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Parent un jour, parent toujours

Des trucs et astuces qui permettent de réfléchir sur l'éducation des enfants en valorisant l'expérience des papas et des mamans d'aujourd'hui. Deux sympathiques familles se rencontrent pour une fin de semaine afin de vivre toutes sortes d'activités qui leur permettent d'échanger sur un thème précis lié à l'éducation des tout-petits. Un spécialiste se joint à la bande pour approfondir davantage le sujet et proposer d'autres solutions aux défis quotidiens que représente l'éducation.

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J'ai deux mamans, tu as deux papas

Comprendre pourquoi sa famille est différente de celle du voisin ou savoir quoi dire à ses amis de la maternelle qui se demandent pourquoi il a deux papas ou deux mamans, peut être un casse-tête de taille pour un enfant. Deux familles homoparentales, qui partagent un lien bien particulier, rencontrent une spécialiste de la question.



Année de production: 2012

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Intertitre :
Album de familles


NARRATEUR

Voici la famille

Golden-Labrecque : papa Steve,

papa Maxime, et leurs trésors.


Dans un salon, MAXIME présente ses enfants.


MAXIME

Notre premier enfant, Antoine,

qui a 3 ans. Puis il y a Aurélie

ici, qui vient d'avoir 16 mois,

petite tannante.


NARRATEUR

Voici la famille

Gamache-Labrecque : maman

Julie, maman Marie-Sophie,

et leurs deux petits amours.


MARIE-SOPHIE présente ses enfants.


MARIE-SOPHIE

Lui c'est mon... notre plus

vieux, Jérémy. Il va avoir

3 ans. Puis Juliette, c'est

notre petite dernière, elle

a eu 1 an le 6 août.


NARRATEUR

Ces couples

homosexuels qui ont souhaité

du plus profond de leur coeur

devenir parents, passent

régulièrement des fins de

semaine ensemble pour faire des

activités en famille, échanger,

se donner des trucs pour bien

vivre leur réalité particulière

de famille homoparentale.

Y a-t-il des impacts sur le

développement de notre enfant

lorsqu'il est élevé par deux

papas ou deux mamans? Comment

aborder la question de

l'adoption, du donneur ou de

la mère porteuse? Notre enfant

sera-t-il victime de préjugés?

Autant de questions qui

assaillent les parents de même

sexe. Mais, rassurons-nous,

toutes les recherches jusqu'à

présent démontrent que les

parents homosexuels n'ont

pas réellement raison de

s'en faire.


Titre :
Parent un jour, parent toujours: J'ai deux mamans, tu as deux papas


Sur un divan, STEVE joue avec ANTOINE et AURÉLIE.


STEVE témoigne.


STEVE

Le monde nous posait la

question : comment vous

allez vous faire appeler?

Au début, c'était maman, qu'il

appelait les deux : maman.

Après ça, quand il était capable

de dire papa, bien là, il a

commencé, moi, à m'appeler papa.

Puis on savait que moi, c'était

papa, puis il a continué à

appeler Max maman. Mais le

maman, je pense qu'il l'a

entendu à la garderie puis il

l'a appris comme ça. Puis plus

tard, quand il a pu parler,

bien là, tu sais, nous autres

on s'est dit : « Bien, on va se

faire appeler papa Max et papa

Steve. »


NARRATEUR

Les familles

homoparentales font partie de

notre réalité depuis quelques

décennies. Les façons de fonder

une famille avec des conjoints

de même sexe se sont multipliées

au cours des années.


ISABEL CÔTÉ, professeur en sciences sociales et chercheure à la Chaire de recherche sur l'homophobie à l'UQAM, explique.


ISABEL CÔTÉ

Les façons de former une famille homoparentale, il y en a

de quatre types principalement.

La première c'est lors d'une

reconstitution familiale.

Les enfants sont nés dans un

contexte hétérosexuel et un des

deux parents s'est remis par

la suite en couple avec une

personne de même sexe. Ensuite,

le deuxième modèle, à partir

des années 80 avec une plus

grande acceptation de

l'homosexualité puis aussi

une ouverture des cliniques de

fertilité aux femmes, on a vu de

plus en plus de couples lesbiens

avoir des enfants ensemble.

Il y a aussi évidemment les

couples gais qui ont des enfants

principalement par adoption,

mais qui peuvent aussi avoir

des enfants par gestation

pour autrui.


NARRATEUR

Maxime et Steve ont

eu l'aide d'une mère porteuse

pour concrétiser leur rêve de

devenir papa. Cette femme a

accepté de porter leurs deux

enfants. C'est ce que l'on

appelle, dans le jargon

scientifique, la gestation

pour autrui.


ISABEL CÔTÉ

Les couples gais font face à

plus de préjugés que les couples

lesbiens parce que premièrement

c'est des hommes et on considère

suspect souvent le désir

d'enfant des hommes. Dans les

couples hétérosexuels, on prend

pour acquis que les hommes ont

des enfants parce que leur

conjointe en veut. Ce qui est

complètement faux, mais...

Alors quand il y a deux hommes

et il n'y a pas de conjointe

pour initier un désir d'enfant,

ça reste suspect pour certaines

personnes. L'autre chose aussi

c'est qu'on dit que le mode

de vie gai n'est peut-être pas

conforme à une vie familiale.

Et là, c'est un très gros

préjugé envers les gais. Qu'on

va penser souvent plus à des

gens qui vont sortir, qui vont

être... qui vont voyager ou qui

ne seront pas stables au niveau

amoureux. Alors qu'encore une

fois c'est un préjugé qui ne

se vérifie pas dans la réalité.


MAXIME et STEVE regardent des photographies de bébés.


MAXIME

Bien, l'échographie, on était

très très très stressés. Là, on

se disait : « Hé, c'est là que

ça va être concret. » Comme

le premier, la première

échographie, non, là...


STEVE

Bien, on a suivi aussi tous les

rendez-vous avec le généraliste,

tous les suivis de grossesse on

y est allés. Je pense qu'on

n'en a pas manqué un. Toutes

les échographies, on était là,

l'accouchement...


MAXIME

Toutes les infirmières étaient

au courant de la situation

puis... on ne veut pas... en

tout cas, on ne s'est pas

sentis jugés. Puis ils nous

avaient mis deux chaises sur le

bord de la porte, ils voulaient

être certains qu'on était

proches puis qu'on serait là.

Ça fait qu'il n'y avait pas...

non, non, il y a eu une très

grande ouverture de toute

l'équipe.


STEVE donne un biberon à AURÉLIE.


ISABEL CÔTÉ

On présume souvent que les

pères, parce qu'ils sont des

hommes, ne peuvent pas être

maternants. Mais c'est un

billet sexiste, hein, c'est

un billet sexiste qui va à

l'encontre des couples gais

évidemment qui ont des enfants

où on va présumer qu'il n'y en

a pas un qui va être maternant.

Déjà le mot maternant, hein,

ça renvoie à une femme. Oui,

les hommes peuvent très bien

prendre soin des enfants, être

nourriciers dans le fond au

lieu de maternants, disons-le

comme ça, d'être nourriciers,

d'être source de réconfort

sans difficulté.


STEVE

Ce qu'on veut c'est que notre

enfant soit bien puis que tous

les besoins soient comblés.

Ça fait qu'on va y répondre du

mieux qu'on peut puis je suis

convaincu que ma fille puis mon

gars sont bien. Ils sont aussi

heureux que s'ils avaient une

maman. Il n'y a rien de plus

beau qu'un enfant qui est dans

tes bras à boire son biberon

puis qui est bien, tu sais.


Dans une salle de jeu, JULIE et MARIE-SOPHIE jouent avec JÉRÉMIE et JULIETTE.


ISABEL CÔTÉ

Les enfants prennent conscience

de la différence de leur famille

lorsqu'ils sont confrontés à

d'autres modèles familiaux.

Donc c'est souvent par exemple

lorsqu'ils intègrent la garderie

puis lorsqu'ils sont assez

grands pour voir que, par

exemple, bien, mon ami a des

fois un papa, des fois une

maman qui vient le chercher.

Et l'autre ami aussi, l'autre

ami aussi. Alors que moi c'est

deux mamans ou deux papas.

C'est à ce moment-là que les

enfants commencent à prendre

conscience de la différence

de leur système familial.


JULIE témoigne.


JULIE

Avant de se rencontrer, dans

le fond, je lui ai demandé au

téléphone... « Tu sais, elle

dit, il faudrait qu'on se voie,

que je voie l'enfant, voir

si le contact serait bon puis

tout ça. »

« Mais, j'ai dit, il y a juste

une chose par exemple, es-tu à

l'aise, on est deux mamans? »

Ça fait que là, elle m'a dit :

« Bien, oui. Tu sais,

c'est correct, il n'y a

pas de trouble avec ça. »

Mais tu sais, moi, je voulais

lui spécifier parce que je ne

voulais pas arriver puis que

ce soit par surprise par après

puis dire : « Ah, c'est deux

mamans. » Ou que, tu sais, les

enfants soient victimes de ça,

du préjugé.


JULIE aide ses enfants à s'habiller.


ISABEL CÔTÉ

Ça peut être intéressant

pour les parents de faire une

démarche et aller voir les

milieux dans lesquels les

enfants vont évoluer pour

expliquer leur système familial.

Les milieux de garde, par

exemple, quand les enfants sont

tout-petits. Ne serait-ce que

pour démystifier. Ne serait-ce

que pour s'assurer que l'enfant

va être bien reçu aussi, hein,

il y a ça. Des fois, comme

parent, on peut être inquiet,

puis on peut justement projeter

nos propres peurs sur le milieu

en disant : « Bon, mon enfant,

est-ce qu'il va être bien

accepté parce que je suis gai

et lesbienne? » Donc d'aller

valider ça, ça peut être une

bonne idée parce qu'on peut

justement s'apercevoir que,

bien oui, on est bien accepté

puis que ça passe bien, puis

qu'il n'y a pas de problème et

tout ça. Et ça peut aider aussi

par exemple le milieu de garde,

surtout dans les milieux de

garde principalement, parce

qu'il y a moins d'enfants qui

circulent, à pouvoir répondre

aux autres parents si jamais il

y avait des parents qui posaient

des questions par rapport à la

situation.


Autour d'une table, JULIE et MARIE-SOPHIE mangent avec leurs enfants.


MARIE-SOPHIE témoigne.


MARIE-SOPHIE

Je voulais qu'il y ait une

distinction entre les deux, que

maman c'est Julie... tu sais,

que ce ne soit pas maman 1,

maman 2.

Ça fait que j'ai dit :

« Regarde, toi, tu les portes,

ça va être maman. Puis moi,

bien, ils m'appelleront comme

ils voudront. » Finalement ç'a

été Mare, puis là, ouf!, de fil

en aiguille, c'est devenu maman

Mare.

Mais tu sais, ce n'est pas...

c'est mon surnom. Ma famille

m'appelle comme ça depuis que

je suis en troisième année.

Puis même mes amis à l'école,

ça tout le temps resté, tout

le temps tout le temps tout

le temps.


NARRATEUR

Julie et

Marie-Sophie ont eu le privilège

d'avoir un don de sperme de la

part d'un homme qui les aime

profondément et qui a accepté

de participer à leur projet

de fonder une famille. Pour

l'instant, il reste inconnu

des enfants.


ISABEL CÔTÉ

Pourquoi on

devient donneur de sperme pour

un couple lesbien? Moi, j'en ai

rencontré plusieurs dans le

cadre de mes recherches, puis

ces hommes-là ce qu'ils me

disent c'est qu'ils voulaient

aider ce couple-là, ce couple

d'amis. Très souvent c'est un

couple d'amis, parce qu'ils

étaient convaincus qu'elles

feraient des bonnes mères.


Dans un salon, MARIE-SOPHIE et JULIE jouent avec leurs enfants.


JULIE

Je pense qu'on ne s'est jamais

dit : « Hé, c'est-tu toi ou moi

qui va les porter ou si c'est

toi qui va les porter? » Hein,

on s'est juste dit : « On va

avoir des enfants. » Puis on ne

s'est jamais demandé... « Bien

là, c'est ça, Julie, c'est-tu

toi qui va les porter? » Tu

sais, moi, je ne veux pas en

porter. Je pense que ce n'est

jamais même venu sur le sujet

de conversation. Ça fait que ça

s'est fait vraiment tout seul.

À part qu'elle, elle dit :

« Moi, il n'y a jamais rien...

Je n'aurai jamais d'enfant.

Il n'y a jamais rien qui va

sortir de là. » C'est toujours

ça qu'elle a dit.

On n'exclue pas la

possibilité d'en avoir un

troisième. On travaille à ça

présentement. Ce n'est pas

parce qu'on est deux filles

que nos aspirations ne sont pas

les mêmes qu'un couple hétéro.


MARIE-SOPHIE

C'est ça.


JULIE

Tu sais, dans le fond, c'est

juste l'orientation sexuelle qui

est différente. Mais on aspire

aux mêmes choses : à la

carrière, une maison, des

enfants. Tu sais, on ne pouvait

pas mettre ces choses-là de

côté parce que...


MARIE-SOPHIE

Je pense que le désir des

enfants ne vient pas avec

l'orientation sexuelle.


JULIE

Non, c'est ça.


MARIE-SOPHIE

On veut avoir des enfants.

Que tu sois homosexuelle ou

non, si t'en veux, t'en veux.


JULIE

C'est ça.


MARIE-SOPHIE

Ça fait qu'on a pris les moyens

pour.


JULIE

Bien oui.


MARIE-SOPHIE

Je ne pense pas que mes

enfants sont malheureux.


JULIE

(En riant)

Non, non, je ne pense pas, non.


STEVE et MAXIME arrivent chez JULIE et MARIE-SOPHIE avec leurs enfants.


NARRATEUR

Les familles

homoparentales sont encore

relativement rares. Elles

représentent moins de 1% de

toutes les familles au pays.

C'est pourquoi l'histoire de

nos papas et nos mamans qui ne

se connaissent que trop bien

est vraiment exceptionnelle.

Marie-Sophie et Maxime sont

frère et soeur.


MARIE-SOPHIE

Mon frère Maxime, on habite

tout près et on se côtoie

pratiquement à tous les jours.

C'est notre voisin d'en arrière,

ça fait qu'on se voit souvent

souvent souvent. Deux

homosexuels dans la même

famille, on en côtoie

beaucoup, mais deux familles

homoparentales, oui, c'est

plus particulier.


MAXIME

On n'en connaît pas d'autres.

Ça, c'est sûr que c'est

différent. Eux en voulaient des

enfants, ça c'était clair. Nous

aussi, mais nous, il fallait

trouver la façon. Mais

finalement, quand on a

trouvé la façon, on l'a

fait en même temps.


MARIE-SOPHIE

C'est ça, tout a bien

coordonné.


Autour d'une table, les enfants des deux familles dessinent.


JULIE

Vas-tu prendre un crayon,

Jérémy? On va essayer de

dessiner. Es-tu capable de

dessiner ta famille? Avec

Antoine.


MARIE-SOPHIE

Je ne pense pas qu'il est

conscient de la différence.

Je pense que pour lui, on lui

demande : « As-tu un papa? »

Il dit : « Non, moi, j'ai deux

mamans. » Mais je ne pense pas

qu'il sait faire la distinction

entre : lui, il a deux papas.

Moi, j'ai deux mamans. Eux,

ils ont un papa puis une maman.

C'est juste que lui, il a deux

mamans puis que c'est sa

réalité.


JULIE indique des personnages sur le dessin de JÉRÉMY.


JULIE

Ça, c'est qui?


JÉRÉMY

Moi.


JULIE

Oui. Puis ça, c'est qui?


JÉRÉMY

Juliette.


JULIE

Oui. Ça, c'est qui?


JÉRÉMY

Maman Julie.


JULIE

Oui. Puis ça?


JÉRÉMY

Mare.


MARIE-SOPHIE

T'es très bon, mon fils.


JULIE

Bien oui, bravo!


ISABEL CÔTÉ

Pour préparer les enfants aux

risques de railleries s'ils en

subissent, c'est vraiment

d'expliquer aux enfants que dans

la vie il y a plusieurs systèmes

familiaux. Il y en a qui sont...

souvent on en voit, un papa,

une maman, ensemble avec les

enfants. Mais il peut y avoir

aussi un papa et une maman dans

une autre maison, séparés, avec

les enfants, chacun avec des

nouveaux conjoints. Il y a des

papas, des mamans, qui vont

adopter des enfants ailleurs

aussi. Et il y a des familles

où il y a deux papas et deux

mamans. Il y a une diversité de

familles. C'est comme ça qu'on

doit l'expliquer à l'enfant.

Mais que ce qui importe le plus

c'est de se trouver une famille

dans laquelle on est bien et

dans laquelle on est aimé. Et

c'est ça le point commun de

l'ensemble des familles. Toutes

les familles sont différentes,

mais le point de ralliement

d'une famille c'est quoi?

C'est : on est ensemble, on

s'aime. On a voulu avoir des

enfants, ces enfants-là qu'on

élève. Donc c'est ce que

l'enfant doit comprendre. C'est

que sa famille, elle est comme

les autres parce qu'elle est

différente.


MAXIME indique des personnages sur le dessin d'ANTOINE.


MAXIME

C'est qui ça?


ANTOINE

Papa Steve!


MAXIME

Puis lui, le plus grand,

c'est qui après?


ANTOINE

Hum... Papa Max!


MAXIME

Papa Max. Puis ça, c'est qui?

C'est qui notre petit garçon?


ANTOINE

Antoine.


MAXIME

Ah! Puis la petite fille?


ANTOINE

Aurélie.


MAXIME

C'est Aurélie

la belle fille.


NARRATEUR

À quelques semaines

de Noël, la communauté a préparé

une fête à laquelle nos deux

familles avaient envie de

participer. Bien que leur

choix de vie soit tout à fait

réfléchi, il subsiste tout

de même des craintes pour

les parents, surtout celles

des préjugés.


Les membres des deux familles participent à une fête communautaire.


ISABEL CÔTÉ

Les plus grands préjugés

auxquelles font face les

familles homoparentales,

c'est de penser qu'il faut

nécessairement avoir des parents

de sexe différent pour le

meilleur développement de

l'enfant. Donc, on présume que

parce que c'est deux femmes ou

deux hommes, les enfants vont

manquer de quelque chose, soit

du parent de sexe opposé. Alors

que la recherche démontre que

ça ne se vérifie pas du tout.

Que les enfants qui grandissent

dans les familles de parents de

même sexe se développent

de la même façon finalement

que des enfants de couples

hétérosexuels, il n'y a pas de

différence. Ce n'est pas parce

qu'on a deux parents de même

sexe que nécessairement on

vit dans un monde entièrement

féminin ou entièrement

masculin.


Des parents d'autres enfants discutent avec MAXIME, STEVE et MARIE-SOPHIE.


PÈRE

Je trouve ça le

fun que vous

ayez des enfants. J'imagine que

ce n'était pas si facile que

ça v'là 15 ans. Aujourd'hui,

est-ce que vous, dans votre

côté, est-ce qu'il vous semble

que les gens, ils vous abordent

différemment ou c'est...


MAXIME

Bien non, bien, on est jamais

certain : est-ce qu'on s'annonce

tout de suite ou est-ce qu'on

laisse le monde deviner? Ça,

des fois, comme les gens... Ah,

bien tu sais, on regarde notre

fille : « Ah, as-tu les yeux

de ta maman? » Bien là, on est

comme... On dit-tu non? Bien,

tu sais, on dit : « Non, il n'a

pas de maman. » C'est là qu'on

se sent mal de dire... Bien,

comme tantôt je l'ai fait,

j'ai dit... « C'est à qui

l'enfant? » J'ai dit :

« Bien, c'est à nous deux. »


STEVE

C'est plus nous qui se mettons

des barrières un petit peu.

Souvent, on a peur. C'est nous

qui avons peur de ce que les

gens vont penser, ça fait

qu'on n'ose pas. Mais c'est

surtout nous qui se mettons

la barrière.


MARIE-SOPHIE

Parce qu'on ne connaît pas la

perception que les gens peuvent

avoir de nous autres. Ils

vont-tu faire : « Mon Dieu,

c'est épouvantable! » ou ils

vont faire : « Ah, OK, c'est

correct. » Tu sais, comme nous,

on est deux mamans avec des

jeunes enfants, ils sont deux

papas avec des jeunes enfants,

est-ce que les gens vont faire

comme : « Mon Dieu, c'est

épouvantable! » ou ils vont

faire comme que ça n'a pas

d'importance. Puis tant que

les enfants ont deux parents

qui les aiment, il n'y a aucun

problème.


MÈRE

Personnellement, je suis à

l'aise avec ça. C'est la façon

de l'expliquer des fois, tout

dépendant l'âge qui est plus

difficile, mais pour ma part

en tout cas. Mais moi, je suis

à l'aise avec ça.


STEVE

Puis ça ne vous dérange

pas que vos enfants côtoient,

mettons, d'autres enfants qui...


MÈRE

Non, absolument pas.


ISABEL CÔTÉ

On fait souvent l'équivalence

entre un couple fécond et les

habiletés parentales. Et on va

dire par exemple : « C'est la

nature qui fait que tu ne peux

pas avoir d'enfant, donc, il

faut que t'acceptes ça. » Je

pense que c'est un des plus

grands préjugés auxquels ils

font face, c'est vraiment ça,

c'est l'homophobie. Et c'est

le fait qu'ils soient gais et

lesbiennes dans une société

qui est très hétéronormative,

hein, très centrée sur

l'hétérosexualité.


NARRATEUR

Pour l'instant, les

enfants sont encore très jeunes,

mais ils poseront inévitablement

des questions sur leurs donneurs

et la mère porteuse. Ils

voudront probablement savoir

de qui ils sont biologiquement

issus.


MAXIME

Bien, c'est ça, c'est que vite,

il va falloir lui dire que...

tu sais, il va comprendre qu'il

n'est pas sorti de ni l'un de

nous deux. Tu sais, puis ni

toi, ni moi. Il va falloir

qu'on lui dise qu'il y a

quelqu'un qui l'a porté...


STEVE

Je pense que

ça va se faire par étape.


MAXIME

Mais de commencer à dévoiler

c'est qui puis de lui présenter,

je ne sais pas pantoute.


STEVE

Mais, tu sais, ça va se faire

par étape. Probablement les

premières questions qu'il va

nous demander c'est... il va

comprendre comment ça se fait

un bébé, bien : « Hé, c'est

qui? Elle est où maman? D'où

je viens? » Bien là, on va lui

expliquer qu'il y a une maman

qui l'a porté. Bien, peut-être

que là, c'est plus tard que ça

va venir : « Mais, j'aimerais

ça savoir c'est qui, tu sais. »

Mais si tu t'arrêtes cinq

minutes à penser à ça, c'est sûr

que oui, c'est angoissant. Moi,

j'ai peur que la frustration,

la colère... qu'il soit fâché.

« Pourquoi vous avez fait ça?

Moi, les autres ont une maman,

moi, j'en ai pas. » Moi, c'est

tout ça qui sort. Puis oui, si

je m'arrête... là, je n'y pense

pas trop parce qu'il est petit,

mais quand ça va arriver, oui,

ça me fait peur.


MARIE-SOPHIE

Il va peut-être avoir une

petite crise à ce moment-là,

mais tu sais, ça peut passer

outre puis...


MAXIME

Oui, sauf que ce

n'est pas plus pire que

ceux qui sont adoptés.


MARIE-SOPHIE

Bien non.


ISABEL CÔTÉ

Les enfants des familles

homoparentales parce qu'ils

naissent nécessairement par

rapport de gamète d'autrui

ou encore ils ont été portés

par une mère porteuse, comme

les enfants des couples

hétéroparentaux qui sont nés

grâce à un apport de gamète,

peuvent avoir le même genre de

questionnement par rapport à

l'identité de la personne qui a

fourni les gamètes en question.

Donc l'identité du donneur.

Certains sont curieux,

aimeraient le connaître,

aimeraient le rencontrer,

aimeraient savoir : « Bon, je

suis gaucher. Ah, toi aussi.

C'est à cause de ça. » Bon.

Mais c'est souvent une curiosité

qui est plus reliée à la

personne comme telle. Est-ce

que... qu'est-ce qu'elle fait

dans la vie? Est-ce qu'elle a

eu d'autres enfants? Et non pas

le désir d'établir une relation

de type parental.


JULIE

Je vais toujours

lui dire : « Sache faire la

différence entre un donneur

puis un papa. »


STEVE

Mais advenant le cas qu'il

voudrait aller plus loin, tu

sais, au moins il va avoir la

chance. Il va avoir la chance

de le connaître au moins.


JULIE

« Je viens de qui? » On va lui

dire, mais il va dire : « Ah,

OK. » Il ne pourra pas décider,

mettons, d'aller vivre chez

eux parce qu'il a déjà une

relation hyper proche avec

cette personne-là.


ISABEL CÔTÉ

On fait souvent le parallèle

entre les enfants des familles

homoparentales puis les enfants

qui sont adoptés au niveau d'une

quête identitaire. C'est deux

choses différentes parce que

l'adoption, ça résulte d'un

abandon. Et l'enfant, ce qu'il

a besoin de faire, c'est de

reconstruire un peu cette

histoire-là. « Qu'est-ce qui

fait que, par exemple, tu n'as

pas pu me garder ou que ma

famille d'origine n'a pas pu

me garder? » Le don de gamète,

c'est un don, hein. Puis

l'enfant est né grâce à l'amour

que les parents avaient l'un

pour l'autre et le désir qu'ils

avaient d'avoir un enfant. Sans

ce désir-là, juste avec le don,

cet enfant-là ne serait jamais

né. OK? L'enfant résulte de

l'amour de ses parents. Ses

parents l'ont voulu, l'ont

eu. Donc, forcément la quête

identitaire est différente.

Mais c'est vrai que socialement

on fait souvent un parallèle

qui, à mon sens, est boiteux

pour ces raisons-là.


Les parents mettent leurs enfants au lit.


NARRATEUR

C'est la fin d'une

journée bien remplie. Une fois

les bambins au lit, les parents

se retrouvent entre adultes

pour poursuivre leur échange.

Ils ont une foule de questions

à poser à Isabel Côté.


MAXIME lit une histoire à ANTOINE.


MAXIME

Le poussin est né. Ah, le

voilà, avec ses deux papas!


ANTOINE

Avec ses deux papas.


MAXIME

Oui.


Autour d'une table, MAXIME sert du vin à JULIE, MARIE-SOPHIE, STEVE et ISABEL CÔTÉ. Ils font un toast puis discutent.


MARIE-SOPHIE

Dans le fond, c'est ça, les

études montrent-tu que c'est

mieux de connaître le donneur

ou de ne pas le connaître?


ISABEL CÔTÉ

Il n'y a pas vraiment de

différence entre les deux.

En fait, ce qui est vraiment

important c'est que les parents

aient fait le choix qui leur

convient le mieux.

Parce que c'est à ce moment-là

qu'ils sont le plus en mesure

d'expliquer à l'enfant son

système familial. Quand le

parent est à l'aise avec son

choix, l'enfant l'intègre.

Donc pour l'enfant, il n'y

a pas de différence.


MAXIME

Mais nous c'est ça, ce qu'on

avait peur aussi c'est face aux

autres. Tu sais, je me dis,

si lui, mettons, il peut bien

vivre avec ça, mais là, quand

il arrive en société, est-ce

que là, c'est rendu comme :

ah mon Dieu, si les gens lui

disent des méchancetés, mais

là, est-ce que ça va le rendre

assez... Justement, si nous, on

était à l'aise avec ça, est-ce

que ça va le rendre assez fort

pour affronter ce que les gens

peuvent dire?


ISABEL CÔTÉ

Ça, c'est une super bonne

question. Mais en fait, les

enfants en général, quand ils

savent comment dire les choses,

ils sont moins pris. Hein,

quand les gens leur envoient

des messages : « Ah, toi,

ton... Ce n'est pas normal

ta famille. » « Oui, c'est

normal. » Tu sais, quand on

est capable de dire les choses

telles qu'elles sont. Donc,

en général, ce qu'il faut

apprendre aux enfants c'est

savoir... connaître la parade,

savoir quoi dire quand on

va leur poser des questions.

Puis ça se peut que les gens

leur posent des questions,

soient mal avisées, soient

inopportuns, mais ce n'est pas

nécessairement des mauvaises

questions. C'est juste de la

curiosité. Puis des fois la

curiosité c'est aussi parce que

ça nous intéresse, ce n'est

pas parce qu'on juge. « C'est

intéressant ça. Ah, t'as deux

papas! Wow, comment ça se

peut? » Puis, bien on est

capable d'expliquer. « Bien

moi, il y a quelqu'un qui m'a

porté. Puis voilà, mes parents

voulaient avoir des enfants,

mes papas, puis c'est comme ça

que c'est arrivé. C'est tout. »

Puis à partir du moment où

l'enfant raconte ça puis

c'est tout, bien c'est tout.


MARIE-SOPHIE

Il faut-tu

l'instaurer en bas âge?


STEVE

C'est ça, à quel moment

qu'on en parle?


ISABEL CÔTÉ

Vous en parlez déjà si vous

contez des histoires à vos

enfants où il y a deux mamans,

où il y a deux papas. Si vous

racontez l'histoire de vos

enfants, c'est intégré. C'est

comme les enfants adoptés

qui savent, tu sais, déjà

tout-petits : « Maman t'a porté

dans son coeur parce qu'elle ne

pouvait pas te porter dans son

ventre. » Voilà! Puis l'enfant

c'est hip!, il grandit puis

c'est intégré comme ça. Donc

il n'y a pas un moment :

« Fils, fille, assieds-toi,

il faut qu'on te parle. »


MARIE-SOPHIE

Il faut que

ça fasse partie, dans le

fond, de leur cheminement.


ISABEL CÔTÉ

Mais surtout, il ne faut

pas projeter nos propres

appréhensions. C'est ça le

problème. « Ah, c'est sûr

qu'ils vont être victimes de

brimades. C'est qu'on va...

C'est sûr que... C'est sûr

que... »


MAXIME

Dans le fond,

on a peur pour eux autres.


ISABEL CÔTÉ

Bien, voilà! Puis ça ne se

réalisera peut-être même pas.

Puis parce que ça ne se

réalisera pas, on prend plus

de précautions qu'on devrait.


STEVE

Bien moi, ma crainte, c'était

que... tu sais, le préjugé d'un

enfant qui vit dans une famille

de gais, qui a deux papas,

va... tu sais, tout le monde

pense que ça va faire

automatiquement un gai. C'est

sûr qu'il va se diriger vers

un gars, c'est sûr plus tard.

Mais moi aussi, je l'ai eu

cette crainte-là, puis des

fois je l'ai encore.


ISABEL CÔTÉ

Toi, ton père, donc, puis

ta mère, c'était des gais

puis des lesbiennes?


MAXIME

Non, moi, mes

parents sont hétérosexuels.


ISABEL CÔTÉ

Mais t'es gai quand même.


MAXIME

Oui.


ISABEL CÔTÉ

Ah, bien. Puis toi?


JULIE

Ça répond à

ta question.


MARIE-SOPHIE

Même chose.


ISABEL CÔTÉ

Ah, bien. Donc, ce n'est pas

le modèle qui fait en sorte

qu'on va développer une

orientation sexuelle, c'est

quelque chose qui est en

dedans de nous. Ce n'est pas

en lien avec ce qu'on a vu.


MARIE-SOPHIE

Le complexe

d'OEdipe ou des choses comme ça,

tu sais, que tu t'identifies.


ISABEL CÔTÉ

Dans les conceptions modernes

du complexe d'OEdipe, on appelle

ça plus la triangulation.

C'est-à-dire qu'entre l'enfant

puis son principal donneur de

soins, celui vers qui il va

aller tout le temps pour se

faire rassurer puis tout ça, ça

prend une autre personne qui va

s'interposer pour dire : « Non,

là, t'es capable de dormir dans

ta chambre. OK? Puis oui, t'as

peut-être peur. Puis non, il

n'y a pas de monstre en dessous

de ton lit. OK? Puis non, papa,

il ne va pas se lever 58 fois

pour toi ou maman non plus. OK?

C'est non. » Voilà. Ça prend

une personne qui fait ça.

Maintenant, est-ce que cette

personne-là a besoin de l'autre

sexe? Non.


NARRATEUR

Avoir deux papas

ou deux mamans, c'est ce qui

caractérise les enfants de

couples homosexuels. Une

différence qui, dans bien des

cas, peut devenir une force.


Dans un salon, les parents montrent des livres à leurs enfants.


JULIE indique un personnage africain dans un livre.


JULIE

Est-ce qu'il a la même couleur

de peau que Jérémy? Regarde

ton bras. Regarde ton bras.

Est-ce que c'est pareil?


JÉRÉMY

Oui.


JULIE

Oui, c'est pareil?

C'est la même couleur?


ISABEL CÔTÉ

Il y a une étude qui vient de

sortir dernièrement qui démontre

que les enfants des couples

lesboparentals sont beaucoup

plus ouverts aux autres que

les enfants des familles

hétéroparentales. Ce qu'on

s'aperçoit aussi c'est qu'ils

sont moins rigides au niveau

du genre, de la socialisation

genrée. C'est-à-dire que

les garçons vont être plus

flexibles à des choses qui sont

habituellement réputées pour

être des choses de filles.

Et les filles vont être plus

flexibles aussi à l'inverse

pour ce qui est considéré comme

les choses de gars, les jouets

par exemple ou les intérêts

masculins ou les intérêts

féminins.


Dans le salon, MAXIME parle avec ANTOINE.


STEVE

Pourquoi t'es spécial

comme les manchots?


ANTOINE

On a deux papas.


MAXIME

Oui, c'est pour ça.

Puis ça, c'est spécial?


ANTOINE

Oui.


JULIE

Tu sais, si lui est capable

de vivre avec les enfants

différents, pourquoi que les

autres ne seraient pas capables

de vivre ou d'interagir avec lui

qui a une situation différente

de celle des autres finalement.


STEVE

Je pense que ça va leur amener

une ouverture d'esprit puis pas

juste sur l'homoparentalité ou

sur les familles homosexuelles.

Ça va leur amener une ouverture

d'esprit sur plein de choses

parce qu'eux autres, ils vivent

une situation particulière.

Ça fait que je pense que ça va

les rendre plus forts dans la

vie parce que, bon, ils vont

avoir certaines difficultés,

certaines prises de conscience

à faire un moment donné.


ISABEL CÔTÉ

Les familles homoparentales,

on les étudie sur toutes leurs

coutures depuis 40 ans déjà.

Et à chaque fois, ce qu'on

s'aperçoit, c'est que les

enfants grandissent de la

même façon que les enfants

des familles hétérosexuelles.


À l'extérieur, les deux familles montent dans une grande carriole tirée par des chevaux.


ISABEL CÔTÉ

Ce qui est important pour

les enfants c'est quoi? C'est

d'avoir deux parents qui les

aiment, hein, puis qui sont

investis auprès d'eux. Peu

importe la famille dans

laquelle ils viennent. À partir

de là, le développement va se

faire de façon optimale.


MAXIME

Ce que j'ai appris c'est

avec l'experte, Isabel, hier,

vraiment de donner des réponses

à nos enfants pour ne pas qu'ils

soient dans le néant puis qu'ils

se sentent comme la... d'avoir

la pression de dire : « Ah,

qu'est-ce que je réponds?

Qu'est-ce que je réponds? ou

Ah, bien c'est vrai que je n'ai

pas de maman. » Dire : « Non,

j'ai deux papas puis c'est

comme ça. Puis tu sais, chez

nous on arrête pas de dire que

c'est normal. Ça fait que ça

doit être normal. »


STEVE

Elle m'a gros rassuré sur le

fait que le développement de mes

enfants, bien, va bien se passer

puis qu'ils vont arriver à la

même place que tous les autres

dans la vie.


MARIE-SOPHIE

Le complexe d'OEdipe,

on se pose des questions,

l'identification des enfants.

Puis que c'est ça, qu'on s'en

fait trop pour rien, que la

société fait en sorte qu'il faut

penser comme ça, mais nous, on

se fait des craintes qui ne sont

même pas réelles. Tu sais, on a

peur pour eux autres, mais les

craintes c'est nous autres, ce

n'est pas eux autres, tu sais.


JULIE

Dans le fond, qu'on s'en fait

peut-être trop pour rien.

Puis quand ça arrivera, si

ça arrive, là, on gèrera la

situation. Mais souvent, je

pense qu'on anticipe beaucoup

trop. Puis, comme elle disait,

dans 80% des cas, bien souvent

ça n'arrive pas. Ça fait que

pourquoi... Puis tant que, dans

le fond, on est bien dans notre

situation puis on est à l'aise,

l'enfant va être à l'aise

là-dedans, ça va être sa

réalité puis il va être heureux.


Les membres des deux familles s'embrassent et se disent au revoir.


NARRATEUR

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