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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent et Sami, vivent leurs premiers moments au secondaire. Ensemble, ils tentent d'apprivoiser cet univers inconnu, mais débordant de promesses... et d'inquiétudes!

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La stratégie du baklava

Vincent va changer d’école! Sami veut que leur dernier exposé oral en français soit un triomphe. Pour capter son attention, il va jusqu’à l’attirer avec des baklavas… Pour capter son attention, il va jusqu’à l’attirer avec des baklavas.



Réalisateur: Stephan Joly
Acteurs: Joseph Antaki, Alice Morel- Michaud, Antoine Olivier Pilon
Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Subito Texto suit le parcours de : Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent et Sami, qui vivent leurs premiers moments au secondaire. Ensemble, ils tentent d'apprivoiser cet univers inconnu, mais débordant de promesses... et d'inquiétudes!

[Début information à l'écran]

La stratégie du baklava

[Fin information à l'écran]

Début générique d'ouverture

Présentation des différents personnages de l'émission avec des photos de famille. Vue de l'école où se déroule l'action avec des textos échangés entre les personnages.

Fin du générique d'ouverture

MARC-OLIVIER et SAMI sont assis à la cafétéria. MARC-OLIVIER note la couleur des chaussures d'un garçon qui passe devant eux.


[MARC-OLIVIER:] Oh,

espadrilles oranges: deux fois.


SAMI (perplexe)

Hein?

(MARC-OLIVIER regarde les chaussures de SAMI.)


[MARC-OLIVIER:] Excuse.

Deuxième espadrille rouge.

(VINCENT arrive et vient s'asseoir avec eux.)


[SAMI:] Ah! Vincent!

Puis, puis, puis, puis?


[VINCENT:] Ça va là.

Je suis prêt à partir

pour Saint-Placide.

En fait, c'est comme

si j'étais déjà parti.


[SAMI:] Non, je veux dire:

« Puis, l'exposé oral

pour le cours de français...

qu'on doit faire ensemble? »


[VINCENT:] Ah, cet exposé-là...

Bien, je... je sais pas.

C'est pas tout de suite.

On a encore le temps, il me semble.

Es-tu sûr que je serai pas déjà

parti pour Saint-Placide?


[SAMI:] Non, j'ai vérifié.

T'es encore là.

Pour souligner ton départ,

ça serait le fun de péter un score.


[VINCENT:] C'est simple.

On va le faire sur le hockey.


[SAMI:] On s'est dit

qu'on refaisait pas le hockey.

À moins de trouver

une façon originale d'en parler.

Ça fait déjà trois exposés

qu'on fait sur le hockey.


[VINCENT:] On a dit ça?

Parfait, on va s'en reparler.


[SAMI:] Non, ça fait des jours

que je te cours après.

Tout le monde a trouvé son sujet.

Je suis sûr qu'on est les seuls.

(VINCENT met ses pieds sur une chaise, MARC-OLIVIER regarde ses chaussures.)


[MARC-OLIVIER:] Oh,

cinquième espadrille verte!


[MARC-OLIVIER:] Tu fais ton exposé

sur les espadrilles, Marc-O?

(MARC-OLIVIER, gêné, fait non de la tête. Pendant ce temps, dans le couloir, MADAME PRÉFONTAINE interpelle MAUDE.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Maude?

Maude, attends une seconde!

Il faut que je te parle.


MAUDE (réticente)

Oui?

(MAUDE croque dans une pomme.)


MADAME PRÉFONTAINE

Ça fait un moment que j'y pense, là.

Et puis, euh...

(MAUDE s'étouffe avec sa bouchée de pomme.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Voyons, Maude!

Ça va?

(Entre temps, SAMI, VINCENT et MARC-OLIVIER sont toujours à la cafétéria.)


[VINCENT:] Faire un exposé sur les exposés.

Ça serait passionnant.


[SAMI:] Vincent, je pense pas que...
[VINCENT:] Non, t'as raison.

Mme Préfontaine comprendrait pas.

Elle n'a pas d'humour.

(Dans le couloir, MADAME PRÉFONTAINE s'inquiète pour MAUDE.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Il faut pas prendre

des bouchées trop grosses, tu sais?

Croque un peu, là.

(Au même moment, VINCENT et SAMI discutent de leur exposé.)


[VINCENT:] On pourrait faire...

un « explosé » oral.

On ferait un exposé sur les explosions.

Bing! Bang! Boum!


[SAMI:] Vincent, ça marche pas!

Mme Préfontaine a dit:

« Parlez-nous d'une de vos passions. »

J'aimerais ça faire

un bel exposé sur une de nos passions.


[VINCENT:] C'est pour ça

qu'on va le faire sur le hockey.

Pour la quatrième fois,

c'est pas assez passionné, ça?


[SAMI:] Hmm... non.

(Ailleurs dans l'école, MADAME PRÉFONTAINE conseille MAUDE.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Va prendre

une gorgée d'eau.

(MAUDE se précipite vers la fontaine d'eau.)


MADAME PRÉFONTAINE

Je te parlerai plus tard,

quand t'auras repris ton souffle.

Et la prochaine fois,

prends des bouchées moins grosses.

(MAUDE marmonne tout en continuant de boire de l'eau.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Bon...

(MADAME PRÉFONTAINE s'en va et se rend compte qu'elle s'est trompée de direction.)


MADAME PRÉFONTAINE

Euh, non, non.

C'est...

(MADAME PRÉFONTAINE soupire et change de direction. Dès que MADAME PRÉFONTAINE est hors de vue, MAUDE arrête de boire de l'eau. À la cafétéria, VINCENT et SAMI sont toujours en conversation. MARC-OLIVIER est assis avec eux.)


[VINCENT:] On pourrait faire

un exposé sur l'asphalte.

On le ferait dans le stationnement,

dehors, sur l'asphalte.

Comme ça,

on serait en plein sur le sujet.


[SAMI:] C'est trop bizarre.
[VINCENT:] Non mais là,

c'est toi qui dit qu'il fallait faire

un exposé génial, pété.


[SAMI:] Pas pété

qui va nous faire couler.

Je serai encore ici,

moi, la semaine prochaine.

(À ce moment, MAUDE vient les rejoindre.)


[MAUDE:] OK, je capote.

Je capote!


[SAMI:] T'as encore vu une tache dans

un livre de la bibliothèque?


[MAUDE:] Non. Mme Préfontaine

veut me parler.


VINCENT (feignant l'horreur)

Un prof qui veut parler à un élève.

Appelez la police!


[SAMI:] C'est pas drôle.

J'ai vraiment peur

de ce qu'elle va me dire.


[VINCENT:] Elle veut sûrement

te demander ton sujet d'oral.


[MAUDE:] Il y a quelqu'un qui a dû

lui dire ce que j'ai fait

quand j'ai quitté le journal

après mon article

sur les insectes dans la bouffe

de la cafétéria.


[VINCENT:] Tu lui en as pas fait manger,

quand même?


[MARC-OLIVIER:] Non,

elle a démissionné

pour pas que Mme Préfontaine

revienne au journal.


SAMI (faussement inquiet)

J'avoue!
[VINCENT:] Ouais, mais tu l'as

juste un peu poignardée dans le dos.


[MAUDE:] C'est sûr qu'elle le prend pas

et qu'elle veut m'engueuler.

Tantôt, j'ai réussi à m'en sortir

en faisant semblant de m'étouffer

avec une pomme.


[SAMI:] Tu pourras pas faire

toujours ça.

Ça va avoir l'air louche.


[VINCENT:] La prochaine fois,

pour brouiller les cartes,

étouffe-toi avec une banane.


[MAUDE:] C'est pas drôle.
[VINCENT:] Relaxe, Maude.

C'est juste un prof.

T'as rien qu'à lui dire

de te ficher la paix.

Bon, j'ai dépensé

beaucoup trop d'énergie là-dessus.

Je me prends un lait au chocolat.

(VINCENT se lève et part.)


[SAMI:] Attends, on peut encore

parler de l'exposé!

(SAMI se lève et suit VINCENT.)


[MARC-OLIVIER:] Oh, j'avais pas remarqué

les lacets de Vincent. Rouges.

(MARC-OLIVIER note dans son cahier.)


[MAUDE:] Qu'est-ce que t'as à fixer

les pieds de tout le monde?


[MARC-OLIVIER:] Pas tout le monde.

Juste les gars.

C'est pour mon prochain article.

Mélanie m'a commandé un article

sur les shoes de gars.


[MAUDE:] Les shoes de...

(MAUDE a une expression de dégoût.)


[MAUDE:] Voyons, c'est bien plate!

De quoi tu vas parler

exactement?


[MARC-OLIVIER:] Je sais pas trop.

Je note les souliers

que je vois

et je les classe par couleur.


[MAUDE:] Super poche!

Excuse-moi, mais...


[MARC-OLIVIER:] Non, c'est vrai.

mais j'ai pas d'idée,

donc je prends celle de Mélanie.


[MAUDE:] Pourtant, il y a plein

de choses à dire.

Surtout sur les espadrilles

qui sont fabriquées dans

des pays pauvres

par des enfants mal payés

et qui sont vendues ici

à des prix de fou.


[MARC-OLIVIER:] C'est bon, ça.
[MAUDE:] Oui, j'avais commencé

à ramasser de la documentation

là-dessus, à prendre des notes.

Je vais tout te donner ça.


[MARC-OLIVIER:] T'es sûre?
[MAUDE:] Oui, ça va me faire plaisir.

Tout sauf un article

sur les shoes de gars.


[MARC-OLIVIER:] Ouais...
[MAUDE:] Il y a peut-être

juste un problème.

Je pense que j'ai laissé ça

au local du journal.

Ça et plein d'autres affaires.


[MARC-OLIVIER:] Va tout chercher ça.
[MAUDE:] Bien, Mme Préfontaine

est souvent là

à cause de son coin détente,

son « relaxorium ».


[MARC-OLIVIER:] Ah, ouais.

Je comprends.

Je vais continuer mon article

sur les shoes de gars.


[MAUDE:] Non, attends!

C'est peut-être dans ma case.

J'ai plein d'affaires

empilées, là-dedans.

(La cloche de l'école sonne.)


[MAUDE:] Ah, déjà?

Je vais chercher à la pause.

(MAUDE et MARC-OLIVIER quittent la cafétéria. Plus tard, pendant la pause, SAMI est assis sur un banc, son téléphone dans les mains)


[SAMI:] Qu'est-ce qu'il fait?

(MAUDE passe devant SAMI en boitant.)


[SAMI:] Maude?

Qu'est-ce que t'as?


[MAUDE:] Je cherchais comment être

originale et je me suis dit:

« Tiens, je vais boiter un peu. »


[SAMI:] Ça va, toi?
[MAUDE:] Excuse-moi.

(MAUDE s'assoit à côté de SAMI.)


[MAUDE:] C'est parce que...

j'ai oublié mes orthèses

dans le local du journal.


[SAMI:] Tes orthèses?

Tu les portes pas tout le temps?

Et pourquoi tu veux pas

aller les chercher?


[MAUDE:] Parce que j'ai peur

de tomber sur Mme Préfontaine.

(SAMI reçoit un texto.)


[SAMI:] Bon, enfin!

(SAMI répond au texto reçu en écrivant : « T'es où? »)


[MAUDE:] C'est Vincent?
[SAMI:] Ouais, on devait se voir.

Tu devrais y aller

sur l'heure du midi.


[MAUDE:] Tu textes ça à Vincent?
[SAMI:] Non, je te parle.

Le midi, Mme Préfontaine

va toujours manger au local de récup.

Elle est jamais à son « relaxorium ».


[MAUDE:] T'es sûr?

(SAMI reçoit un autre texto.)


SAMI (regardant son téléphone)

Oh, non, non!


[MAUDE:] Bien là, décide-toi.
[SAMI:] Je suis sûr pour

Mme Préfontaine.

C'est Vincent.

Depuis quand il va dehors

pendant la pause?


[MAUDE:] Bien, peut-être que lui aussi

veut éviter quelqu'un.


[SAMI:] Je pense pas.
[MAUDE:] En tout cas,

merci pour l'idée.

(SAMI reçoit un autre texto.)


SAMI (regardant son téléphone)

Oh, non! Ça se peut pas!


[MAUDE:] Mais là, c'est quoi?

Ce n'est plus une bonne idée?


[SAMI:] Bien non... oui.

Je parlais de Vincent, là.

Il dit qu'il avait absolument

besoin de prendre l'air.


[MAUDE:] OK, t'es dur à suivre.
[SAMI:] Lui aussi.

Bon, ce midi, d'abord.

À la place d'aller chez nous,

je pourrais aller manger à la café.


[MAUDE:] Pourquoi t'invites pas Vincent

à venir dîner chez vous?

Il aime tellement

la bouffe de ta mère.

Quand il parle de ses baklavas,

il a des filets de bave

qui coulent sur le bord de sa bouche.


[SAMI:] C'est bon, ça.

Je vais lui dire.

(SAMI commence à écrire un texto mais en reçoit un avant de l'avoir envoyé.)


[SAMI:] Ah, regarde ça.

(SAMI montre l'écran de son téléphone à MAUDE. MAUDE lit le texto.)


[MAUDE:] « Je peux dîner chez vous?

Dis oui, dis oui X 100. »

Je le savais.

(Plus tard, MAUDE se rend au local du journal. MARC-OLIVIER est là.)


[MARC-OLIVIER:] Hé, Maude!

C'est drôle.


[MAUDE:] Tu trouves ça drôle,

toi, quelqu'un qui boite?

Ouais, bien drôle...

Ma documentation sur les souliers

était pas dans ma case.

Ça veut dire qu'elle devrait être ici.

(MAUDE ouvre de grands yeux en voyant des dictionnaires empilés avec des verres dessus sur la table.)


[MAUDE:] C'est quoi, ça?
[MARC-OLIVIER:] Bien,

c'est des dictionnaires.


[MAUDE:] Oui, des dictionnaires.

Pas une table à café!

Franchement!

(MAUDE jette les verres à la poubelle. À côté de la poubelle se trouve une boîte.)


[MAUDE:] Et ça, c'est mes affaires?
[MARC-OLIVIER:] Euh, je pense.

Quand Mélanie les voit,

elle les garroche... les dépose

dans cette boîte-là.


[MAUDE:] Oui mais c'est des papiers,

ça a le droit de traîner dans un

local de journal.

Franchement!

Hmm, mais pas des souliers.

C'est les shoes à Mélanie,

je suppose?

(Sur le bureau de MÉLANIE se trouvent des souliers de course roses.)


[MARC-OLIVIER:] Euh, ouais.

Penses-tu que tu peux retrouver

tous les papiers pour mon article?


[MAUDE:] Sûrement.

J'espère qu'elle a pas

jeté mes orthèses.


[MARC-OLIVIER:] Elles sont peut-être

là-dedans, tes orthèses.


[MAUDE:] Je vais les mettre

dans un sac à vidanges, moi,

ses shoes.

On va voir si elle va trouver ça drôle.

(MAUDE prend les souliers de MÉLANIE. MADAME PRÉFONTAINE arrive dans le couloir.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Non, non,

on court pas dans les corridors!

(MADAME PRÉFONTAINE regarde l'élève qui court. MAUDE a juste le temps de se cacher dans le « relaxorium » avant que MADAME PRÉFONTAINE entre dans le local.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Ah.
[MARC-OLIVIER:] Bonjour,

Mme Préfontaine.

Il y a personne ici sauf moi


[MADAME PRÉFONTAINE:] C'est correct,

Marc-O.

J'ai rien à te demander.

(MADAME PRÉFONTAINE se dirige vers le « relaxorium » où est cachée MAUDE.)


[MARC-OLIVIER:] Euh, madame!
[MADAME PRÉFONTAINE:] Oui?

(MADAME PRÉFONTAINE s'arrête pour regarder MARC-OLIVIER. Pendant ce temps, chez les Mazari, SAMI et ses parents, SAAD et FATIMA, mangent avec VINCENT. SAAD et FATIMA se lèvent pour desservir la table.)


[FATIMA:] Tu as aimé mon mijoté

de dinde, Vincent?


[VINCENT:] Oui, vraiment.

Ma mère fait

exactement la même recette.


[FATIMA:] Ah, évidemment!

Si on lit les mêmes magazines,

on tombe sur les mêmes recettes.


[SAMI:] Bon, j'ai pris en note

des idées de sujets.

Aimerais-tu qu'on fasse quelque chose

qui parle de musique?


[VINCENT:] Euh... ouais.
[SAMI:] Je pourrais apporter ma guitare

et toi, tu parlerais

des meilleurs guitaristes qu'on connaît.

(SAAD revient et passe les assiettes pour le dessert.)


[SAAD:] Sami.

(FATIMA arrive avec un gâteau au chocolat.)


[FATIMA:] Surprise!

C'est quelque chose

que je fais pas souvent.


VINCENT (déçu)

Un gâteau au chocolat...


[FATIMA:] Tu as pas l'air content,

Vincent.


[VINCENT:] Mme Mazari, il vous reste pas

des baklavas?


[FATIMA:] Non, pas aujourd'hui.

Des fois, j'aime bien

faire changement.


[SAAD:] Je te comprends Vincent.

Moi aussi, je suis fou des baklavas.

Depuis que je suis tout petit

que je dévorais ceux de ma mère.


[FATIMA:] Mais les miens

sont meilleurs, hein?

Ils sont égyptiens.


[SAAD:] Hé, hé! On ne dit pas de mal

des baklavas algériens.

(SAMI essaie de s'interposer pour parler de leur exposé avec VINCENT.)


[SAMI:] Je suis pas obligé

d'apporter ma guitare.

On peut juste prendre un groupe

que t'aimes et faire l'exposé.


VINCENT (s'adressant à SAMI)

Attends, attends.


VINCENT (s'adressant à SAAD et FATIMA)

Je pensais que vous deux

étiez Algériens.


[FATIMA:] Non!

Moi, je suis née

en Egypte.

À Gizeh.

(Au même moment, au local du journal, MARC-OLIVIER essaie de distraire MADAME PRÉFONTAINE.)


[MARC-OLIVIER:] J'ai plus de semelles noires

que de semelles blanches.

À moins que ce soit les blanches

qui sont devenues noires.

Pensez-vous que ça ferait

un bon exposé?


MADAME PRÉFONTAINE

Pas vraiment, non.


[MARC-OLIVIER:] Ça tombe bien.

Je le ferai pas là-dessus.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Alors là,

s'il te plaît, fais pas de bruit

pendant les 15 prochaines minutes.

J'ai besoin de relaxer un peu.


[MARC-OLIVIER:] Non!
[MADAME PRÉFONTAINE:] Pardon?
[MARC-OLIVIER:] Je veux dire...

vous venez jamais relaxer

sur l'heure du midi, d'habitude.


[MADAME PRÉFONTAINE:] C'est vrai.

Mais là, j'ai besoin de relaxer

un petit peu plus que d'habitude.

Je rentrerai pas dans les détails.


[MARC-OLIVIER:] Attendez!

MADAME PRÉFONTAINE

Qu'est-ce qu'il y a, Marc-O?

(Chez les Mazari, FATIMA raconte sa rencontre avec SAAD à VINCENT qui a l'air de trouver le temps long. SAMI a l'air exaspéré.)


[FATIMA:] Quand Saad est venu

étudier au Caire,

il louait une chambre chez notre voisine.

Tu te souviens?


[SAAD:] Oui.
[FATIMA:] C'est là qu'on s'est connus.
[SAAD:] À la fin de mes études,

je suis reparti avec un diplôme

et une belle Égyptienne.

(Au local du journal, MARC-OLIVIER parle toujours avec MADAME PRÉFONTAINE.)


[MARC-OLIVIER:] Je fais un article

et j'ai beaucoup de mots à chercher.

Quel est le meilleur dictionnaire

pour m'aider?


[MADAME PRÉFONTAINE:] Je sais pas, là!

C'est tous des excellents dictionnaires.

Écoute, je vais t'aider plus tard

si tu veux,

mais pour le moment,

je veux absolument me détendre.

(MADAME PRÉFONTAINE marche vers le « relaxorium ». MARC-OLIVIER fait tomber la pile de dictionnaires par terre.)


[MARC-OLIVIER:] Ah!
[MADAME PRÉFONTAINE:] On dirait

que c'est toi qui aurais besoin

de relaxer un peu.


[MARC-OLIVIER:] Oui,

mais pouvez-vous m'aider?

Il y en a qui sont pesants.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Ah, d'accord!

D'accord.

(MADAME PRÉONTAINE et MARC-OLIVIER se penchent pour ramasser les dictionnaires. Pendant ce temps, MAUDE sort du « relaxorium » et se cache derrière un bureau.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Bon.
[MARC-OLIVIER:] Merci.

(MADAME PRÉFONTAINE va dans le « relaxorium » et ferme la porte. MAUDE se lève et quitte le local. Pendant ce temps, chez les Mazari, les parents de SAMI n'ont pas terminé leur histoire.)


[VINCENT:] Avec ses baklavas.
[FATIMA:] Oui!
[SAAD:] Oui, elle vient avec.

(SAAD et FATIMA rient de bon cœur avec VINCENT.)


[FATIMA:] Alors, vous en voulez

de mon gâteau

ou je vais le jeter dans le Nil?


[VINCENT:] Non, je vais en prendre.

Je suis sûr qu'il est très bon.

C'est juste que ma mère

en fait aussi.

Et les baklavas, ça,

il y a seulement vous qui en faites.

Et j'aime vraiment ça.


SAMI (enthousiaste)

Vincent,

c'est une passion, ça.

On va faire notre exposé

sur les baklavas.


[VINCENT:] Hein! Bien oui!

On va les faire goûter à la classe.

Une dégustation.


[FATIMA:] Et moi?

Je vais faire des baklavas

pour toute la classe?


[SAAD:] Je vais t'aider, moi.

Ça fait longtemps que je veux

refaire la recette de ma mère.


[FATIMA:] Tu vas cuisiner, toi?
[SAAD:] C'est presque pareil.

C'est des pistaches au lieu des noix.

Du miel au lieu du sucre, je pense.

Tu penses pas

que je suis capable?


[FATIMA:] Mais oui!

(SAAD et FATIMA s'obstinent gentiment en arabe.)


[SAMI:] Des baklavas algériens

ou égyptiens, ça dérange pas.

L'important, c'est qu'on a trouvé

notre sujet d'oral.


[VINCENT:] C'est le meilleur exposé

qu'on va avoir fait, hein?

Tellement délicieux.


[FATIMA:] Bon.

Alors, vous en voulez, du gâteau

ou vous voulez déjà vous garder

de la place pour les baklavas

du grand chef Mazari?


[SAMI:] Le choix est facile.

(SAMI et VINCENT tendent leur assiette à FATIMA pour recevoir une part de gâteau.)


[SAAD:] Merci pour la confiance.

(À l'école, MAUDE se cache au détour d'un couloir. MARC-OLIVIER arrive.)


[MAUDE:] Es-tu sûr

qu'elle t'a pas suivi?


[MARC-OLIVIER:] Non,

elle était encore en train de relaxer

quand je suis parti.


[MAUDE:] Relaxer comment?
[MARC-OLIVIER:] On parle

de trois bougies parfumées,

un CD de bruits de vagues

et des « Aoum Aoum »

venant du ventre intérieur.


[MAUDE:] Donc, c'est grave.
[MARC-OLIVIER:] Oui.

Elle avait pas l'air de bonne humeur.

Bien plus que d'habitude.


[MAUDE:] J'ai vu.

C'est à cause de moi.

Elle est fâchée.

Elle veut m'engueuler

et comme elle a pas pu,

bien elle frustre.


[MARC-OLIVIER:] Ça se peut,

mais tu vas faire quoi

pour récupérer la documentation?

J'aimerais ça l'avoir. Bientôt.


[MAUDE:] Je suis désolée, mais moi,

c'est sûr que je ne peux plus

remettre les pieds dans ce local-là.


[MARC-OLIVIER:] Mais tu vas faire quoi

pour récupérer tes orthèses?


[MAUDE:] Peut-être que toi tu pourrais

aller les chercher.

En même temps, tu pourrais

récupérer les documents.

Ça doit pas être loin.


[MARC-OLIVIER:] Toi,

Maude Allard-Fraser,

tu me laisserais fouiller

dans tes affaires?


[MAUDE:] Bien oui.

(MARC-OLIVIER ne semble pas convaincu. Au même moment, ailleurs dans l'école, SAMI et VINCENT marchent dans le couloir.)


[VINCENT:] Je m'ennuierai pas

du cours de français.

Trop de règles et d'exceptions.


[SAMI:] Tu penses qu'il y a moins

de règles et exceptions à Saint-Placide?


[VINCENT:] Non, mais je pense

que le cours est donné

par un prof gars,

sûrement moins plate

que Mme « Préfon-téteux-taine ».


[SAMI:] Parlant de ça,

quand est-ce qu'on se voit

pour finir le projet?


[VINCENT:] Finir quoi?

On a notre sujet.

On fait une dégustation

de baklavas à la classe.


[SAMI:] C'est pas assez!

Je veux qu'on score.

Tous les deux.


[VINCENT:] C'est en masse!

On va avoir une super bonne note,

je te le dis.

Mme Préfontaine aime le sucre.

Tous les midis, elle se bourre

de biscuits au chocolat.


[SAMI:] On peut pas juste manger.

Il faut parler, aussi.

Donner la recette,

parler des pays d'où ça vient.

Montrer des photos.


[VINCENT:] Je pensais qu'on avait fini.
[SAMI:] Imagine, si tu viens

travailler chez moi, tantôt,

il va y avoir plein de baklavas

tout frais sortis du four.


[VINCENT:] T'es sûr?

Ta mère est pas partie au travail?


[SAMI:] Ça fait rien.

Elle a dit qu'elle en ferait

pour toute la classe

et elle perd pas de temps d'habitude.

On pourrait faire

un contrôle de qualité.


[VINCENT:] OK, d'abord.

Si c'est pour faire

un meilleur exposé, hein?

(MADAME PRÉFONTAINE arrive.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Les garçons,

vous avez vu passer Maude?

Elle est partie très vite,

tout de suite après le cours.


[VINCENT:] Euh, Maude, non.

Maude est pas ici.

Elle est ailleurs.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Ah bon?
[VINCENT:] C'est là que vous devriez

aller voir.


[SAMI:] Écoutez-le pas.

C'est de l'humour, style Saint-Placide.

Vincent est pas encore bien bon.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Mettons.

En tout cas, je m'attends

à un très bon exposé de votre part.

D'accord?

(MADAME PRÉFONTAINE s'en va.)


[VINCENT:] Si elle pense

que ça me dérange...

(Le téléphone de VINCENT sonne.)


VINCENT (répondant au téléphone)

Vincent vous écoute.

(Le ton de voix de VINCENT change subitement. VINCENT a l'air très intéressé.)


VINCENT (parlant au téléphone)

Oui, bonjour!

Oui, ça va très bien.

Euh, ce soir?


[SAMI:] Hein? Quoi, ce soir?

Pas ce soir. On peut pas!


VINCENT (parlant au téléphone)

C'est sûr que ça peut

être le fun, oui.

OK. On se voit tantôt.


[SAMI:] Vincent!
[VINCENT:] Merci. Au revoir.

(VINCENT raccroche le téléphone.)


[SAMI:] C'était qui?
[VINCENT:] Le coach de Saint-Placide

m'invite à une clinique de hockey.


[SAMI:] Ce soir?

On est censés travailler

sur notre exposé.


[VINCENT:] C'est plus important

une clinique de hockey.


[SAMI:] Tu vas en avoir plein d'autres

jusqu'à la fin de l'année.

Tandis que notre exposé...


[VINCENT:] Ça peut attendre

un peu, non?


[SAMI:] L'exposé oui, mais...

les baklavas tout frais

sortis du four, non.

(VINCENT semble hésiter.)


[SAMI:] Miam, miam, miam.

(Pendant ce temps, MARC-OLIVIER va rejoindre MAUDE à son casier.)


[MARC-OLIVIER:] Psst!
[MAUDE:] J'espère que t'as pas

tout viré à l'envers.

As-tu trouvé quelque chose?


[MARC-OLIVIER:] Oui,

tous les documents.

Et inquiète-toi pas,

j'ai pas eu à chercher beaucoup.


[MAUDE:] OK. As-tu trouvé autre chose?
[MARC-OLIVIER:] Ouais, j'ai trouvé

un vieux biscuit au gruau,

mais il était pas très bon.


[MAUDE:] Je te parle pas de biscuits.

Mes orthèses!


[MARC-OLIVIER:] Ah oui,

tes orthèses...


[MAUDE:] Tu les as pas vues?
[MARC-OLIVIER:] Bien...

En fait, je sais pas

comment c'est fait.


[MAUDE:] C'est comme des semelles.
[MARC-OLIVIER:] Ah, bien peut-être,

oui, je les ai vues.


[MAUDE:] Pourquoi tu les as pas

apportées?


[MARC-OLIVIER:] Je sais pas.

Ça avait l'air dégueu.


[MAUDE:] Voyons donc!

Mes orthèses sont pas dégueu.


[MARC-OLIVIER:] Je m'excuse.
[MAUDE:] Redonne-moi mes documents.
[MARC-OLIVIER:] Non.
[MAUDE:] Pas d'orthèses,

pas de documents.

(MAUDE prend ses documents dans les mains de MARC-OLIVIER.)


[MARC-OLIVIER:] Maude, tu peux pas

me faire ça.


[MAUDE:] Oui, je peux.

Bon, là, ça me prend mes orthèses.

Et il faut que je règle ça

avec Mme Préfontaine.

Si je peux la trouver.

(MAUDE part.)


[MARC-OLIVIER:] Je vais finir par faire

un article sur les orthèses.

(MARC-OLIVIER part aussi. Chez les Mazari, SAMI et ses parents sont dans la cuisine. SAMI goûte des baklavas.)


[SAMI:] C'est... c'est pas mauvais.

C'est quoi?

(FATIMA met discrètement sa bouchée dans une serviette de table.)


[SAAD:] Comment, c'est quoi?

Voyons, ce sont

les baklavas de ma mère!

Je les ai ratés?


[FATIMA:] Ah, je dirais pas ratés.

C'est... différent.

Différent de ceux de ta mère.


[SAMI:] C'est salé.
[SAAD:] Je me rappelle très bien

que maman mettait du sel.


FATIMA (riant)

Une pincée,

pas une poignée!


[SAMI:] Maman, je peux pas servir ça

au monde de ma classe.

As-tu fait les tiens?


[FATIMA:] Non, habibi.

Désolée.

J'ai pas eu le temps.

Et là, je n'ai plus de pâte filo.

Ton père l'a toute utilisée.


[SAMI:] J'ai convaincu Vincent

de venir en manger

avant sa pratique de hockey.


[SAAD:] Pourtant, j'ai fait

plusieurs essais.


FATIMA (incrédule)

Ça, c'est ta meilleure fournée.


[SAMI:] Les autres étaient

encore moins bons?

C'est pas drôle!

(Le téléphone sonne. FATIMA se dirige vers le téléphone.)


[SAAD:] J'ai suivi

la recette. J'ai...


[FATIMA:] Ah, c'est Vincent.
[SAMI:] Prends-le. J'ai les mains

trop collées.


FATIMA (répondant au téléphone)

Allô, Vincent!

Non, il peut pas venir

au téléphone, présentement.

Il fait du contrôle de qualité.

Oui.


FATIMA (s'adressant à SAMI)

Il va être en retard.


[SAMI:] Pourquoi?
[FATIMA:] Il a dû repasser

chez lui, finalement.

Sa mère n'a pas eu le temps

de lui apporter

son équipement de hockey.


[SAMI:] Dis-lui qu'il se dépêche.

FATIMA (s'adressant à VINCENT)

Oui, oui, oui.


FATIMA (s'adressant à SAMI)

Il dit qu'il manquerait pas

des baklavas pour rien au monde.


FATIMA (s'adressant à VINCENT)

C'est pas moi qui les ai faits,

c'est Saad.


SAAD (criant)

C'est un échec

lamentable!


FATIMA (s'adressant à SAAD)

Je dirais pas lamentable,

mais...


FATIMA (s'adressant à VINCENT)

Qu'est-ce que tu dis, Vincent?


[SAMI:] Il dit quoi, là?

FATIMA (s'adressant à SAMI)

Il dit que s'ils sont pas bons,

il ne peut plus venir.


[SAMI:] OK, passe-le-moi.

Je vais lui dire deux mots.


FATIMA (s'adressant à SAMI)

Attends, il...

(SAMI prend le téléphone dans les mains de FATIMA.)


[SAMI:] Vincent Beaucage, là,

ce n'est plus drôle, OK?

Tu pars seulement dans une semaine,

mais c'est comme si

tu n'étais déjà plus là.

Non, c'est pas juste un exposé,

c'est notre dernier.

As-tu pensé à ça?

Le dernier!

Non, laisse faire!

Viens pas,

je vais m'arranger tout seul.

(SAMI raccroche le téléphone.)


[FATIMA:] Attends, attends,

je vais t'aider.


[SAMI:] Non, c'est pas grave,

je vais m'arranger seul.


[FATIMA:] Calme-toi,

habibi...

(SAMI quitte la cuisine. Le lendemain matin, à l'école, VINCENT entre dans la cafétéria. Il met son pied sur la table devant MARC-OLIVIER pour lui montrer ses souliers.)


[VINCENT:] Bleu foncé!

Mêlé, là, hein?

As-tu vu Sami?


[MARC-OLIVIER:] Euh, non.

(MARC-OLIVIER travaille sur son article.)


[VINCENT:] T'as encore le nez

dans les espadrilles à tout le monde?


[MARC-OLIVIER:] J'ai pas le choix

de revenir à mon ancien sujet.

Maude veut pas me laisser

sa documentation.

C'est plate.


[VINCENT:] C'est Maude qui est plate.
[MARC-OLIVIER:] Elle est fâchée

contre moi.

Depuis qu'elle est partie du journal,

c'est plus compliqué.

On dirait qu'elle veut participer,

mais pas vraiment.

Elle veut parler, mais pas trop.


[VINCENT:] Décidément, on dirait

que c'est plus difficile

pour ceux qui restent

que pour ceux qui partent.


[MARC-OLIVIER:] Ouais.
[VINCENT:] Ouais...

Bon, ciao!

(VINCENT quitte la cafétéria. Pendant ce temps, MAUDE attend MADAME PRÉFONTAINE devant son bureau.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Ah, Maude,

es-tu en avance

ou c'est moi qui est en retard?


[MAUDE:] On est juste à l'heure

Mme Préfontaine,

merci d'avoir accepté de me rencontrer.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Ah...

ah, non.

C'est...

C'est moi qui voulais

te voir.


[MAUDE:] Ouais, justement.

Je sais que vous êtes fâchée

à cause de...

Bien, l'article.


MADAME PRÉFONTAINE (perplexe)

Hein? Quoi?

Mais non.

C'est pas ça du tout.


[MAUDE:] Ah bon?
[MADAME PRÉFONTAINE:] Non, non,

j'ai quelque chose à te demander.

(MADAME PRÉFONTAINE a soudain les larmes aux yeux et de la difficulté à parler.)


MADAME PRÉFONTAINE

Et c'est un petit peu délicat

comme démarche.


[MAUDE:] Est-ce que ça va?
[MADAME PRÉFONTAINE:] Oui, oui, ça va.

Je...

C'est parce que j'aurais aimé ça si...

En fait, je...

Je...

Oh, excuse!

(MADAME PRÉFONTAINE prend une gorgée d'eau et s'étouffe.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Je pense

que j'y arriverai pas.


[MAUDE:] Voulez-vous

que je vous tape dans le dos?


[MADAME PRÉFONTAINE:] Non, non, non!

C'est beau. Oh, je...

Excuse-moi.

(MADAME PRÉFONTAINE sort de son bureau précipitamment, laissant MAUDE perplexe. Plus tard, VINCENT trouve SAMI à son casier.)


[VINCENT:] Oh, Sami!

Tu te cachais.


[SAMI:] Je me cachais pas.

Tiens, j'ai préparé l'exposé hier.

T'as rien à faire.

Juste à lire les petits cartons.

Tu me le dis

si tu comprends pas.


[VINCENT:] Tu veux pas que je te parle

de ma clinique d'hier?


SAMI (sarcastique)

T'es allé

à la clinique?

T'as été malade?


[VINCENT:] Non, niaiseux!

Ma clinique de hockey.

Tu devineras jamais qui était là.


[SAMI:] Je sais pas, moi.

Le docteur de la rondelle?


[VINCENT:] Non, niaiseux!

Le seul, l'unique...

P.K. Lecavalier.


SAMI (incrédule)

Meuh!
[VINCENT:] Meuh, je te jure!

Il nous a montré

plein d'exercices le fun

et des nouvelles stratégies.


[SAMI:] On en connaît plein,

des stratégies!


[VINCENT:] OK.

Connais-tu

le « tsunami inversé »?

(VINCENT tend son téléphone à SAMI pour qu'il regarde une vidéo.)


[SAMI:] Non, mais...

(SAMI regarde la vidéo et s'enthousiasme.)


[SAMI:] Mais je veux le connaître.

Eille, ça ferait pas

un bon exposé oral, ça?

Bien meilleur que mon exposé poche

sur les baklavas ratés de mon père.


[VINCENT:] Ça pourrait!

J'ai filmé plein d'affaires

et j'ai pris plein de trucs en note.


[SAMI:] Eille, attends.

On pourrait faire les stratégies

avec des dessins, des figurines.

Ou les faire nous-mêmes.

(VINCENT montre les cartons de son exposé à SAMI.)


[VINCENT:] Sauf que là,

t'as tout fait ça pour rien.


[SAMI:] Peut-être que je m'en servirai

pour un autre exposé.


SAMI (faisant semblant de pleurer)

Avec quelqu'un d'autre.


[VINCENT:] Fais-moi

donc pleurer, Mazari.

(SAMI fait semblant de pleurer de plus belle.)


[VINCENT:] Je laisse mon école,

mais je laisse pas mes amis.


[SAMI:] Arrête, c'est toi

qui vas me faire brailler.

(SAMI et VINCENT font semblant de pleurer tous les deux. Plus tard, au local du journal, MAUDE et MARC-OLIVIER discutent.)


[MAUDE:] Elle a même pas crié.

On aurait dit que c'est elle

qui avait peur de moi.


[MARC-OLIVIER:] Tu peux laisser

tes choses ici.


[MAUDE:] Non, je ne suis

plus ici.


[MARC-OLIVIER:] Bien, ça dérange pas.
[MAUDE:] Moi, ça me dérange.

C'est comme si je restais là

tout en n'étant plus là.

Bon, je vais aller mettre

mes choses dans ma case.

Comme ça, il restera vraiment plus

aucune trace de moi au journal.


[MARC-OLIVIER:] Si tu manques de place,

tu peux en mettre dans les miennes.

Même si t'as des affaires

un peu dégueu.


[MAUDE:] Merci, Marc-O.

(MAUDE prend sa boîte d'effets personnels et se dirige vers la sortie. MAUDE s'arrête en chemin.)


[MAUDE:] Bon, OK.

Je vais te redonner

la documentation.

Tiens.

(MAUDE donne ses notes à MARC-OLIVIER.)


[MARC-OLIVIER:] Merci.
[MAUDE:] Est-ce que je pourrais avoir

une petite minute, toute seule?


[MARC-OLIVIER:] Oui, oui.

(MARC-OLIVIER sort du local. MAUDE sort le modèle de squelette du « relaxorium » et pose les souliers de MÉLANIE sur les os du bassin. À ce moment-là, MADAME PRÉFONTAINE entre.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Maude?
[MAUDE:] Mme Préfontaine?
[MADAME PRÉFONTAINE:] Lorsque

je t'ai vue entrer dans le local,

j'ai hésité, puis, euh...


[MAUDE:] Oui?
[MADAME PRÉFONTAINE:] Je voulais te parler.

Maude,

j'ai écrit un roman jeunesse

et j'aimerais ça que tu le lises

pour me donner ton avis

avant de l'envoyer à des éditeurs.


MAUDE (surprise)

Wow!

Vous avez écrit

un roman jeunesse?

Vous?


[MADAME PRÉFONTAINE:] Oui, oui! Moi.

Mais si ça te tente pas,

c'est pas grave.

T'as juste à me le dire.


[MAUDE:] Non, c'est beau.

Je vais le lire.


[MADAME PRÉFONTAINE:] Tu sais,

j'ai toujours une grande confiance

en ton jugement

qui est bien supérieur

à ceux des jeunes de ton âge.

Tiens.

(MADAME PRÉFONTAINE donne son manuscrit à MAUDE.)


[MADAME PRÉFONTAINE:] Merci beaucoup!

(MADAME PRÉFONTAINE sort du local, souriante. MAUDE se met à feuilleter le manuscrit. Plus tard ce jour-là, chez les Mazari, SAMI et VINCENT pratiquent leur exposé oral avec SAAD.)


[SAMI:] Là, la ligne se défait,

les alliers foncent

et les défenseurs freinent.


[VINCENT:] Et tous les joueurs retournent

à leur point de départ.


[SAAD:] T'as appris tout ça hier soir?
[VINCENT:] Ouais.
[SAAD:] Le « tsunami inversé »?

J'avais jamais entendu parler de ça.

Ça va être vraiment bon,

votre exposé

(FATIMA vient s'asseoir à table avec eux.)


[VINCENT:] Attendez que je vous explique

le « canard qui jappe ».


[SAAD:] Le canard quoi?

(FATIMA rit.)


[SAAD:] Pas vrai!
[VINCENT:] Non, lui, je l'ai inventé.
[SAMI:] Ça va être l'exposé

du siècle!


[VINCENT:] Merci beaucoup, Mme Mazari,

pour les baklavas.


[FATIMA:] Ils sont à votre goût?
[SAAD:] Magnifiques, Fattouma!

Je renonce à jamais

aux baklavas de ma mère.

Vive les baklavas égyptiens!


[FATIMA:] Tu les as pas reconnus?

J'ai appelé ta mère.

Je lui ai demandé sa recette.

C'est ce que tu manges.


[SAMI:] Oh, oh!

Je vais l'appeler!


[SAAD:] Non, non!
[FATIMA:] Oui, oui!

(SAMI, SAAD et FATIMA se lèvent tous pour se ruer sur le téléphone.)


[SAAD:] T'appelles pas ta grand-mère!

Non, non!

Non, non, non!

(VINCENT reste à table et mange des baklavas.)


[VINCENT:] Mmm!

(Générique de fermeture)

(Fin émission)

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