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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Suzanne Bonneville : pour le maintien de l'AFPED

10 % de la population canadienne est aux prises avec un trouble d’apprentissage. Selon l’Association francophone des parents d’enfants dyslexiques (AFPED), 7600 des enfants canadiens fréquentant des établissements scolaires francophones ont un trouble d’apprentissage. Pour les parents concernés, apprendre que leur enfant a un TA, est un moment très difficile. Ils se sentent souvent jugés et dépourvus de ressources. Le but de Suzanne Bonneville, lorsqu’elle a créé l’AFPED, était d’accompagner les parents afin qu’ils puissent mieux comprendre le trouble de leur enfant.



Réalisateur: Caroline Leal
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

SUZANNE BONNEVILLE s'assoit sur le divan et parle de l'Association Francophone des parents d'enfants dyslexiques dont elle est fondatrice.


SUZANNE BONNEVILLE

Nous, on a eu notre fille

après neuf ans de mariage.

Donc, ça faisait déjà neuf ans

que j'enseignais. J'avais vu

beaucoup d'élèves qui avaient

des difficultés dans les classes.

Donc, j'avais lu tout

ce que je pouvais pour m'assurer

et j'ai fait tout ce que je

pouvais pour m'assurer que notre

fille n’ait pas de difficulté

quand elle a commencé à l'école.

Dès la première année, au

premier bulletin... Je faisais

des devoirs avec elle et

je savais qu'il y avait quelque

chose qui n’allait pas. Je suis

allée voir la direction, j'ai

dit: "Jérôme, je comprends pas.

Je travaille avec ma fille, tout ça,

puis elle semble deviner

quand elle lit et elle n’apprend

pas à écrire." Ça nous a pris

neuf évaluations avant

de finalement avoir le bon

diagnostic. Un moment donné,

j'ai regardé mon mari, puis j'ai

dit: "Écoute, nous, on est dans

le monde de l'enseignement,

on a voulu bien faire,

on a fait tout ce qui était écrit,

qui était préconisé par les documents

de l'AFO pour 'éviter que

votre enfant ait des troubles

à l'école' et tout ça, 'comment

accompagner votre enfant'

et tout." Et malgré ça, c'était pas

assez pour aider notre fille.

Alors, j'ai dit: "Si nous,

on a manqué le bateau avec ça,

imagine les pauvres parents

qui sont pas dans le domaine,

qui ont besoin d'aide." Donc,

j'ai vu que dans la communauté

francophone, il y avait un grand

besoin pour une association

comme la nôtre.

Lorsqu'un parent apprend

que son enfant a un trouble

d'apprentissage, c'est un choc.

On se sent jugé dans la famille,

tu te sens jugée par ton mari,

tu te sens jugé par la famille.

Il y en a qui vont dire:

"Bien, tu le gâtes trop,

tu devrais pas faire ci, faire ça."

On sait plus où aller.

Alors, quand les gens viennent

à l'association, ils se rendent compte

qu'il y a personne qui juge personne.

On fait toujours de notre mieux

pour aider les enfants.

Ça brise cet isolement-là

que les mères vivent.

Nous sommes un groupe de

parents - de parents bénévoles

très, très, très dédiés -

qui travaillons pour aider à

d'autres parents à comprendre le

trouble d'apprentissage de leur

enfant, à leur expliquer comment

travailler avec l'école pour le

bien de l'enfant. En ce moment,

l'association a des groupes

d'appuis. Nous en avons ici,

à Ottawa. Nous en avions un

à Sudbury, à Hearst, à Windsor,

à Timmins. L'association peut

encore exister grâce

aux adhésions et aux dons

que nous recevons.

En ce moment, l'association vit

des moments difficiles. Il y a

de fortes chances que nous

soyons obligés de réduire

ou d'annuler nos services

en provinces parce qu'il y a

énormément de demandes.

Présentement, tout le travail de

l'association est fait par des

bénévoles. Tout ce qui s'appelle

gestion de l'association,

que ce soit les demandes de

subventions, que ce soit faire

des rapports, c'est fait par

des bénévoles, entre autres moi

et mon mari. Moi qui ai 67 ans,

mon mari qui a 69 ans. Ça fait

18 ans. Alors, l'association a

fait ses preuves, mais on a

aussi besoin de financement

pour pouvoir continuer à offrir

des services de qualité dont les

parents ont besoin. Nos seuls

revenus sont les adhésions

et les dons, et nous espérons

pouvoir sensibiliser

la communauté à l'importance

d'avoir une association

francophone pour aider la relève

francophone, nos enfants.

Il serait triste de voir

une association comme la nôtre

disparaître. Je continue de

travailler pour l'association,

pas parce que j'en ai besoin,

pas parce que ma fille en a

besoin, mais parce que j'ai

vu qu'il y avait un grand

besoin pour les parents.

Il ne faut jamais oublier

qu'aucun enfant ne choisit

d'avoir son trouble

d'apprentissage. Il commence

pas l'école en se disant:

J'apprendrai pas à lire,

j'apprendrai pas à écrire

parce que j'aime ça voir ma mère

stressée, tout ça. Il y a pas

un parent qui veut voir souffrir

son enfant. Donc, ensemble,

on doit travailler pour aider

cet enfant. Et il ne faut jamais

oublier que même si le handicap

est invisible, que ces

enfants-là et que ces parents-là

souffrent énormément.




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