Image univers TFO 24.7 Image univers TFO 24.7

TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Séropositivité : Vivre avec le VIH

Plus de trente ans après l’apparition de la pandémie du VIH/SIDA, les avancées dans la recherche ont donné un nouvel espoir aux personnes séropositives. Les médicaments antirétroviraux leur permettent de vivre beaucoup plus longtemps, et de jouir d’un quotidien plus au moins “ normal “. Or si la sensibilisation autour du VIH/SIDA a progressé, la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH persiste. Et Toronto – où plus de 440 francophones vivraient avec le VIH/SIDA, selon l’organisme Action positive – ne fait pas figure d’exception.



Réalisateur: Paul Ruban
Année de production: 2014

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

JEAN-ROCK BOUTIN, atteint du VIH, ainsi qu'une femme désirant rester anonyme partagent leur expérience. CARLOS IDIBOUO, coordonnateur d'Action Positive parle des enjeux entourant la perception du VIH.


JEAN-ROCK BOUTIN

On nous

disait qu'il y avait trois

catégories de personnes. En

1984, 1985, on nous disait qu'il

y a avait la catégorie de ceux

qui mourraient très rapidement,

ceux qui mourraient lentement

mais sûrement, et ceux qui ne

mourraient pas du VIH.

Alors, moi, à ce moment-là,

je m'étais catégorisé dans la

catégorie qui ne mourrait pas

du VIH et quand mon copain a été

diagnostiqué du VIH en 1987,

ça a été un choc. Mais moi,

je voulais pas me faire

diagnostiquer tout de suite et

j'ai attendu tout en étant suivi

par mon médecin régulièrement.

J'ai attendu jusqu'en 1988,

jusqu'en octobre 1988, pour me

faire prendre un test, parce

qu'il y avait pas de médicament.

Alors, je ne voulais pas

m'exposer pour rien à un test,

me faire diagnostiquer de

quelque chose dont je pourrais

pas être traité et qui allait

m'énerver, qui allait me

nuire sur le plan psychologique.


FEMME ANONYME

Lorsque

j'ai déménagé ici, au Canada,

en 2006, c'est comme ça que

j'ai appris que j'avais le VIH.

On a fait des tests

d'immigration. C'est comme ça

que j'ai appris que

j'étais infectée. C'était

comme la fin du monde et puis

je me suis enfermée moi-même.

Je savais pas quoi faire.

Comme j'étais dans un autre

pays, alors je croyais que

j'allais avoir une bonne vie.

Après, c'était

horrible d'avoir le VIH.


JEAN-ROCK BOUTIN

Le visage

du VIH a changé beaucoup depuis

que je suis arrivé à Toronto.

Quand je suis arrivé, en fait,

1992, il y avait un

genre de trou noir.

Il y avait presque pas de monde

qui parlait du VIH en français à

Toronto. Les francophones,

c'était presque tous les hommes

gais. à cette époque-là,

je connaissais personne

d'autre que des hommes gais.

Toujours, aujourd'hui, le VIH,

même s'il a évolué, la majorité

des gens qui sont touchés par le

VIH, soit ceux qui vivent avec,

sont les hommes gais. Plus

de 70% sont des hommes gais.


On présente un extrait vidéo datant de plusieurs années.


HOMME

(Propos traduits de l'anglais)

J'ai eu un rêve. Ce rêve est le

cauchemar apocalyptique que

font les hommes gais chaque

nuit dans leur lit. Seuls.


JEAN-ROCK BOUTIN

On voit de plus en plus des

gens, des groupes où le sida est

endémique, des pays d'Afrique

particulièrement, des Caraïbes,

où il y a un certain nombre.

Mais on parle de 12%,

environ, des personnes

qui vivent avec le VIH.


CARLOS IDIBOUO

On a tous contribué, d'une

certaine façon, à donner un

pouvoir social au VIH. Et le

VIH, évidemment,

s'en est accaparé.

Donc, avec ce pouvoir-là,

le VIH a détruit des familles,

a décimé des vies

à cause de la stigmatisation.


FEMME ANONYME

J'ai passé trois ans

sans discuter avec ma famille.

C'était dur. Je devais cacher

les médicaments. Je devais

cacher les lettres. Je devais

cacher toutes choses pour ne pas

montrer que j'avais le VIH.

Et c'est après des informations

et comme je ne voulais pas vivre

dans l'isolement, j'ai décidé de

le dire à ma famille que j'étais

infectée du VIH. Chaque fois que

j'utilisais des ustensiles, on

ne prenait pas... Par exemple,

j'utilisais une assiette,

personne ne pouvait manger

sur l'assiette. Ou bien si

j'allais dans les baignoires,

c'était difficile.

Aucune personne ne pouvait

utiliser les mêmes baignoires.

Chaque chose qu'ils utilisaient,

c'était comme si

c'était infecté.


JEAN-ROCK BOUTIN

Je prends

16 prescriptions par jour

depuis... au moins,

je dirais, huit ou neuf ans.

Tu as un médicament qui traite

ta maladie et celui-là te cause

certains effets secondaires

que tu dois traiter avec

un autre médicament qui,

à ce moment-là, devient

un effet entre-médicament et que

tu dois traiter avec un autre

médicament. Quand les problèmes

de santé commencent à se mêler

de ta vie professionnelle,

tu as pas le choix

de faire ton

coming out

et de dire je suis VIH positif.

Et là, tout de suite, ça flashe,

hein? Et c'est des frais

d'assurance. Les médicaments

coûtent cher. Et puis les

absentéismes m'ont coûté cher.


FEMME ANONYME

Quelques fois, c'est difficile

de travailler dans certains

endroits comme là où on fait les

fruits, la viande, tout ça,

parce que ton sang peut

infecter la nourriture.

Alors, tu te sens que tu es un

peu stigmatisée. Aussi, lorsque

tu as la couleur noire, tu es...

C'est systématique. Tu as

le VIH, tu as la couleur noire,

tu es immigrant,

tu n'as... Tu n'es rien.


CARLOS IDIBOUO

Le tableau

francophone, au niveau du VIH,

reste... Disons, il est

meublé de beaucoup de défis.


JEAN-ROCK BOUTIN

Ça change,

mais ça change pas tant que

ça. Il faut pas se péter les

bretelles trop, trop, ni par

rapport aux gais, ni par

rapport au VIH. Surtout dans

la communauté francophone, parce

qu'on a beaucoup de

retard à reprendre.


CARLOS IDIBOUO

Il reste que

la communauté francophone, en

général, est elle-même très

homophobe. Je me

permets de le dire.

Donc, c'est de pouvoir éduquer

la communauté francophone

en général, mais plus

spécifiquement les communautés

ethnoculturelles francophones.

Parce qu'au sein de ces

communautés-là, l'homophobie, la

stigmatisation, le tabou

au niveau du VIH, restent

encore très présents.


FEMME ANONYME

Dans la communauté,

il faut que les gens apprennent

que le VIH, c'est une maladie

comme plein d'autres. Et même

les gens qui vivent avec le VIH

vivent plus longtemps que les

gens qui ont beaucoup

d'autres maladies.

C'est une maladie incurable,

je le sais, mais les médecins

travaillent sur ça et les

chercheurs travaillent sur ça.

Et puis qu'aussi, une fois

qu'on... La personne qui est

infectée, c'est une personne

comme tant d'autres, que c'est

une personne à respecter comme

on respecte d'autres personnes.



Épisodes

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Divertissement
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Éducation
  • Catégorie Fiction
  • Catégorie Musique
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par