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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Jean-François Breau: Singer-Songwriter

He was born in Hamilton, Ontario, and grew up in New Brunswick. Today, he´s made a name for himself in Montreal. As a child, Breau wanted to become a cardiologist, but he decided to take a stab at a career in music. In 1998, he won several contests, which opened a few doors and eventually landed him the role of Gringoire in the musical Notre-Dame de Paris. Albums and performances soon followed, and he even hosted some television programs. Yet for all his success in Quebec, Breau remains a proud Acadian, a guy from Tracadie-Sheila who made an indelible mark in Montreal.



Réalisateur: Charles Pepin
Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

JEAN-FRANÇOIS BREAU, auteur-compositeur-interprète, s'installe à la guitare dans un studio d'enregistrement.


JEAN-FRANÇOIS BREAU (Narrateur)

Je m'appelle Jean-François

Breau. Je suis

auteur-compositeur-interprète.

Je viens de Tracadie-Sheila,

au Nouveau-Brunswick.

Je suis officiellement

auteur-compositeur-interprète

chanteur depuis 1996.

Je dis 1996, ça fait plus vieux.

Je pense que ce qui fait

une bonne chanson, c'est

l'authenticité du message

dans le texte. Et c'est d'être

capable de rechanter la mélodie

ou, en tout cas, une partie

de la mélodie après la première

fois qu'on l'a entendu.

Je pense que si c'est un bon ver

d'oreille, puis si le message

nous interpelle, je pense que

c'est ce qui fait qu'une

chanson est bien construite.

La première guitare que j'ai

prise dans mes mains, c'est

une guitare que mon père avait

achetée à mon frère plus jeune,

qui s'en était jamais servi.

Moi, j'ai pris cette guitare-là

un moment donné parce que

j'avais comme une peine

d'amour à sortir.

J'ai demandé à mon père deux,

trois accords, puis j'ai écrit

une chanson qui s'appelle

Why? En anglais. Puis là, j'ai

fait cette chanson-là.

Puis là, ça a attiré l'attention

de mes amis. Puis c'est

comme ça que ça a commencé.


Titre :
Carte de visite


LINDA GODIN, l'animatrice s'entretient avec JEAN-FRANÇOIS dans un studio de musique.


LINDA GODIN

Jean-François Breau, bonjour.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Bonjour.


LINDA GODIN

Tu voulais devenir

cardiologue.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Oui.

LINDA GODIN

Qu'est-ce qui s'est passé?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Hé, Seigneur! Il s'en est

passé des choses. Pour...

pour ne pas aller en

cardiologie, déjà, il manquait

du focus à l'université.

Je suis rêveur, moi, dans

la vie. Puis j'ai vraiment aimé

les trois mois que j'ai faits

À l'université de Shippagan,

l'Université de Moncton,

au campus de Shippagan.

C'est pas les professeurs

qui étaient pas intéressants,

au contraire. C'était des

passionnés. Puis il y en a un,

Jules de Tibeiro, mon professeur

de mathématiques, qui était

en avant de la classe un moment

donné, puis c'est un vrai

passionné lui, là. Ça revolait

puis la craie de tableau, il

en avait dans la face, partout.

Puis là, il disait, un moment

donné: "Vous devez être

passionnés de ce que vous

faites dans la vie".

Puis, à ce moment-là, j'étais

en train d'écrire des paroles

de chanson sur mon cartable de

mathématiques. Ça fait que là,

j'ai fait: Ah! Ça m'a, ça

a raisonné, ces paroles-là. Oui.

Ça a été le déclic. Puis là,

c'est en 1996, ça. J'ai

décidé de faire une pause à

l'université pour m'inscrire...

finir des chansons que j'avais

composées, puis m'inscrire

dans des concours de chant, que

ce soit Caraquet, Petite-Vallée,

Saint-Ambroise, Granby.

Pour moi, c'était comme aller

trouver une réponse pour voir si

je pouvais me permettre de faire

ça dans la vie pour vrai.

J'ai pas gagné cette année-là,

mais j'étais "hooké",

comme on dit par chez nous.

J'avais goûté à cet univers-là.

D'autres bibittes comme moi

qui composaient leurs chansons

dans leur chambre, tout seul. Tu

sais, c'est solitaire comme, on

va dire comme métier, le métier

d'auteur-compositeur. Parce que

t'es dans ton univers, tout ça.

Ça fait que là, moi, je

rencontrais d'autres mondes

comme moi, qui parlaient

le même langage que moi.

Puis là, j'aimais ça. Ça fait

que j'ai pas gagné cette

année-là, mais j'ai réécrit

d'autres chansons. Puis l'année

d'après, en 1998, je me suis

inscrit. Là, j'ai refait

la tournée des concours.


LINDA GODIN

Là, t'as raflé.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Oui. Là, j'étais un peu mieux

préparé, puis j'ai gagné cette

année-là. Tu sais, puis c'est

une question aussi de... les

étoiles étaient bien alignées.


LINDA GODIN

Hum-hum!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Et le prix du jury et le prix

du public aussi. C'est ça,

pour moi, qui me faisait le plus

plaisir. C'était le public qui

était dans la salle, que ce soit

à Caraquet ou à Petite-Vallée

ou à Granby, euh... pour moi,

ça a été une belle année.

Puis là, je voulais

faire ça dans la vie.


LINDA GODIN

C'est ça, 1998, c'est

vraiment l'année tremplin.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Complètement. C'est l'année

qui était comme... C'est un,

c'est le premier carrefour de ma

carrière, si tu veux. Parce que

c'est drôle, hein, en 1998,

rapidement, là, je suis sorti

de Granby, j'ai gagné Granby

en septembre 1998.

Fin octobre, on est au Gala

de l'ADISQ avec mon père. Puis

mon père, il était mon gérant

depuis, là, quelques mois

seulement. Mon père est musicien

dans la vie. Je savais que

c'était la bonne personne

pour être à côté de moi.

Ensemble, on faisait

un beau team, tu sais.

J'avais une grande confiance

en lui puis lui en moi.

On s'est dit: On va avancer,

on va faire un bout ensemble.

On se rend au Gala de l'ADISQ,

on se trouve des billets

qu'on achète, tout ça. Puis

ça nous donne comme une passe

pour aller au party après.

Et là, au party, après l'ADISQ,

premièrement, au show de l'ADISQ,

on est assis, on

regarde Bruno Pelletier chanter

Le temps des cathédrales.

C'était l'année où

Notre-Dame de Paris raflait

tout, puis... Là, je me disais:

Mon Dieu, c'est ça que je veux

faire dans la vie. Je suis

assis, là, moi, puis je regarde

ça, puis je me dis: Je veux

chanter sur des grandes scènes

pour un public énorme. Je veux

chanter des grandes chansons

comme ça, comme Bruno Pelletier

fait. Il est 9h30 du soir.

Bien, à 11h15, on est au party

après et Luc Plamondon entre

dans la pièce et mon père, lui,

d'un réflexe de je sais pas

quoi, de nouveau gérant, il me

pogne par le bras puis il dit:

"On va aller le voir, nous

autres, Luc Plamondon". Parce

qu'on savait qu'il y avait

des auditions qui se faisaient

pour la deuxième vague de

Notre-Dame de Paris.

Il me prend par le bras,

il m'emmène près de Luc

Plamondon, puis il me présente

à Luc en disant: "Bonjour,

M. Plamondon. Je vous

présente Jean-François Breau,

auteur-compositeur, gagnant de

Granby". Et la chance là-dedans,

c'est que Louise Forestier,

qui est à côté de Luc Plamondon,

elle était juge à Granby

deux mois avant.

Ça fait qu'elle dit: "Bien oui,

Luc". Elle dit: "Jean-François

Breau, il faut que tu le

rencontres, puis que tu

l'entendes et tout ça".

Ça fait que j'étais en audition

devant Luc Plamondon

deux jours après pour le

rôle de Gringoire dans

Notre-Dame de Paris.

Ça fait que ça a été le premier

grand pas dans cet univers-là,

dans ma carrière. Un an, deux

ans avant, je pensais pas, moi,

être chanteur dans une comédie

musicale. Je pensais pas,

c'était pas ça mon... l'image

de la réussite, pour moi. Je

me disais: Je vais être un Bryan

Adams ou chanter, tu sais,

avec mon stuff, mes affaires,

mes chansons, avec ma guitare.

Mais là, je me ramasse, je me

retrouve dans un beau trip

de gang à me déguiser, me

maquiller, à avoir... Tu sais,

on est 100, là, sur cette

équipe-là. C'est comme le

Cirque du Soleil, tu sais.

Ça fait que ça, pour moi, ça

a été une grande école pour moi.

Puis je suis content d'avoir

passé à travers ça. Puis je

serais peut-être... Tu sais,

tu me demandais au début:

"Serais-tu rendu à la même place

aujourd'hui si t'avais pas vécu

ça et si ça n'avait pas

débuté comme ça?"

Je pense... Je sais pas.

Peut-être que je serais

à la même place, mais je pense

que je serais pas aussi complet

que je suis aujourd'hui.

Autant au niveau de l'endurance,

du jeu, de la technique.

J'ai appris. Ça a été

une grande école pour moi,

la comédie musicale.


JEAN-FRANÇOIS BREAU chante en s'accompagnant à la guitare.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

(Chantant)

♪ Encore repartir pour l'école ♪

♪ Avec mon sac à dos trop gros ♪

♪ Encore avoir le poids

du monde sur le dos ♪

♪ Quand je suis assis

dans le fond de ma classe ♪

♪ Que j'essaie de suivre

que tout me dépasse ♪

♪ Je ferme les paupières ♪

♪ Je fais le vide ♪

♪ Je prends les airs ♪

♪ Même si je suis

petit petit petit ♪

♪ Je m'envole haut haut haut ♪

♪ Je rêve grand grand grand ♪

♪ Puis j'y crois fort fort fort ♪

♪ En ligne avec les autres minus ♪

♪ Et puis coincés dans l'autobus ♪

♪ Je rentre chez nous

il est tard il fait déjà noir ♪

♪ Quand entre mon père

ma mère ça brasse ♪

♪ Et que l'angoisse me ramasse ♪

♪ Je ferme les paupières ♪

♪ Je fais le vide je prends les airs ♪

♪ Même si je suis petit petit petit ♪

♪ Je m'envole haut haut haut ♪

♪ Je rêve grand grand grand ♪

♪ J'y crois fort fort fort ♪

♪ Je suis petit petit petit ♪

♪ Je m'envole haut haut haut ♪

♪ Je rêve grand grand grand ♪

♪ J'y crois fort fort fort ♪


U extrait de la comédie musicale DON JUAN est présentée. JEAN-FRANÇOIS BREAU interprète DON JUAN.


DON JUAN

Allez, jouez pour moi!

Encore! Pour mon plaisir.

(Chantant)

♪ Je veux le corps des femmes

et la guitare des musiciens ♪

♪ La peau d'une sultane

encore humide sous mes mains ♪

♪ Je veux sentir les flammes

de leur désir jusqu'au matin ♪

♪ Je veux que sous mon charme ♪

♪ Elles se sentent bien ♪

♪ Je veux que l'on me serve

encore des bouteilles de vin ♪

♪ Versez-les sur leur corps que

je les boive sur leurs seins ♪

♪ Je veux rester la nuit

j'aurais pas besoin de dormir ♪

♪ Tant qu'il y aura ici

des femmes et du plaisir ♪

♪ Du plaisir ♪

♪ C'est bien tout

ce que je veux du plaisir ♪

♪ Pour en allumer les feux ♪

♪ Et laisser dans un soupir

quelques gouttes de plaisir ♪

♪ Je veux le corps des femmes

et la musique jusqu'au matin ♪

♪ Les yeux d'une gitane

pour que je leur fasse du bien ♪

♪ Je veux jouer jouer encore ♪

♪ Sur vos guitares,versez du vin ♪

♪ Jouer jouer plus fort ♪

♪ Pour que je prenne

jusqu'à demain ♪

♪ Du plaisir ♪

♪ C'est bien tout

ce que je veux du plaisir ♪

♪ Pour en allumer les feux ♪

♪ Et laisser dans un soupir

quelques gouttes de plaisir ♪


On revient à l'entretien entre LINDA GODIN et JEAN FRANÇOIS BREAU.


LINDA GODIN

Jean-François, Don Juan,

une autre comédie musicale.

Cette fois-ci, tu jouais le rôle

principal, celui de Don Juan.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Oui.


LINDA GODIN

Ça aussi, ça a été un point

tournant dans ta carrière.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Ça, ça a été un point tournant

dans ma carrière, effectivement.

Un autre moment où je me suis

lancé dans le vide, tu sais. Je

trouve que ces moments-là sont

des moments où je me jette en

bungee, tu sais, dans le vide.

Don Juan, ça a été là

où je reprenais pas un rôle

de quelqu'un, que quelqu'un

avait commencé.


LINDA GODIN

C'est vrai.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

On construisait une comédie

musicale, un spectacle,

des personnages du départ,

de la base. Après plusieurs,

un processus de plusieurs

auditions aussi. Hum...

On me choisit, on me dit:

"Tu vas être Don Juan.

Voici le reste des personnages,

dont 'Maria' Janvier."

Ça a été un moment tournant dans

ma carrière, puis dans ma vie

personnelle aussi. Hum...

Don Juan, 400, presque 500

spectacles plus tard, je me

rends compte que ça a été la

continuité. Ça a été la deuxième

étape universitaire pour moi.

Là, j'avais pas seulement...

Tu sais, j'arrivais dans

Notre-Dame de Paris,

au début, c'est un spectacle

qui était un succès.


LINDA GODIN

Qui était rodé.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Oui. Puis il fallait suivre

le plan. Là, la recherche était

intéressante dans le spectacle

de Don Juan. Avec le même

metteur en scène, Gilles Maheux,

et Félix Gray, qui est

l'auteur-compositeur,

qui était très... très attaché

à son oeuvre, tu sais. Puis,

on était ses enfants, tu sais.

Les chanteurs, on était, là,

précieux comme ses enfants.

Ça fait qu'il y a eu beaucoup,

beaucoup d'amour de mis dans ce

spectacle-là. Ça a été la plus

grande réussite professionnelle

que j'ai faite jusqu'à maintenant.

Puis ça a marqué le

public autour aussi.


LINDA GODIN

Est-ce que la pression était

plus grande pour toi, pour ce

spectacle-là, parce que t'avais

le rôle principal, que dans

Notre-Dame de Paris

par exemple?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

J'étais naïf de penser que

non. Je pensais, moi: Ah, mais

ça va être correct. Puis, tu

sais, je veux dire, c'est ça. Je

pense que c'était... Ma petite

expérience du métier faisait

que j'avais une naïveté bien...

comme Bambi qui s'en va dans

le bois, qu'il voit pas aucun danger,

tu sais. Puis là, on me disait:

"Tu sens pas de pression?"


LINDA GODIN

C'est peut-être mieux même.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Bien, je pense que oui,

ça m'a protégé à quelque part.

Parce qu'à la première

du spectacle, le lendemain, il y

a plein de critiques qui sont

bonnes, mais il y en a une

qui dit: "Un bon spectacle

au centre mou".

Puis là, je fais: Ah, peut-être,

je sais pas. Peut-être

l'éclairage. Peut-être la scène.

Ah! Tout est bon, sauf Don Juan.


LINDA GODIN

Ah!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Manque de crédibilité. Trop

jeune. On aurait préféré un Don

Juan plus d'expérience, tout ça.

Hé, là, là, je suis comme...

J'ai été en convalescence

pendant trois jours.

Chez nous, en robe de chambre,

à manger du chocolat.


LINDA GODIN

Roulé en boule dans le lit.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

À dire: Mon Dieu, je vais me

sauver dans le bois. Puis ça a

été ma première... ma première

vraie critique qui m'a fait mal.

Et...


LINDA GODIN

Là, t'avais pas encore

une couenne, là.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Zéro, zéro. J'étais...

le petit nouveau qui arrivait,

green. Puis, là, ça a été la

première fois où il a fallu que

je surmonte mes propres démons.

Puis au lieu de me répéter

cette phrase-là dans ma tête:

"Manque d'expérience, centre

mou, on n'y croit pas au

personnage", deux jours après,

quand je suis remonté sur scène

au Saint-Denis, c'était vraiment

un gros travail mental d'essayer

de me redonner confiance

moi-même, reprendre confiance.

Et à chaque soir, rebâtir

cette confiance-là.

Puis après, bien, ça a été

le succès qu'on a connu.


LINDA GODIN

Oui.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Mais ça a été une grande

expérience pour moi, ça,

ce moment-là. Il a fallu...


LINDA GODIN

Que tu travailles fort

le mental, comme dirait l'autre.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Le mental. Je me suis fait une

couenne, comme tu disais. Puis,

aujourd'hui, ça me sert, ça.


LINDA GODIN

Et ça a été, tu l'as dit tout

À l'heure, ça a été vraiment un

grand succès. Vous avez tourné

à l'étranger. Entre autres,

à Séoul où là c'était,

il faut que tu me racontes ça,

l'hystérie, n'est-ce pas?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Hé, Séoul, là, ça a été

toute une expérience. Moi,

premièrement, je suis jamais

allé en Asie de ma vie. On

arrive là, c'est les conférences

de presse. C'est un

langage qu'on connaît pas.

C'est pas latin.

On peut pas identifier aucune

des paroles, aucunement de ce

qu'ils disent. Ça fait que là...

Mais il y a une chose, par

exemple, c'est des francophiles.

Ils sont amoureux des comédies

musicales. Ils sont amoureux

de la langue française.

Puis là, ils se trouvent

des phrases, le public coréen

se trouve des phrases pour nous

dire comment ils nous aiment,

puis tout ça. Ça fait que quand

on sortait, je me rappelle,

on a joué là pendant un mois,

deux mois, et devant des foules

de 2000 personnes à chaque soir.

Puis tu te dis: Comment

ils me connaissent ici?

Bien, c'était vraiment par

amour des comédies musicales.

Ça fait que là, à chaque fois

qu'on sortait de la salle,

il y avait 100, 200 personnes

qui nous attendaient avec des

cadeaux, en hystérie, comme

si on était comme les Beatles.

Puis là, moi, je me disais:

Mon Dieu, ils sont-tu payés,

engagés par la production

pour nous donner confiance?


LINDA GODIN

Oui, oui, oui! Ça fait

partie du show, mais non!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Non, non. C'était vraiment

un amour sincère. Puis ça a été

aussi marquant pour moi,

ce moment-là. Tu sais, on a vécu

ça, nos faces sur les autobus,

sur les pancartes. T'es ailleurs,

t'es complètement

l'autre bout de la planète. Ça,

ça a été, pour moi, une grande

réussite que j'avais pas, au

début, que j'avais pas imaginé.

Mais d'être capable d'aller

chanter en français l'autre

bout de la planète et de faire

notre métier, dans notre langue,

puis que ce soit aimé,

câline que j'ai aimé ça.

J'ai aimé ça, ce feeling-là.


LINDA GODIN

Yeah!


JEAN-FRANÇOIS BREAU, assis seul, se raconte. Tout au long du témoignage, des photos d'Elvis Presley défilent.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Yeah! Thank you very much.

Moi, s'il y avait un artiste

que j'aimerais rencontrer

dans ma vie, m'asseoir avec,

là, pendant une heure pour

jaser, c'est Elvis Presley.

Cet homme-là avait un charisme

fou. Je me suis un petit peu

inspiré de lui, d'ailleurs,

pour mon personnage de Don Juan,

en fait, parce que, tu sais,

il pouvait charmer autant

les filles que les gars, là, tu sais.

Si j'avais un duo à faire

avec Elvis Presley, ce serait

probablement une de ses chansons

qui swingue. Tu sais, du

Hound Dog ou peut-être même

le premier stock, ce qu'il a

sorti au début. Quelque

chose qui brasse.

Premièrement, j'aurais envie

d'avoir deux ou trois, deux

ou trois minutes de cours, là,

de comment il bouge pour vrai.

C'est quoi, ça part d'où cette

affaire-là. Il chante avec quoi,

lui? Il chante avec sa voix,

ses yeux, mais je suis sûr qu'il

y avait d'autres choses. Il

chantait avec d'autres choses.

Je voudrais savoir son truc.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

(Chantant)

♪ You ain't nothing

but a hound dog ♪

♪ Cryin' all the time ♪

♪ You ain't nothing

but a hound dog ♪

♪ Cryin' all the time ♪

♪ Well you ain't never caught

a rabbit and you ain't

no friend of mine ♪

♪ Ta ta ta ta ta ta ta ♪

(Continuant son témoignage)

Je sais pas. J'aimerais ça

"joker" avec, chanter avec,

prendre un verre avec.

Peut-être qu'il est disponible

en haut, un moment donné.

Je me prendrais un billet

pour jaser avec.


On présente un extrait du Bye Bye 2011 où on se moque de JEAN-FRANÇOIS BREAU et MARIE-ÈVE JANVIER.


NARRATEUR

Marie-Ève Janvier et

Jean-François Breau, chacun

de leur bord, ils intéressent

personne, mais ensemble, il y a

peut-être de quoi à faire. Nous

avons greffé ensemble Marie-Ève

Janvier et Jean-François Breau

pour que cette créature à deux

têtes vous chante l'amour

de s'aimer d'amour. Jean-Ève

Branvier, quand l'amour est

plus fort que le quotidien.


En parodie, MARIE-ÈVE et JEAN-FRANÇOIS chantent devant un miroir, ils sont interprétés par VÉRONIQUE CLOUTIER et LOUIS MORISSETTE.


MARIE-ÈVE ET JEAN-FRANÇOIS

♪ Pour te garder ♪

♪ Je suis prêt à me battre ♪

♪ Même contre le tartre ♪

♪ Voilà du papier cul ♪

♪ Pour toi mon coeur ♪

♪ Double épaisseur ♪


NARRATEUR

Constatez à quel point

votre vie de couple est drabe

en écoutant des succès tels que:

Notre amour est plus fort que

la moutarde forte, Ton haleine

du matin sent la vanille, Notre

amour est éternel laisse-moi

raser tes aisselles.

Jean-Ève Branvier, deux âmes,

deux voix, mais un seul destin.

Écoutez ce couple fusionnel

s'aimer au rythme des plus

grandes chansons comme

Moves like Jagger.


MARIE-ÈVE ET JEAN-FRANÇOIS incarnés par VÉRO ET LOUIS s'embrasse en fredonnant.


On retrouve JEAN-FRANÇOIS BREAU en compagnie de LINDA GODIN dans un studio de musique.


LINDA GODIN

Jean-François, depuis

plusieurs années, là,

Marie-Ève et toi, vous faites

carrière ensemble.

C'est venu d'où, en fait,

l'idée de faire des

spectacles ensemble?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Après le spectacle

Don Juan, Marie-Ève a fait son disque.

Moi, j'ai refait un album

solo. Puis là, on faisait

des spectacles.

Puis là, l'autre est jamais trop

loin. Ça fait que là, elle,

Marie-Ève, elle montait sur

scène le temps de deux, trois

chansons. Moi, j'allais dans

ses shows faire deux, trois

chansons. Puis on sentait

toujours que c'était une belle

surprise dans le show. Ça

faisait toujours super plaisir

au public. Même, c'était un des

moments forts de la soirée. Ça

fait qu'on s'est dit: Hé... En

fait c'est nos gérants qui nous

ont dit: "Pourquoi pas faire un

show à deux, monter un

show à deux?" Puis, tu sais, on se

disait: Ah, oui, un show

à deux, ça va être quétaine.

Trop d'amour, on va écoeurer

le monde un moment donné.


LINDA GODIN

Parce que faut faire

attention aussi à ça,

de pas tomber dans le...


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Bien, de pas tomber dans trop

sucré non plus parce que trop

de gâteau au chocolat, c'est pas

mieux non plus. Ça fait que là,

on s'est dit: On va-tu

tanner? Mais non!

On s'est rendu compte que les

gens avaient vraiment envie de

nous entendre chanter ensemble,

en fait. Ça fait qu'on a monté

un show à deux. On a fait

le tour pour aller rencontrer

le public qui était venu

nous découvrir sur le

show de Don Juan.

Puis là, ils nous découvraient

avec d'autres choses, d'autre

matériel, nos chansons, des

reprises d'autres affaires.

Puis là, on est partis sur

la route ensemble à faire

des spectacles puis à aller

rencontrer tout ce monde-là.

Autant en Ontario qu'au

Nouveau-Brunswick qu'au Québec.

Puis ça a été le début de...

de notre carrière à deux,

en fait, du duo.


LINDA GODIN

Est-ce qu'il y a un danger

d'être toujours, je dirais,

associé avec Marie-Ève comme

si vous étiez un tout, point?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

C'est drôle que tu me dises

ça, ce mot-là, "danger", parce

qu'il y a, un moment donné, il y

a une femme qui est venue à nous

autres, pendant la période forte

de Don Juan. Puis elle,

elle voulait nous dire que

la chanson Changer...

(Chantant)

♪ Changer pour que

l'amour arrive ♪

Elle m'a dit: "Moi, votre

chanson, là, Danger,

là, j'aime assez ça".

Je lui ai jamais dit que c'était

pas ça. Je sais pas. Danger.

Oui, il y en a un, danger.

Je pense que le danger...

Puis on l'a vécu, Marie-Ève et

moi dans les dernières années.

Ça fait quand même 15 ans

qu'on travaille ensemble, qu'on

se connaît, qu'on travaille

ensemble. C'est de se perdre

comme amoureux à être "focussés"

sur un... sur un projet

commun qui est pas ton couple.

Un moment donné, ça peut prendre

pas mal de place. Si Marie-Ève

avait pas levé le drapeau blanc

un moment donné, on aurait pu se

perdre. Elle a eu le réflexe de

me dire: "Hé, me semble que...

me semble qu'on donne pas

beaucoup de temps à notre

couple, tu sais."

Un moment donné, on a décidé, il

y a deux ans, on a dit: Regarde,

on partira pas sur la route

pour la prochaine tournée,

pour le prochain disque.

On va vivre autre chose.

Puis ça a fait beaucoup,

beaucoup de bien. Puis le

résultat de cette autre

chose-là, bien, c'est une petite

affaire de trois mois qui...

qui s'appelle Léa, là.

C'est notre nouvelle... notre

plus beau projet jusqu'à date.


LINDA GODIN

Vous êtes un couple

très médiatisé.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Oui.


LINDA GODIN

Est-ce que vous avez eu cette

réflexion-là à propos de votre

fille? Est-ce qu'on la médiatise

ou pas? Qu'est-ce que vous avez

décidé, en fait, de faire?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Totalement, on a eu cette

réflexion-là. C'est difficile.

Parce qu'on veut pas imposer

ça à quelqu'un qui l'a

pas demandé encore.

Il y a une part de... on est

tellement fiers comme parents,

comme nouveaux parents, qu'on

veut la montrer à tout le monde

entier, la planète, parce qu'on

la trouve donc parfaite. C'est

le plus beau bébé du monde.

Puis il y a une autre partie

de nous autres qui, tu sais,

pareil comme au début quand

on a commencé à sortir ensemble,

Marie-Ève, puis moi, on voulait

laisser une espèce de gap

entre ce qu'on vit et ce

qu'on montre au public.

C'est juste pour avoir son

jardin personnel, tu sais.

Puis la petite, en ce moment,

elle fait partie de ce jardin

secret là. Peut-être un jour.


LINDA GODIN

Depuis quelques années, on te

voit animer à la télévision.

Ça, c'est quelque chose qui te

plaît beaucoup. Ça fait quoi,

peut-être trois, quatre, cinq

ans. Est-ce que c'est quelque

chose qu'on pourrait, comment

dire, on pourrait te voir

de plus en plus faire?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Moi, j'aime beaucoup

le métier que je fais.

Je me considère comme un

chanteur qui anime une fois

de temps en temps. Puis j'aime

ça. Je te disais tantôt que

j'aime faire un peu de tout.

Puis moi, bien, j'aime ça

cet univers-là. On me fait

confiance. Tu vois, on nous a

fait confiance pour l'émission

C'est ma toune qui a duré un

beau deux ans, qui a été un gros

party musical à la télévision,

que j'ai fait avec ma blonde.

Ça, ça a été une grosse école

aussi. Le direct, là, ça forme

son homme.


Un extrait de « C'est ma toune » est présenté.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Véro, tu t'entraînes sur

Super bass de Nicki Minaj.


MARIE-SOLEIL DION

C'est bien trop dur!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Alors, Véro...


MARIE-SOLEIL DION

C'est pas juste.


SPECTATEURS

Véro, Véro!


MARIE-SOLEIL DION

Injustice.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Écoute la foule.


SPECTATEURS

Véro, Véro!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Véro, je t'invite à aller

t'installer sur la pastille.


MARIE-SOLEIL DION

Je sais pas si tu le sais,

Jean-François, mais il y a 300

000 mots dans cette toune-là.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Non, non, mais je veux pas

te mettre de pression, mais

t'as bien vu que Sébastien...


VÉRO

Il était super bon!


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Et voilà!


VÉRO

Et... deuxièmement,

je suis déjà traumatisée.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Tu dois faire égal ou mieux.

OK, Véro, t'es prête?

Bonne chance! C'est parti.


LINDA GODIN poursuit son entrevue avec JEAN-FRANÇOIS BREAU.


LINDA GODIN

Tu l'as dit tout à l'heure,

toi, tu es Acadien

dans l'âme. Profondément.

T'es l'un des rares, si je peux

dire, Acadien ou non-Québécois à

encore se faire appeler Acadien.

Tu sais, on t'a pas rebaptisé

Québécois. Pourquoi?


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Ah mon Dieu, c'est une bonne

question. Je le sais pas.

Mais je pense que quand les gens

te rebaptisent, c'est à quelque

part un compliment déjà. Parce

que là, on s'approprie quelqu'un

qu'on aime, puis qu'on veut.

Mais en même temps, je pense que

j'ai jamais été... j'ai jamais

hésité de le dire, que moi,

je venais de Tracadie-Sheila.

Une couple de fois par année,

je suis chez nous, puis je me

prends en photo sur le bord

de l'eau avec ma gang de chums.

Puis je mets ça sur Facebook. Ça

fait qu'il y a un petit rappel.

Ah oui, c'est vrai, il vient

de là, lui. Ha, ha!


LINDA GODIN

Jean-François Breau,

merci beaucoup.


JEAN-FRANÇOIS BREAU

Merci à toi.


Début générique de fermeture


JEAN-FRANCOIS BREAU

(Chantant)

♪ Avec mon sac à dos trop gros ♪

♪ Encore avoir le poids

du monde sur le dos ♪

♪ Quand je suis assis

dans le fond de ma classe ♪

♪ Que j'essaie de suivre

que tout me dépasse ♪

♪ Je ferme les paupières ♪

♪ Je fais le vide

je prends les airs ♪

♪ Même si je suis

petit petit petit ♪

♪ Je m'envole haut haut haut ♪

♪ Je rêve grand grand grand ♪

♪ J'y crois fort fort fort ♪

♪ Je suis petit petit petit ♪

♪ Je m'envole haut haut haut ♪

♪ Je rêve grand grand grand ♪

♪ J'y crois fort fort fort ♪


Fin générique de fermeture


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