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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Éric Dumérac: Climber and Guide, Mountain Skills Academy

Éric Dumérac has loved mountains since he discovered Mont St-Hilaire back home in Montérégie. As a tree planter in Alberta, he found himself face to face with the immensity of the Rockies, and he has since travelled the world looking for new mountain climbing challenges. And while he is a seasoned climber, with several summits under his belt, Dumérac wants everyone, no matter how inexperienced, to enjoy the pleasures of climbing. And so, in 2009, he started Mountain Skills Academy to offer activities for all skill levels in Banff and Canmore, Alberta, and in Whistler and Squamish, British Columbia.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

Titre :
Carte de visite


On survole des montagnes aux flancs escarpés pendant qu'ÉRIC DUMÉRAC se présente.



ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Ce que j'adore

de l'escalade et de la

montagne, ou le ski, tu sais,

premièrement, on est dehors

et on se perd dans le moment.

Non seulement c'est un sport

physique, mais c'est aussi le

mental et d'être dans la nature.

C'est une passion qu'on découvre

et c'est d'être dans le monde

vertical. Lors des grandes

ascensions que j'ai faites dans

ma carrière, sûrement la plus

difficile, on va dire, c'était

la face sud de l'Aconcagua.

C'est entre le Chili et l'Argentine

et c'est le plus haut sommet

de l'Amérique du Sud.


ÉRIC DUMÉRAC escalade une montagne.


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Ça m'a beaucoup intéressé

de pouvoir partager ma passion

avec les autres. Et comme

n'importe quel maître dans

son domaine, ce qui rapporte le

plus, évidemment, c'est quand on

peut initier les autres, guider

les gens et leur faire vivre ce

que je vis, moi, tous les jours.

Je suis guide de haute montagne.


GISÈLE QUENNEVILLE rencontre ÉRIC DUMÉRAC, guide de haute montagne, sur une plate-forme d'observation de Squamish en Colombie-Britannique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Éric Dumérac, bonjour.


ÉRIC DUMÉRAC

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Éric, avant qu'on parle de

toi, il faut absolument parler

de ce lieu magnifique où on

se retrouve en ce moment.

Où sommes-nous?


ÉRIC DUMÉRAC

Voilà, alors maintenant,

on est à Squamish et on est

au Sea to Sky Gondola,

une nouvelle gondole qui emmène

les gens en fait en montagne

pour leur montrer la vue.

Et c'est le départ aussi pour

plusieurs différentes aventures.

Et voilà, alors, c'est un site

idyllique parce qu'il y a le

fjord, il y a Howe Sound, comme

on peut voir là. Et en arrière,

il y a les montagnes, il y a

le Sky Pilot et le Co-Pilot,

qui sont deux montagnes avec un

glacier d'ailleurs. Et juste de

l'autre côté, il y a le fameux Chief,

qui est une falaise

reconnue mondialement pour

l'escalade de rochers. Et puis,

il y a la forêt, la rainforest,

la forêt vierge, magnifique,

aux alentours. Alors voilà,

c'est ça, c'est un endroit de rêve.


GISÈLE QUENNEVILLE

La montagne, c'est un peu toi,

ton terrain de jeu depuis

toujours. Quelle a été ta

première expérience en montagne?


ÉRIC DUMÉRAC

En fait, c'est une petite

montagne au Québec qui s'appelle

le Pain de Sucre. Et cette

montagne-là, en fait, c'est

à Saint-Hilaire, Québec, sur

la Rive-Sud de Montréal et c'est

une petite montagne en granit.

Et puis, bien, c'est là que ça a

tout commencé. C'est là que j'ai

eu ma passion, j'ai été mordu

de la montagne et ça a commencé

avec des randonnées. Ça a progressé

à l'escalade de rochers, qui a progressé

à l'escalade de glace et le ski

de randonnée. Et tout ça, je

pratiquais ça avec mon frère qui

a un an de moins que moi. Les

deux là, on partait en montagne.

On sortait de la porte arrière

de chez nous et puis on s'en

allait en montagne. Parce qu'on

avait un terrain, mes parents

avaient un terrain juste à côté

de la montagne. Alors, c'est

là que ça a tout commencé.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais là, les montagnes de

l'Est, est-ce qu'on peut encore

appeler ça des montagnes quand

on est sur la côte Ouest?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien, je dois vous dire,

on a des magnifiques montagnes

dans l'Est, et puis c'est

définitivement une très

belle place pour commencer.


GISÈLE QUENNEVILLE

Après le Mont-Saint-Hilaire,

toi, tu t'es rendu en Europe,

t'as fait pas mal d'années

d'alpinisme en Europe. Qu'est-ce

que t'as fait au juste là-bas?


ÉRIC DUMÉRAC

J'ai fait un peu de tout. J'ai

fait des choses pour moi, comme

plusieurs grandes ascensions,

les classiques du coin. Mais

j'ai aussi passé environ huit,

neuf ans à Zermatt, à Chamonix,

faire le boulot du guide.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, pourquoi

revenir au Canada?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien, j'adore le Canada. Non

seulement c'est mon pays natal,

mais j'aime la culture qu'on a

ici, j'aime nos montagnes qui

sont plus sauvages, on va dire,

et je préfère le mode de vie ici

et vraiment, j'ai tout ce que je

pourrais vouloir ici en termes

de montagnes, en termes

de défis de montagnes,

et spécialement en termes

de business aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pour beaucoup de gens, la

montagne, c'est un passe-temps,

c'est quelque chose qu'on fait

en fin de semaine, les gens

qui font de l'alpinisme, de

l'escalade. Mais pour toi, c'est

devenu une passion, bien sûr,

mais une carrière. Tu gagnes

ta vie avec la montagne.

Est-ce que ça a toujours été

dans tes plans de faire ça?


ÉRIC DUMÉRAC

Non, pas du tout. Une personne

qui m'avait beaucoup impressionné

dans ma jeunesse, c'était Pierre Trudeau,

papa Trudeau. C'était un avocat,

et puis il avait parlé où est-ce

que nous on était basés quand

j'étais jeune. Mon père a

travaillé pour Bell Canada.

Pierre Trudeau qui est venu

parler à ses citoyens canadiens

en Arabie Saoudite, il m'a

très impressionné. Alors moi,

je voulais être comme lui.

J'ai étudié, tout ça--


GISÈLE QUENNEVILLE

Avocat ou premier

ministre du Canada?


ÉRIC DUMÉRAC

Oh bien, un des deux, je

savais pas. Mais j'ai fini

à McGill en droit. Et dans

ma deuxième année, par contre,

je suis allé planter des arbres

dans l'Ouest. Et je pratiquais

déjà de la montagne, l'escalade,

la glace, tout ça, et quand

j'ai vu ces montagnes pour

la première fois, bien, je suis

tombé en amour avec les

montagnes et là, ma vie a

vraiment changé. Voilà, alors

c'est ça. J'ai pris cette carrière

et je l'ai bien étudiée quand même.

Je me suis dit:

Est-ce qu'un guide peut avoir

une famille? Est-ce qu'il peut

faire de l'argent? Est-ce que

c'est vraiment un travail

professionnel? Et en effet,

c'est tout ça et plus. Alors

voilà, ça a été une décision

facile quand j'ai réalisé que

ça, ça pourrait être mon bureau.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment est-ce qu'on devient

guide de montagne? J'imagine

qu'il y a des cours, des

niveaux, des examens à passer?


ÉRIC DUMÉRAC

Oui, c'est très, très compliqué.

C'est pas aussi connu au Canada

qu'en Europe, quoiqu'en héliski,

c'est très connu, le guide de montagne.

Mais c'est une profession

qui demande plusieurs années,

premièrement de bâtir

son résumé personnel.

Alors, il faut grimper en

escalade à un très haut niveau,

il faut grimper en glace à

un très haut niveau, la montagne

aussi et il faut être un

expert en ski. Après ça, il

faut prendre certains cours

de sauvetage, des connaissances

dans les avalanches. Et une

fois qu'on a un résumé assez

important, là, on peut faire

application du guide. Et ça va

prendre au Canada, en moyenne,

un candidat qui commence, ça

commence avec rocher, après ça,

glace, après ça, montagne et ski.

Une fois qu'on est guide de rocher,

de glace, de montagne et

de ski, on devient un guide de

haute montagne. Et ça prend en

moyenne environ sept à dix ans

de finir ce trajet, alors c'est

comme un doctorat en montagne,

si vous voulez. Et après ça, ils

vous donnent la belle médaille,

puis ils disent: "Voilà, vous

êtes guide de haute montagne

certifié." Et je peux travailler

mondialement avec cette

certification. On va dire qu'il

y en a peut-être, je vais dire,

en moyenne, 400 on va dire,

oui, au Canada en tout.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et qui fait appel à tes services?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien là, c'est très, très

varié. La plus grosse industrie

au Canada qui a une demande

de guide de montagne, c'est l'héliski.

Alors, la compagnie de ski d'hélico,

c'est ça, ça attire des clients du monde

entier pour faire notre ski

incroyable ici. Mais ça peut

être une école avec des jeunes

qui veulent apprendre l'escalade

de rocher. Ça pourrait être

le client privé qui veut faire

une ascension technique dans

une montagne. Ça peut être

quelqu'un qui vient prendre

un cours, qui veut apprendre, je

sais pas, le sauvetage de rocher

ou les techniques en avalanche

pour faire du ski de randonnée

d'une manière sécuritaire. Alors

vraiment, c'est très varié,

notre demande pour le guide.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quels sont les défis de monter

l'hiver? Ça doit être plus

difficile que l'été?


ÉRIC DUMÉRAC

C'est pas plus difficile,

c'est différent. Alors au Canada,

je voudrais dire que

les défis les plus importants

peut-être sont en glace,

l'escalade de glace. On est

le centre mondial pour ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce qu'on ressent quand

on monte une montagne l'hiver

dans la glace, sur la glace?


ÉRIC DUMÉRAC fait de l'escalade de glace dans des extraits d'archives.


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Bien moi, personnellement,

j'adore la glace. J'ai jamais vu

une sculpture naturelle qui est

faite par la nature elle-même

comme une sculpture dans un

glaçon de glace qui ressemble

à un chandelier incroyable.

Et puis, pouvoir grimper

là-dessus, c'est vraiment très

impressionnant. Alors l'hiver,

c'est froid, plus froid. On

va dire qu'on a vraiment un

sentiment d'être tout seul

dans la montagne. On se

perd dans la montagne.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Comment on se prépare

à une escalade d'hiver?


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Bien là, ça prend un bon

équipement. Alors oui, du Gore-Tex,

tous les habits qu'on a besoin.

Et ça va prendre le manteau

avec les plumes, les gants évidemment,

le casque, les lunettes, tout ce qu'il faut

pour rester chaud. L'équipement

existe pour qu'on

soit confortable.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Et quand on part,

on part combien de temps?


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Ça dépend. On peut partir une

demi-journée, une journée, puis

même, on fait des randonnées

de ski même où est-ce

qu'on va camper dehors

pendant une semaine.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Est-ce que c'est plus

dangereux l'hiver?


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Bien, l'hiver, il y a un autre

danger qui est le danger

d'avalanche qu'il faut bien contrôler.

Mais encore, c'est une connaissance

technique. Une fois qu'on a

cette connaissance,

on peut définitivement éviter

le danger d'avalanche et il

s'agit simplement de savoir

c'est quoi exactement le danger,

d'utiliser le terrain pour

contourner le danger.


Dans les extraits d'archives, les paysages époustouflants défilent.


Près de la gondole, à Squamish, KIRBY BROWN, directeur général de Sea to Sky Gondola à Squamish, Colombie-Britannique. Pendant le commentaire, on voyage dans la gondole en observant la beauté et la diversité du site.


KRIBY BROWN (Narrateur)

(Propos traduits de l'anglais)

Bienvenue à la Gondole Sea to Sky.

Ici, c'est un lieu spécial et sacré.

Nous nos trouvons juste à l'entrée

de la ville de Squamish, entre deux parcs

provinciaux, le parc Shannon Falls

et le parc Squamish Chief qui sont

des emblèmes de la région.

Ils mettent en valeur l'eau

et le magnifique granit qu'on trouve

dans la région.

Plus bas, il y a le détroit de Howe,

un des fjords du littoral

de la Colombie-Britannique.

Ici, nous sommes dans le bassin de Shannon

qui est un des endroits

les plus sacrés du peuple Squamish.

C'est ici que leur histoire commence

et c'est d'ici que proviennent

des légendes incroyables de cette période.

L'endroit est vraiment riche en traditions.

La gondole est en fonction depuis deux ans.

Nous entamons notre troisième été.

Ça a été un élément de transformation

pour Squamish.

Pendant longtemps, les gens d'ici parlaient

de la beauté de l'endroit.

Mais aujourd'hui, ils ont une nouvelle

perspective sur cette beauté e

et ça a été un catalyseur pour la région.

Autrefois, c'était un village industriel

avec l'industrie forestière et aujourd'hui

l'industrie du tourisme est florissante

et les gens se rendent compte à quel point

la région est une vraie perle.


Des touristes traversent un pont suspendu au-dessus du fjord. D'autres font de l'observation sur la plate-forme au bout du pont suspendu. Des grimpeurs escaladent les flancs de la montagne.


KRIBY BROWN (Narrateur)

(Propos traduits de l'anglais)

Notre raison d'être est de connecter

les gens au plein air.

Nous le faisons en rendant l'expérience

simple et agréable.

C'est un endroit unique

parce qu'on y accueille autant

les athlètes d'élite, on les voit

d'ailleurs avec leur équipement

de randonnée qui gravissent

la montagne, les skieurs l'hiver

et les alpinistes l'été.

Et ensuite nous avons des gens

qui ne sont jamais montés en gondole

ou dans la montagne et ils sont

émerveillés par la beauté de la nature.


Le commentaire se termine sur une vue imprenable du détroit de Howe.


GISÈLE QUENNEVILLE poursuit son entrevue avec ÉRIC DUMÉRAC, alpiniste et guide de Mountain Skills academy, sur la plate forme d'observation de Squamish.


GISÈLE QUENNEVILLE

Éric, comment tu te prépares

pour une ascension?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien moi, j'adore les

ascensions un peu plus

techniques. Alors on va dire,

du rocher ou de la glace ou

de la montagne ou encore mieux,

du mixte où il y a du rocher et

de la glace et de la neige, et

tout ça, on fait dans le trajet.

À ce moment-là, j'ai besoin

d'utiliser mes mains, j'ai

besoin d'utiliser mes piolets,

j'en ai deux, parce que c'est

technique, et mes crampons aux

pieds. Ou même, peut-être que

je vais enlever mes bottes

et je vais chausser des souliers

d'escalade au milieu de

l'escalade, au milieu de cette

montagne, parce qu'il y a de

l'escalade de rocher technique

à faire. Alors ça, là, on arrive

au summum vraiment de la

technique. Alors ça, évidemment,

dans n'importe quel sport, c'est

ça qui est le plus grand défi.

Alors pour s'équiper, bien là,

ça prend le Gore-Tex, les gants,

le baudrier, le harnais, les

piolets de glace, les crampons

de glace, le casque, la lampe

frontale, une tarp pour faire

un bivouac au cas où on est

pris dans la nuit, assez de

nourriture pour la journée,

de l'eau. En tout cas,

et tout l'équipement--


GISÈLE QUENNEVILLE

T'es chargé là, quand même.


ÉRIC DUMÉRAC

Oui, on est quand même

chargés. Et tout l'équipement

qu'on a besoin pour progresser,

ce qui veut dire tout

l'équipement de rocher:

il y a des coinceurs, il y a

des mécaniques qu'on peut

mettre dans des fissures,

il y a des clous qui s'appellent

des pitons qu'on peut...

Et un marteau, il y a les vis

de glace, il y a les cordes.

Alors, on est quand même,

oui, assez chargés.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que tu t'entraînes pour

faire de l'escalade? Ou c'est

juste en faisant de

l'escalade qu'on s'entraîne?


ÉRIC DUMÉRAC

Oui. Voilà. Et rien de mieux

pour s'entraîner pour faire

de l'escalade que de faire de l'escalade.

Et le meilleur entraînement,

comme au ski, d'ailleurs, on

fait du ski, l'escalade, on fait

de l'escalade, et c'est bien,

parce qu'on peut pratiquer ça

à l'intérieur dans des gymnases

d'escalade, comme on peut

pratiquer ça ici à Squamish.

C'est vraiment un endroit de rêve.

Et là, on va faire des cordées

qui s'appellent... On va faire

30 mètres ou 40 mètres de

grimpe, mais à très, très, très

haut niveau, très fort. Et

voilà, on pose la corde et

puis on grimpe et on pratique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'on peut grimper

n'importe où ou est-ce qu'il y a

des faces de montagne qui

sont réservées à l'escalade?


ÉRIC DUMÉRAC

Non, en fait, on peut grimper,

il y a vraiment rien de fermé,

il y a rien d'impossible pour le

grimpeur et ce qui va changer,

ça va être la difficulté, en

fait. Et les conditions vont

affecter aussi. Par exemple,

s'il pleut, s'il fait froid,

c'est peut-être pas idéal pour

l'escalade de rocher. Voilà,

alors la météo et les conditions

de montagne sont importantes aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment tu t'y prends

avec un débutant?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien, ça dépend qu'est-ce

qu'ils veulent faire,

mais un débutant--


GISÈLE QUENNEVILLE

Quelqu'un qui veut escalader.


ÉRIC DUMÉRAC

Oui, escalader, bien, on

commence... Alors, à Squamish,

par exemple, des excellentes

places comme, il y a le Smoke Bluffs,

qui est une série de falaises

très connues, qui sont parfaites

parce qu'il y a quelque chose

pour tous les niveaux.

Alors, je peux prendre

quelqu'un qui est un néophyte

complet et les initier à

l'escalade. Et à ce moment-là,

on va au site, je les équipe

avec le harnais, le casque,

et je commence à leur montrer

comment assurer. Je pose la

corde et après ça, je les

attache dans la corde et je leur

montre comment moi, je monte,

et après ça, eux, ils peuvent

pratiquer. Et il y a aucun

danger parce que la corde est

déjà posée, alors littéralement,

ils peuvent lâcher la falaise,

et puis la corde, elle va

peut-être s'étirer un petit peu,

et ils vont être là sans tomber.

Alors, une fois qu'ils ont

vu qu'ils sont en complète

sécurité, là, ils prennent

un peu plus de courage, et puis

ils commencent à s'y mettre,

à vraiment s'exercer à faire

les mouvements, à faire la

progression verticale. Il y en

a qui ont un peu plus peur que

d'autres, mais pour tout le

monde, c'est une découverte

phénoménale qu'ils

viennent de faire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est dangereux?


ÉRIC DUMÉRAC

Non. Vous savez, c'est ça,

on pense que c'est dangereux,

évidemment, quand on connaît pas ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est pas naturel d'être

sur le bord d'une montagne.


ÉRIC DUMÉRAC

On pense qu'on va tomber et

puis on va mourir, mais c'est

pas du tout comme ça. Justement,

il y a tout l'équipement pour

contrôler le danger. Alors c'est

comme n'importe quelle autre

chose qui a un peu de danger. Il

suffit de contrôler le danger.

Il y a toutes les mesures

pour le faire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il y a maintenant des vias ferratas.

Il y en a ici, il y en a beaucoup

en Europe. C'est assez nouveau,

je pense, au Canada. Qu'est-ce que

c'est ça, au juste?


ÉRIC DUMÉRAC

Bien, il y a toute une

histoire sur la via ferrata.

En fait, la mienne est

assez intéressante. Mon

arrière-grand-père, il faisait

partie des chasseurs alpins.

Et ça, c'est l'armée française,

militaire, dans la montagne et

ils avaient construit des vias ferratas

justement pour que les

soldats puissent faire l'accès

vraiment du pic de la montagne.

Souvent, les pics de montagne

sont très techniques, ça finit

en rocher. Et puis, pour

se rendre au sommet, ça

prend de l'escalade. Et avec

l'équipement, les mitrailleuses,

les jumelles et tout ça,

c'est difficile à faire. Alors,

qu'est-ce qu'ils faisaient?

Ils avaient construit des vias ferratas.

Et en fait, qu'est-ce que c'est?

C'est des broches en métal

qui sont insérées dans le rocher,

et puis on les grimpe

comme un escalier. Alors,

qu'est-ce que ça faisait pendant

la Deuxième Guerre mondiale?

C'est que ça aidait ceux qui

voulaient défendre leur pays,

d'aller très vite, très

facilement sur un pic, pour

contrôler le pic, et puis

pour avoir la vue du terrain.

Et après la guerre, ces vias ferratas,

il y en avait un peu partout,

les montagnards ont

commencé à les utiliser. On

disait: "Ouah, c'est super, ça.

N'importe qui peut faire ça. On

peut le faire s'il pleut, s'il

neige et je peux aller emmener

mes amis qui ont jamais fait

d'escalade, et puis ils peuvent

faire de la grimpe avec une

facilité incroyable." Et c'est

devenu un sport, et puis il y

a des gens qui ont commencé à

développer la via ferrata comme

un sport, comme une attraction

touristique, même. Et puis ça,

c'est venu au Canada. Alors

que mon arrière-grand-père,

peut-être, avait créé des vias ferratas

pour la guerre, pour la défense,

bien moi, je les crée pour

le tourisme et pour le plaisir.


ÉRIC DUMÉRAC se dirige vers le site où on trouve la via ferrata. Des grimpeurs utilisent la via ferrata.


ÉRIC DUMÉRAC (Narrateur)

Alors, c'est assez différent.

Et j'adore, en fait, emmener les

gens dans la via ferrata, parce

que c'est unique. C'est-à-dire

qu'on peut grimper et aller dans

le monde vertical sans aucune

initiation, parce que c'est

grimper une échelle. Il y a le

câble et on est attaché au câble

pour la sécurité. Et aussi, ce

que j'adore de la via ferrata,

c'est qu'on peut pratiquer

ça avec toute la famille

ou avec ses amis.


De nouveau sur la plate forme d'observation, GISÈLE QUENNEVILLE s'entretient avec ÉRIC DUMÉRAC, alpiniste.


GISÈLE QUENNEVILLE

Éric, ça fait, je dirais

presque une trentaine d'années

que tu fais de la montagne.

Est-ce que tu peux vivre

de ce métier-là de guide?


ÉRIC DUMÉRAC

Tout à fait, oui. Auparavant,

c'était un peu plus difficile au Canada,

mais maintenant, c'est vraiment...

Il y a trop de travail, en fait,

pour le guide. Par exemple,

dans notre compagnie de guides,

à chaque hiver, on n'a pas assez

de guides pour combler tout le

travail qu'on a. Et ça, en fait,

c'est un problème. On aurait

besoin de plus de guides.

Alors, ceux qui veulent être

des guides, venez-vous-en,

parce qu'on a besoin de guides.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et qu'est-ce que les gens

vous demandent? Qu'est-ce

qu'ils veulent faire?


ÉRIC DUMÉRAC

C'est vraiment de tout, que ce

soit du rocher, de la glace, du

ski, de la montagne, de la via ferrata,

de la raquette. On a une grande

demande pour toutes ces choses-là.

Ici, on est à Squamish,

à Whistler ou à Banff,

où on travaille là aussi. C'est

une place touristique où les

gens viennent du monde entier

pour être dans la montagne.

Alors, c'est ça. Il y a une

demande phénoménale pour ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il y a beaucoup de touristes

dans la montagne. Est-ce qu'il

y a trop de touristes

dans la montagne?


ÉRIC DUMÉRAC

Vous savez, je dirais que non,

et je dirais que la gondole,

c'est un exemple parfait du

tourisme durable, parce que tout

le tourisme est concentré dans

un endroit sur des sentiers

et tout autour est préservé.

Et par exemple, tous les déchets

sont descendus, ils restent

pas dans la montagne.


GISÈLE QUENNEVILLE

Toi, Éric, est-ce que c'est

déjà arrivé que tu refuses une

requête d'un client? Un client

voulait faire quelque chose

puis toi, t'as dit non pour je

sais pas trop quelle raison?


ÉRIC DUMÉRAC

Absolument. Vous savez,

dans les premiers instants

que je rencontre mon client,

et même que je les vois marcher,

des fois, je peux détecter

automatiquement si je vais

pouvoir les emmener en montagne

ou pas. Et puis, c'est pas

nécessairement l'âge ou le

poids. Ça a rien à voir avec tout ça.

Ça dépend vraiment de

c'était quoi leur but et c'est

quoi leur niveau de santé.

Parce qu'on peut faire des

choses que ça prend vraiment

presque pas de santé et aucune

expérience, comme on peut faire

des choses que ça prend d'être

en très, très bonne santé,

d'avoir déjà une bonne technique

et une bonne base et puis voilà.

Alors, il y a tout ce qui est

entre ces deux extrêmes-là.

Alors, dépendant de ce que le

client veut, ça dépend vraiment

de... alors si quelqu'un me dit:

"écoute, je veux aller gravir

cette escalade très difficile",

et que je vois qu'ils ont pas

la condition ou la technique,

bien, il faut qu'on choisisse un

autre objectif. Ou bien, qui est

très, très rare, j'ai un client,

peut-être, ça arrive en ski,

des fois, rarement, qui vraiment

veut pas écouter ce que le guide

dit. Alors, on dit toujours

au client: "En ski, il faut

vous arrêter au-dessus du guide,

pas en arrière du guide." Parce

que peut-être qu'en arrière du

guide, il y a une falaise alors

le guide, il s'est arrêté pour

une raison. Alors, des fois,

il y a le client qui veut faire

le hot dog, qui dépasse le

guide. Alors la première

fois, on lui dit: "Écoute,

ne recommence plus ça. Tu me

dois une bière ce soir." Mais si

c'est quelque chose de continu

qui va mettre le client en

danger, en fait, bien, il m'est

arrivé d'avoir à dire à des gens

qui ont payé des milliers de

dollars pour faire de l'héliski

"Écoute, toi, ça a l'air que tu

comprends pas les directions

que je te donne, alors

malheureusement, ta journée,

elle est finie." Mais c'est très

rare que ça arrive. Normalement,

les gens respectent le guide,

et c'est pour ça qu'ils

nous engagent.


GISÈLE QUENNEVILLE

Le monde du ski souffre depuis

un certain nombre d'années

des changements climatiques,

du réchauffement de la planète.

Est-ce que le monde de

l'escalade subit les

mêmes conséquences?


ÉRIC DUMÉRAC

Non, parce qu'en

escalade, ça s'améliore.

(Riant)

Alors, le plus chaud que le

monde devient, en fait, plus

longue, surtout au Canada, que

la saison de grimpe se prolonge.

Et aussi, il y a des dangers,

les glaciers, les séracs qui

sont au-dessus d'une falaise, qui

tombent souvent. Une fois qu'il

n'y a plus de sérac, bien,

la glace qui existe en dessous,

maintenant, il n'y a plus

de danger objectif au-dessus.

Mais c'est vraiment un problème,

ce changement de climat et

spécialement... Je trouve ça...

de valeur, je trouve ça dommage

de voir nos beaux glaciers

disparaître. C'est vraiment

une rapidité que j'ai jamais vue

dans ma vie et j'ai vu plusieurs

glaciers. Et c'est surprenant

à quelle vitesse ils disparaissent.


GISÈLE QUENNEVILLE

Toi, est-ce que t'as eu

des mentors dans ta carrière?


ÉRIC DUMÉRAC

Ah oui. Oui, oui, j'en ai eu

plusieurs. Un de mes mentors

que j'ai le plus apprécié, il

s'appelle Barry Blanchard. Et en

fait, c'est un guide de Canmore,

très connu, et j'ai eu beaucoup

de chance que ça soit mon mentor

d'escalade et de montagne.

Et j'ai un autre mentor,

Ruedi Beglinger, et lui, c'est un

Suisse ferme, mais c'est un

guide incroyable. Ça, c'est

un autre avec qui j'ai fait

du mentorat, un des plus grands

guides de ski. Alors, j'ai eu

beaucoup de chance parce que

je faisais déjà de l'escalade

et déjà du ski assez avancé,

que ces guides-là, ils se

sont intéressés à moi

quand j'ai débuté.


GISÈLE QUENNEVILLE

Toi, t'as une petite fille,

une fille de 4 ans, je pense.


ÉRIC DUMÉRAC

Voilà, c'est ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'elle

fait de la montagne?


ÉRIC DUMÉRAC

Ah bien sûr, elle suit son

père. Mais là, elle a 4 ans.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quand même!


ÉRIC DUMÉRAC

Alors oui, et ma femme aussi.

Mais elle, elle va grimper 20,

30 mètres, sans problème

et elle adore ça, oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce que tu penses

des murs d'escalade?

De l'escalade à l'intérieur?


ÉRIC DUMÉRAC

Oh, c'est super.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vraiment?


ÉRIC DUMÉRAC

C'est vraiment bien. Oh oui.

Par exemple, au Québec, pendant

le milieu de l'hiver, quand

il fait froid, on peut aller

pratiquer notre sport. Et c'est

bon physiquement, c'est bon

mentalement, et ça nous prépare

aussi pour la belle saison d'été

que tous les escaladeurs

de rocher attendent. Et pour

le voyage aussi. On peut

aller faire de l'escalade

en Thaïlande, n'importe où

dans le monde. Alors, je

trouve ça super.


GISÈLE QUENNEVILLE

Toi, est-ce qu'il te reste

des choses à faire en

tant qu'alpiniste?


ÉRIC DUMÉRAC

Oui, tout à fait. J'aimerais

finir les sept sommets de chaque

continent. J'aimerais continuer

à faire des premières ascensions

avec mes clients. Je trouve

que c'est un beau défi. Et

j'aimerais continuer de monter

la meilleure école et compagnie

de montagne au monde.

Alors, j'ai plusieurs buts qui sont

pas finis encore, alors voilà.

On n'arrête jamais.


GISÈLE QUENNEVILLE

Eh bien, Éric, je te souhaite

bonne chance. Merci beaucoup.


ÉRIC DUMÉRAC

Merci.


Générique de fermeture

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