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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent and Sami are starting high school. Together, they try to ease into a foreign world, full of promise but also fraught with worries!

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Poor Little Rich Girl

Julie-Pier has been saying some openly prejudiced things about underprivileged people, so Vincent and Geoffroy join forces to teach her a lesson she won´t forget anytime soon!



Production year: 2015

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d'ouverture


Titre :
Subito texto


Dans un corridor de l'école Victoire-Desmarais, VINCENT s'achète une boisson dans une machine distributrice. GEOFFROY s'approche. VINCENT indique les vêtements de sport que porte GEOFFROY.


VINCENT

Ah, cool!

Donc ça fait?


GEOFFROY

Veux-tu ben me dire

où t'as pris ça?


VINCENT

Ah, dans le fond

de mon casier.

C'est mon kit

de rechange.


GEOFFROY

Honnêtement, j'ai jamais vu

un kit de sport aussi laid.

Je laverais même pas

mon plancher de chambre avec.


VINCENT

On s'en fout, Geoff.

Des shorts, c'est des shorts!

C'est juste pour une période.


GEOFFROY

Ouais. Merci, mais j'aime

mieux appeler mon oncle

pour qu'il vienne me porter

mon kit Hubo Gosse.


VINCENT

Pour un gars qui veut essayer

d'avoir l'air normal,

je te dis que tes habitudes

de riche reviennent vite.


GEOFFROY

Je vois pas

de quoi tu parles.


VINCENT

Ben non...


GEOFFROY tend un billet de 50 dollars vers VINCENT.


GEOFFROY

As-tu de la monnaie

pour un 50?


VINCENT

De la monnaie,

pour un billet de 50$?


GEOFFROY

Ben oui, mais c'est parce que

je veux m'acheter un jus.


VINCENT

Tu devrais la quêter,

ta monnaie.

Ça va être plus facile.


JULIE-PIER s'approche derrière GEOFFROY. Elle attend qu'il se déplace pour passer.


GEOFFROY

OK...

Donc aurais-tu 1$ à me donner,

dans ce cas-là?


VINCENT

Ben non,

j'ai tout investi

dans cette petite

bouteille-là, désolé.


VINCENT indique la bouteille qu'il vient d'acheter.


JULIE-PIER

Bon, c'est ben beau,

mais j'aimerais ça

me rendre à la machine

avant la fin de semaine.

Est-ce que c'est possible

de vous activer un petit peu?


GEOFFROY laisse passer JULIE-PIER qui s'approche de la machine distributrice.


JULIE-PIER

Merci.


GEOFFROY

Désolé.


JULIE-PIER regarde les vêtements que porte GEOFFROY.


JULIE-PIER

(S'adressant à GEOFFROY)

En passant, t'es qui, toi?


VINCENT

Ah, Geoffroy,

c'est Julie-Pier.

Julie-Pier, c'est Geoffroy,

un nouvel élève.


GEOFFROY

Enchanté.


GEOFFROY présente sa main à JULIE-PIER qui ne la serre pas.


JULIE-PIER

Allô.


GEOFFROY

(S'adressant à JULIE-PIER)

Euh, aurais-tu 1$ à me donner?

C'est parce que je voudrais--


JULIE-PIER

Si j'étais

aussi pauvre que toi,

je garderais mon argent

pour m'acheter du linge.


JULIE-PIER s'éloigne.


VINCENT

Pour qui

elle se prend, elle?!


GEOFFROY

(Souriant)

Elle pense que je suis pauvre!

Ça veut dire

que je fais du progrès.


Au casse-croûte de l'aréna, DONALD discute avec FRANCIS à une table.


DONALD

Voyons,

il me semble que...

Es-tu sûr qu'il est capable

d'essayer ça seul?

Ça fait longtemps

qu'il est dans les toilettes.


FRANCIS

Il doit être en train

de s'admirer dans le miroir.

C'est pas possible.

Ah non, non!

J'ai assez hâte de le voir

arriver avec ça sur le dos.

Oui!


Au local du journal, GEOFFROY compte de la monnaie sur une table. MME CARDINAL arrive.


MME CARDINAL

T'as cassé ta tirelire,

Geoffroy?


GEOFFROY

Non, j'essaie

juste de voir

si j'ai quêté assez de monnaie

pour m'acheter un jus.


MME CARDINAL

Ah, je te le souhaite.


GEOFFROY se penche sous la table pour ramasser une pièce qu'il a échappée. JULIE-PIER entre dans le local.


JULIE-PIER

Ah!


MME CARDINAL

Oh!

La grande vacancière!


JULIE-PIER

Madame Cardinal,

je vous cherchais.


MME CARDINAL

Comment ça s'est passé,

ton voyage à Cuba?


JULIE-PIER

Ben, euh,

vous savez,

il y a eu l'ouragan Jasmine.


MME CARDINAL

Tu parles d'un bon nom

pour un ouragan, hein?


MME CARDINAL rit.


JULIE-PIER

C'était fou.

Il y a eu des vents à 100 km/h,

des pluies diluviennes...

On n'est presque même pas sortis

de notre chambre d'hôtel.


MME CARDINAL

Au moins, ç'a dû te laisser

le temps de faire tes travaux.


JULIE-PIER

Justement, c'est...

C'est de ça

dont je voulais vous parler.

J'ai pas eu une seconde

pour les faire,

à cause des sinistrés!


MME CARDINAL

Les sinistrés

de l'ouragan?


GEOFFROY écoute la conversation en comptant son argent.


JULIE-PIER

Oui! Il y a des centaines

de familles cubaines

qui ont dû être évacuées

de leur maison.

Ça fait que...

Mes parents et moi,

on leur a ouvert notre porte.


MME CARDINAL

Votre porte?


JULIE-PIER

La porte de notre coeur.

Pis, ben, de notre chambre

d'hôtel aussi, là.


MME CARDINAL

Oh!


JULIE-PIER

Oui!

On leur a fourni

des couvertures,

des vêtements,

des repas chauds... Regardez.


JULIE-PIER montre à MME CARDINAL des photographies sur son téléphone.


JULIE-PIER

Ça, c'est eux dans l'hôtel.

Ça, ici, c'est un monsieur

qui est vraiment content

après avoir mangé une soupe

que je lui ai préparée!

Et ça ici, c'est...

... un garçon

qui porte mon t-shirt.


MME CARDINAL

Eh ben!

Ah, juste...


MME CARDINAL consulte son téléphone.


JULIE-PIER

Euh, vous...

vous faites quoi, là?


MME CARDINAL

J'écris à tes parents.


JULIE-PIER

Vous me croyez pas?


MME CARDINAL

Ah non, non,

je te crois!

C'est juste que je veux

valider l'information.


JULIE-PIER

(Irritée)

Pfff! J'en reviens juste pas.

Je passe pour une menteuse

après avoir traversé

l'enfer de Jasmine?!

(Émue)

C'est la chose

la plus cruelle

que j'ai jamais entendu!


MME CARDINAL

Mon Dieu, Julie-Pier.

Calme-toi.


JULIE-PIER

Tout le monde pense

que je suis superficielle,

mais j'ai un coeur,

vous savez.

Un coeur qui saigne

pour les sinistrés!

Et vous,

vous me croyez même pas!


GEOFFROY écoute avec scepticisme la conversion.


MME CARDINAL

C'est beau, c'est beau,

Julie-Pier.

C'est beau,

je te crois.


JULIE-PIER

Merci.


MME CARDINAL

Mais pour remplacer

les travaux que t'as pas faits,

je vais te demander de faire une

présentation devant la classe.

Tu vas pouvoir parler

de ton expérience,

des sinistrés, de l'ouragan...


JULIE-PIER

Ah, ben oui.

Ben oui, ça va me faire plaisir.

Il faut en parler!

Si seulement ça pouvait

convaincre les gens

de faire du bien autour d'eux!

Comme moi.


Au casse-croûte de l'aréna, DONALD parle avec FRANCIS.


DONALD

C'est pas lui

qu'on entend, ça?


On entend des cliquetis métalliques. BASTIEN arrive. Il est revêtu d'une armure métallique.


VINCENT

Wow!

Pis?


BASTIEN

C'est cool,

mais je peux pas dire

que c'est très,

très confortable.


FRANCIS

J'ai tellement hâte

de voir la face à Gauvin

quand il va me voir habillé en

armure à sa soirée de geeks!


BASTIEN

C'est pour ça que tu voulais

absolument qu'on l'achète?


FRANCIS

Non, non,

pas juste pour ça.


BASTIEN

Quoi d'autre?


FRANCIS

Ben... pour ton prochain

grandeur nature, man!

Oui, mais pour vrai,

quand tu vas te pointer

habillé comme ça,

ça va être un hit assuré,

je te jure.


BASTIEN

Je sais que tu veux

absolument

qu'on trouve

un autre projet commun

pour dépenser l'argent

qu'on a fait cet été,

mais je suis pas sûr

que j'ai le goût d'acheter ça.


FRANCIS

Il est trop tard,

on l'a déjà acheté.


BASTIEN

Quoi?


FRANCIS

Un autre gars la voulait.

On pouvait pas attendre.


BASTIEN

Ça coûtait combien?


FRANCIS

1000$.


BASTIEN

(Étonné)

1000$?!


FRANCIS

Chacun.


BASTIEN

Hein?!


FRANCIS

Bastien, 2000$

pour cette armure-là,

c'est une aubaine!


BASTIEN

C'est pas une aubaine,

c'est une erreur!

Une grave erreur!


VINCENT

L'erreur aurait été de pas

se garrocher dessus, voyons!


DONALD

Les gars, que vous l'achetiez

ou que vous l'achetiez pas,

vous repartez avec.

Je peux pas garder ça ici:

ça va faire peur au monde!


FRANCIS

Inquiétez-vous

pas pour ça.


BASTIEN

Je peux pas croire

qu'on vient d'acheter ça.

Ça pèse une tonne et en plus,

ça bloque les mouvements!


FRANCIS

C'est ajustable.

Viens ici.


FRANCIS manipule les pièces de l'armure que porte BASTIEN.


FRANCIS

Je vais essayer de...

essayer de...


BASTIEN

De toute manière, j'ai

un exposé oral dans 20 minutes.

Arrange-toi

pour me l'enlever!


FRANCIS

Voyons, maudit!


BASTIEN

Qu'est-ce qu'il y a?


FRANCIS

On dirait que la...

On dirait que la vis

est coincée.


BASTIEN

Tu me niaises?!


DONALD

Montre-moi pour voir.


DONALD examine une pièce de l'armure dans le dos de BASTIEN.


BASTIEN

Pis?


DONALD

C'est vraiment coincé.


BASTIEN soupire.


FRANCIS

Je m'excuse.

Mais ça te va bien,

par contre.


Dans un corridor de l'école, VINCENT marche avec GEOFFROY.


VINCENT

Elle a dit quoi?


GEOFFROY

Que la chose la plus

importante dans sa vie,

c'est de venir en aide

aux plus démunis.


VINCENT

C'est n'importe quoi.


GEOFFROY

C'est pour ça

que ça lui fait plaisir

de passer ses vacances

à aider les Cubains.


VINCENT

Est-ce que

madame Cardinal l'a cru?


GEOFFROY

Je pense bien.


VINCENT

Ç'a pas d'allure!

Elle venait

juste d'être insultée

parce qu'elle pensait

que t'étais pauvre!


GEOFFROY

Pis trois secondes après,

elle se fait passer

pour Madame Charité à Cuba.


VINCENT s'arrête devant son casier et l'ouvre.


VINCENT

Sais-tu

ce qu'on devrait faire?


GEOFFROY

Quoi?


VINCENT

Si elle est

si généreuse que ça,

il y a pas juste les Cubains

qu'elle devrait vouloir aider.

Le monde d'ici aussi.


GEOFFROY

Quel monde d'ici?


VINCENT

Le monde à l'école,

les moins nantis.

Toi, genre.


GEOFFROY

Moi?


VINCENT

Ben oui!

Elle pense

que t'es pauvre.

Si le sort des démunis lui tient

tant à coeur que ça,

elle va devoir t'aider.


GEOFFROY

(Souriant)

Ah! Pas pire!


VINCENT

Finalement, j'espère

que tu les aimes, mes shorts,

parce que t'as pas fini

de les porter.

Ha! ha! ha!


GEOFFROY fait une grimace.


BASTIEN et FRANCIS marchent dans un corridor. BASTIEN porte toujours l'armure de métal. Il tient plusieurs tourne-vis dans sa main. FRANCIS consulte son téléphone.


BASTIEN

Pis?


FRANCIS

OK, je pense

que je comprends. Euh...


BASTIEN

C'est quoi?

T'as trouvé ça

sur une espèce de tutoriel

sur les armures?


FRANCIS

Non, non,

c'est une vidéo

d'un garagiste

qui montre comment...

comment démonter

des pièces d'auto.


BASTIEN

OK, c'est quoi le lien

avec les armures?


FRANCIS prend un tournevis et examine l'armure.


FRANCIS

C'est...

Attends un peu.


FRANCIS essaie sans succès de décoincer l'armure.


FRANCIS

Il y en a pas,

finalement.


BASTIEN

Ben là, là,

c'est parce que je peux pas

aller présenter mon exposé

en histoire habillé de même.


FRANCIS

Au contraire, ça marche.


BASTIEN

Qu'est-ce qui marche?


FRANCIS

T'as juste à dire

que tu t'es habillé comme ça

spécialement pour ton exposé.


BASTIEN

Attends: pourquoi

je me serais habillé

en chevalier de la Table ronde

pour un exposé

sur la Première Guerre mondiale?


FRANCIS

Bastien, pourquoi tu penses

que les chevaliers

portaient des armures?

C'était pour faire la guerre.

Ça marche!


BASTIEN

Eh misère...


FRANCIS

Bon, allez,

on va être en retard.


BASTIEN

Après la pause,

tu m'aides à enlever ça.


FRANCIS

Oui, promis!

Mais là, sors d'ici.

L'air ici, c'est humide.

T'es en train de rouiller!


Dans le local du journal, MME DESMARAIS travaille sur un ordinateur. À proximité, JULIE-PIER consulte son téléphone. VINCENT arrive.


VINCENT

Hé, Julie-Pier,

j'ai entendu dire

que t'es allée faire

de l'aide humanitaire à Cuba.

Est-ce que c'est vrai?


JULIE-PIER

Hé, mets-en que c'est vrai!

J'ai passé la semaine

à bercer des bébés

et à servir de la soupe.

On était juste dans des petites

huttes de paille sous la pluie

avec des vents de 100 km/h et-


MME CARDINAL

Euh, vous étiez pas

dans votre chambre d'hôtel?


JULIE-PIER

Euh, oui.

Ah oui, oui, oui!

Dans notre chambre d'hôtel.

Les petites huttes de paille,

c'était pas ce voyage-là.


VINCENT

Wow!

C'est super inspirant.

Justement...

Ça te tenterait pas de t'occuper

d'un comité d'aide aux démunis?


JULIE-PIER

Un comité? Où ça?


VINCENT

Ici, à l'école.

Au dernier conseil étudiant,

on s'est dit

qu'on devrait

faire ça, Sierra pis moi.

Quand j'ai entendu parler

de ce que t'as fait

à Cuba, j'ai dit:

ça, c'est un projet

pour Julie-Pier!


JULIE-PIER

Ah, oui, mais...


MME CARDINAL

Mais quelle bonne idée!


JULIE-PIER

Ben oui, ben oui! C'est

vraiment une bonne idée, mais--


MME CARDINAL

Comme ça, tu pourrais

comparer tes expériences

dans ta présentation.

Est-ce qu'être dans le besoin

à Cuba, c'est la même chose

qu'être dans le besoin

à Victoire-Desmarais?

Et est-ce qu'une action locale

est différente

d'une action posée à l'étranger?

Wow! Ça va être

super intéressant.


MME CARDINAL répond à son téléphone qui sonne.


MME CARDINAL

Oh! Je reviens.

(Parlant dans le téléphone)

Allô?


VINCENT

(S'adressant à JULIE-PIER)

J'ai justement un premier

candidat que tu pourrais aider.


JULIE-PIER

Qui ça?


VINCENT

Geoffroy.


JULIE-PIER

Qui?


VINCENT

Le gars que t'as insulté

près des machines

distributrices, ce matin.

Il est vraiment

dans le besoin.


JULIE-PIER

Je l'ai pas insulté--


VINCENT fait signe à GEOFFROY qui marche devant le local.


VINCENT

Geoffroy, justement!


GEOFFROY entre dans le local et soupire piteusement.


GEOFFROY

Salut.


VINCENT

Est-ce que ça va,

aujourd'hui?


GEOFFROY

Bof, pas fort. Depuis...

Depuis que ma maison a passé

au feu, c'est difficile.

Mon oncle et ma tante

sont bien fins

de m'accueillir

à l'aréna, mais...

C'est pas comme une vraie

maison. Même s'ils m'ont

installé sur le bord

de la friteuse,

il fait froid.


GEOFFROY tousse.


GEOFFROY

En plus, vu que je dors

par terre sur des cartons,

je commence

à avoir mal au dos.


JULIE-PIER

Voyons donc!

Ils peuvent pas

t'installer ailleurs?!


GEOFFROY

Non, mais faut pas

leur en vouloir.

Quand ils peuvent,

ils me donnent

des bols de sauce à poutine

ou des bouts

de saucisses à hot-dog.


VINCENT

Périmées.


GEOFFROY

Ouais, périmées.


JULIE-PIER

(Dégoûtée)

Oh! my God!


Dans un corridor, FRANCIS marche avec BASTIEN dans son armure qui cliquette.


FRANCIS

Tu vois,

je te l'avais dit

que ça fonctionnerait de faire

ton exposé avec une armure.


BASTIEN

Je ne suis plus

capable du grincement.


FRANCIS

C'est la prochaine étape.


BASTIEN

Tout le monde

me regarde.


DONALD arrive.


DONALD

Si c'est pas

mon Lancelot favori!


BASTIEN

Ah! Qu'est-ce que vous faites

là, monsieur Donald?


DONALD

Livraison express de linge

d'éduc pour Geoffroy,

et huilage d'armure

pour chevalier rouillé.


DONALD montre une bouteille de lubrifiant.


VINCENT

(S'adressant à BASTIEN)

Ah! Ça va régler

ton problème de bruit.


DONALD

Tiens, montre-moi ça.


DONALD vaporise du lubrifiant sur l'armure de BASTIEN.


DONALD

Bouge ton bras.


BASTIEN bouge son bras. L'armure cliquette.


BASTIEN

C'est vrai

que c'est mieux!


DONALD

Je devais être écuyer

dans une autre vie, moi.


FRANCIS

Pensez-vous qu'on pourrait

huiler Bastien?


DONALD

Quoi?


BASTIEN

Quoi?


VINCENT

Il me semble

que si on huilait Bastien

à l'intérieur de l'armure,

ça nous aiderait

à le sortir, non?


BASTIEN

Tu veux me huiler?!


FRANCIS

Rendu là...


DONALD

Honnêtement, je suis pas sûr

que ça marcherait.

Non, la seule façon

de le sortir de là,

ce serait de scier

le tronc en deux.


BASTIEN regarde DONALD avec horreur.


Dans le local du journal, VINCENT parle avec GEOFFROY et JULIE-PIER.


VINCENT

Geoff est

tellement pauvre

qu'il a même pas de pantalon.

Il est obligé de porter

ces vieux shorts-là.


VINCENT indique les shorts que porte GEOFFROY.


JULIE-PIER

Ouais, ben, je t'apporterais

ben du linge de chez nous,

mais on porte pas vraiment

la même taille.


VINCENT

À moins que...


VINCENT soulève une boîte dans lequel se trouve un pantalon.


GEOFFROY

Euh, qu'est-ce

que tu fais?


VINCENT

Tadam!


VINCENT donne le pantalon à GEOFFROY.


VINCENT

Gracieuseté de la boîte

des objets perdus non réclamés.


GEOFFROY

Ouache!

Je veux dire, cool.


GEOFFROY place le pantalon devant ses jambes.


VINCENT

Ah, mais ils sont un peu trop

courts au niveau des jambes.

Il faudrait quelqu'un

pour les rallonger.


Devant les casiers, FRANCIS discute avec DONALD et BASTIEN dans son armure.


FRANCIS

Ah non, non, ben là, voyons,

c'est ben trop dangereux.

On prendra pas la peine

de scier une armure

qu'on vient de payer 2000$,

franchement.


BASTIEN

Mais moi, si on me scie,

ça te dérange pas?


DONALD

Regarde, Bastien,

inquiète-toi pas.

De toute façon,

on la sciera pas, l'armure.

C'est trop dangereux.


BASTIEN

Mais je veux pas passer

le restant de ma vie

pogné là-dedans!


DONALD

Je me mets là-dessus,

et je te jure

qu'avant ce soir,

je vais trouver un moyen

de te sortir de là.


BASTIEN

Juré?


DONALD

Juré.


FRANCIS

Tu vois,

ça va pas si mal que ça!


FRANCIS donne une tape sur l'épaule de BASTIEN. Il se fait mal à la main.


BASTIEN

Ça va mal

quand même.


FRANCIS

Comment ça?


BASTIEN soupire.


BASTIEN

J'ai envie de pipi.


DONALD

(Riant)

Ben là, Bastien,

je peux pas t'aider.

Ha! ha! ha!


DONALD s'éloigne.


FRANCIS

Euh, attends,

on va trouver une solution.


Dans le local du journal, VINCENT photographie JULIE-PIER qui raccommode le pantalon que porte GEOFFROY.


VINCENT

Geoffroy?

Peux-tu faire plus pitié,

s'il te plaît?


JULIE-PIER sourit et salue VINCENT qui la photographie.


JULIE-PIER

Bon, c'est correct, là?


VINCENT

Super! Ça va être viral

en deux secondes.


JULIE-PIER

OK! Lève les bras.


GEOFFROY lève ses bras et laisse voir ses sous-vêtements qui dépassent de son pantalon. JULIE-PIER remarque la marque des sous-vêtements de GEOFFROY.


JULIE-PIER

T'as des bobettes

Alf Laurence?


GEOFFROY

Hein?


JULIE-PIER

Des bobettes

Alf Laurence!

Ça vaut comme 50$ la paire!

Comment t'as pu te payer ça?


GEOFFROY

Ben, c'est, euh...

C'est parce que...


VINCENT

Ça vient de la fondation.


JULIE-PIER

Quelle fondation?


VINCENT

La fondation Alf Laurence.


GEOFFROY

Oui. Leur mission,

c'est de fournir des bobettes

de luxe aux plus démunis.


VINCENT

Tu connais pas ça?


JULIE-PIER

Pfff! Ben oui, ben oui!

C'est sûr que je connais ça,

voyons donc!


DONALD entre dans le local avec un sac de vêtements.


DONALD

Ah! Geoffroy!

Tiens, je t'apporte

ton linge d'éduc que...


DONALD regarde avec étonnement le linge que porte GEOFFROY.


DONALD

Coudonc, St-Cipoplette,

mon gars,

qu'est-ce que tu fais là?


Dans une toilette, FRANCIS attend à côté d'une cabine.


FRANCIS

Pis?


La voix de BASTIEN provient de la cabine.


BASTIEN

Relaxe, là!

C'est pas facile de pisser

avec une armure, tu sauras.


FRANCIS

Je veux ben, mais va falloir

que tu te grouilles.

La cloche sonne

dans une minute.


BASTIEN

Je vais arriver en retard,

c'est tout, OK?


FRANCIS soupire.


FRANCIS

Veux-tu que je t'aide?


BASTIEN

Non, non, non,

non, non, non!


FRANCIS

OK, OK, je vais aller

chercher mes livres, d'abord.


BASTIEN

Non, non, reste,

s'il te plaît!

Laisse-moi pas

tout seul.


FRANCIS

Ça va prendre 1000 ans,

parti comme t'es là.


Devant la cuvette, BASTIEN se concentre.


Dans le local du journal, VINCENT d'adresse à DONALD.


VINCENT

Donald, quel bon vent

vous amène?


DONALD

Geoffroy avait oublié

son linge d'éduc.

(S'adressant à GEOFFROY)

Là, qu'est-ce qui

se passe, mon gars?

Es-tu en train

de virer hipster?


GEOFFROY

Ah non, non, non!

C'est parce que...

Je suis en train de...


VINCENT

C'est pour du théâtre.


JULIE-PIER

Du théâtre?


DONALD

Ah! Je me...

Je me demandais aussi

pourquoi tu portais

des vieilles culottes comme ça!


JULIE-PIER

Peut-être qu'il porte ça

parce qu'il a pas le choix.


DONALD est confus.


DONALD

Qu'il a pas le choix?


VINCENT

Savez-vous, Donald,

je pense qu'on va

les laisser répéter.

Ils sont dans une scène

ben intense.


DONALD

Ah! OK, OK!

Hé!

Merde, là, hein?


VINCENT sort avec DONALD.


JULIE-PIER

(S'adressant à GEOFFROY)

C'est quoi le rapport?


GEOFFROY

Ben, je...

J'ai fait croire à mon oncle

que je faisais partie

de la troupe de théâtre

de l'école.


JULIE-PIER

Pour quoi faire?


GEOFFROY

Il a toujours rêvé de faire

du théâtre, mon oncle,

ça fait qu'il m'a promis que si

je m'inscrivais dans la troupe,

il allait m'acheter un nouveau

kit d'éducation physique.


JULIE-PIER regarde les vêtements dans le sac apporté par DONALD.


JULIE-PIER

Ton oncle te laisse dormir

à côté de la friteuse,

mais il t'achète

un kit Hubo Gosse

pour t'encourager

à faire du théâtre?


GEOFFROY

Ouais. Il est bizarre,

mon oncle, des fois.


JULIE-PIER

Ç'a vraiment pas d'allure,

Geoffroy.


JULIE-PIER pose sa main sur l'épaule de GEOFFROY.


JULIE-PIER

Mais moi,

je te laisserai pas tomber.


Dans un bureau, BASTIEN est couché sur une table dans son armure. VINCENT, GEOFFROY et FRANCIS se tiennent auprès de lui.


FRANCIS

OK, donc le marché,

c'est quoi, exactement?


VINCENT

OK, nous, on t'aide à sortir

Bastien de son armure.

Vous, en échange,

vous nous aidez

à faire croire à Julie-Pier

que Geoffroy est pauvre.


BASTIEN

Pourquoi on va

y faire accroire ça?


GEOFFROY

Elle essaie

de se faire passer

pour la reine de la charité.


VINCENT

Oui. Pis nous,

on veut mettre

son grand coeur

à l'épreuve.


FRANCIS

Bon, de toute façon,

on accepte le marché.

(S'adressant à GEOFFROY)

Si on veut te sortir de là,

on a besoin de bras.


BASTIEN

Je suis pas sûr de la méthode

dont on a parlé tantôt.


VINCENT

Nous, on prend

chacun une jambe.


FRANCIS

OK, moi, je me charge

de ce bout-là.


FRANCIS indique les épaules de BASTIEN. GEOFFROY et VINCENT agrippent chacun une jambe de l'armure.


BASTIEN

Attendez, les gars,

une seconde!


FRANCIS

On tire à 1...


BASTIEN

Dans le fond,

j'ai pensé à l'affaire

de me huiler...


FRANCIS

2... 3...


VINCENT, GEOFFROY et FRANCIS tirent sur l'armure. BASTIEN crie de terreur.


BASTIEN

OK, les gars, arrêtez!

On arrête!


GEOFFROY

Voyons, c'est ben solide,

cette cochonnerie-là!


VINCENT

Ça nous prendrait

genre des chevaux!


FRANCIS

Ah, comme dans

Louis Cyr!

Il y a pas un autobus

qui se rend

jusqu'au centre d'équitation?


BASTIEN

Wô, wô!

Pas d'affaire de chevaux

ou d'huile d'amande!

Je vais m'arranger tout seul.


VINCENT, GEOFFROY et FRANCIS aident BASTIEN à se relever.


BASTIEN

(Criant)

Laisse-moi tranquille, là!


VINCENT, GEOFFROY et FRANCIS sortent. BASTIEN soupire. JULIE-PIER entre dans le bureau.


JULIE-PIER

Bonjour,

mon chevalier!


BASTIEN

Salut, toi.


JULIE-PIER

Elle te va bien, ton armure.


BASTIEN

Tu trouves?


JULIE-PIER

Ah oui!

Je vais avoir plein de choses

à transporter après l'école.

Pourrais-tu mettre tes muscles

de chevalier à mon service?


BASTIEN

Pas de problème,

gente dame.


JULIE-PIER et BASTIEN se font des clins d'oeil.


Plus tard, au casse-croûte de l'aréna, BASTIEN transporte une boîte en compagnie de JULIE-PIER. Il porte encore son armure.


JULIE-PIER

Ah, tu peux

déposer ça là.


BASTIEN

OK.


BASTIEN dépose la boîte sur une table. FRANCIS et GEOFFROY arrivent.


FRANCIS

Bastien, t'es là!

Ça tombe bien,

parce que monsieur Donald

vient juste de trouver un truc

pour te sortir de l'armure.


BASTIEN

Francis, je ne veux plus

enlever mon armure.


FRANCIS

Hein? Qu'est-ce

qui se passe?

Tantôt, tu pleurnichais

pour qu'on te sorte de là!

Astheure,

tu ne veux plus?


BASTIEN

Tout va très, très bien.

Tout est sous contrôle.


JULIE-PIER

(S'adressant à BASTIEN)

En tout cas,

merci, mon preux chevalier.

Sans ton aide,

j'y serais jamais arrivée.


JULIE-PIER embrasse BASTIEN sur une joue.


BASTIEN

Noble dame, je suis

votre humble serviteur.


FRANCIS

Tu me niaises?

Tu veux pas vraiment

garder l'armure?


BASTIEN

Oh que oui, monsieur!


FRANCIS

Ben là, Bastien,

qu'est-ce que

je vais porter, moi?


BASTIEN et FRANCIS sortent du casse-croûte.


JULIE-PIER prend un pantalon dans la boîte et le montre à GEOFFROY.


JULIE-PIER

Regarde!

J'ai fini de rallonger

tes pantalons!

Tadam!


GEOFFROY

Merci.


JULIE-PIER

Mais c'est pas tout:

j'ai aussi convaincu Madame Café

de te donner plein de bouffe.


JULIE-PIER sort de la nourriture de la boîte et la donne à GEOFFROY.


JULIE-PIER

Euh, des lentilles,

de la soupe poulet et nouilles

et des... pommes.


GEOFFROY

OK, c'est super, merci.


JULIE-PIER

Oui, elles sont

un petit peu poquées,

mais c'est

quand même mieux

que de la sauce à poutine

pour déjeuner, hein?


Au comptoir du casse-croûte, DONALD écoute la conversation.


DONALD

(Riant)

De la sauce à poutine

pour déjeuner! Elle est bonne!


GEOFFROY

Ah! Mon oncle!

T'es là...


DONALD

Excusez, je voulais pas

interrompre votre pratique.

C'est une comédie,

votre pièce, hein?


JULIE-PIER s'approche de DONALD. Elle est en colère.


JULIE-PIER

Pour vous, là,

peut-être que c'est une comédie.

Mais pour Geoffroy,

c'est la réalité.


DONALD

Hein?


Derrière JULIE-PIER, GEOFFROY lève les épaules pour signifier qu'il ne comprend pas.


JULIE-PIER

C'est ça, sa vie.

Une nuit de plus à l'ombre

de la friteuse,

et un jour de plus

avec des vieux shorts mous

qui lui font

des gros genoux.


GEOFFROY

C'est son monologue.


JULIE-PIER

Non, Geoffroy!

Ça suffit.

Dis-le à ton oncle.


DONALD

Me dire quoi?


JULIE-PIER

Geoffroy fait pas

de théâtre, Donald.


DONALD

OK.


JULIE-PIER

(Émue)

Tout ce qu'il essaie de faire,

c'est survivre!


DONALD

Survivre à quoi?!


JULIE-PIER

À la pauvreté!


DONALD

À la... à la pauvreté?

(Riant)

St-Cibarouette,

elle est bonne, celle-là!

Ha! ha! ha!


GEOFFROY

Il est fatigué.

Il va pas bien.


DONALD

(Riant)

Mon neveu multimillionnaire

essaie de survivre...

Ha! ha! ha!


JULIE-PIER

Dis-moi que t'es pas

multimillionnaire, Geoffroy?


GEOFFROY

Je suis pas

multimillionnaire, mais...


JULIE-PIER

Mais?


GEOFFROY

Mais mon père, oui.


Derrière le comptoir, DONALD rit.


DONALD

L'argent

lui sort par les oreilles,

à cet enfant-là!


Plus tard, VINCENT et GEOFFROY parlent avec JULIE-PIER devant son casier.


VINCENT

Tu vas faire quoi?


JULIE-PIER

Je vais écrire un article

sur le site du journal.

Ah, attends, j'ai vraiment

une bonne idée pour le titre.

Vincent Beaucage,

président d'école,

s'amuse à rire

des pauvres.

C'est pas pire, hein?

Je suis sûre que

ta coprésidente va triper.

C'est tellement son genre

à Sierra de rire des pauvres!


VINCENT

On n'a pas ri des pauvres!


JULIE-PIER

Ben non...

Non, vous avez

juste déguisé

un fils de multimillionnaire

en sans-abri

pour faire une joke.


VINCENT

En passant, si t'avais pas

menti à madame Cardinal,

rien de tout ça

serait arrivé.


JULIE-PIER

J'ai menti, moi? Pfff!


VINCENT

Avoue-le donc

que t'as pas fait

de l'aide humanitaire à Cuba.


JULIE-PIER

Euh, j'ai des photos.


GEOFFROY

T'es même pas dessus.

Tu les as prises sur Internet.


JULIE-PIER

Vous osez remettre

ma parole en doute, hein?


VINCENT

T'as juste été trop paresseuse

pour faire tes travaux.


JULIE-PIER parle dans une langue étrangère.


JULIE-PIER

Desejo-lhe um bom dia!


VINCENT

Ça veut dire quoi, ça?


JULIE-PIER

Si t'étais allé

à Cuba comme moi,

tu le saurais.


JULIE-PIER s'éloigne.


VINCENT

Maudit!


GEOFFROY

Vincent?

Elle est pas allée à Cuba.


VINCENT

Hein? Comment ça?


GEOFFROY

OK, toi,

trouve une excuse

pour amener madame Cardinal

au local du journal.

Pis moi, je m'occupe

de Julie-Pier. Go.


Au casse-croûte de l'aréna, DONALD montre des pinces à FRANCIS.


DONALD

Avec ces pinces-là, on va

découper les fesses de l'armure

et on va sortir

Bastien par le siège,

comme un petit bébé.


FRANCIS

Mais c'est pas dangereux, ça?


DONALD

S'il collabore, il devrait pas

y avoir de problème.


FRANCIS

Je suis persuadé

qu'après avoir passé

une nuit complète là-dedans,

il va vouloir sortir.


DONALD

J'espère!


BASTIEN arrive. Il porte un sac qui contient les morceaux de l'armure.


BASTIEN

Hé, salut!


FRANCIS indique le sac.


FRANCIS

C'est notre armure, ça?


BASTIEN

Oui, et le reste est dans

le bac de recyclage chez nous.


FRANCIS

Que s'est-il passé?


BASTIEN

J'ai glissé dans les escaliers,

les vis ont pété,

l'armure m'a protégé

et là, elle est "scrappe".


FRANCIS

Ben non!


BASTIEN

Ben oui.


FRANCIS

2000$ dans les poubelles!


DONALD

Euh, je sais pas

si ça peut aider,

mais moi,

je connais un ferblantier

et il pourrait peut-être

vous acheter le métal?


FRANCIS

Pour vrai?


DONALD

Oui.

Et un sac

à recyclage ben plein,

ça peut aller chercher,

je sais pas, 300$?


FRANCIS

(Déçu)

300$...


DONALD

Ben oui,

mais je te l'avais dit

que ça valait pas 2000$,

votre vieillerie.


BASTIEN

Attends, là: avec 300$,

on peut se faire

faire des cottes de mailles

comme celle de Gauvin.


FRANCIS

Oui, c'est vrai!

La sienne lui avait coûté 150.


BASTIEN

On en aurait deux. On pourrait

les porter en même temps.


FRANCIS

On pourrait aller

tous les deux à sa soirée.


BASTIEN

En plus, on n'aurait

plus de problème

pour aller aux toilettes!


FRANCIS

Yes!


FRANCIS et BASTIEN se tapent dans les mains.


FRANCIS

On y va!

On fait ça!

Cottes de mailles...


Au local du journal, JULIE-PIER écrit sur un ordinateur.


JULIE-PIER

"Vincent Beaucage,

"méprisant envers les démunis,

"une blague

de très mauvais goût."


GEOFFROY arrive.


GEOFFROY

Julie-Pier,

je voulais te dire--


JULIE-PIER

J'ai pas le temps

de te parler,

faut que j'écrive

mon article.


GEOFFROY s'assoit à côté de JULIE-PIER.


GEOFFROY

Au début,

je pensais pas

que t'étais vraiment

allée aider du monde à Cuba.

Mais depuis que je t'ai entendue

parler leur langue, je te crois.


JULIE-PIER

Bon! Il est pas trop tôt!


GEOFFROY

Si t'avais pas passé

la semaine avec les locaux,

comment est-ce que t'aurais

appris leur langue?


JULIE-PIER

Ben oui, hein? Comment?


GEOFFROY

En as-tu appris

d'autres, mots?


VINCENT arrive avec MME CARDINAL.


MME CARDINAL

Qu'est-ce que tu voulais

me montrer, Vincent?


VINCENT

Vous allez voir, c'est

dans la boîte d'objets perdus.


JULIE-PIER

Ben oui, hein, j'en connais

plein d'autres, comme...

(Propos en portugais)

Obrigada.

(Propos en français)

Ça veut dire merci.

Les enfants me disaient ça quand

je leur donnais de la soupe.

Après ça, ils disaient:

(Propos en portugais)

"Optimou."

(Propos en français)

Ça veut dire délicieux.


MME CARDINAL

Vous faites des leçons

de portugais?


GEOFFROY

Oui, Julie-Pier me montrait

ce qu'elle a appris

durant son voyage.


JULIE-PIER

En parlant

avec les sinistrés cubains.


MME CARDINAL

Oui, mais à Cuba,

ça parle espagnol, non?


JULIE-PIER hésite.


JULIE-PIER

Oui, mais...


VINCENT

(S'adressant à JULIE-PIER)

Parle donc en espagnol,

juste pour voir.


JULIE-PIER

(S'adressant à VINCENT)

De quoi tu te mêles, toi?


MME CARDINAL

Julie-Pier Isabelle,

es-tu allée

à Cuba pour tes vacances,

oui ou non?


JULIE-PIER

Mais c'est vraiment pas

de ma faute!

Quand mes parents ont appris

qu'il allait y avoir un ouragan,

ils ont décidé de changer

notre destination.

Je voulais vraiment pas

y aller, au Brésil.

Ils m'ont forcée!


MME CARDINAL

Et ils t'ont forcée

à pas faire tes travaux,

aussi, j'imagine?


JULIE-PIER

Ben non, là.

Ça, c'est juste parce que...

J'ai pas eu le temps, bon!


MME CARDINAL

Ma petite fille,

ta présentation a intérêt

à être extraordinaire,

si tu veux te racheter.

Pis tu vas me faire

un travail écrit, en plus!

En espagnol!


MME CARDINAL sort.


JULIE-PIER

Mais...


VINCENT

(S'adressant à GEOFFROY)

Tu parles portugais, toi?


GEOFFROY

Non, pas moi,

mais le jardinier

de mes parents, oui.


JULIE-PIER

Je vais...

... vous étriper!


VINCENT

Dis-le donc en espagnol.


JULIE-PIER gémit de colère et sort.


VINCENT et GEOFFROY se tapent dans les mains.


Fin de l'épisode


MÉLANIE

(S'adressant au public de l'émission)

Savais-tu qu'on a un blogue,

maintenant?

Visite-le en allant sur le site

de Subito texto.


L'adresse internet suivante apparaît: «tfo.org/subitotexto».


Générique de fermeture

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