Universe image The Little Mosque Universe image The Little Mosque

The Little Mosque

The Little Mosque

Share

A plugin is needed to display this content

https://get.adobe.com/flashplayer/

The Barrier

At the mosque, the construction of a barrier separating men´s and women´s prayer areas is announced. Talk of the barrier turns into a community-wide controversy, and even incites a protest in the small town of Mercy. Protesters march, shouting for oppressed Muslim women to break free! Meanwhile, Mayor Ann Popowicz is raising money to build the skating rink she promised voters. She is shocked when she learns that the barrier has indeed been set up.



Production year: 2007

Accessibility
Change the behavior of the player

VIDEO TRANSCRIPT

RAYYAN se rend à la mosquée de la petite ville de MERCY. À l'intérieur , BABER et d'autres hommes de la communauté s'occupent à transporter des panneaux de bois.


BABER

Pas là, là-bas.


RAYYAN

C'est quoi, ça?

Baber, une barrière

dans notre mosquée? Jamais!

Les femmes sont

déjà obligées de prier

derrière les hommes,

c'est pas assez?

Des panneaux de hockey?


BABER

J'ai fait un marché

avec la vieille patinoire.

Il parait que rien ne sépare

mieux les hommes des femmes

qu'un soir de match au Canada!


RAYYAN

Tu ne t'en tireras pas comme ça!


RAYYAN un bout du panneau et tire dessus.


BABER

Laisse ça ici!

(Tirant de son côté)

N'y touche pas! Aidez-moi!


AMAAR

(Sifflant à la manière d'un arbitre)

Deux minutes pour obstruction.


RAYYAN

Amaar, c'est lui

qui fait la faute.

La Grande mosquée de La Mecque

n'a pas de barrière.


BABER

C'est elle qui fait la faute.

Une barrière est essentielle.


AMAAR

C'est vous deux qui êtes

en faute. C'est moi l'imam.

Je décide.


BABER

Oh, bien sûr.


RAYYAN

Bien sûr...

(Recommençant à tire sur la bande)

Enlevez-la!


BABER

Absolument pas!

Les femmes détournent les hommes

de la prière.


RAYYAN

C'est trop nul comme excuse!


RAYYAN se retourne et se penche pour prendre quelque chose au sol. AMAAR jette un œil au derrière de RAYYAN.


BABER

Vous voyez? Les femmes

sont une distraction.


AMAAR

Je n'ai pas été distrait.


RAYYAN

Baber, avoue-le,

parce que tu as eu tort de...

(S'adressant à AMAAR)

Comment ça, vous n'avez pas

été distrait?


AMAAR

Ça suffit, les enfants.

C'est un sujet à controverse.

Baber, vous ne pouvez pas

décider tout seul.


RAYYAN

Enfin il y a une voix masculine

éclairée dans notre mosquée.


BABER

N'écoutez donc pas

cette féministe.

Elle essaie de détourner

votre attention.


AMAAR

Laissez-moi peser

le pour et le contre

et j'en parlerai

à la congrégation.


RAYYAN

Génial! Aidez-moi à l'enlever.


AMAAR

Non.

Jusqu'à ce que je prenne

ma décision,

la barrière reste là.


RAYYAN

(Soupirant)

Trois secondes

d'illumination masculine.

C'est un nouveau record.


RAYYAN s'en va.


BABER

Bye-bye!


Générique d'ouverture


Titre :
La petite mosquée dans la prairie La barrière


FRED, l'animateur de radio belligérant termine son café au restaurant de FATIMA.


FATIMA

Juste l'appoint,

comme toujours.


FRED

Fatima, ma grande, je laisse

un pourboire pour la vue,

pas pour la cuisine.

Ça tuerait

les petites musulmanes

de montrer un brin de peau?


FATIMA

(Tenant un pot de café)

En parlant de peau,

si je vous éclatais la tête

avec celui-là?

Est-ce que vous parleriez

de ça dans votre émission?


FRED

Vous pouvez parier

votre burka.

La controverse, ça paye.

Hum!


RAYYAN

(Se joignant à deux dames au comptoir)

Mesdames, les hommes

recommencent leur numéro.

Baber veut mettre une barrière

dans la mosquée.

Cet homme a vraiment besoin

d'une vie sexuelle.


FATIMA

La barrière permet l'intimité

aux femmes aussi.


RAYYAN

Alors, mettons les hommes

derrière la barrière.


FATIMA

Arrête! Tu parles

comme une fanatique.


RAYYAN

Ah, je suis enfin des vôtres.


FATIMA

Je crois que ce n'est pas l'endroit

pour parler de ça.


FRED

(S'approchant du comptoir)

Alors, j'avais raison. L'islam

est une religion sexiste.


RAYYAN

Seulement quand elle est

dirigée par des hommes.


FRED

Et pourquoi ne pas venir

tout à l'heure, à l'émission,

pour en parler?

Je suis toujours heureux

d'aider une opprimée

bien roulée.


FATIMA

Elle n'ira pas.

C'est pas permis.

Aux femmes.

Aux femmes de parler à la radio.


RAYYAN

Pourquoi?


FATIMA

C'est dans le coran.


RAYYAN

Ah, c'est vrai.

C'est... chapitre 115.

Verset 42. C'est... interdit.


FRED

Ah... Bien sûr.

Bon, bien, vous savez où me

trouver. Radio 660, le «freeze».


RAYYAN

Ah...


FRED s'en va. FATIMA tape la tête de FATIMA.


FATIMA

Mais enfin!

Qu'est-ce qui t'a pris, là?


LAYLA, la fille de BABER arrive à la mosquée où les hommes continuent d'installer la bande de hockey.


LAYLA

Papa? Il faut que je te parle

d'un truc important.


BABER

Vraiment important

ou important pour toi?


LAYLA

Notre école organise--


BABER

Non, pas de danse.

J'ai eu mon diplôme

sans avoir

à trémousser la fesse.


LAYLA

"Les" fesses.

Il s'agit pas de danse.

C'est une course

de 10 kilomètres.

Ils récoltent de l'argent

pour la nouvelle patinoire.

Récolter pour

une oeuvre de charité,

c'est très musulman, non?

Je serai avec mes amies.

Qui sont toutes des filles.


BABER

Entourées de garçons,

bien sûr.

Qu'est-ce que tu porteras

pour cet événement social?


LAYLA

Je porterai un truc approprié.

S'il te plaît, je peux y aller?

S'il te plaît, s'il te plaît?

(Voyant son père sourire)

Ah! Merci. Merci, je t'adore!


BABER

Je sais, je sais.


Pendant que BABER discutait avec LAYLA, les autres hommes ont pris une pause. BABER se retourne et la bande de hockey tombe sur le sol avec fracas.


BABER

(Appelant les hommes)

Tous dans le bureau de Yasir.


BABER et les deux hommes rencontrent YASIR dans la pièce d'à côté.


BABER

Yasir, tu es dans la construction.

On a besoin de toi

pour installer une barrière.


YASIR

Contre la moisissure?


BABER

Essaie donc de sortir de tes

affaires deux petites minutes

et réfléchis en musulman.

Une barrière dans la salle

de prière, voyons.


YASIR

Écoute, les hommes et

les femmes ont prié ensemble

dans ma cave pendant des années.


BABER

Maintenant que tu nous as

trouvé une véritable mosquée,

dans une église, remarque,

on a besoin de créer

un véritable exemple.

Va parler à Amaar.


YASIR

(Levant les mains)

Hé!

Laisse-moi en dehors de ça.

Je ne vois pas Amaar

voulant une barrière

ni la majorité des femmes,

si tu veux mon avis.


BABER

Mais la majorité des hommes

veut une barrière.

Et sans nos contributions

financières plutôt importantes,

la mosquée fermera.

Ainsi que ton bureau

que tu ne paies pas.


YASIR

(Ouvrant son agenda)

Regardez ça.

J'ai justement du temps.


BABER

Allah soit loué!


AMAAR essaie d'écrire son élocution pour la prochaine prière.


AMAAR

Dieu de toute l'humanité...

... depuis des siècles,

les hommes ont...


YASIR arrive dans la porte du bureau de AMAAR.


YASIR

Ah! Vendredi...

Essayez de dire « les gens »

au lieu des « hommes »

pendant votre sermon.

Ça prête moins à controverse.


AMAAR

Donc vous avez vu la barrière.


Pendant que YASIR essaie de convaincre AMAAR. SARAH, son épouse et ANN, la mairesse, entrent en douce dans le bureau et l'écoutent.


YASIR

Amaar, il faudrait

vous faciliter la vie.

Conservez la barrière ou Baber

va déclencher une mutinerie.


AMAAR

Ça n'a aucune validité théologique.


YASIR

Oubliez la théologie.

C'est un fait scientifique.

Les hommes ont

leur attention détournée

quand il y a des femmes à côté.


AMAAR

Mais les femmes prient

derrière les hommes.


YASIR

Même quand une femme

est derrière un homme,

il sait qu'elle est là.


AMAAR

Hum-hum.


YASIR se doute qu'il vient de se mettre le pied dans la bouche.


YASIR

(Se retournant)

Chérie! Je ne t'avais pas

entendue entrer.

Ça fait plaisir de vous voir,

madame le maire.


ANN

Bonjour.


SARAH

(S'adressant à AMAAR)

Désolée d'avoir détourné

ton attention.


AMAAR

Croyez-moi, vous avez tous

les droits de la détourner.


ANN

Amaar, j'aimerais

que votre congrégation

apporte son soutien pour

la nouvelle patinoire.


AMAAR

C'est une merveilleuse idée.


SARAH

Le maire voudrait parler

après vos prières de vendredi.


ANN

Vous êtes toujours

la bienvenue.


ANN

Merci.


YASIR

Vendredi? Ce vendredi? Oh...

Un délai aussi court, c'est nous

mettre au pied du mur.

Vous me suivez, Amaar?

Je ne veux pas

que le maire se barbe.


SARAH

Il y a un problème, Yasir?


AMAAR

Aucun problème pour nous.

Nous nous verrons donc vendredi.


LAYLA parle au téléphone dans sa chambre.


LAYLA

Fais-moi confiance.

C'est comme la guerre.

Tu commences

par faire tout exploser

et après, tu négocies

un compromis raisonnable.

Je sais ce que je fais.


Dans la salle à manger, BABER étudie le Coran en prenant des notes. LAYLA rejoint son père pour montrer sa tenue pour la course. Elle a le nombril à l'air.


LAYLA

Alors?


AMAAR

(Après quelques propos en arabe)

Je peux voir ton nombril!

Tu as l'air d'une protestante.


LAYLA

Tu veux dire « prostituée » ?


BABER

Non, je dis bien

« protestante ».


LAYLA revient avec un t-shirt.


BABER

Ta poitrine est pas

un peu gonflée?


LAYLA propose maintenant le chandail à capuchon.


BABER

Maintenant, tu as l'air

d'un rappeur.


LAYLA

Je suis totalement couverte.


BABER

C'est modestement modeste.

Mais... tu n'as pas à couvrir

tes cheveux.

Pas avant d'avoir eu

tes menstrues.


LAYLA

Papa, ne me dégoûte pas.


En tournant sur elle-même, BABER remarque le mot MERCY écrit sur le derrière de son pantalon à hauteur des fesses.


LAYLA

Alors, c'est bon?


BABER

Non, tu attires trop

le regard sur tes fesses.


LAYLA

C'est la seule tenue que j'ai.


BABER

Je vais t'en offrir une autre.

Va te changer!


YASIR, SARAH et RAYYAN s'apprêtent à prendre leur repas.


RAYYAN

Papa, j'en reviens pas

que tu prennes

le parti de Baber.


SARAH

Oui.


YASIR

En fait, l'attention

des hommes est détournée

par les femmes.

C'est valable partout.


SARAH

Les hommes devraient

porter ces cônes.

Tu sais, qu'on met

aux chiens malades

pour qu'ils ne puissent pas

se lécher.


RAYYAN

Ça, c'est vrai!


YASIR

Si vous étiez des hommes,

vous comprendriez que

c'est plus compliqué que ça.


SARAH

Non, si j'étais un homme,

je ne rendrais pas tout ça

aussi compliqué.


RAYYAN

Ça, c'est vrai. Oh!


Une sonnerie de téléavertisseur interrompt la discussion.


RAYYAN

Allez, il faut que j'aille

à la clinique.

Mais quand je serai partie,

tu imagineras qu'à la fin

de toutes les phrases de maman,

je pourrai dire:

« Ça, c'est vrai. »


SARAH

Au revoir, ma puce.


RAYYAN

À plus tard!


YASIR

Je t'aime.

(S'approchant de SARAH)

Rayyan n'est plus là.

Nous avons...

la maison rien que pour nous.


SARAH

On ne peut pas

avoir la barrière.

Tu dois convaincre Amaar de

l'enlever. Joue de ton charme.


YASIR

Oui, alors pourquoi

le gaspiller sur Amaar?

Allons continuer

cette discussion au premier.


SARAH

Tu iras parler à Amaar.


YASIR

Oui.


SARAH

Et tu le feras avant

que le maire vienne

à la mosquée vendredi.


YASIR

Ne brusquons pas les choses.

Écoute, quand on dirige

une entreprise du bâtiment, hum,

on a essentiellement

à faire à des hommes.


SARAH

Les femmes ont

beaucoup d'influence

quand on parle de travaux

dans une maison.


YASIR

C'est l'homme

qui fait les chèques.


SARAH

(Soupirant)

Est-ce que tu imagines

ce que cette barrière

a d'insultant pour moi, hum?


YASIR

Rayyan est sortie!

On n'est pas obligés de parler

de traditions musulmanes

24 heures sur 24!


SARAH

Tu ne veux pas te mouiller

pour moi, on dirait.


YASIR

Non. Mais ça n'a

rien de personnel.


SARAH

Ah, tu as raison. C'est vrai.

On va s'en tenir aux faits.

La barrière entre les hommes et

les femmes est une grande idée.


YASIR

Je suis content que tu voies

les choses comme ça.


SARAH

Bien sûr. Tu sais ce qui fait

une formidable barrière?

(Embrassant YASIR)

La porte de notre chambre.


À la mosquée, la barrière est installée. Les femmes sont accroupies derrière.


AMAAR

Avant de nous quitter,

j'aimerais vous présenter

une invitée particulière:

madame le maire.


SARAH arrive en compagnie d’ANN.


ANN

(S'adressant à RAYYAN)

Bonjour, ma grande.


RAYYAN

Bonjour.


SARAH

Bonjour, tout le monde!


SARAH distribue donne une boîte à YASIR.


ANN monte sur l'estrade et se place derrière le lutrin, pieds nus.


ANN

Bonjour à tous.

(Tendant ses chaussures à SARAH)

Vous pouvez prendre ça?

Attention aux brides.


La boîte apportée par SARAH circule entre les hommes.


ANN

J'espère que les femmes au fond

m'entendent bien

parce que je suis sûre

que nous sommes tous d'accord.

Les femmes sont le coeur

de toute communauté.

Est-ce que vous m'entendez, mesdames?


Les femmes se redressent pour signifier leur présence.


ANN

Ah, d'accord.

Ça suffira.

La course pour la patinoire

est pour ce weekend.

J'espère que beaucoup

d'entre vous viendront.

Nous avons besoin

de contributions.

J'ai demandé à Yasir de faire

passer une boîte. Merci, Yasir.


Les hommes déposent de l'argent dans la boîte.


ANN

J'espère que les femmes

auront une chance

de contribuer

parce que, bien sûr,

la patinoire est

pour elles aussi.

N'est-ce pas?


RAYYAN se lève et prend la boîte des mains de BABER.


RAYYAN

Désolée.

Mais il est difficile

de contribuer

quand on se trouve

dans le box des accusés.


SARAH

Ah...


À la maison de BABER, LAYLA se change et remarque qu'elle a ses premières menstruations.


LAYLA

(Ironique)

Oh, génial.


À la station de radio locale, FRED s'adresse à la communauté par la voie de son micro.


FRED

Mais quand les femmes

musulmanes de Mercy

seront-elles traitées

avec le même respect

que nos nanas locales?


À la mairie, SARAH et ANN organisent la course. La radio diffuse les propos de FRED.


SARAH

Fred Tupper se battrait

pour les femmes opprimées?


ANN

Je crois qu'il se battrait

pour les seins opprimés.


FRED continue de faire son éditorial.


FRED

Et comme Reagan

a dit à Gorbatchev,

je vous dis à la mosquée:

démolissez ce mur!


FATIMA et RAYYAN entendent aussi les propos de FRED, au restaurant de FATIMA.


RAYYAN

Ah... Je suis

désolée de l'avouer,

mais pour une fois,

je suis d'accord avec ce nul.


FATIMA

Ton foulard est trop serré.


RAYYAN s'effondre sur le comptoir avec exaspération.


Chez YASIR et SARAH, c'est l'heure du coucher.


YASIR

Hou hou, chérie?


YASDIR tend un goûter à SARAH à la porte de la chambre.


SARAH

Ah, merci.


SARAH prend une tasse de thé et rend le plateau à YASIR avant de fermer la porte.


SARAH

Il y a pas de quoi.


Le lendemain, à la mosquée, AMAAR anime un débat.


AMAAR

Je suis ravi de voir

une telle assistance.

Les vigoureux débats

sont le minerai

du moteur de notre communauté.


RAYYAN

Si c'est un moteur,

il faudrait peut-être

penser à mettre de l'essence.


FATIMA

Tout ça, c'est ridicule.

Je veux une barrière.

Je ne veux pas que

des hommes me jettent

des regards concupiscents

quand je prie.


BABER

Et je ne veux pas que les

femmes soient distraites

par mon postérieur.


SARAH

Crois-moi, personne

ne regardera ton postérieur.


RAYYAN

J'ai fait quelques recherches.

Bien. à l'époque du prophète--


BABER

Merci pour tout, Rayyan.

Passons au vote.


RAYYAN

Je n'ai encore rien dit.


BABER

Tout le monde sait ce que tu penses.


RAYYAN

Oh, vraiment? Alors, dis-moi à

quoi je pense là tout de suite.


BABER

Qui est-ce qui se soucie

de ce que tu penses?


RAYYAN

J'ai le droit de parler.

L'islam, c'est la démocratie.


BABER

Exactement. Donc, tu vas

la fermer qu'on puisse voter.


RAYYAN

Ce ne sera pas un vote loyal.

Les hommes vont obliger

leur femme à faire comme eux.


YASIR

Pas sous mon toit.


SARAH

Notre toit!


FATIMA

Ah, tu vois?

(S'adressant à RAYYAN)

Si tu n'avais pas

haussé la voix dans mon café,

toute la ville ne connaîtrait

pas une telle révolte.


AMAAR

Allons, voyons. Les délires

d'un animateur radio de droite

peuvent difficilement être

assimilés à une révolte.


Des voix s'élèvent dehors.


Tous sortent voir ce qui se passe. Un groupe manifeste devant la mosquée.


MANIFESTANTS

Musulmanes opprimées

dans le monde!

Coupez vos chaînes

et soyez libres!

Musulmanes opprimées

dans le monde!

Coupez vos chaînes

et soyez libres!


MANIFESTANTE

Mes soeurs, montrez-vous

courageuses et dressez-vous

contre les talibans

de la prairie.


AMAAR

Ça n'avance à rien, ça.


SARAH

Je gagne ma vie en éteignant

des incendies. Regardez ça.


SARAH

Bonjour.

(Parlant à voix basse)

Écoutez.

D'abord, entre vous et moi,

je suis totalement

de votre côté. D'accord?


MANIFESTANTE

D'accord.


SARAH

Vous voyez cette femme

de couleur culturellement différente.

Eh bien, elle est

pour la barrière.


MANIFESTANTE

Vraiment?


SARAH

Oui. Alors, croyez-vous

que c'est notre rôle,

en tant que femme

blanche privilégiée,

de lui dire comment

elle doit prier?


MANIFESTANTE

Euh... En fait, je croyais...

Du moins, on ne voulait

vexer personne.


SARAH

Vous pouvez repasser

si j'ai besoin de vous?


MANIFESTANTE

Bien sûr. D'accord.


SARAH

Alors, merci beaucoup.


MANIFESTANTE

À votre service.

(Se tournant vers le groupe)

Allez, on remballe.


SARAH

(Se tournant vers la communauté)

C'était un combat

gagné d'avance. Ouf...


FATIMA

J'espère que tu

ne les as pas fâchées.

Il y a plusieurs de ses femmes

qui sont clientes chez moi.


AMAAR

Vous leur avez dit

quoi exactement?


SARAH

Que vous alliez

enlever la barrière.


AMAAR

C'est pas éviter un drame ça,

c'est un mensonge.


SARAH

Alors, ne m'obligez

pas à mentir.


AMAAR

(S'adressant à YASIR)

Vous n'avez pas

l'air en forme.


YASIR

Toute cette histoire

fait que je ne dors plus.

Je suis raide de fatigue.


AMAAR

Yasir, je suis ravi

que vous vous intéressiez

à ce point à votre foi.


YASIR

Je n'ai jamais autant

prié de toute ma vie.


BABER est dans la chambre de LAYLA et étale les nouveaux vêtements qu'il a achetés pour elle sur son lit.


En faisant de la place sur le lit, BABER découvre une serviette hygiénique dans son enveloppe.


BABER court au restaurant de FATIMA.


BABER

J'ai besoin de ton aide.

Layla a ses règles maintenant.


FATIMA

Oh. Tu n'as qu'à lui acheter

des serviettes hygiéniques.


BABER

C'est totalement ridicule. Il

faut qu'elle se couvre la tête.


FATIMA

Alors, parle-lui.


BABER

Mais non, elle n'est

pas au courant.


FATIMA

Elle n'est pas au courant

qu'elle a ses règles?

Ah, cet enfant

a besoin d'une mère.


BABER

Non, non, non. Elle ne

sait pas que je le sais.


FATIMA

Ah. Elle te l'a

simplement caché,

parce qu'elle ne voulait

pas porter le foulard.


BABER

Le système scolaire

occidental!

On lui remplit la tête

de connaissances.

Un foulard, vite.


FATIMA

Calme-toi.


FATIMA fouille sous le comptoir et sort un foulard.


BABER

Dépêche-toi,

c'est très embarrassant.


FATIMA

Ça fait partie

de la vie d'une femme.


BABER

C'est embarrassant pour moi.

Vous, les femmes,

vous ne pensez

vraiment qu'à vous.


FATIMA

Mais quel bébé!


YASIR dort sur son divan, en rêvant il roule sur le côté et tombe par terre.


YASIR

(Se réveillant après la chute)

Oh.


Le lendemain, le RÉVÉREND MCGEE vient rencontrer AMAAR dans le jardin près de l'église.


RÉVÉREND MCGEE

Alors, comment va

le mur des Lamentations?


AMAAR

Ma congrégation semble

se déchirer sérieusement.

Et je suis au milieu à nouveau.

Quelques paroles de sagesse?


RÉVÉREND MCGEE

Non, pas vraiment.

Non. Mais... J'ai eu un chef

de chorale une fois

que j'ai surpris

fumant un joint.


AMAAR

Qu'avez-vous fait?


RÉVÉREND MCGEE

Jean 8, verset 7:

« Que celui parmi vous

qui n'a jamais péché

me jette la première pierre. »

Ou dans ce cas:

« Que celui parmi vous

qui n'a jamais fumé

me jette le premier joint. »


AMAAR

Et vous ne l'avez pas renvoyé.


RÉVÉREND MCGEE

Pas avant d'avoir

accidentellement mangé

deux de ses galettes d'herbe

à notre pique-nique.


AMAAR

Et ça a mis fin à sa carrière.


RÉVÉREND MCGEE

Non. Aujourd'hui, il travaille

à l'Église unie.


YASIR regarde une photo de lui et SARAH, dans son bureau. Soudain, il se lève d'un bon, enfile sa ceinture d'outils et se rend dans la mosquée pour démanteler les panneaux.


À la mairie, ANNE et SARAH comptabilisent les dons.


ANN

Oh, c'est fantastique!

On est à 1000$ à peine de notre but.


SARAH

(Sans enthousiasme)

Génial.


ANN

Mais qu'est-ce que vous avez?

Vous avez été éteinte

toute la semaine.


SARAH

Euh... Vous avez lu

Lysistrata quand vous étiez

à l'université?


ANN

C'est pas là où

le fils tue sa mère?


SARAH

Non, non, non, je crois

plutôt que c'est le--


ANN

Ah, Lysistrata,

c'est là où les femmes de Grèce

essayaient d'empêcher

les hommes de partir à la guerre

en faisant la grève du sexe.


SARAH

Oui, c'est celle-là.


ANN

Je me rappelle pas.

Les maris se dégonflent?


YASIR fait irruption dans le bureau de la mairesse.


YASIR

Bonjour, madame le maire.


ANN

Bonjour.


YASIR

La barrière est par terre.

Entièrement.


ANN

Sarah. Vous avez

l'air très fatiguée.


SARAH

Ah?


ANN

Hum hum. Vous devriez rentrer

à la maison et vous allonger.


SARAH

M'allonger?


YASIR qui porte encore sa ceinture d'ouvrier actionne la perceuse électrique en guise d'approbation.


SARAH

Oh. Oui! Je vais le faire.

Nous... Oui, nous y allons.

Merci.


ANN

À votre service.


BABER marche vers la mosquée avec LAYLA.


BABER

Tout se passe bien à l'école?


LAYLA

Est-ce qu'Allah se soucie

si je prie à l'école

ou à la maison où personne

ne me regarde?


BABER

Si ces gamins continuent

de t'ennuyer, je crois--


LAYLA

Non, ils ne m'ennuient pas.


BABER

Alors, quel est le problème?


LAYLA

Ils ne disent rien.

Ils sont là et ils font

comme si rien ne se passait.

J'aurais pas plus l'air

martienne même si j'essayais.


BABER

Je sais que c'est pas facile.

Je ne me sens pas

très à l'aise moi non plus

dans ce monde profane.


LAYLA

Ah si je comprends bien,

ça t'étonne qu'on ne

t'ouvre pas les bras

devant ta tête de type

qui débarque du bateau?


BABER

Est-ce que j'ai l'air

d'avoir le mal de mer?


LAYLA

(Apercevant une jeune fille au loin.)

Oh. Voilà mes copines.

Je reviens.


BABER sort le foulard de la poche de sa djellaba. Il s'accorde un moment de réflexion et remet le foulard dans sa poche avant de partir seul.


À la mosquée, c'est l'heure de la prière. Les membres de la communauté discutent.


BABER

Reposez-la.

Reposez-la tout de suite.


RAYYAN

(Entrant dans la mosquée)

Nadia, qu'est-ce qui se passe?


NADIA

Baber veut remettre

la barrière en place.


RAYYAN

Oh, vraiment? Bon,

on lui file un coup de main.


RAYYAN se met debout sur la barrière.


BABER

Oh, descends de là tout

de suite, pauvre folle.


BABER prend le bras de RAYYAN pour la faire descendre.


RAYYAN

Tu n'as pas le droit

de me toucher.


BABER

Je t'en prie, pardonne-moi,

soeur Rayyan.

Je me suis totalement égaré.


RAYYAN

Bien sûr.


BABER

Ça ne se reproduira plus.


RAYYAN

Bon.


BABER

(Se tournant vers un homme)

Donne-moi ce bout de bois.

Je la pousse.


RAYYAN

Nadia, aide-moi!


NADIA

Je vais te protéger, bien sûr.


BABER prend un chevron et tente de pousser RAYYAN avec.


YASIR et SARAH arrivent à ce moment.


SARAH

(Se tournant vers YASIR)

Oh, sale menteur!


YASIR

Je l'avais enlevée.

Je te jure, je l'avais enlevée.

C'est quoi cette histoire?


RAYYAN et NADIA s'accroupissent sur la bande de patinoire, pour faire plus de poids.


BABER

(S'adressant aux autres hommes.)

Utilisez vos muscles.

Au Pakistan, on peut déplacer

dix femmes d'un coup.


FATIMA

(Tirant sur le bras de RAYYAN)

Mais où est ta dignité?


RAYYAN

Aïe!


SARAH

(Tirant l'autre bras de RAYYAN)

Hé, laisse ma fille

tranquille.

Laisse-la!


FATIMA

Mais c'est pas possible.

Relève-toi.


AMAAR entre finalement dans la mosquée. Tous s'arrêtent en le voyant.


AMAAR

Descendez des planches.

J'ai pris une décision.


BABER

Excellent.


RAYYAN

Pas trop tôt.


AMAAR

Tout le monde assis.

(S'adressant à la communauté)

Bon, écoutez. Voilà ma décision.

La barrière reste.


Les femmes n'en reviennent pas. Les hommes soupirent de soulagement.


AMAAR

Je n'ai pas fini.

Et elle s'en va.


BABER

Vous avez pris du crack?


AMAAR

J'ai ouvert le livre

d'Al-Bukhari

et j'ai trouvé l'histoire

du roi Salomon.

Il a proposé de couper

un bébé en deux

parce que deux mamans

avaient un conflit.


BABER

Quel bébé?

On n'a pas de bébé.


RAYYAN

Non, mais Salomon

ne l'a pas fait, Amaar.

Les femmes se sont arrangées.


AMAAR

Exactement.

La barrière reste telle

qu'elle est, à demi levée.

Celles qui le souhaitent

peuvent prier derrière.

Celles qui refusent ont tout

l'autre côté de la salle

pour prier sans elle. Rayyan?


RAYYAN

Je déteste.


AMAAR

Et vous, Baber?


BABER

C'est terrible.


AMAAR

La solution

musulmane parfaite:

personne n'est content.


Tous se relèvent. SARAH se place derrière YASIR et lui pince une fesse.


SARAH

Tu peux revenir dans

notre chambre maintenant.


YASIR

Alhamdulillah!


SARAH

Mais juste les lundis

et mercredis.


YASIR

Et samedi.


SARAH

Oui.


YASIR

Oui, c'est bien.

Les dimanches?


SARAH

Même les musulmans

ont besoin de repos.


YASIR

C'est pas faux.


Dans le parc, c'est le jour de la Course en faveur de la patinoire. Les habitants et les participants sont réunis dans le parc.


ANN

(S'adressant à LAYLA)

Tu es vraiment prête à courir?


LAYLA

Oui!


FATIMA

(Observant LAYLA de loin)

C'est une vraie

jeune femme maintenant.


BABER

Oui, c'est vrai.


FATIMA

Regarde.

Elle ne porte pas le hijab.


BABER

Il y a toujours

un prochain mois.


ANN

(Donnant le départ)

Attention, Mercy. Vous courez

pour la patinoire!


Les coureurs partent.


SARAH

Bravo!


ANN

C'est un beau départ!


SARAH s'éloigne de YASIR qui discute avec AMAAR.


AMAAR

C'est un soulagement que la

guerre de la mosquée soit finie.


YASIR

Ah, à qui le dites-vous,

frère Amaar.

L'harmonie règne entre les sexes

et c'est bien mieux

pour tout le monde.


AMAAR

Vous trouvez que

j'ai été à la hauteur?


YASIR

Vous faites de

l'excellent boulot.


AMAAR

(Partant rejoindre SARAH)

Merci.


YASIR et SARAH s'embrassent. RAYYAN est tout près.


RAYYAN

C'est écoeurant.

Il y a des chambres pour ça.


AMAAR s'éloigne en affichant un air un peu frustré.


Générique de fermeture





♪♪♪

Episodes of The Little Mosque