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The Little Mosque

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Rival Imam

Amaar´s old friend and rival, Ali, comes to visit Mercy. The competition starts anew when Amaar learns that his rival back at the Toronto law firm has also become an Imam, just like him, and his ego takes another hit when he finds out that Ali is Imam to a large Toronto mosque. But all of Mercy´s Muslims like Ali, so he decides to stay a few extra days and give a sermon.



Production year: 2007

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VIDEO TRANSCRIPT

AMAAR, l'imam rend visite à YASIR dans son bureau.


AMAAR

Yasir, vous pourriez--


YASIR

Hors de question.


AMAAR

Mais vous savez pas

ce que je vais dire.


YASIR

C'est un refus global.

J'ai pas besoin de savoir.


AMAAR

J'ai juste besoin d'être

conduit à l'aéroport.


YASIR

L'aéroport de Mercy?


AMAAR

Mercy n'a pas d'aéroport.


YASIR

Exactement!

Quelqu'un doit vous conduire

là où il y a un aéroport.


AMAAR

Alors, c'est oui?


YASIR

C'est à deux heures de route.

J'ai une boîte

à faire tourner, moi.

Trouvez-vous quelqu'un qui

ne fait rien de ses journées.


À ce moment, le RÉVÉREND MCGEE entre dans le bureau de YASIR.


RÉVÉREND MCGEE

Bonjour!

Je vais au parc donner

à manger aux oiseaux.


AMAAR

Vous pouvez

m'emmener en voiture?

Il faut que je passe prendre

un ami à l'aéroport.


RÉVÉREND MCGEE

Oh, une aventure?


AMAAR

Oui!


RÉVÉREND MCGEE

On va à l'aéroport

et on va y aller avec classe.


À l'aéroport, AMAAR et le RÉVÉDEND attendent dans la section des arrivées.


AMAAR

J'avais jamais fait

de décapotable

sur un chemin de terre.


RÉVÉREND MCGEE

J'avais bien dit

qu'on y irait avec classe.

Alors, parlez-moi un peu

de cet ami que nous attendons.


AMAAR

(Tentant de se recoiffer)

Ali? Oh, on est allés

à la fac de droit ensemble.

Il est plutôt superficiel,

égocentrique.

Il trouvait toujours

le moyen de m'embarrasser.


RÉVÉREND MCGEE

Mais à quoi ressemble-t-il?


AMAAR

Oh... L'avocat typique

des beaux quartiers:

costume flashy,

coupe de cheveux à 50$.

En fait, moi,

j'ai évolué. J'ai compris qu'il

y avait bien plus dans la vie,

quelque chose de spirituel,

quelque chose

qu'Ali ne comprendra jamais.


Dans l'escalier mécanique, ALI porte la barbe, la djellaba et une chéchia.


ALI

Assalamu alaykum,

frère Amaar!


AMAAR

Alaykum salam.

Ali?


ALI

Eh oui, je suis devenu imam!


RÉVÉREND MCGEE

Bizarre.

Dans votre description,

je le voyais plutôt petit.


Générique d'ouverture


Titre :
La petite mosquée dans la prairie Le rival


Au restaurant de FATIMA, ALI, AMAAR et le RÉVÉREND sont assis à une table. FATIMA leur sert du café.


ALI

Fatima était le nom

de la fille du prophète Mahomet,

que la paix soit avec lui,

Fatima la gracieuse.


AMAAR

Pour être précis, Ali,

«Fatima» veut dire...

Non, tu as raison.

C'est bien ça.


FATIMA

Alors, qui veut

du gâteau au citron?


RÉVÉREND MCGEE

J'essaie de faire attention.


ALI

Je vais en prendre.

Apportez-moi trois parts.

Quand ils verront la mienne,

ils vont vouloir en manger

et je ne suis pas

le genre d'imam à partager.


FATIMA

D'accord! Et trois parts

de gâteau, trois!

(S'adressant à AMAAR)

Il a bien de quoi payer?


AMAAR

Oui.


RÉVÉREND MCGEE

Alors, qu'est-ce

qui vous a poussé

à laisser tomber le droit

et devenir imam?


AMAAR

En réalité, j'avais--


RÉVÉREND MCGEE

Ali, je m'adresse à Ali.


ALI

Je venais juste de gagner

un procès historique

contre l'usage de l'amiante

dans une très

importante société

pour le compte de centaines

de familles gravement malades.

Et je me suis dit: Il y a

sûrement bien plus dans la vie.


FATIMA

(Revenant avec les assiettes)

Il ne restait qu'une part.

Alors, j'ai dû

la découper en trois.


Les parts sont assez inégales, la plus généreuse étant servie à ALI.


AMAAR

(S'adressant à FATIMA)

Vous êtes sûre que ma part

n'est pas une part de sa part?


RÉVÉREND MCGEE

(S'adressant à ALI)

Alors, combien de temps

vous allez rester ici?


ALI

Oh, je suis là juste pour la

journée. Je vais vers la côte.

Je vais rénover des maisons

dans un but humanitaire.


RÉVÉREND MCGEE

Ah! Un de ces trucs

où une équipe

de personnes reconstruisent

une maison.


ALI

Il y a des gens

qui doivent le faire en équipe?


FATIMA

J'espère que vous apprécierez

notre petite ville.


ALI

Mes amis, je pense

que les gens sont les mêmes,

quel que soit

l'endroit où vous allez.

Avec les mêmes aspirations,

les mêmes réussites,

les mêmes échecs.

Sauf qu'ici, j'ai eu droit

à un chauffeur de taxi blanc.


FATIMA

(S'adressant à ALI)

Votre café,

c'est pour la maison!


FRED TUPPER fait son émission de radio à la station de radio de Mercy.


FRED

Ah, Mercy, 22e jour

de la pire sécheresse

que les Prairies aient jamais

connue depuis...

depuis l'été dernier.

Pendant que

les bons citoyens de Mercy

se lavent dans un verre d'eau

et laissent leur pelouse crever,

il y en a certains parmi nous,

des hors-la-loi,

qui gaspillent l'eau

comme si c'était... de l'eau.

Euh, j'ai dressé la liste

des sept plus gros gaspilleurs

d'eau de la ville

et la seule coupable qui ne soit

pas une laverie automatique,

c'est... à vos turbans...

la mosquée de Mercy.


Dans le bureau de la mairesse, ANN, SARAH, l'épouse de YASIR et ANN entendent les propos de FRED à la radio.


FRED

(Parlant à la radio)

Que font-ils avec tout ce H2O?

Une bombe à hydrogène?

Ou quelque chose de plus

inquiétant encore?


ANN

La mosquée fabrique

une bombe à hydrogène?


SARAH

Non, bien sûr que non!


ANN

Je ne comprends pas.

Quel autre type

de bombe nécessite autant d'eau?


SARAH

Ils ne fabriquent pas

de bombe.

C'est probablement le wudhû.


ANN

Ah, ce truc où

vous sacrifiez des poulets

et où tout le monde

danse autour?


SARAH

Non, ça, c'est le vaudou.

Le wudhû, c'est le bain rituel.

Avant de prier,

les musulmans doivent laver

chaque partie du corps

trois fois.

On dirait que

votre religion est basée

sur des troubles

obsessionnels compulsifs.

Les chrétiens ont bien

l'eau bénite.


ANN

Oui, mais nous, on en répand

pas dans toute la maison.

Sauf si un vampire

doit débarquer.


SARAH

Je suis sûre que les musulmans

de Mercy font très attention

à ne pas gaspiller

l'eau inutilement.


ANN

Il suffit d'un seul fruit pourri.


Dans la salle de bains des hommes de la mosquée de Mercy, BABER s'asperge le visage à grands coups d'eau tout en laissant couler le robinet. Ensuite il passe ses pieds sous l'eau. Puis, il laisse couler pendant qu'il se sèche. Dans l'entrée de la mosquée, AMAAR fait visiter les lieux à son ami ALI.


AMAAR

Et là, c'est...

la salle de prières.


ALI

Mais c'est très agréable.

C'est tout ce qu'il vous faut.


AMAAR

Oh, je suis sûr que la mosquée

à Toronto est agréable.


ALI

Oui, mais on perd

toute intimité

dans un espace aussi grand.

En plus, ces vieilles cathédrales

ne font pas face à la Mecque.


AMAAR

Vous êtes obligés

de prier dans un coin.


ALI

Au début, oui, mais on va

faire pivoter l'édifice.


AMAAR

Pivoter?


ALI

On va le soulever

et le faire pivoter de 45o.

Un vrai cauchemar.

Mais il faut bien que les dons

servent à quelque chose.


AMAAR

Oui! On vient juste d'avoir

un nouveau casier à chaussures.


ALI

Pour remplacer

le vieux qui est là?


AMAAR

Non, ça, c'est le nouveau.


ALI

Oh.


AMAAR aperçoit YASIR dans le couloir devant son bureau.


AMAAR

Yasir!

Venez que je vous présente

mon ami, l'imam Ali.

Il a fait le voyage

depuis Toronto.


ALI

Assalamu alaykum,

frère Yasir.


YASIR

Alaykum salam.

Vous avez votre propre mosquée?


AMAAR

Il va même la faire pivoter.


ALI

Juste de 45o.


YASIR

Méfiez-vous des entrepreneurs

des grandes villes,

ils promettent beaucoup

et livrent peu.


ALI

Les entrepreneurs sont occupés

parce que leurs talents

sont rares.

Dans un monde

où tant de gens détruisent,

eux, ils bâtissent.


YASIR

(Au bord des sanglots)

Oui!

Excusez-moi,

je dois aller voir un client.


AMAAR

Tu t'es un peu

trop étendu sur le sujet

parce que c'est

un entrepreneur en bâtiment.


ALI

Oh, c'est un entrepreneur.


Plus tard, BABER, AMAAR et YASIR discutent dans le bureau de YASIR.


BABER

Enfin un véritable imam

avec une barbe.


AMAAR

Tout le monde lit

le même coran.


BABER

Oui, mais le sien,

c'est pas une édition de poche.


RAYYAN, la fille de YASIR entre dans le bureau.


RAYYAN

OK, tout le monde,

prenez place, s'il vous plaît.

Je crois que

vous vous demandez tous

pourquoi je vous ai priés

de venir ici aujourd'hui.


AMAAR

Petit détail: vous nous avez

pas demandé de venir,

on était déjà là

et vous êtes entrée.


YASIR

En plus, tu as même

pas frappé.


RAYYAN

J'allais vous inviter

de venir demain, aujourd'hui,

mais vous êtes là aujourd'hui,

donc je vous invite

de venir pour aujourd'hui,

aujourd'hui.

Il y a une sécheresse et

j'ai deux mots à vous dire.


BABER

Ce serait pas «Toc! Toc!»?


RAYYAN

Non. «Mosquée» «verte».


YASIR

Je ne peindrai pas

la mosquée en vert.


RAYYAN

Non. C'est pour l'environnement.

On laisse pas couler l'eau,

on fait attention aux toilettes,

on installe des minuteries.


AMAAR

J'aime bien! On est critiqués

parce qu'on utilise

beaucoup d'eau.

Combattons le feu

avec moins d'eau.


BABER

Non.


RAYYAN

Oh, Baber, tu es contre

juste parce que je suis pour.


BABER

C'est une raison et c'est

une très bonne raison, mais--


YASIR

Ça n'a aucune importance.

Je ne peux pas arrêter

mes chantiers pour mettre

la mosquée aux normes.


RAYYAN

Ce sont des subventions

du gouvernement.

Tu seras entièrement payé.


YASIR

Qui sauverait la planète

si on n'était pas là?


Plus tard, ALI entre dans le bureau d'AMAAR.


ALI

Tu viens? Je ne veux pas

louper le dîner.


AMAAR

Ton dîner d'adieu?

J'attendais ça avec impatience.


ALI

Je pars déjà

et je suis à six tampons

d'un samosa gratuit sur ma carte

de fidélité de Chez Fatima.


AMAAR

Fatima fait

des cartes de fidélité?


ALI

Ah oui. Tu n'étais pas...

C'est pas grave.


AMAAR

C'est triste de te voir

partir, vieux.


ALI

Je pourrais rester

un jour de plus.


AMAAR

Non, non, tu dois partir vers

l'ouest, voir les Rocheuses.


ALI

Il y a peu de chances

qu'elles disparaissent.


AMAAR

Si tu veux prendre

ce risque...


ALI

Ce qui est important,

c'est que ce soir, on dîne.


AMAAR

Oui. Mais je rêverais

quand même pas trop.

C'est juste Chez Fatima.


Chez FATIMA un groupe attend les imams avec un festin.


TOUS

Surprise!


ALI

Assalamu Alaykum, soeur Fatima.


FATIMA

Alaykum salam.

(Offrant une boîte)

Voilà un samosa gratuit

pour votre voyage demain.


ALI

Plus besoin de cette carte.


AMAAR

Je la prends.


FATIMA

(Reprenant la carte)

Elles sont nominatives.


BABER

Frère Amaar, désolé

de vous interrompre.

J'ai besoin

d'un conseil spirituel.


AMAAR

Bien sûr, frère Baber.


BABER

Merci.

(Se retournant vers ALI)

Frère Ali, il faut m'aider.

Ils veulent

que la mosquée soit verte.


ALI

Citron vert ou pomme verte?


Plus tard dans la soirée, ALI discute avec les plus conservateurs de la communauté, dont BABER.


ALI

Excusez-moi un instant.


Plus loin, RAYYAN rejoint AMAAR à table.


RAYYAN

Hé, tout va bien?


AMAAR

Oui, ça va.

Vous saviez qu'il y avait

des cartes de fidélité ici?


RAYYAN

Oui. Tout le monde le sait.

Donc, tout va bien pour vous?


AMAAR

J'ai connu

de meilleures journées.


RAYYAN

Vous savez

à qui vous devriez parler?

Ali. Il est fort.


AMAAR

Ça suffit avec Ali.

J'en ai marre de cette Alimania!


AMAAR a monté le ton. Tout le monde se tait.


FATIMA

Je me demandais bien

quel était son nom de famille.


AMAAR

Ce n'est pas

celui que vous croyez.

Je le connais bien,

c'est un égoïste.

Il n'y a que lui

qui l'intéresse dans la vie.


ALI

Malheureusement,

frère Amaar a raison.


AMAAR

Ah, Ali.


ALI

J'étais tout ce qu'il vient

de vous dire.

Mais j'ai changé.

J'ai évoqué mon expérience

dans mon livre

L'Arc-en-ciel du changement.


FATIMA

Oh! Vous avez écrit :

L'Arc-en-ciel du changement?

Mais j'adore ce livre!


RAYYAN

Un imam et un écrivain.


BABER

Il devrait parler à la prière

du vendredi cette semaine.


ALI

Je ne veux pas abuser

davantage de l'hospitalité

d'Amaar.


BABER

Si on a pas un imam barbu

pour évoquer des problèmes

avec des citations coraniques,

les enfants vont être

très déçus.


ALI

Hé, je ne suis pas le Grinch.


BABER

Hé, l'imam barbu reste!


AMAAR lève les pouces pour marquer son allégresse feinte.


AMAAR

Yé!


BABER veut aller aux toilettes de la mosquée, mais la porte est fermée. Une affiche dit : Fermé pour rénovation. Ayez une verte journée!


BABER s'exclame en arabe. BABER se dirige alors vers la salle de bain attenante à l'église. Le RÉVÉREND MCGEE l'interpelle.


RÉVÉREND MCGEE

Baber, vous vous êtes

trompé de sortie

ou vous voulez vous convertir?


BABER

Non, non, je veux

utiliser vos toilettes.


RÉVÉREND MCGEE

Oui, comme le Seigneur a dit--


BABER

(Pressé)

D'accord, merci beaucoup.

Au revoir, à plus!


RÉVÉREND MCGEE

Ah, mais... eh bien.


AMAAR entre dans son bureau et trouve ALI assis derrière son bureau.


AMAAR

Assalamu alaykum.


ALI

Alaykum salam.

J'espère que tu ne m'en veux

pas. J'ai un travail à finir.

Bill Clinton n'arrête pas

de nous envoyer des mails.


AMAAR

Bien sûr que non.


ALI

Non, non, n'hésite pas

à l'utiliser quand tu veux.


RAYYAN rejoint les imams dans le bureau d'AMAAR.


RAYYAN

Bon, les travaux

sont presque finis.

Notre mosquée est presque verte.


AMAAR

Hé, j'ai une grande idée.

Si on invitait les médias

à venir le constater?


RAYYAN

Mais c'est ce qui

a toujours été prévu.

Une journaliste a téléphoné.

Elle doit arriver demain.


AMAAR

Oh.


ALI

Tu t'es fait prendre de vitesse,

AMAAR. La fée verte

a déjà tout fait.


RAYYAN

La fée verte, j'adore ça!


ALI

Soeur Rayyan, découvrirai-je

ces rénovations par la presse?


RAYYAN

Non, allons-y.

Amaar, vous venez?


ALI

Non, non, j'attends les mails

que doivent m'envoyer

le pape Pie II et Lou Reed.


RAYYAN fait voir les améliorations dans la mosquée.


RAYYAN

Voilà les ampoules

basses consommations.


ALI

Vous avez pensé à tout.


RAYYAN

J'aurais bien voulu

des distributeurs de papier

à détecteur de mouvement,

mais on a pas les moyens.


ALI

Je suis sûr qu'il doit y avoir

une prière adaptée pour ça.


RAYYAN

(Saluant un fidèle)

Bonjour.

Amaar ne vous semble pas

un peu déprimé?


ALI

Il ne l'est pas tout le temps?


RAYYAN

Non, depuis qu'on le connaît,

il était plutôt joyeux.


ALI

Chaque fois que je suis avec

lui, il n'a pas l'air heureux.


RAYYAN

(Montrant un panneau lumineux)

Ah voilà. Ça, c'est

ce que je préfère.

On a branché tout le circuit

sur une minuterie

pour pas gaspiller d'électricité

quand il fait nuit.


ALI

Et la minuterie marque à quoi?


RAYYAN

Euh...

Gardez vos questions

pour la fin de la visite, hein!


AMAAR s'épanche auprès du RÉVÉREND MCGEE.


AMAAR

Ils sont tous fascinés par Ali

et ça va mal finir.

Ça va très mal finir.


RÉVÉREND MCGEE

Il semble sympathique.


AMAAR

C'est un égoïste inconsistant.

La preuve: il a arrêté le droit.


RÉVÉREND MCGEE

Vous aussi.


AMAAR

Mais il était bon.


RÉVÉREND MCGEE

Vous étiez bon.


AMAAR

Vous êtes dans quel camp?


RÉVÉREND MCGEE

Désolé.


AMAAR

Le hic, c'est qu'il essaie

de devenir populaire

auprès de ma congrégation.


RÉVÉREND MCGEE

Et draguer, il sait le faire.


AMAAR

Il fait comme si ça

l'intéressait. C'est injuste.


RÉVÉREND MCGEE

C'est pas juste.


AMAAR

C'est mon territoire!


RÉVÉREND MCGEE

Votre territoire.


AMAAR

Il a une mosquée chez lui.


RÉVÉREND MCGEE

Il a probablement une mosquée

dans chaque ville du pays.


AMAAR

Il faut que je

récupère ma congrégation!


RÉVÉREND MCGEE

Battez-vous, Amaar!


AMAAR

Je vais écrire le meilleur

sermon de ma vie.


RÉVÉREND MCGEE

Vous êtes Amaar Rashid.


AMAAR

Les deux mots les plus

excitants.


RÉVÉREND MCGEE

Allez-y! Faites-leur goûter

la version musulmane de l'enfer!


AMAAR se frappe dans la main et part avec enthousiasme. Laissant seul le RÉVÉREND et des centaines de miettes de pain sur le sol devant le banc du parc.


RÉVÉREND MCGEE

(Hurlant)

Qu'est-ce que ça veut dire!

Il n'y a donc plus d'oiseaux

dans le coin!


AMAAR est assis à son bureau et ouvre un livret, puis se ravise.


AMAAR

Non.


AMAAR ouvre un tiroir et sort un très gros livre.


AMAAR

Ali va en pleurer.


AMAAR travaille sur son sermon jusque tard le soir.


AMAAR

(Se relisant)

«Pourquoi notre sécheresse

actuelle est-elle

une oasis spirituelle?»

(Avec satisfaction)

Ouais!


AMAAR finit une cannette de Cola et la lance sur le sol. Puis voyant la dizaine d'autres canettes qui jonchent le sol, il soupire. AMAAR se penche reprend sa canette et la lance dans la poubelle, laissant une dizaine d'autres canettes jonchant le sol.


AMAAR

Ouais!


Dans la salle de bain de la mosquée, une affiche sur le mur indique : nouveaux lavabos à faible débit d'eau. Ayez une verte journée.


BABER n'en finit plus de se laver.


BABER

Argh! Mais la Terre est faite

de 80% d'eau!


Ensuite, c'est l'éclairage qui se ferme complètement. BABER est dans l'obscurité totale.


BABER

Pourquoi? Pourquoi?


Dans son bureau, AMAAR termine d'écrire son sermon.


AMAAR

(Se relisant)

«En conclusion,

c'est seulement

dans l'adversité

que nous trouvons...»


Tout le courant se coupe dans le bureau, y compris, l'ordinateur.


AMAAR pousse un hurlement.


AMAAR rejoint ALI et RAYYAN sur le balcon devant l'entrée de la mosquée.


RAYYAN

Hé, vous vous faites pousser

la barbe à ce que je vois.


AMAAR

Oui, merci. Cette journaliste

va prendre des photos?


RAYYAN

Il y a des chances.


ALI

L'eau à basse pression

est très visuelle.


La journaliste, ANDREA BRENNAN arrive en fauteuil roulant.


ANDREA

Rayyan Hamoudi?

Andrea Brennan du Chronicle.


RAYYAN

Bonjour!

(Rejoignant ANDREA dans l'allée)

C'est très gentil de votre part

d'être venue. Merci.

Voici Amaar, c'est notre imam.


AMAAR

Je dirige la mosquée.


RAYYAN

Et voici Ali

qui est imam lui aussi.


AMAAR

Ce n'est pas sa mosquée,

c'est ma mosquée.


ALI

La mienne est à Toronto.


ANDREA

Celle qu'ils font pivoter

à 90o? C'est génial!


ALI

45, seulement.


RAYYAN

Alors, vous êtes prête

à visiter la première mosquée

verte de ce pays?


ANDREA

Prête! Où est la rampe?


RAYYAN

La rampe pour le fauteuil?


ANDREA

Non, la rampe

pour faire une cascade.

J'allais mettre le feu à des

poubelles et sauter par-dessus.


RAYYAN

(Riant jaune)

Oh!


ANDREA

Vous avez une rampe

d'accès pour handicapé?


RAYYAN

(Se tournant vers AMAAR)

C'est sa mosquée.


AMAAR

Je... Nous allons vous faire

entrer malgré tout.


ANDREA

Inutile.

Je tiens déjà mon article.


Dans le bureau de son père, RAYYAN montre la une du journal de Mercy.


RAYYAN

On ne respecte pas les normes.

Ce que j'ai pu être gênée.


YASIR

Au moins, elle est pas allée

au sous-sol.


RAYYAN

Pourquoi?

Qu'y a-t-il au sous-sol?


YASIR

Rien.


AMAAR

Vous pourriez

nous construire une rampe?


YASIR

Si je vous construis

une rampe,

toutes les mosquées de la ville

en voudront une.


ALI

Yasir, on vous demande pas

de construire la rampe,

juste de fournir le matériel

et la main-d'oeuvre.


YASIR

Bien...


ALI

Certains détruisent,

vous, vous bâtissez.


YASIR

(Sanglotant)

Je vais la faire.


RAYYAN

(Se tournant vers ALI)

Wow! Vous, vous êtes fort.


AMAAR

Quoi?


AMAAR est de retour dans son bureau et récite son sermon devant le RÉVÉREND.


AMAAR

«Cette sécheresse est

un moyen pour Allah

de tester notre communauté.

Il y a toutes sortes

de sécheresse en ce monde.

La sécheresse

de la compassion,

la sécheresse des idées.

La sécheresse de la foi.»

(Avec satisfaction)

Oui!


RÉVÉREND MCGEE

Vous êtes au top

de votre forme maintenant.

Gardez-moi une place

pour votre sermon.


AMAAR

Vous l'avez.

(Lançant une cannette vide dans le panier)

La vache, j'y suis arrivé!


À la mairie, ANN entre dans le bureau en tenant le journal.


ANN

(S'adressant à SARAH)

C'est un véritable scandale!

Que va faire la mosquée

au sujet de cette rampe?


SARAH

En construire une.


ANN

Ça semble raisonnable.

Je viens dans quelle tenue

pour couper le ruban?


SARAH

Oh, il n'y aura pas de ruban.


ANN

Pas de ruban à couper, mais

c'est un véritable scandale.


SARAH

J'organiserai une cérémonie.


ANN

Surtout pas jeudi.

J'inaugure une laverie

automatique.


À la prière du vendredi, les fidèles entrent dans la mosquée. AMAAR répète son texte avant de s'avancer devant l'assemblée. ALI le rejoint.


AMAAR

«Cette sécheresse est

une oasis spirituelle.»


ALI

Je vais les chauffer pour toi.


AMAAR

Fais de ton mieux.


ALI

Je suis prêt.


AMAAR

Sérieusement,

donne le meilleur de toi.


ALI

Ce n'est pas une compétition.


AMAAR

Bien sûr que non.

Impressionne-moi.


ALI

Et maintenant,

un peu de recueillement.

(S'adressant à la communauté)

Petite mosquée au grand coeur,

je ne serai

certainement pas long,

ce minbar appartenant

au véritable guide spirituel

de cette mosquée, l'imam Amaar.

Je ne vais dire qu'une seule

chose. Allah nous met au défi

d'exalter cette fraternité.

Fraternité à laquelle

j'ai assisté cette semaine.

Alors, plutôt que ressasser

cette sécheresse, nous devons

voir plus loin qu'elle

et ne plus jamais

en parler à nouveau.


BABER

(Propos en arabe)

Takbîr!


TOUS

(Propos en arabe)

Allahu akbar!


BABER

(Propos en arabe)

Takbîr!


TOUS

(Propos en arabe)

Allahu akbar!


Le RÉVÉREND MCGEE qui est présent pour l'élocution d'AMAAR est nerveux. AMAAR s'avance à son tour.


AMAAR

L'esprit du message

de l'imam Ali est inspirant.

Mais la sécheresse que nous

affrontons est une réalité.

Nous sommes plongés dedans

à cet instant!


Soudain un orage éclate à l'extérieur. De l'eau coule du toit sur la page imprimée du sermon d'AMAAR.


Le lendemain, ANN, la mairesse inaugure la rampe d'accès aux fauteuils roulants devant une foule.


ANN

Certains disent:

«Pourquoi construire une rampe,

alors que cette ville

ne compte pas de musulman

en fauteuil roulant?»

Mais cette ville n'avait

peut-être pas de musulman

qui se déplaçait

en fauteuil roulant

parce qu'il n'y avait pas

de rampe!


SARAH applaudit.


YASIR rejoint RAYYAN dans l'assemblée.


YASIR

Qu'est-ce qui se passe?


RAYYAN

On inaugure la rampe.


YASIR

Aujourd'hui?


RAYYAN

Oui. Tu as dit

qu'elle serait prête.


YASIR

Orage, ciment frais :

ça va aller?


ANN

Et maintenant,

l'imam Amaar Rashid.


La foule applaudit.


ANN

(S'adressant à AMAAR.)

Faites vite, mon chou.

Ces ciseaux pèsent une tonne.


ANN tient des ciseaux géants et les tend à SARAH.


SARAH

Oh, merci.


ALI

En vérité, je voudrais dire

quelques mots d'abord.


TOUS

Oui!

Bravo!


AMAAR

(Masquant le micro pour parler à ALI)

Qu'est-ce que tu fais?


ALI

Je crois qu'il est important

que quelqu'un dise quelque chose

et à en juger

par ta performance d'hier,

tu en es pas capable.


AMAAR

C'est pas le moment.


ALI

C'est le moment parfait.

Je t'ai dominé en fac de droit,

aujourd'hui,

je te domine dans l'islam.

Je suis l'Islaminator.


AMAAR retire sa main subtilement pour que tous entendent les paroles d'ALI.


ALI

Tu as peut-être berné

ces péquenots,

mais je connais la vérité.


Des réactions émanent de la foule.


ANN

(Chuchotant vers ALI)

Je crois qu'on peut vous entendre.


ALI

J'en ai rien à secouer!

J'ai passé trop de temps ici

de toute manière.

C'est une petite ville ringarde

avec une petite mosquée ringarde

et un petit imam ringard.


ALI s'en va brusquement et passe sur le ruban en le brisant par le fait même.


SARAH

Nous avons de grands ciseaux!


FATIMA

Mais quelle espèce

de gros abruti, celui-là!


BABER

Comment des mots aussi cruels

peuvent-ils sortir

d'une barbe aussi belle?


AMAAR

S'il vous plaît,

s'il vous plaît.

Ne laissons pas ce petit moment

d'égarement gâcher

cette journée.

Ce qui est important,

c'est que... aujourd'hui,

nous devenons une mosquée

accessible à tout le monde.


TOUS

Oui!

Bravo!


AMAAR

(S'adressant à ANDREA)

Je vous en prie.


ANDREA, la journaliste s'approche dans son fauteuil vers la rampe. YASIR est inquiet.


RAYYAN

(S'adressant à son père)

On dirait qu'Amaar

a retrouvé sa bonne humeur.


YASIR

Oui et moi, il faut que j'y aille!


AMAAR

(Retirant ce qu'il reste du ruban)

Après vous.


ANDREA commence à monter la rampe, mais son fauteuil s'enfonce dans le ciment encore frais.


ANDREA

Oh...


SARAH

(Horrifié)

Oh!


AMAAR

(Confus)

Laissez-moi vous aider

à vous dégager.


ANDREA

J'ai déjà mon article.


Plus tard, AMAAR fait un peu de ménage dans la mosquée en sifflotant. FATIMA le rejoint.


FATIMA

(Tendant une carte fidélité)

Tenez.

Vous méritez cela

beaucoup plus qu'Ali.


AMAAR

Wow! La carte

de fidélité d'Ali.


FATIMA

Non, c'est une nouvelle carte.

Elles ne sont pas

nominatives. Argh...


AMAAR

Oui, c'est vrai.


RAYYAN

(Entrant dans la mosquée)

Hé, Amaar.

Vous aviez raison pour Ali.

Ce n'était qu'un gros nul.


AMAAR

N'oubliez pas, dans l'islam,

la bonne action prévaut

sur la mauvaise.


RAYYAN

Je vous en prie,

il s'est juste effondré

comme une rampe d'accès

pas sèche.


AMAAR

C'est vrai qu'il y avait

tellement longtemps

que j'en avais après lui.

Dieu n'a pas de pitié

pour ceux qui n'ont

pas de pitié pour les autres.

Ça m'a appris une leçon.


RAYYAN

J'aurais pensé que

vous auriez appris à vérifier

la solidité d'une rampe d'accès

avant de laisser

un handicapé s'y aventurer.


RAYYAN s'en va.


AMAAR

Euh... C'est pas faux.


À l'aéroport, le RÉVÉREND MCGEE salue ALI.


ALI

Merci de m'avoir ramené.


RÉVÉREND MCGEE

Il y a pénurie

de petits oiseaux en ville,

alors j'ai beaucoup

de temps libre.

Écoutez, vous avez eu un geste

très généreux.

Vous avez fait croire

que vous étiez un gros nul.

Oh, quand vous les avez traités

de péquenots, quel beau numéro!


ALI

C'était votre idée.

La bonne idée.

Il faut qu'il croie

qu'il est le meilleur imam.


RÉVÉREND MCGEE

Quand même, il n'est pas

facile de jouer le mauvais rôle.


ALI

J'ai aussi réussi

à avoir le bon rôle. J'ai...

J'ai offert à la mosquée

un cadeau anonyme.


Dans la salle de bain des hommes, à la mosquée, BABER est devant le distributeur de papier actionné par mouvement et passe la main de toutes les façons imaginables devant pour l'actionner.


BABER

Allah, aie pitié de moi!


En levant les bras vers Allah, le papier descend.


BABER

Il n'y a qu'un seul vrai Dieu.


Générique de fermeture

Episodes of The Little Mosque