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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Philippe Brach, un artiste authentique?

Auteur-compositeur-interprète québécois, Philippe Brach est souvent présenté comme un artiste authentique. Un qualificatif qui ne le dérange pas, mais qui le surprend, venant de gens qu’il ne connaît pas et devant lesquels il joue. Authentique? Pas tout le temps, avoue-t-il lui-même, puisqu’il est capable d’imaginer ses émotions et de transposer celles des autres dans ses chansons. C’est cet exercice de création et de transposition qui a donné naissance à la chanson « L’Amour aux temps du cancer », tirée de son second album, « Portraits de famine ».



Réalisateur: Carine Ouellet
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

PHILIPPE BRACH, auteur, compositeur, interprète met des écouteurs sur sa tête . Ensuite, PHILIPPE BRACH est assis sur le Divan, penché vers l'avant comme pour faire des confidences.


PHILIPPE BRACH

L'amour au temps du cancer, ça

raconte une histoire d'amour, en

fait, en deux temps. Pendant

un processus, si je peux me

permettre l'expression, de

cancer, et après que la

personne soit décédée de

cette maladie-là.

En fait, les personnages, c'est

un couple. Et il y a vraiment

une section avant et après la

mort, en premier lieu, qui est

vraiment la relation entre

l'homme et la femme, et en

deuxième lieu qui est la

relation de l'homme avec la

femme à travers les objets.

Je trouvais ça quand même

intéressant que les objets

soient comme le seul canal qu'il

lui reste, ses souvenirs, dans

le fond, par rapport aux objets.

Je trouvais que sensibiliser des

choses inanimées c'était

intéressant, d'apporter ça

par ça. Les lieux et les objets,

dans le fond, parce que c'est

tout ce qu'il lui restait par

rapport à cette femme-là,

dans le fond. Oui...

Le titre, même la chanson, part

d'une inspiration d'un titre de

Garcia Marquez, qui est

L'amour au temps du choléra.

Un livre que je n'ai jamais lu,

je m'en confie. J'ai tout

simplement lu la quatrième

de couverture et...

Parce que j'ai un gros problème

de concentration, dans la vie.

J'ai de la misère à lire trois

pages et à me souvenir de

qu'est-ce que j'ai

lu, finalement.

Je suis déjà ailleurs et je

pense à d'autre chose.

Donc, voilà, je trouvais

ça intéressant, dans le livre de

L'amour au temps du choléra

que la personne, pendant des

années, essaie de retrouver...

Essaie de gagner de l'argent et

de retrouver la personne qu'il

a perdue. Je trouvais ça

intéressant de faire le

parallèle avec ça dans la

chanson, par rapport à la

maladie qu'est le cancer.

Je trouvais ça intéressant

d'avoir la nostalgie imprégnée

là-dedans. C'est la raison pour

laquelle, pour l'introduction,

je me suis basé sur des chansons

de Noël, parce que le cancer,

c'est comme Noël, ça rassemble

les gens. C'est un peu lourd,

dit de même, mais reste que

c'est rassembleur, ça rassemble

les proches, comme Noël. Alors,

je me suis basé sur des gammes

souvent utilisées dans des

chansons de Noël.

Comme, le début c'est:

♪ Ferme la porte

qu'on nébule un peu ♪

Et ça, c'est complètement

inspiré de:

♪ Have yourself

a merry little Christmas ♪

Ça part de là. C'est dans

ce même genre de gamme là,

finalement, parce que je

trouvais ça intéressant que ça

ramène au thème de Noël, parce

que c'est la nostalgie, c'est la

famille et c'est des thèmes qui

sont rapprochés quand t'es dans

une maladie comme le cancer.

J'ai choisi le cancer plutôt

qu'une autre maladie... Tu sais,

c'est drôle, parce que ma mère

fait de la sclérose en plaques,

j'aurais pu prendre la sclérose

en plaques, mais... Ça va être

vraiment dégueulasse, ce que je

vais dire, mais "l'amour

au temps de la sclérose en

plaques", je trouvais que

c'était moins poétique. "L'amour

au temps de la listériose",

c'était pas mieux non plus.

Alors, j'ai pris le cancer parce

que c'est aussi au niveau de

la "percussivité" du mot. Ça

frappe. "Cancer", "calciner", je

trouve que c'est dans les genres

de mots avec un "C" où c'est

percussif et l'autre "C" glisse.

Je sais pas, je trouve qu'il y a

une poésie là-dedans. Je me pose

pas trop de questions dans

la vie quand je crée, mais c'est

clair que c'est le genre de mot,

comme "paraplégie" aussi, qui

est dans la toune, c'est le

genre de mot qui frappe, je

trouve, et qui sont assez évocateurs.

Hum...

C'est une des rares chansons que

j'ai écrites en ne maîtrisant

pas du tout le sujet. J'ai

essayé de transposer mon mal à

travers celui des autres, parce

que d'un, je trouve que c'est un

bon exercice de création,

mais c'est un bon moteur de

compréhension aussi. C'était

ça le but, à la base.

Alors, je me suis renseigné

auprès des gens qui avaient de

la famille qui avaient eu le

cancer ou qui avaient des

proches qui avaient eu le cancer

pour essayer de mieux figurer ça

dans ma tête, finalement.

C'est surtout un exercice de

compréhension, parce qu'on est

beaucoup dans notre bulle, on

est beaucoup dans nos petits

trucs individualistes avec nos

petits problèmes et je trouve

que c'est rare qu'on se permette

de se demander ça doit être

comment de vivre telle chose ou

telle situation ou d'entrer

dans tel processus.

Et ça, quand t'écris des

chansons, c'est très nutritif,

au niveau créatif. Il y a

beaucoup de gens qui m'ont...

J'allais dire "Qui m'ont

appelé", mais qui m'ont écrit,

plutôt et qui me l'ont dit de

vive voix que c'était, selon

eux, assez juste de la

représentation de ce qu'est

de vivre avec une personne qui a

cette maladie-là, à différents

stades, on s'entend.

J'étais quand même content,

parce que c'est des sujets qui

sont assez épineux et que, si tu

te plantes, tu peux te péter la

gueuler bien comme il faut.

Et c'est difficile, quand t'as

pas vraiment vécu ça, d'aller

assumer ce thème-là sur un album

ou sur une chanson et je

trouvais que c'était un beau

défi. Je suis content pareil,

parce qu'à date, tous les

feedbacks que j'ai eus sont

des feedbacks assez positifs,

malgré la lourdeur de la chose.


Finalement, PHILIPPE BRACH s'étend sur le divan.

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