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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Le divan : Immigrer au Canada

Appolinaire Yengayenge a immigré au Canada en 2008. Toutefois, sa femme et ses enfants sont arrivés quelques années auparavant. Professeur d’université dans son pays d’origine, le Burundi, il a été complètement déboussolé en arrivant ici. N’étant pas capable de s’adapter à la culture canadienne, il est reparti au Burundi en laissant ses enfants et sa femme ici. Puis, en 2008, il est revenu et s’est installé définitivement au Canada, à Ottawa.
Appolinaire Yengayenge nous raconte son parcours et les difficultés d’un immigrant lors de son arrivée.



Réalisateur: Chantal Villemaire
Année de production: 2015

Accessibilité
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VIDÉO TRANSCRIPTION


APPOLLINAIRE YENGAYENGE s'assoit sur un divan. Seul en studio, il s'adresse directement au public de l'émission.


APPOLLINAIRE YENGAYENGE

C'est pas moi qui ai eu

l'initiative de venir au Canada.

L'idée est venue de ma femme

et le pays traversait quand

même une période de guerre.

Elle m'a dit: "Et si je te

demandais qu'on demande

d'immigrer au Canada. Est-ce que

tu verrais ça... Comment tu

verrais ça?" J'ai dit: "Oh,

ma femme!" Mais à l'intérieur

de moi-même, je disais:

Oui, je suis d'accord.

Mais je savais pas vraiment

que c'était faisable.

Ce qui fait que la première

année, quand on a décidé de

venir, je suis pas venu. J'étais

pas prêt. Je les ai laissés

partir. Puis, ils sont arrivés,

ma femme et cinq enfants.

Ils sont partis au mois

de septembre 2005. Puis moi,

je suis venu l'année après.

On arrive ici, il y a personne

qui vous accueille, d'abord.

Ce n'était pas comme en France

où j'avais des amis. Là, je

venais vraiment pour la famille.

C'est la seule chose que j'ai

vue. Puis, je suis resté tout

le mois à la maison. Et après,

j'ai demandé à ma femme:

"Qu'est-ce qu'on peut faire?"

Puis, ils m'ont dit: "Oh,

c'est la saison des fraises."

On est partis à Saint-Nicolas.

C'est un village. Puis là, ce

qui m'a beaucoup marqué, choqué

pour la première fois, c'est

que, quand je suis arrivé là,

il y avait beaucoup de monde

et puis, la fermière, la dame

qui avait les fraises, qui était

propriétaire des champs de

fraises, a posé une question et

a dit, alors: "Qui est-ce qui a

déjà ramassé des fraises?" Puis,

elle m'a pas donné la chance de

mentir. Mais je me disais: Oh,

je vais rester quand même,

je veux pas sortir. Puis,

au moment où j'hésitais à lever

la main, bien elle dit:

"Vous connaissez tous la règle.

Les maganés à côté."

Puis là, c'est le mot vraiment

qui m'a désarçonné. Mais vous

voyez, quand vous arrivez, le

premier mot d'ordre, vous butez

dessus. Puis là, je disais:

"Comment est-ce que je peux

m'intégrer dans un pays où

le premier mot qui sort,

qui me dit quoi faire,

je comprends même pas.

Psychologiquement, j'étais

complètement atterré. Puis c'est

à partir de là, j'ai dit:

"Je suis bloqué, il faut

que je retourne."

Ce n'est qu'en 2008 que

finalement je suis revenu. Et je

suis allé à la Cité collégiale.

La personne que j'ai rencontrée

était une personne qui

connaissait l'Afrique, qui

connaissait les Africains. Puis

la personne m'a dit: "Je connais

l'Afrique. Vous m'avez aidé,

vous m'avez montré des valeurs

qui marchent. Je m'en vais vous

montrer aussi des valeurs qui

marchent ici au Canada." Et

la seule personne qui m'a montré

que tout ce que j'avais comme

valeurs, compétences. Oui,

vous êtes des gens qui ont

des compétences, mais il faut

seulement les revoir en fonction

de ce que nous cherchons ici,

au Canada. Puis, posez-vous

d'abord la question avant

de chercher l'emploi.

Où êtes-vous?

Et qui êtes-vous? Pour quel

emploi ici, au Canada? Donc,

alors, je ne m'étais jamais posé

la question: "Où êtes-vous?"

Moi, je voulais arriver,

commencer à jouer.

À des moments précis, on a

vraiment besoin d'aide. Au

moins pour faire les cours

d'intégration. Comment rendre

les formations d'intégration

quasi obligatoires et ne pas

nous donner cette liberté

de les prendre ou de ne

pas les prendre?

Quand on arrive ici, il y a

aucune orientation. Moi,

j'aurais voulu qu'on nous dise:

"Voici. Vous devriez suivre

ça. Ça va vous aider." Tandis

qu'ici, les Canadiens, ce sont

des gens qui aiment bien

la liberté des gens,

la liberté du choix.

Quand j'ai terminé la formation,

je me rappelle, ils m'ont

posé la question à la Cité:

"Qu'est-ce que tu vas faire

désormais?" J'ai dit: "Il y

a une chose, je n'ai plus peur."

Je suis devenu pas mal canadien

dans ma façon de faire, de

fonctionner. La seule chose que

j'aimerais et c'est mon rêve,

c'est de retourner au Burundi

en tant que Canadien d'origine

burundaise et d'y apporter des

valeurs qui sont fondamentales.

Puis, je pense que ce rêve,

je le réaliserai à travers

l'éducation. Amener le Canada au

Burundi et puis le Burundi au

Canada pour faire quand même...

J'ai la chance d'appartenir à

ces deux pays, mais mon rêve,

c'est d'y arriver et de faire

rencontrer les deux pays.


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