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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin and Daniel Lessard meet exceptional francophones from throughout Canada and beyond. Discover politicians, artists, entrepreneurs and scientists whose extraordinary stories are worth telling.

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Dylan and Pénélope Roche: Owners, Roche Wines

She comes from Bordeaux from an impressive family of winemakers. He comes from Vancouver, and he is keen cyclist who was introduced to wine culture during a stay in Burgundy They first met in New Zealand, where each had gone to fulfil the dream of making wine twice in one year, and there they fell in love. The story of Pénélope and Dylan Roche could well have continued in France, but both were drawn in the dynamism of wine producers in British Columbia´s Okanagan Valley. In 2012, they began to make their own wines with purchased grapes, and in 2014, they bought their own winery. Thanks to their experience in France, these specialists of vine and wine have a unique perspective on an industry that is beginning to make an impression in Canada and elsewhere.



Réalisateur: Joanne Belluco
Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

DYLAN ROCHE, vigneron, parle de sa région depuis son vignoble.


DYLAN ROCHE

La vallée de

l'Okanagan est une région assez

unique et dynamique parce que

c'est nouveau, c'est excitant.

On n'a pas le poids

de la tradition qu'on a

dans d'autres régions.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE et DYLAN ROCHE témoignent sur des images du vignoble Roche Wines.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Venant du Vieux Monde,

c'est excitant de faire partie

de ce mouvement jeune business

qu'est le vin dans la vallée de l'Okanagan.


DYLAN ROCHE (Narrateur)

C'est aussi une région

d'extrêmes, parce qu'en hiver,

il fait un peu froid pour

beaucoup de cépages de vigne,

mais en été, on a des journées

très longues et très,

très ensoleillées.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE (Narratrice)

Le climat est propice

À la culture de la vigne.


DYLAN ROCHE (Narrateur)

Les bons vins d'ici sont

très expressifs, très propres

et assez intenses, et je pense

que c'est grâce au soleil.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE (Narratrice)

Je m'appelle Pénélope Furt-Roche.

Je suis née à Bordeaux.


DYLAN ROCHE (Narrateur)

Dylan Roche. Je suis né

à North Vancouver. Je suis

retourné au Canada en 2011 après

dix ans de séjour en France.


GISÈLE QUENNEVILLE, l'animatrice, rencontre PÉNÉLOPE ET DYLAN ROCHE sur le site de leur vignoble dans l'Okanagan Valley, en Colombie-Britannique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pénélope, Dylan, bonjour.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pénélope, on va commencer avec

vous. Vous êtes française. Votre

famille a une grande relation

avec le vin depuis plusieurs

générations, je pense.

Quelle est cette relation-là?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Oui, c'est une relation

qui date d'il y a bien longtemps

maintenant. J'ai repris

la suite de mon père,

donc en 2005. Et j'étais

la cinquième génération

à m'occuper du domaine.

La relation qu'on a avec la

vigne et le vin, ça a commencé

en fait avec la première

génération de ces cinq

générations qui était

négociant en vin à Bordeaux,

sur les quais, donc au bord

de la Garonne. Et ma famille

a acheté la propriété

qui était une ancienne

parcelle du Château Haut-Brion,

donc qui s'appelle Château

Les Carmes Haut-Brion. Ils ont

acheté cette propriété juste

après la Révolution française.

Ils ont construit un château

et il y avait donc des vignes

déjà plantées, bien sûr.

Et mon grand-père était toujours

négociant sur les quais

à Bordeaux. C'était un peu comme

sa danseuse. C'était un peu

comme son jardin privé.

Il voulait pas commercialiser

le vin au début.

Donc, il le faisait passer avec

son commerce de négoce, en fait.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et vous, vous avez participé

dans cette entreprise

familiale là, je crois?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Oui, quand je suis arrivée,

j'avais 7 ans. Et j'adorais,

j'étais tout le temps fourrée

dans le chai avec mon grand-père

et mon père, tout le temps

en train d'aller déguster

des raisins, déguster

du jus de raisins, jusqu'à

m'en faire mal au ventre. Donc,

j'étais tout le temps autour

de l'action. Donc, j'ai commencé

à travailler dans les vignes

quand j'avais 10 ans,

à me faire un petit peu d'argent

pour l'été et donc à me rendre

compte que c'était un travail

qui était difficile, mais j'ai

vraiment senti que le résultat,

c'était le cadeau, le beau

raisin. Donc, ça, ça m'a

vraiment travaillée et

j'ai commencé à comprendre tout

le processus. Et donc, à 16 ans,

je me suis rendu compte

que c'était vraiment

ce que je voulais faire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Dylan, vous, vous êtes

de Vancouver, loin de la France,

loin du vin. Quelle est

votre histoire? Comment a évolué

votre histoire avec le vin?


DYLAN ROCHE

Bien, j'étais au courant

que le vin existait

parce que mes parents...


GISÈLE QUENNEVILLE

En buvaient!


DYLAN ROCHE

...buvaient du vin, ce qui

est pas sûr pour une famille

canadienne d'ici. J'ai travaillé

comme gérant de magasin

de vélos et mécanicien pendant

l'université et même le lycée.

Et j'ai trouvé ce poste en plein

coeur de la Bourgogne, basé

à Beaune, qui est le centre

historique du pinot noir.

Et je savais qu'on faisait du

vin là-bas, mais j'avais aucune

idée jusqu'à quel point ça

rentre dans la vie quotidienne

de tout le monde qui y habite.

Et j'ai pu goûter littéralement

à des vins qui m'ont fait rêver.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors là, vous avez fait

des études, je crois, hein?


DYLAN ROCHE

J'ai fait...

Suite à mes expériences

en Bourgogne, je me suis dit:

Ça, c'est quelque chose

que je dois suivre.

Et je suis retourné à Vancouver.

J'ai travaillé pour un caviste.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum.


DYLAN ROCHE

Je suis retourné en Bourgogne

et j'ai fait mes études dans

le... Par l'Université de Dijon,

en gestion de domaine viticole,

en viticulture et en oenologie.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment vous vous êtes

rencontrés? Maintenant, je sais

pas à qui poser la question.


DYLAN ROCHE

À toi.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

On est partis, en fait,

toujours sans se connaître,

on a tous les deux voulu

partir en Nouvelle-Zélande,

faire donc un millésime

au début de l'année 2005,

Dylan, depuis la Bourgogne,

et moi, depuis la France, depuis

Bordeaux. Et on s'est retrouvés

là-bas complètement par hasard,

en fait. Donc, moi,

je travaillais dans une petite

propriété assez familiale.

Je voulais un peu me rapprocher

de ce que j'avais retrouvé, en

fait, dans ma propre propriété

familiale. Et Dylan travaillait

à une trentaine de kilomètres

un peu plus loin dans

une autre propriété, où Dylan

est venu déguster un jour

où il ne travaillait pas.


DYLAN ROCHE

Après 40 jours de travail

en continu. J'aurais dû

faire la grasse matinée

et au contraire, on est parti

à la recherche d'aventures.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et c'était le coup de foudre?


DYLAN ROCHE

Oui, à peu près.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

On s'est rencontrés, moi,

j'étais en train de décuver une

cuve. J'étais pleine de peaux

de raisin, un bandana, les mains

dans le jus. Il est arrivé en

parlant français, et ça faisait

quelques mois que j'avais pas

parlé français à personne,

donc ça m'a tout de suite

interpellée. J'ai levé ma tête

et donc j'ai vu, j'ai vu Dylan.

On est sortis avec toute

la bande et c'était très sympa.


DYLAN ROCHE

C'était la fin de notre séjour

en Nouvelle-Zélande.

Il ne restait que deux semaines

à peu près et on s'est retrouvés

plusieurs mois plus tard à Bordeaux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, il me semble que tout

est parfait à ce moment-là. Vous

êtes tous les deux passionnés

du vin. Vous, vous possédez

une propriété pour en faire.

Vous, vous voulez en faire.

Mais vous êtes pas restés

en France. Pourquoi pas?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

On est restés en France,

donc pendant six ans.

On s'est rencontrés en 2005.

Et en septembre 2005, j'ai fait

le deuxième millésime où j'ai

commencé à travailler avec mon

père. Dylan a travaillé aussi

à Bordeaux. Et donc, six années.

Ma famille a vendu la propriété

en fin 2010. Donc, on s'est posé

des questions: "Est-ce qu'on

reste en France? Est-ce qu'on

tente l'aventure ailleurs?"

Et en fait, on a un petit

peu étudié les deux options,

et Dylan venant du Canada...


DYLAN ROCHE

Surtout parce qu'on peut faire

du très bon vin ici. Ça, c'est

quelque chose qu'on était...

On soupçonnait, mais on savait

pas sûr, sûr en arrivant.

Mais on trouve aussi que notre

expérience en France avec tout

ce qui est tradition et toute

la profondeur de l'expérience

des autres en France qu'on a

partagée veut dire qu'on a pas

mal amené à l'industrie ici.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pénélope et Dylan, vous avez

décidé de quitter la France pour

venir vous installer au Canada.

Pourquoi choisir cette région,

ici dans l'Okanagan? Dylan?


DYLAN ROCHE

On a choisi Penticton

pour l'échelle de la ville,

mais aussi par le fait que c'est

situé un peu, comme Beaune,

en Bourgogne, c'est au coeur

de la région viticole.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment on s'y prend

quand on veut se lancer

dans cette industrie-là?

Vous arrivez de France,

vous êtes ici, on fait quoi?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Au moment où on est arrivés

ici, et c'était quand même dur

de quitter sa culture, son pays,

sa famille... Parce que j'étais

tout le temps avec ma famille.

Je travaillais avec eux.

On est arrivés ici, j'étais

enceinte de notre deuxième

enfant, cinq mois.

Donc, on n'avait pas de travail,

pas de maison, pas de docteur, rien.


DYLAN ROCHE

On avait quelques contacts

depuis la France. Mais comme

tu dis, il y a des choses qui

se sont mises en place aussi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes là, vous êtes

enceinte, vous attendiez

un deuxième bébé et là,

on se part une entreprise.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

C'est ça. Bien, en fait,

on est arrivés ici.

Donc, on s'est acheté une

caravane parce que les motels

commençaient à devenir

trop cher. Donc, on a commencé

à vivre dans notre caravane,

et Dylan a travaillé; a commencé

à travailler dans le magasin de

réparation de vélos de la ville.


DYLAN ROCHE

Au bout de cette période,

un contact qu'on a eu

depuis quatre, cinq ans,

depuis la France, qui commençait

son winery, avait besoin de

quelqu'un comme nous, comme moi.

Et j'ai donc pris un poste

de winemaker à Oliver.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais l'objectif pour vous,

c'était quand même de partir

votre propre entreprise?


DYLAN ROCHE

Tout à fait. C'était d'abord

de connaître le terrain. Parce

que faire fermenter du raisin,

c'est pareil ici par rapport

à la France, mais c'est tout ce

qui est autour: quels raisins,

quel terroir, quel matériel,

les fournisseurs, les contacts.

Ça met du temps à se mettre

en place. Et on voulait bien

décider une fois pour toutes.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Quand on arrive dans un nouvel

endroit, il faut pas attendre

que les choses viennent à vous,

il faut aller les chercher.

Donc, je suis allée toquer aux

portes et me présenter et dire

qui on était, ce qu'on voulait

faire et ça nous a apporté

encore plus de contacts.

Donc, après, quand

j'ai eu plus de temps,

on a commencé, on a fait

notre premier millésime en 2012.


DYLAN ROCHE

Et là, vous avez fait

ce premier millésime,

vous l'avez fait,

mais vous avez pas fait pousser

vos propres raisins, c'est ça?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Oui.


DYLAN ROCHE

Pas encore, mais on a travaillé,

par les contacts,

à trouver des petits lots

de fruits. Et j'ai eu le droit

de fermenter nos cuves

chez mon employeur.

J'avais mon petit coin

de la cave pour faire nos

fermentations. Et on a commencé

donc notre étiquette,

notre marque, avant d'acheter de

la vigne ou même de construire

quoi que ce soit. Je travaillais

à plein temps pour Intersection

Winery et en même temps,

on commençait nos cuvées.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais là, vous avez vos vignes?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Oui, alors, on a acheté

ce vignoble qui est juste

derrière nous en 2014, en fait.

Donc, on a cherché un moment,

et ce vignoble a été

comme une évidence par rapport

à la location, au type de sol.

On a vraiment eu un feeling pour

cet endroit, en fait, qui fait

8 acres au total.

Mais on a un peu plus de 3 acres

plantés maintenant et avec

une possibilité d'en planter

deux supplémentaires,

donc d'arriver à peu près

à une superficie d'un peu plus

de 5 acres. Et il y a donc

un espace aussi pour construire

un futur bâtiment.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et ça s'en vient?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Ça s'en vient. On est en train

de... Parce que donc de faire le

vin chez les autres, c'est sûr

que ça nous a dépannés, ça nous

a permis de faire ce qu'on a

fait jusqu'à maintenant,

mais notre but, c'est quand même

d'être dans nos propres murs

et de prendre nos propres

décisions chez nous.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment votre expérience

en France vous a préparés pour

ce que vous vivez maintenant?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Beaucoup, je dirais.


DYLAN ROCHE

On a appris comment être

très exigeants sur le produit

qu'on veut faire, sur le

caractère et la complexité du

vin qu'on veut produire et aussi

reconnaître l'endroit où on peut

le faire, où on peut cultiver

le raisin qu'on veut.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Je pense que ce qui nous a

vraiment rendus différents

au moment où on est arrivés ici,

c'est qu'on avait beaucoup

d'expérience à la vigne,

parce qu'il y a le côté chai.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Donc, ici, le winemaker,

c'est la star. Mais à la vigne,

parfois, on a tendance un peu

à oublier que tout

se passe là, en fait.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parce que vous connaissez la

viticulture et la vinification.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Voilà.


GISÈLE QUENNEVILLE

Ça, est-ce que

c'est assez rare?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Ici, oui. En fait, il y a soit le

winemaker, soit le vineyard manager.

Mais avoir autant de notions

dans l'un et dans l'autre, c'est

quelque chose qui est assez rare

ici, et on est complémentaires

tous les deux, bien sûr, mais le

fait d'arriver ici en se disant

qu'on veut le meilleur raisin

pour faire le meilleur vin,

ça, c'était numéro 1 dans nos priorités.


GISÈLE QUENNEVILLE

Quels sont vos objectifs

à long terme?

Est-ce que vous vous fixez

des objectifs à long terme?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Oui.


DYLAN ROCHE

Oui, on aimerait vivre

de notre travail.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est pas possible

encore en ce moment?


DYLAN ROCHE

C'est... envisageable.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Il y a beaucoup de gens ici

qui ont l'image de la Toscane,

l'Italie, et que c'est ça, ils

se voient au milieu du vignoble

avec le grand soleil, le verre

de vin, le morceau de saucisson,

et qu'après, c'est... Voilà.

Mais non, il faut beaucoup de

travail, de transpiration. C'est

pas juste... C'est pas juste

boire le vin, c'est le faire

et pour le faire, ça demande

beaucoup de travail.

Donc, oui, c'est romantique,

mais pas tous les jours.


PÉNÉLOPE commente la visite du vignoble.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE (Narratrice)

Un bon sol pour un vignoble,

c'est un sol complexe, déjà.

On veut pas juste avoir du sable

ou juste avoir de l'argile ou

juste avoir des limons. Il faut

qu'il y ait une complexité dans

le sol. Il y a la texture et

la structure du sol, mais nous,

ce qu'on recherche surtout ici,

c'est un peu plus d'argile que

dans la plupart des sols de la

vallée, des morceaux de granite.

Donc, quand il y a un peu plus

d'argile, ça retient mieux

l'eau. Donc, il y a des morceaux

de caillou, il y a de l'argile,

il y a un petit peu de limon,

un petit peu de sable et de

la matière organique. Ça, c'est

parfait. Une bonne exposition

pour le vignoble, le sens

des rangs, comment les rangs

sont plantés. Donc, normalement,

on les plante nord-sud pour

que le soleil, en fait, puisse

passer d'un côté à l'autre.

Donc, le lever à l'est,

le coucher à l'ouest. Donc,

en fait, vraiment pour que les

vignes puissent profiter à 100%

du soleil le matin et le soir.

Il faut que ça suive la pente.

Il faut voir l'érosion, en fait,

et le soleil. Donc, c'est ça

qui fait une bonne exposition

pour un vignoble. Le climat

et le sol, en fait, c'est la

définition du mot terroir. Donc,

c'est ça et l'homme aussi. Donc,

c'est trois choses qui forment

le terroir. Le climat,

c'est très important. C'est ça,

en fait, qui va un petit peu

définir si la vigne va bien

pousser. On profite ici d'un

climat qui est en général sec et

ensoleillé. Donc, c'est propice

à essayer de faire de la culture

biologique. On a moins besoin

d'utiliser des produits

systémiques et des molécules de

synthèse par rapport à la France

d'où je viens, Bordeaux,

où il fait beaucoup plus humide

et qui attire donc plus

les maladies cryptogamiques.

Les raisins qu'on fait pousser

dans notre vignoble, c'est du

Schonberger d'origine allemande

et du Zweigelt

d'origine autrichienne.

Donc, on a 3/4 de Schonberger

et 1/4 de Zweigelt à peu près,

et on a 3 acres ici.


DYLAN commente pendant que GISÈLE déguste.


DYLAN ROCHE (Narrateur)

Ici, on cultive depuis trois ans

Schonberger et Zweigelt. Ce que nous

donne le vignoble, on essaie

d'exprimer ça en vin.

Et de façon très classique, moi,

j'ai commencé mes études dans le

vin en Bourgogne, et on peut pas

faire du vin de Bourgogne, mais

on a quand même des influences

de style qu'on veut exprimer.

Le pinot gris, c'est un cépage

très typique d'ici, mais on le

fait d'une façon un peu

différente. Ce qu'on a décidé

de faire, c'est de fermenter

notre pinot gris dans les fûts

de chêne français, mais neutres.

C'est-à-dire que ces fûts sont

déjà utilisés pour six ou sept

vins, six ou sept années.

Ça veut dire qu'il n'y a pas

d'arômes très marqués de bois,

ni de toasté, ni de vanillé,

tout ce qu'on attend du chêne.

On cherche des vins qui sont

digestes, qui ne sont pas

sucrés, qui ont peut-être une

sucrosité naturelle à cause de

l'alcool et toute la puissance

des arômes du fruit, mais qui

contiennent pas de sucre,

et on veut des vins complexes

qui se boivent en mangeant

avec un repas.


De nouveau, GISÈLE QUENNEVILLE s'entretient avec le couple ROCHE dans le vignoble.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'aimerais qu'on parle

de l'industrie du vin

en Colombie-Britannique. C'est

une industrie qu'on ne connaît

pas beaucoup, vu de l'Ontario. à

quoi ressemble cette industrie?

Il y a combien de producteurs?

Qu'est-ce que vous produisez?

À quoi ça ressemble?


DYLAN ROCHE

On va dire presque

300 producteurs aujourd'hui.

Ça, c'est passé d'une vingtaine

au début des années 90

à 300 aujourd'hui.

Il y en a trois assez grands

à l'échelle mondiale.

Et puis, la plupart des autres

vont de relativement petits

à très petits. Et il y en a

qui sont aux buts commerciaux

et d'autres où c'est le rêve

de quelqu'un de commencer

sa petite marque. Et nous,

on tombe un peu entre les deux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qu'est-ce qui se fait

comme vin dans la région?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Il y a à peu près... Il y a

10 000 acres dans la vallée,

qui fait à peu près

200 kilomètres de long: étroite,

mais très longue en nord-sud.

On fait... Alors, tout dépend

si on est au nord ou au sud

de la vallée. Au nord,

on va planter plutôt des cépages

qui sont donc... qui vont mûrir

plus rapidement. Au sud,

un peu plus lentement, parce que

donc, la chaleur est là.

Donc, il y a vraiment une grande

variété de vins ici. Ça va

du blanc sec au blanc qui est

presque liquoreux, enfin

c'est le ice wine, en passant

par le rosé, le mousseux.

Donc, on fait à peu près... à

peu près tout. Et d'ailleurs, il

y en a qui essaient des choses

justement pour se rendre compte,

comme c'est assez nouveau ici,

il y en a qui essaient

des choses, qui ne vont pas

les refaire, mais, bon...


DYLAN ROCHE

On apprend quelque chose.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

On apprend quelque chose, donc

il y a beaucoup, beaucoup de

variétés de vins différents ici.


DYLAN ROCHE

Mais les cépages principaux

sont chardonnay, pinot gris,

merlot, pinot noir.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment est-ce que l'industrie

a évolué ici au fil des ans? Je

sais que ça fait juste cinq ans

que vous êtes là, mais il y a dû

avoir une évolution au fil

des 10, 20 dernières années.

On vous en a sûrement parlé?


DYLAN ROCHE

Il y avait un événement très

important, c'était au niveau du

free trade avec les États-Unis.

À l'époque, ils cultivaient

surtout des cépages hybrides qui

résistaient au froid, mais qui

faisaient pas vraiment du bon

vin. Et au moment du free trade,

tout ça est devenu impossible

au niveau économique.

Le gouvernement a donné des

subventions pour "l'arrachement"

de la vigne. Et c'était le vrai

début, en 1986, de la plantation

des cépages du vinifera,

c'est-à-dire de la famille

des vignes qui font le bon vin

depuis la France, l'Italie,

l'Espagne, etc. Et ça, c'était

le début. Et on s'est rendu

compte que c'était possible.

On n'avait pas besoin

de ces hybrides pour passer

l'hiver qui est froid, mais pas

si rude qu'ailleurs au Canada.

Et à partir donc de la fin

des années 80, ça a commencé

à augmenter petit à petit.

Et c'était vraiment, peut-être

dix ans plus tard, qu'on est

passé de cinq producteurs

à 20, à 50, et puis, depuis

15 ans, que ça a explosé.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que le vin d'ici

a des particularités? Est-ce

qu'on peut goûter à un vin

de la Colombie-Britannique,

de l'Okanagan, et se dire:

C'est un vin de l'Okanagan?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Le terroir, c'est une combinaison

de l'homme, le sol et le climat.

Donc, c'est trois choses

qui interviennent là-dedans.

Le sol ici, comme

c'est une vallée nord-sud,

donc avec un sol un peu de type

glacier, ça change. On se trouve

au nord avec des sols qui sont

un petit peu plus frais,

au sud, beaucoup plus sableux.

Donc, on trouve vraiment

sur cette latitude, beaucoup

de différents terroirs,

donc différents types de vin,

mais si on devait vraiment dire,

donner un seul type de vin

pour le vin de l'Okanagan,

je pense que ce serait...

... la chaleur, le soleil,

les arômes un peu tropicaux.


DYLAN ROCHE

Oui, quand c'est réussi, c'est

avec nos journées très longues,

ça fait une maturation

optimale dans le raisin avant

de commencer la fermentation,

et on se trouve avec des arômes

assez intenses, assez complets

et une pureté et une intensité.

Et puis, on trouve

dans certains rouges,

des éléments aussi des environs.

Par exemple, on a, dans ce

presque désert, on a de la sauge

qui pousse naturellement.

On a parfois des notes de sauge

dans les rouges, un peu comme

l'eucalyptus en Australie

ou la garrigue en France.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum, hum. En France, il y a

les appellations contrôlées.

Au Canada, il y a le VQA,

le Vintners Quality Alliance.

Est-ce que, comme façon

d'identifier et de contrôler

la production du vin,

est-ce qu'il y a des similarités

entre les deux systèmes?


DYLAN ROCHE

C'est... On va dire que le VQA

a été créé il y a plus de 20 ans.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui, ça fait moins

longtemps que les appellations

contrôlées en France.


DYLAN ROCHE

Tout à fait, mais c'est...

Le progrès et ce qu'on apprend

sur nos terroirs, on peut dire

que maintenant, le vécu est, on

va dire, insuffisant pour bien

exprimer ce qu'on fait et bien

garantir l'origine du fruit,

parce que c'est un peu

le but de tous ces systèmes.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, qu'est-ce qu'il faut?


DYLAN ROCHE

On met en question.

Et le gouvernement et

le Wine Institute essaient de refaire

des règles, de se demander

qu'est-ce qu'on a,

de quoi on a besoin en plus.

Et on commence à créer

des sous-appellations, parce que

pour l'instant, c'est très

régional. On a le Fraser Valley,

le Okanagan Valley, mais qui

sont extrêmement diverses

même à l'intérieur de la région.

Et on a, l'année dernière, créé

la première sous-appellation

qui est le Golden Mile Bench

à Oliver. Donc, on essaie

de dire: Cette région

est quand même unique.


GISÈLE QUENNEVILLE

Comment ça marche en

Colombie-Britannique? Est-ce que

c'est difficile d'avoir

accès aux magasins d'alcool?


DYLAN ROCHE

Les magasins...


GISÈLE QUENNEVILLE

Du gouvernement.


DYLAN ROCHE

The Liquor Distribution Branch,

le LDB, il faut avoir

un certain volume de production

et il faut être prêt à baisser

la marge, jusqu'au point où

pour nous, se serait impossible

pour l'instant. Mais on trouve

de la bonne distribution

par des restaurants

et des cavistes privés.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'on pourrait

envisager que vos vins

soient sur une étagère,

en France, un jour?


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

C'est un peu notre petit...

notre petit but...


DYLAN ROCHE

Ce serait une petite fierté.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

... personnelle.


GISÈLE QUENNEVILLE

Eh bien, Pénélope, Dylan, vous

êtes sans doute des ambassadeurs

qui vont faire en sorte que ça

pourra marcher. Merci beaucoup.


PÉNÉLOPE FURT-ROCHE

Merci à vous.


DYLAN ROCHE

Merci.


Générique de fermeture



♪♪♪

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