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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Jacques Beaudoin : La course équestre

Jacques Beaudoin est un conducteur de cheval de course depuis plus de 30 ans. Un passionné.

Son amour et sa passion pour le sport équestre l’a poussé à faire des sacrifices matériels et émotionnels, certes. Livrer un travail sans relâche, supporter la pression de la course où, pour survivre dans le métier, il faut gagner, en sont des exemples. De plus, le métier de jockey n’est pas sans risque et il en est conscient. Comme tous les coureurs, il a fait des chutes. Heureusement, cela n’a jamais affecté sa carrière. Jacques Beaudoin a déménagé plusieurs fois avant d’installer ses pénates pour de bon ici, à Ottawa. Il nous parle des défis et des difficultés actuelles pour pratiquer le métier de conducteur de cheval de course.

Mais Jacques Beaudoin nous parle surtout de sa passion immense pour les chevaux.

Un reportage de Chantal Villemaire.



Réalisateur: Chantal Villemaire
Année de production: 2014

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VIDÉO TRANSCRIPTION


JACQUES BEAUDOIN est conducteur de chevaux de course. Il accorde cette entrevue debout dans une écurie. Au fil de ses propos, des images de la piste de course, des entraînements avec les chevaux, et de l'écurie défilent.


JACQUES BEAUDOUIN

J'ai 58 ans et j'ai pas pris

un mois de vacances, à part pour

aller dans les encans de

chevaux. J'aime ça. C'est pas

une punition de me lever

le matin pour m'en venir

travailler. C'est une passion,

les chevaux. Tu en agaces un, le

lendemain tu agaces l'autre. Des

fois, c'est eux autres qui

t'agacent. C'est le fun.

Mon père, quand je suis venu au

monde, il était fermier. Il

n'aimait pas bien ça. Il avait

toujours une moitié de chevaux,

une moitié d'animaux à boeuf.

Mais ça n'a pas duré longtemps.

Une journée, je suis parti à

Québec pour... Il me semble que

c'était pas ma vocation, mais ça

a commencé tranquillement et

depuis ce temps-là je

suis dans les chevaux.

Le matin, je m'en viens ici vers

7h. On fait quelques stalles, je

"jocke" des cheveux. La journée

qu'il y a des courses, vers midi

j'aime ça retourner à la maison.

Je mange un petit lunch,

fais une petite sieste. Mais les

journées qu'il n'y a pas de

course, dans l'après-midi je

ferre mes chevaux. Il faut

quasiment faire tout soi-même

pour sauver de l'argent. Avant

ça, t'avais un homme par quatre

chevaux. Là, t'es rendu que t'as

un homme par huit chevaux.

Les jeunes ne sont pas fous. Ils

ne sont pas fous comme moi.


JACQUES BEAUDOIN discute avec une journaliste dans l'écurie. Il donne de la nourriture à un cheval.


JOURNALISTE

Qu'est-ce que vous lui avez donné,

M. Beaudoin?


JACQUES BEAUDOUIN

(S'adressant à la journaliste)

Des petits beignes. Il

aime ça. Il mange tout ce qui

est sucré. Il mange des pommes,

des bananes. À peu

près n'importe quoi.

D'habitude, il en mange... C'est

pas normal, mais lui, il ne se

plaint pas. Le midi, on leur

fait, on appelle ça des petites

"matches", on leur met ça avec

du son et beaucoup d'eau chaude.

Ça, ils ressemblent à des petits

cochons, ils aiment ça à mort.


Les images de course de chevaux défilent.


JACQUES BEAUDOUIN (Narrateur)

Un cheval médium, faut que

tu paies 10 000$ à peu près. Les

chevaux de course sont à la

recherche comme ça. Tu sais, le

monde veut pas attendre avec

un bébé, parce qu'on le sait pas

avec un bébé. Là, le monde veut

acheter un cheval pour courser

tout de suite. Si tu gagnes

rien, c'est comme un

cheval qui boite.

Quand même que tu serais

à New York ou ici, un cheval qui

boite, tu ne gagnes rien. Rien

que pour leur donner à manger et

la stalle, ça va me coûter 15 ou

10$ par jour, mais si tu les

fais ferrer par un autre, une

fois par mois, 100$... Tu

sais, les vétérinaires...

Le premier cheval que j'avais,

il s'appelait Dan Volo. J'avais

dix ans et le plus vite qu'il

avait été dans sa vie, c'est

2/16. Il allait à peu près à une

vitesse de tortue. Ça fait que

mon père m'avait envoyé dans le

champ, j'étais à peu près

haut de même, j'avais 10 ans, il

m'envoyait dans le champ faire

un tour là, il dit:

"Oh, t'es correct!"

Je m'en rappelle comme si

c'était hier, il était super

beau, mais il était

vraiment, vraiment slow.

Oh, j'ai eu des accidents. J'ai

été chanceux, mais je suis tombé

souvent. J'ai eu des scratchs et

des petits points de suture,

mais je ne me suis jamais cassé

de jambe. Il y en a que ça

a mis fin à leur carrière.

Je fais des erreurs... C'est

rare que ça arrive, pour le

nombre de courses qu'il y a,

il n'y a presque pas d'accident.

Pour avoir le droit de conduire,

il faut que tu sois qualifié. Il

faut que tu fasses comme 10-12

qualifications. Les juges... Si

t'es pas correct, ils ne te les

donneront pas. Ça peut prendre

10, 12, mais pour d'autres

20 qualifications,

mais tu peux pas arriver comme

quelqu'un qui donnait rien, on

donne 100$ et on commence à

conduire. Ça prend des années

d'expérience comme entraîneur...

Ça prend du temps.

Quand je suis arrivé ici, voilà

23 ans, il y avait peut-être

400-500 chevaux sur la terre. Je

sais pas s'il en reste 100.

Les jeunes, ils parlent de

traverser, de s'en aller aux

États-Unis. Là, moi, c'est que

je suis à la fin de mon shift,

mais être 20 ans plus jeune...

Ceux qui restent, souvent, c'est

des familles qui ont

passé leur vie là-dedans.

Tu vois pas de jeunes, t'en vois

presque plus. Il n'y a presque

plus de propriétaires. C'est

plus de la famille et... Tu

sais, comme moi, j'ai passé ma

vie avec 30-35 chevaux. Là, il

m'en reste 10. Les autres qui en

avaient 10, ils sont rendus à 5,

et ceux qui en avaient 5, il

y en a qui sont rendus à 2. Mais

maintenant, non plus, je

pourrais pas avoir 30 chevaux,

parce qu'il n'y a pas

assez de courses.



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