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The Little Mosque

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No Fly List

No fly list



Production year: 2007

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VIDEO TRANSCRIPT

LAYLA, la fille de BABER le rejoint au restaurant de FATIMA.


LAYLA

(Déposant un papier sur le comptoir)

Papa, regarde

ce que tu as reçu.


BABER

On achète un CD et ils ne vous

laissent plus jamais tranquille.


LAYLA

Non, c'est pour ta conférence.

(S'adressant à RAYYAN assise à côté)

Papa va être

l'orateur principal.


BABER

Non, pas du tout.


LAYLA

Mais il y a ton nom dessus:

Baber M. Siddiqui.


BABER

Non, c'est pas moi.


LAYLA

Ça doit être

un autre Baber M. Siddiqui.


RAYYAN

C'est pour quoi? La conférence

d'un vieil homme intolérant?


BABER

Je ne suis pas vieux.


LAYLA

Une conférence économique

à Chicago.


BABER

Et je ne vais pas y aller.


RAYYAN

Pourquoi?


BABER

Je ne vais pas à Chicago.

Cette ville est pleine de

gangsters et de contrebandiers.


RAYYAN

On dirait que tu as besoin

de nouveaux guides de voyage.


LAYLA

Quel est ton problème?

Le trac, peut-être?


RAYYAN

Tes valises sont dépareillées?


LAYLA

Tu as peur de louper

les experts?


BABER

Je ne peux pas y aller.

Les Américains me prennent

pour un terroriste.


Les clients du café se retournent tous vers BABER.


BABER

(Soupirant, puis parlant doucement)

Je suis interdit de vol.


RAYYAN

(Chuchotant)

À ta place, j'aurais chuchoté

les deux dernières phrases.


LAYLA

Oui.


Générique d'ouverture


Titre :
La petite mosquée dans la prairie Interdit de vol


Après la prière du vendredi à la mosquée, AMAAR, l'imam, salue les fidèles.


AMAAR

Alaykum salam.


RAYYAN

(Entrant dans la mosquée)

Amaar, tu es au courant

pour Baber? Il est sur--


AMAAR

La liste des interdits

de vol. J'ai entendu.


BABER

(Entrant à son tour)

Chut! Vous nous dites de pas

colporter de ragots malveillants

et vous vous révélez

être le pire des pécheurs.


AMAAR

Ce n'est pas malveillant

si on essaie de vous aider.


RAYYAN

Oui, c'est même

plutôt bienveillant.


AMAAR

Baber, il faut vous battre.


BABER

Non! Et arrêtez de ressasser

cette histoire ancienne.


RAYYAN

Histoire ancienne? Tu nous

l'as appris que ce matin.


BABER

Un ragot de plus.


RAYYAN

Comment ça peut être un ragot

si c'est toi qui nous le dis?


BABER

Stop! Maintenant,

c'est moi qui ragote.


AMAAR

Quoi?


BABER s'éloigne.


AMAAR

Il nous facilite pas

les choses pour l'aider.


RAYYAN

Oh, parce que

nous allions l'aider?


AMAAR

Quand un musulman est accusé,

nous sommes tous touchés.


RAYYAN

Vous voulez dire

faussement accusés.


BABER se trouve dans l'entrée de la mosquée.


BABER

Qui a encore déplacé

mes chaussures?


AMAAR

Enfin, je suppose.


SARAH se lave les mains aux lavabos de la mairie. ANN, la mairesse entre dans la salle de bain.


ANN

Ahem!

Il n'est plus question

que je recommence.


SARAH

D'accord, mais votre vessie

va finir par exploser.


ANN

Un maire ne devrait pas

avoir à utiliser

les toilettes publiques.

Ça diminue sa... «mairitude».


SARAH

Alors, maintenant, faut parler

de vous à la troisième personne?


ANN

Je vous dis que je ne devrais

pas partager les toilettes

avec mes électeurs.


SARAH

La moitié des électeurs

dans ce cas-ci.


ANN

Quand je travaillais

dans le privé,

j'avais mes propres

toilettes au moins.


SARAH

Vous vendiez des vitamines

depuis votre maison?


ANN

Oui, j'ai des toilettes

dans ma maison.


Les deux femmes marchent vers le bureau de la mairesse.


SARAH

Et si vous installiez une

salle d'eau dans votre bureau?

Vous pourriez avoir

du chauffage par le sol,

un bidet et un petit sauna avec

ces jolis carrelages italiens.


ANN

Ah oui, et aussi une de ces

poupées avec une robe en tricot

par-dessus les rouleaux

de rechange.


SARAH

Oui, d'accord.

On pourrait y réfléchir.


ANN

Ah, je ne sais pas trop.

Ça fait de grosses dépenses.

Il vaut peut-être mieux

attendre après les élections.


Un employé passe une remarque en passant derrière ANN qui vient de recevoir un message.


EMPLOYÉ DE MAIRIE

Vous avez du

papier toilette au talon.


ANN

(S'adressant à SARAH)

Ce dossier est prioritaire.


Au restaurant de FATIMA, RAYYAN discute avec AMAAR au comptoir.


RAYYAN

Bon, alors, voilà le plan.

On va chez Baber et on essaie

de le raisonner en dix minutes.


AMAAR

Et après?


RAYYAN

Après, on s'en va. Je peux pas

y passer toute ma soirée.


AMAAR

Il faut pas

se décourager trop vite.

C'est quand la dernière fois

où BABER a pu donner une

belle image de lui à la mosquée?


RAYYAN

C'est vrai,

vous avez raison. Jamais.


AMAAR

Et puis, d'ailleurs,

c'est ce qui est juste.

Les gens ne doivent pas haïr

Baber parce qu'il est musulman.

Ils doivent apprendre

à le connaître d'abord.


Plus tard, RAYYAN et AMAAR sont chez BABER.


BABER

Je ne veux même pas

aller dans ce pays décadent.


RAYYAN

Allons, combien de fois

t'a-t-on demandé

de prendre part à

une conférence internationale?


BABER

Beaucoup.

Très peu. Aucune importance.


RAYYAN

On devrait faire un saut

au consulat américain

et faire valoir nos droits.


AMAAR

Je sais régler ces choses

avec tact. J'ai été avocat.


BABER

Oui, oui. Et moi,

je rentrais dans un 38.

Laissez tomber.


AMAAR

Baber, c'est votre

responsabilité de musulman

de faire valoir

vos droits au «charter».


RAYYAN

C'est un droit

de voyager en «charter»?


AMAAR

Ça pourrait être un argument.

Je crois. Pourquoi pas?


RAYYAN

(S'adressant à AMAAR)

Wow! Vous allez

être stupéfiant au tribunal.


SARAH prépare le repas avec son époux, YASIR.


SARAH

C'est bien plus

que des toilettes normales.

Ce sera mon petit

spa personnel au bureau.


YASIR

Le spa, c'est ma spécialité.


SARAH

Carrelage italien...


YASIR

Oh, le carrelage,

c'est cher, très cher.


SARAH

Une belle douche à jets.


YASIR

Avec des tuyaux partout.


SARAH

Yasir, attends. Tu ne peux pas

faire ce travail.

Il y a conflit d'intérêts.


YASIR

Quoi? Comment ça?

Je suis juste ton mari.

On est pratiquement

des étrangers.


SARAH

Il faudrait que

tu respectes les délais.


YASIR

Je respecterai les délais.

Je finirai même en avance.


SARAH

Yasir, c'est moi.


YASIR

Deux semaines de retard.


SARAH

Une semaine.


YASIR

Dix jours?

Une semaine.


SARAH

Tu as le boulot.

Tant que tu fais une offre

plus basse que les autres.


YASIR

Une offre?

Mais je suis ton mari.


AMAAR et RAYYAN sortent de chez BABER.


AMAAR

J'arrive pas à croire

qu'on ait pu le convaincre.


RAYYAN

Oh, c'est moi

qui l'ai convaincu.

Vous, vous êtes resté assis

à boire votre soda.


AMAAR

C'est bien ce que je dis.

Je buvais pour créer

un effet dramatique.


RAYYAN

Moi, je n'ai jamais vu

une bouteille

se vider aussi rapidement.


AMAAR

En tant qu'avocat,

je m'en suis servi

pour un effet rhétorique.


RAYYAN

En tant que médecin,

je suis surprise par

la capacité de corps humain

à avaler autant de soda.


AMAAR

Entre nous, c'est génial

de travailler ensemble.

Comme ça notre visite

au consulat va être

une vraie balade.


RAYYAN

Je ferais peut-être bien

de prendre des sodas.


AMAAR

Non, merci, pas la peine.


YASIR achète des équipements pour construire la salle de bain privée de la mairesse.


VENDEUR

Pomme de douche,

robinet, compresseur,

le top du genre.

Je vous laisse tout

le tremblement pour 4000$.


YASIR

2000.


VENDEUR

D'accord.

Trois.


YASIR

Oh, désolé, je croyais

que vous alliez marchander plus.


VENDEUR

Je suis d'humeur généreuse.


YASIR

Vous avez l'air bien pressé

de vendre. Il y a un problème?


VENDEUR

Aucun. C'est top,

je vous dis.


YASIR

Du top? Très bien.

Bon, écoutez,

je repasserai tout à l'heure,

mais que ce soit bien clair:

tout le tremblement.


VENDEUR

(Riant)

Je ne vendrais pas

une moitié de tremblement.


FATIMA arrive chez BABER avec son fils, JAMA.


LAYLA

Bonjour, Fatima.


FATIMA

Bonjour!


BABER

Jamal, la dernière fois

que je t'ai vu,

tu étais haut comme ça.


JAMAL

Tu m'as vu il y a une semaine.


BABER

Je suppose que tu t'es

redressé. File, va jouer.


FATIMA

Alors, vous allez réellement

aller jusqu'au consulat?


BABER

Je préfère faire

quatre heures et demie de route

plutôt que de les faire

venir à la maison.


LAYLA

(S'adressant à FATIMA)

Amaar a bu tous nos sodas.


BABER

(S'adressant à FATIMA)

Tu t'occuperas bien

de Layla pendant mon absence?


LAYLA

Papa, je suis pas une enfant.


BABER

Ne la laisse pas s'échapper.


LAYLA

Je ne suis pas

un berger allemand non plus.


BABER

Et si jamais tu vois

des garçons qui rôdent,

tu sors l'extincteur.


FATIMA

Tu peux partir tranquille.


BABER

Layla, tu promets d'être

gentille? Pas d'entourloupe.


LAYLA

Je ne sais pas ce que ça veut

dire, mais j'en ferai pas.


BABER

OK.

(Embrassant LAYLA)

Assalamu alaykum.


FATIMA

Alaykum salam.


LAYLA

À plus tard.


BABER sort de la maison.


FATIMA

(S'adressant à LAYLA)

Alors, qu'est-ce

qu'on va faire?


LAYLA

On pourrait se louer un film.


FATIMA

Oh, je connais des jeux

de mon ancien pays.


LAYLA

On pourrait louer un film.


FATIMA

Ayo a toujours été mon favori,

mais il y a aussi le ludo et l'adi.


LAYLA

On coupe la poire en deux

et on loue Jumanji.


FATIMA

Alors, ce sera Ayo.

Tu vas adorer.

Il y a 48 graines.


LAYLA

Wow, 48... graines?


YASIR prend des mesures dans le bureau de la mairesse en présence de SARAH et ANN.


YASIR

Je l'imagine déjà.

La porte sera là.


ANN

(Lisant la soumission de YASIR)

Wow! C'est une offre

extrêmement compétitive.

Vous êtes sûr de pouvoir

tout faire pour si peu?


YASIR

L'astuce, c'est de travailler

avec les bons fournisseurs.


ANN

Et vous pouvez

terminer dans deux semaines?


YASIR

Deux semaines? Absolument.

Deux semaines, oui.


SARAH

Ça m'a l'air bien!


YASIR

Ça a l'air bien?

Non, mais maîtrisez votre

personnel, madame le maire.

Maîtrisez votre personnel.


ANN

D'accord. Vous êtes le moins cher.

Je vous engage.


YASIR

Vous ne le regretterez pas.


ANN

Les contribuables sont mes

patrons. Chaque centime compte.

Cela dit, si on vous le demande,

vous construisez

un refuge pour SDF.


SARAH

Avec du carrelage.


YASIR

Avec du carrelage.


RAYYAN, AMAAR et BABER marchent dans une allée.


RAYYAN

Je suis garée là-bas.


AMAAR

Je veux la place du mort.


RAYYAN

Chut! Parlez pas de mort

aussi fort, voyons.


BABER

C'est quoi, la place du mort?


AMAAR

Je m'assois devant.


BABER

Vous pouvez pas vous asseoir à

ses côtés. C'est trop familier.


AMAAR

J'attacherai ma ceinture.


BABER

Les gens vont croire que

vous êtes des chrétiens, en

tête-à-tête occidental décadent.


RAYYAN

Ils vont croire que je suis

en tête à tête avec un nase.


BABER

Je m'assois devant.

Elle peut pas s'asseoir

à côté d'un célibataire.


RAYYAN

Tu es célibataire.


BABER

Exactement.

On devrait pas y aller.


RAYYAN

Oh, peut-être qu'on devrait

tous s'asseoir à l'arrière.


BABER

C'est inacceptable.

Je vais devant.

Je pourrais être ton père.


RAYYAN

Heureusement qu'il est pas là

pour entendre ça.


RAYYAN monte dans la voiture, BABER s'assoit à la place du passager devant. AMAAR reste sur le trottoir.


AMAAR

Mais j'ai dit

que je voulais être devant.


SARAH est à son bureau. Le téléphone sonne. SARAH répond.


SARAH

Allô?


YASIR est chez son fournisseur qui se fait embarquer par la police.


YASIR

(Parlant à SARAH au téléphone)

Sarah, tu te rappelles

quand je t'ai dit que l'astuce,

c'était d'utiliser le bon

fournisseur?


SARAH

Hum-hum.


YASIR

Bien, j'ai utilisé

le mauvais fournisseur.


Les policiers saisissent le matériel du fournisseur.


YASIR

Non, mais vous êtes obligé

de tout confisquer?


POLICIER

Désolé, monsieur.

Ce sont des objets volés.


YASIR

Et tout le tremblement?


POLICIER

Je vais pas prendre

la moitié du tremblement.


BABER, AMAAR et RAYYAN entrent au consulat des États-Unis de la région.


BABER

Oh-oh...

Un détecteur de métal?

Et si l'un de nous porte

un «pacemaker»?

Ça n'en vaut pas le risque.


BABER tente de rebrousser chemin.


AMAAR

(S'adressant à BABER)

Hep, hep, par ici.


BABER

Oh... Ce n'est pas convenable

pour une femme musulmane

de passer dans ces choses-là.


RAYYAN

Pour quelle raison?


BABER

Ça fait un bip et tout à coup,

un homme étrange lui touche

le bas des reins.


AMAAR

Écoutez, je n'ai pas

regardé votre nuque

pendant quatre heures pour faire

demi-tour et rentrer chez moi.


RAYYAN

En fait, vous n'avez regardé

la nuque de personne.

Vous vous êtes endormi avant

même qu'on soit sur l'autoroute.


AMAAR

J'ai ronflé?


RAYYAN

Non. Juste un peu bavé.


AMAAR se sent honteux.


À la maison de BABER, LAYLA et JAMAL sont assis dans la salle à manger.


LAYLA

Ça va être marrant.


JAMAL

C'est marrant d'être coincé

avec maman et moi?


LAYLA

C'est pas pire

qu'avec mon père.


JAMAL

T'as pas tort. T'as

un samedi loin de ton père.

Moi, j'ai un samedi loin

de ce jeu de graines débile.


LAYLA

Tu parles du Ayo?


JAMAL

Où t'as déjà entendu ce mot?


LAYLA

C'est ta mère

qui en a vaguement parlé.


JAMAL

T'as pas accepté de jouer,

rassure-moi.


LAYLA

C'est possible.


Au loin, FATIMA secoue les grains dans un étui.


JAMAL

C'est quoi ça?


FATIMA entre dans la salle à manger avec son jeu Ayo.


FATIMA

Les enfants!


JAMAL

Il faut que je fasse

mes devoirs.


JAMAL sort en courant.


À l'entrée du consulat, BABER, RAYYAN et AMAAR déposent leurs effets personnels dans un bac pour passer la sécurité. Ensuite, ils se rendent à un guichet de service.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Bienvenue au consulat

des États-Unis.

Que puis-je faire pour vous?


AMAAR

(Parlant fort dans le micro du guichet)

Bonjour. On voudrait--


Des effets larsen choquent les oreilles du fonctionnaire.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Vous voyez cette chose

dans laquelle vous hurlez?

Ça s'appelle un micro.


AMAAR

Oh... Pardon.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

C'est pas grave.

C'est pas grave.


AMAAR

Hum... Bonjour.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Bonjour.


AMAAR

Nous voudrions voir le consul.

La «consulate».

Le proconsul.


RAYYAN

Classe.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Vous avez rendez-vous,

je suppose.


AMAAR

Oui.

(Se tournant vers RAYYAN)

Nous avons rendez-vous?


RAYYAN

Non.


AMAAR

On peut pas lui dire ça.

Et si on mentait?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Je... je peux vous entendre.


AMAAR

D'accord. Pardon.

Nous n'avons pas

de rendez-vous officiel.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Ce n'est pas

un problème du tout.


RAYYAN

Oh, génial.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Je vais vous dire ce que vous

devez faire: rentrez chez vous,

prenez un rendez-vous et

on se revoit dans quelques mois.


AMAAR

Ah...

Je peux parler à votre

supérieur, s'il vous plaît?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Oh, je suis mon supérieur.


RAYYAN

Comment c'est possible?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Une histoire intéressante,

mais je peux pas

vous la raconter

sans rendez-vous.


Chez BABER, JAMAL est de retour à table et le jeu de Ayo est posé au centre.


LAYLA

Ah, l'Ayo!


FATIMA

Silence, je compte

les graines.

On ne peut pas jouer

à l'Ayo sans les 48 graines.


LAYLA

J'ai juste entendu:

«On peut pas jouer à l'Ayo.»


FATIMA

Quoi? Comment ça?


LAYLA

Ah, je... je plaisante.

Je rêve d'y jouer.


JAMAL

On a de la chance.

En fait, on passe

notre temps à y jouer.

J'ai demandé une Xbox

pour mon anniversaire,

mais heureusement,

on m'a offert un Ayo.


FATIMA

Beaucoup de stratégies,

c'est bon pour l'esprit.


JAMAL

Stratégie plus graines:

égale fun.


LAYLA

En plus après,

on peut manger les graines.


FATIMA

Ah non, ça se mange pas.


La sonnerie du four résonne.


FATIMA

Mes muffins.


FATIMA se lève pour aller à la cuisine.


LAYLA

(S'adressant à JAMAL)

Comment tu peux

vivre comme ça?


JAMAL

Je me retire

dans mon moi profond.


LAYLA soupire longuement.


La voiture de RAYYAN roule sur le chemin du retour.


Dans la voiture, chacun boit une grande boisson gazeuse.


RAYYAN

Je me rappelle parfaitement.

Vous avez dit que

vous vous en occuperiez.


AMAAR

On arrivera à rien

en essayant de se rappeler

ce que j'ai dit.


BABER

Qu'est-ce que

vous pouvez faire?

Ce sont des zélotes.

Des zélotes derrière

une vitre.


RAYYAN

Vous auriez dû

me laisser lui parler.


AMAAR

Vous croyez que «nous n'avons

pas de rendez-vous»

sortant de votre bouche

nous aurait fait entrer?


RAYYAN

C'est pas ma faute.


AMAAR

Je croyais que vous

deviez les appeler.


RAYYAN

Je ne suis pas une secrétaire.


AMAAR

Vous le serez jamais

avec cette attitude.


RAYYAN

D'accord. Demi-tour.


RAYYAN freine et fait demi-tour sur la route déserte au milieu des prairies.


BABER

Ma glace!


YASIR est au bureau de la mairesse, il frappe dans le mur pour trouver un justificatif.


YASIR

C'est pire que

ce que je pensais.

C'est un mur porteur.

Je peux rien construire ici.


ANN

Vous avez dit que

vous pouviez déjà l'imaginer.


YASIR

Maintenant, ce que j'imagine, c'est

l'effondrement de l'immeuble.


ANN

Je vous ai engagé

pour construire un spa.


YASIR

Alors, à la place, imaginez

des toilettes juste ici.


ANN

Juste ici dans le bureau?


YASIR

Oui, un espace ouvert

sans murs, sans carrelage,

ni même tuyaux.


ANN

D'accord. Alors, imaginez-moi

descendant un étage

pour déchirer

votre licence de constructeur.


YASIR

Ou un spa, c'est bien.


ANN

Han-han.


BABER, RAYYAN et AMAAR repassent à la sécurité du Consulat américain.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Bienvenue au consulat des...

Oh, je vis un flashback.


AMAAR

Oui. C'est encore nous.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Non, vraiment,

ce sont mes antibiotiques.

Un problème de sinus.

Ça fait rien.

Euh, donc, vous avez eu

un rendez-vous.


RAYYAN

Non. Cependant--


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Suivant! Suivant! Suivant!


La salle est vide.


RAYYAN

Je suis Rayyan Hamoudi.

Enfin, Dr Rayyan Hamoudi.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Oh, vous êtes docteure?

Vous travaillez

au planning familial?


RAYYAN

Non.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Donc, vous consultez...

sur rendez-vous.


RAYYAN

Écoutez, notre ami

Baber Siddiqui est sur la liste

des interdits de vol.

Et pourtant,

c'est un professeur d'économie.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

D'accord, je peux venir à l'improviste

dans son cours quand je veux. Je peux

débarquer et il m'enseignera.

Je peux me pointer

et j'apprendrai des trucs.


RAYYAN

Il a vraiment besoin

d'aller à une conférence.

C'est l'orateur principal.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Je vois. Donc, il a été désigné,

c'est le cas de le dire,

pour parler à un moment précis.

Et tout ceci a été arrangé

à l'avance.


AMAAR

Ça se passe beaucoup mieux.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Approchez.

Je ne suis pas censé

vous le dire, mais voilà ce que

vous devez faire.

Conduisez votre ami à l'aéroport

avec son billet.

À l'enregistrement, dites-leur

qu'il est sur la liste noire.

Quand on vous demandera

pourquoi, vous expliquerez

que vous n'avez

rien pu faire pour l'aider,

parce que vous n'aviez

(Hurlant)

pas de rendez-vous!


RAYYAN

Merci.


AMAAR

(S'adressant à RAYYAN)

Là, vous nous avez

bien fait progresser, doc.


YASIR tente de s'expliquer avec SARAH devant son bureau à la mairie.


YASIR

Mais tu comprends pas.


SARAH

Chut!


YASIR

J'ai fait un devis trop bas.

Beaucoup, beaucoup trop bas.

Alors, si je fais ce travail,

il va falloir renoncer

à certains luxes.


SARAH

Quels luxes?


YASIR

La maison.


SARAH

Écoute, j'ai promis à la reine

maire un spa et je veux mon spa.

Euh, son spa.


YASIR

Alors, dis-lui que je ne suis

pas l'homme de la situation.

Je suis paresseux,

incapable, détraqué.


SARAH

En plus, tu ronfles.

Ah, c'était

pour aggraver ton cas.

Écoute, il faut que tu trouves

un moyen de faire

ce qui a été dit.


YASIR

J'ai un plan B.


SARAH

Lequel?


YASIR

On prend le maquis,

comme Bonnie et Clyde.


SARAH

Tu sais comment

leur histoire se termine?


YASIR

Ils se sont mariés?


SARAH soupire de découragement.


La voiture de RAYYAN est de nouveau sur le chemin du retour. BABER est déçu.


BABER

On n'envoie pas Baber,

il est fou. Ha!

Si j'étais venu seul,

j'aurais échoué une fois.

Mais grâce à vous,

j'ai échoué deux fois.

(Riant jaune)

J'en connais une bonne.

Combien d'avocats

et de médecins faut-il

pour perdre son temps

dans un consulat américain?

Vous deux.

(Riant)

Oui. Je vais me faire

un t-shirt avec écrit:

«L'échec n'est pas une option»,

mais je vais mettre une croix

sur «pas» et on lira:

«L'échec est une option.»

Oui. Et ce sera en référence

à ce qui est en train

de se passer à la seconde.


AMAAR

C'est bien là qu'on fait

demi-tour, n'est-ce pas?


RAYYAN

Oui, demi-tour.


SARAH freine à peine avant de faire demi-tour.


BABER

D'accord. Pas de t-shirt,

pas de t-shirt.


À la radio locale, FRED TUPPER, commence son émission avec le thème musical.


CHOEUR

♪ Fred Tupper ♪


YASIR se glisse dans le couloir du studio de radio et dépose un document dans le pigeonnier de FRED.


FRED arrive juste après que YASIR soit parti et trouve le document.


FRED

(Fredonnant)

♪ Pom pom pom ♪

(Lisant le mot anonyme)

«-La mayo installe un spa

dans son bureau»?

La mayo...


YASIR revient sur ses pas et pose la lettre R au bout du mot mayo.


FRED

Ah, le maire.


YASIR

(Changeant sa voix)

Moi, je vous ai rien dit.


YASIR s'en retourne sans que FRED le reconnaisse.


FRED

Oui, d'accord.


Au consulat, les trois amis repassent la sécurité.


BABER avance vers le guichet de service sans enthousiasme.


AMAAR

(Encourageant BABER)

Allez, allez.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Ah, chouette,

j'avais tellement peur

que vous ne reveniez pas.


BABER

Oui, je sais.

Je suis sur la liste

des interdits de vol

et vous ne pouvez rien faire

parce que nous n'avons pas

pris rendez-vous.

Merci d'avoir été patient.

Au revoir.

On aura vraiment tout essayé.

On rentre, hein?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Attendez.

Vous avez dit «merci»?

Je passe mon temps à entendre

«faites ceci, faites cela»,

«Pourquoi vous êtes

aussi nul?»

Personne ne m'a jamais

dit «merci».

En même temps, je leur donne

aucune raison de me le dire.


BABER

Pourquoi commencer

aujourd'hui?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Non, attendez.

Attendez-moi ici.


Le FONCTIONNAIRE quitte son poste.


BABER

(Le regardant sortir)

Il va chercher un fusil.

On s'en va.


FRED fait ses choux gras du message déposé par YASIR, dans son émission de radio.


FRED

Eh oui, mes amis.

Une salle de bains perso

au milieu de son bureau.

Elle ne jette plus

notre argent par les fenêtres,

mais dans les toilettes,

À dada sur son bidet

en pensant à nous.


Ann écoute l'émission de FRED dans son bureau, en compagnie de SARAH.


FRED

(Parlant à la radio)

Elle ne fait plus la chasse aux

bulletins, elle tire la chasse.

Envoyez-nous vos calembours

les plus lourds.


ANN ferme la radio.


SARAH

Bien. Adieu, mon spa.

Euh, votre spa.


ANN

(Râlant)

Et dire que c'est par les toilettes

que s'en vont mes rêves.

Les mêmes toilettes

que tout le monde utilise.


AMAAR, RAYYAN et BABER sont toujours devant le comptoir de service du consulat.


AMAAR

Alors? Je vous avais dit

que c'était une bonne idée

de ramener Baber.


RAYYAN

Qu'est-ce que vous racontez?

C'est moi qui ai eu

l'idée de le ramener.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

J'ai une bonne nouvelle

et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c'est que...

vous n'avez jamais été

sur cette liste.

Vous pouvez prendre l'avion

quand vous voulez.

Et la mauvaise, c'est qu'on

devrait se tomber dans les bras

et que je suis derrière la vitre.


AMAAR

Une seconde. Vous dites

qu'il n'est pas sur la liste?


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

Et qu'on devrait

se tomber dans les bras.


BABER

(Riant)

Quel incroyable

malentendu. Allez, on rentre.


AMAAR

(S'adressant à BABER)

Qui a dit que vous étiez

sur la liste?


BABER

Qui vous a dit

que j'étais sur la liste?


RAYYAN

C'est toi.


BABER

Bon, l'important maintenant,

c'est que j'ai le droit

de monter dans ces horribles

pièges mortels en métal

avec des grandes ailes

et qui plongent dans la mer.


AMAAR

Une minute, vous avez peur

de vous baigner?


RAYYAN

De voler.


BABER

Ils essaient de vous faire

croire que vous ne risquez rien

avec ces sièges rembourrés,

les plats gratuits

et les jolies dames

qui remontent et descendent

de l'allée en offrant

des cigarettes.


AMAAR

Il y a combien de temps que

vous n'avez pas pris l'avion?


RAYYAN

Je ne le crois pas.

Tu nous as traînés jusqu'ici

et tu savais que tu n'étais pas

sur la liste noire?


BABER

Moi, une fois.

Vous m'y avez traîné deux fois.


FONCTIONNAIRE DU CONSULAT

(Écoutant la conversation)

Ouah. Moi qui pensais vous avoir

fait perdre votre temps.


BABER rit de malaise.


SARAH boude dans le bureau de YASIR.


YASIR

Je suis désolé, chérie.

Je sais que tu tenais

beaucoup à ce spa.


SARAH

Je n'arrive pas à croire

que Fred ait pu savoir.

Comment il a pu le savoir?


YASIR

C'est un journaliste.

Il a dû avoir ce «scoop»

par un informateur.

Qui est à l'intérieur.


SARAH

C'était toi, je parie.


YASIR

Écoute, je te l'ai dit.

Ça va nous ruiner.

Je l'ai dit une fois

et je le redirai encore.

L'appel d'offres n'a pas sa

place dans le monde du bâtiment.


SARAH

Bon, tu peux mettre

un spa dans la maison?


YASIR

Demander à la mairie de payer

pour notre spa? Tu pousses pas--


SARAH

C'est toi qui paieras.


YASIR

J'aime encore moins l'idée.


SARAH

Écoute, je veux un spa.

Il faut tenir ta promesse.


YASIR

Tu te l'es promise

toute seule.


SARAH

Et je tiens à concrétiser

cette promesse.


YASIR

T'en fais pas, chérie.

J'ai parlé au maire et je peux

dire qu'il y a de fortes chances

qu'il y ait un spa à la mairie.


SARAH

C'est vrai? Comment?


Plus tard, SARAH se dirige vers les toilettes publiques pour dames à la mairie. La porte est verrouillée.


ANN

C'est occupé.


ANN vient ouvrir. Dans la toilette, des chandelles sont allumées et une petite musique relaxante joue.


SARAH

C'est quoi, ce verrou?

Vous réquisitionnez toutes

les toilettes maintenant?


ANN

C'est moins cher qu'un spa.

Et c'est très spacieux

à l'intérieur.

J'ai mis des bougies

parfumées un peu partout.


SARAH

Je... peux avoir une clé?


ANN

Bien sûr.

Faites-vous élire d'abord.


BABER est chez lui, ses bagages sont prêts avant son départ pour la conférence à Chicago.


LAYLA

Amuse-toi à Chicago.


BABER

Oh... J'ai terriblement

mal au ventre,

et puis... je suis

submergé par la peur.


FATIMA sort de la salle à manger en secouant le jeu de Ayo.


FATIMA

Layla, c'est l'heure de l'Ayo!


LAYLA

(S'adressant à BABER qui sort)

Crois-moi, je sais exactement

ce que tu ressens.


Dans l'avion, BABER est sur le point de paniquer. BABER trouve les mesures de sécurité dans la pochette de son siège.


BABER

(S'adressant à l'agente de bord)

Regardez, quelqu'un a mis

ces horribles bandes dessinées

dans la pochette. On y voit

un avion qui s'écrase!


AGENTE DE BORD

Tout ira très bien, monsieur.

Ce sont des mesures de sécurité.


BABER

Pourquoi il n'y a pas

de sangles

pour les épaules?


AGENTE DE BORD

Votre ceinture est suffisante.


BABER

Vous avez une sangle

même sur vos sièges arrière.


AGENTE DE BORD

Monsieur, si vous ne vous calmez pas,

nous allons devoir

faire demi-tour.


BABER

Ça m'est égal. Je veux avoir une

sangle pour les épaules,

quand l'avion s'écrasera.


L'avion fait demi-tour en plein vol.


BABER

Mon jus d'orange!


Générique de fermeture

Episodes of The Little Mosque