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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent and Sami are starting high school. Together, they try to ease into a foreign world, full of promise but also fraught with worries!

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Worst. Excuse. Ever.

Brandon-Lee studied the wrong stuff for his history exam; if he fails, he´ll have to go to “camp hope” summer school. The only excuse he can think of to make Jasmine delay his exam is “my grandmother died.” But when Ginette shows up at school, Brandon-Lee can´t seem to get her to leave, so he hides her in the storage room. He asks for the help of Julie-Pier, who just happens to be looking for some anti-aging tips from Ginette. The ruse works for a while, but Ginette ends up learning about the ceremony to be held in her honour after class. Thankfully, Brandon-Lee finds a way to get Ginette to sleep right through the ceremony. Meanwhile, Jennifer learns that she´s been selected for the San Francisco subversive arts festival, but unfortunately that´s not enough to get fellow students interested in her workshop.



Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

Générique d’ouverture


Titre :
Subito texto


BRANDON-LEE est dans la salle des pas perdus. Il a une conversation avec sa grand-mère, MME ST-PIERRE, par le biais de son ordinateur.


BRANDON-LEE

Salut, grand-maman!


MME ST-PIERRE

Allô, mon beau

Brandon-Lee! Ça va?


BRANDON-LEE

Oui.

J’ai besoin d’aide.

J’ai étudié

la mauvaise matière

pour mon examen

d’histoire.


JULIE-PIER, qui travaille à la table à côté de BRANDON-LEE, écoute sa conversation et esquisse un sourire.


MME ST-PIERRE

T’as étudié?

Bon, même si c’est pas

la bonne matière,

c’est toujours

un début, hein?

Mets-toi pas trop de pression

pour la première fois.


BRANDON-LEE

C’est pas moi qui se met

de la pression.

Si je coule l’examen,

les parents vont m’envoyer

dans un camp de rattrapage

scolaire cet été.

Le Camp des Espoirs.

J’ai besoin d’une excuse,

un alibi.

N’importe quoi pour pas

faire l’examen aujourd’hui.


MME ST-PIERRE

Ah, je voudrais

bien t’aider,

mais je vais être

en retard chez la coiffeuse.

Hé, je vais m’offrir

un "relooking"!

(Riant)

Dans moins

de deux heures,

l’ancienne Ginette

va être morte.


BRANDON-LEE

C’est super. Si t’as

une idée, texte-moi, OK?

Faut que je te laisse,

grand-maman, bye!


BRANDON-LEE ferme son ordinateur et remarque que JULIE-PIER le regarde.


Pendant ce temps, JENNIFER consulte le babillard dans le corridor. M. PRUDHOMME vient le rejoindre.


M. PRUD’HOMME

Ah!

Jennifer, félicitations

pour ta sélection.


JENNIFER

Merci.


M. PRUD’HOMME

Fait plaisir.

Hé, le festival d’art

subversif de San Francisco,

c’est tout un honneur.


JENNIFER

Ouais, je sais,

je capote encore.

C’est la plus belle nouvelle

que j’ai eue de ma vie.


M. PRUD’HOMME

Bien, c’est une bonne nouvelle

pour toute l’école.


JENNIFER

Euh, M. Prud’homme,

comment ça se fait

qu’il y a personne

à part Julien

qui s’est inscrit à mon atelier

d’art subversif?


M. PRUD’HOMME

Ah, tu vas animer

un atelier?


JENNIFER

Euh, oui.

Vous l’avez autorisé

vous-même.

De quoi je vais avoir l’air

à San Francisco

si mon atelier

intéresse personne?


M. PRUD’HOMME

Ah bien, attends un petit peu.

Fais-toi-z'en pas, OK?

Je vais annoncer la bonne

nouvelle de ta sélection

à l’interphone,

puis, tu vas voir,

ça va faire la file

pour venir s’inscrire.


JENNIFER

Ah, merci!


M. PRUD’HOMME

Plaisir.


MME CARDINAL se déplace dans l’école et elle aperçoit BRANDON-LEE dans la salle des pas perdus.


MME CARDINAL

Allô, Brandon-Lee!


BRANDON-LEE

Ah, salut!


MME CARDINAL

Je veux juste m’assurer

que t’as bien étudié

pour l’examen

de cet après-midi

parce que, dans ton cas,

ce serait pas du luxe!


BRANDON-LEE

Euh, oui.


MME CARDINAL

OK. Bien,

si tu veux réviser,

je suis libre

sur l’heure du midi.


BRANDON-LEE

OK, merci, mais je pense pas

être capable

de faire l’examen

aujourd’hui.

On pourrait pas

le remettre à plus tard?


MME CARDINAL

Et pourquoi?

J’ai très hâte

d’entendre ta raison.


BRANDON-LEE essaie ensuite d’avoir l’air triste.


BRANDON-LEE

Ma grand-mère

est morte.


MME CARDINAL

Bravo, on me l’a

jamais faite, celle-là.


JULIE-PIER

(Intervenant)

Mme Cardinal,

c’est... c’est vrai,

j’étais là

quand il a appris

la nouvelle.


MME CARDINAL

Hein!

(Soudainement mal à l’aise)

Ah, bien...

Hé, toutes mes condoléances,

Brandon-Lee...

Fais-toi-z'en pas

avec l’examen,

on va trouver un moment

pour le faire.


BRANDON-LEE

Merci.


MME CARDINAL

Si t’as besoin de quelque

chose, t’hésites pas.

OK?


MME CARDINAL s’en va, en lançant un dernier regard à JULIE-PIER qui fait semblant d’être peinée.


BRANDON-LEE

(Se tournant vers JULIE-PIER)

Pourquoi tu m’as aidé?


JULIE-PIER

Parce que

j’ai hâte de voir

comment tu vas te maintenir

dans ton mensonge.

Tout le monde à l’école

connaît ta grand-mère.

Ça va être de toute beauté

de te voir patiner.


BRANDON-LEE

Là, tu vas

rien dire, hein?


JULIE-PIER

Puis gâcher ma seule source

de divertissement

de toute la journée?

Aucune chance.


MME CARDINAL va rejoindre M. PRUDHOMME devant le babillard.


MME CARDINAL

M. Prud’homme?


M. PRUD’HOMME

Oui!


MME CARDINAL

Je suis désolée d’avoir

à vous annoncer ça, mais, euh...

Mme St-Pierre ne viendra plus

faire de bénévolat à l’école.


M. PRUD’HOMME

Ha! ha! Bon débarras.

Hé, vieille fatigante!


MME CARDINAL

Parce qu’elle est décédée.


M. PRUD’HOMME

Hein? Bien non...

Voyons, t’es pas sérieuse?

C’est une tragédie, ça!

Hé, elle va

nous manquer.


MME CARDINAL

Pensez-vous envoyer

des fleurs à la famille...?


M. PRUD’HOMME

Bien oui, évidemment!

Faudrait aussi

trouver une façon

de célébrer

son départ...

Non, non,

je dis "célébrer"

dans le sens de...

se recueillir

tristement, hein.

Pas faire un party, là!


MME CARDINAL

Non, j’avais compris.


M. PRUD’HOMME

Oui.

Euh... Alors,

on pourrait organiser

une espèce de cérémonie

en son honneur,

sur l’heure du midi.

Hein, juste avant

le retour en classe.


MME CARDINAL

Hein! C’est vraiment

gentil de votre part, ça.


M. PRUD’HOMME

Ah, bien... C’est normal,

ça me fait plaisir de...

Hé, pourrais-tu

t’en occuper?

J’ai comme quelque chose

de prévu.


MME CARDINAL

Ah non, moi, je--


M. PRUD’HOMME

Excellent!

C’est parfait.

Puis, tu fais quelque chose

de bien, OK?

De bien, mais de gratuit.

Parce que, tu vois...

Bien...

Mme St-Pierre,

elle était bénévole

et un bénévole,

c’est gratuit.

C’est ça qu’elle

aurait voulu.


Plus tard, tandis qu’il se trouve dans le local du journal, BRANDON-LEE entend M. PRUDHOMME qui parle par le biais de l’interphone.


M. PRUD’HOMME

... à tous,

ici votre directeur.

Félicitations,

encore une fois,

à Jennifer Blais

pour sa sélection

au festival

d’art subversif

de San Francisco.

N’oubliez pas de courir

vous inscrire...

Non, non, oh que non!

Non. De marcher,

rapidement...

vous inscrire...

à son atelier

d’art subversif,

autorisé par la direction,

qui aura lieu ce midi.

Bonne journée à tous.


BRANDON-LEE prend son téléphone et compose un numéro. JULIE-PIER entre dans le local du journal à ce moment.


JULIE-PIER

Puis?

T’es rendu à quelle

étape du deuil?

La colère ou le déni?


BRANDON-LEE

Salut, grand-maman.

Je t’ai laissé

un texto, un courriel

et un message Facebook

pour être sûr

que tu viennes pas

à l’école aujourd’hui.


BRANDON-LEE reçoit une alerte sur son ordinateur indiquant un appel vidéo entrant.


BRANDON-LEE

Ah! Salut grand...

Qu’est-ce que c’est, ça?


MME ST-PIERRE

Puis? Ça fesse, hein?


JULIE-PIER

(S’approchant pour regarder)

On peut dire ça

de même, oui.

(Riant)

Elle est bonne!

Hé, vous pouvez

enlever votre perruque,

j’aimerais ça voir

vos vrais cheveux!


MME ST-PIERRE

Ma perruque?

(Offusquée)

Tu sauras que c’est

des vraies rallonges

collées après mes vrais cheveux,

ma petite fille.


JULIE-PIER

Oh, hum...

Hé, je m’excuse,

Mme St-Pierre,

mais c’est vraiment pas

une coupe pour votre âge.


MME ST-PIERRE

J’ai pas de conseil

à recevoir

d’une fille de 16 ans

qui a déjà des rides.


JULIE-PIER

(Offusquée à son tour)

Ah!


Plus tard, JENNIFER entre dans une classe. JULIEN B l’accompagne.


JULIEN B

Puis?

Il y a combien

de monde d’inscrit

dans ton atelier?


JENNIFER

(Consultant la liste des inscrits)

T’es toujours

le seul, là.


JULIEN B

Bien là, je comprends pas.

C’est tellement le

fun, l’art subversif.

C’est comme

une permission

pour pouvoir faire

des mauvais coups.


JENNIFER

Ouais, c’est un peu plus

compliqué que ça.

Je vais t’expliquer

ce midi.

Mais là, ça me prendrait

une action subversive puissante

pour donner au monde

le goût de s’inscrire.


M. PRUDHOMME entre dans la classe.


M. PRUD’HOMME

Bonjour, professeure Blais.


JENNIFER

Bonjour. En passant,

votre annonce a pas marché.

J’ai juste une inscription.


M. PRUD’HOMME

Ah bien, c’est drôle.

Moi, j’en vois deux.


JULIEN B rigole.


JENNIFER

Ah non, pas vous?


M. PRUD’HOMME

Bien, pourquoi pas?

Ça fait partie de mon travail

de directeur

de donner l’exemple, hein.

Donc, si les élèves voient

que je me suis inscrit,

ça va créer comme un engouement,

un effet de masse.


JULIEN B

Ou un fou rire général.


M. PRUD’HOMME

Hé.


JENNIFER

Écoutez, M. Prud’homme.

Je suis pas sûre

que c’est une bonne idée

parce que pour faire

de l’art subversif,

faut être un peu... rebelle?


M. PRUD’HOMME

Ah bien, quand j’étais jeune,

tu sauras que j’ai contourné

mon lot de règlements.

Non, non!

Ça me ferait du bien

de réveiller

le rebelle qui sommeille

en moi, hein. Hé!

Pas de planche à roulettes

dans l’école! Non!


M. PRUDHOMME arrête un élève qui passe dans le corridor en roulant sur sa planche à roulettes.


JULIEN B

(S’adressant à JENNIFER en souriant)

J’ai hâte de voir

ses œuvres, hein.


Pendant ce temps, dans le local du journal, JULIE-PIER approche son visage de l’écran, tandis que BRANDON-LEE et MME ST-PIERRE font un appel vidéo.


JULIE-PIER

Où ça, des rides, hein?

Où ça?


MME ST-PIERRE

De même, je vois surtout

tes points noirs.


BRANDON-LEE

Grand-maman, laisse faire

les points noirs de Julie-Pier.

Tout ce que je veux savoir,

c’est si tu fais du bénévolat

à l’école aujourd’hui.


MME ST-PIERRE

Non!


BRANDON-LEE

(Soulagé)

Ah, fiou!


MME ST-PIERRE

Mais je vais venir te montrer

mes nouveaux cheveux!


BRANDON-LEE

Pas besoin, je les vois

très bien, là!


BRANDON-LEE rit nerveusement.


MME ST-PIERRE

C’est bien plus beau

en vrai!

Même la face de pruneau aura pas

le choix de ravaler ses paroles.

On se voit à midi!


MME ST-PIERRE met fin à l’appel vidéo.


JULIE-PIER

(Serrant les poings)

Argh!

Elle, là, si elle était pas

aussi vieille,

je te jure que je...

Ah.

(Se tournant vers BRANDON-LEE)

Oh...

Ouais, toi, t’es pas mal

dans le trouble, hein?

En tout cas,

si ça peut te consoler,

moi aussi,

j’aimerais mieux

qu’elle soit morte.


De son côté, JENNIFER donne son atelier sur l’art subversif. Il n’y a que JULIEN B et M. PRUDHOMME pour y assister.


JENNIFER

Bon, là, pour l’activité

de ce midi,

j’aimerais ça

que vous m’arriviez

avec une proposition

d’œuvre d’art subversive.

Bien, l’important,

c’est d’essayer

de faire passer un message

en se servant de l’art.


M. PRUD’HOMME

Ah, oui, comme mes messages

à l’interphone.


JULIEN B

C’est pas de l’art, ça!


JENNIFER

Bien, oui, ça peut l’être.


M. PRUD’HOMME

Bon!

Comme quand j’ai dit

que le spécial du jour,

à la cafétéria, c’était

du macaroni chinois,

je faisais de l’art.


JENNIFER

Bien, non,

pas nécessairement.

Ça aurait pu être de l’art

si c’était dit

dans l’intention

de réveiller les consciences.

Bon, là, vous allez penser

à quelque chose qui vous choque

et que vous voulez dénoncer.

Après, il vous restera

juste à trouver

la manière artistique

de le faire.


M. PRUD’HOMME

(Haussant le ton)

Bon, OK, fait que, moi,

ce qui me choque --


JENNIFER

Non, non, non!

Je veux pas savoir.

Surprenez-moi.


JULIEN B et M. PRUDHOMME échangent un sourire complice.


De son côté, BRANDON-LEE marche dans le corridor. MME CARDINAL l’aperçoit.


MME CARDINAL

Brandon-Lee!

Je voulais juste t’avertir...

Il va y avoir

une petite cérémonie

en l’honneur

de Ginette, tantôt,

juste avant de recommencer

les cours.


BRANDON-LEE

Euh... est-ce que

c’est obligé?

Parce que ma grand-mère haïssait

ça, être le centre d’attention.


MME CARDINAL

Ah oui? Ah, bien,

si tu le dis.

Mais, regarde,

ça sera pas long.

Puis t’es pas obligé,

mais si tu voulais

dire quelques mots,

bien, tu serais

le bienvenu.


BRANDON-LEE

OK, je vais y penser.


MME CARDINAL

OK, c’est noté. Bye.


MME CARDINAL s’en va. BRANDON-LEE fait quelques pas et arrive face à face avec sa grand-mère, MME ST-PIERRE.


MME ST-PIERRE

Wow!

Viens, on va aller dehors.

Comme ça, tes cheveux

vont flotter dans le vent.

Tu vas être comme

dans une pub de shampoing!


MME ST-PIERRE

Je te l’avais dit que c’était

bien plus beau en vrai!


BRANDON-LEE

Puis t’avais raison!

Là on se dit bye et on se revoit

en fin de semaine!


MME ST-PIERRE

Hé, pas tout

de suite, là!

Je veux montrer ça

à la concierge.

Elle se pense

tellement fine

depuis qu’elle s’est fait

enlever ses vergetures au laser.


BRANDON-LEE

C’est plate, elle est

pas là aujourd’hui.


MME ST-PIERRE

(Déçue)

Ah, ah...


BRANDON-LEE

Mais Julie-Pier, par contre,

tu la ferais baver de jalousie.


MME ST-PIERRE

Oh que oui!

Elle est où...


BRANDON-LEE entraîne rapidement MME ST-PIERRE plus loin, tandis qu’il aperçoit M. PRUDHOMME qui sort de son bureau et vient dans leur direction.


BRANDON-LEE

Par là!


MME ST-PIERRE

... la petite

ridée, hein?


BRANDON-LEE et MME ST-PIERRE entrent dans le local du journal.


MME ST-PIERRE

Tiens! Qu’est-ce que

tu penses de ça, face de...

Elle est même pas là.


BRANDON-LEE

Oui, elle s’en vient.

En attendant,

j’ai un service à te demander.


MME ST-PIERRE

Tu sais que tu peux

me demander

n’importe quoi,

mon trésor.


BRANDON-LEE

Peux-tu corriger

mon devoir de français?

Depuis que la prof

m’a changé de place,

je ne peux plus

copier sur Maude.


MME ST-PIERRE

Ça te sert à quoi

de tricher?

De toute façon, tu vas

te retrouver au Camp des Espoirs

pour ton examen d’histoire.


BRANDON-LEE

Je sais, mais, moi,

je suis un perfectionniste.


MME ST-PIERRE

Oh!


BRANDON-LEE

Non, installe-toi

dans le cagibi.

Faudrait pas que quelqu’un

te voie corriger mon devoir.


MME ST-PIERRE

Coudonc, as-tu peur

que je me fasse remarquer

à cause de mes cheveux?


BRANDON-LEE

Au contraire,

je veux que ça fesse!

Mais pour ça,

il faut réserver

la surprise

pour plus tard, hein.


MME ST-PIERRE

Oh! OK, d’abord.


MME ST-PIERRE commence à lire le travail de BRANDON-LEE.


MME ST-PIERRE

"Il était une foie"...

(Commentant)

"Foie" avec un "e"?

Franchement!


MME ST-PIERRE se rend dans le cagibi pour poursuivre sa lecture. JULIE-PIER vient alors rejoindre BRANDON-LEE.


JULIE-PIER

Je me suis trouvé

une ride!

Elle est toute petite, là.

Un bébé ridule,

mais elle est là pareil!

Ta grand-mère m’a jeté

un sort, c’est certain!


BRANDON-LEE

Chut!

(Chuchotant)

Pas la peine

de t’énerver!


JULIE-PIER

Pourquoi tu chuchotes?


BRANDON-LEE

Parce que...

Parce que je ménage

ma voix pour la chorale.


JULIE-PIER

(N’en croyant rien)

Hum-hum.

(Pointant en direction du cagibi)

Ta grand-mère est cachée

là-dedans, c’est ça?

Faut que je lui parle.


BRANDON-LEE s’interpose et lui bloque le passage.


JULIE-PIER

Mais, mais... Hé!


Pendant ce temps, JENNIFER rejoint M. PRUDHOMME qui est assis dans la salle des pas perdus.


JENNIFER

Vous êtes en retard

pour mon atelier.


M. PRUD’HOMME

Ah bien non,

pas du tout!

Je fais mon œuvre

d’art subversif, là.

Je débroche les dossiers

des étudiants, hum!


JENNIFER

OK, je comprends!

Les feuilles

sont attachées ensemble

comme des élèves

en prison,

puis en les débrochant,

vous symbolisez

leur libération!


M. PRUD’HOMME

Ah, non, pas vraiment.


JENNIFER

Non?


M. PRUD’HOMME

Non, non.

C’est que brocher

les dossiers,

c’est une consigne

de la commission scolaire,

mais ça m’exaspère!

C’est vrai, chaque fois

qu’on fait des photocopies,

faut plier les feuilles,

puis ça fait

des copies croches.

Ça m’énerve, bon!

Alors, bref...

Je remplace les broches

par des trombones.

Et je veux que tout le monde

me voie faire, d’ailleurs, hein!

(Criant)

OK, à bas les broches,

vive la révolution!

Hein!


JULIEN B passe par la salle des pas perdus à ce moment. Il tient un objet.


JENNIFER

C’est quoi ça, Julien?


JULIEN B

Mon œuvre.


JULIEN B met en marche son souffleur à feuilles et le dirige vers la pile de feuilles de M. PRUDHOMME. Ensuite, il le dirige directement au visage de M. PRUDHOMME.


M. PRUD’HOMME

Voyons! Hé! Hé! Voyons!

Julien! Julien!

Non, ah!

(Criant pour se faire entendre)

Julien! Julien!

Julien!


JULIEN B arrête son souffleur à feuilles.


M. PRUD’HOMME

(D’une voix caverneuse et menaçante)

Julien.


Dans le local du journal, JULIE-PIER essaie de se rendre au cagibi, mais BRANDON-LEE l’en empêche toujours.


JULIE-PIER

Mais, je vois vraiment pas

pourquoi je t’aiderais!


JULIE-PIER abandonne, réalisant qu’elle n’y parviendra pas.


BRANDON-LEE

Parce que ma grand-mère a eu

sa première ride à 57 ans!

Elle a même été

Miss Lac Grundy deux fois.

Une à 19 ans, puis l’autre,

à 42 ans.


JULIE-PIER

Wow...

Respect!


BRANDON-LEE

Tu m’aides et ses trucs

de beauté sont à toi.


JULIE-PIER

Argh! T’as gagné.

Qu’est-ce que tu veux?


BRANDON-LEE

Surveille le cagibi.

Tu la laisses pas sortir

tant que je suis pas revenu.


JULIE-PIER

Tu peux compter sur moi.


BRANDON-LEE

Bon.


BRANDON-LEE, qui ne fait pas tout à fait confiance à JULIE-PIER, s’en va en jetant un coup d’œil derrière lui. Dès qu’il est parti, JULIE-PIER en profite pour ouvrir la porte du cagibi.


JULIE-PIER

Comme ça, vous avez

des trucs de beauté?


Dans la salle des pas perdus, JULIEN B se fait réprimander par M. PRUDHOMME.


M. PRUD’HOMME

C’est du vandalisme!


JENNIFER

Bien non, c’est moi

qui va décider, là.

Julien, c’était quoi le message

à travers ton geste?


JULIEN B

Bien, les feuilles

sont sur la table,

puis moi, j’ai

un souffleur à feuilles,

fait que...

tout s’explique. Non?


JENNIFER

Non, c’est pas de l’art, c’est

plus comme un mauvais coup.


M. PRUD’HOMME

(S'adressant à JULIEN B, le narguant)

Gna, gna, gna! C’est pas

de l’art, c’est un mauvais coup!


JENNIFER

Attendez! Si on met ce que

vous avez fait ensemble,

c’est vraiment autre chose.

La libération

des documents,

de leur minuscule

prison en métal,

puis la poésie des feuilles

s’envolant vers

la liberté!

Ça aurait pu être

du grand art subversif.


JULIEN B

Dans le fond,

la différence

entre l’art subversif

et les mauvais coups,

c’est une bonne excuse?


JENNIFER

Non, c’est plus

complexe que ça.


M. PRUD’HOMME

(S’adressant à JENNIFER)

Bon, alors, peut-être

que tu devrais

retourner à la base

et nous donner

une assignation précise.

Hum?


JENNIFER

OK, d’abord.

Vous allez

me faire un dessin

sur un thème

facile à dénoncer.

La cruauté

envers les animaux?

Vous avez 15 minutes.


MME ST-PIERRE est maintenant assise dans le local du journal et elle discute avec JULIE-PIER.


MME ST-PIERRE

L’ennemi numéro un

de la beauté,

c’est les émotions.

Première émotion...

La joie!

Faut jamais sourire.

Ça donne des pattes d’oie

autour des yeux!


JULIE-PIER

Bien là, mon sourire

fait partie de mon charme.


JULIE-PIER sourit exagérément en montrant ses dents.


MME ST-PIERRE

Tu veux charmer quoi?

Un dentiste ou un cheval?


JULIE-PIER

Hé, j’ai pas

des grandes dents...


MME ST-PIERRE

Moi, ça me dérange pas.

Si tu veux ressembler

à un vieux bouledogue

qui a trempé pendant

deux heures dans le bain,

écoute pas mes conseils.


JULIE-PIER

Ah! Bien, ça tombe bien!

Je n’ai plus

le goût de sourire.


JULIE-PIER fronce les sourcils.


MME ST-PIERRE

Attention!

La colère,

c’est pas mieux.

Ça fait des plis

entre les deux yeux.

Mmmm...

Puis, ais surtout pas

de la peine.

Ça, ça creuse

les coins de la bouche...


JULIE-PIER affiche un air neutre et parle sur le même ton.


JULIE-PIER

Comme ça, c’est correct?


MME ST-PIERRE

Parfait!

T’es tellement belle

que j’en oublie que t’es rousse.

Deuxième truc

essentiel...

L’huile de ricin.

Ça, c’est vraiment

miraculeux.


JULIE-PIER prend la bouteille et, lorsqu’elle y jette un œil, sa bouche se crispe.


JULIE-PIER

Jamais entendu parler.


MME ST-PIERRE

(Donnant une consigne à JULIE-PIER)

Visage neutre.

Troisième truc.

(Fouillant dans son sac à main)

Les antioxydants.

Le jour, bois du thé,

et le soir...

de la verveine.


JULIE-PIER

Ah non, j’ai déjà essayé,

de la verveine.

C’est dégueu!


MME ST-PIERRE

Oui, mais ça fait

dormir comme un bébé

et dormir, c’est bon

contre les rides.

Ah, va donc nous chercher

de l’eau chaude.

On va se prendre

un petit thé vert

entre femmes.


JULIE-PIER

(Contente)

Ah! Bonne idée!

Euh, je veux dire...

(Affichant un air neutre et sur un ton neutre)

Bonne idée.


JULIE-PIER est sur le point de sortir.


MME ST-PIERRE

Tout à l’heure, je vais

te montrer comment

te débarrasser

de ta culotte de cheval.

T’en as pas encore une,

mais si je me fie

à ta morphologie,

dans cinq ans,

tu ne passeras plus

dans les cadres de porte.


JULIE-PIER affichant un début de colère en serrant les poings, en ouvrant la bouche et les yeux.


MME ST-PIERRE

Visage neutre!


JULIE-PIER prend une grande inspiration pour se calmer, puis elle sort.


Plus tard, BRANDON-LEE retrouve MME CARDINAL dans la salle des pas perdus. Elle accroche une couronne de fleurs sur laquelle il est écrit «Adieu Ginette».


BRANDON-LEE

Hum...

Mme Cardinal?


MME CARDINAL

Ah, Brandon-Lee.

Est-ce que c’est

à ton goût?


BRANDON-LEE

Oui, oui, c’est

parfait, mais...

il faut que je vous dise

quelque chose.

Ça va paraître niaiseux,

je le sais.

Mais, tu sais,

dans la vie,

il y a plein de choses bizarres

qui arrivent, hein, puis...


MME CARDINAL

Hé, hé, hé!

Ça va aller, OK?

T’es bouleversé,

t’as pas envie d’être là,

d’assister à la cérémonie,

je comprends ça.

T’es pas obligé

de venir, hein.

La cérémonie, c’est

pour que toute l’école

puisse dire au revoir

à Ginette

parce qu’on... Bien,

on l’aimait beaucoup,

nous autres aussi.


BRANDON-LEE

Ouais.


MME CARDINAL

Comment tu te sens?


BRANDON-LEE

Ah, à vrai dire, je me suis

déjà senti mieux, hein.


Quelques instants plus tard, JULIE-PIER revient dans le local du journal. Elle a apporté deux tasses et de l’eau chaude.


JULIE-PIER

Mme St-Pierre?

(Regardant dans le cagibi)

Bien...

Ah!


JULIE-PIER ne la voit nulle part. Elle prend son téléphone sur la table et s’apprête à sortir, quand elle revient sur ses pas. Sur la table, il y a une fiole contenant de l’huile de ricin. JULIE-PIER en avale quelques gouttes et grimace.


JULIE-PIER

(Dégoûtée)

Ah...


BRANDON-LEE poursuit sa discussion avec MME CARDINAL.


BRANDON-LEE

Ce que je voulais dire,

c’est que, la médecine,

on n’arrête pas.

Tous les jours, il y a

des progrès, puis des fois,

c’est... c’est

impressionnant comme...


BRANDON-LEE reçoit une alerte sonore sur son téléphone. JULIE-PIER lui a envoyé un message texte.


JULIE-PIER

(Par message texte)

Ginette a disparu!!!


BRANDON-LEE

(S’adressant à MME CARDINAL)

Je suis désolé,

mais il faut que j’y aille.

(Faisant semblant d’être bouleversé)

C’est... c’est l’émotion.


MME CARDINAL

Pauvre petit "pit"...


De retour en classe, dans le cadre de son atelier, JENNIFER essaie de voir ce que M. PRUDHOMME dessine, mais celui-ci essaie de se cacher. Pendant ce temps, JULIEN B est dans le corridor à côté de la classe et épingle des feuilles au babillard.


JENNIFER

(Intriguée)

C’est quoi, votre dessin?


M. PRUD’HOMME

Hein? Euh...

C’est...

... un poisson?


JENNIFER

Oui, je vois bien.

Mais pourquoi un poisson?


M. PRUD’HOMME

Eh, bien,

c’est parce que...

Parce que mon tigre

avait l’air d’une girafe.


JENNIFER

OK, mais c’est quoi

le sens de l’œuvre?


M. PRUD’HOMME

Ah bien là, le sens,

je le trouverai plus tard!

C’est déjà assez dur

de dessiner... Wow.


JULIEN B

(Revenant dans la classe)

J’ai fini mon dessin!


JULIEN B montre une affiche sur laquelle il a écrit «parc à chiens intérieur gratuit». L’inscription est accompagnée d’une flèche pointant vers la droite.


JULIEN B

C’est pour dénoncer que le prof

d’édu nous traite

comme des animaux.


JENNIFER

Je me serais attendue

à quelque chose

d’un peu plus poussé, mais...


JULIEN B

C’est pas tout!

J’ai affiché

des pancartes

un peu partout

dans l’école

qui mènent...

jusqu’au gymnase!


On entend alors des aboiements qui proviennent du corridor.


JULIEN B

On dirait que...

il y en a qui aiment

mon art subversif, hein?


M. PRUD’HOMME

(Quelque peu découragé)

C’est pas vrai, là!


JENNIFER

Oh my God! Julien!

T’es tellement la meilleure

publicité pour mon atelier!

M. Prud’homme,

vous devriez

vous en inspirer!


M. PRUD’HOMME

Ouais, hein! Non.

Non! Là, ça va faire.

Jennifer, je suis très fier

de ta sélection au festival,

mais pour l’atelier

d’art subversif, c’est non!

C’est fini!


JULIEN B

Vous dites juste

ça parce que

vous êtes jaloux

de mon talent.


M. PRUD’HOMME

(Bégayant)

Pas du tout!

Ça a pas rapport!

Là, vous allez

m’excuser...

(Fâché)

J’ai un parc à chiens

à faire évacuer.


On entend des aboiements dans le corridor.


M. PRUD’HOMME

Hé! Hé!


De son côté, BRANDON-LEE marche dans le corridor à la recherche de MME ST-PIERRE. Elle sort alors de la salle de bain des femmes.


BRANDON-LEE

Ah, te voilà!


MME ST-PIERRE

Hé! Tu sais pas quoi?

J’ai entendu Julie-Pier

vomir dans les toilettes.

Hé, pauvre petite fille,

si elle fait ça trop souvent,

elle va tout

se pourrir les dents!

Elle va se retrouver

avec un dentier à 30 ans.


BRANDON-LEE aperçoit M. PRUDHOMME qui s’avance derrière MME ST-PIERRE.


BRANDON-LEE

(S’adressant à MME ST-PIERRE)

Je pense que ta coiffeuse

a oublié des cheveux gris,

ça se peut?


MME ST-PIERRE

Hein! T’es pas sérieux!

Où, ça?


MME ST-PIERRE retourne dans la salle de bain.


M. PRUD’HOMME

Oh, hé!

Est-ce qu’il y a

une nouvelle jeune bénévole

qui travaille à l’école

aujourd’hui?

Parce que... Hum!


BRANDON-LEE

Euh, non, c’est

la tante de...

... de Félicie.


M. PRUD’HOMME

Hein?


BRANDON-LEE

Euh, de Julie-Pier.


M. PRUD’HOMME

Ah!

Ah, non, mais...

excuse-moi, Brandon-Lee.

Dans les circonstances,

ma question est déplacée, là.

Écoute...

Je te promets que je vais

faire un beau discours

à la cérémonie, en l’honneur

de ta grand-mère.


BRANDON-LEE

J’en doute pas.


M. PRUD’HOMME

Ouais.


MME ST-PIERRE sort de la salle de bain.


MME ST-PIERRE

Avant que tu me poses

la question...

Oui, j’ai tout entendu!

Ha! ha!

Mon petit snoreau, toi!

Tu m’avais pas dit

qu’ils allaient faire

une cérémonie en mon honneur!

Hé, il est à peu près temps,

avec tout le bénévolat

que j’ai fait dans

cette école-là, moi!


BRANDON-LEE

Bien oui!

(Mal à l’aise)

Suprise!


MME ST-PIERRE

Oh! Ha!


Plus tard, BRANDON-LEE et MME ST-PIERRE sont dans le local du journal.


BRANDON-LEE

Grand-maman,

personne doit savoir

que t’es au courant

pour la cérémonie.

Sinon, ça gâcherait

la surprise.


MME ST-PIERRE

Bien, évidemment!

Je prendrais bien

une petite tasse de thé, moi.


BRANDON-LEE aperçoit la verveine sur la table près de l’eau chaude, ce qui lui donne une idée. Pendant ce temps, MME ST-PIERRE continue de corriger le travail de BRANDON-LEE.


MME ST-PIERRE

Ah...

"Je veut"...

... avec un "t".

Franchement!

Brandon-Lee...

Ah...


BRANDON-LEE

Et un bon thé vert pour

ma belle grand-maman d’amour.


MME ST-PIERRE

Mmm... merci,

mon poussin!

Je pense que

tu t’es trompé, là.

C’est de la verveine, ça,

pas du thé vert.


BRANDON-LEE

Non, c’est l’eau de l’école

qui sent bizarre.

Elle goûte drôle aussi,

mais à la longue,

on s’habitue.


MME ST-PIERRE

Ouais...

Hé, mon nouveau look tombe

à pic pas à peu près!

(Riant)

Hum!

Sais-tu ce que

je vais faire?

Je vais arriver

à la dernière minute,

comme une star!

Puis, je vais leur faire

ma face de....

Ma face de... Oh!

(Bâillant soudainement)

Vous auriez...

Vous auriez pas dû!


MME ST-PIERRE s’endort.


BRANDON-LEE

Ça va être magique.


BRANDON-LEE essaie de la réveiller, mais elle dort profondément. Il roule la chaise sur laquelle elle est assise dans le cagibi.


Plus tard, JULIEN B retrouve JENNIFER dans la salle des pas perdus.


JULIEN B

Puis? C’est quoi

notre prochaine œuvre?


JENNIFER

T’as pas entendu

M. Prud’homme?

Il n’y a plus d’atelier.


JULIEN B

Bien là, depuis quand

on a besoin de permission

pour faire de l’art subversif?

C’est ça, la subversion!


JENNIFER

Hé, t’as tellement raison!

Sans m’en rendre compte,

je suis rentrée

dans le moule du système...

OK, Julien, tu vas aller

au local du journal

prendre ma tablette

à dessin et mes fusains.


JULIEN B

Qu’est-ce que tu vas faire?


JENNIFER

Je sais pas, je vais y penser.


Pendant ce temps, à la table à côté, JULIE-PIER prend quelques gouttes d’huile de ricin.


JULIE-PIER

(Dégoûtée)

Ah...


BRANDON-LEE vient la rejoindre.


BRANDON-LEE

Ça va?

T’as l’air malade.


JULIE-PIER

Eh, ouais, c’est...

l’huile de ricin.

Mais je vais m’habituer,

puis après...

(Ayant un haut-le-cœur)

Adieu, les rides.

(Chuchotant)

Elle est où,

Ginette?


BRANDON-LEE

(Chuchotant)

Je lui ai fait

boire de la verveine.

Elle va dormir

dans le cagibi

jusqu’à ce que la cérémonie

soit terminée.

Après ça, je vais

la réveiller,

puis je vais lui dire

qu’elle était géniale

et que tout le monde

a adoré ses cheveux.


JULIE-PIER

Elle va pas trouver ça bizarre

de se souvenir de rien?


BRANDON-LEE

Je la connais,

elle voudra jamais passer

pour une vieille

qui perd la mémoire.

Elle va faire semblant

de s’en rappeler.

Je te le dis,

c’est le plan parfait.


JULIE-PIER

Ha! En tout cas, si ça marche,

t’es officiellement le gars le

plus chanceux au monde.


MME CARDINAL

Votre attention, tout le monde.

On va bientôt

commencer la cérémonie

en mémoire

de Ginette St-Pierre,

notre bénévole

bien aimée.


Pendant ce temps, JULIEN B cherche les fusains dans le local du journal. Il ouvre alors la porte du cagibi et aperçoit MME ST-PIERRE. Tous les deux poussent des cris de surprise. JULIEN B, pris de panique, s’en va à toute vitesse.


M. PRUD’HOMME

Mme St-Pierre était plus

qu’une simple bénévole.

Elle savait se faire remarquer

par son énergie,

ses bons mots

d’encouragement,

sa délicatesse...

Elle était un peu

comme de la mauvaise herbe.

Je veux dire, du côté positif,

dans le sens que, hé!

Elle était pas tuable!

Non, je veux dire... tenace.

Mon Dieu, excusez-moi,

c’est l’émotion.


MME ST-PIERRE arrive à ce moment.


MME ST-PIERRE

Ah, merci,

monsieur le directeur!

C’était un discours

à la hauteur

de vos compétences.


M. PRUDHOMME la regarde, stupéfait.


MME ST-PIERRE

Bien oui, j’ai les cheveux

longs maintenant.

Revenez-en.


MME CARDINAL jette un regard fâché en direction de BRANDON-LEE.


BRANDON-LEE

J’ai une excellente excuse.


MME CARDINAL

J’ai hâte

de l’entendre.


MME ST-PIERRE

Premièrement,

merci pour cet hommage.

Deuxièmement, j’aimerais

vous faire remarquer

que si vous dépassiez pas

vos budgets

pour des niaiseries

comme ça, là...


MME ST-PIERRE se penche pour lire une affiche sur laquelle il est écrit «Reposez en paix Mme St-Pierre».


M. PRUD’HOMME

(Mal à l’aise)

Bon, alors...

Une bonne main d’applaudissement

pour Mme St-Pierre,

qui, finalement...

Elle est pas morte!

Hein! Félicitations!


JENNIFER

Hé, bravo! Bravo!

Ça, c’est de l’art subversif.

M. Prud’homme, l’idée

de faire arriver

Mme St-Pierre

au milieu de sa propre

cérémonie funèbre,

wow, c’est du génie!


MME CARDINAL

C’était votre idée?


M. PRUD’HOMME

Euh, bien, vous avez

entendu l’experte.

C’est de l’art!


JENNIFER

Oui, vous venez de voir

un grand exemple

de l’art subversif.

Ah, pour tous ceux

qui veulent en faire autant,

suivez-moi pour vous inscrire

à mon atelier!


Plusieurs personnes suivent JENNIFER.


MME CARDINAL

(S’adressant à BRANDON-LEE)

La bonne nouvelle,

c’est que t’auras pas besoin

de trouver d’excuse

pour pas faire ton examen.

Il est dans 10 minutes.

Bonne chance, mon grand.


MME ST-PIERRE s’approche de JULIE-PIER qui ne cesse de prendre des gouttes d’huile de ricin.


MME ST-PIERRE

L’huile de ricin, là...

... c’est un laxatif.

Un purgatif.

C’est pour se mettre

dans la face,

pas pour boire,

nounoune.


JULIE-PIER se tient la bouche et se précipite vers la salle de bain.


BRANDON-LEE

Je vais tout t’expliquer--


MME ST-PIERRE

Gaspille pas ta salive!

Juste une question.

Ton Camp des Espoirs, là...

ça dure combien

de temps, ça?


BRANDON-LEE

Deux semaines.


MME ST-PIERRE

(Prenant BRANDON-LEE par l'oreille)

Ah, bon, on va

aller vérifier

s’ils peuvent ajouter

une troisième semaine

juste pour toi!


Fin épisode


SIERRA

(S’adressant au public de l’émission)

Si tu veux en apprendre

plus sur nous,

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de Subito texto.


L’adresse internet suivante apparaît: «tfo.org/subitotexto».


Générique de fermeture

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