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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Faut-il défendre le français?

L’écrivain Jean Dumont se pose les bonnes questions! Lui, le passionné de la langue de Molière et de Champlain, l’ancien coanimateur du jeu-questionnaire Des Mots et des Maux, diffusé à la télévision de Radio-Canada, de 1999 à 2004, se demande si finalement, on a raison de vouloir défendre la langue française à tout prix, au Québec, au Canada et même dans le reste du monde?
Et puis, si on doit la défendre, contre qui faut-il le faire et quelle est la meilleure manière de s’en assurer? Les anglicismes sont-ils les ennemis, les réformes orthographiques, une abomination? Jean Dumont nous dirige dans cette bataille linguistique qui n’a pas fini de faire parler!



Réalisateur: Raphaëlle Mercier
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

JEAN DUMONT, écrivain portant une longue barbe s'assoit sur le divan.


JEAN DUMONT

On devrait pas considérer

que parler français, c'est

un privilège, c'est un droit.

On a le droit de le faire

et on doit l'exiger.

La langue française, pour moi,

a toujours été une espèce

de mystère aussi, à savoir

pourquoi, encore aujourd'hui,

on parle français en Amérique

du Nord. Tout allait contre ça.

Nous, on est quelques millions,

on est à peine huit millions

et on est là et on est

encore debout.

La langue française en Amérique

du Nord se porte très bien.

C'est une langue qui est très

dynamique, très active,

c'est une langue qui évolue.

Et peut-être du fait que c'est

une langue qui évolue, il faut

la protéger. Parce que

le véritable ennemi, c'est nous.

Nous, en tant que personnes

qui sont un peu laxistes,

parfois, où on accepte

par exemple, des "faire sûr",

des "magasiner pour", des

"téléphoner quelqu'un", "je suis

pas capable 'd'afforder' ça",

quand on est rendus là, c'est

dangereux. Mais l'inverse aussi:

les puristes, ceux qui veulent

"encarcaner" la langue, qui

veulent la mettre dans une sorte

d'étau pour qu'elle ne bouge

plus. Et ça, c'est aussi

dangereux que le laxisme,

à mon avis.

On a des règles de grammaire qui

sont dépassées, littéralement.

Et qui ne font que semer

la confusion chez les personnes.

Il faudrait pas avoir peur,

justement, de modifier

certaines de ces règles.

Une langue vivante doit être

une langue forte et elle n'a pas

peur d'avoir des intrusions

d'une autre langue et de prendre

ces mots-là et de se les

assimiler. On l'a fait de

tout temps. L'anglais est dans

notre langue. On a des mots

comme "paquebot", qui était

anciennement

"packet boat".

On a des mots comme "redingote",

qui était

"riding coat". Et

les anglophones ne reconnaissent

même plus ces mots-là, tellement

la langue française les a

assimilés, se les est

appropriés. Et c'est un signe

de force et de richesse d'une

langue. Mais s'il y en a trop et

si on ne cadre pas, on n'encadre

pas, il y a, à ce moment-là,

un danger d'assimilation

et la langue pourrait,

malheureusement,

perdre des plumes.

Lorsque le mot existe

en français, pourquoi aller

chercher un mot anglais? Ça n'a

aucun sens. Le mot est là,

il existe. On dirait, parfois,

certaines personnes ont un

peu honte. On est dans un groupe

d'amis. Il s'agit qu'il y ait un

anglophone et tout le monde va

se mettre à parler anglais comme

si on se disait: Ah oui, on est

capable de parler anglais. Bien

sûr, on est capable de parler

anglais, mais peut-être que

cet anglophone aimerait

ça aussi parler français.

Et là, on est tous là en train

de dire: "Non, non, non, on va

tous lui parler." Et là, même

les francophones entre eux se

parlent en anglais. Je trouve

ça complètement aberrant.

Je sais que plusieurs personnes

vont dire: "Ah, tiens, il a des

tendances... Vous êtes contre

le bilinguisme." Mais non, pas

du tout, il s'agit pas d'être

contre l'autre langue, il s'agit

de défendre sa langue et c'est

ce que les Franco-Ontariens font

depuis des années et ils doivent

le faire. C'est certain, on entend

parfois des gens qui vont vous dire:

"Ah oui, mais les Franco-Ontariens,

quand ils parlent, il y a

beaucoup d'anglicismes."

Oui, dans certains cas. Tout

le monde, parce que du côté...

Allez à Montréal, et vous allez

voir que des francophones

utilisent beaucoup d'anglicismes

aussi. Alors, c'est un combat

qu'ils livrent depuis des années

et parfois, j'ai l'impression

qu'ils sont plus conscients

même que plusieurs Québécois

que ce combat doit être de tous

les jours, de tous les instants.

Les Franco-Ontariens ont une

détermination extraordinaire,

en tout cas, c'est vraiment très

fort, heureusement pour eux,

parce que si on parle encore

français en Ontario, c'est parce

qu'il y a des gens qui sont

là et qui défendent cette langue

française. Et je vous dirais

qu'à certains niveaux, parfois,

le Québec pourrait prendre

exemple là-dessus.

Lorsqu'on parle de langue, les

gens s'imaginent tout le temps

que c'est un pour un contre,

ou qu'il y a un ennemi.

Le seul ennemi véritable,

ça sera toujours nous-mêmes

par rapport à notre langue.

Il s'agit pas de voir

le méchant Anglais. Il y en a

pas, c'est pas le cas.

C'est tout simplement

la présence francophone, et

en tant que francophone, c'est

à nous de rester debout et

de faire quelque chose. Arrêtons

de blâmer l'autre, de dire:

"Ah, c'est le méchant qui parle

anglais." C'est pas ça du tout.

C'est nous qui devons

nous exprimer correctement

en français et demander, aussi,

qu'on nous parle correctement

en français. Et autant des

gouvernements que de nos

amis, dans nos relations

de tous les jours.



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