il y a bien souvent un océan

culturel qui nous sépare.

Les valeurs, le mode de vie, la

religion, peuvent être parfois

bien différents. C'est pourquoi

il nous est fortement suggéré de

discuter du type d'éducation que

l'on veut offrir à nos enfants

avant même de les mettre au

monde.


GLEN TAYLOR

Les couples devraient

absolument en discuter bien

avant d'avoir les enfants ou

bien quand ils vont commencer à

penser avoir des enfants. Parce

que c'est des questions qui

viennent nous chercher dans nos

tripes, ce n'est pas logique

nécessairement, c'est vraiment

viscéral. On va se rendre compte

jusqu'à quel point la langue et

la culture sont importantes pour

nous. Puis, bon, je peux même

citer des exemples de couples

qui se sont séparés après

avoir eu ces discussions-là,

avant d'avoir des enfants

heureusement. Il faut en

parler longuement et très

très franchement, quoi.


Dans sa classe, CHRISTOPHER témoigne.


CHRISTOPHER

Bien moi, j'aime ça, ce

n'est pas comme... si j'avais

une école anglaise, ça ne me

dérangerait pas parce que mon

père est anglophone puis je

peux parler anglais très bien.

Mais là, je trouve que... j'ai

commencé mon école en français

puis j'ai tous mes amis qui

sont dans une école française.


GLEN TAYLOR

Je sais que les parents ont

tendance à se dire assez tôt

dans la vie éducative de leur

enfant : « Je ne serai pas

capable d'aider avec les

devoirs. » Il n'y a pas

énormément de devoirs au début.

Un peu plus tard il y en a, mais

les devoirs c'est reprendre

les choses que les enfants ont

apprises en classe. Alors ça

ne devrait jamais être quelque

chose qui est nouveau, que

le parent doit enseigner à

l'enfant. Une des choses que

les parents peuvent faire, c'est

demander aux enfants de traduire

les devoirs si c'est écrit dans

un cahier par exemple. Après

ça, d'aller faire les devoirs,

puis après ça de revenir

puis traduire ce qu'ils

ont fait comme devoir.

Puis si l'enfant est capable de

les traduire, ça veut dire que

c'est bien fait, il a tout

compris. S'il n'est pas

capable de les traduire,

ça va dire qu'il a manqué

un bout en quelque part.


Sur le lieu d'une fête publique, parmi les manèges, les membres des deux familles se rencontrent, se saluent et se présentent.


NATHALIE

Alors nous voici à la fête des

Outaouais, c'est le jour de

la Saint-Jean, c'est la grande

fête des Canadiens français.

Je ne me sens pas impliquée

en tant que Française, mais

bien sûr il y a toujours

la francophonie que l'on

partage. Et voilà, c'est

un plaisir d'être ici.


NARRATEUR

Pour fonder une

famille avec un partenaire

d'une autre culture, ça prend un

couple solide, solidaire et fier

de ses différences. Car même si

on est de plus en plus nombreux

à être chef de famille hybride,

malheureusement des préjugés

à notre égard subsistent.


DANIELLE et NATHALIE discutent.


DANIELLE

Comme l'exogamie, vous dites,

comme vous venez de deux

cultures différentes, est-ce que

vos familles vous soutenaient?


NATHALIE

Non, ça été chaud. Ç'a

été difficile, j'ai fait la

naissance seule, sauf ma mère

qui a été toujours très forte.

Je n'avais pas mes frères et

soeurs. Je ne donnerai pas

plus d'explications, mais...


DANIELLE

Nathalie, si t'avais eu un

conjoint blanc, est-ce que

t'aurais eu plus de soutien?


NATHALIE

On était dans une

pleine transition. Mon père l'a

connu, il l'a connu quatre mois

de grossesse de mon aînée,

Karen. Après ça, il est décédé.


DANIELLE

Ah, mon Dieu.


NATHALIE

Donc, il a eu juste le temps,

on va dire, dans ces dernières

heures de dire : « Surtout,

ne le quittes pas, c'est un

mec bien. »


DANIELLE

Sur son lit de mort,

il t'a donné son approbation.

Ç'a doit avoir été important

pour toi.


NATHALIE

C'est important

quand même. C'est international

ces problèmes de tolérance ou

intolérance. Principalement, les

incompréhensions, le racisme,

vient de la méconnaissance.


DANIELLE

Oui.


NATHALIE

Quand je dis le mot Kenya, il

a beaucoup de gens qui prennent

la carte de l'Asie à l'envers

et qui disent : « Peut-être

que ça commence par là? »

Enfin, vraiment, il n'y a

aucune connaissance.


GLEN TAYLOR

Quand les couples exogames

font face à des préjugés, c'est

souvent dirigé vers l'un des

deux partenaires. Puis ce que ça

prend au sein du couple, c'est

une solidarité. Je m'explique,

même en vous donnant un exemple.

Une francophone que j'ai

rencontrée en Ontario qui,

dont le mari était anglophone,

ils sont allés chez l'oncle,

je crois, du mari et la

madame francophone parlait

à ses enfants en français.

Mais l'oncle un moment

donné chez lui a dit :

(Propos traduits de l'anglais)

On ne parle pas français

dans cette maison.

(Propos en français)

Bon, la madame était très

étonnée, le monsieur aussi,

son mari aussi. Et son mari

a dit à son oncle :

(Propos traduits de l'anglais)

Hé bien nous, nous parlons français

avec nos enfants

et si ce n'est pas possible ici,

nous partons.

(Propos en français)

Puis en fait, ils sont partis.

Alors il a appuyé à 100%

sa femme. Alors c'est la

solidarité, c'est un exemple

très concret de l'appui que

le parent non francophone

a offert à sa conjointe.


MICHEAL et CHRISTOPHER montent dans un manège.


NARRATEUR

Quand nos enfants

sont éduqués dans les deux

langues, certains d'entre

nous craignent que nos petits

mélangent ou n'arrivent pas

à bien les maîtriser. À cet

égard, Glen Taylor suggère

une technique bien simple :

un parent, une langue.


GLEN TAYLOR

La façon d'éduquer un enfant

aux deux langues parentales, la

façon la plus simple, c'est que

le parent, chaque parent lui

parle dans sa langue maternelle.

Puis l'enfant, très rapidement,

il va comprendre qu'avec maman

je parle telle langue puis avec

papa je parle l'autre langue. Il

va coder les langues autrement

dit. L'enfant va les mélanger,

c'est normal à l'âge de 3-4-5

ans, ils vont mélanger les

langues c'est sûr. Mais ça

ne dure pas éternellement.

Puis même les enfants qui sont

unilingues font plein d'erreurs

à ces âges-là. Mais les enfants

bilingues vont finir par démêler

les langues puis après ça ils

vont savoir que chaque langage,

chaque code linguistique

appartient à chaque parent.


Autour d'une table, MICHEAL, DANIELLE, NATHALIE, WANJOHI et GLEN TAYLOR mangent et discutent.


MICHEAL

Bienvenue tout le monde à

notre maison et bon appétit.


Les convives font un toast.


DANIELLE

Bienvenue à nos invités.


WANJOHI

L'identité de Karen, elle nous

demande beaucoup beaucoup

de questions par rapport à

son identité et l'identité de

la famille et l'identité de

son frère. Un jour vraiment

elle était seule, même,

elle était la seule. Donc

elle avait, je pense, 2 ans.

À l'époque, elle parlait de

toutes les choses qui sont

blanches, ça, c'était vanille.

Toutes les choses qui étaient

noires, c'était chocolat.

Donc elle vient et me dit :

« Mais papa, pourquoi toi,

tu es chocolat et moi je suis

vanille? Pourquoi, toi, tu

es chocolat et ma mère elle

est vanille? » Donc, ça

c'était beaucoup beaucoup

d'explications. J'ai répondu,

mais je ne pense pas que

j'ai eu les bonnes réponses.


GLEN TAYLOR

Je pense que pour tous

les enfants un moment

donné c'est compliqué.

Puis même, j'irais plus loin,

je dirais qu'un moment donné

il faut que les enfants plus

âgés qu'ils choisissent,

qu'ils décident consciemment

d'appartenir à la francophonie,

à l'anglophonie ou au groupe

qu'ils veulent, auquel ils

veulent appartenir.


MICHEAL

À quel âge est-ce que

tu peux faire cette décision?


GLEN TAYLOR

Bien, je dirais dans

l'adolescence. Je ne dirais

pas que ça crée des problèmes

d'identité être enfant de couple

exogame, je dirais plutôt que ça

crée une richesse potentielle

incroyable. Alors si les parents

réussissent à transmettre

les deux langues et cultures à

l'enfant, l'enfant va avoir une

identité qui est vraiment très

très complexe et il y a des

défis associés avec, c'est

sûr. Mais c'est une richesse

incroyable, quoi.


DANIELLE

Pensez-vous qu'un enfant qui

a été élevé dans une famille

exogame, comme la nôtre,

les nôtres, que sa qualité

de la langue va diminuer?


GLEN TAYLOR

Ah, non, aucunement. Ah, bien

j'ai dit la même chose à mes

filles, je leur ai dit : « Quand

vous parlez français, il faut

bien parler. » Exactement comme

ce que t'as dit. Quand tu parles

anglais autrement, les gens

vont penser que tu ne comprends

pas les deux langues.


DANIELLE

Puis aussi, dites-moi si j'ai

raison, mais comme quand il va

dire un mot qui n'est pas bien

dit en français, au lieu de

dire : « OK, dis ça, dis ça

ou dis la structure de phrase

d'une certaine façon. » Je fais

juste comme le répéter.


NATHALIE

Voilà, c'est ce que

je fais, oui, voilà.


GLEN TAYLOR

On répète la phrase, on répète

ce que l'enfant vient de dire,

mais on insère les bons mots,

on le dit de la bonne façon.


DANIELLE

Sans dire : « Fais ça, fais

ci, fais ça. »


GLEN TAYLOR

Oui, oui, c'est ça.


NATHALIE

Oui, il ne faut pas que ça

devienne une contrainte.


GLEN TAYLOR

Dès qu'on dit ça,

les enfants font ça.


DANIELLE

C'est ça,

c'est ça, c'est ça.


GLEN TAYLOR

Alors non, c'est juste tout

doucement, répéter, être

constant. Puis l'enfant va faire

les mêmes erreurs pendant un

certain temps, puis bon, on est

juste constant, on répète, puis

c'est ça. Puis ça très bien

fonctionné pour nous. C'est sûr

que les enfants mélangent les

langues, surtout quand ils sont

jeunes, ils vont mélanger les

langues. Puis il y a beaucoup de

parents qui vont dire : « Oh,

là, là, c'est pas bon avoir

deux langues parce que là,

ils mélangent tout. »


WANJOHI

Quand tu dis mélangent

les deux langues...


GLEN TAYLOR

Bien, ils vont parler

franglais. Oui, oui. Mais là,

c'est parce que c'est naturel.

Même les enfants unilingues,

mais ils font pleins d'erreurs.

Alors c'est le même genre

de choses. Ils vont faire des

erreurs, mais à la longue ils

vont finir par séparer, par bien

comprendre, bien, qu'il y a

deux systèmes langagiers, quoi.


DANIELLE

Alors c'est encore un processus

d'adaptation, de se trouver.


GLEN TAYLOR

Oui, exactement.


DANIELLE

Chrystopher parle le franglais

ici avec papa puis il trouve ça

une joke, il trouve ça drôle,

puis : « Ah, papa! »


MICHEAL

Mélanger

les deux langues, oui.


DANIELLE

Puis il corrige, il te corrige.

Il corrige son français.


GLEN TAYLOR

Oui,

je l'ai entendu.


Les convives rient.


CHRISTOPHER participe à un entraînement de karaté avec d'autres enfants.


DANIELLE

Nous sommes maintenant au

Douvris, centre martial. C'est

un endroit où Christopher reçoit

des leçons de karaté à chaque

semaine.


L'Instructeur de karaté compte en anglais tandis que les élèves répètent des mouvements.


DANIELLE

Comme vous voyez, le cours

est offert en anglais, mais

l'instructeur parle en français.

Alors Christopher peut

comprendre les instructions en

anglais puis le Sensei lorsqu'il

s'adresse à Christopher, va lui

parler en français. Alors c'est

un bon mélange. C'est souvent ce

qu'on a besoin de faire ici, à

Ottawa. Alors Christopher, on va

l'intégrer dans des cours, mais

on essaie toujours de trouver

un instructeur qui peut

parler en français pour

aider Christopher si jamais

il avait de la difficulté.


CHRISTOPHER exécute une série de mouvements de karaté avec son instructeur.


DANIELLE

Je trouve que c'est vraiment

représentatif des choses qu'on a

à faire comme famille exogame.

Puis aussi dans une communauté

majoritairement anglophone pour

s'intégrer puis s'adapter tout

en maintenant notre langue.


GLEN TAYLOR

L'important pour les enfants

c'est de s'amuser dans une

langue, en fait, c'est de

s'amuser. Ils s'en foutent de

la langue en fait. Ça va créer

des liens d'amour les liens

viscéraux avec la langue.

Autrement, si c'est juste une

langue qui est parlée à l'école

ou qui est imposée en quelque

sorte, bien ce n'est pas

agréable puis l'enfant ne va

pas vouloir l'apprendre, quoi.


NARRATEUR

Pour transmettre

à nos enfants la culture à

laquelle ils sont moins exposés,

il est bon de saisir toutes

les opportunités qui nous

sont offertes. On va avec eux

aux fêtes organisées par la

communauté, on leur lit des

livres sur notre pays, écoute de

la musique, visionne des films,

cuisine des plats typiquement

nationaux, bref, on les immerge

le plus possible dans le bain

de notre culture.


Les deux familles marchent parmi la foule sur le lieu d'une fête publique.


DANIELLE

On est au Parc Brewer, à

la Coupe communautaire. C'est

une fête qui rassemble des gens

d'origine multiculturelle. Il y

a à peu près 2000 personnes ici.

Puis on estime que 40 langues

sont parlées parmi la variété

des gens qui sont ici. Puis

l'objectif c'est d'aider

les gens à apprendre à mieux

se connaître, surtout les

Néo-Canadiens qui arrivent et

qui, peut-être, ne connaissent

pas beaucoup de monde. Alors

dans ce genre d'activité

plaisante, ils apprennent

à se connaître puis

développer un bon réseau.


DANIELLE et WANJOHI discutent.


DANIELLE

Est-ce que vous venez de

différentes religions,

je n'ai aucune idée?


WANJOHI

Non, on est dans la même.


DANIELLE

La même religion.


WANJOHI

Peut-être... heureusement, ça

facilite beaucoup les choses. On

partage la religion, tous les

deux on est catholiques. Donc,

ça c'est quelque chose qui

est... ça, c'est plus facile

quand on parle, par exemple,

des religions, des dieux ou des

choses comme ça. Ça, c'est plus

facile. J'imagine si c'est un

couple mixte avec des religions

différentes, je pense ça peut

être un peu délicat quand on

parle des choses comme ça.


NARRATEUR

Que ce soit pour

la question religieuse ou tout

autre aspect fondamental de

notre culture qui diffère de

celle de notre partenaire, le

dialogue, l'écoute, l'ouverture

et la recherche de solutions

demeure les principaux outils

à la construction du foyer

qui est le nôtre.


WANJOHI

Par exemple, quand Nathalie, ma

femme, quand elle dit quelque

chose que je pense vraiment...

je ne suis pas d'accord,

j'essaie toujours de comprendre

pourquoi elle a proposé ça,

pourquoi elle a dit ça.


DANIELLE

Qui est important

dans chaque couple.


WANJOHI

Je pense, oui. Mais, par

exemple, quand on mange, on doit

toujours avoir du vin sur la

table. Ça, je pense que c'est

sa culture gastronomique,

c'est très important pour les

Français. Je dis : « Nathalie,

vraiment, j'apprécie, mais je

pense que pour notre famille

c'est mieux si on peut vraiment

diminuer le nombre, la quantité

d'alcool dans la maison. » Donc,

comment on peut faire ça? Est-ce

qu'on peut avoir le vin le

weekend? Samedi et dimanche

on a le vin, donc au cours de

la semaine on n'a pas de vin.

Et ça bien bien marché.


DANIELLE

Avoir un esprit ouvert, mais

aussi de parler des vraies

affaires. Puis de ne pas

avoir peur d'offusquer

l'autre personne en adressant

le thème ou le sujet.


WANJOHI

Oui, absolument.


DANIELLE

Pour pouvoir trouver une

solution qui convient aux deux.


NARRATEUR

Aujourd'hui, plus

que jamais auparavant, on conte

de nombreux couples exogames

au pays. Il nous est désormais

permis de vivre notre amour, peu

importe les différences de race,

de religion et de culture.

Reste à nous et à notre famille

à assumer pleinement ce choix.


Dans une maison, les familles sont réunies dans un salon.


NATHALIE

Bien d'abord, un grand plaisir,

voilà. On s'est bien amusés

pendant ces quelques jours. On a

rencontré une famille formidable

qui a beaucoup de choses à

partager avec nous. On espère

que ça continuera notre amitié.

En tout cas, échanger ces points

de vue là c'était important.

De façon générale, c'est bon

d'échanger. Et connaître

l'autre c'est être tolérant, le

comprendre et donc développer

une amitié ou un réseau.

En tout cas, c'est toute

l'histoire actuelle du Canada


WANJOHI

Et aussi, en fait, ce n'est

pas seulement comprendre la

culture de l'autre, c'est aussi

apprécier et accepter la culture

de l'autre. Vraiment, c'était

excellent. On a rencontré

les amis, les nouveaux

amis. Comme Nathalie a

dit, j'espère fortement

que ce n'est pas la fin.


DANIELLE

On s'est tellement bien adonné,

puis on a connecté rapidement.

Puis les enfants c'est pareil,

ils s'entendent, ils s'adorent,

ils jouent super bien ensemble.

Puis quand on peut communiquer

avec un esprit ouvert, ça nous

permet de développer n'importe

lequel lien d'amitié.


MICHEAL

Il y a beaucoup de différences

au Canada : différentes langues,

différentes cultures. Et c'est

tout important de respecter

les différentes façons que

les familles décident de

vivre leur vie.


Les membres des deux familles se disent au revoir.


NARRATEUR

Découvrez la

section

« Rencontres de parents »

qui vous permet de partager vos

expériences avec des parents qui

vivent des situations semblables

aux vôtres. Rendez-vous sur

le site de

« Parent un jour,

parent toujours »

à l'adresse :

TFO.org/parent


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