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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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La détermination de Priscilla Gagné

Priscilla Gagné est non-voyante. Lorsqu´elle était petite, elle arrivait à lire, à voir les visages et la couleur du ciel, maintenant elle n´a que la vision de côté. Priscilla Gagné est aussi une athlète en parajudo, le judo pour les non-voyants. Tout dernièrement, elle a remporté la médaille d´argent en parajudo aux Jeux parapanaméricains.

Découvrez, à travers ses propos, comment elle vit cette situation de handicap et comment les difficultés lui ont donné le désir d´en faire plus. Comment le fait d´être longtemps marginalisée à cause de ses problèmes de vue lui a donné des ailes et la fougue hors du commun d´aujourd´hui.

Une réalisation de Chantal Villemaire.



Réalisateur: Chantal Villemaire
Année de production: 2015

Accessibilité
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VIDÉO TRANSCRIPTION

PRISCILLA GAGNÉ, athlète parajudo, parle de son expérience. On présente des images de combats et de la vie quotidienne de PRISCILLA GAGNÉ. NATHALIE GOSSELIN, son entraîneuse, parle des particularités d'apprendre le judo aux non-voyants.


PRISCILLA GAGNÉ

Quand j'étais plus jeune,

j'avais plus de vision. J'étais

toujours classifiée comme

non-voyante, mais j'avais plus

de vision que j'ai maintenant.

J'ai pas perçu tout de suite

que je perdais ma vision parce

que ton cerveau, il va remplir

ce qui manque. Alors, comme,

dans ma tête à moi, je voyais

encore, t'sais. Et c'était des

affaires, comme quand je voulais

lire, mais là, j'étais plus

capable de lire. J'avais plus de

vue centrale, j'étais capable de

voir tes yeux et la couleur de

tes yeux, astheure, je suis plus

capable de voir les faces

pantoute. J'ai toute la vision

de côté et c'est plus des

contrastes, comme noir sur blanc

ou blanc sur noir. Les deux

affaires les plus grandes qui me

manquent, c'est lire et puis

voir les faces des autres.

Parce que je suis non-voyante,

est-ce que j'ai peur de faire

des affaires nouvelles? Non.

Parce que si tu regardes

l'autre choix, tu es assis

À la maison et tu fais rien,

et j'ai plus peur de ça

que d'essayer des affaires

et voir où tu peux aller dans

la vie. Il y a une confiance...

J'ai confiance en moi et en Dieu

que je vais pas me faire tuer

et... t'sais, c'est quoi la pire

affaire qui peut m'arriver?

J'ai plus peur de rien avoir

qu'essayer et pas l'avoir.

Le sport et la compétition, ça

a toujours été dans ma vie, un

style de vie. J'ai toujours fait

quelque chose et c'est pour ça

que j'ai fait le judo, parce

que là, il y avait plus rien

à faire. Et là, c'est rendu

un style de vie, je respire

le judo, je mange le judo,

je dors et je rêve au judo,

c'est tout le temps

judo, judo, judo.

Moi, je suis pas bonne en judo.

C'est pas quelque chose que

je suis naturellement bonne à

faire. C'est pas un "cadeau" que

j'ai. C'est beaucoup d'ouvrage

et j'ai pas vraiment du bon

skill, c'est plus

scrappy,

c'est pour ça que j'aime

beaucoup les chokes. Fait que

pour moi, ça me donne plus de

confiance quand je suis capable

de gagner, parce que c'est comme

tout le travail que j'ai fait,

ça commence à se montrer un peu.


PARTENAIRE DE JUDO

Moi, je suis dans le trouble

si je suis pas capable de

te tenir. C'est bon.


NATHALIE GOSSELIN

On a des non-voyants qui ont

appris le judo en était voyant,

donc eux, ils ont déjà tout ça

dans la tête, ils ont déjà

tout compris les déplacements

de corps, la position des

jambes, la position des

hanches, des épaules.

Pour quelqu'un qui a appris

son judo comme non-voyant, c'est

un gros défi, parce que tu dois

mettre le pied à la bonne place,

lui expliquer la hanche doit

aller ici, l'épaule, là, c'est

un des plus grands challenges

pour nous autres, les coachs.


PRISCILLA GAGNÉ

Je suis pas mal une personne

visuelle même non voyante,

j'apprends tout visuellement,

parce que c'est même plus

d'ouvrage pour la coach

pour m'enseigner.


NATHALIE GOSSELIN

Je suis capable de dire: OK,

je vais le faire avant toi pour

que tu puisses sentir comment je

me place et ensuite, toi, tu vas

le faire. Donc, c'est beaucoup

une relation de patience,

d'essais et d'échecs, de succès

et d'échecs, mais on réessaye

et on fait de notre mieux.

Quand j'explique le judo aux

gens qui connaissent pas le

sport, je leur dis: C'est comme

faire de la lutte en pyjama.

En judo voyant, on commence sans

grip, sans prise de garde et tu

dois aller chercher ta garde

et essayer de projeter l'autre.

Le parajudo, la différence,

c'est que tu commences avec

la grip, avec la prise de garde,

parce qu'étant non-voyant,

tu dois savoir où est ton

partenaire, être capable

de sentir ses actions

et ses réactions.


PRISCILLA GAGNÉ

On sait où sont les autres

juste par la balance, la manière

qu'ils tirent ton judogi, même

les voyants, eux autres aussi.

Tu connais les mouvements, tu

sens les mouvements, et après, à

un moment donné, tu penses plus

À ce que tu fais, tu réagis

juste parce que c'est de même

que les muscles réagissent.

Quand j'étais plus petite,

le monde disait tout le temps

"non". J'haïssais l'école pour

ça, parce que moi, je voulais

faire ce que faisaient les

autres enfants. Quand je

me faisais dire non, ça me

frustrait beaucoup. Et ça,

c'est un

understatement,

ça me faisait quelque chose

en dedans. T'sais, ça a

vraiment... C'est comme

quelque chose qui rentre dans

tes os, ça t'enrage assez que...

Tu t'arranges la tête pour

que tu vas faire quelque chose

et tu vas le faire. Ceux qui me

connaissent sont pas surpris

tellement quand j'ai dit que

j'étais pour faire le judo,

parce qu'ils me connaissent un

peu. J'étais toujours une enfant

rough un peu. C'est plus les

gens que je rencontre, qui me

connaissent pas, qui sont bien

surpris qu'une fille qui

voit pas qui fait du judo...

Je souris à ces gens-là et je

dis: Oui, oui, il faut faire

quelque chose avec la vie,

et moi, c'est le judo.


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