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TFO 24.7

TFO 24.7, the new francophone point of view. A magazine that entertains, informs, and comments on French-Canadian social and cultural finds. TFO 24.7 presents artisans, artists, youths, entrepreneurs, leaders, and many others who breathe life into French-Canadian culture from coast to coast. Stories, features, interviews, humour, and opinion videos: a show that offers an authentic look on our French-Canadian identity.

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The Women of Vanier

Do women in Vanier have it tough? Lysanne Rheault-Leblanc works in the Ottawa neighbourhood, where economic, cultural and linguistic differences come together. There, she meets all kinds of women from all kinds of backgrounds. She gives us a touching reading of her text, which can be found in Raconter Vanier (Éditions David), as well as some valuable insight into the women she comes face to face with every day.



Réalisateur: Carine Ouellet
Production year: 2017

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VIDEO TRANSCRIPT

Titre :
Les femmes de Vanier


LISANNE-RHEAULT-LEBLANC, auteure de «Les femmes de Vanier», lit un extrait de son livre. Pendant la lecture, images de plusieurs femmes défilent.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

(Lisant)

«Je me demande si le temps

des femmes de Vanier est long ou

rapide. S’il n’y a jamais assez

d’heures dans une journée ou si

leurs après-midis s’éternisent.

Je peux le voir, en tout cas,

glisser sur leurs visages

comme une goutte de pluie

et laisser des traces.

Je le devine dans leurs mains

fendillées, sur leurs cheveux

striés de gris. Rien ici

ne semble les protéger

de l’usure, de la vie qui brûle

comme une chandelle.»


LISANNE RHEAULT-LEBLANC termine de lire l’extrait et se présente.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

Je m’appelle Lisanne

Rheault-Leblanc, j’ai 33 ans, je

ne suis pas résidente de Vanier,

mais j’y travaille depuis un an.


En narration, LISANNE RHEAULT-LEBLANC lit un autre extrait. Durant sa lecture, ce sont des images de Vanier et des différents lieux nommés qui sont présentés.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

(Lisant)

«Vanier est sanguine,

énergique, accueillante. Le

quartier affiche ses contrastes

avec aplomb. Je ne suis que de

passage, mais j’y ai mes petites

habitudes: humer l’odeur

du burger du Dairy Queen,

fouiner à travers les fenêtres

de la Pharmacie La Paix qui sont

à hauteur du sol, m’arrêter

chez Mario’s Food Market pour

mes billets d’autobus et blaguer

avec le propriétaire, et puis

attendre derrière la vitre

de l’abribus, où j’observe

le tableau que forme Vanier,

telle la visiteuse d’un musée.»


LISANNE RHEAULT-LEBLANC termine sa lecture, puis parle de son œuvre, tandis que d’autres images de Vanier sont présentées.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

Il y a quelque chose qui se

dégage, puis c’est peut-être

le fait du côté multiculturel

du quartier justement. On dirait

qu’il y a tellement de vies

différentes, il y a tellement

de cœurs différents qui battent

là. Peut-être pas en parfait

unisson, mais qui battent

ensemble dans ce quartier-là.

Les femmes en particulier

m’ont... ont accroché mon œil.

Il y en a beaucoup. Il y en a

beaucoup qui prennent l’autobus

ou qui attendent l’autobus

ou qui passent près de l’arrêt

d’autobus, et donc, je les

croise, puis je suis toujours

fascinée. Je me demande...

Bien, je suis

curieuse de leur vie.


En narration, LISANNE RHEAULT-LEBLANC lit un autre extrait, tandis qu’elle est assise à la fenêtre d’un café et écrit dans un cahier.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

(Narratrice)

«Leur fierté frêle, leur force

muette me troublent. Chacune

est le personnage d’un roman

qui m’échappe. Parfois,

j’aurais envie de les prendre

dans mes bras. Je surveillerais

leur poussette pendant

que leurs autres enfants courent

comme des fous dans les rues

sans trottoir. Je porterais

l’un de leurs sacs d’épicerie

qui paraissent si lourds.

Je retiendrais l’autobus

qui passe trop tôt. J’aurais

des mots rassurants, même

s’ils sont faux. Je me contente

d’un sourire ou de quelques

confidences derrière ma vitre.»


LISANNE RHEAULT-LEBLANC termine de lire l’extrait, puis tandis qu’elle parle des femmes qui se trouvent dans son texte, des images de différentes femmes défilent.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

C’est vraiment comme

une fascination humaine que j’ai

pour ces femmes-là, puis oui,

toutes celles qui se trouvent

dans mon texte, je les ai vues

ou je leur ai parlé. C’est de

l’admiration, de la tristesse,

de la compassion; c’est tout ça

parce qu’il y a quelque chose

de la résilience qui est beau

à voir chez ces femmes-là.


En narration, LISANNE RHEAULT-LEBLANC lit un autre extrait, tandis qu’elle attend à l’arrêt d’autobus.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

(Lisant)

«Est-ce qu’une ombre plane

au-dessus des femmes de Vanier?

Je suis sûre qu’elles ont,

caché sous la peau, toutes

sortes d’histoire, des souvenirs

difficiles qui n’ont pas de mots

pour se dire, mais aussi

quantité de moments rares

et beaux, de minuscules perles

impossibles à déceler

dans leurs yeux sombres derrière

la vitre de mon abribus.»


LISANNE RHEAULT-LEBLANC termine sa lecture.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

Des fois, j’ai l’impression que

leur vie est difficile. Alors,

j’ai de la tristesse. J’aimerais

ça pouvoir faire quelque chose.


En narration, LISANNE RHEAULT-LEBLANC lit un autre extrait, tandis qu’elle marche dans la ville et s’arrête à un banc public.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

«Cette fois, pourtant, le

sourire disparaît vite. Ses yeux

s’embuent de larmes. Elle n’a

pas d’argent, elle a faim.

Je lui donne 5 $ en vitesse,

l’autobus arrive.

Je me sens impuissante,

peut-être même cruelle.»


LISANNE RHEAULT-LEBLANC termine sa lecture.


Plusieurs visages de femmes se succèdent.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

Moi, j’habite pas ce

quartier-là. Je m’en vais dans

ma maison, puis j’ai peut-être

une autre vie que la leur,

puis peut-être qu’on a une

vie similaire aussi, mais mon

impression, c’était une certaine

fragilité, oui, que je voyais

chez ces femmes-là. Me semblent

loin de moi, mais pendant un

instant, on est à la même place,

on fait la même chose, on

partage une attente ou un trajet

d’autobus, puis je me demande

toujours qu’est-ce qu’elles vont

faire, vers où elles s’en vont.

J’ai essayé d’en parler

avec respect.


En narration, LISANNE RHEAULT-LEBLANC lit un autre extrait, tandis qu’elle monte dans un autobus.


LISANNE RHEAULT-LEBLANC (Narratrice)

«Je monte sans me retourner

et m’installe au fond, près de

la fenêtre. Le véhicule repart

et je vois lentement disparaître

de mon champ de vision la croix

en néon rouge de la Pharmacie

La Paix. Je quitte Vanier

jusqu’à demain.»


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