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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Xavier Georges - Art Director

In a traditional film career, one would start out in a small town and then move on to the big city to try and make it big. It was precisely the opposite for Xavier Georges. In his hometown, the native Montrealer was starting to enjoy some success as a film and TV technician when, in an effort to be closer to his young daughter, he decided to up and leave for Newfoundland. In St. John´s, Georges got involved with the province´s French-speaking community and became director of the Francophone culture centre. He still had the TV bug though, and eventually he became the art director for the popular series Republic of Doyle. Today, Georges is part of a vibrant community of television professionals in St. John´s and is working on his dream project: creating the sets for a new TV show, produced by Discovery and Netflix, about 18th-century fur trappers.



Réalisateur: Charles Pepin
Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

Titre :
Carte de visite


On présente une vision cinématographique de Terre-Neuve. Pendant la présentation de XAVIER GEORGE, directeur artistique à la télévision.


XAVIER GEORGE (Narrateur)

Alors, mon nom est Xavier

Georges. Je suis directeur

artistique. J'ai fait plusieurs

choses dans ma vie. J'ai

travaillé dans le domaine

communautaire aussi comme

dans le développement culturel.

Je suis à Terre-Neuve

depuis... Mon Dieu!

Depuis 2001 à temps partiel

et depuis 2004 à temps plein.

Je pense que Terre-Neuve

est à un moment charnière

de son histoire au niveau

du développement en cinéma.

Je pense que c'est quelque chose

que les entités gouvernementales

comprennent très bien et

supportent. C'est un générateur

d'emplois. On sait les impacts

économiques que ça peut avoir.


Un affiche de la télésérie Republic of Doyle, produite à Terre-Neuve, illustre le propos. Ensuite on voit des décors de films, créés par XAVIER GEORGE.


XAVIER GEORGE (Narrateur)

Au moment où je suis entré,

en 2011, la province était

en pleine production de leur

première grosse télésérie.

Maintenant, j'ai l'impression

que les prochaines années vont

être vraiment importantes.

Ce qui me passionne, c'est de

voyager dans le temps. Ce qui me

passionne, c'est de recréer des

univers dans lesquels on peut

lire la personnalité des

comédiens, dans lesquels on peut

lire la personnalité des gens.

De générer des univers qui font

rêver ou qui font peur. Des

fois, ça m'est arrivé de faire

des décors très intenses. C'est

sûr que je parle de ma passion,

voyager dans le temps. Je pense

que de travailler sur des films

d'époque, c'est ce qui m'allume

le plus. Parce que si j'avais

la chance, j'aimerais ça pouvoir

voyager dans le temps et

retourner et étudier tout ce

qui s'est passé, puis comment

les gens vivaient.

C'est un peu de la sociologie,

de l'anthropologie.

C'est un peu d'archéologie.

C'est un peu de tout.


L'animatrice GISÈLE QUENNEVILLE s'entretient avec XAVIER GEORGE dans un décor de série télévisée.


GISÈLE QUENNEVILLE

Xavier Georges, bonjour.


XAVIER GEORGE

Bonjour, Gisèle.


GISÈLE QUENNEVILLE

Xavier, vous êtes directeur

artistique à la télévision

surtout. Qu'est-ce que ça fait

un directeur artistique

à la télévision?


XAVIER GEORGE

Un directeur artistique crée

l'univers. D'abord, c'est

quelqu'un qui va lire le script

et qui va faire beaucoup

de recherche sur la période,

sur l'endroit, l'univers

dans lequel on est. Si on est en

science-fiction, si on est en...

Et qui va travailler très près

avec le réalisateur et avec les

producteurs pour d'abord générer

une équipe, faire la gestion

de cette équipe-là, la gestion

aussi des coûts, et imaginer

comment est-ce qu'on peut

mettre à l'écran l'univers que

l'écrivain ou que le réalisateur

avait en tête. Donc, c'est une

collaboration très serrée parce

qu'évidemment, c'est toujours

une question de sous. C'est

une question d'équipe. C'est une

question aussi de qu'est-ce que

nous on veut livrer, quelle

qualité on veut livrer, donc

un directeur artistique,

c'est un créateur d'univers.


GISÈLE QUENNEVILLE

En ce moment, vous travaillez

sur une télésérie qui s'en vient

qui s'appelle Frontier.

C'est quoi cette série-là?


XAVIER GEORGE

Frontier, c'est... D'abord,

pour moi, c'est un rêve.

Travailler dans le XVIIIe

siècle, c'est quelque chose qui

me passionne. Frontier, c'est

principalement la dernière

partie de l'histoire de la

Compagnie de la Baie d'Hudson.

Donc, c'est le moment où la

Compagnie de la Baie d'Hudson,

après la chute de la Nouvelle-France.

On est en 1780. Il y a une compétition

féroce. La Compagnie de la Baie

d'Hudson est en train de perdre

énormément aux multitudes de

petites compagnies qui sont

en train de couper ses liens

d'approvisionnement. Parce

qu'eux avaient la mainmise

pendant près de 100 ans en

monopole sur toute la fourrure

au Canada. Et là, ils sont en

train de le perdre. Et c'est

des gros pourcentages qu'ils

sont en train de perdre.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et là, c'est une fiction

que vous faites.


XAVIER GEORGE

C'est une fiction, oui. Mais

c'est une émission qui est très

proche des faits réels. Il y

a plusieurs personnages qui

sont tirés de personnages

historiques. Et c'est une

émission qui possiblement va

passer sur Netflix aussi. Donc,

il y a pas grand-chose qu'on

peut dire. C'est très secret--


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est pour 2017, hein?


XAVIER GEORGE

C'est pour 2017 d'après ce que

nous, on sait. Mais évidemment,

en tant que directeur

artistique, on sait

pas tout non plus.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est pas vous qui décidez

ce genre de choses.


XAVIER GEORGE

Non, exactement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Dites-moi, quand on vous

a proposé, quand on vous a

embauché pour faire ça, quand on

vous a révélé le projet, vous

commencez par quoi en tant

que directeur artistique?


XAVIER GEORGE

Sortir mes livres, puis lire

beaucoup. Lire, lire, lire. Je

suis allé à la bibliothèque, je

suis allé à la librairie. J'ai

sorti tout ce que je pouvais

sortir de l'histoire de la

Compagnie de la Baie d'Hudson.

Je me suis... Et c'est

principalement ça.

On commence par ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, une fois que vous

découvrez et que vous entrez

dans cet univers-là, vous devez

le créer. Alors là,

ça marche comment?


XAVIER GEORGE

Eh bien là, c'est là que

l'expérience vient en ligne de

compte. Donc, c'est où trouver

les accessoires. Parce que les

décors, on peut les construire.

Mais les accessoires, ça,

c'est complexe, parce que--


GISÈLE QUENNEVILLE

Parce qu'il faut être authentique.


XAVIER GEORGE

Il faut être authentique, il

faut respecter les budgets. On

n'a pas les budgets de fabriquer

tout jusqu'à la charnière de la

porte, donc il faut idéalement

les trouver.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, comment on trouve

une charnière ou une poignée

de porte ou un lustre

du XVIIIe siècle?


XAVIER GEORGE

Dans un monde idéal, trouver

ces accessoires-là, c'est

d'abord une question de

connaître qu'est-ce qui

existait à l'époque, de savoir

exactement ce que tu cherches,

et puis ensuite de ça, si ça ne

se trouve pas, de le fabriquer.

Donc, on les dessine, on les

fait fabriquer. Mais c'est

évident qu'à la base, vu la

réalité de la télévision de nos

jours et vu la réalité des

délais de tournage et tout ça,

il vaut mieux avoir une très

bonne idée d'où aller chercher

ces accessoires-là

tout de suite en partant.


GISÈLE QUENNEVILLE

On est ici dans le studio

en ce moment. On voit les

extérieurs, mais c'est les

intérieurs qui comptent et

on peut pas les montrer pour

l'instant, mais peut-être nous

donner une idée des univers

que vous avez été obligé

de créer pour cette série.


XAVIER GEORGE

C'est le Canada, juste après

la chute de la Nouvelle-France.

Donc, les matériaux, c'est le

bois, c'est la pierre, c'est le

chaume. C'est un univers qui est

très sale. C'est un univers qui

demande... Où il y avait de la

terre, où il y avait... Tout est

collant, tout est sale. Les gens

sont sales. Et c'est un univers

très lourd au niveau décor, qui

demande beaucoup d'attention.

Donc, les intérieurs qu'on a

faits, on a fait l'intérieur de

la taverne à l'intérieur. On a

fait l'intérieur d'un manoir

d'un Américain richissime qui

est en train de tranquillement

s'emparer d'une partie du marché

de la Baie d'Hudson. La taverne,

c'est un endroit très sombre,

très sale, très... Une fois que

les dessins sont faits, c'est

fait, mais ça nous a pris autant

de temps la salir que

de la construire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce que ça vous fait de

voir vos décors à la télévision?


XAVIER GEORGE

Quand je regarde une émission,

que ce soit « Republic of Doyle »

à l'époque, moi, j'embarque dans

l'histoire. Fait que j'oublie

que c'est des décors. En fait,

si je décroche parce que je

remarque que c'est un décor,

c'est parce que j'ai fait

quelque chose de pas correct.

Et là, ça m'énerve. Mais sinon,

moi, j'embarque complètement

dans l'histoire et j'ai envie

d'embarquer dans l'histoire.

Puis tu te dis: J'espère que

tout le monde se sent pareil.

Donc, qu'est-ce que ça me fait?

Bien... Oui, c'est sûr qu'on est

fier, mais je suis encore plus

fier de voir que ça marche et

qu'on arrive à voyager dans

le temps pour de vrai.


XAVIER GEORGE marche dans les décors de Frontier.


XAVIER GEORGE (Narrateur)

Une personne que j'aimerais bien

rencontrer dans ma vie, c'est

Luc Besson. Luc Besson est un

réalisateur de long-métrage

français et c'est un personnage

qui travaille autant en France

qu'aux États-Unis. C'est un

réalisateur très avant-gardiste

en France déjà dès le départ et

qui a su amener une perspective

qui n'avait pas froid aux yeux

dans le cinéma français et il

n'a pas vraiment de langage si

ce n'est qu'il parle très,

très bien le langage du film.

Ça, c'est sûr. C'est évident que

comment il gère les décors dans

ses films, oui, certainement,

a eu une influence

sur ce que je fais.


Une série de photos des étapes de réalisation de certains décors défilent.


XAVIER GEORGE

J'aime beaucoup pousser certains

éléments pour amener le décor

à être presque un comédien,

presque un des rôles du film ou

du projet. Travailler pour Luc

Besson, ce serait un rêve.

J'aime autant le film d'action

que j'aime le film de

science-fiction, que j'aime le

film de réflexion. Luc Besson

a pas mal joué dans tous

ces étangs-là si on veut.

Faire un film de science-fiction

aussi avec Luc Besson, oui. Ça,

ce serait cool. Construire

des vaisseaux spatiaux.


On revient à l'entrevue avec GISÈLE QUENNEVILLE et XAVIER GEORGE.


GISÈLE QUENNEVILLE

Xavier, comment est-ce que

vous êtes arrivé à cette

profession de directeur artistique?

Est-ce qu'on se lève

un matin, on dit: Bon bien,

moi, je vais être directeur

artistique à la télévision?


XAVIER GEORGE

J'ai commencé au théâtre très

jeune, dès que je suis sorti du

secondaire. Je m'en allais vers

le collège, vers l'université.

J'ai commencé après ça

à travailler professionnellement

comme caméraman. Et à un

moment donné, un réalisateur

que j'aimais beaucoup, que je

respectais m'a dit: "Xavier,

t'es vraiment pas fait pour les

nouvelles. Tu prends way bien

trop de temps à faire tes

caméras, tes plans et tes

éclairages. Va-t'en donc en

cinéma. Tu vas être malheureux

en télévision." Alors, je l'ai

pris au mot et j'ai commencé

à faire mes premiers

pas en cinéma.

Ça a pris quelque temps avant

de commencer à me faire des

contacts, mais les premiers

coordonnateurs, les premières

gens que j'ai rencontrés me

disaient: "Réellement, avec ton

background à l'université en

histoire de l'art, tu as plus

un background de directeur artistique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parce que jusqu'à maintenant,

c'était comme caméraman.


XAVIER GEORGE

Exactement. Ce que je trouve

fascinant de cet emploi-là,

c'est que tu fais de la

photographie, tu fais de la

musique parce qu'on faisait

des vidéoclips, tu fais de

la peinture, tu fais de la

sculpture. Tu fais tout ce que

j'aime faire et dans un métier.

Tu sais, quand t'es jeune et tu

dis: « My God, qu'est-ce que

je vais faire dans la vie? »

Là, j'aime la photo, j'aime ci,

j'aime ça. Ça a été comme une

révélation. J'ai fait: Hé! C'est

parfait. Tu sais, tout est là,

tout est dans un seul boulot.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et là, tu as travaillé pas mal

à Montréal les premières années?


XAVIER GEORGE

C'est ça, exactement. J'ai

commencé ma carrière à Montréal

et en fait, j'y suis allé de

tout coeur, de toute passion

et j'ai jamais arrêté.


GISÈLE QUENNEVILLE

Normalement, dans une

carrière, on commence ailleurs

et on finit à Montréal. Dans

votre cas, vous avez commencé

à Montréal pour ensuite

venir à Terre-Neuve.

C'est pas un cheminement

traditionnel, disons.


XAVIER GEORGE

Non.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce qui a mené

à cette décision-là?


XAVIER GEORGE

Le gros problème que j'avais à

Montréal, c'est que ma carrière

commençait... Je commençais à

faire des shows à Miami,

je commençais à faire des

shows à Toronto, des

shows à Vancouver.

Je commençais à faire

des shows en Europe, en Asie.


GISÈLE QUENNEVILLE

Puis c'était un problème, ça?


XAVIER GEORGE

Bien, c'est un problème parce

que j'étais papa. J'avais une

toute jeune fille et à un moment

donné, je suis parti, on

a tourné en Thaïlande.

Après ça, je suis revenu.

J'ai tourné deux autres

longs-métrages

back to back à Montréal.

Et en fait, j'avais pas vu ma fille

depuis huit mois.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum...


XAVIER GEORGE

Et ça, ça a été un gros choc.

Et Terre-Neuve était la patrie

de sa maman. Quand on a

découvert Terre-Neuve, c'était

évidemment une qualité de vie

complètement différente, mais

c'est sûr que le cinéma

n'est pas très... C'est difficile

de gérer une vie

familiale quand tu travailles

à temps plein dans le cinéma.

Parce qu'en plus de ça, je suis

passionné, fait que c'est des

heures et des heures et des

heures. C'est des 60-70 heures

par semaine. Et j'ai décidé de

mettre ma carrière de cinéma de

côté. Et là, pendant plusieurs

années, j'ai pris un emploi

à temps plein, ce qui m'était

jamais arrivé de ma vie,

dans un tout nouveau centre

communautaire qui venait

d'ouvrir. C'était très drôle

parce que je me suis retrouvé

assis à mon bureau pour la

première fois de ma vie et puis

je regardais l'ordinateur,

je regardais les crayons, je

regardais les papiers, puis je

me suis dit: Attends, c'est pas

un décor de bureau que tu es

en train de faire pour

une série américaine.

C'est un vrai bureau. C'est

ton bureau. Tu vas travailler

là-dedans. Puis là, je prenais

le crayon. Puis... Ça marche!

C'est pas un accessoire...

Ça a été un choc et pendant

plusieurs années, à partir

de là, j'ai repris un peu

la passion de la Francophonie

et j'ai travaillé dans le

développement culturel pendant

toutes ces années-là, pendant

cinq-six ans, sept ans.


GISÈLE QUENNEVILLE

On y reviendra à la

Francophonie dans quelques

instants, mais assez rapidement

vous avez obtenu un poste. Vous

êtes revenu à la production,

à la télévision. Avec cette

série, « Republic of Doyle »,

qui est une série qui est

très... Je la connais la série,

très terre-neuvienne. On dirait

que c'est la province qui est

la vedette de cette série-là.


XAVIER GEORGE

Absolument. En fait,

la ville de St. John's.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, parlez-moi de

l'expérience sur cette série-là.


XAVIER GEORGE

Republic of Doyle, c'est ma

consécration pour mon passeport

de Terre-Neuvien. J'ai dit:

si je suis capable d'être directeur...

Vous êtes plus un

« come from away »,

vous êtes maintenant

un Terre-Neuvien.


GISÈLE QUENNEVILLE

Si je suis directeur

artistique d'une série comme

« Republic of Doyle », ça veut

dire que les producteurs me font

confiance, que j'ai bien compris

et bien saisi ce que sont les

Terre-Neuviens qui ont leur

propre nation. Au moment où ils

m'ont appelé, ça faisait déjà

deux ans que la série roulait.

Et puis c'est évident que

la direction artistique,

c'est quelque chose d'un

peu particulier.

Il n'y en a pas beaucoup qui

font ça. Ma fille était beaucoup

plus vieille aussi à ce moment-là.

On a eu un caucus familial.

J'ai dit: OK, est-ce

qu'on retourne en cinéma? Ça

faisait sept ans je travaillais

pour le développement culturel.

J'ai dit: OK, c'est le temps.


XAVIER GEORGE

Qu'est-ce que cette série-là

a eu sur la psyché, si vous

voulez, des gens de Saint-Jean?


GISÈLE QUENNEVILLE

Déjà, les Terre-Neuviens sont

très fiers. C'est des gens

qui sont très fiers de leur identité,

qui sont très fiers de leur pays et...

c'est évident que pour eux,

partout à travers le Canada,

c'était un petit bout de la

maison qu'ils pouvaient regarder

tous les soirs. Il y a même eu

des études qu'ils ont faites,

des études financières qui

disaient c'est quoi le vrai

impact financier de la série

et ils ont été complètement

éberlués de voir que pour chaque

sou qui était investi dans la

province, il y en avait quatre

qui revenaient en tourisme

à cause de cette série-là.

Donc, il y a eu un effet

émotionnel évident. Puis il y a

eu un effet financier. Et ça,

c'est vraiment la combinaison

qui a fait le succès de cette

série-là. C'est sûr. Il y a des

gens qui me demandent:

"Comment ça se fait qu'il y a pas

de tour organisé de toutes les locations

où vous avez tourné?"


XAVIER GEORGE

C'est une bonne idée.


GISÈLE QUENNEVILLE

Bien écoute, si tu veux,

on le fait samedi. On va faire

le tour. Je vais te l'organiser.

Ça va me faire plaisir. Parce

qu'on était fiers aussi.

Fiers de montrer...

Et puis évidemment, en six ans

de tournage, tu peux imaginer

qu'on a écumé tous les endroits

de St. John's. Il y avait pas

un spot où on a pas tourné.

Promène-toi, tu vas le trouver.


On présente le site historique de Castle Hill à Terre-Neuve.


XAVIER GEORGE (Narrateur)

L'histoire de Terre-Neuve est

fascinante. C'était une terre

sans foi ni loi. Pendant très

longtemps, c'était un endroit

stratégique où, quand tu

traversais l'Atlantique, c'est

la première terre que tu allais

rencontrer. Dès que tu traverses

l'Atlantique, tu vas avoir

besoin d'eau fraîche à un moment

donné. Donc, il y a même des

villes à Terre-Neuve qui

s'appelle Freshwater tout

simplement parce que les marins

pouvaient dire: "OK, on va

trouver de l'eau fraîche là."

C'est un territoire qui a été

conquis et peuplé par la mer.

Plaisance a été la première

capitale française déclarée

par le roi de France, où le Fort

Louis a été construit. Et ce qui

reste de cette époque-là, c'est

encore la portion des fondations

du Fort Royal. C'est de là que

la France gardait aussi le

contrôle sur la pêche, le

contrôle sur la piraterie,

mais aussi a envoyé ses

expéditions pour capturer St.

John's. Donc, c'est une position

militaire très forte. Avec la

venue du traité d'Utrecht en

1713, la France a quitté ces

territoires-là et c'est devenu

Castle Hill. En fait, c'est

devenu le territoire

anglophone depuis.

Mais à l'origine, c'était

la capitale française.


On revient à l'entretien dans le décor de la série Frontier.


GISÈLE QUENNEVILLE

Xavier, en arrivant ici

à Terre-Neuve, bon, vous

nous en parliez tout à l'heure,

vous avez travaillé pour

la francophonie terre-neuvienne.

Avant d'arriver ici, qu'est-ce

que vous connaissiez de la

francophonie terre-neuvienne?


XAVIER GEORGE

Absolument zéro. Je savais

même pas qu'il y avait des

francophones à Terre-Neuve.

C'est durant un voyage,

un moment donné on m'a...

Je regardais: Ah, je pense

qu'il y a un journal français ici.

Mais je savais pas qu'il y

avait une histoire francophone

ici. Puis très, très rapidement,

je me suis rendu compte qu'elle

était même plus ancienne qu'au

Québec. Donc, ça a été: Ah...

Passionné d'histoire comme je

suis, je me suis dit: OK, là

on va regarder un peu qu'est-ce

qui s'est passé ici.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, vous avez appris

à connaître l'histoire de la

francophonie terre-neuvienne et

vous avez commencé à travailler

pour cette francophonie qui

est là, qui est encore là

aujourd'hui ou qui est venue

ailleurs et qui est là

aujourd'hui. Qu'est-ce que

vous avez fait comme travail?


XAVIER GEORGE

Mon premier emploi a été...

Parce qu'ils venaient juste

d'ouvrir le Centre Scolaire et

Communautaire des Grands-Vents à

St. John's et ils avaient besoin

d'un gérant ou d'un manager

pour l'édifice. Et très vite,

j'ai suivi un peu les pas de

Mme Françoise Enguehard

qui est une grande dame

de la francophonie

en Acadie, originaire de

Saint-Pierre-et-Miquelon,

qui elle m'a fait découvrir

le vrai côté historique de cette

province-là. Et c'est là que

j'ai travaillé pendant un an,

je pense. Un an, un an et demi

à peu près, à l'association

francophone à gérer cet

édifice-là. Ensuite de ça,

Françoise me dit: "Écoute,

on est à une étape importante.

On voudrait démarrer un réseau

culturel. On voudrait démarrer

des initiatives de développement

culturel à l'échelle

de la province."


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ça voulait dire quoi, ça?


XAVIER GEORGE

De rassembler les trois

principales communautés

françaises de la province,

de rassembler les artistes et

de mettre en valeur la culture

francophone de Terre-Neuve.

Donc, là, il fallait la comprendre,

parce qu'elle est assez complexe.

Saint-Jean, c'est une métropole.

Il y a beaucoup de roulement,

parce qu'il y a beaucoup de gens

qui sont des universitaires,

des politiciens et des

scientifiques. Évidemment, avec

tout le pétrole et les études

océaniques. Le Labrador,

Labrador City, c'est une ville

minière. La plupart des gens qui

sont là, c'est des gens qui sont

Québécois de souche, qui sont

encore très proches du Québec.

Et là, après ça, j'ai découvert

Port-au-Port. Port-au-Port, ça,

c'était quelque chose d'autre.

Cette histoire-là, elle est

fantastique. Ça, c'était les

vrais Franco-Terre-Neuviens, les

gens qui sont là depuis 500 ans.

Et en fait, qui sont là depuis

la création de la première

capitale française ici

qui est Plaisance.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ils parlent encore

français aujourd'hui?


XAVIER GEORGE

Évidemment.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors là, il a fallu rassembler

ces trois communautés-là au

niveau culturel?


XAVIER GEORGE

Oui. Essayer de

rassembler en tout cas.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, qu'est-ce que vous avez

mis sur pied? Qu'est-ce que

vous avez pu faire avec ça?


XAVIER GEORGE

Évidemment, il faut s'aligner

avec les programmes, que ce

soit du ministère du Patrimoine.

Évidemment, c'est d'apprendre

à dealer avec toute la

francophonie et cette machine-là

de soutien à la francophonie.

C'était 12 à 14 projets qui

étaient financés par à-peu-près

25-26 différents bailleurs

de fonds. C'était un cauchemar

à gérer et c'était impossible,

mais ça a rassemblé. On a créé

le répertoire des artistes.

On a recensé un certain nombre

d'artistes francophones, soit

d'adoption ou francophones de

souche, dans la francophonie

ici, et ça a été une

très grande aventure.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et vous avez réussi à faire

venir de grands noms de la

chanson francophone ici à

Terre-Neuve. Je pense à Michel

Rivard, Daniel Lavoie, Luc

De Larochellière. Est-ce que

c'était difficile de les

convaincre de venir ici parce

que les shows étaient

petits là, forcément ici?


XAVIER GEORGE

C'est jamais difficile de

convaincre les gens de venir

à Terre-Neuve. Ce qui est

difficile, c'est de convaincre

les Terre-Neuviens qu'ils le

méritent en quelque sort. Un de

mes gros travaux, c'était de

donner confiance. Je disais:

"Vous inquiétez pas. On va

être capable de les vendre ces

billets-là." Si on va chercher

Daniel Lavoie, Luc De

Larochellière ou Michel

Rivard, on va... Écoute,

le plus gros exemple,

c'est quand on a fait venir

Michel Rivard. On est partis

en tournée dans la province avec

Michel Rivard. Moi déjà, c'était

émotionnel pour moi. J'étais

avec Michel Rivard pendant une

semaine et demie, le temps qu'on

se rende jusqu'à Labrador City.

J'entendais toutes ses histoires

de tournée, de Beau Dommage,

etc. Mais le show qu'on a fait

à Stephenville, puis ça

démontre bien la relation, parce

que c'est pas forcément une

relation de emails et de

courriels et d'Internet et de...


GISÈLE QUENNEVILLE

Il faut juste préciser que

Stephenville, c'est la ville

la plus proche de ce bastion

historique de la francophonie

terre-neuvienne.


XAVIER GEORGE

À Port-au-Port, effectivement.

Et donc, on a programmé un

show à Stephenville qui était quand

même 45 minutes de la

communauté francophone et...

Une semaine avant, il y avait

un billet de vendu. Et là, moi,

j'avais appelé nos contacts

évidemment sur la côte ouest

en leur disant: Écoutez, est-ce

que les gens sont intéressés

par ça? Parce que c'est ça, mon

défi. Ce que je vous offre avec

le réseau culturel, est-ce que

ça vous intéresse? Ou est-ce que

vous êtes pas du tout intéressés

et je suis complètement à côté

de la track?

Qu'est-ce qui vous intéresse?

C'est ça la... Mais elle m'a dit:

"Écoute, Xavier, on est très

content et, oui, on

va y aller au show,

mais on est à 45 minutes de la

salle, donc il y a probablement

personne qui va acheter

de billet avant la veille."

Et là, j'ai pris mon courage

à deux mains, je me suis assis

avec M. Rivard, et j'ai dit:

"Bon... Là, on a un billet de

vendu pour demain. La communauté

va nous supporter, va pas nous

supporter. Je fais confiance

à Catherine Fenwick qui est

la grande leader là-bas et elle

m'a dit que les gens seraient

là. Et ça a été salle comble.

Mais là, pfiou!

Michel Rivard m'avait dit:

"Regarde, c'est pas grave. Dans

le pire des cas, ça va être

un jam. On va avoir du fun.

Mais là, j'étais comme...

J'avais des sueurs!

Est-ce qu'on va faire un

show quand même avec un billet

de vendu? OK, on le fait pareil.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'ai l'impression que vous

avez eu quand même des belles

années à travailler pour

la francophonie terre-neuvienne.

Maintenant, vous êtes de retour

à vos premiers amours et

travaillez dans le monde du

cinéma à Terre-Neuve. Est-ce

que la carrière que vous avez

maintenant à Terre-Neuve

ressemblerait à la carrière

que vous auriez à Montréal,

pensez-vous, si

vous étiez resté?


XAVIER GEORGE

Non, je pense pas. Quand

« Republic of Doyle » a fini,

j'ai regardé ma femme qui,

elle aussi, vient du milieu du

cinéma. On s'est rencontrés en

tournage et on s'est dit: Est-ce

qu'on part notre compagnie de

production? Puis à ce moment-là,

on part une compagnie de

production francophone à

Terre-Neuve. Oui, c'est fou.

C'est malade parce qu'il y a

pas beaucoup d'équipes

qui parlent français.

Mais je veux dire, c'est pas

plus fou que les gars qui ont

parti « Republic of Doyle » avec

25 personnes dans le cinéma ou

30 personnes dans le cinéma.

Et donc, je pense que ça,

j'aurais jamais fait ça à Montréal.

Et c'est un peu aussi

ce que j'essayais de transmettre

quand je parlais au niveau

du communautaire, au niveau

artistique. Je donne encore

des ateliers dans les écoles

en ce moment et je leur disais:

Oui, c'est vrai qu'en tant

qu'artiste, tu es attiré vers

les grandes villes. Tu es

attiré vers les métropoles,

vers Montréal, vers Toronto,

vers Vancouver.

Mais vous avez une chance ici

qu'eux n'ont pas. C'est qu'ici,

vous avez la chance de vous

faire remarquer. Vous avez la

chance de vous démarquer. Vous

avez la chance d'avoir des

postes importants avec peu

d'expérience parce que le

système vous soutient. C'est pas

un système qui est compétitif,

qui va vous écraser. C'est un

système qui va vous prendre

et qui va vous élever.

Et ça, tu n'auras pas ça à Montréal.

Surtout après « Republic of Doyle »,

les jeunes me disaient: "Là, je pense

que je vais aller travailler

en cinéma à Toronto." Je disais:

Oui, vas-y, va chercher

de l'expérience. Ça vaut la

peine, mais oublie pas ce que la

province peut t'offrir ici. Puis

la chance que tu peux avoir.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est très bien dit. Xavier

Georges, merci beaucoup.


XAVIER GEORGE

Merci beaucoup, Gisèle.


Générique de fermeture

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