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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Le divan : L'amputation congénitale

À 18 ans, Charlie Rousseau est habituée aux regards curieux et interrogateurs des inconnus qui la croisent dans la rue. À cause de sa très petite taille et de son seul doigt, elle a fait l’objet de nombreux questionnements au courant de sa vie. L’étudiante au programme de radiodiffusion de La Cité est née avec une amputation congénitale. Sa différence physique avec les autres jeunes gens de son âge ne l’a toutefois jamais arrêtée dans ses projets de vie. Elle manipule aussi bien la console que ses collègues, cuisine et se coiffe sur une base quotidienne. Pour tout dire, elle ne se sent absoluement pas différente des autres.



Réalisateur: Caroline Leal
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
TFO 24.7


CHARLIE ROUSSEAU, ajuste le téléviseur avant de s'approcher du Divan. [CHARLIE ROUSSEAU

Mon handicap, c'est amputation

aux membres supérieurs et

inférieurs congénitale, ce

qui veut dire à la naissance.

Donc, c'est vraiment naturel

dans le fond comme cause.

Tout à l'intérieur est correct.

Simplement qu'il y a des membres

qui n'ont comme pas eu le temps

de pousser. Quand ma mère était

enceinte de moi, après sept

mois, les docteurs lui ont dit

qu'il y avait une anomalie, mais

sans rentrer dans les détails

parce qu'il fallait faire des

examens à Montréal et tout ça.

Dans ce temps-là, mes parents

vivaient en Abitibi.

On n’avait pas de résultats. On

savait pas quoi. Mes parents n’ont

pas voulu en savoir plus. Donc,

ça a été vraiment une surprise

deux mois plus tard,

à ma naissance... Youpi!

Dès que je suis née,

les médecins se sont emparés de

moi pour faire plein de tests,

savoir si mon cerveau était

correct, si mes organes et tout

ça. Et là, ils ont découvert que

finalement, à l'intérieur, tout

était correct. Un des docteurs,

alors que j'avais je crois

quelques mois, a dit à mes

parents que je ne marcherais

jamais, que le mieux pour moi,

c'était d'amputer mes pieds

parce que comme ça, je pouvais

avoir des prothèses dans le

futur pour pouvoir marcher.

Parce que dans le cas contraire,

je serais en chaise roulante

toute ma vie et je pourrais

jamais marcher. Mais moi,

je suis née avec des pieds, donc

mes parents ont dit non. Si elle

marche pas, elle marchera pas,

mais elle aura des pieds.

Ma famille a toujours été

ouverte. Autant mes tantes, mes

oncles. Ils n'ont pas eu peur

de... Ils sont pas:

"Oh, pauvre petite.

Elle a un bras, on va la ménager.

" Non, non. C'est: "Tu vas le faire,

tu vas passer la balayeuse."

Donc, je faisais de la danse

quand j'étais petite.

J'ai voulu faire du ballet,

j'ai fait du ballet.

Pas longtemps parce que

c'était pas ma tasse de thé.

Les enfants ont toujours eu

une certaine curiosité. C'est

toujours le cas dans le fond.

Adultes, enfants, peu importe.

Les gens sont curieux de savoir

pourquoi, comment, tout ça. Et

ils sont un peu attirés vers moi

et ça a été tout le temps comme

ça dans ma vie. Moi, j'ai tout

le temps appelé un chat un chat,

donc si tu as une question,

faut pas que tu te ménages

pour la poser. Les gens sont

curieux et la plupart du temps,

quand ils m'abordent pour poser

leurs questions, ils disent

tout le temps: "Ah, je veux pas

te blesser, mais je me pose

vraiment la question." Non, non.

Pose-la ta question. Tu te

demandes comment je me fais

les cheveux au fer plat. C'est

normal que tu me le demandes.

Je vais te répondre tout simplement.

Selon moi, c'est un atout

de pas être gênée et de pas être

offusquée quand les gens posent

des questions parce que ça

servirait à quoi de toute façon

de l'être? Moi, quand j'étais

petite, dans un centre d'achats,

quand plein d'enfants me

regardaient, je me disais

que j'étais une célébrité et

que c'était pour ça que les gens

me regardaient. Parce que quand

tu vois une célébrité dans un

centre commercial, c'est évident

que tu l'observes. Donc, je me

disais que c'était pour ça et

que c'était parfaitement normal.

Toute mon enfance, j'étais dans

la danse, le chant, le théâtre.

J'ai tout le temps fait des arts

de la scène, des arts dans les

communications. Et je parle

tout le temps aussi. J'ai

décidé d'aller en radio parce

que La Cité avait le programme

qui dure deux ans, donc c'est

vraiment bon. Moi, vu que je

vivais à Saint-Jérôme et que

La Cité, c'était à Ottawa,

j'ai passé une sorte d'entrevue

téléphonique pour me faire

admettre dans mon programme.

La veille avant la rentrée

scolaire de La Cité, ma mère

est avec moi pour aménager à

la résidence. Puis là, ma mère,

un peu inquiète évidemment, elle

écrit à mes professeurs pour

savoir comment ça va se passer,

tout ça. Puis, mes professeurs

savaient pas que j'avais un

handicap. Mais c'était pas

par exprès. J'ai pas fait exprès

pour ne pas le mentionner.

Simplement que moi, j'y pense

plus et c'est pas une nécessité.

Pourquoi je l'aurais dit?


Des photos de CHARLIE avec des collègues de son programme d'études sont diffusées dans le petit téléviseur pendant le témoignage.


CHARLIE ROUSSEAU

Quand on me connaît pas, c'est

parfaitement normal. On ne sait

pas de quoi je suis capable.

On ne sait pas si je peux

m'habiller toute seule, si je

peux... Ils savaient rien. On se

rencontrait. Donc, ils avaient

un peu peur que je me trompe,

que je perde autant du temps

que de l'argent que tout ça

dans ce programme-là

si j'y arrivais pas. C'est

un programme assez difficile.

C'est demandant. S'il y a

des personnes avec dix doigts

qui sont... peuvent pas faire

leur vie en radio, imagine une

personne avec un doigt. Fait que

j'imagine que c'est ça qu'ils

se sont dit. Je me suis dit:

Bien je vais essayer, puis

si je "toffe" pas la mi-session,

je trouverais quelque chose

d'autre. C'est tout." On a

le droit de se tromper.

Mais finalement, j'ai prouvé

À tout le monde que des portes,

j'étais capable d'en défoncer.

Puis que j'en défonce

depuis 18 ans déjà. Je pense

que c'est loin d'être terminé.

Donc, je pense bien que... Puis

ça, ils seraient d'accord avec

moi aujourd'hui, s'ils étaient

là, de dire que je suis assez

compétente pour faire de la radio.


CHARLIE ROUSSEAU se lève du Divan et sort du studio.

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