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Raphaël, citoyen du monde

Dans cette série, Raphaël Grenier-Benoît, 17 ans, va à la rencontre de jeunes qui ont décidé d'agir et faire une différence dans le monde. Du nord de l'Ontario au Pérou, en passant par le Burkina Faso, la Floride et Montréal, Raphaël expérimente aux côtés de ces jeunes, diverses formes d'engagement social. Il découvre au passage de nouvelles cultures et des réalités Ces rencontres l'amènent à se questionner, à partager son regard et ses réflexions face aux enjeux mis en cause.

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Moringa, combattre la malnutrition - Burkina Faso

Raphaël débarque pour la première fois en Afrique. Au Burkina Faso il se joint à des jeunes volontaires venus du Lac St-Jean au Québec. Les principales tâches réalisées par les stagiaires sont la sensibilisation de la population d’un village aux propriétés et vertus d’une plante locale pour combattre la malnutrition.



Année de production: 2013

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VIDÉO TRANSCRIPTION


RAPHAËL

On est présentement à

l'aéroport Pierre-Elliot-

Trudeau, et on passe le temps

comme on peut en attendant notre

vol vers Charles-de-Gaulle.

Première fois en Afrique. J'ai

très hâte de décoller, j'ai très

hâte d'arriver à Ouagadougou.

(Transition)


RAPHAËL sort du taxi, la nuit, à Ouagadougou

RAPHAËL

On vient d'arriver. Là, c'est la

nuit, donc, on ne voit pas

grand-chose, mais j'ai vraiment

hâte de me réveiller demain

matin et de voir c'est quoi.

J'ai juste envie d'aller à

l'hôtel et dormir, parce que ça

fait 24h qu'on est dans les

avions, dans les... Mais...

ça s'annonce bien.


Début générique d'ouverture

[Début information à l'écran]

Je sais que le monde peut changer Je ne suis pas le seul Raphaël, citoyen du monde Ouagadougou Burkina Faso Afrique

[Fin information à l'écran]

Fin générique d'ouverture

RAPHAËL (Narrateur)

C'est difficile de décrire le

décalage horaire à quelqu'un qui

ne l'a jamais vécu. Le trajet en

avion, à moitié endormi...

Les nouvelles odeurs en descendant

de l'appareil... La première

nuit à se retourner parce que je

suis trop curieux de découvrir

le pays au lever du jour...

On dirait que je rêve, mais je suis

à l'autre bout de la planète, en

Afrique de l'Ouest, et ça sent

le sable, dans ma

chambre d'hôtel.

RAPHAËL

(Assis dans une voiture qui roule dans les rues)

C'est ma première journée au

Burkina Faso. Les couleurs ne

sont pas pareilles. Le sol est

rouge. Puis c'est plus boisé que

ce que je pensais. Ce qui est

fou aussi, c'est toutes les

mobylettes, voir les gens

à vélo...

RAPHAËL

(Dehors dans la campagne)

Aujourd'hui, je suis à Yakin, au

Burkina Faso, à 2h de la

capitale, Ouagadougou. Alors, on

est en pleine campagne, puis je

viens rejoindre des jeunes du

Centre de solidarité

internationale du Saguenay-Lac-

St-Jean. Ils sont ici depuis

déjà 2 mois. Ils ont fait des

centres d'information pour

initier les gens aux vertus du

moringa, qui est une plante

cultivée par ici.

RAPHAËL

(À un groupe de jeunes)

Bonjour! Ça va?



MARIE-CHRISTINE

Ça va bien. Toi, ça va?

RAPHAËL

Ça va bien. Raphaël, enchanté.


RACHEL

Rachel.


ANNE

Bonjour. Anne.


VALÉRIE

Valérie.


MARIE-CHRISTINE

Salut! Marie-Christine.


MATHIEU

Moi, c'est Mathieu.


NICOLAS

Moi, c'est Nicolas.


MARIE-ÈVE

Marie-Ève.

RAPHAËL

Marie-Eve. Enchanté. Alors,

qui vient d'où?


MARIE-CHRISTINE

Moi, je viens d'Alma.



VALÉRIE

Moi, je viens de Québec, lac

St-Charles.


ANNE

Moi, je viens de St-Félicien,

au Lac-St-Jean.


RACHEL

St-Félicien aussi.


MATHIEU

Moi, je viens de Sorel-Tracy,

en Montérégie.



NICOLAS

Moi, je viens de Montréal.


MARIE-ÈVE

Moi, je viens de Roberval.

RAPHAËL

Puis comment ça se passe? Ça

se passe bien?


MARIE-CHRISTINE

Ça se passe très bien.

(Les bénévoles sont maintenant devant un groupe de villageois pour une séance d'information publique.)


NICOLAS

(S'adressant aux villageois)

Donc, aujourd'hui, si on est

ici, dans votre village, c'est

pour vous donner des astuces

pour contrer la malnutrition, et

c'est aussi pour vous informer

sur les bienfaits du moringa.

(Une interprète du village traduit en mooré.)


MARIE-ÈVE

RAPHAËL)

On fait présentement une

causerie éducative. Cette

causerie-là, elle sert à

informer la population sur les

vertus du moringa, et également

sur la malnutrition.

RAPHAËL

Quelles sont les vertus du

moringa?


MARIE-CHRISTINE

En fait, il y en a tellement,

des vertus, que je ne peux même

pas toutes te les dire. Ça se

situe sur l'ensemble du corps.

Mais nous, la principale utilité

qu'on lui trouve, c'est surtout

au niveau de la malnutrition.


NICOLAS

(S'adressant aux villageois)

Pour vous dire à quel point

c'est important, le moringa, on

a fait 8000km pour venir vous

donner de l'information sur le

moringa.


MARIE-ÈVE

RAPHAËL)

Deux cuillères à thé de poudre

de moringa, ça équivaut à peu

près à 6 fois le potassium

qu'il y a dans la banane.


MARIE-ÈVE

Ça équivaut aussi à 7 fois des

vitamines... pas des vitamines,

mais des vitamines C qu'on

retrouve dans l'orange. Après

ça, ce qui est extraordinaire

aussi avec le moringa, c'est que

c'est un arbre tropical qui

contient des protéines dans les

feuilles. Et ça, on en trouve

rarement, dans le monde.

(On voit maintenant les bénévoles qui mettent des plants en terre.)

RAPHAËL (Narrateur)

Les volontaires sont aussi ici

pour aider à planter des arbres

de moringa. Les plants sont

encore très petits, mais une

fois matures, ils auront un bon

impact sur la communauté.

RAPHAËL

Ça fait depuis tantôt qu'on parle

du moringa. Concrètement, c'est

quoi, le moringa?


ANNE

Écoute, on a juste à côté de

nous un arbre de moringa qui a

environ 3 ans. Sinon, ce que je

peux te montrer, on a ici une

gousse, et à l'intérieur, tu as

les graines de moringa, que tu

peux manger. Ça fait que si t'as

envie...

RAPHAËL

Ça, c'est les graines de

moringa.


ANNE

Oui, voilà.

RAPHAËL

Ça goûte quoi,

la graine de moringa?


ANNE

Je te dirais qu'il y a un

petit goût sucré. Certains

diront que c'est même très

sucré. D'autres trouvent

que c'est un peu plus amer.

[Début information à l'écran]

Anne, accompagnatrice

[Fin information à l'écran]

RAPHAËL

OK.

(RAPHAËL goûte à la graine.)


ANNE

Et puis?

RAPHAËL

Moi, je trouve ça très bon.


ANNE

Tant mieux.

RAPHAËL

C'est amer. Une amertume. Mais

ça ne ressemble pas à

grand-chose que j'ai déjà goûté.

Pour contrer la malnutrition,

comment est-ce qu'on doit

apprêter le moringa?


MARIE-ÈVE

Il y a plusieurs façons. Ce

qu'on démontre ici, c'est faire

une bouillie enrichie. On doit

trouver de la bouillie enrichie

aux enfants de 6 mois et plus.

On incorpore la peau de moringa

à 2 cuillerées de poudre de

moringa à l'intérieur de la

bouillie enrichie, puis ça

permet, au niveau de la

croissance, au niveau de la

stimulation intellectuelle des

enfants, à ceux qui manquent de

viande, de rattraper l'écart

nutritif qui manque dans leur

alimentation.


RACHEL

(s'adressant aux villageois)

Et pour terminer, les

feuilles, ce que ça fait,

c'est que ça fortifie les os.

RAPHAËL

Puis comment ça se passe, de

transmettre l'information à la

population, en fait? Parce

qu'ils parlent mooré, pour la

plupart. Est-ce que vous avez de

la difficulté?


MARIE-CHRISTINE

Nous, ce qui est vraiment

notre priorité, c'est de

toujours avoir un traducteur,

toujours avoir quelqu'un. Parce

que c'est sûr qu'on ne peut pas

acquérir toutes les

connaissances. Mais déjà, on

essaie de faire les salutations

en mooré. Puis le système qu'on

utilise, dans nos causeries,

c'est beaucoup d'images. Quand

on s'adresse à une population,

c'est important de la connaître,

de la comprendre, et d'aller un

peu dans ce qui va l'aider, en

fait, à comprendre. Donc, on a

pensé que des images, ça allait

être vraiment plus facile pour

communiquer. Puis ensuite, on a

toujours la traductrice qui

traduit tout ce qu'on dit pour

que ce soit vraiment clairement

compris. Ce qu'il ne faut pas

négliger aussi, c'est quand on

vient faire un stage: il faut

prendre le temps d'apprendre à

connaître la communauté et aussi

à s'informer. C'est quoi,

vraiment, le moringa pour eux?

Parce que pour nous, peut-être

que oui, c'est quelque chose qui

est un supplément alimentaire,

mais pour eux, c'est beaucoup de

choses.


NICOLAS

(S'adressant aux villageois)

C'est un arbre qui est

littéralement tombé du ciel, à

votre service, par Dieu. C'est

un arbre du paradis.


MARIE-CHRISTINE

RAPHAËL)

Parfois, on allait dire "c'est

l'arbre de Dieu", des choses

comme ça. Si on dit ça, c'est

parce qu'on s'est rendu compte

que, pour eux, ç'a un sens.

C'est important de tenir compte

de leur culture, dans notre

discours. Ce ne sont peut-être

pas des choses que nous serions

habitués de dire, mais ce sont

des choses qui sont pertinentes

pour eux.


MARIE-ÈVE

La religion est très

important, ici. Et ce qui est

vraiment extraordinaire et un

peu magnifique dans tout ça,

c'est que les communautés ne se

différencient pas entre

religions. Dans une même

famille, tu vas avoir un

musulman, un protestant, un

catholique. C'est vraiment au

niveau de l'ethnie qu'il va y

avoir une différenciation. Et

ici, la religion est vraiment,

vraiment très importante. Ils

font la prière avant de manger,

ils font la prière à la fin.

Donc, comme Marie-Christine nous

disait, l'accent, quand on parle

de Dieu un peu, c'est de se

mouiller un peu dans le bain de

leur culture et d'intégrer un

peu la religion, finalement,

dans notre communication, pour

peut-être essayer d'aller

les chercher un petit peu.

(Des bénévoles mettent des bracelets aux poignets des enfants.)

RAPHAËL

Nicolas, veux-tu juste

m'expliquer qu'est-ce que vous

faites avec les bracelets?


NICOLAS

(Montrant un bracelet à RAPHAËL)

Ouais. Bien, ce qu'on fait,

c'est qu'on met le bracelet

à l'entour comme ça ici,

et puis si c'est dans la zone rouge,

c'est malnutrition sévère. Si

c'est dans la zone jaune, c'est

malnutrition légère. Après ça,

on prend des notes, et on prend

le nom des mères de ceux qui

sont dans la zone rouge. Et

jaune, on leur donne des

conseils. Donc, aujourd'hui, ce

qu'on a appris, c'est qu'il y

avait 25 filles qui étaient bien

nourries, et là-dedans, il y en

avait une qui était sévère.

Donc, ce n'est pas si pire. Et

aussi, aujourd'hui, on avait 26

garçons, et là-dedans, il y en

avait un qui était modéré.

Aujourd'hui, c'est une bonne

journée, parce qu'il n'y a pas

d'enfants mal nourris.

RAPHAËL

Et les mauvaises journées, ça

ressemble à quoi?


NICOLAS

Je dirais 10 sévères. Ça,

c'est peut-être ce qu'on avait

eu à la première causerie,

10 sévères.

(Transition)


RAPHAËL est maintenant devant un baobab.

RAPHAËL

On était sur la route et il

fallait prendre une petite

pause, parce qu'il y a un

baobab. Je pense que comme tous

les enfants, j'ai lu et relu

Le petit prince.Wow...

C'est super.

(De retour à RAPHAËL en discussion avec les bénévoles.)

RAPHAËL

Qu'est-ce qui vous fait le plus

plaisir dans le fait de venir

ici planter des arbres?


MARIE-CHRISTINE

Je pense que c'est le fait que

c'est concret, et que justement,

on peut, pour une fois,

participer. Tous les matins, on

voit les femmes partir dans la

saison des pluies aller faire

les plantations. Puis travailler

toute la journée avec une

pioche, ce n'est vraiment pas

facile. Puis nous, de pouvoir

participer et le faire

concrètement avec eux, et

d'exploiter les connaissances

qu'on a apprises, c'est cool.


NICOLAS

Pour moi, quant à moi, le

plaisir de faire la plantation,

c'est qu'on peut avoir un beat

accéléré, on peut voir

nos résultats concrètement.


NICOLAS

Et aussi, c'est d'avoir une

vitesse nord-américaine à ce

qu'on fait, et aussi, c'est de

donner un petit arrêt de travail

aux gens qui travaillent

normalement dans les

plantations.

RAPHAËL

Qui font ça à longueur

d'année.


NICOLAS

Oui, c'est ça. Donc, on peut

les aider une journée, deux,

trois.

RAPHAËL

Ça allège la charge de

travail.


NICOLAS

Oui, c'est ça.

Ça leur fait plaisir, aussi.

RAPHAËL

(Regardant le champ)

Est-ce que c'est ici qu'on

plante le moringa?


ANNE

Il y a quelques plants qui

vont être plantés ici. Il y a

une 2e location qui est un peu

plus loin où on voit Mathieu qui

creuse. On en a une 3e de

l'autre côté. Et là, à ce que je

vois, il y a Nicolas de l'autre

côté qui fait des trous.


MARIE-CHRISTINE

On veut disperser.


ANNE

Ils sont répartis à travers

les plants qui sont déjà...

RAPHAËL

Sinon, ça, ce n'est pas déjà

du moringa, qui est ici?


ANNE

Non. Le moringa, c'est

vraiment le plan qui est devant

toi. Ça, c'en est un.

RAPHAËL

Ousmane, tu me montres comment

on fait pour faire un trou pour

mettre le moringa dedans?

[Début information à l'écran]

Ousmane, employé du centre Morija

[Fin information à l'écran]


OUSMANE

En fait, c'est assez simple

comme mécanisme à faire: il

suffit de faire d'abord avec

cette pioche un tracé un peu

circulaire, et on commence à...

RAPHAËL

Casser autour.


OUSMANE

Casser autour. On prend le 2e

instrument, la pelle, et la

première terre, on doit la

mettre de côté. Maintenant, si

on veut aller un peu en

profondeur, c'est comme ça, le

mécanisme.

RAPHAËL

Ça fait que là, il y en a un

qu'il faut faire là?

Je vais m'en occuper.

J'ai un bon professeur. On s'en

sort bien.


MARIE-CHRISTINE

Vas-y, on te regarde.

RAPHAËL

C'est parfait.


MARIE-CHRISTINE

Il te reste juste la

plantation.

RAPHAËL

OK. Donc, on la mouille avant?


MARIE-CHRISTINE

On mouille le plan. C'est la

meilleure façon. Il faut bien

arroser, et ensuite, on remet la

terre comme ça. Si on plante

directement la plante, elle ne

va pas avoir autant d'eau, si on

fait seulement la verser. Donc,

on immerge le plan dans l'eau,

ensuite, on le plante, et là, on

ajoute de l'eau.

RAPHAËL

Est-ce que c'est un arbre à

forte croissance, le moringa?

Est-ce que ça prend du temps

avant d'avoir un bon plan? Ou

c'est assez rapide?


MARIE-CHRISTINE

Non, c'est très rapide,

sincèrement. En l'espace d'un

an, on peut atteindre 1m, même

plus, et à partir de 6 mois, on

peut commencer à consommer les

feuilles. Donc, c'est vraiment

efficace.

RAPHAËL (Narrateur)

Au total,

les membres du groupe auront

planté 1500 arbres

durant leur séjour.

(Transition)

RAPHAËL

On est dans un petit restaurant

au Burkina Faso, et là, on vient

de manger. Est-ce que vous venez

souvent ici?


ANNE

Je te dirais peut-être environ

2 à 3 fois par semaine on vient

passer des après-midis pour

manger et se divertir un peu.


RAPHAËL

Puis comment c'est, la bouffe,

au Burkina Faso?


MATHIEU

C'est une question

d'adaptation, je crois.

Ça dépend des familles, en fait.

Il y en a qui mangent beaucoup

de pommes de terre, il y en a

qui adorent même le riz.

RAPHAËL

Puis sinon, c'est quoi la

première chose que vous mangez

en revenant à la maison? De quoi

vous vous ennuyez?


VALÉRIE

Un bon café au Tim Hortons.

(riant)

Non, ce n'est pas vrai. Je ne

sais pas. Toute la variété, les

fruits, les légumes,

les produits laitiers.


MATHIEU

Quant à moi, c'est une bonne

poutine, qui me manque. La belle

poutine.

(Début segment  : «À qui ai-je affaire?» où RAPHAËL pose des questions en rafales aux bénévoles qu'il rencontre.)

RAPHAËL

Ta plus grande qualité?


MARIE-CHRISTINE

Généreuse.

RAPHAËL

Ton plus grand défaut?


NICOLAS

La paresse.


MARIE-CHRISTINE

Impatiente.

RAPHAËL

Le dernier rêve que tu as

fait.


MARIE-CHRISTINE

J'ai rêvé à du yogourt.


NICOLAS

Un météorite tombait du ciel.

RAPHAËL

Si tu devais te transformer en

un aliment, lequel ce serait?


MARIE-CHRISTINE

Un bleuet.


NICOLAS

Un haricot?

RAPHAËL

Si tu pouvais te transformer

en un animal, lequel ce serait?


NICOLAS

Un alligator.


MARIE-CHRISTINE

Dauphin.

RAPHAËL

Où est-ce que tu te vois dans

10 ans?


MARIE-CHRISTINE

Dans un projet humanitaire.

RAPHAËL

La dernière chanson qui a joué

dans ton iPod?


NICOLAS

Take me out,Franz Ferdinand.

RAPHAËL

Si tu pouvais avoir un

superpouvoir, lequel ce serait?


MARIE-CHRISTINE

Mon Dieu, ce serait de lire

dans les pensées.



NICOLAS

Téléporter.


NICOLAS

Si tu pouvais faire apparaître

n'importe quel objet en ce

moment?


MARIE-CHRISTINE

Mon matelas.


NICOLAS

Un cellulaire.

RAPHAËL

Ton mot préféré?


NICOLAS

"Frimousse".


NICOLAS

Ton plaisir coupable.


MARIE-CHRISTINE

Manger du chocolat.

RAPHAËL

Ton sport préféré?


MARIE-CHRISTINE

La natation.


NICOLAS

Le hockey.

RAPHAËL

Ton équipe de sport préférée?


NICOLAS

Canadien.

RAPHAËL

L'équipe de sport que tu

détestes le plus?


NICOLAS

Boston.

RAPHAËL

Ta voiture de rêve.


MARIE-CHRISTINE

Une voiture écologique.

(Fin segment  : «À qui ai-je affaire?»)


RAPHAËL

(Devant une maison)

Marie-Christine, tu nous fais

visiter ta maison d'accueil?


MARIE-CHRISTINE

Oui, sans problème. Bienvenue

chez nous. C'est mon frère

burkinabè.

RAPHAËL

Bonjour, enchanté.


FAIZA

Enchanté.


ABI

Salut!


FAIZA

Ça va bien?


ABI

Ça va bien.


Une fillette

Salut!


MARIE-CHRISTINE

C'est Faiza, et Abi, ma maman.

(entrant)

Donc, ici, c'est notre salon,

la cuisine. On est très bien.

Ici, c'est les chambres. Ici,

c'est la chambre de Yacouba.

Ici, on a la douche. Quand on

veut prendre une douche, on doit

remplir un seau, et ensuite, je

vais prendre ma douche ici.

C'est quand même bien. Ensuite,

il y a ma chambre. Ça, c'est la

plus belle partie. Voilà.

RAPHAËL

(découvrant la chambre)

Ah oui, hein? C'est tout

propre et organisé, vraiment.


MARIE-CHRISTINE

Très organisé. Est-ce que tu

veux que j'aille te montrer le

singe?

RAPHAËL

Il y a un singe?


ABI

Ha! Ha! Ha!


MARIE-CHRISTINE

Il s'appelle Lilas, je te le

présente. Salut, Lilas!

Il mange, là.

C'est correct.


ABI

Il a peur.


MARIE-CHRISTINE

Parfois, on le prend.

Je pense qu'il est un

petit peu intimidé.

RAPHAËL

ABI)

Puis est-ce que vous avez eu

d'autres stagiaires avant Marie-

Christine?


ABI

Elle, elle est la 4e stagiaire

qu'on a eue.

RAPHAËL

OK. Puis est-ce que ça se

passe bien avec elle jusqu'à

maintenant?


ABI

On trouve que ça se passe très

bien. On trouve qu'il n'y a pas

de problèmes. Elle aussi, elle

n'est pas très difficile. En

tout cas, on collabore bien.

RAPHAËL

Est-ce que Marie-Christine

range bien sa chambre?


ABI

Oui! Mais de temps en temps,

elle est brouillon! Ha! Ha! Ha!

Mais de temps en temps. Quand

même, quand elle est disponible,

elle le fait.

RAPHAËL

Mais là, j'ai une petite

question pour vous. Ne répondez

pas, si vous voulez, mais est-ce

que vous avez fait le ménage d

la chambre avant qu'on arrive?


ABI

Non, non, non. Elle était bien

propre. Je n'ai pas fait

le ménage aujourd'hui.


MARIE-CHRISTINE et RAPHAËL sortent de la maison.

RAPHAËL

Sérieusement, Marie-Christine,

est-ce qu'elle a fait ta chambre

ou elle était comme ça?


MARIE-CHRISTINE

Bon, OK, je l'ai appelée.

C'était quand même en ordre,

mais j'avoue qu'elle a

ramassé... quelques trucs.

RAPHAËL

Elle t'a protégée devant nous.


MARIE-CHRISTINE

Oui, elle a sauvé mon honneur,

vraiment. C'est important,

la famille.

RAPHAËL

(Aux bénévoles)

Ç'a été quoi votre première

réaction quand vous êtes arrivés

dans vos familles burkinabè?


MARIE-CHRISTINE

C'est sûr que c'est très

différent des maisons qu'on a au

Québec. Mais moi ce qui m'a

vraiment frappée, c'est

l'accueil des gens. Tout de

suite les gens viennent te

saluer, c'est important. Je me

rappelle quand on a fait le

premier souper, c'était vraiment

officiel. Pour les Burkinabès,

c'est vraiment important, la

procédure, l'invité, donc, tu ne

peux pas te servir, tu ne peux

pas toucher à rien. Ça, pour

moi, j'ai aimé, quand les

soupers ont avancé et que j'ai

pu commencer à me servir moi-

même, aider la famille. Mais

quand même, c'est l'accueil,

vraiment.


RAPHAËL se trouve maintenant devant la maison de la famille d’accueil de NICOLAS où se trouve un homme.

RAPHAËL

Bonjour.

(Serrant la main de l'homme)

Le papa.

(PÈRE)

Mon petit.


NICOLAS

Quant à moi, moi aussi, c'est

l'accueil, parce que mon père,

la première fois que je l'ai vu,

il m'a déjà appelé "mon fils".

Il m'appelait déjà "mon fils".

On avait déjà des liens de

créés. C'est le fun, ils sont

vraiment très accueillants.

(PÈRE)

Je suis content de lui. C'est

mon fils.


NICOLAS

Lui, c'est mon père.

(PÈRE)

Voilà. C'est son papa. C'est

sa maman. C'est sa propre cour.

(MÈRE)

Il est sage, sans problème. On

est très contents de lui. On ne

veut pas qu'il parte, même.

(PÈRE)

Mais malheureusement...

Il ne part pas tout nu

sans outil.

(RAPHAËL transporte maintenant un seau jusqu'au puits du village.)

RAPHAËL

Moi aussi, il faut que j'aille

chercher de l'eau.

Là, il faut...


MARIE-CHRISTINE

Tu pompes. Tu y vas comme ça.


RAPHAËL

(Actionnant le puits)

Génial.


MARIE-CHRISTINE

Ha! Ha! Ha! C'est bon.

RAPHAËL

C'est plus facile que c'en a

l'air. On pense que c'est

difficile, pomper de l'eau comme

ça, mais c'est...


MARIE-CHRISTINE

Ça dépend aussi du puits, je

pense.

RAPHAËL

Ouais, hein? On a un puits de

luxe.


MARIE-CHRISTINE

Ouais.

RAPHAËL

(Rapportant son seau)

Et voilà.

(RAPHAËL discute maintenant avec ANNE tout près de l'endroit où les bénévoles travaillent.)

RAPHAËL

Anne, toi, tu es

l'accompagnatrice du groupe.


ANNE

Exactement.

RAPHAËL

Comment ça se passe jusqu'à

maintenant?


ANNE

Ça se passe très bien. Les

activités vont rondement, chaque

chose se fait en son temps. Il y

a eu des petits retards dans

certains trucs, certaines

activités de sensibilisation,

mais sinon, tout le monde a pu

participer activement et

vraiment avoir une belle

expérience pour son stage au

Burkina.

RAPHAËL

La formation des stagiaires,

en quoi elle consiste?


ANNE

C'est beaucoup axé sur le choc

culturel. Comment s'adapter dans

une autre culture, beaucoup sur

la culture burkinabè, aussi.

On a eu beaucoup de fins de

semaines sur comment sont les

Burkinabès, comment s'adapter à

ça, comment travailler avec eux,

puis aussi, on travaille

beaucoup avec le CSI sur la

dynamique du groupe, les

activités de consolidation pour

créer des liens, que les gens

s'entendent bien, parce qu'ils

vont passer 70 jours ensemble.

En fait, moi, ma gang, ils sont

tous les jours ensemble. Il n'y

a pas beaucoup de divisions de

tâches. Donc, une grande partie

de la formation était axée là

dessus aussi.

RAPHAËL

Puis après avoir passé 2 mois

dans la culture burkinabè,

j'imagine qu'il y a quand même

un choc du retour. Toi, l'ayant

vécu quand tu es allée au Mali,

j'imagine, comment est-ce que tu

vas les préparer à ça?


ANNE

On en parle beaucoup, en fait.

Le truc, c'est d'en parler, d'en

être conscient, d'être ouvert à

ça, parce que le problème, c'est

quand on se braque totalement et

qu'on ne l'accepte pas, parce

que là, on le traîne pendant

beaucoup trop longtemps. C'est

aussi d'en parler beaucoup à ses

proches quand on est arrivé.

Donc, on discute un peu des

différentes techniques, de

reparler aux gens du groupe, de

discuter avec ses proches aussi

et d'expliquer qu'est-ce qu'on

vit, parce que souvent, on a

l'impression que les gens ne

comprennent pas ce qu'on a vécu,

qu'eux, ça n'a pas bougé du tout

pendant que nous on était

partis, qu'ils ne sont pas en

mesure de voir l'expérience

qu'on a pu vivre. Donc, on

discute un peu de tout ça, on

fait des rencontres d'équipe là

dessus pour les préparer comme

il faut au retour.


RAPHAËL est de retour au champ avec son seau d'eau.

RAPHAËL

Là, où est-ce qu'on va

planter, Nicolas?


MARIE-CHRISTINE

On est rendus par là-bas.

RAPHAËL

OK. Est-ce que les trous sont

faits?


MARIE-CHRISTINE

Non, ils sont seulement

marqués.

RAPHAËL

Génial. On s'installe où? Ici?


NICOLAS

Donc, ici, c'est notre premier

plan. Un peu rocheux.

RAPHAËL

OK. Je vais déposer ça là.


MARIE-CHRISTINE

Il va avoir un milieu aride.

(De retour à la discussion entre RAPHAËL et ANNE.)

RAPHAËL

Qu'est-ce qui te rend le plus

fier, dans ton groupe, jusqu'à

maintenant?


ANNE

Je te dirais que c'est la

dynamique de groupe. J'ai 7

stagiaires qui s'entendent très

bien, qui sont capables de se

parler quand il y a des

problèmes, qui n'accumulent pas

et n'évitent pas d'en discuter

quand ça ne fonctionne pas.

Donc, c'est vraiment, vraiment

une belle gang qui s'entend très

bien, c'est une belle dynamique.

RAPHAËL

Qu'est-ce qu'il faut pour être

un bon stagiaire?


ANNE

Ça prend une ouverture

d'esprit. Ça, c'est sûr. L'envie

de repousser ses limites, parce

que c'est exigeant. Être actif,

être aussi flexible, parce que

souvent, on ne s'en rend pas

compte tant qu'on n'est pas

rendu, en tout cas, pour un

stagiaire, mais on se fait des

idées de notre stage, on pense

que ça va être comme au Québec,

que chaque jour va être super

actif, productif, qu'on va

changer le monde pendant les 2

mois qu'on va être ici, mais

rendu sur le terrain, ça ne

marche pas toujours comme on

veut. Donc, il faut vraiment

être capable de s'adapter,

d'être flexible et d'être aussi

ouvert au choc culturel que ça

peut nous créer.

Ça, c'est super important.

(RAPHAËL compose des messages sur son cellulaire assis sur une branche basse d'un arbre.)

RAPHAËL

(Par message texte)

Salut frérôt!!

FRÈRE DE RAPHAËL

(Par message texte)

Raaaph! Tu m'écris d'Afrique! T'es où?!

RAPHAËL

(Par message texte)

Je suis dans un arbre!

Et j'en plante depuis ce matin!!!

FRÈRE DE RAPHAËL

(Par message texte)

Toi? T'as des talents de botaniste??!!

RAPHAËL

(Par message texte)

On ne sait jamais

ce qu'on peut apprendre en voyageant!!]

(Transition)

(RAPHAËL est maintenant en discussion avec YABRE, un employé du centre Morija.)

RAPHAËL

Qu'est-ce que vous pensez de

la présence des stagiaires ici?


YABRE

Je pense que c'est une bonne

chose, d'avoir des gens d'une

autre nationalité venus nous

appuyer dans ce que

nous faisons déjà.

Nous faisons des

sensibilisations sur la

malnutrition, mais quand on de

l'appui, ça donne du tonus, un

plus à ce que nous faisons déjà.

RAPHAËL

Est-ce que vous pensez que le

message passe beaucoup mieux

avec des étrangers qui viennent

ici faire des centres

d'information?



YABRE

Oui, il y a déjà un impact

avec des étrangers, des gens

qu'on ne connaît pas, quand on

les voit. Déjà, par la couleur,

ça attire, on a envie d'écouter

pour voir. On dit chez nous: "le

Blanc" ou bien "le Nassara". Un

style africain, le Nassara.

On a tendance

à beaucoup plus

accepté, ce que ces stagiaires-

là disent, quoi.

RAPHAËL

Le travail qu'ils font, est-ce

que c'est vraiment apprécié par

les gens de l'organisation ici?


YABRE

Oui, et on apprécie beaucoup

le travail, sinon, on n'irait

pas les accompagner dans tout ce

qu'ils font. Voilà. Moi,

j'apprécie beaucoup ce qui se

fait.

RAPHAËL

Est-ce que vous pensez que les

visiteurs donnent plus, ou

qu'ils reçoivent plus, en venant

ici?


YABRE

C'est du gagnant-gagnant, je

crois. Moi, je crois que nous,

on gagne beaucoup. Maintenant,

je ne sais pas. Est-ce que ces

visiteurs gagnent? Ça, je ne

peux pas répondre. Mais moi, je

sais que nous, on gagne beaucoup

plus, avec la visite.


Les bénévoles donnent maintenant une séance d'information. On entend des villageois parler en mooré.

Transition

De retour à la discussion entre RAPHAËL et MARIE-CHRISTINE

RAPHAËL

Puis dans cet échange-là, qui

est le plus gagnant, tu crois?


MARIE-CHRISTINE

Si je parle pour moi, je

dirais moi. Parce que oui, nous,

on vient les aider, on leur

apporte un soutien, des projets

intéressants, mais nous, on est

plongés dans une culture

complète avec une famille, une

communauté, même avec le groupe,

donc, je pense que si tu viens

ici avec l'idée que tu vas venir

leur apprendre et que ton

premier objectif est de te

sentir réalisé et de sentir que

tu as fait quelque chose, bien,

tu passes à côté. Je pense que

l'objectif, c'est aussi de voir

qu'est-ce qu'eux vont pouvoir

t'apprendre, et d'avoir de

l'ouverture face à ça. Tandis

que si tu es vraiment juste

concentré sur "moi, qu'est-ce

que je vais leur donner", bien,

tu oublies tout ce qu'ils ont à

t'apprendre, et à quel point

c'est beau.

RAPHAËL

Puis quand vous avez décidé de

partir dans un stage comme ça,

c'était quoi la réaction de vos

amis et de votre entourage?


NICOLAS

Tout le monde était assez fier

de moi, trouvait que c'était une

bonne idée. Aussi, eux ont eu le

goût de venir faire des stages

comme ça.


MARIE-CHRISTINE

Moi, ma famille était plutôt

inquiète.

RAPHAËL

Ah ouais?


MARIE-CHRISTINE

Ouais, j'avais quand même...

Bien, ce n'était pas la première

fois que je voyageais, mais en

Afrique, oui, et je pense qu'il

y avait comme une mentalité dans

ma famille qui disait que non,

c'était dangereux, que j'allais

être malade...


NICOLAS

C'est comme un stéréotype un

peu de l'Afrique, de croire que

c'est dangereux, que tout le

monde est méchant. Mais ici, je

pourrais quasiment laisser mon

sac sur le bord de la rue,

personne ne le prendrait. Je

pourrais revenir dans 1h et il

serait toujours là. Les gens

sont vraiment gentils.


MARIE-CHRISTINE

Intègres.


NICOLAS

Oui, c'est ça.

RAPHAËL

Et est-ce qu'il y a autre

chose comme ça que les gens en

Amérique du Nord, au Canada,

chez vous, voient d'une certaine

manière, et dans les faits,

c'est complètement autre chose?


NICOLAS

En tout cas, moi, je croyais

que j'allais voir des gens

mourir partout...


MARIE-CHRISTINE

Moi aussi!


NICOLAS

Que ça allait être vraiment

choquant, tout ce qui se passe,

mais finalement, tu sais, ce

n'est pas si concret que ça, ce

qui se passe de négatif. Tu

sais, il y a beaucoup plus de

positif, et ça, c'est ça qui est

plate, je trouve, avec les

nouvelles: c'est qu'on omet tout

le positif de l'Afrique, et o

parle toujours du négatif. "Ah,

il y a eu tant de morts au

Nigéria, il y a eu tant de morts

là, là, là, il y a une guerre

là...", et on ne parle pas que

ça peut bien aller, aussi.


MARIE-CHRISTINE

Ce n'est pas comme ça

vraiment, dans la réalité.

Souvent, ils aggravent un peu la

situation. C'est sûr qu'ils ont

besoin d'aide. Mais en même

temps, je pense qu'ils veulent

s'en sortir puis que ça vaut la

peine de venir ici. On ne s'en

vient pas dans la fin du monde,

puis tout le monde va mourir.

Non, ce n'est pas ça.

RAPHAËL

Est-ce que, si vous avez la

chance de revenir faire un stage

comme ça l'année prochaine, vous

le faites?

RAPHAËL

C'est certain. N'importe

quand.


MARIE-CHRISTINE

Demain matin.


NICOLAS

Je ferais ça toute ma vie, des

stages comme ça. C'est le fun.


MARIE-CHRISTINE

Oui, ce serait une belle vie.


Transition

RAPHAËL fait un saut d'équipe avec les bénévoles.

RAPHAËL

Un, deux, trois...


TOUS

(Sautant)

Moringa!

RAPHAËL

(Seul, concluant l'émission)

J'ai eu la chance d'être avec

un groupe merveilleux. Je sens

que le contact humain a vraiment

supplanté tout le reste. Puis je

ne sais pas si c'est les

Africains, qui vont bénéficier

le plus, ou les stagiaires, mais

je trouve que de se poser cette

question-là, c'est une

très bonne chose.

RAPHAËL (Narrateur)

Pour télécharger l'application

"Raphaël, citoyen du monde",

rendez-vous sur tfo.org/raphael.

(Générique de fermeture)

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