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Parent un jour, parent toujours

Des trucs et astuces qui permettent de réfléchir sur l'éducation des enfants en valorisant l'expérience des papas et des mamans d'aujourd'hui. Deux sympathiques familles se rencontrent pour une fin de semaine afin de vivre toutes sortes d'activités qui leur permettent d'échanger sur un thème précis lié à l'éducation des tout-petits. Un spécialiste se joint à la bande pour approfondir davantage le sujet et proposer d'autres solutions aux défis quotidiens que représente l'éducation.

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Regarde comme je suis bon!

Lorsque papa rêve que fiston devienne une vedette du hockey et que maman insiste pour que la plus jeune suive des cours de ballet et de piano chaque semaine, c’est parfois tous les membres de la famille qui s’essoufflent. Il peut s’avérer difficile, comme parent, de doser la pression que l’on met sur les épaules de nos enfants et d’éviter de leur faire réaliser des rêves…



Année de production: 2012

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Intertitre :
Album de familles


La photo d’une famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille Murray-Brezynskie :

maman Chantal, papa Chad et leurs deux

enfants.


CHAD BREZYNSKIE

C’est ma famille. Le petit

garçon Noah, il a 7 ans et la

petite princesse, Emma, 9 ans.


La photo d’une autre famille est présentée.


NARRATEUR

Et voici la famille

Noël-Hunt : maman Marie-Claude,

papa Joey et leurs fistons.


JOEY HUNT

C’est mon garçon, Trestan, 6

ans. Un autre garçon, Kaleb, 4

ans. C’est ma famille.


NARRATEUR

Ces deux familles

ont accepté de passer une fin de

semaine ensemble pour échanger

sur un sujet essentiel qui leur

tient à cœur : le développement

du plein potentiel de leurs

enfants. Quelle est la frontière

entre encourager et trop

insister? Dans quelle voie les

diriger? Est-ce important qu’ils

performent? Que favoriser entre

l’école, les arts, les sports et

la culture?

Tous les parents veulent voir

leurs enfants s’épanouir et

réussir, mais la manière de les

accompagner exige doigté et

écoute.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: Regarde comme je suis bon!


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE et sa sœur EMMA MURRAY-BREZYNSKIE font leurs devoirs.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Noah, n’oublie pas, toutes les

lettres commencent...

quoi?


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE

En haut.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

C’est ça, c’est ce que je veux

voir aussi. D’accord? Vendre ou

vendu? VENDRE, qu’est-ce qu’on

va mettre?


EMMA MURRAY-BREZYNSKIE

Vendre.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

E.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE donne une entrevue.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Les résultats scolaires sont

très importants pour Chad et

pour moi. On veut que les

enfants réussissent bien à

l’école.

(S’adressant à son fils)

N’oublie pas, ça

commence comme un...

Un quoi?

(Poursuivant l’entrevue)

Je crois que le fait que je suis

enseignante, c’est sûr que c’est

motivant, mais est-ce que c’est

différent de quelqu’un qui ne

serait pas enseignante?

Je ne le sais pas.

(S’adressant à sa fille)

Regarde, j’aimerais vérifier tes

mots puis tes phrases en

premier.

Et là, il y aurait une quoi?

Une quoi?


EMMA MURRAY-BREZYNSKIE

Une lettre majuscule.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Pourquoi?

(Poursuivant l’entrevue)

Alors, on leur demande de

prendre cinq mots, de leurs mots

de dictée, puis d’écrire des

phrases. Ça, ce n’est pas

demandé que je le corrige avec

elle, mais je choisis de le

faire. Comme ça, on peut en

discuter puis juste corriger les

erreurs ensemble pour les éviter

la prochaine fois.

Avec Emma aussi en français,

elle est très bonne en écriture,

la lecture puis les

communications orales.

Je dirais que sa faiblesse

serait plutôt les maths.


CHRISTELLE LEFEBVRE joue avec deux enfants.


NARRATEUR

Christelle Lefebvre

est éducatrice spécialisée,

familial et conférencière.

Depuis plusieurs années, cette

maman de deux enfants se dévoue

À trouver les meilleures

méthodes à employer pour

favoriser le développement du

plein potentiel de nos enfants.


CHRISTELLE LEFEBVRE, coach relationnel, donne une entrevue.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Développer le potentiel de son

enfant c’est vraiment d’aller

chercher tous les savoirs, les

connaissances, pour, quelque

part, développer ses

connaissances, les savoirs.

Mais il y a aussi tout le

potentiel qui est le savoir-faire,

le savoir-être. C’est

beaucoup aussi lui donner

confiance en lui, développer son

être, qu’il apprenne à se

connaître le plus possible, de

ce qu’il aime, de ses passions,

de ses intérêts. Et donc, c’est

lui donner quelque part un peu

le sentiment qu’il a les

ressources à l’intérieur de lui,

la force, et peu importe ce qui

va arriver, qu’il a tout à

l’intérieur de lui pour réussir

ce qu’il veut dans la vie.


Plus tard, NOAH MURRAY-BREZYNSKIE s’installe au piano.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

(Poursuivant l’entrevue)

Bien, pour moi développer le

potentiel de nos enfants c’est

vraiment de les aider à se

rendre aussi loin que possible

dans ce qui les passionne.

Peut-être pas juste ce qui les

passionne parce qu’il y a des

choses qui me passionnent que je

veux qu’ils fassent aussi.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

(S’adressant à son fils)

Regarde, là, je vois ton erreur.

Ça, c’est quoi?


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE

Ici.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Tu t’es trompé de main.

C’est tout.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

(Poursuivant l’entrevue)

J’ai toujours voulu jouer au

piano, mais mes parents ne

pouvaient pas me le permettre

quand j’étais plus jeune. Ça

fait que là, j’ai dit : « OK,

bon, c’est les enfants qui vont

prendre des cours, ce n’est pas

moi. »


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE

J’aime jouer du piano.

Ce n’était pas facile au début,

mais maintenant je me suis

amélioré.


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

On voit souvent des parents qui

ont une passion pour quelque

chose, hein, que ce soit pour la

musique ou pour les arts ou

quelque chose comme ça. Et c’est

sûr que les parents sont les

modèles. Donc, les enfants

observent les parents, les

voient aller, et ont envie de

faire la même chose. Donc ça,

c’est super quand le parent peut

transmettre sa passion à

l’enfant et que l’enfant ait

envie de développer cette

habileté. Ça, c’est le monde

idéal. Parfois, le parent veut

trop. Donc là, c’est important

de, encore une fois, valider

avec l’enfant. Est-ce que c’est

vraiment la passion de l’enfant

aussi? Parfois, les passions,

elles sont comme imposées.

Donc ça, il faut être vigilant.


JOEY HUNT joue au hockey avec ses fils, TRESTAN NOËL-HUNT et KALEB NOËL-HUNT, sur le balcon, derrière la maison.


MARIE-CLAUDE NOËL donne une entrevue.


MARIE-CLAUDE NOËL

C’est important que mes fils

fassent du sport parce que,

premièrement, c’est bon pour la

santé.

Aussi, je crois très fortement

que c’est bon pour organiser ton

horaire. Donc, école, sports,

études.

Donc, t’es habitué de faire

plusieurs choses à la fois.

Aussi, quand ils sont

adolescents, bien, on sait tous

qu’il y a des choses des fois

qui sont un petit peu mauvaises.

Quand on fait du sport, on ne

pense pas à ces choses-là.


JOEY HUNT

(Montrant à ses fils un oiseau sur le toit de la maison du voisin)

(Propos traduits de l’anglais)

Trestan, qu’est-ce que c’est? Quelle

espèce d’oiseau?


TRESTAN NOËL-HUNT

Goose?


JOEY HUNT

(Propos traduits de l’anglais)

C’est ça! Et s’il y en a plusieurs,

on appelle ça une volée de

bernaches.


MARIE-CLAUDE NOËL

(Poursuivant l’entrevue)

Quand ils sont jeunes, d’essayer

de voir qu’est-ce qu’ils aiment,

qu’est-ce qu’ils n’aiment pas.

Et puis même quand ils essaient

des choses, ils se développent.

Juste le fait de faire d’autres

choses que l’école, c’est très

important. Parce qu’aller à

l’école, c’est beaucoup les

livres, assis... Tandis que

musique, dessin, sport, c’est

vraiment... tu développes

quelque chose d’autre.


JOEY HUNT donne une entrevue.


JOEY HUNT

(Propos traduits de l’anglais)

Ce qui est important pour moi, c’est

qu’ils apprennent à avoir un bon

esprit sportif et à développer

l’esprit d’équipe. Ils vont aussi

apprendre qu’on ne peut pas toujours

gagner. À mon avis, tu ne peux pas

être un bon gagnant si tu ne peux

pas affronter une défaite. Il faut

aussi que ça reste amusant pour eux.

S’ils n’ont pas de plaisir, c’est que

tu pousses trop!


Plus tard, la famille Noël-Hunt est à table pour le repas.


MARIE-CLAUDE NOËL

Tu n’as pas de soccer, ça fait

que tu vas l’avoir la semaine

prochaine. OK?


KALEB NOËL-HUNT

Puis moi, je jouais.


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui. Puis toi, Kaleb, tu jouais

au soccer? Comment ça tu ne

voulais plus jouer au soccer?

(Poursuivant l’entrevue)

J’ai été déçue qu’il arrête le

soccer parce que c’était

vraiment le premier... il a fait

de la natation, mais c’était

vraiment le premier sport que

vraiment il était beaucoup...

qu’il aurait été en contact avec

d’autres enfants.

Puis oui, j’aurais aimé ça qu’il

en fasse, mais ce n’est pas pour

lui. Ça fait que l’année

prochaine, on va essayer

d’autres choses.


JOEY HUNT

(Poursuivant l’entrevue)

(Propos traduits de l’anglais)

Quand ton enfant fait plusieurs

activités, le plus difficile, c’est le

manque de temps.


MARIE-CLAUDE NOËL

(Poursuivant l’entrevue)

Une année, Trestan commençait le

baseball à 6 h 15. Donc, je

travaillais, le temps d’aller

chez la gardienne, à se rendre

au baseball, il n’avait pas le

temps... Ça fait qu’il fallait

la veille, le mettre dans

l’auto, manger dans l’auto, puis

se rendre.


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

L’horaire, c’est un enjeu pour

beaucoup de familles

effectivement. On fait vivre à

l’enfant toute cette pression-là

de : « Vite vite, mangez vite,

on part là, etc. » Puis

actuellement, on n’a jamais eu

autant d’enfants stressés.

Les dernières études parlent de

15 % d’enfants qui sont atteints

par de l’anxiété ou de la

dépression. Est-ce que c’est si

important qu’il apprenne une

nouvelle langue, étudie la

musique, fasse du sport, aille

aux scouts, etc., ou est-ce

qu’on peut se concentrer sur une

chose et revenir à l’essentiel?

Moi, ce que je propose souvent

aux parents c’est une, maximum

deux activités si l’enfant est

vraiment passionné, pour sortir

un petit peu cette pression-là.


Dans une animation, un enfant monte sur la troisième marche du podium et les bruits de la foule laisse entendre leur déception. Le parent hisse l’enfant sur la plus haute marche et la foule applaudit alors.


EMMA MURRAY-BREZYNSKIE est dans sa chambre et montre ses médailles.


EMMA MURRAY-BREZYNSKIE

Ici, c’est mes médailles.

Ça, c’est ceux de Franco

olympique. Ici, c’est celles de

gymnastique. C’est une première

place, la médaille d’or.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

(Poursuivant l’entrevue)

Est-ce qu’on veut qu’ils aient

un esprit un peu compétitif?

Oui, sûrement, Chad puis moi, on

est tous les deux très

compétitifs. C’est sûr que s’il

faut que je choisisse entre

mieux performer ou être heureux,

bien, évidemment, je veux que

mon enfant soit heureux.

J’espère qu’il va être capable

de retrouver la joie en

performant.


CHAD BREZYNSKIE

C’est très important. Les

beaucoup de choses comme ça :

comment travailler en équipe, de

choses compétitives, des choses

qui sont très importantes pour

la vie quand tu es bien et que

tu travailles.


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE

(Montrant un diplôme)

Comme tu vois, ça, c’est mon

équipe : Blackhawks. Et je suis

player of the game, le meilleur

joueur de la partie!


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

C’est important de leur

enseigner la persévérance, mais

pas pour obtenir nécessairement

un résultat. Hein, comme si,

mettons, on joue au hockey, on

ne veut pas nécessairement

gagner la coupe, mais on veut

persévérer. Quelque part c’est

d’évoluer par rapport à nous-mêmes.

Ce qu’on voit parfois

avec les enfants, ils essaient

une nouvelle activité puis au

bout de quelques séances, là,

ils voient que ça ne leur

correspond pas, ils n’aiment pas

ça ou ils ne sont pas assez

bons, puis là, ils sont

frustrés, alors ils veulent

abandonner. On ne veut pas

enseigner à nos enfants que

c’est correct d’abandonner.

Ça ne veut pas dire qu’on ne

peut pas jamais abandonner, mais

que quelque part, quand on

s’engage à quelque chose, on va

jusqu’au bout. Et surtout, ça

leur montre qu’effectivement,

plus ils vont essayer, plus ils

vont s’améliorer et ils vont

réussir à faire ce qu’ils veulent.

Donc ça, c’est une grande leçon

dans la vie parce que c’est

comme ça qu’on va enseigner à

l’enfant que c’est important de

ne pas se laisser abattre par

les difficultés.


MARIE-CLAUDE NOËL est avec ses enfants et les aide dans leurs devoirs.


MARIE-CLAUDE NOËL

T’as eu un beau résultat dans

ta dictée cette semaine.


KALEB NOËL-HUNT

J’ai eu 15 sur 16 dans ma

dictée.


JOEY HUNT

Oh... Yes my boy!


MARIE-CLAUDE NOËL

C’est beau, t’as pratiqué juste

une fois. T’es bon!


TRESTAN NOËL-HUNT

(Lisant un livre)

Huit... moutons qui font de la

musique.


MARIE-CLAUDE NOËL

Excellent! à quel niveau tu es,

de lecture?


TRESTAN NOËL-HUNT

Avant, j’étais niveau 1.


MARIE-CLAUDE NOËL

Puis là, t’as changé à niveau

2. Il est le seul en

prématernelle à être dans le bac

2.


KALEB NOËL-HUNT

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.


JOEY HUNT

(Poursuivant l’entrevue)

(Propos traduits de l’anglais)

Il doit y avoir du défi. Si tout est

facile pour toi, tu ne développes

rien. Tu te dis : « Je n’ai pas besoin

de m’améliorer, je suis déjà bon. »


MARIE-CLAUDE NOËL

Tiens, ici c’est la même chose.

On va avoir fini ça.

Fais les groupements de 10.

Dans la case, écris le nombre.


MARIE-CLAUDE NOËL

(Poursuivant l’entrevue)

Je fais attention parce que je

sais que des fois ce n’est pas

positif positif être trop

perfectionniste. Par exemple, je

peux effacer cinq fois son

devoir. « Non, ce n’est pas

assez beau. Refais-le.

Refais-le. »


MARIE-CLAUDE NOËL

(S’adressant à KALEB NOËL-HUNT)

Je crois que tu fais exprès.


KALEB NOËL-HUNT

Non, non, non, non.


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui, je crois que tu fais

exprès. Allez.


MARIE-CLAUDE NOËL

(Poursuivant l’entrevue)

J’ai été exigeante au début.

Donc, tu sais, je lui ai dit :

« Pas de C. Je ne veux pas de C,

pas de 7. Pas de C, pas de 7,

c’est 8 en montant. B, A. » Ça

fait que je leur dis : « Si t’as

ça, pas de problème.

Si tu n’as pas ça, on va

travailler là-dessus. »


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

Leur fixer des objectifs, je

pense que c’est toujours

intéressant parce que plus on

sait vers quoi on s’en va, plus

on va naturellement faire ce

qu’il faut pour y arriver.

En même temps, il faut se fixer

des objectifs qui sont

réalistes. Si un enfant se

confronte trop souvent aux

échecs, il va, à quelque part,

perdre confiance en lui. Ça va

être beaucoup de frustration,

son estime de lui va baisser.

Et donc, on arrivera même plus,

à un moment donné, à

l’intéresser à la chose.


MARIE-CLAUDE NOËL

(S’adressant à KALEB NOËL-HUNT)

T’as pas bien fait, là. Madame

va te mettre mal, madame.


KALEB NOËL-HUNT

Tu comptes celui-là.


MARIE-CLAUDE NOËL

Non, c’est toi qui fais tes

devoirs.


KALEB NOËL-HUNT

Non, c’est toi qui comptes.


MARIE-CLAUDE NOËL

Bien non, c’est toi qui fais

les devoirs.


KALEB NOËL-HUNT

Non, c’est toi qui comptes.


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

Il ne faut pas nécessairement

faciliter les choses pour

l’enfant. Il ne faut pas éviter

les échecs avant tout parce que

les échecs c’est aussi ça qui

forme le caractère, qui aide

l’enfant à savoir qui il est

exactement. À savoir c’est où

ses forces, c’est où les choses

à développer. Donc c’est

important qu’il en vive. Mais

s’il en vit trop, bien, c’est là

qu’on risque de détruire

beaucoup de choses en lui.


La famille Noël-Hunt rejoint la famille Murray-Brezynskie au musée.


CHAD BREZYNSKIE

Ah, bonjour!


MARIE-CLAUDE NOËL

Bonjour! Bonjour!


CHAD BREZYNSKIE

Comment ça va?


MARIE-CLAUDE NOËL

Ça va bien. Allo Noah! Allo

Emma!


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Bonjour Kaleb!


KALEB NOËL-HUNT

Allo!


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

On se prend la main. Tu suis.


NARRATEUR

Pour nous, les

parents, développer le plein

potentiel de son enfant signifie

trop souvent favoriser les

compétences intellectuelles et

viser la performance. Or, le

potentiel fait appel à

l’ensemble des talents, des

ressources et des compétences

qui habitent notre trésor.

En somme, développer le

potentiel c’est favoriser

l’épanouissement de l’ensemble

de l’être.


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

On a parlé pendant très

longtemps de quotient

intellectuel, hein, c’est très

mesuré, c’est très basé sur les

connaissances scolaires aussi.

Quand on a commencé à parler

d’intelligence émotionnelle,

bien, c’est là que les gens ont

vu : OK, il y a d’autres façons

d’être intelligent. Et c’est

vrai qu’on le voit dans

l’histoire de l’humanité.

Il y a des conceptions de

l’intelligence qui ont évolué.

Hein, si on reparle du temps des

Romains et des Grecs surtout,

bien, la personne intelligente

était celle qui parlait le

mieux. Alors aujourd’hui on sait

qu’on peut parler puis on n’a

pas nécessairement quelque chose

d’intelligent à dire.

Et donc, maintenant, on est

vraiment à tendre vers une

conception plus ouverte

d’intelligence.


Les enfants entrent dans une salle remplie de ballons.


CHAD BREZYNSKIE

(Poursuivant l’entrevue)

Je pense que quand t’es un

enfant, tu veux beaucoup

t’amuser tout le temps. C’est

difficile d’être sérieux. Et

quand tu ne donnes pas le temps

juste pour s’amuser comme ils

veulent, ce n’est pas bien. Sur

des choses comme ça ici ou quand

ils sont capables de faire juste

ce qu’ils veulent, c’est très

important.


Plus tard, les deux familles sont de retour à la maison et font du bricolage.


KALEB NOËL-HUNT

Regarde Noah!


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

C’est important de garder

l’équilibre entre les activités

structurées et les activités...

je ne vais pas dire

déstructurées, mais des

activités, des moments pour soi.

L’enfant a besoin de se

retrouver dans sa bulle, dans

son monde, laisser aller son

imagination. Et c’est aussi à

travers ça qu’il va apprendre à

se connaître. Quand un enfant

est dans des activités où on lui

projette un modèle qu’il doit

être, quelque part, hein, tu

dois te comporter comme ça, tu

dois te conformer à telle chose.

Bien, ça lui retire toute sa

particularité à lui.

Donc c’est correct d’en faire

des activités structurées, mais

c’est important aussi qu’il ait

des moments à lui d’intériorité,

des moments plus calmes aussi où

il n’y a pas quelqu’un qui vient

lui dire quoi faire. Parce que

ça va développer aussi son

autonomie. Quand on dit trop à

un enfant ce qu’il a à faire,

bien, un moment donné il attend

qu’on lui dise puis il ne

développe pas d’initiative.


MARIE-CLAUDE NOËL

Veux-tu que maman l’ouvre?


KALEB NOËL-HUNT

Je peux l’ouvrir.


MARIE-CLAUDE NOËL

Tu peux l’ouvrir?


KALEB NOËL-HUNT

Oui.


Plus tard, les adultes partagent un repas avec CHRISTELLE LEFEBVRE.


MARIE-CLAUDE NOËL

Tchin-tchin!


CHAD BREZYNSKIE

Santé!


JOEY HUNT

Quelle est la limite pour pousser...

encoragement?


CHRISTELLE LEFEBVRE

Et encourager. Hum, hum. C’est

important de bien connaître nos

enfants puis de les observer.

De savoir, si on pousse un peu

plus fort, qu’est-ce que ça va

avoir comme conséquence sur

l’enfant.

Parfois, il faut les pousser un

petit peu à se confronter aux

nouvelles choses. Maintenant, si

ça devient contre-productif puis

que l’enfant au contraire est en

réaction parce qu’on encourage

trop fort, bien là, on tombe

dans la pression.

Parce que ce qu’on veut quelque

part c’est qu’il reste heureux.

Si on les pousse à faire quelque

chose qui les rend vraiment

malheureux, bien, il faut se

poser des questions.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Disons qu’il décide de faire

quelque chose. Tu sais, bon :

« Je veux faire ça. » Puis là, il

est en train de le faire, mais

on voit qu’il ne fait pas son

effort. Tu sais, je ne veux pas

juste dire : « Bravo!

Bravo! Bravo! » tout le temps,

quand je sais qu’il aurait pu

faire mieux. Puis on ne veut pas

abimer son sentiment de réussite

non plus.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Renforcer pour renforcer, ce

n’est pas nécessairement bon.

Juste dire du positif c’est du

positif. Si l’enfant, il nous

amène un dessin avec un barbot

invraisemblable qu’il a gâché,

puis il le sait pertinemment,

puis vous lui dites : « Ah,

c’est merveilleux! » Il ne vous

croira pas. Tu sais, ce n’est

pas de rajouter ce qui n’existe

pas, mais c’est d’être réaliste.

Et quand, justement, on voit que

notre enfant n’a pas donné le

meilleur qu’il pouvait, bien,

parfois c’est correct aussi de

ne pas donner le meilleur.

Mais si l’enfant le sait, c’est

de lui dire... lui poser la

question : qu’est-ce que tu

penses de ta performance?

Si c’est au soccer, par exemple,

ou : qu’est-ce que t’as appris?

Pour que ça reste positif.

Qu’est-ce que toi, t’en penses,

bien, parfois... « Bien oui,

j’ai bien réussi tel coup. J’ai

bien travaillé avec mon équipe,

mais je n’ai pas couru assez

vite. » Mettons. On peut y voir

un échec ou une réussite, mais

finalement dans toute chose il y

a un résultat.

Et dans tout résultat il y a un

apprentissage. Et

l’apprentissage, il va venir de

lui, de sa motivation à lui qui

est à l’intérieur, que lui a

envie de se sentir fier. Et pas

fier parce que maman nous force

à l’être. Il faut parfois lâcher

prise, laisser l’enfant vivre

les conséquences. Même s’il doit

perdre des points, même s’il

doit se sentir mal avec ça, mais

d’aller vivre les conséquences

pour que la motivation revienne

de lui.


MARIE-CLAUDE NOËL

Moi, j’ai... avec mon plus

vieux, performance.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Hum, hum.


MARIE-CLAUDE NOËL

Donc, il se compare beaucoup

avec les autres puis il a

tendance à voir négativement.

J’essaie toujours de... « Oui,

en autant que t’essaies, ce

n’est pas grave si tu le

manques. » Puis s’il voit que

quelqu’un est meilleur que lui,

il se cale. Comment on fait pour

l’amener à voir positif?


CHRISTELLE LEFEBVRE

J’ai une autre question pour

toi. Est-ce que ça se peut que

ses parents fonctionnent comme

ça? Que quelque part, toi ou

Joey, quand vous vous comparez

aux autres, vous allez vous

caler comme tu dis? Est-ce que

ça se peut?


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Comme une insécurité, c’est ça.


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui, lui.

(Propos traduits de l’anglais)

Parce que c’est ce qu’il a subi étant

jeune.


JOEY HUNT

(Propos traduits de l’anglais)

Mon père me traitait de stupide.

Alors j’ai toujours douté de moi.

Aucune confiance en moi. J’ai subi

beaucoup de renforcement négatif

dans mon enfance et j’essaie de ne

pas faire la même chose à mes enfants.

Malheureusement, parfois, je reproduis

ce que j’ai connu.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Joey, vous voyez à quel point

c’est important la croyance

qu’on a de nous-mêmes, comment

ça peut être un handicap plus

tard. Les enfants sont des

éponges. S’ils sentent

l’insécurité de papa ou de

maman, bien, eux, ils vont la

projeter sur eux-mêmes.

C’est important, nous, de

montrer c’est quoi avoir une

bonne estime de soi, de se

respecter, de se réaliser, etc.

Si nous, on est ce modèle-là,

bien c’est là qu’on va pouvoir

le transmettre à nos enfants.


MARIE-CLAUDE NOËL

Trestan, il est très

intelligent, mais il ne

s’applique pas. Puis ça, ça me

fâche. Il prend aussi plaisir à

ne pas le faire correct pour me

faire fâcher.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Quelque part, ce qu’il donne

comme message c’est : maman,

lâche prise.


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui. Oui.


CHRISTELLE LEFEBVRE

Parce que oui, on le voit le

potentiel de nos enfants, mais

quand on leur donne le message :

« T’as du potentiel, mais tu

l’utilises pas. » Quand on dit à

un enfant : « T’es bon, mais... »

C’est comme si on lui disait

quelque chose de négatif. Donc,

quand on voit que notre enfant

ne fait pas d’effort puis qu’on

lui répète, qu’on lui répète,

qu’on lui répète, il va se

développer peut-être la croyance

qu’il ne fait pas d’effort ou il

est lâche ou quelque chose comme

ça. Donc on lui donne, quelque

part à travers ça, un message

négatif. Il y a peut-être

d’autres façons de lui dire :

« Hé, moi, je sais que t’es

capable. »


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui, je lui dis.


CHRISTELLE LEFEBVRE

C’est tout. Quand on est peut-

être trop à pousser nos enfants,

on ne leur permet pas de se

connaître eux-mêmes.

Finalement, ils essaient de

rentrer dans le moule de

quelqu’un d’autre. Donc, c’est

essentiel de prendre du recul

comme parent.


Le lendemain, les deux familles sont au parc et discutent.


MARIE-CLAUDE NOËL

(S’adressant à CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE)

Ça t’arrive-tu des fois de

comparer? Parce que moi, ça

m’arrive des fois de demander à

Trestan... ah, la lecture par

exemple : « Ah, tes petits amis

sont-tu dans le niveau 6 ou

niveau 7 ou... »


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

Oui. Oui oui.


MARIE-CLAUDE NOËL

... dans la lecture ou... Tu

sais, juste pour savoir si...

comme il tient la moyenne ou il

est en dessous de la moyenne.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

C’est ça. Je fais ça moi aussi

surement au niveau académique.

On veut savoir est-ce qu’on a

quelque chose à travailler.

Si c’est la norme, on s’inquiète

moins. Mais si c’est vraiment...

c’est juste mon enfant, bien là,

je vais me sentir mal. Puis, tu

sais, ce n’est pas que j’ai

besoin que mes enfants soient

les meilleurs, ce n’est pas ça,

mais je ne veux pas qu’ils

soient en difficulté non plus.

Sinon, je veux les aider au

possible.


EMMA MURRAY-BREZYNSKIE

(S’adressant aux autres enfants)

Il y a un trésor caché ici,

alors on va le chercher.


NARRATEUR

Difficile pour

nous, les parents, de ne pas

subir la pression sociale

d’avoir des enfants qui

performent et se démarquent des

autres. Résultat : depuis

quelques années, on voit

apparaître l’hyperparent, des

papas et des mamans qui, par

peur que leurs enfants prennent

du retard par rapport aux

autres, les surstimulent.


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

Alors l’hyperparent c’est celui

qui va avoir tendance à vouloir

répondre à cette pression

sociale. Parce que le

comportement de nos enfants

c’est réussite, etc.

Finalement, c’est comme si ça

parlait de nous comme parent.

Si ton enfant est performant,

t’es un bon parent, t’es une

bonne personne. Ça te donne de

la valeur. C’est un petit peu

exagéré et c’est ridicule, mais

on est beaucoup pris là-dedans.

Être le meilleur tout le temps,

c’est impossible. On a toutes

sortes d’enjeux et donc, il faut

être réaliste par rapport à ça.

Donc, quand on cherche tout le

temps la performance à être très

bon, bien, on développe un petit

peu la croyance, puis je le vois

chez de très nombreux adultes,

que soit on est le meilleur,

soit on ne vaut rien.


Les deux familles se préparent à s’affronter dans une partie de soccer.


CHAD BREZYNSKIE

OK les enfants, Chantal, c’est

un grand jeu de soccer

maintenant.


JOEY HUNT

(Propos traduits de l’anglais)

Très important, personne ne se

fâche, on est ici pour s’amuser.


CHAD BREZYNSKIE

C’est quoi le plus important?


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE

D’avoir du plaisir.


MARIE-CLAUDE NOËL

H-U-N-T, go!


CHAD BREZYNSKIE, CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE, NOAH MURRAY-BREZYNSKIE et EMMA MURRAY-BREZYNSKIE

Un, deux, trois, M-B!


CHRISTELLE LEFEBVRE

(Poursuivant l’entrevue)

Aujourd’hui ce qu’on voit c’est

que la vie ça va vite. C’est

important de savoir s’arrêter,

de se regarder aller, de se

poser des questions sur : c’est

quoi qu’on veut transmettre à

notre enfant? Est-ce qu’on veut

lui transmettre que la vie c’est

essoufflant puis qu’il faut

aller vite dans les activités

puis qu’il faut être performant,

etc.? Ou on veut lui transmettre

des valeurs de persévérance ou

de famille ou peu importe

quelles sont nos valeurs. On

veut tous que notre enfant soit

heureux.

Et donc, si on veut que notre

enfant soit heureux, il faut que

nous-mêmes on le soit. Et ce

n’est pas nécessairement dans

l’hyperperformance et dans la

réalisation qu’on est heureux,

c’est bien plus dans la

connaissance de soi, de

reconnaître c’est quoi sa grande

valeur. Même si c’est tout à

l’intérieur de nous, on ne doit

pas nécessairement tout

développer. L’important c’est de

rester heureux là-dedans.


NOAH MURRAY-BREZYNSKIE exprime son mécontentement à sa mère.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

... Puis je voulais que tu sois

heureux, qu’on s’amuse.

D’accord?

(Commentant par la suite)

Il n’est pas content

parce qu’il a vu que je l’ai

laissé passer par exprès.

Puis il était frustré parce que

là, notre équipe perd.


La partie reprend.


CHANTAL MURRAY-BREZYNSKIE

(Commentant par la suite)

Tu sais, en discutant avec Chad

hier soir après que Christelle

soit partie, tu sais, elle a dit:

« Lâcher prise. » Alors de

vraiment... des fois, il faut

juste les laisser aller.

C’est à nous autres de ne pas

insister autant, même si on sait

que c’est la meilleure façon,

l’enfant va apprendre par lui-même.


MARIE-CLAUDE NOËL

(Commentant par la suite)

Je veux vraiment essayer de ne

pas trop en demander parce que

des fois je pense que je

considère que j’en demande un

petit peu trop. De laisser

expérimenter ses échecs et puis

peut-être qu’il va réaliser que

oui, il faut que je m’applique

plus. Donc, je vais essayer de

faire ça.


JOEY HUNT

(Félicitant les enfants)

Good work!


JOEY HUNT

(Commentant par la suite)

(Propos traduits de l’anglais)

Cette expérience m’a appris qu’il n’y

a pas qu’une seule manière de faire

les choses et que le renforcement

positif semble être la meilleure

voie à suivre. Ça nous a fait

réaliser que je dois parfois prendre

du recul pour réfléchir, faire preuve

de patience et me rappeler que

ce ne sont que des enfants. Il faut

être tolérant surtout. Et être positif,

c’est la chose la plus importante.


Les deux familles se saluent et se quittent ensuite.


CHAD BREZYNSKIE

Au revoir!


MARIE-CLAUDE NOËL

Oui, c’était une bonne fin de

semaine. À la prochaine!


JOEY HUNT

OK, au revoir!


MARIE-CLAUDE NOËL

Bye bye! Venez-vous en les

amis!


JOEY HUNT

Come on boys!


MARIE-CLAUDE NOËL

Viens Kaleb.


NARRATEUR

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