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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Collectif secret pour la francophonie!

À Saint-Boniface au Manitoba, un collectif d’artistes anonymes nommé la Société cent-soixante affiche son amour pour la langue française dans les rues. Muni d’agrafeuses et de ruban gommé ils sortent la nuit, inaperçus, pour recouvrir le quartier de messages abstraits, poétiques, politiques, identitaires et absurdes. Feriez-vous la même chose si vous étiez en situation minoritaire? Sans aucun doute une belle façon de faire planer le mystère sur un groupe d’artistes! Découvrez les secrets noctures de Winnipeg dans ce reportage de Stephane Oystrk!



Année de production: 2015

Accessibilité
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VIDÉO TRANSCRIPTION

Il s’agit d’un reportage sur un groupe de jeunes qui, sous le signe de l’anonymat, placardent Saint-Boniface d’affiches pour s’exprimer et promouvoir l’art et le français. Des entrevues sont réalisées avec deux hommes et une femme, tandis que des images les montrant dans le cadre de leur processus entrecoupent les entrevues.


Deux hommes sont assis dans un salon. Ils tiennent chacun un livre devant leur visage. Leur voix a été modifiée et leur visage n’est pas montré.


HOMME 1

Ça nous intéresse pas de nous

faire interviewer pour parler de

ce projet-là. La dernière chose

que je veux faire, moi, c’est

d’intellectualiser ou de

raconter ce projet pour qu’il

"fitte" dans une espèce de

portrait de la francophonie.

Tout ce qui m’intéresse,

c’est de mettre des freaking

posters à Saint-Boniface.


Un groupe de jeunes, à visage couvert, appose des affiches sur un mur dans la ville.


HOMME 1

Même si les gens découvrent qui

on est, le fait qu’on déclare

notre "anonymité", c’est comme

"parlez-moi pas parce que je

vous accorderai pas d’entrevue,

parce que ça m’intéresse pas

de vous en parler."


Une femme, dont le visage n’est pas montré, accorde une entrevue. Sa voix a été modifiée.


FEMME

La Société Cent Soixante,

c’est un groupe d’intéressés

qui veulent laisser une trace

informelle sur Saint-Boniface

essentiellement.


HOMME 2

Au minimum,

on est des artistes.


HOMME 1

Oui, pis on boit

de la bière ensemble.


HOMME 2

On boit de la bière.


HOMME 1

On fait de l’art ensemble.


HOMME 2

C’est vrai.


HOMME 1

En buvant de la bière.


HOMME 2

Pis on le met dans

une place publique.


HOMME 1

On laisse des traces subtiles.

Notre mission, je pense

que c’est de "s’entre-motiver"

à faire de l’art, à penser

moins et à faire plus.


HOMME 2

C’est aussi utiliser

l’anonymat pour briser

souvent les restrictions

qu’on se donnerait, surtout

dans une petite communauté

où on se connaît tous.


Les deux hommes effectuent des photocopies d’affiches qu’ils posent un peu partout dans la ville sur des poteaux.


HOMME 2

(Propos en anglais)

Hé! That’s great.


FEMME

Les affiches, c’est un...

C’est une bonne façon de

transmettre les messages parce

que c’est une façon d’agir vite.

Ça coûte pas cher. C’est aussi

quelque chose qui se répand

bien. Alors, si tu as quelque

chose à dire, tu peux imprimer

facilement plusieurs affiches

et les mettre un peu partout

et rejoindre des gens que

tu rejoindrais pas autrement.


HOMME 1

C’est très inclusif, dans le

sens où n’importe qui peut

les voir et en plus, si notre

intention, c’est d’être anonyme,

bien, c’est le médium parfait.

On met nos affiches, nous,

on n’existe plus. C’est juste

les affiches qui sont là

pour passer le message.


Des images des affiches un peu partout dans la ville sont présentées.


FEMME

Ça change le paysage. Pour

moi, c’est une grosse affaire.

C’est pas de, comme, changer

la vie du monde ou de vraiment

pousser un agenda spécifique,

mais c’est d’ajouter de la

couleur ou d’ajouter des choses

que, moi, je trouve importantes

au physique du quartier. Pour

d’autres, c’est de sortir et

retravailler des éléments

qui existent déjà dans

la communauté. Alors, les

états généraux, la liberté.

Il y en a d’autres qui

se sont plus attardés

à des questions politiques.


HOMME 2

On marche.

On prend notre bicyclette

dans les rues. On voit

des gens passer à côté

de nos affiches, qui arrêtent

pour les lire et ils en

prennent conscience.

Peut-être, peut-être pas.

Mais Dieu sait qu’il y a

tellement d’affiches qui

essaient de nous vendre

je-sais-pas-trop-quoi que, côté

bénéfique, d’avoir une affiche

qui peut-être la seule chose

qu’elle essaie de te vendre,

c’est une idée ou une réflexion.


FEMME

C’est une façon de voir

le français être utilisé

de façon plus informelle

à Saint-Boniface. C’est

un quartier francophone

et puis, les noms de rue

sont en français, les noms

d’établissements sont en

français, mais c’est pas

nécessairement quelque chose

de visible ou d’incontournable.

Alors, nous, c’est une façon

de partager notre amour pour

la langue dans les rues.


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