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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent et Sami, vivent leurs premiers moments au secondaire. Ensemble, ils tentent d'apprivoiser cet univers inconnu, mais débordant de promesses... et d'inquiétudes!

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L'exclusion

Victime d’intimidation, Vincent décide de ne pas aller à l’école sans le dire à personne. Maude a toutes les difficultés du monde à exploiter convenablement les talents de journaliste de Félicie.



Réalisateur: Sylvain Roy
Acteurs: Josquin Beauchemin, Normand D'Amour, Julie Djiézion, Alice Morel-Michaud, Robert Naylor, Antoine Olivier Pilon, Marie Turgeon
Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION

[Début information à l'écran]

L'exclusion

[Fin information à l'écran]

Début générique d'ouverture

Fin du générique d'ouverture

Dans la cuisine des Beaucage, MARIE brasse une sauce à spaghetti sur le feu en regardant son iPhone. Appuyé au comptoir, FRANCIS regarde aussi son iPhone.


[MARIE:] Puis, mon grand,

l'école, ça va bien?


[FRANCIS:] Oui, super.
[MARIE:] Bon, c'est le fun.

Tant mieux.

C'est le fun quand tout va bien.

(JULIEN descend du premier étage et entre dans la cuisine.)


JULIEN (Fâché)

Là, ça va pas bien.


[MARIE:] Qu'est-ce

qui se passe encore?


[JULIEN:] Vincent m'empêche

d'entrer dans ma chambre.

Il a barré la porte.

Je suis tanné.

J'ai envie d'avoir

ma chambre juste à moi.

T'sais, comme avant.


[MARIE:] Tu le sais

que c'est pas possible

mon loup.


[FRANCIS:] Sans parler

de la salle de bain

qui est aussi full

que le Centre Bell

pendant un match des Canadiens.

J'arrête pas de dire

qu'on manque de place ici.


[MARIE:] Je sais. Justement,

je travaille là-dessus.

(MARIE donne sa cuillère à mélanger à FRANCIS.)


[MARIE:] Brasse la sauce

pendant que je vais parler

à ton frère.


[FRANCIS:] Je suis occupé, là.
[MARIE:] Mets ton jeu

sur pause. OK?

(MARIE se dirige vers l'escalier.)


MARIE (Criant)

Vincent!

Laisse ton frère entrer

dans sa chambre, s'il te plaît.


[FRANCIS:] Je dois aller

aux toilettes.


[MARIE:] Bien, vas-y!

(MARIE va reprendre sa cuillère, FRANCIS monte à l'étage.)


[MARIE:] Bon, qu'est-ce

que ça goûte ça?

(MARIE goûte sa sauce. JULIEN redescend.)


[MARIE:] Ça manque de sel.
[JULIEN:] Ça marche pas.

Il veut pas me laisser entrer.

(MARIE prend la boîte de sel et commence à en verser dans la casserole.)


MARIE (Criant)

Vincent,

s'il te...

(MARIE ne regarde pas ce qu'elle fait, la boîte de sel est trop ouverte et tout le sel tombe dans sa sauce.)


[MARIE:] Oh, mon Dieu!

Oh, non!

Oh, non! Non, non,

non, non, non, non!

(MARIE panique. Pendant ce temps, VINCENT entre dans la cuisine et s'assoit à table.)


MARIE (S'adressant à JULIEN)

C'est beau. Tu peux y aller

dans ta chambre, mon loup.


[JULIEN:] Oui, mais là,

c'est moi qui ai envie.


MARIE (Criant)

Francis,

fais ça vite, s'il te plaît!


[JULIEN:] Je peux aller en bas?
[MARIE:] Non, la salle de bain

est pas finie au sous-sol.

(JULIEN sort de la cuisine en grognant.)


MARIE (S'adressant à VINCENT)

On va manger

ça sera pas long, mon loup.

(VINCENT est assis avec la tête appuyée sur ses bras croisés.)


[VINCENT:] Pas grave.

J'ai pas faim.


MARIE (Soucieuse)

Comment ça t'as pas faim?

Tu as presque pas touché

à ton lunch à midi.


VINCENT (Perdant patience)

J'ai pas faim. C'est tout!

(VINCENT se lève et sort de la cuisine.)


[MARIE:] Voyons, Vincent!
[JULIEN:] Maman!

Francis me laisse pas

entrer aux toilettes!


MARIE (Criant)

Francis!

(MARIE goûte sa sauce et fait la grimace. JULIEN entre dans la salle de bain. MARIE entend FRANCIS et JULIEN se chicaner dans la salle de bain.)


[JULIEN:] Eille, t'as pas

le droit de faire ça.


[FRANCIS:] Tasse-toi.

T'es fatigant!


[JULIEN:] Maman!
[MARIE:] Les gars!

Si on mange de la pizza ce soir,

c'est correct? Ça vous tente?

(JULIEN sort précipitamment de la salle de bain.)


[JULIEN:] Oh, oui, oui, oui!

Moi, moi, moi!

(Pendant ce temps, à l'école, MAUDE parle au téléphone dans le local du journal.)


MAUDE (Parlant au téléphone)

Écoute, Mélanie, je comprends,

sauf que je suis pas sûre

que ça intéresse quelqu'un,

un article sur la pointure

des souliers de Rachid Badouri,

Marie-Mai ou Yan England.

En plus, Félicie m'a proposé

un article vraiment écoeurant.

Je suis désolée.

(MAUDE raccroche rapidement. MAUDE se met au travail à l'ordinateur. FÉLICIE entre dans le local.)


[FÉLICIE:] Tu fais quoi?
[MAUDE:] Hé!

Je cherchais ton article,

justement.


[FÉLICIE:] Bien, c'est pour ça

que je suis là.


[MAUDE:] Hmm, dis-moi pas

que ton chien l'a mangé.


[FÉLICIE:] Non, mon père s'est

acheté un nouveau rasoir

et il voulait que je lise

les instructions.

Il trouvait pas ses lunettes.


[MAUDE:] Je pense que j'aimais

mieux l'histoire du chien.


[FÉLICIE:] Oui, mais les instructions

étaient en anglais.


[MAUDE:] Ah, bien oui, je comprends.

(MAUDE roule des yeux.)


[MAUDE:] Écoute, c'est correct,

mais si j'ai pas ton article bientôt,

je vais être obligée

de prendre celui de Mélanie.


[FÉLICIE:] J'ai quasiment fini.
[MAUDE:] Tant mieux.

Il te manque quoi?

Je peux peut-être t'aider.


[FÉLICIE:] Ah, bien, euh...

(Mal-à-l'aise)

Le sujet.


[MAUDE:] Bon, si tu restes

une petite demi-heure avec moi,

je vais t'aider.


[FÉLICIE:] Tu ferais ça? Super!
[MAUDE:] Bien oui, c'est aussi

à ça que ça sert,

une bonne rédactrice en chef.

Donne-moi une petite seconde.

Il faut juste

que je ferme ce texte-là...

(MAUDE ferme ce qu'elle faisait sur l'ordinateur. Au même moment, FÉLICIE reçoit un texto de BENJAMIN disant : « Viens tout de suite. La patinoire est gratiss. » MAUDE se lève.)


[MAUDE:] Bon. OK!

(MAUDE attend que FÉLICIE s'assoit. FÉLICIE ne réagit pas.)


[MAUDE:] Grouille.

Il me reste plein

de choses à faire, moi.

(FÉLICIE s'assoit à l'ordinateur à contrecoeur en regardant son téléphone. Plus tard, chez les Beaucage, FRANCIS et JULIEN jouent aux jeux vidéos, chacun devant un écran d'ordinateur.)


[FRANCIS:] Comment t'as

fait ça?

(VINCENT entre.)


[VINCENT:] Je me prends

contre le gagnant.


[FRANCIS:] Tu vas jouer

contre moi parce que je vais

planter Julien.

(Un signal se fait entendre à l'écran.)


[JULIEN:] Ouais, j'ai gagné!
[FRANCIS:] C'est pas juste.

On recommence.

Let's go!


[JULIEN:] Tant pis pour toi

si tu perds.


[VINCENT:] J'ai dit

que je me prenais

contre le gagnant.

(VINCENT met ses mains devant les écrans.)


[FRANCIS:] Tasse-toi,

t'es fatigant!


[JULIEN:] Arrête!
[VINCENT:] Moi aussi,

j'ai le droit de jouer.


[FRANCIS:] C'est moi qui joue.

Tasse-toi!


[JULIEN:] Vincent arrête!

Maman!

(VINCENT donne un coup sur l'écran de l'ordinateur de FRANCIS. L'ordinateur se ferme.)


[VINCENT:] Essayez donc

de la finir votre partie, là.

(VINCENT sort de la chambre. JULIEN et FRANCIS se regardent, perplexes. Entre temps, à l'école, MAUDE aide FÉLICIE à trouver un sujet d'article.)


[MAUDE:] OK, on va

trouver un autre sujet,

mais là, c'est le dernier.

Ça fait six qui t'intéressent pas.

(MAUDE se met à faire les cent pas à côté de FÉLICIE. FÉLICIE essaie de texter discrètement BENJAMIN pendant que MAUDE ne regarde pas.)


[MAUDE:] Pensons, pensons,

pensons, pensons,

pensons, pensons!

(MAUDE se retourne tout à coup vers FÉLICIE.)


[MAUDE:] Oh, je l'ai!

(MAUDE voit que FÉLICIE est en train de texter.)


[MAUDE:] Qu'est-ce

que tu fais?

(FÉLICIE se dépêche de retourner son téléphone.)


[FÉLICIE:] Hein? Rien.

(MAUDE prend le téléphone de FÉLICIE et lit le texto que FÉLICIE écrivait à BENJAMIN.)


MAUDE (Lisant le texto)

« J'essaie de me libérer. »

Tu veux te libérer

pour quoi, là?


[FÉLICIE:] Bon, écoute.

Peu importe le sujet

que tu choisis,

je te promets que je vais

le faire ce soir.

Mais là, Benjamin

vient de m'écrire

qu'on peut avoir

la patinoire gratuitement.

Mais on doit y aller

tout de suite.


[MAUDE:] Et ton article?
[FÉLICIE:] Tu vas l'avoir.

Je suis super inspirée

après une partie de hockey.

C'est quoi le sujet?


[MAUDE:] Dix trucs et conseils

pour les gars

qui veulent plaire aux filles.


FÉLICIE (Déçue)

Quoi?

(MAUDE regarde FÉLICIE d'un air outré. FÉLICIE fait un grand sourire.)


[FÉLICIE:] Super facile!

(FÉLICIE met son sac sur son dos.)


[MAUDE:] Mais tu t'en

vas pas, là.


[FÉLICIE:] Je te dis

que ça va être super facile.

Pense à tous les beaux gars

qui vont m'inspirer au hockey.

(FÉLICIE se dirige vers la sortie.)


[MAUDE:] Tu t'en vas pas, là?
[FÉLICIE:] Tu vas l'avoir

le plus vite possible.

Demain matin maximum.

C'est pas beau, ça?

(FÉLICIE sort du local.)


[MAUDE:] Tu t'en vas pas,

là, Fé...

(Déçue)

Bien oui, tu t'en vas.

(Au même moment, chez les Beaucage, VINCENT écoute de la musique sur son lit. VINCENT reçoit un texto de FÉLICIE disant : « On a la patinoire gratis! Yé! Je t'attends! » VINCENT repose son téléphone, sans réagir. MARIE entre dans la chambre de VINCENT et s'assoit sur son lit.)


[MARIE:] Ça va?
[VINCENT:] Oui, ça va.
[MARIE:] Tant mieux

parce que l'ordi, lui,

il va pas très bien.


[VINCENT:] Il est pas brisé.

C'est juste leur game qui

est perdue.


[MARIE:] Je sais.

Ça me dérange pas.

C'est juste que l'ordi veut

te donner un deux minutes de punition

pour rudesse.

Tu sais que...

je suis pas pour ça,

la violence, hein?


[VINCENT:] Je le sais.

On peut parler d'autre chose?


[MARIE:] OK. L'école, ça va?

VINCENT (Tanné)

Oui!
[MARIE:] C'est juste que depuis...

la bagarre avec l'autre gars

de St-Placide,

bien je...

je m'inquiète pour toi.


[VINCENT:] On peut parler

d'autre chose?


[MARIE:] OK! On peut pas parler

de l'ordi, de l'école...

On peut parler

des écureuils volants?


[VINCENT:] C'est pas ça.

C'est juste qu'il y a

pas moyen d'être seul.

Quand c'est pas Julien,

c'est toi qui es dans ma chambre.


[MARIE:] Je le sais.

Je cherche une solution, aussi.

Mais là, je sais pas

si je peux t'en parler.

(Parlant doucement)

Vincent, tu me le dirais

si ça allait pas, hein?


[VINCENT:] Pourquoi ça irait pas?
[MARIE:] OK. C'est beau,

je te laisse tranquille.

Mais avant,

il faut que je te dise

quelque chose

de très important.


VINCENT (Soupirant)

Quoi?
[MARIE:] Je t'aime.

La pizza est arrivée.

Viens donc manger.

Allez!

(MARIE sort de la chambre. VINCENT reste assis sur son lit. Le lendemain matin, à l'école, FÉLICIE est dans le local du journal et téléphone quelqu'un.)


FÉLICIE (Parlant au téléphone)

Je le sais qu'il est 7 h 30,

mais j'ai vraiment besoin

de ton aide.

Je dois écrire un article.

Quoi?

Dix trucs et conseils

pour les gars

qui veulent plaire aux filles.

Non, j'ai pas commencé encore.

(MAUDE entre dans le local à cet instant.)


FÉLICIE (Parlant au téléphone)

Je te laisse. Je dois remettre

mon texte à Maude.

Bye!

(FÉLICIE raccroche.)


FÉLICIE (Mal-à-l'aise)

T'es... t'es déjà là?


[MAUDE:] Hmm hmm.

FÉLICIE (Hésitante)

C'est... le fun.


[MAUDE:] C'est le fun certain.

J'étais convaincue que t'allais

pas me remettre ton texte

et que tu allais inventer

une autre excuse abracadabrante.


[FÉLICIE:] Quoi? Moi...

Non, je t'ai dit

que je le ferais et, euh...

je l'ai fait.

(MAUDE tend la main.)


[FÉLICIE:] Quoi?
[MAUDE:] Bien, comme ton texte était

pas dans ma boîte de courriel,

j'imagine qu'il est

sur une clé USB.


[FÉLICIE:] Bien... c'est sûr.
[MAUDE:] Puis?
[FÉLICIE:] Puis quoi?
[MAUDE:] La clé.
[FÉLICIE:] Ah, ma clé!

(FÉLICIE prend une clé USB dans son sac et la donne à MAUDE.)


[FÉLICIE:] Tiens, euh... bye!

(FÉLICIE se lève et se prépare à partir.)


[MAUDE:] Non, non, non!

Je vais juste vérifier

que tout est correct.

(FÉLICIE attend. MAUDE ouvre la clé dans l'ordinateur et regarde l'écran. MAUDE regarde FÉLICIE d'un air perplexe.)


[MAUDE:] C'est quoi, ça?

(Chez les Beaucage, FRANCIS donne une feuille à MARIE.)


[FRANCIS:] Peux-tu signer ça,

s'il te plaît?


[MARIE:] Pourquoi tu m'as pas

donné ça hier?

On va être en retard!


[FRANCIS:] Ça m'a un peu

sorti de la tête

après que l'ordinateur

a explosé.

(FRANCIS regarde VINCENT, assis à table, d'un air accusateur.)


[MARIE:] Bon, bon, bon!

Il a pas explosé.

Il est bien correct.

Il avait besoin

d'une bonne nuit de sommeil.

(MARIE signe la feuille et la redonne à FRANCIS.)


[MARIE:] Tiens. On y va,

maintenant.


[FRANCIS:] Il faut juste

que j'aille à la toilette.

(FRANCIS sort de la cuisine.)


[MARIE:] Dépêche-toi!

(VINCENT range ses choses dans son sac à dos très lentement en restant assis à la table.)


[MARIE:] Tu pètes le feu,

toi, ce matin!

(VINCENT regarde MARIE sans répondre.)


[MARIE:] OK, j'ai rien dit.

(JULIEN va se mettre devant la porte de la salle de bain.)


[JULIEN:] Francis, dépêche!
[MARIE:] Ben voyons Julien!

As-tu synchronisé ta vessie

avec celle de ton frère?

(À cet instant, JACQUES entre dans la maison.)


[JACQUES:] Salut, les voisins!
[MARIE:] Jacques,

s'il te plaît, jure-moi

que la salle de bain du sous-sol

va être prête bientôt.


[JACQUES:] C'est fini depuis hier.

MARIE (Surprise)

Hein?
[JULIEN:] Yes!

(JULIEN se dirige vers l'escalier du sous-sol.)


[JACQUES:] Quand je dis fini, fini,

c'est pas fini, fini.

Il reste des tuyaux à brancher.

et l'eau est pas

encore arrivée, mais...

(Cherchant JULIEN)

Il est parti où, lui?

(MARIE fait signe à JACQUES que JULIEN est parti en bas. JACQUES descend l'escalier en courant.)


[JACQUES:] Attends!

Attends, non!

(Pendant ce temps, au local du journal, MAUDE, perplexe, lit l'article que FÉLICIE lui a donné. Debout à côté de MAUDE, FÉLICIE attend, nerveuse.)


[MAUDE:] C'est pas un texte

sur comment les gars

font pour plaire aux filles,

c'est un texte sur les pingouins.


[FÉLICIE:] Oui, mais j'ai eu

une super bonne note

pour ce travail-là.

(MAUDE jette un regard noir à FÉLICIE.)


[FÉLICIE:] OK,

j'ai pas eu le temps

de l'écrire, hier.

Je vais venir à midi, OK?

Après tout, on a

jusqu'à ce soir, non?


[MAUDE:] OK. Mais là,

laisse-moi pas tomber.

Je compte sur toi.

Et s'il te plaît, écris pas

un texte sur les outardes

ou les tigres ou les otaries.

(FÉLICIE sort du local en imitant une otarie. MAUDE sourit, peu convaincue. Au même moment, chez les Beaucage, JULIEN remonte du sous-sol.)


[JULIEN:] J'ai tiré la chaîne,

mais ça marchait pas.

(JACQUES arrive derrière JULIEN.)


[JACQUES:] Ouais, je suis arrivé

trop tard.

Je m'en occupe.

Ça sera fini aujourd'hui.


FRANCIS (Sarcastique)

Quand tu veux

dire aujourd'hui,

veux-tu dire aujourd'hui?


[MARIE:] Bon, on y va.

On se croise les doigts.

Ce soir, ça se peut que j'aie

une bonne nouvelle pour nous.


[JULIEN:] C'est quoi,

c'est quoi, c'est quoi?


[FRANCIS:] Une toilette

qui fonctionne?


[JACQUES:] Le comique,

envoye à l'école.


[MARIE:] Allez, on y va.
[JULIEN:] S'il vous plaît!
[MARIE:] C'est une surprise.

Go!

Viens, mon loup.

(FRANCIS, MARIE et JULIEN sortent de la cuisine. VINCENT traîne derrière.)


MARIE (S'adressant à VINCENT)

Viens-t'en, mon grand.

(VINCENT sort de la cuisine très lentement en traînant son sac à dos derrière lui, la tête basse. Un peu plus tard, à l'école, FRANCIS entre dans le local du journal où se trouve FÉLICIE.)


[FRANCIS:] Tu voulais me voir?
[FÉLICIE:] Oui, je voulais savoir

si Vincent avait un problème

avec son téléphone.

J'ai envoyé un texto hier.

On avait la patinoire gratis.


[FRANCIS:] Je veux pas

parler pour lui,

mais je pense pas que Vincent

feelait beaucoup pour jouer.


[FÉLICIE:] Comment ça?
[FRANCIS:] Disons

que la rondelle roulait

pas trop pour lui, hier.


[FÉLICIE:] Moi non plus,

la rondelle roule pas trop

pour moi.

Si je finis pas mon texte

aujourd'hui,

Maude va devoir publier

celui de Mélanie.

Elle me le pardonnera jamais.


[FRANCIS:] C'est quoi le sujet?
[FÉLICIE:] Dix trucs et conseils

pour plaire à une fille.

(FRANCIS s'approche de l'ordinateur de FÉLICIE et regarde ce qu'elle a écrit.)


[FRANCIS:] Mesurer 1 m 70?

C'est tout ce que tu as trouvé?


FÉLICIE (Découragée)

Je sais pas

ce que ça prend

pour plaire à une fille.

J'ai jamais essayé

de plaire à une fille.

(FÉLICIE regarde FRANCIS en souriant.)


[FÉLICIE:] Mais toi, par exemple...

FRANCIS (Mal-à-l'aise)

Quoi, moi?


[FÉLICIE:] Tu dois savoir

ce que ça prend

pour plaire à une fille.


[FRANCIS:] Pourquoi, moi?
[FÉLICIE:] Bien, t'es un gars, non?
[FRANCIS:] Bien oui, mais...
[FÉLICIE:] Ça fait que...
[FRANCIS:] OK, bien, euh...

(Plus tard ce jour-là, VINCENT ouvre doucement la porte de chez lui et entre la tête à l'intérieur.)


[VINCENT:] Allô?

(Personne ne répond. VINCENT entre et pose son sac à dos sur la table.)


JACQUES (Criant du sous-sol)

Allô?

Allô?

(VINCENT veut ressortir mais il a laissé son sac à dos sur la table. VINCENT retourne chercher son sac mais a seulement le temps de se cacher sous la table avant que JACQUES n'entre dans la cuisine. JACQUES voit que la porte de la maison est ouverte. JACQUES prend la moppe pour se protéger et s'avance dans la cuisine.)


[JACQUES:] Il y a quelqu'un?

Je vous avertis, je suis armé.

(VINCENT sort de sous la table.)


[VINCENT:] OK, c'est beau.

Tire pas. C'est moi.


JACQUES (Surpris)

Vincent?

Qu'est-ce que tu fais là?

T'es pas à l'école?

(Dans le local du journal, FRANCIS essaie d'aider FÉLICIE avec son article.)


[FRANCIS:] OK, bien,

il faut être... gentil,

intelligent,

avoir des intérêts

dans la science...

(FÉLICIE, qui écrivait ce que disait FRANCIS, s'arrête brusquement et regarde FRANCIS.)


[FÉLICIE:] Eille, c'est toi

que tu décris, là.


[FRANCIS:] Non, je fais juste

donner des exemples.

Est-ce que ça veut dire

que tu me trouves

gentil et intelligent?


[FÉLICIE:] Eille, c'est pas la question.

Et si c'est ce que ça prend

pour plaire à une fille,

pourquoi tu ne pognes pas,

d'abord?

(FÉLICIE se rend compte trop tard qu'elle a dit quelque chose de pas très gentil. FÉLICIE baisse les yeux au sol.)


[FRANCIS:] OK, je vais y aller, moi.

(FRANCIS se dirige vers la sortie du local.)


[FÉLICIE:] Ah, c'est pas ce que

je voulais dire. Je m'excuse!

J'ai vraiment

besoin de ton aide.


[FRANCIS:] OK.

(FRANCIS reste et sort son téléphone.)


[FRANCIS:] Regarde,

tu as juste à entrer

le mot « amour » dans

un moteur de recherche, et voilà.

« La chimie de l'amour. »

(FRANCIS montre le résultat de sa recherche sur son téléphone à FÉLICIE.)


[FÉLICIE:] Eille, c'est cool.

C'est vrai

que tu es gentil et intelligent.


FRANCIS (Gêné)

Bien là, non...

OK, euh...

(Lisant sur son téléphone)

« La chimie de l'amour.

On ressent de l'attirance

quand la dopamine em... »


[FÉLICIE:] Attends. Pas trop vite.
[FRANCIS:] OK.

(Lisant très lentement)

« La chimie de l'amour... »

(FRANCIS rit.)


[FÉLICIE:] OK, OK.

Si tu veux plaire à une fille,

ne parle plus jamais comme ça.


FRANCIS (Lentement)

OK.

(FÉLICIE et FRANCIS rient. Un peu plus tard, FÉLICIE va retrouver MAUDE à son casier.)


[FÉLICIE:] Pis? C'est pas un article

sur des trucs ou des conseils

pour plaire

à un dauphin, hein?


MAUDE (Peu convaincue)

Non, vraiment pas.


[FÉLICIE:] J'ai travaillé fort

là-dessus.


[MAUDE:] Oui...

(MAUDE sort son téléphone et lit l'article de FÉLICIE.)


[MAUDE:] « Pendant que le cerveau

sécrète de la dopamine,

la fille ressent du bonheur

et la noradrénaline

active le plaisir. »


[FÉLICIE:] Je pensais

que t'aimerais ça.

C'est la chimie de l'amour.


[MAUDE:] Je t'ai juste

demandé un texte,

pas un cours de science.


FÉLICIE (Fâchée)

T'es jamais

contente, toi.


[MAUDE:] Félicie,

c'est un cours de chimie.

As-tu un texte

sur comment les arbres font

pour tomber enceintes,

tant qu'à ça?


[FÉLICIE:] Bien là, décide.

Veux-tu un texte

sur des conseils pour les filles

ou un sur les arbres

qui tombent enceintes?


[MAUDE:] Félicie, les arbres

ne peuvent pas tomber enceintes.

Ça s'appelle du sarcasme.


[FÉLICIE:] Je le sais

que ça peut pas tomber enceinte.

On appelle ça du super sarcasme.


[MAUDE:] Bon, je suis désolée,

mais on peut pas publier ça.


[FÉLICIE:] Moi aussi,

je suis désolée.

Je lâche le journal.


[MAUDE:] Non, Félicie,

on va arranger ça, OK?


[FÉLICIE:] Désolée, je lâche.

T'écriras un article

sur la chimie de la rédactrice

qui est jamais contente.

Salut.

(FÉLICIE part. Au même moment, chez les Beaucage, JACQUES et VINCENT parlent dans la cuisine.)


[JACQUES:] Non, Vincent,

j'ai pas le choix.

Je dois appeler tes parents.


VINCENT (Suppliant)

S'il te plaît, Jacques!

Sois cool!


[JACQUES:] As-tu une raison valable

pour manquer l'école?

Une grippe?

Une attaque de zombies,

une attaque de zombies

qui ont la grippe?


[VINCENT:] Je veux pas

en parler à personne.

(Le téléphone sonne. JACQUES regarde l'afficheur.)


[JACQUES:] Ah, Collège St-Placide.

C'est l'école, ça?


[VINCENT:] Réponds pas,

s'il te plaît!


[JACQUES:] Je dois répondre.

C'est moi, l'adulte responsable.

(Répondant au téléphone)

Oui, allô?

Oui, vous êtes bien

chez les Beaucage.

Non, non, non. Non,

je ne suis pas son père. Je...

Je garde...

je suis le voisin.

(Mal-à-l'aise)

Euh, Vincent, Vincent, bien,

euh... il a une indigestion.

(VINCENT sourit à JACQUES.)


[JACQUES:] Oui, oui,

une indigestion.

Oui, il va falloir

que je change ma recette de...

sandwich au bacon.

(VINCENT regarde JACQUES d'un air perplexe. JACQUES hausse les épaules.)


[JACQUES:] OK, merci.

Bonjour.

(JACQUES raccroche. VINCENT rit.)


[JACQUES:] Oh, j'ai eu un blanc,

une bulle.

C'était mauvais, ça,

sandwich au bacon.


[VINCENT:] Merci.
[JACQUES:] Merci? C'est tout?

Non, Mister.

Là, je viens

de te sauver les fesses.

Je veux que tu me promettes

que tu vas parler à tes parents.

Promis?

(VINCENT baisse la tête.)


[VINCENT:] Promis.
[JACQUES:] Et aujourd'hui.

Promis?


VINCENT (À contrecoeur)

Ouais, je le promets.


[JACQUES:] Et quand je dis

aujourd'hui,

ça veut dire aujourd'hui,

aujourd'hui.

(JACQUES sort de la cuisine.)


JACQUES (Parlant à lui-même)

Sandwich au bacon...

(Pendant ce temps, à l'école, MAUDE court derrière FÉLICIE dans le couloir.)


[MAUDE:] Félicie, attends!

FÉLICIE (Sarcastique)

Excuse,

j'ai pas juste ça à faire.

Je dois préparer un article

sur comment les arbres font

pour allaiter leurs bébés.


[MAUDE:] Je m'excuse.

Je sais que tu as travaillé fort.


[FÉLICIE:] Pas grave.

De toute façon, le journal,

c'est comme ma perruche Boubou.

C'est mort et c'est enterré.


[MAUDE:] Ta perruche est morte?
[FÉLICIE:] Oui, donc t'aurais pas dû

me faire de la peine comme ça.


[MAUDE:] Je m'excuse.

Je savais pas.

Ça fait longtemps?


[FÉLICIE:] Bien, j'avais 6 ans.

(MAUDE lève les yeux au ciel.)


[FÉLICIE:] Quoi, ça me fait

encore quelque chose, t'sais.


[MAUDE:] Félicie, j'ai vraiment

besoin de toi.

Ça me tente pas de publier

le texte de Mélanie.

Ça parle

de pointures de souliers de vedettes,

imagine.


[FÉLICIE:] Oublie ça.

(FÉLICIE part. MAUDE essaie de retenir FÉLICIE.)


[MAUDE:] OK, j'oublie ça,

sauf que je suis déçue.

La Félicie que je connais,

celle que j'ai vue jouer au hockey,

elle a pas l'habitude de laisser

tomber ses coéquipiers

quand il reste

une minute au match

et que son équipe perd

par un point.

(FÉLICIE part quand même, laissant MAUDE déçue. Plus tard, chez les Beaucage, VINCENT est assis dans sa chambre. MARIE entre.)


[MARIE:] Allô.

Jacques m'a dit

que tu voulais me parler.


[VINCENT:] Je suis pas allé

à l'école, aujourd'hui.

(MARIE s'assoit à côté de VINCENT.)


[MARIE:] Je le savais

que ça allait pas, toi.


[VINCENT:] Je ne veux plus jamais

aller à cette école-là, maman.


[MARIE:] OK, OK. C'est correct.

(MARIE regarde VINCENT et s'approche.)


[MARIE:] Ça va aller.

Regarde-moi.

C'est correct.

Tu t'es pas

encore battu, toujours?


[VINCENT:] Non.
[MARIE:] Qu'est-ce

qui s'est passé?

(On fait un saut dans le temps et on se retrouve dans le vestiaire d'hockey de Saint-Placide. VINCENT entre avec son sac d'hockey et va s'asseoir. VINCENT tend la main à un coéquipier qui l'ignore. Un autre coéquipier vient prendre le sac de VINCENT et le jette au milieu du vestiaire. VINCENT se lève.)


[VINCENT:] C'est quoi ton problème,

Thivierge?


[THIVIERGE:] C'est toi,

mon problème, « Beau cave ».

(Les autres joueurs rient.)


[VINCENT:] On s'est pognés, OK,

mais ça arrive dans

les meilleures équipes.


[THIVIERGE:] Équipe?

Quelle équipe?

Tu ne fais

plus partie de l'équipe.


[VINCENT:] Ah, oui?

Et comment tu vas faire ça?

T'es rendu coach?


[THIVIERGE:] T'as raison.

Je peux pas te mettre

dehors de l'équipe...

mais je peux te mettre dehors

des vestiaires, par exemple.

Si tu veux mettre

ton équipement,

tu vas aller le mettre ailleurs.


[VINCENT:] C'est pas parce que

tu ne veux plus de moi

que je vais sortir, Thivierge.


[THIVIERGE:] C'est parce qu'il y a

pas juste moi, Beaucage.

Hein, les boys?


[EN CHOEUR:] Ouais.
[VINCENT:] Bien là, dites

quelque chose.

(VINCENT regarde les autres joueurs. Personne ne répond.)


[THIVIERGE:] Dégage!

(VINCENT prend ses choses et sort.)


[THIVIERGE:] Maintenant qu'on est

débarrassés, habillez-vous.

C'est une grosse game.

(VINCENT finit de raconter le conflit à sa mère.)


[MARIE:] L'entraîneur t'a rien dit

quand il l'a su?


[VINCENT:] Ils ont dit

que c'est moi

qui ne voulais plus être

dans les vestiaires avec eux.

Je ne sais plus quoi faire.

(MARIE prend le visage de VINCENT dans ses mains.)


[MARIE:] Regarde-moi.

Tu peux tout me dire.

Tu le sais, ça, hein?

Même un adulte

aurait eu de la peine

avec ce que tu viens

de me raconter.

C'est violent.


[VINCENT:] Bien là, violent...

Thivierge m'a à peine touché.


[MARIE:] Les paroles de Thivierge

peuvent faire aussi mal

que les coups qu'il t'a donnés

l'autre fois.


[VINCENT:] Si je te dis

que je ne veux plus y aller?


[MARIE:] Bien, là...

En premier de la bagarre,

là, de l'intimidation?

Non, bien non.

St-Placide, c'est fini,

mon loup.

Tu vas retourner

à Victoire-Desmarais.


[VINCENT:] J'ai pas l'air

d'un loser?


MARIE (Riant)

Un loser?

Eille, c'est pas eux

qui te mettent

à la porte de l'équipe,

c'est toi qui pars.

Eux autres, là,

ils te méritent pas.


[VINCENT:] T'as raison.
[MARIE:] C'est pas grave

si tu joues pas avec St-Placide.

Tu es dans

une bien meilleure équipe.

Tu es dans une équipe

qui t'abandonnera jamais.

(MARIE montre son poing à VINCENT pour qu'il le frappe avec son poing. VINCENT frappe sans conviction.)


[VINCENT:] Grosse équipe!

On est juste deux.

(FRANCIS entre dans la chambre.)


[FRANCIS:] C'est quoi, ça,

la grosse équipe?

(JULIEN, qui était caché derrière son lit, lève la tête.)


[JULIEN:] L'équipe Beaucage!

MARIE (Surprise)

T'étais là toi?
[JULIEN:] Oui, et moi non plus,

je veux pas aller à l'école.


FRANCIS (Confus)

Attends.

Qui ne va plus à l'école?


[JULIEN:] Vincent a reçu

un coup de poing

avec une parole et il a

même pas été touché.


FRANCIS (Encore plus confus)

Quoi?

(MARIE se lève.)


[MARIE:] Laisse faire.

Je te raconterai ça tantôt.

Là, c'est à mon tour.

J'ai une grande nouvelle

à annoncer.


[VINCENT:] Peux-tu attendre

avant de l'annoncer?

J'ai quelque chose

d'important à régler.


[MARIE:] Maintenant?

Ça peut pas attendre?


[VINCENT:] Non, ça peut pas.

(VINCENT sort de sa chambre, laissant MARIE, FRANCIS et JULIEN perplexes. Entre temps, au local du journal, MAUDE téléphone à MÉLANIE.)


MAUDE (Parlant au téléphone)

Mélanie!

À propos de ton article

sur la pointure

des chaussures de vedettes...

(FÉLICIE entre dans le local mais MAUDE ne la voit pas.)


MAUDE (Parlant au téléphone)

Je sais. J'ai refusé tantôt,

mais là, c'est parce que...

(FÉLICIE tape sur l'épaule de MAUDE.)


[FÉLICIE:] Qu'est-ce que

tu dirais

si j'essayais de compter

un but pour mon équipe?


MAUDE (Parlant au téléphone)

Attends une petite seconde.

(S'adressant à FÉLICIE)

Tu reviens?


[FÉLICIE:] Si tu préfères

demander à Mélanie...


[MAUDE:] Non, je suis

tellement contente que tu sois là.

(Parlant au téléphone)

Euh, je te rappelle.

(MAUDE raccroche le téléphone.)


[MAUDE:] Bon, vas-y!

Ton équipe a vraiment besoin de toi.


[FÉLICIE:] OK.

(FÉLICIE se dirige vers son bureau.)


[MAUDE:] Moi, je vais finir

de corriger les trois derniers textes.

(FÉLICIE s'assoit devant son ordinateur mais n'écrit pas. MAUDE la regarde et lui fait un pouce en l'air. FÉLICIE fait un sourire forcé.)


[FÉLICIE:] Je suis pas capable, là.

Je suis juste pas capable.

(MAUDE se lève et va voir FÉLICIE.)


[MAUDE:] Oui, Félicie,

t'es capable!

Comme au hockey, hein?

Ferme les yeux...

(FÉLICIE ferme les yeux.)


[MAUDE:] … et imagine un match.

Vise le filet et...

(FÉLICIE ouvre les yeux.)


[FÉLICIE:] Je vois juste

un filet de poisson.


[MAUDE:] OK.

Dis-moi comment ça serait

si c'était un match de hockey.

(FÉLICIE ferme les yeux à nouveau.)


[FÉLICIE:] Ouais, je me souviens

mon premier match.

Je voulais tellement leur prouver, là.

Comme un volcan qui explose,

j'ai sauté sur la rondelle

à la mise au jeu.

Je patinais tellement vite

que je pensais

que la glace fondait.

J'ai fait une feinte,

le gardien s'est couché sur la glace.

Et c'est le but! Ouais!

(FÉLICIE ouvre les yeux.)


[MAUDE:] Oh, wow!

Je sais. Tu vas être

ma spécialiste du sport.


[FÉLICIE:] Qu'est-ce que

tu veux dire?


MAUDE (Enthousiaste)

À chaque édition du journal,

tu vas écrire sur un sport

comme le hockey.

OK?


FÉLICIE (Incertaine)

OK...

(FÉLICIE comprend tout à coup et sourit.)


FÉLICIE (Enthousiaste)

OK!
[MAUDE:] Pour ton premier article,

j'aimerais ça

que tu me racontes ton premier match.

Bien, si tu veux.


[FÉLICIE:] C'est sûr.

(Pointant sa tête)

Le texte est déjà tout là.

Mais le texte sur les trucs

pour plaire à une fille?


[MAUDE:] Tu sais quoi?

Je connais la fille parfaite

pour écrire ça.


[EN CHOEUR:] Mélanie!

(MAUDE et FÉLICIE se tapent dans la main. Chez les Beaucage, JULIEN, FRANCIS et MARIE sont encore dans la chambre de VINCENT.)


[FRANCIS:] Allez, maman,

dis-le c'est quoi, ta surprise.


[JULIEN:] S'il te plaît!
[MARIE:] Je sais pas

si je devrais.

Peut-être qu'on devrait

attendre Vincent

et votre père.

(JULIEN fait semblant de pleurer.)


[JULIEN:] S'il vous plaît,

(JACQUES entre dans la chambre.)


JACQUES (Se moquant de JULIEN)

S'il te plaît, maman,

s'il te plaît...


[MARIE:] OK, d'abord.

Je vous annonce qu'on va

avoir une nouvelle maison.


[FRANCIS:] Hein?
[MARIE:] Yes, sir!

Chacun, vous allez

avoir votre chambre.

Et dans la cour il y a

une super belle piscine creusée.


[JULIEN:] Ouais!
[FRANCIS:] Ouais!

(FRANCIS et JULIEN se tapent dans la main.)


JACQUES (Contrarié)

Félicitations!
[FRANCIS:] Méchante nouvelle, hein?
[JACQUES:] Ouais...
[MARIE:] T'as pas l'air

content pour nous.


[JACQUES:] C'est juste que là,

je venais vous apprendre

que la nouvelle

salle de bain est prête.


MARIE (Contente)

Eille!

FRANCIS (Sarcastique)

C'est bien.

On va t'appeler pour venir

réparer notre piscine.

Au temps que ça te prend,

je pourrai me baigner

quand j'aurai des enfants.

(MARIE et JULIEN rient.)


[JACQUES:] Riez pas,

sinon je vais partir

avec la nouvelle salle de bain.


[MARIE:] Mais vu qu'on déménage

dans un autre quartier,

va falloir changer d'école.


[FRANCIS:] Quoi?
[FRANCIS et JULIEN:] Non!

(Pendant ce temps, VINCENT entre dans le vestiaire de Saint-Placide. Tous les joueurs le regardent.)


[THIVIERGE:] T'as des problèmes

avec tes oreilles, Beaucage?

T'as pas compris ce qu'on

t'a dit la dernière fois?

(VINCENT va chercher son chandail sur son crochet.)


[VINCENT:] T'en fais pas,

j'en ai pas pour longtemps.


[THIVIERGE:] Pas longtemps,

c'est déjà trop longtemps.

(VINCENT tient le chandail de l'équipe de Saint-Placide devant lui.)


[VINCENT:] C'est votre chandail, ça?
[THIVIERGE:] As-tu des problèmes

de vision aussi, Beaucage?


[VINCENT:] Non, mais j'ai

un problème avec votre équipe.

Vous êtes pas une vraie équipe.

Une vraie équipe, ça traite pas

ses coéquipiers comme ça.


[THIVIERGE:] Qu'est-ce que

tu vas faire, encore?

Tu vas chialer?

(Imitant VINCENT)

Ah, mais....

mais dites quelque chose!

(Les autres joueurs rient.)


[VINCENT:] C'est pas vous

qui me mettez dehors,

c'est moi qui vous lâche.

(VINCENT s'approche de THIVIERGE et lui lance son chandail.)


[VINCENT:] Tiens.

(VINCENT sort avec son sac d'hockey.)


THIVIERGE (Criant)

Bien, bon débarras!

Tu trouveras jamais une équipe

aussi bonne que la nôtre.

(VINCENT revient à la porte du vestiaire.)


[VINCENT:] Non. En fait,

j'ai déjà une autre équipe.

Une bien meilleure: équipe Beaucage.

(VINCENT part. Les autres joueurs ne disent rien.)


THIVIERGE (Incertain)

L'équipe Beaucage...

N'importe quoi.

(THIVIERGE lance le chandail de VINCENT par terre d'un geste mal assuré.)

(Générique de fermeture)

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