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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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Hearing Loss and Deafness: Barriers and Culture

Hearing is a sense that we tend to neglect. But the risk of hearing loss is real, and it is growing. Vlogger Julie Desgagnés decided to put her hearing to the test, and to explore the reality of hard-of-hearing and deaf people. Tag along as she learns about Deaf culture, about the diversity of sign languages, and about what it means to be deaf and Francophone in a minority setting. You´ll meet some inspiring people who have decided to live life as they hear it and plunge into their passions.



Réalisateur: Andréanne Baribeau
Production year: 2016

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VIDEO TRANSCRIPT

Une jeune femme, YouTubeuse, JULIE DESGAGNÉS, est assise dans une cabine et porte un appareil auditif relié à un ordinateur dans une autre pièce, où se trouve SALIMA JIWANI, une audiologiste chez Audiosense.


SALIMA JIWANI

Bonjour Julie.


JULIE DESGAGNÉS

Bonjour!


SALIMA JIWANI

Est-ce que vous m’entendez?


JULIE DESGAGNÉS

Très bien.


SALIMA JIWANI

Alors le premier teste qu’on va faire,

vous devez tout simplement

répéter les mots que vous entendez.

OK?


JULIE DESGAGNÉS

Très bien.


Une voix robotisée se fait entendre.


VOIX ROBOTISÉE

Devant.


JULIE DESGAGNÉS

Devant.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

On va régulièrement chez le médecin,

chez le dentiste,

chez l’optométriste.

Mais l’ouïe est un sens

qu’on a tendance à négliger.

La preuve?

Je suis en train de passer

mon premier test d’audition,

et mon ouïe semble déjà avoir

quelques failles.


VOIX ROBOTISÉE

Jeudi.


JULIE DESGAGNÉS

Genoux.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

La perte auditive affecte un Canadien

sur cinq, et j’ai voulu en apprendre

davantage sur l’impact que ça

peut avoir sur la vie de tous les jours.


JULIE est avec SALIMA dans son bureau. Cette dernière répond aux questions de JULIE.


SALIMA JIWANI

La plupart des pertes auditives

sont génétiques. Il y a à peu près

trois enfants sur mille, au Canada,

qui sont nés avec une perte d’ouïe.


JULIE DESGAGNÉS

Si je ne me trompe pas, on peut aussi,

suite à des expositions à des bruits

très forts, perdre aussi,

soit temporairement ou graduellement,

l’audition.

Est-ce que c’est vrai?


SALIMA JIWANI

Oui.


SALIMA utilise une caméra pour regarder à l’intérieur de l’oreille de JULIE. Les affiches s’affichent en temps réel sur l’écran devant JULIE.


SALIMA JIWANI (Narratrice)

Chez les adultes ou même

chez les jeunes, on voit que

le risque de perte d’ouïe

augmente à cause de la technologie

d’aujourd’hui. On est tous exposés,

à un moment donné, à de la musique

forte ou à des sons bruyants.


SALIMA et JULIE poursuivent l’entrevue.


SALIMA JIWANI

Surtout que maintenant,

beaucoup de jeunes portent

des écouteurs, et on écoute

nos musiques très très fort.

Donc on voit une augmentation.


SALIMA est de retour devant son ordinateur, tandis que JULIE est dans la pièce adjacente.


SALIMA JIWANI

OK Julie, maintenant ce prochain test,

ce qu’on va faire, c’est que vous allez

entendre des petits bips.

Chaque fois que vous entendez

un petit bruit, levez votre main.


Des bips se font entendre et, chaque fois, JULIE lève la main.


SALIMA JIWANI (Narratrice)

Certains médicaments peuvent aussi

causer la perte d’ouïe et évidemment

le progrès naturel du vieillissement

aussi peut affecter.


L’entrevue se poursuit dans le bureau de SALIMA.


JULIE DESGAGNÉS

J’imagine qu’au fur et à mesure,

une perte auditive va avoir un impact

sur la vie de tous les jours,

par exemple, dans un travail ou

dans les activités quotidiennes.


SALIMA JIWANI

L’impact est énorme.

On voit beaucoup plus de dépressions

et d’isolement.

On voit qu’il y a aussi un coût

sur la société.

La productivité n’est pas la même,

parce que tout à coup, ces personnes-là

sont beaucoup plus fatiguées

parce qu’elles doivent faire beaucoup

plus d’efforts pour entendre et

comprendre.

C’est difficile pour tout, en fait.


De retour en cabine, SALIMA retire l’appareil auditif de l’oreille de JULIE.


JULIE DESGAGNÉS

Merci.


SALIMA JIWANI

De rien.


L’entrevue se poursuit dans le bureau de SALIMA.


SALIMA JIWANI

La perte d’ouïe est très graduelle.

Alors, la plupart des gens qui ont une

perte d’ouïe ne le savent même pas.

Donc du moment où ils ont remarqué

un changement dans leur ouïe,

jusqu’à ce qu’ils voient un audiologiste,

ça prend à peu près sept ans.


JULIE DESGAGNÉS

(Étonnée)

Sept ans?


SALIMA JIWANI

Oui.

Donc vous pouvez imaginer qu’en sept ans,

le cerveau change.


SALIMA présente à JULIE différents appareils auditifs qui sont dans une boîte sur son bureau.


SALIMA JIWANI

Donc ça par exemple, c’est une prothèse

auditive. On peut augmenter certains sons.

Les gens qui attendent le plus longtemps

avant de venir chercher de l’aide

sont souvent les gens qui sont le plus

à risque de rejeter une prothèse auditive,

et ça prend beaucoup plus longtemps

pour s’y habituer.


JULIE contemple des œuvres d’art accrochées à un mur, au Centre de la culture des Sourds de Toronto. Sur l’une de ces œuvres, la photographie d’une femme, un papillon est posé sur les lèvres de celle-ci. Une autre œuvre présente un homme dont l’une des deux oreilles est surdimensionnée.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Ça peut sembler surprenant,

mais ce n’est pas tout le monde

qui croit en l’approche des prothèses

auditives ou des implants cochléaires

pour corriger une perte d’ouïe.

Pour la communauté sourde,

avec un S majuscule, la surdité

n’est pas considérée comme

un handicap, mais plutôt comme

une expérience de vie différente.


JOANNE CRIPPS, la directrice du Centre de la culture des Sourds de Toronto, se trouve avec JULIE et une interprète utilise le langage des signes pour lui expliquer certaines choses.


Plus tard, JULIE réalise une entrevue avec JOANNE. Tandis que JULIE s’adresse à JOANNE en anglais, l’interprète assure la communication entre les deux femmes en utilisant la langue des signes.


JULIE DESGAGNÉS

(Propos en anglais)

Bonjour Joanne.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Je suis allée rencontrer Joanne Cripps,

directrice du Centre de la culture

des Sourds de Toronto,

pour mieux comprendre cette

philosophie.


JOANNE CRIPPS

(Utilisant la langue des signes)

La communauté Sourde

découle du besoin d’avoir

un langage et une culture.

Ceci nous permet d’avoir une identité

et une communauté.

Pour moi, c’est la langue des signes,

car c’est ainsi que nous pouvons interagir.

Je n’appellerais pas ça l’accessibilité,

mais plutôt l’inclusion,

puisque ça nous permet d’avoir

une vraie communication.

Ça nous donne une qualité de vie.


JULIE DESGAGNÉS

(Propos en anglais)

Pour ce qui est des barrières

ou des préjugés entourant la communauté

Sourde, lesquels seraient les plus

importants selon vous?


JOANNE CRIPPS

(Utilisant la langue des signes)

Une barrière, c’est lorsqu’il ne nous est

pas permis d’utiliser la langue des signes.

Certaines personnes pensent que le monde

est rempli d’entendants et que nous n’avons

aucune chance de communiquer

si nous n’apprenons pas à parler.

C’est correct d’apprendre la méthode

orale, mais ça devrait être un choix

personnel, ce qui n’est pas le cas.

Les enfants ne semblent pas toujours

avoir le choix. Nous apprenons

de façon visuelle et nous avons besoin

de la langue des signes.

La barrière se manifeste lorsque nous

n’avons pas le droit d’utiliser notre langue,

et plusieurs enfants se retrouvent

dans cette situation. Ça, c’est une barrière.


JULIE DESGAGNÉS

(Propos en anglais)

Nous nous trouvons dans un très bel espace.

Qu’est-ce que nous pouvons faire

dans ce centre?


JOANNE CRIPPS

(Utilisant la langue des signes)

Ceci est un espace où nous pouvons

célébrer la vie des Sourds à travers l’art...

l’art en général, le théâtre, la peinture,

et les arts visuels.

Donc quand les gens entrent ici,

ils réalisent que l’art a bel et bien

une place dans nos vies et ils voient

nos œuvres. Nous ne sommes pas

un groupe de personnes handicapées.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Ma rencontre avec Joanne m’a fait

réfléchir sur les barrières de communication

auxquelles sont confrontés les sourds.

On pourrait penser qu’il n’existe

qu’une seule langue des signes,

l’American Sign Language ou ASL,

mais c’est loin d’être le cas.

Au Canada, les francophones parlent

généralement la langue des signes

québécoise, la LSQ.

Qui de mieux pour nous en parler

que Samuel Godin-Rousseau,

qui enseigne cette langue

à l’Université d’Ottawa.


JULIE DESGAGNÉS est assise à un bureau et réalise une entrevue avec SAMUEL GODIN-ROUSSEAU en utilisant une tablette numérique.


JULIE DESGAGNÉS

J’aimerais savoir si vous pouviez m’enseigner

comment dire bonjour en LSQ.


Dans le cadre de cette entrevue vidéo, une interprète assure la communication entre JULIE et SAMUEL en utilisant la langue des signes.


SAMUEL effectue un geste de la main, en portant celle-ci à son front et saluant JULIE.


JULIE DESGAGNÉS

Samuel, j’aimerais savoir, en Ontario,

dans quelles communautés on parle la LSQ?

Puis, comment le fait d’être éloigné

dans des petites communautés

peut représenter une barrière?


SAMUEL utilise la langue des signes et l’INTERPRÈTE traduit les signes à JULIE.


INTERPRÈTE

Donc en Ontario, la communauté sourde

(francophone) est quand même minoritaire,

très minoritaire. Mais il y a un plus grand

bassin à Ottawa. Et à Sudbury, il y a un autre

groupe. Ensuite, on en trouve quelques-uns

dans le Sud, dont à Toronto.

Où les gens se sentent un pris,

c’est si les sourds ont le goût

de participer à des festivals,

à des occasions de socialiser ensemble,

il va y avoir un plus petit nombre.

Donc les gens qui demeurent

à Ottawa se sentent un peu moins

pris que ceux qui demeurent

dans des régions éloignées.


JULIE DESGAGNÉS

On connaît la LSQ, mais il y a aussi

la très populaire American Sign Language.

Quelles sont les grandes différences

entre ces deux langues-là?


INTERPRÈTE

Pour l’American Sign Language,

ce sont surtout les Américains,

les anglophones qui l’utilisent.

Il y a aussi des Canadiens anglais

qui utilisent l’ASL.

Donc c’est sûr qu’ils vont

communiquer davantage en ASL.

Et puis il y a un accent.

Donc les Canadiens ont un accent

quand ils utilisent la langue

des signes, tandis que les Américains

aussi ont un accent qui leur appartient.


Pour expliquer la différence, SAMUEL utilise un exemple concret et montre la différence de gestes entre le ASL et le LSQ.


INTERPRÈTE

Un bon exemple que je peux vous montrer,

c’est quand les Américains vont utiliser

le mot gris, ils vont utiliser

«grey». Ça va être le signe

qu’ils vont utiliser. Tandis qu’au Canada,

en ASL, ils vont dire «grey»

comme je le signe présentement.

La LSQ, on utilise le «g», donc on va faire

«gris».


JULIE DESGAGNÉS

Qu’est-ce qui a amené à développer

autant de langues?


INTERPRÈTE

Il y a plusieurs langues de signes

disponibles partout,

tout dépendant dans quel pays

les sourds demeurent...

peut-être au niveau de la politique,

du système, la communication

dont les gens vont avoir l’habitude.

Puis il y a un certain ordre

donc il y a une grammaire linguistique

qui va suivre la langue des signes

utilisée, peu importe le pays.

Donc c’est sûr que ça forme notre

identité. Il y a au-delà de cent langues

des signes utilisées à travers le monde.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Comme on le voit, l’aspect de la communication

peut représenter un défi pour les personnes

vivant avec une déficience auditive.

C’est pourquoi l’accès à la langue

des signes et aux interprètes est si important.

Mais il y a aussi la perception des sons

de la vie quotidienne qui se voit

affectée, comme le son de la circulation,

des oiseaux, le rire de nos proches

ou encore la musique.

C’est toutefois un mythe de croire

qu’une personne sourde ou malentendante

ne puisse pas apprécier la musique.


JULIE est assise sur un banc de parc et regarde sur son téléphone cellulaire une jeune fille qui joue de la musique.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Nikita Layne-Austin en sait

quelque chose.

La jeune musicienne a choisi

de ne pas laisser son trouble auditif

l’empêcher de poursuivre sa passion.

Voici son histoire.


NIKITA LAYNE-AUSTIN, une étudiante à l’école de musique Regent Park, joue du piano, puis elle accorde une entrevue.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

Je m’appelle Nikita Layne-Austin.

Je suis en 10e année et j’aime

la musique. Je suis malentendante

et je suis née ainsi.


NIKITA porte un appareil auditif pour l’aider au quotidien. Elle se déplace dans l’école, puis ouvre son étui à flûte traversière.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

La musique sert à exprimer ce que tu ressens.

Sans la musique, la vie semble...

pas ennuyante, mais terne. Je joue du piano

et le tambour métallique. Je joue de la flûte

dans l’orchestre communautaire.


NIKITA joue quelques notes de flûte.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

J’ai commencé à porter des prothèses auditives

après que ma mère se soit rendu compte

que je ne pouvais pas entendre

l’alarme d’incendie. Mon audition

dans cette oreille était à 24 % et

a monté à 25 %. Dans l’oreille

gauche, elle était à 5 %, mais a baissé

à 2,5 %.


NIKITA joue de la batterie en appuyant sur les touches d’une tablette électronique. Elle tape du pied au rythme de la batterie.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

La musique, je ne fais pas que l’entendre.

C’est comme à une fête lorsqu’il y a des

haut-parleurs puissants.

Je sens la vibration passer en moi.

Et même si je ne reconnais

pas la musique, je reconnais

le rythme et je sais à quoi ça doit

ressembler.


NIKITA est en classe et tape des mains au rythme de la musique. Deux autres personnes sont avec elle.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

Quand j’apprends une nouvelle pièce,

je demande d’abord à quelqu’un de la jouer,

afin d’avoir une idée de la mélodie.


NIKITA prend sa flûte et essaie de reproduire ce qu’elle a entendu.


NIKITA LAYNE-AUSTIN

(Propos en anglais)

En ensuite, je répète et répète

jusqu’à ce que ce soit parfait.

Il y a beaucoup d’entendants ici.

Je crois être la seule dans cette école

de musique à avoir un trouble d’audition

et à trouver l’expérience un peu différente.

Mais je crois que c’est une bonne chose

pour une personne vivant avec un handicap

de poursuivre son intérêt en musique,

et de ne pas s’empêcher de faire ce qu’elle

a envie de faire.


JULIE est assise sur un banc de parc et observe sur son téléphone NIKITA qui joue de la musique, puis des images de la ville sont présentées, tandis que des oiseaux s’envolent.


JULIE DESGAGNÉS (Narratrice)

Comme l’explique si bien Nikita,

ce n’est pas parce qu’on vit avec un

handicap qu’on ne peut pas aller

au bout de nos rêves.

Mais encore faut-il que notre société

permette aux personnes sourdes

ou malentendantes de choisir

la façon dont elles veulent vivre leur vie.

Et de là, leur offrir les services

et l’espace dont elles ont besoin,

afin d’atteindre une vraie inclusion.

Parce qu’on est plus forts

comme société si on peut tous

y prendre pleinement notre place.



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