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Parent un jour, parent toujours

Des trucs et astuces qui permettent de réfléchir sur l'éducation des enfants en valorisant l'expérience des papas et des mamans d'aujourd'hui. Deux sympathiques familles se rencontrent pour une fin de semaine afin de vivre toutes sortes d'activités qui leur permettent d'échanger sur un thème précis lié à l'éducation des tout-petits. Un spécialiste se joint à la bande pour approfondir davantage le sujet et proposer d'autres solutions aux défis quotidiens que représente l'éducation.

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Dis-le-moi

C’est d’abord à grands cris que bébé : réclame du lait, demande à être changé. Il commence ensuite ses vocalises sous la forme de babillage. Chez certains enfants, l’apprentissage du langage prend plus de temps. Comment savoir si c’est effectivement un retard de langage…



Année de production: 2012

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Intertitre :
Album de familles


La photo d’une famille est présentée.


NARRATEUR

Voici la famille Shurr :

maman Laura, papa

Anthony et leurs trois garçons.


ANTHONY SHURR

C’est Blake, qui a 7 ans.

Kyle, presque 4 ans et Cole est

là, c’est 16 mois.


Une photo d’une autre famille est présentée.


NARRATEUR

Et voici la famille

Dupont-Sowa : maman Nadine,

grand-maman Nicole et les deux

filles.


NADINE

Ça, c’est ma fille Maxine, elle

a 9 ans. Notre plus jeune, c’est

Mikaella, elle a 3 1/2 ans. Et

puis il y a ma mère ici, Nicole,

qui vient nous aider souvent

parce que mon mari est souvent

en dehors de la ville.


NARRATEUR

Ces deux familles

ont accepté de passer une fin de

semaine ensemble afin de

partager leur expérience et

échanger des trucs sur le bon

apprentissage du langage chez

leurs enfants. Parler, c’est la

base de la communication, c’est

pouvoir exprimer sa pensée, ses

émotions et ses besoins

autrement que par des cris ou

des pleurs. Que doit-on faire

pour stimuler la parole chez nos

tout-petits? Et doit-on

s’inquiéter si notre enfant ne

semble pas s’exprimer autant ou

aussi bien que les autres?

Pouvoir converser avec ses

petits amours est une grande

source de bonheur, mais chaque

étape doit prendre sa place et

son temps.


Titre :
Parents un jour, parent toujours: Dis-le moi!


LAURA SHURR et ses enfants jouent au ballon à l’extérieur.


LAURA SHURR

Oh, oui, tu es prêt aussi.

Lance-le-moi! Ici.

Ah, c’était bien. Kyle, est-ce

que tu veux jouer ou non?


LAURA SHURR donne une entrevue.


LAURA SHURR

Ça, c’était vraiment important

pour nous que les enfants

parlent bien.


LAURA SHURR

Tu veux aller jouer avec Kyle?


ANTHONY SHURR

Dis Bonjour! Comment ça va?


LAURA SHURR

(Poursuivant l’entrevue)

Le langage, c’est la base pour

tout. C’est la base pour les

mathématiques, même. Ils ont

besoin de bien communiquer ce

qu’ils ont dans leur tête.

Alors n’importe laquelle force,

la communication en équipe, pour

les sports... Alors c’est très

très important.


YVON BLAIS joue aux poches avec les enfants.


YVONS BLAIS

(S’adressant à MAXINE DUPONT-SOWA et à MIKAELLA DUPONT-SOWA.)

On peut jouer aux poches avec

un Lego?


NARRATEUR

Yvon Blais est

orthophoniste depuis plus de 20

ans. Il travaille à la fois dans

les écoles, dans les centres de

réadaptation et en clinique

privée. Il a également œuvré de

nombreuses années en déficience

auditive et en trouble du

langage écrit.

Ce grand-papa a su mettre ses

connaissances à profit afin de

voir évoluer le langage des

tout-petits. Il a créé un espace

web qui regroupe plus de 2000

orthophonistes francophones de

par le monde. Cette initiative

lui a valu d’être reconnu comme

un orthophoniste exceptionnel au

pays.


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Fraise.


YVON BLAIS

Fraise. Est-ce qu’on peut jouer

aux poches avec une fraise?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Oui!


YVON BLAIS

Ah, OK. Vas-y, on joue aux

poches avec une fraise.


YVON BLAIS donne une entrevue.


YVON BLAIS

Le langage, ça commence

longtemps avant les premiers

mots chez l’enfant.

Ça commence au moins à la

naissance et il y a plusieurs

recherches qui ont démontré que

même le bébé naissant est déjà

sensible et capable de

discriminer la voix de sa mère

en particulier.

Le bébé s’aperçoit très vite que

les gens autour de lui

réagissent à ses pleurs. Et les

parents apprennent assez vite

les sortes de pleurs du bébé et

à les interpréter correctement.

Et toute cette construction-là

de l’interaction, ça débute dès

les premières minutes de la

naissance.


ANTHONY SHURR est avec son fils, COLE SHURR, et lui montre des photos de famille au mur.


ANTHONY SHURR

(Poursuivant l’entrevue)

(Propos traduits de l’anglais)

Nous utilisons à la fois le français

et l’anglais. Parfois, c’est moi qui

parle français, parfois c’est Laura.

J’essaie d’utiliser le français, car

ça me permet d’apprendre.


La famille Shurr est assise à table pour le repas.


ANTHONY SHURR

Quelle couleur?


KYLE SHURR

Rouge.


ANTHONY SHURR

Rouge, oui.


LAURA SHURR

(Poursuivant l’entrevue)

Je suis tellement impressionnée

avec Anthony parce qu’il fait

tellement d’efforts à parler le

français avec les enfants que ça

leur démontre comment pour nous

le français c’est important.

aussi parce que Blake reprend

les phrases de papa. Kyle peut

reprendre : « Non, ce n’est pas

comme ça, papa. »


ANTHONY SHURR

Yep!


LAURA SHURR

Et je pense qu’en enseignant,

on apprend.


BLAKE SHURR

They weren't real ones, they

weren't alive.


ANTHONY SHURR

Oh, no no no...


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

La grande question du

bilinguisme. On a entendu

pendant de nombreuses années

qu’intuitivement on a

l’impression que ça complique

les choses. Ce n’est pas vrai,

il n’y a aucune recherche qui

supporte ça. Ça donne un

parcours de développement du

langage qui est particulier par

rapport à un enfant unilingue.

Mais, en orthophonie, quand on

veut vraiment mesurer le

vocabulaire d’un enfant, on ne

mesure pas seulement dans une

langue, on mesure le vocabulaire

complet dans les deux langues.

Et, en général, les enfants

bilingues ont plus de

vocabulaire que les enfants

unilingues. Moi, je dis aux gens

de ne pas s’en faire, ce n’est

jamais ma première hypothèse

pour chercher la raison d’une

difficulté de langage.


KYLE SHURR

J’ai joué dehors.


LAURA SHURR

Tu as joué dehors ici?


KYLE SHURR

Non.


LAURA SHURR

Où?


LAURA SHURR

(Poursuivant l’entrevue)

Je pense que nos enfants ont

vraiment appris la langue

facilement. Ils parlent

beaucoup. Comme quand ils

étaient bébés, ils n’avaient pas

la langue, mais ils parlaient.

Ils babillaient toujours. Alors

quand Blake, Kyle, Cole, quand

ils disent : « Baba baba... »,

nous aussi on dit : « Baba baba. »

Alors on commençait la

communication.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Autour de 6 à 8 mois, bien,

l’enfant va commencer beaucoup à

expérimenter avec sa voix, à

babiller, à essayer de

reproduire, imiter les sons de

son environnement. Autour d’un

an, souvent, les premiers mots

sont arrivés ou arrivent ou

arriveront bientôt. Et comme

grande étape qui va venir autour

de 2 ans, c’est que l’enfant va

commencer à faire les premières

petites phrases.

Une petite phrase pour un enfant

de 2 ans ça peut être simplement:

maman manger. Et là, après ça,

il y a une explosion du

vocabulaire, des phrases. Et en

général, vers 3 ans, l’enfant

fait des petites phrases qui

ressemblent à de la grammaire

adulte. Et de 0 à 5 ans, là, les

bases de la communication puis

du langage sont à peu près

toutes établies.


LAURA SHURR

(Faisant un geste à son enfant)

As-tu tout fini ou t’en veux

d’autres?


COLE SHURR

D’autres.


LAURA SHURR

Hé, est-ce que tu as dit

"d’autres"?


ANTHONY SHURR

Oui.


LAURA SHURR

Tu dis "d’autres"?

D’autres.


LAURA SHURR

(Commentant par la suite)

Ce que je fais là, c’est les

signes de main. Puis c’est

quelque chose que j’ai toujours

utilisé parce que pour les aider

à comprendre à l’avance.

J’ai pris des cours de signes de

main quand Blake était petit.

(Portant la main de son menton vers le sol)

Tu dis : Merci!

Merci maman!


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

J’ai une expérience de

l’intérieur à avoir utilisé les

signes. Je l’ai fait avec mes

petits-enfants. Sur mes deux

petits-enfants, il y en a un qui

a accroché beaucoup beaucoup

beaucoup, l’autre n’a pas été

aussi attiré par ça.

Alors il y a une question de

personnalité dans ça. Il y a

beaucoup de prétention sur la

capacité de ce mode-là, de ce

médium-là à donner des moyens

d’expression plus rapides aux

enfants. Mais ce ne sont pas les

signes comme tels, en tant que

médium, qui permettent seuls à

l’enfant de communiquer.

C’est la communication qui

permet à l’enfant de

communiquer.


ANTHONY SHURR

Et un, et deux, trois...


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Ce qui est important c’est

l’échange, c’est le contact,

c’est l’interaction.


NICOLE joue au salon avec ses deux petites-filles, MAXINE DUPONT-SOWA et MIKAELLA DUPONT-SOWA.


MAXINE DUPONT-SOWA

Mikaella, tu veux faire le

singe? Tu veux faire le

houhouhaha?


NARRATEUR

Chez les Dupont-Sowa,

grand-maman Nicole

participe activement à

l’éducation de ses petites

filles. Le mari de Nadine, qui

est anglophone, est souvent à

l’extérieur du pays. Nicole

passe donc beaucoup de temps

auprès Maxine et Mikaella et en

tant qu’enseignante, elle

contribue à leur bon

apprentissage du langage.


NADINE DUPONT-HÉBERT donne une entrevue.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Ce n’est pas très important

pour moi que mes enfants parlent

bien à l’âge qu’ils ont en ce

moment. Pour Maxine, un petit

peu plus parce qu’elle a 9 ans,

alors je la reprends et je

l’aide.

Mais pour Mikaella qui a 3 1/2

ans, elle est encore dans le

niveau d’apprentissage, ça fait

qu’en ce moment je vais l’aider,

mais je sais que ça va venir

avec l’âge.


MAXINE DUPONT-SOWA

Mikaella, ça, c’est un ovale.


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Ovale.


MAXINE DUPONT-SOWA

Bravo!


NADINE DUPONT-HÉBERT

(Poursuivant l’entrevue)

C’est aussi un petit peu moins

inquiétant parce que c’est ma

deuxième et puis pour mon mari

c’est sa quatrième.

Et puis les autres enfants ont

eu des problèmes d’apprentissage

quand ils étaient plus jeunes.

Ça fait que c’est comme si on

s’attendait que Mikaella, elle

ait aussi un petit peu plus de

problèmes puis que...

Mais ça se développe après ça

normalement...


MAXINE DUPONT-SOWA

C’est quoi ça?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Un cœur.


MAXINE DUPONT-SOWA

Je peux en avoir un, s’il vous

plaît?


NADINE DUPONT-HÉBERT

(Poursuivant l’entrevue)

Maxine, quand elle a commencé à

parler puis que ce n’était pas

clair, ça m’inquiétait un petit

peu. Mais je suis allée chercher

de l’aide, je suis allée voir un

orthophoniste. Mais surtout

parce que je voulais avoir des

idées à comment l’aider à la

maison, dans la vie de tous les

jours. Puis Mikaella, bien, en

ce moment, on ne comprend pas,

on déchiffre plus ce qu’elle

dit. Ce n’est pas très clair.


MAXINE DUPONT-SOWA

C’est un éléphant.


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Éléphant.


MAXINE DUPONT-SOWA

Ah!


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Quand on veut savoir si notre

enfant a un problème ou pas,

moi, la chose que je dis

toujours : il faut au moins

faire une évaluation. Les

parents n’ont pas tendance à

s’inquiéter pour rien.

En général, on sait que dans une

population il y aura

probablement 10 à 15 % des

enfants qui auront un problème

avec le développement du

langage, la communication, quel

qu’il soit. Maintenant, à savoir

si tous ces problèmes-là sont

graves puis ils vont persister

dans le temps? Non, il y a des

choses qui vont se corriger. Ce

qu’on sait c’est que plus on

intervient rapidement aussi,

plus on va limiter les

conséquences négatives de ces

problèmes de langage là.


MAXINE DUPONT-SOWA

Qui est le singe?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Heu... Pas celui-là, pas celui-

là, celui-là.

Non, celui-là!


MAXINE DUPONT-SOWA

Oui, ça c’est le singe.


NADINE DUPONT-HÉBERT

(Poursuivant l’entrevue)

Notre plus grande, Maxine, qui

a 9 ans, elle va souvent aider

Mikaella à s’exprimer. Alors si

Mikaella veut quelque chose,

elle va lui dire : « Ah, tu

veux... de la crème glacée ou...

tu veux jouer ce jeu-là? » Elle

parlait pour elle. Alors on

essaie un petit peu de

décourager ça. En même temps, il

y a un côté qui aide parce que

ça enlève de la frustration,

alors elle sent aussi qu’elle se

fait comprendre. Mais il y a

l’autre côté aussi qu’il faut

vraiment aider Mikaella à parler

pour elle-même, pour qu’on la

comprenne, puis d’apprendre.


MAXINE DUPONT-SOWA

(Plaçant des cartes sur la table)

Si tu trouves deux pareils, tu

les prends puis tu les gardes

puis tu as un autre tour.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Si on veut savoir ce qu’il faut

faire, des choses qui favorisent

le développement du langage,

bien, la première règle de base

c’est de parler à vos enfants.

Leur expliquer des choses, leur

donner beaucoup d’information,

beaucoup de vocabulaire, mais

s’assurer que cette

conversation-là soit justement

un échange.

Donc, on donne beaucoup

d’information à notre enfant,

mais on lui laisse le temps puis

la responsabilité de nous

répondre. Donc, ça veut dire

éviter de parler à sa place,

éviter de lui court-circuiter

toutes les situations où il

pourrait prendre la parole.

Ça devient un défi quand on a

plusieurs enfants, hein.

Il faut vraiment s’organiser

pour que chaque enfant ait sa

place dans la conversation.


NADINE DUPONT-HÉBERT

(Retournant une carte)

Te rappelles-tu, Maxine, ce

jeu-là?


MAXINE DUPONT-SOWA

Non.


NADINE DUPONT-HÉBERT

On était allées voir une

orthophoniste parce que t’avais

de la misère à parler un petit

peu. Ça fait qu’elle nous avait

donné un jeu comme ça pour nous

aider à pratiquer les sons : s,

ssss, puis Chhh... On joue pour

Mikaella maintenant. Hein,

Mikaella, c’est quoi celui-là

Mikaella? C’est un...


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Chapeau.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Oui!


Plus tard, MIKAELLA DUPONT-SOWA appuie sur le bouton d’un jouet et une VOIX FÉMININE récite alors l’alphabet.


VOIX FÉMININE

♪ A, b, c, d... ♪


MIKAELLA DUPONT-SOWA

♪ D, e, f, g... ♪


VOIX FÉMININE

♪ S, comme dans soleil. ♪


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Soleil.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Le marché du jouet a été très

inventif pour essayer de nous

faire acheter. Si le jouet vient

compléter ce que le parent fait

déjà en conversation avec un

enfant, ça peut être intéressant

parce qu’il y a des notions qui

peuvent être passées. Mais

souvent ces jouets-là sont

orientés sur les notions

scolaires, puis les notions

scolaires, les enfants vont les

apprendre à l’école.

Dans leur période préscolaire,

ils ont vraiment besoin d’être

en interaction, ils ont besoin

d’enrichir leur vocabulaire, ils

ont besoin d’apprendre les

concepts en expérience, dans la

vraie vie. Maintenant, il y a

des choses importantes à faire

avec les enfants qui favorisent

le développement du langage.


MIKAELLA DUPONT-SOWA et MAXINE DUPONT-SOWA présentent un spectacle de marionnettes.


NADINE DUPONT-HÉBERT

C’est quoi qu’il fait, le

canard?


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Parmi celles-là, jouer à faire

semblant. On prend une règle, ça

devient un téléphone. On prend

des personnages, on les fait

parler. Alors tout ce qui

s’appelle symboliser, faire des

scénarios, ça, ça fait exploser

le langage, ça fait exploser la

pensée de l’enfant puis ça

devient... si on peut s’engager

dans ça comme parent, ça va être

une interaction qui est

extraordinaire.


LAURA SHURR lit une histoire à son fils KYLE SHURR.


LAURA SHURR

♪ J’ai un chat ♪

♪ On l’appelle minou ♪

♪ Il prend soin de ses poils ♪

♪ C’est un doux minou roux ♪


LAURA SHURR

(Poursuivant l’entrevue)

Les livres, c’est vraiment

important pour nous. Nos enfants

ont toujours eu un intérêt

envers les livres.

Ils s’assoient pour des heures à

regarder les livres.


LAURA SHURR

(Poursuivant la lecture)

"Pour se venger, il casse mes

lunettes. "


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

La lecture, c’est

un cadeau qu’on fait à nos

enfants. Et on a tendance à lire

à nos enfants quand ils sont

tout jeunes. Et on a un peu

tendance aussi, comme adulte, à

un moment donné à arrêter de

lire aux enfants et on ne

devrait pas. Lorsqu’on lit des

livres où il y a des sons qui

sont ciblés, par exemple un

livre avec le son "ou" qui

revient dans les mots de

vocabulaire, on favorise

l’écoute et le développement

d’une capacité qui s’appelle

dans notre jargon : la

conscience phonologique.

Être conscient que des mots, ce

n’est pas juste des étiquettes

pour nommer des objets, tapis,

chaise, c’est aussi des objets

qu’on peut découper dans notre

oreille.


NICOLE fait la lecture à MAXINE DUPONT-SOWA et à MIKAELLA DUPONT-SOWA.


NICOLE

"Chaque matin, ils s’en vont

dans la forêt pour aller à

l’école."


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Un autre type

d’activité de lecture qui est

possible, c’est lorsqu’on

s’amuse à faire les voix des

personnages.


NICOLE

(Poursuivant la lecture)

"Demain, on déménage.

Enfin, toi, tu ne..."


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Et là, on

est en train de construire

encore plus sur le jeu

symbolique. On est en train

d’ouvrir l’imaginaire de

l’enfant. Et ça, il va en avoir

besoin toute sa vie. Toute sa

vie scolaire, il va avoir à

écrire des récits puis à

organiser la structure d’un

récit dans ses écrits. Puis tout

le temps de sa vie, il va

utiliser son imaginaire pour

continuer à grandir, continuer à

apprendre et continuer à se

développer comme personne.


NICOLE

(Poursuivant la lecture)

"Non seulement tu pues, dit

Julie en reniflant, mais en

plus, t’es une nouille. "


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Il a mangé l’autre?


NICOLE

Hum?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Il a mangé l’autre?


NICOLE

Non, ils ne l’ont pas mangé.

Tu vas voir.


Le lendemain, la famille Shurr se rend au Farmer’s market, un marché public extérieur. Elle va rejoindre la famille Dupont-Sowa.


LAURA SHURR

Alors, ils sont là. Allo!


NADINE DUPONT-HÉBERT

Allo!


LAURA SHURR

Ça va?


NADINE DUPONT-HÉBERT

Ça va bien. Toi?


LAURA SHURR

Oui, très bien.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Allo!


LAURA SHURR

Oui, bonjour!


NADINE DUPONT-HÉBERT

Puis ton nom, c’est quoi?


KYLE SHURR

Kyle.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Kyle, c’est un grand garçon

Kyle.


LAURA SHURR

Et comment t’appelles-tu?


MAXINE DUPONT-SOWA

Maxine.


LAURA SHURR

Oui, t’as quel âge?


MAXINE DUPONT-SOWA

9 ans.


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Mikaella, c’est moi.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Oui!


LAURA SHURR

Ah, tu le dis bien.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Le langage c’est à tous les

jours, c’est dans toutes les

activités de la vie.


NICOLE

(Montrant de la rhubarbe)

Ça, est-ce que t’as déjà vu ça,

Mikaella? C’est de la...

C’est de la rhubarbe. Rhubarbe.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Tout ce qu’on fait pendant la

journée peut être prétexte à se

parler. Alors si on fait la

cuisine ensemble, si on va au

marché, si on va à l’épicerie,

il y a plein d’occasions dans ce

champ de vocabulaire là d’aller

enrichir.


MIKAELLA DUPONT-SOWA et MAXINE DUPONT-SOWA regardent un kiosque de bleuets. Un VENDEUR s’adresse à elles.


VENDEUR

Bonjour mademoiselle!

Qu’est-ce que tu veux avoir?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Des bleuets.


VENDEUR

Celui-là?


MAXINE DUPONT-SOWA

Est-ce que tu veux un bleuet ou

deux bleuets?


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Deux bleuets.


VENDEUR

Deux bleuets, oui.

Et voilà mademoiselle.


MIKAELLA DUPONT-SOWA

Merci!


VENDEUR

Merci!


Plus tard, LAURA SHURR et NADINE DUPONT-HÉBERT sont à la maison avec MIKAELLA DUPONT-SOWA et KYLE SHURR et jouent au ballon.


LAURA SHURR

Ah, merci! Je te le roule,

ouvre tes jambes. Voilà!


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Les jeux de ballon c’est

quelque chose qu’on fait

souvent. C’est un objet qu’on

doit prendre chacun son tour.

Et là, je passe le ballon à une

personne spécifique dans le

groupe, et cette personne-là

doit se mettre en position de

recevoir le ballon. C’est

vraiment un jeu où on travaille

l’échange, le tour de rôle, puis

l’engagement dans la

communication. Puis ça symbolise

très bien la base de ce que

c’est communiquer.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Roule-moi le ballon s’il vous

plaît.


KYLE SHURR

Roule-moi le ballon s’il vous

plaît.


LAURA SHURR

Ah, bravo Kyle!


Plus tard, les parents sont autour de la table et partagent un repas et discutent avec YVON BLAIS.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Tchin tchin!


LAURA SHURR

Salute!


YVON BLAIS

Santé!


LAURA SHURR

Les enfants, quand ils font des

erreurs, je les corrige, je les

corrige immédiatement, j’essaie.

Puis je me demande : est-ce que

je le fais de la bonne façon?

Des fois, je pense aussi à leur

estime de soi.


YVON BLAIS

Oui, oui, oui.


LAURA SHURR

Est-ce que c’est bien?


YVON BLAIS

La façon de corriger, au

départ, c’est de donner le

modèle correct.

Puis en donnant le modèle

correct, si on corrige nous-mêmes

l’erreur qu’on a entendue

sans parler de l’erreur, on est

en train d’être sur le même

sujet de conversation. Alors ce

qu’on est en train de dire à

l’enfant, c’est : je t’écoute,

je suis en échange avec toi, en

conversation, et voici ce que tu

viens de me dire.

Ton erreur que j’ai entendue, je

n’en parle pas, mais je la

corrige. Et là, la conversation

peut continuer. C’est parce que

si on change de sujet de

conversation, bien, l’enfant va

finir par se désinvestir dans la

communication, il ne voudra plus

échanger.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Moi, Mikaella, quand elle me

parle, ce n’est pas toujours

facile de la comprendre. OK,

elle a 3 1/2 ans. Qu’est-ce que

je fais pour ne pas la

décourager puis ne pas la

frustrer puis de l’aider en même

temps?


YVON BLAIS

Oui, ça, c’est très délicat,

hein, parce qu’elle s’en

aperçoit qu’elle n’est pas

comprise, hein.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Hum, hum.


YVON BLAIS

Les enfants peuvent développer

des stratégies, éviter les

situations et tout ça. Quand on

n’a vraiment pas compris, il

faut lui dire honnêtement.

Il faut lui dire à quel point

c’est important. « Je veux

essayer de comprendre. Peux-tu

me le redire? Peux-tu trouver

une autre façon? Peux-tu me le

montrer? » Et travailler

ensemble, en collaboration, pour

trouver une stratégie pour que

le message soit passé.

Ce n’est pas toujours facile, il

y a des moments où on n’aura pas

le message.


NADINE DUPONT-HÉBERT

Oui, c’est ça. Ça fait qu’à ce

moment-là, si on n’a pas le

message, est-ce qu’on change de

sujet pour éviter la

frustration? La frustration de

ne pas se faire comprendre, est-

ce que c’est important de

travailler là-dessus ou de...?


YVON BLAIS

De travailler là-dessus, oui.

On n’a pas à éviter la

frustration aux enfants, il faut

qu’aussi ils apprennent à être

frustrés dans la vie, hein.


NADINE DUPONT-HÉBERT

C’est une émotion, oui.


YVON BLAIS

Mais c’est clair qu’il faut

être honnête, il ne faut pas

faire semblant. Et il faut,

adulte, il faut mettre des

stratégies sur la table,

proposer des solutions, proposer

des façons de faire.


NADINE DUPONT-HÉBERT

OK.


ANTHONY SHURR

Est-ce correct que je parle un

petit peu français et beaucoup

en anglais à la maison avec mes

enfants?


YVON BLAIS

Bien oui, moi, je trouve ça

parfait. Même s’il y a des

erreurs en français, à mon avis,

le plus important c’est d’avoir

une conversation. Et ça ne cause

pas de problème de développement

comme tel.

Il y a plein d’avantages à

connaître plusieurs langues.


ANTHONY SHURR

OK.


YVON BLAIS

Et c’est parfait de fonctionner

comme ça à la maison.


NICOLE

Maxine, elle avait eu de la

difficulté pour les "r".


YVON BLAIS

Ah, oui.


NICOLE

Elle était avancée dans sa

première année, puis j’ai dit :

« Il faut qu’elle... » Je

faisais : rrrrr.


YVON BLAIS

Le "r" est particulier parce

qu’il n’y a aucun autre son qui

lui ressemble. Puis des fois en

français le "r", on le fait très

loin dans la gorge : rouge. Ou,

je peux le faire juste en

arrière de la langue, mais pas

loin dans la gorge, ça fait :

rrrouge. Ce son-là, le "r", il

change de position.

Je peux même le dire sur le bout

de la langue. Regarde : rouge.

Ça fait qu’il est difficile à

capter pour les enfants. Tandis

que si je prends : pe puis be,

c’est la même place sur les

lèvres.


LAURA SHURR

Quels sont des exercices que tu

pourrais faire pour travailler

les sons qui sont difficiles?


YVON BLAIS

Bien, ce que Nicole faisait

avec le : rrr, en essayant de

faire gargariser. Avec de l’eau,

avec un petit peu d’eau aussi.


NICOLE

Je la faisais répéter, puis

c’est comme ça... Puis, en tout

cas, je ne me souviens pas

comment je fais ça, mais en fin

de compte, fip!


YVON BLAIS

Elle a fini par le capter,

hein? Ça, c’est excellent.

La première chose que je vais

faire avec des parents très très

inquiets, c’est de remettre du

plaisir dans l’échange puis dans

la conversation. Une fois que

ça, c’est en place, le langage,

ça s’améliore.


Le repas se termine.


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

Les jeux de bouche, ça va aider

l’enfant à apprendre à faire

fonctionner son mécanisme de

bouche pour la parole. Ça part,

hein, de la respiration, de la

coordination de la voix, des

cordes vocales dans tout ça.

La bouche, l’ouverture et la

fermeture, la langue. Aussi,

contrôler comment le son passe

par le nez ou pas. Alors ce sont

tous des mouvements très fins

qui doivent être hyper

coordonnés. Et avec certaines

activités comme souffler des

bulles, comme chanter, faire des

sons très longtemps pour

travailler la coordination avec

le souffle, ce sont des jeux qui

vont nous aider dans le

placement puis la précision de

la parole.


Plus tard, MAXINE DUPONT-SOWA joue du piano et LAURA SHURR, ANTHONY SHURR, KYLE SHURR, COLE SHURR, NADINE DUPONT-HÉBERT, MIKAELLA DUPONT-SOWA et NICOLE chantent et dansent.


ENSEMBLE

♪ Savez-vous planter ♪

♪ des choux ♪

♪ à la mode ♪

♪ à la mode ♪

♪ Savez-vous planter ♪

♪ des choux ♪

♪ à la mode de chez nous ♪


YVON BLAIS

(Poursuivant l’entrevue)

C’est excellent comme approche

d’aller chercher et le mouvement

de tout le corps, et la chanson,

la comptine, et la répétition

qu’on utilise dans ces chants-

là. Il y a beaucoup d’avantages

à stimuler les composantes du

langage. Et on prend ça puis on

le met dans une structure

musicale, rythmée, on prend ça

puis on fait de la gestuelle.

Donc, c’est vraiment gagnant que

de travailler avec ce matériel-

là : les comptines, les

chansons, et de travailler avec

tout son corps. Le langage c’est

la base de tout notre

développement, c’est l’outil

avec lequel on va interagir avec

tout le monde autour de nous.

C’est à partir du langage qu’on

apprend à réfléchir, à résoudre

des problèmes. Il n’y a pas de

manuel pour être parent. Puis

est-ce que c’est si grave que ça

qu’il faille faire attention au

langage de notre enfant? Oui, il

faut y faire attention, mais

c’est une habilité qui va se

développer dans le quotidien, à

tous les jours. Ce n’est pas si

compliqué que ça. Il faut être

très présent à notre enfant, pas

24 h/24, pas tous les jours, il

faut être présent dans la

conversation et s’assurer que ça

se développe bien.


ANTHONY SHURR

(Commentant par la suite)

(Propos traduits de l’anglais)

C’était bien d’être rassuré, de savoir

que c’est correct de parler français

même si ce n’est pas de manière

parfaite. Ça me donne l’occasion

d’apprendre et les enfants peuvent

apprendre de mes erreurs. C’est

aussi faire quelque chose qui te

fait te sentir bien et fier de toi.


LAURA SHURR

(Commentant par la suite)

Il parlait que c’est toujours

une conversation. Ne coupe

jamais la parole de ton enfant,

c’est pour la confiance,

l’estime de soi. Que ce soit

toujours que t’es à l’écoute de

ton enfant. Et l’autre chose

c’était aussi de faire des

activités qui sont amusantes.


NADINE DUPONT-HÉBERT

(Commentant par la suite)

Mais j’ai vraiment conclu que

c’est en communiquant avec nos

enfants... que c’est la

communication puis le langage

qui est le plus important. Même

s’ils font des erreurs, ce n’est

pas grave. Ce n’est pas parce

qu’il y a une difficulté à 3 ans

qu’il va en avoir une à 10 ans.

Ça prend différents temps pour

différentes personnes. On est

tous différents. C’est comme un

enfant qui prend un petit peu

plus longtemps à marcher, c’est

sûr que ça peut aider en faisant

des jeux puis des trucs.

Mais, dans le fond, ça m’a

appris à faire confiance aux

enfants.


Les deux familles se saluent et se quittent ensuite.


LAURA SHURR

OK, merci!


ANTHONY SHURR

Merci beaucoup!

Fun qu’on se soit connu.


MAXINE DUPONT-SOWA

Wouhou! Merci!


NADINE DUPONT-HÉBERT

Merci!


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