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The Little Mosque

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Best Intentions

Best intentions



Production year: 2007

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L'imam de la mosquée de Mercy, AMAAR, donne un cours à un groupe d'adolescents.


AMAAR

Qu'est-ce que le «Halaqa ado»?

Eh bien, un «halaqa»,

c'est le cours

où on étudie le coran.

«Halaqa ado», c'est quand

on étudie le Coran,

mais d'une façon

jeune et hyper cool.

Alors, combien d'entre vous

sont venus aujourd'hui

parce qu'ils se posent

des questions sur l'islam?


Une seule jeune fille lève la main.


AMAAR

Combien d'entre vous

sont venus aujourd'hui

parce que vos parents

vous ont forcés?


Tous sauf la jeune fille lèvent la main.


BABER entre dans la mosquée à ce moment.


BABER

(Propos en langue étrangère)

Assalamu alayhum,

les enfants.


TOUS

(Propos en langue étrangère)

Wa alaykhum assalam.


BABER

(S'adressant aux adolescents)

Qu'est-ce qui

se passe ici? Hum?


AMAAR

C'est le cercle

des étudiants d'«halaqa».


BABER

(S'adressant à AMAAR)

Les filles et les garçons ensemble?

Vous appelez cette espèce de

marché aux bestiaux un «halaqa»?

(S'adressant au groupe d'adolescents)

Si vous avez un soupçon

de morale, rentrez chez vous.


ADOLESCENT

OK.


Tous se lèvent et partent.


Titre :
La petite mosquée dans la prairie Les meilleures intentions


BABER fait la morale à AMAAR en sortant de la mosquée.


BABER

Faire étudier les garçons

et les filles ensemble

quand je dirigeais la mosquée,

ça ne serait jamais arrivé.


AMAAR

Laissez-moi deviner pourquoi.

Est-ce que vous avez donné

des cours?


BABER

Oui, tout à fait.


AMAAR

Est-ce que quelqu'un est venu?


BABER

Non, personne.

Il a fait très mauvais

plusieurs vendredis de suite.

Toute l'année, en fait.


AMAAR

Vous voyez, Baber,

ce n'est pas facile

d'inciter les jeunes

à étudier l'islam.


BABER

La seule chose

qui les intéressait,

c'était leur chevelure.


AMAAR

Je m'efforce de rendre

la chose pertinente...

Excusez-moi: leur chevelure?


BABER

Des franges partout

sur la tête.


AMAAR

Baber, les temps changent.


BABER

Comme imam, vous devez veiller

à ce que ce ne soit pas le cas.


AMAAR

Vous savez quoi?

Vous avez raison.

C'est vrai que je suis

moitié moins musulman que vous.

Comment je peux discuter

avec le grand mufti de Mercy?


BABER

Si on est d'accord, alors

pourquoi est-ce qu'on discute?


AMAAR

Vous réfléchissez

avant de parler,

vous êtes conventionnel,

mais souple...

Les gens aiment bien entendre

ce que vous avez à dire.


BABER

Hum!


BABER répète les propos sarcastiques d'AMAAR à FATIMA dans son restaurant. À une table à côté, FRED TUPPER, l'animateur de radio locale, boit son café.


BABER

(S'adressant à FATIMA)

Et il a dit que ma barbe

était attrayante.


FATIMA

Il a vraiment

accumulé les compliments.


BABER

Des compliments?

Il a juste énoncé des faits.


FATIMA

Moi, j'espère qu'il a dit:

«Macha'Allah.»

Sinon, il vous a donné

le mauvais oeil.


FRED qui n'en manque pas une approche du comptoir pour s'immiscer dans la conversation.


FRED

C'est quoi, le mauvais oeil?

Une espèce de vaudou?


FATIMA

Quand vous faites

un compliment à quelqu'un,

vous êtes censé dire:

«Macha'Allah.»


BABER

Ça veut dire: «Merci Allah.»


FATIMA

Sinon, la personne

va se retrouver

avec le mauvais oeil.

Beaucoup de malheurs

vont ensuite arriver.


FRED

Oh, essayons d'être clairs:

Amaar a oublié de dire

«machalah»

(Pointant BABER)

et il aura la poisse?

(Riant)

J'adore votre religion.


BABER

Seulement si Allah le veut.

Ça paraît un peu fort.


FATIMA

Ce qui est un peu fort,

c'est qu'Amaar

vous ait fait des compliments.


BABER boit une gorgée de café et recrache.


BABER

Cette crème

dans ce thé est rance!


FRED

Eh... Le mauvais oeil.


BABER

Je dirais plutôt

mauvais restaurant.


Chez les Hamoudi, SARAH apporte un cadeau à YASIR qui travaille dans la cuisine.


YASIR

Ah? C'est quoi ça?


SARAH

Te rappelles-tu que

tu étais en retard

pour le déjeuner hier?


YASIR

Oui.


SARAH

Et tu l'étais aussi

pour la graduation de Rayyan.


YASIR

J'avais une bonne raison.


SARAH

Et tu as été en retard

à l'enterrement de ma mère.


YASIR

Mais ta mère est pas morte.

Elle l'est?


SARAH

Non, mais quand elle mourra,

tu seras en retard.


YASIR

Cette boîte commence

à me filer la chair de poule.


SARAH

Ouvre-la,

c'est une nouvelle montre.


YASIR ouvre la boîte et trouve la montre.


YASIR

Ah, j'adore! Merci, chérie.


YASIR enfonce les boutons qui émettent des petits sons aigus.


SARAH

Elle semble t'aimer aussi.


YASIR

Oui, je crois.


RAYYAN achète du chocolat au dépanneur.


COMMIS

Ça fera 11,50$,

s'il vous plaît.


RAYYAN a déjà commencé à manger son chocolat Toblerone. Elle fouille dans son sac.


RAYYAN

J'ai dû oublier

mon portefeuille au bureau.


COMMIS

Pas de problème,

je vais tout remettre en place.

Excepté cette tablette.


RAYYAN

Je n'ai mangé qu'un triangle.


COMMIS

Entre nous et curieusement,

un seul triangle

qui manque peut faire peur

à mes clients.


RAYYAN

J'ai jamais été dans

cette situation de toute ma vie.


COMMIS

Pas de soucis, prenez-la.


RAYYAN

Je sais pas quoi faire.


COMMIS

Ressortez.


RAYYAN

C'est un problème de moralité.

Il faut savoir que

le Coran nous dit que-


COMMIS

Vous pouvez partir.


RAYYAN

C'est tout?


COMMIS

Et passez une bonne journée?


RAYYAN

D'accord...

Merci.


À la mairie, SARAH lit un magazine à son bureau. Le commis au courrier arrive avec son chariot dans lequel se trouve un bouquet de fleurs.


COMMIS AU COURRIER

Le courrier.


SARAH

Ah, des fleurs pour moi!

C'est romantique!

(Lisant la carte)

Ah! «Cher maire, merci pour

le nouveau plan d'urbanisme.»

(S'adressant au commis au courrier)

D'accord, c'est pas pour moi.


COMMIS AU COURRIER

Oui, ça, c'est pas

très romantique.


SARAH

Pourquoi tout le monde

me donne ses affaires?

Permis pour le maire,

dossiers pour le maire,

paquet qui, espérons-le, n'est

pas une bombe pour le maire...


COMMIS AU COURRIER

La vie ne se limite pas

aux trucs romantiques.


SARAH

Je suis pas une huile,

mais s'il y a écrit «maire»,

vous le donnez au maire.

Je suis pas son assistante.


COMMIS AU COURRIER

Bien... Vous êtes assise

devant la porte de son bureau.

Vous effectuez

les tâches d'une assistante,

elle n'a pas d'assistante

qu'elle appelle son assistante...

Alors, si on regarde

dans le bureau

et qu'on ne voit pas

d'assistante, c'est que c'est

probablement vous.


SARAH

Bon, d'accord, laissez-moi

ce qui est pour elle.


COMMIS AU COURRIER

Merci. Si vous pouviez

ramener le chariot

quand vous aurez fini,

ce serait génial.


Le COMMIS AU COURRIER s'en va en laissant son chariot devant le bureau de SARAH.


RAYYAN marche dans la rue avec AMAAR.


AMAAR

Alors, vous avez volé

une tablette de chocolat?


RAYYAN

Je ne l'ai pas volée, volée,

je l'ai juste pas payée.


AMAAR

Oh. Vous,

les criminels endurcis,

vous êtes tous pareils:

vous mettez toujours tout

sur le dos de la société.


RAYYAN

C'est une tablette de

chocolat, pas un vol qualifié.


AMAAR

Racontez-moi: vous avez repéré

les lieux longtemps en avance?


RAYYAN

D'accord, stop! J'avoue

que je me sens hyper gênée.

Il vaudrait mieux

que je retourne payer.


AMAAR

Ça s'est passé ce matin

et vous n'arrivez

à cette conclusion

que maintenant?


RAYYAN

J'ai été occupée.


AMAAR

À faire quoi?


RAYYAN

À manger la tablette!


AMAAR

Chaque fois

que vous aurez besoin

d'un conseil spirituel,

je serai là pour vous.


RAYYAN

Oui, enfin, c'était pas

si grave que ça. Mais merci.


Le soir venu, YASIR essaie de programmer sa montre en lisant le guide d'instructions, avant de se coucher.


SARAH

Comment est cette montre?


YASIR

Fantastique, chérie.

C'est beaucoup plus

qu'une montre.

Cette merveille a

des centaines de fonctions.


SARAH

Est-ce que la faire taire

est une fonction?

Je suis désolée.

Je suis juste un peu tendue.


YASIR

Qu'est-ce qui se passe?


SARAH

Au bureau, le gamin

du courrier croit

que je suis l'assistante du

maire et je trouve ça humiliant.


YASIR

Oui, mais regarde, toi, tu

l'appelles le gamin du courrier.


SARAH

J'ai mieux à faire que

de jouer les boîtes à lettres

pour le maire.


YASIR retourne à sa montre qui émet toute sorte de sons.


YASIR

(Parlant à sa montre)

Tu as besoin qu'on fasse

attention à toi?

Parce que je suis là, ma chérie.


SARAH

Euh, je dois vous laisser

seuls, tous les deux?


YASIR

Désolé. Alors,

quel est le problème?

Tu as peur d'affronter le maire?


SARAH

Non, j'ai peur d'affronter

le gamin du courrier.


YASIR

Tu as qu'à lui mettre

une corbeille en plastique

que tu accroches sur la porte

et il met le courrier dedans.


SARAH

Bonne idée!


YASIR

Je peux l'installer.


SARAH

Chéri, tu as eu six contrats

sans appel d'offres cette année.


YASIR

Et alors? Un de plus,

un de moins,

il y a pas de quoi

tirer le signal d'alarme.


YASIR s'attend à un signal d'alarme de sa montre, mais aucun son n'est émis.


YASIR

Ah désolé, je croyais que ma

montre allait sonner juste là.


SARAH

Ça, ça aurait été bizarre.


La montre émet un signal d'alarme.


YASIR

Mauvais timing?


BABER est chez lui, il discute avec sa fille LAYLA en marchant vers sa voiture.


BABER

Elle m'a dit qu'il allait

m'arriver des trucs terribles.

À moi, Baber.


LAYLA

Fascinante histoire.

On peut y aller?


BABER

D'accord, d'accord.


BABER utilise sa clé électronique pour déverrouiller la voiture.


BABER

Ça marche pas.


LAYLA presse son père, qui branche un dispositif d'alimentation à la batterie de la voiture.


LAYLA

Je vais être

en retard à l'école.


BABER

Juste une minute.


BABER actionne le dispositif d'alimentation, mais des étincelles et des bruits jaillissent sous le capot.


BABER

(Effrayé)

Ah!


LAYLA et BABER prennent finalement place dans la voiture.


LAYLA

Le plus, c'est le positif.

Et le moins, c'est...?


BABER

Je sais.


LAYLA

J'aurais dû prendre mon vélo.


BABER commence à reculer et un fracas métallique lui fait arrêter la voiture.


BABER

Je viens de rouler

sur ton vélo.


LAYLA soupire.


SARAH discute avec ANN, la mairesse, en entrant dans son bureau.


SARAH

Les gens commencent

à voir la mairie

comme le prototype de

la lenteur de la bureaucratie.


ANN

Commence seulement?


SARAH

Oh, certains n'ont pas

encore compris.

Mais j'ai une solution

bon marché: la corbeille.


ANN

De quoi, de fruits?


SARAH

Sur la porte pour le courrier.


ANN

Ah, maintenant,

j'ai envie de fruits.

Vous n'en avez pas?


SARAH

Plus tard.


SARAH montre un pigeonnier de plastique transparent à ANN.


SARAH

Les gens égarent des choses

importantes dans ce bureau:

des contrats qui ont besoin

d'être signés,

des permis qui ont besoin

d'être renouvelés...


ANN

Mon système marche bien.

J'ai une corbeille là-bas.


SARAH

C'est mon bureau!


ANN

Vraiment? Mais ça marche!


SARAH

La prochaine fois

que vous ferez un mémo

disant qu'on ne doit pas

vous regarder dans les yeux,

vous ne le perdrez pas.


ANN

Grande idée. On va le faire.


SARAH

Génial. Je commande

les corbeilles.


ANN

Oh, je ne parlais pas de ça,

je parlais du mémo.

Mais c'est d'accord

pour les fruits aussi.


SARAH cherche le meilleur endroit pour fixer le pigeonnier.


ANN

Super.


FATIMA s'approche de la table de BABER, assis dans la salle à manger du restaurant.


FATIMA

Alors, comment ça va

aujourd'hui, Baber?

Pas d'événements malheureux?


BABER

Tout va bien.


FATIMA

Parce que je viens

de remarquer ton bandage.


BABER

Parfaitement explicable:

j'ai été mordu par un chien.


FATIMA

Et tu dis que tout va bien?


BABER

Normal, j'étais

dans son jardin.


FATIMA

Pourquoi tu étais

dans son jardin?


BABER

J'ai sauté la barrière

pour échapper à l'ours.


FATIMA

Tu étais poursuivi

par un ours?


BABER

Il y en a près de la décharge.


FATIMA

Pourquoi tu étais là?


BABER

J'ai eu un accident

de voiture.

Tout va bien!

Je veux juste commander

un bon petit-déjeuner.


FATIMA

(Regardant l'heure)

11h05. Trop tard

de cinq minutes.


BABER

Ah, «souhbana Allah»!

J'ai besoin de ton aide.

J'ai le mauvais oeil!

(Montrant son bandage)

Et... Peut-être la rage.


À la mairie, YASIR est prêt à installer les pigeonniers avec sa perceuse sans fil. Sa première installation est dans le bureau de SARAH.


SARAH

Et voilà. Merci, chéri.


YASIR

Maintenant, on s'assoit

et on laisse la magie opérer.


Le COMMIS AU COURRIER dépose le courrier dans le pigeonnier. YASIR et SARAH l'observent un long moment.


COMMIS AU COURRIER

Flippant...


YASIR

C'était pas très probant.


SARAH

(Montrant son bureau)

Je ne suis pas d'accord:

regarde ça.


YASIR

Quoi? Il y a rien.


SARAH

Exactement.


La montre de YASIR émet des sons.


SARAH

C'est toi qui lui fais faire ça?


YASIR

Non, elle le fait toute seule.


SARAH

Génial...


YASIR

Je dirais plutôt

étrange que génial...


RAYYAN retourne au dépanneur en compagnie d'AMAAR.


AMAAR

On revient sur la scène

de crime? C'est plutôt risqué.

Vous savez qu'il y a

des caméras de surveillance.


RAYYAN

Haha.


Un vieil homme se présente derrière le comptoir de service.


RAYYAN

Bonjour.

Je voudrais payer

une tablette de chocolat.


VIEIL HOMME

Une en particulier?


RAYYAN

Non. J'en ai pris une hier

et j'avais pas de quoi payer.

Et le jeune homme

m'a dit que c'était bon,

mais je préfère

régler quand même.


VIEIL HOMME

Ah, je dois dire que

j'admire votre honnêteté.


RAYYAN

Oui, c'est vrai que

je suis plutôt honnête.


AMAAR

J'ai quand même dû

la convaincre.


VIEIL HOMME

Bradley, tu veux bien

venir par ici une seconde?

Est-ce que c'est le jeune homme

qui vous a servi?


RAYYAN

Oui.


VIEIL HOMME

Je m'en doutais.

Bradley, tu es viré!


COMMIS

Quoi? Mais...!


RAYYAN

Il a juste voulu être gentil!


VIEIL HOMME

Ici, c'est une boutique,

pas une banque alimentaire.


AMAAR

(S'adressant à RAYYAN)

Je crois que c'était

votre B.A. du jour...


ANN passe devant le bureau de SARAH en tenant des paquets.


SARAH

Vous avez fait

du shopping sans moi?


ANN

C'était une vente privée.

J'ai inauguré un magasin.


SARAH

Pourquoi j'ai pas été invitée?


ANN

Ils m'ont envoyé une lettre.


SARAH va jusqu'au bureau de la mairesse et au moment de frapper, deux hommes sortent en tenant un panier de massage. La mairesse, ANN les suit jusqu'à la porte. Elle porte un peignoir et semble un peu ensorcelée.


SARAH

Qu'est-ce qui se passe?


ANN

On négocie un permis

de construire.


SARAH

Un permis de construire?


ANN

Pour un spa.

Ils m'ont offert un massage.


SARAH

Ah! Et comment se fait-il

que je ne sois pas au courant?


ANN

Je n'en sais rien.

C'est arrivé par la poste.


À un autre moment, SARAH s'ennuie à son bureau. ANN porte un masque à gaz.


SARAH

Pourquoi vous portez

un masque?


ANN

Vous n'êtes pas au courant

de la menace de l'anthrax?


SARAH

Rassurez-moi:

c'est un exercice?


ANN

(Faisant non de la tête)

Hum-hum...


ANN court se réfugier dans son bureau.


BABER entre au restaurant de FATIMA.


FATIMA

Alors, vous avez essayé mon

remède contre le mauvais oeil?


BABER

Oui, je suis allé

à la mosquée aujourd'hui

et j'ai lu les versets

que vous m'avez dit de lire:

«Al Falaq, Al Nass»

une centaine de fois.

J'y suis resté

pendant quatre heures,

mais... Ho, ho, ho!

Ça en valait la peine.


FATIMA

Et je parie que vous

vous sentez déjà mieux.


BABER

Ah, ça devrait aller

à condition qu'Amaar

ne recommence pas

à me complimenter.


AMAAR approche de BABER.


AMAAR

Baber? Je vous ai vu

à la mosquée aujourd'hui.


BABER

Je n'y suis resté

qu'une courte période.


AMAAR

Une courte période?

Il est vraiment modeste.

Il y est resté

pendant quatre heures.


BABER

J'avais beaucoup

de prières à dire.


AMAAR

Voyez-vous, je sais que

nous avons nos différences,

mais j'avoue que je suis très

impressionné par votre dévotion.


BABER

Non, non, non,

soyez pas impressionné!


AMAAR

Je veux juste dire que

vous êtes un très bon musulman.


BABER

Amaar, arrêtez!


AMAAR

Baber, relaxe!

J'essaie simplement

de vous faire un compliment.


BABER est terrorisé.


BABER

(S'adressant à FATIMA)

Il faut que je retourne faire

100 prières tout de suite?


FATIMA

Absolument.


BABER

(Se lamentant)

Ah!


Le lendemain, BABER revient au restaurant de FATIMA. Il porte un collet cervical.


FATIMA

Ah, qu'est-ce qui s'est passé?


BABER

Pas de question.


FATIMA

Hum... En fait, nous n'avons

traité que les symptômes.

Nous devons traiter la cause.

Il n'y a qu'un seul remède

garanti contre le mauvais oeil.


BABER

Vous savez, je suis

un spécialiste de l'islam,

mais ça pourrait être utile

si vous pouviez

me le dire à votre façon,

si simple.


FATIMA

Le problème,

c'est qu'Amaar vous envie.

S'il vous a donné

le mauvais oeil,

c'est qu'il veut vous dominer,

vous rabaisser à son niveau.


BABER

Je ne peux pas juste

descendre un tout petit peu?

Pourquoi faut-il que

je me rabaisse jusqu'à Amaar?


FATIMA

Allez voir Amaar.

Faites qu'il ait

confiance en lui.

Mettez un frein à sa jalousie

et au mauvais oeil.


BABER

Je vais y réfléchir.


AMAAR prend une gorgée de café qu'il recrache aussitôt.


BABER

Eurk!

La crème est encore rance!


FATIMA

Je sais. Je l'ai prise

dans le même pot.

J'ai pensé que pour vous,

ça ne ferait pas de différence.


RAYYAN entre dans le restaurant avec le COMMIS du dépanneur. Tous les deux s'assoient au comptoir.


COMMIS

J'arrive pas à croire

que vous m'ayez balancé.


RAYYAN

Je ne vous ai pas balancé, je

ne faisais que dire la vérité.


COMMIS

C'est ce que je dis.

Ce travail définissait

mon être.


RAYYAN

Allons, vous n'êtes pas

qu'un employé.


COMMIS

Je suis même plus un employé.


RAYYAN

Alors, j'ai une solution.

(S'adressant à FATIMA)

Fatima?


FATIMA

Hum?


RAYYAN

Brad, que voici, peut convenir

au poste qui est libre chez toi.


FATIMA

Ah, je ne sais pas.

Est-ce qu'il parle l'arabe?


RAYYAN

Même toi, tu ne le parles pas.


FATIMA

C'est pour ça que j'ai besoin

qu'il le parle.


RAYYAN

Écoute, il est très gentil.

Et surtout, il ne laisse

personne partir sans payer.


COMMIS

Oui. Même si le client

est assez honnête

pour rapporter l'argent.


SARAH discute avec YASIR en marchant près de la mairie.


SARAH

Je ne m'étais jamais

rendu compte jusque-là

de tout ce que rapportait le

filtrage du courrier du maire:

les déjeuners, les massages,

les ventes privées...

Et maintenant,

c'est la corbeille

qui reçoit

toutes les invitations.


YASIR

Donc, tu es jalouse

d'un morceau de plastique.


SARAH

C'est de l'acrylique.


YASIR

J'ai une idée.


SARAH

Je m'en doutais.


YASIR

Dis au maire de l'enlever.


SARAH

Ah, j'avais espéré

quelque chose de plus malin.


YASIR

Parfois, la solution

la plus simple est la meilleure.


La montre de YASIR émet un son. YASIR retire sa montre et la jette dans la première poubelle qu'il voit.


SARAH

Ah!


YASIR

Parfois, la solution

la plus simple est la meilleure.


BABER rend visite à AMAAR à son bureau de la mosquée.


AMAAR

(Remarquant le collier cervical d'AMAAR)

Superbe, le collier.


BABER

C'est un compliment?


AMAAR

Non, c'était sarcastique.


BABER

Bon.

Je suis venu ici pour passer

un moment avec

mon chef spirituel

pour savourer

votre approche décadente

et libérale de l'islam.


AMAAR

C'est gentil.


BABER

Vous êtes bien coiffé,

votre visage imberbe est aussi

doux que celui d'une fille.

Macha'Allah. Notez bien

que j'ai dit: «Macha'Allah.»


AMAAR

J'ai noté que vous

me traitiez de fille.

Qu'est-ce qui se passe, Baber?


BABER

Oh, rien.

Je m'efforce simplement

de me rabaisser à votre niveau.

Je pourrais peut-être vous aider

pour votre halaqa.


AMAAR

Vous voulez m'aider?

Oui. Je me suis rendu compte

que votre approche

dénuée de valeur

pouvait en avoir une

malgré tout.


Au restaurant, RAYYAN s'informe auprès de FATIMA.


RAYYAN

Comment ça s'est passé

avec Brad?


FATIMA

Bien. Il a nettoyé par terre,

il a essuyé les tables

et il a même vérifié

la caisse pour demain.


RAYYAN

Ah, je savais que

ce jeune homme était prometteur.


FATIMA

Hi, hi!

(Ouvrant la caisse)

Ah.


RAYYAN

Quoi?


FATIMA

Il devrait y avoir 50$.

Il en manque.


RAYYAN

Combien?


FATIMA

50$.

(Se retournant vers la machine à café)

Et je mets mon bracelet ici

quand je travaille.

Il est plus là.


RAYYAN

Tu ne crois quand même pas

que Brad a pris le bracelet?


FATIMA

Tout ce que je sais, c'est que

le bracelet n'est plus là.


RAYYAN

Je vais lui parler.


À la mairie, SARAH est avec ANN dans le couloir qui mène aux bureaux.


ANN

Bon, Sarah, donc, d'abord

on a eu besoin de corbeilles,

et maintenant,

il faut s'en débarrasser.


SARAH

Oui, parce qu'elles créent

un environnement impersonnel.


ANN

Et?


SARAH

Si j'ai une crise cardiaque,

dans mon bureau, personne ne

le remarquerait avant des jours.


ANN

Oh, mais bien sûr

que si, voyons.

Votre corbeille serait pleine.


ANN entre dans son bureau et ferme la porte. Le COMMIS AU COURRIER arrive près de SARAH.


COMMIS AU COURRIER

(Se raclant la gorge)

Vous permettez? Vous êtes

sur la route de la corbeille.


RAYYAN retrouve BRAD, le commis près d'un stationnement pour vélos. Il est justement en train de jouer avec un cadenas.


RAYYAN

Brad...


BRAD

Salut.

Comment vous m'avez trouvé?


RAYYAN

Trouvé? Non, je passais

simplement par ici.

Pourquoi? Y a-t-il une raison

pour que vous m'évitiez?


BRAD

Non.


RAYYAN

Aucune raison

qui pourrait vous gêner

de montrer votre visage?


BRAD

J'avais un petit bouton,

mais il est parti maintenant.


RAYYAN

Je veux récupérer le bracelet.


BRAD

Quel bracelet?


RAYYAN

Brad, qu'est-ce que vous

diriez si je volais votre vélo?


BRAD

Il a une plaque minéralogique

et la police a le numéro--


RAYYAN

(Prenant le cadenas des mains de BRAD)

D'accord, bien,

votre antivol alors?


BRAD

Hé, doucement,

ça coûte une fortune.


RAYYAN

Le bracelet.


BRAD

D'accord.

Vous pourriez...

en trouver un semblable

chez le prêteur sur gages.


RAYYAN

Et les 50$?


BRAD

Je les ai utilisés pour

m'acheter l'antivol, alors...


RAYYAN rend le cadenas à BRAD. Un signal sonore de montre provient de la poubelle. RAYYAN le remarque.


RAYYAN

Pourquoi cette poubelle

n'arrête pas de sonner?


À la mosquée, BABER et AMAAR donnent le cours au groupe mixte d'adolescents.


AMAAR

Il y a des questions? Oui?


ADOLESCENT

Est-ce qu'un musulman

a le droit d'écouter

du gangsta rap?


BABER

Laissez-moi répondre.

Intéressante question.

Non! Vous brûlerez

dans les flammes de l'enfer.


AMAAR

Je pense que ce que

frère Baber veut dire,

c'est que si vous choisissez

soigneusement votre modèle

et que vous écoutez la musique

de manière critique...

c'est OK!


BABER

Bien! Comme d'habitude, frère

Amaar a distillé mes pensées

au travers du prisme

de sa réflexion

et démontré que je pensais

l'opposé de ce que je disais.


AMAAR

Oui.


ADOLESCENTE

Si l'heure de la prière tombe

pile pendant un match de volley,

ça va si j'attends la fin?


BABER

Tu peux pas prier pendant?


ADOLESCENTE

Sur le terrain...

devant tout le monde?


BABER

Ils vous donnent

des genouillères, non?


AMAAR regarde BABER.


BABER

Je suppose que tu peux attendre

jusqu'à la mi-temps.


ADOLESCENTE 2

Mes parents me font faire

des corvées, mais mon frère

n'en fait jamais.


BABER

La raison est simple: c'est

un garçon, tu es une fille.


AMAAR

Mais, mais, mais...


BABER

Mais... Tu devrais dire

à tes parents

que le prophète Mohammed;

que la paix soit sur lui;

faisait, lui aussi,

des travaux ménagers.

Donc, pour être un bon musulman,

ton frère doit suivre

son exemple.


ADOLESCENTE 2

Pour de vrai?


BABER

Pour de vrai.


AMAAR raccompagne BABER à l'extérieur de la mosquée.


AMAAR

Bon, enfin bref,

merci de m'avoir aidé.


BABER

Inutile de me remercier.

Pas de compliment.


AMAAR

Baber, vous n'avez pas

à chercher les compliments.


BABER

Non, je ne cherche pas

les compliments, je les évite.


AMAAR

D'accord. Enfin bon,

merci quand même--


BABER

Ah, il fait un temps

merveilleux aujourd'hui!


AMAAR

Pardon?


BABER

Le temps est très ensoleillé.


AMAAR

J'essaie juste de dire, Baber--


BABER

Le prix de l'or augmente!


AMAAR

Quoi?


BABER

Les incertitudes

du marché boursier

entraînent une augmentation

de la valeur de l'or.

Règle économique 101.


AMAAR

Exact.

Cela dit, il faut que

je retourne à l'intérieur.


BABER

Oui, oui, vous devriez.

Merci beaucoup.

Au revoir.


AMAAR

Merci encore. Vous avez été--


BABER

(Se bouchant les oreilles)

Je n'entends plus rien.

Bye-bye!


À la boutique du prêteur sur gages, YASIR et RAYYAN tentent de récupérer le bracelet de FATIMA.


YASIR

Le secret chez

les prêteurs sur gages,

c'est de ne pas

sembler intéressé.


RAYYAN

(Voyant le bracelet)

Ah, il est là!


YASIR

Allez, c'est foutu.


RAYYAN

Oh, 50$?


PRÊTEUR SUR GAGES

Il est arrivé aujourd'hui.


RAYYAN

Oui. Ce bracelet a été volé

à une de mes amies.

Nous sommes venus le récupérer.

C'est un héritage.


PRÊTEUR SUR GAGES

Donc, ça a de la valeur.

Je peux le lâcher à 100$.


RAYYAN

Non, vous ne comprenez pas.

Il faut vraiment

qu'on le récupère.


PRÊTEUR SUR GAGES

J'entends bien

ce que vous dites,

mais c'est 100$.

Je ne peux pas faire mieux.


YASIR

Laisse-moi m'occuper de ça.

Vous ajoutez cette montre

et c'est vendu!


PRÊTEUR SUR GAGES

Vendu!


RAYYAN

Tu ne sais absolument rien

de cette montre.


YASIR

Je sais qu'elle ne bipe pas.


SARAH et ANN sont au coin café de la mairie.


ANN

(S'adressant à SARAH)

Pourquoi cet air lugubre?


SARAH

Mon bureau était un vrai

centre d'informations.

Maintenant, je ne suis plus

au courant de rien.

Vous voulez toujours pas

vous débarrasser des corbeilles?


ANN

Non, elles restent. Oubliez

votre peine avec un «donut».


EMPLOYÉE DE LA MAIRIE

(S'adressant à SARAH)

Hé, vous allez à la fête

de Janice?


SARAH

Non, pourquoi?

C'est pour quand?


EMPLOYÉE DE LA MAIRIE

C'est pas avant ce week-end.


COMMIS AU COURRIER

C'est pas le tournoi de golf

dont on a tous les billets?


SARAH

Une minute. Est-ce que

vous parlez de quelque chose

qui ne s'est pas encore passé

et où je pourrais aller

parce que je serais au courant?


EMPLOYÉE DE LA MAIRIE

Euh, oui.

(Se tournant vers le commis)

Alors, quelqu'un

peut m'emmener au golf?


COMMIS AU COURRIER

Oui, bien sûr.


SARAH a disparu avec les beignes.


EMPLOYÉE DE LA MAIRIE

Hé, où sont les

donuts?


SARAH s'occupe désormais de la distribution des beignes pour être au courant des potins.


ANN

Donc, vous ne voulez pas être

ma corbeille à courrier,

mais vous êtes ravie d'être

une table à donuts, c'est ça?


SARAH

Je suis revenue dans le coup.

Je suis un élément vital

de ce bureau.


COMMIS AU COURRIER

On est à court de beignets.


SARAH

Oh, je m'en occupe. Merci.


COMMIS AU COURRIER

(S'adressant à ANN.)

Un donut, madame le maire?


ANN

Non, merci.


COMMIS AU COURRIER

Ils sont délicieux.


ANN

Merci, non.


COMMIS AU COURRIER

Le bureau fonctionne

beaucoup mieux maintenant.


ANN

Non, ne me regardez pas.


COMMIS AU COURRIER

OK.


RAYYAN et YASIR entrent au dépanneur. RAYYAN dépose une Toblerone sur le comptoir.


RAYYAN

Juste une tablette

de chocolat.

Et je paye tout de suite

cette fois.


VIEIL HOMME

Sage décision.


YASIR

(S'adressant à RAYYAN)

Regarde cette montre:

silencieuse, efficace,

la grande classe!


VIEIL HOMME

Et au dos, il y a écrit:

«Joyeux anniversaire, Horace.»


YASIR

Et qui est Horace?


VIEIL HOMME

Je suis Horace.

C'est ma montre.


RAYYAN

Vous pensez que Brad

l'aurait volée aussi?


VIEIL HOMME

Vous croyez que je l'ai viré

pour du chocolat?


RAYYAN

(Se tournant vers YASIR)

Rends-lui sa montre, papa.

Elle est à vous pour 60$.


RAYYAN

Papa!


YASIR

Je plaisante.


VIEIL HOMME

J'ai envoyé le numéro de série

à la police.


YASIR

Vendu.


Au restaurant de FATIMA, BABER et AMAAR sont assis à la même table.


AMAAR

Je dois dire que

je suis impressionné.

Vous êtes plutôt bon

avec les jeunes.


BABER

C'était deux fois rien.


AMAAR

J'en reviens pas que vous

soyez aussi à l'aise avec eux.


BABER

C'est grâce à vos conseils.


AMAAR

Et vous savez quoi?

Vous avez le truc pour--


BABER

Allons, reprenez-vous,

mon vieux.


AMAAR

Vous ne prenez pas

facilement les compliments.


BABER

Arrêtez de m'envier.


AMAAR

Répétez?


BABER

Amaar, Amaar, Amaar...

Ne niez pas, ça ne vous va pas.


AMAAR

Et la confusion,

ça me va comment?


BABER

Vous êtes très apprécié.

Soyez fier de ce que vous êtes.

Vous comparer à moi

ne vous mènera nulle part.


AMAAR

Baber, mais qu'est-ce

que vous racontez?

Je ne suis pas jaloux de vous.


BABER

Ça, c'est ce que vous dites.


AMAAR

Non. Pour tout vous dire...

j'ai pitié de vous.


BABER

Vraiment?

(Riant en embrassant AMAAR)

C'est la meilleure nouvelle

de la journée!

Merci!


BABER s'en va pendant que FATIMA rapporte du café frais.


FATIMA

Qu'est-ce qui s'est passé?


AMAAR

Comme toutes mes conversations

avec Baber, j'en ai aucune idée.


FATIMA

Mais ça lui a remonté

le moral.

Vous êtes un bon imam.


AMAAR

Merci, Fatima.

(Crachant son café)

Cette crème est rance!


FATIMA

Possible.


Générique de fermeture

Episodes of The Little Mosque