Image univers TFO 24.7 Image univers TFO 24.7

TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Le divan: L'Ontario francophone multiculturelle

« Les minorités raciales représentent maintenant 10 % de la population francophone de la province. On compte des gens originaires de l’Asie, de l’Afrique, du Moyen Orient et de l’Europe. » Le visage de la francophonie en Ontario devient de plus en plus multiculturel et reçoit l’implication de la jeunesse. Rym Ben Berrah est une jeune adulte qui défend l’intégration des minorités raciales et francophones en Ontario. Elle se bat pour l’accessibilité d’une langue qui fait désormais partie de sa culture et de son identité.



Réalisateur: Caroline Leal
Année de production: 2015

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
TFO 24.7


RYM BEN BERRAH, coprésidente de RÉFO, entre dans le studio, ajuste la petite télé à l'aide d'un bouton et va s'asseoir sur le Divan.


RYM BEN BERRAH

Ce qui est en train de changer

dans la francophonie en Ontario,

c'est en fait son visage et sa

démographie ainsi que son

"inclusivité" et sa population.


Le texte suivant apparaît : Les minorités raciales représentent maintenant 10% de la population francophone de la province. Office des affaires francophones de l'Ontario.


RYM BEN BERRAH

Moi, je suis arrivée au Canada

il y a dix ans. Je suis arrivée

en Ontario, il y a huit ans

et puis depuis, je vis dans

un Ontario français. Je vois que

les jeunes sont de plus en plus

impliqués et puis que le visage

de la francophonie est de plus

en plus divers et inclusif

par rapport à l'immigration

francophone en Ontario.

Moi, je suis née de parents

algériens, mais j'ai grandi à

Tunis en Tunisie où j'ai été

pendant 15 ans. Et je suis

arrivée à Montréal le jour

de mes 15 ans. Mes parents

pensaient que c'était

le cadeau d'une vie.

J'avais vraiment soif d'une

multiculturalité plus profonde

et de voir un Canada plus grand

et c'est pour ça qu'on a

décidé de partir à Ottawa.

Ce qui m'a le plus surprise,

c'est vraiment de rencontrer

des Franco-Ontariens et c'est

vraiment en rencontrant ces

gens-là et en m'inspirant de

leur culture que j'ai commencé

à écrire puis à devenir

moi-même de jour en jour

Franco-Ontarienne. Jusqu'à

aujourd'hui ou à tous les jours,

je décide de rester ici encore

et encore.


Des photos provenant des archives personnelles de RYM défilent.


RYM BEN BERRAH (Narratrice)

Quand je me suis inscrite

à La Cité, je savais pas trop

où je m'en allais comme n'importe

quelle jeune au début de la

vingtaine quand on nous demande:

"Qu'est-ce que tu veux faire

de ta vie?" Et là, en fait, j'ai

commencé à m'impliquer. J'ai été

élue représentante de ma classe

le premier jour où je suis

arrivé et ensuite, ça a juste

déboulé.


On revient à RYM assise sur le divan.


RYM BEN BERRAH

Ce qui m'a le plus

inspiré quand je suis arrivé

au Canada, bien c'est que ma

famille a eu de la misère pour

s'intégrer et pour s'impliquer

en français au Canada. Ça a été

quelque chose qui m'a remplie

d'espoir, mais aussi de rage

et aussi de passion. Et je pense

que c'est là que j'ai commencé

à vouloir me battre. C'est

pour mes parents.

Aujourd'hui, je m'implique parce

que je voudrais offrir un milieu

encore plus inclusif et encore

plus sécuritaire aux nouveaux

arrivants. Que ce soit par

rapport aux choix académiques,

que ce soit par rapport à

l'accessibilité aux études en

français en Ontario et même par

rapport à la santé mentale,

je trouve que c'est vraiment

important de commencer des

conversations qu'on risque

des fois de commencer dans

la société en général,

mais qui sont très, très

importantes pour notre

jeunesse puis pour notre avenir.

Être en milieu minoritaire au

départ, ça a été une faiblesse

pour moi, dans le sens que,

par exemple, si je fais une

introspection rapide, bien,

je suis une femme, je

suis musulmane, je suis

francophone et même, le

français, c'est ma deuxième

langue. Donc, juste en partant

de ça, il y a beaucoup de

groupes minoritaires que je

représente. Donc, mon identité

est intersectionnelle dans ce

sens-là et j'ai l'impression

que, des fois, même dans un

milieu inclusif, j'ai besoin

de choisir: OK, quel groupe

minoritaire je suis aujourd'hui?

Qu'est-ce que je dois défendre?

Donc, c'est vraiment dans ce

sens-là que je trouve qu'il y a

encore beaucoup de travail

par rapport à ça. Si moi, je me

sens comme ça, alors que je

fréquentais l'Ontario français

depuis huit ans, bien, une

personne qui vient d'arriver,

comment elle se sentirait? Puis

c'est ça qui m'allume vraiment.

C'est de savoir qu'on y est pas encore.

Souvent, on me pose la question,

on me dit: "Tu viens d'où?"

Ou on me dit: "Oh, pour une

musulmane, tu es quand même très

cool." Et moi, je réponds dans

ma tête: merci pour ton racisme!

Si on peut le dire comme ça,

ça part de l'ignorance. Des

fois, c'est pas méchamment qu'on

le dit, mais ça nous touche

beaucoup. Donc, quand on me pose

la question "Tu viens d'où?",

bien je fais "Bien, d'ici,

comme toi, comme nous,

comme nous tous."

Et là, on dit: "Mais tu viens

d'où? D'où?" Ça compte

quand même pour du racisme.

Le français, pour moi, c'est

vraiment plus qu'une langue.

C'est une culture. C'est une

chose que j'ai apprise à l'école

dès mon jeune âge. Dès 8 ou

9 ans, j'ai appris l'ABC

des Français. J'ai commencé à

composer des petites rimes et

des petits poèmes pour mes

parents. Et donc, pour moi,

c'est aussi un combat de faire

perdurer cette belle langue.

Donc, si on se lève le matin

puis qu'on a un plaisir

viscéral à pratiquer cette

langue, que ce soit ici ou

ailleurs dans le monde, bien,

c'est une identité que l'on

doit préserver pour les

générations futures.

Je me suis toujours demandé

pourquoi quand on parle

d'histoire, on parle de

l'histoire qui est déjà achevée

et non de l'histoire qui est en

train de s'écrire aujourd'hui.

L'histoire de l'Ontario

français est loin d'être

achevée et j'espère qu'elle

ne s'achèvera jamais. Donc, oui,

l'implication des nouveaux

arrivants ainsi que des

minorités visibles est très

importante pour l'histoire

de l'Ontario français.


RYM se lève, va vers le petit téléviseur, tourne un bouton et quitte le studio.


Épisodes

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Divertissement
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Éducation
  • Catégorie Fiction
  • Catégorie Musique
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par