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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Vishtèn : trio de musique traditionnelle

Leur musique est un mariage entre la musique traditionnelle de l’Île-du-Prince-Édouard et celle des Îles-de-la-Madeleine. Leur travail consiste à prendre des vieilles chansons et de leur donner une nouvelle vie. Leur style indie-folk incorpore des instruments comme l’accordéon, le violon et la guitare avec une touche de flûte irlandaise, de bodhran et de guimbarde. Le trio Vishtèn est composé de Pastelle et Emmanuelle LeBlanc, soeurs jumelles de Mont-Carmel, Île-du-Prince-Édouard, et du Madelinot, Pascal Miousse. Avec cinq albums et plus de 1000 spectacles à son actif, Vishtèn est un des groupes en vue de la scène internationale de musique traditionnelle.



Réalisateur: Charles Pepin
Année de production: 2016

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VIDÉO TRANSCRIPTION

RÉGISSEUR DE PLATEAU

OK, on y va dans 5, 4, 3, 2...


FEMME

3, 4...


Dans un JARDIN un trio de musique traditionnelle joue un air.


GISÈLE QUENNEVILLE fait une courte présentation biographique du trio de musique traditionnelle VISHTÈN.



GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Il était une fois des

jumelles de Mont-Carmel,

sur l'Île-du-Prince-Édouard.

Dès un jeune âge, elles ont

commencé à faire de la danse

traditionnelle. Mais petit

à petit, la musique est

devenue leur passion.

L'accordéon, le piano,

la mandoline.

Un jour, lors d'un festival de

musique, les filles rencontrent

un Madelinot, lui aussi

passionné par la musique

traditionnelle. Ensemble,

ils forment aujourd'hui

le trio Vishtèn.

Depuis 15 ans, ils fouillent

dans les archives, dépoussièrent

des vieilles chansons et leur

donnent une nouvelle vie.


Titre :
Vishtèn Carte de visite


Dans une grande pièce vitrée donnant sur la forêt, GISÈLE QUENNEVILLE s'entretient avec les trois membres du groupe VISHTÈN : PASCAL MIOUSSE et les jumelles EMMANUELLE et PASTELLE LEBLANC .


GISÈLE QUENNEVILLE

Pastelle , Pascal, Emmanuelle,

bonjour.


ENSEMBLE

Bonjour.


GISÈLE QUENNEVILLE

Première question. Qu'est-ce

que ça veut dire "Vishtèn"?


EMMANUELLE

Vishtèn, c'est le nom d'une

chanson traditionnelle qui vient

de la région Évangéline de

l'Île-du-Prince-Édouard, mais

c'est comme des petits bouts

de chansons qui ont été mis

ensemble pour créer vraiment

cette version de cette chanson-là.

Angèle Arsenault a popularisé la

chanson dans le temps où est-ce

qu'elle faisait ses spectacles

et c'est comme devenu une

chanson populaire ici à l'Île.

Puis on l'a même entendue

chanter un petit peu partout

à travers du Canada.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'était facile de trouver

ce nom-là? Vous vous êtes

entendus facilement?


EMMANUELLE LEBLANC

C'est jamais facile de

trouver un nom de band, non.


PASTELLE LEBLANC

C'est un processus assez

difficile parce que je pense

qu'on avait peut-être, je sais

pas, 30 noms différents et

on voulait vraiment quelque

chose qui allait représenter

le groupe. Puis là, on est tombé

sur Vishtèn parce que

c'est justement un mélange

d'acadien, de micmac, d'anglais.

Puis pour nous autres, ça

représentait un petit peu notre

style musical ou ce qui se

passe ici culturellement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlons de ce style musical

là. Comment est-ce que vous

décririez votre musique?

Pascal?


PASCAL MIOUSSE

C'est sûr c'est de la musique

traditionnelle inspirée des

traditions. Les chansons, c'est

des chansons qu'on va chercher

dans le répertoire, les archives

dans les universités, ce qu'il

y a là déjà. Ça peut être des

chansons aussi qui viennent

de la Louisiane qu'on reprend.

Je pense qu'au jour d'aujourd'hui,

on met ça un petit peu plus

actuel avec des grooves

plus actuels, de quoi

qui est plus modernisé un peu.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous êtes tous les trois

des insulaires. Vous avez grandi

dans des îles. Est-ce que ça,

ça a une influence

sur votre musique?


PASTELLE LEBLANC

Certainement. On a grandi dans

les coins à côté de l'eau, dans

des régions où il y a certaines

traditions, puis je pense que...

En tout cas, sur les îles,

peut-être que les traditions ont

tendance à rester un petit peu

plus parce qu'on est déconnecté

un peu de la grande terre.

En tout cas, on nous dit ça.

Il faut qu'on prenne un bateau

pour aller en quelque part.

Fait que ça influence un peu

la musique et tout ce qu'on

fait. C'est sûr que...

Je pense que la mer nous

influence tous. Les histoires

qu'on entend, la température,

il vente beaucoup sur nos deux

îles. Tout ça, oui, c'est sûr

que je pense que ça s'entend

un petit peu dans ce qu'on fait.


GISÈLE QUENNEVILLE

Parlez-nous un peu du

processus de création. Parce que

là, la plupart de vos chansons,

c'est des chansons folkloriques

traditionnelles que vous allez

chercher ailleurs. Pascal, tu

disais dans les universités.

Comment vous les trouvez?

Comment vous les choisissez?

Comment vous les découvrez,

ces chansons-là?


EMMANUELLE LEBLANC

C'est un processus qui est

vraiment le fun, mais il faut

vraiment que tu ailles puiser.

Par exemple, on a été dans ces

universités-là, on peut se faire

des copies de cassettes, tu

amènes ça à la maison. C'est sûr

que tu les écoutes sur place,

puis là tu te dis: Ah oui, cette

toune-là, je pourrais faire

de quoi avec? Ou tu les amènes

sur cassette et tu les écoutes

des années plus tard.


GISÈLE QUENNEVILLE

Puis c'est des universités ici

dans la région ou vous allez

un peu partout?


EMMANUELLE LEBLANC

À Moncton, oui. Il y a le

centre d'études acadiennes.

Puis là, il y a vraiment comme

une grande, grande collection,

un paquet d'affaires.

C'est souvent des pièces

qu'on n'a jamais entendu. Puis c'est

vraiment intéressant de penser

qu'il y a des tounes qui ont pas

été chantées, qu'on entend plus.

Puis c'est ça qui fait ça aussi

intéressant de penser: Ah,

on peut prendre ça, puis

faire quelque chose avec

qui est plus actuel.


GISÈLE QUENNEVILLE

Une fois que vous entendez

cette chanson, cette toune-là

pour la première fois, quel

est le processus qui se met

en branle après ça parce que là,

vous avez une chanson qui est

vieille de peut-être 200 ans.

Et là, comment est-ce que vous

l'actualisez? Comment vous lui

donnez ce son des marées et

des vents, le son de Vishtèn

finalement.


PASTELLE LEBLANC

Ça aussi, c'est tout un

processus. On l'écoute, puis

c'est sûr qu'il faut qu'on entende...

Moi, je sais ce que j'écoute.

D'habitude, j'ai une influence

ou j'ai... une inspiration

de quelque chose

d'un peu plus actuel avec ce

que j'entends. Puis après ça,

on commence à faire des petits

croquis, là, commencer à

peut-être changer un petit peu

la mélodie, regarder le texte,

voir si on aime vraiment tout ce

qui est dit. Des fois, on change

quelques paroles. Des fois,

on peut rajouter un refrain

ou toute une autre mélodie

là-dedans en gardant... Sur

le dernier album, on a même pris

deux chansons, on les a mises

ensemble pour faire une chanson.

Fait que chaque pièce a

sa propre démarche

ou son processus.


EMMANUELLE LEBLANC

Oui, il y a pas vraiment de

formule, mais en quelque part,

le résultat vient de tout ce

processus de création là qui

est un petit peu personnel

à chaque chanson.


GISÈLE QUENNEVILLE

Il faut que ce soit

en français?


PASCAL MIOUSSE

Oui.


EMMANUELLE LEBLANC

Ça a toujours été ça, oui.

Il y a toujours eu le vouloir de

prendre les chansons acadiennes

et les amener... Ça veut dire

que forcément, c'est des paroles

en français. Ça fait pas

vraiment de différence. Ça fait

15 ans qu'on tourne quasiment,

puis même où est-ce qu'on joue

dans les places anglophones,

c'est comme si on écoutait

de la musique gaélique. On aime

vraiment la sonorité de la voix,

la mélodie, puis on l'écoute.

Pour nous autres, c'était

important d'avoir des chansons

en français et les faire valoir.

Fait que ça a été ça, notre

démarche depuis qu'on a

commencé. Il y en a qui disent:

"Ah bien, comment vous faites

pour jouer dans toutes ces

places-là et vous chantez

en français. Ça fait

vraiment pas de sens."

Les gens aiment la musique.

Ils aiment le groove et ça

passe vraiment bien.


GISÈLE QUENNEVILLE

Qui sont vos influences?

Ou qui ont été vos influences

musicales au fil des ans?


PASTELLE LEBLANC

Ouf! Il y a plein de monde.

Des gens du monde celtique.

Liz Carroll, c'est sûr. Même

La Bottine souriante, Zachary

Richard. Plein d'artistes du

monde Trad et d'autres mondes

aussi. On écoute pas mal toutes

sortes de musique. Je sais

pas si vous autres,

vous avez d'autres...


PASCAL MIOUSSE

Bien, écoute, c'est sûr que...

Tu parles de Zachary. Moi,

ça fait longtemps. Zachary,

c'est sûr que ça a été un...

Ça a été vraiment une influence

super par rapport à moi, c'est

sûr. Puis La Bottine, c'est

pareil. Après ça, on a tous

les groupes. C'est tellement un

monde... Dans le monde celtique,

il y a vraiment toutes sortes

d'affaires que le monde sait

pas, tu sais. Puis vraiment,

les groupes... Moi, j'ai été

vraiment surpris. Des groupes en

Écosse, des groupes partout, des

mix qui sont faits. Ça, ça fait

que ça, c'est super inspirant

pour moi par rapport à ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Puis toi, Emmanuelle?


EMMANUELLE LEBLANC

Il y avait un groupe local

ici qui s'appelait Barachois.

C'est sûr que c'était vraiment

une grosse influence dans le

temps parce que tu commences

à jouer de la musique, t'es à

l'île. Tu voyages juste un petit

peu, mais tu vois qu'il y a

un band de tes amis, des gens

qui t'ont enseigné à jouer de la

musique qui font ça partout dans

le monde. Moi, je sais que ça,

tout de suite, à cause que j'ai

vu ça arriver, c'était comme

un déclic de dire: Oh wow, c'est

possible de faire de la musique.

C'est possible de faire une

carrière et de partir, puis les

gens sont vraiment intéressés

dans cette musique-là. Après ça,

c'est écouter toutes sortes

de drummers et toutes sortes

d'autres styles de musique comme

ils ont dit aussi, qui peuvent

faire vraiment des mélanges

intéressants.


Un extrait du clip de la chanson « Terre Rouge », tiré de l'album Terre Rouge (2015) de Vishtèn est présenté.


VISHTÈN

(Chantant)

♪ Je l'ai prise par la main ♪

♪ Lui ai montré le chemin ♪

♪ Vers le nord il était tard ♪

♪ On s'est rendu près du fort ♪

♪ Sous nos pieds

les grains de sable ♪

♪ Dans nos yeux

l'amour sauvage ♪

♪ Le vent chaud la peau brûlante ♪

♪ Comme deux étoiles filantes ♪

♪ Allons danser ma jolie ♪

♪ Sous les étoiles de la nuit ♪

♪ La terre rouge nous a conduits ♪

♪ Sur le chemin du paradis ♪

♪ Allons danser mon chéri ♪

♪ Laissons aller nos ennuis ♪

♪ Allons danser ma jolie ♪


GISÈLE QUENNEVILLE poursuit son entretien avec les membres de VISHTÈN.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'aimerais qu'on parle de vos

débuts, vos tout débuts. Pas

en musique, mais peut-être plus

dans ce monde, là. Je sais que

Pastelle, Emmanuelle, vous, vous

venez d'une famille de trois

générations de musiciens.

Peut-être me parler un peu

des deux générations qui

vous ont précédées.


EMMANUELLE LEBLANC

Il y a nos parents qui jouent

de la musique. Mon père, c'était

un professeur de musique à

l'école où est-ce qu'on était,

à l'école Évangéline. Puis en

plus de ça, à l'extérieur de

l'école, il joue de la musique

traditionnelle. Il joue de

la flûte, il joue du piano,

puis ça a toujours été le genre

de gars qui aurait amené, juste

invité n'importe qui à la maison

pour jouer. Il y avait des

musiciens qui venaient de la

Nouvelle-Écosse ou du Québec

ou du Nouveau-Brunswick.

"Venez chez nous, on va jouer."

Il a vraiment cette personnalité-là.

Puis ma mère, elle le fait plus,

mais c'était vraiment une très

bonne danseuse. Elle était

toujours naturelle parce qu'elle

a vécu sur l'Île pour une

quinzaine d'années. Alors, elle

a ramassé la guitare, le violon

et tout ça. Ça fait qu'elle est

musicale. Puis là, du côté

de maman, mes grands-parents

jouaient... Mon grand-père

jouait l'accordéon. Il jouait

l'harmonica et aimait

beaucoup danser.

Puis du côté à mon père, lui,

c'était un gars qui venait de

Moncton. Ça fait que ses parents

étaient plutôt dans le jazz. Mon

grand-père jouait du saxophone,

puis ma mère chantait

du Billie Holiday.


GISÈLE QUENNEVILLE

La région ici est aussi connue

pour sa musique, n'est-ce pas?

On faisait la remarque tout à

l'heure que presque chaque petit

village ou petite ville où

on arrive, il y a un magasin

d'instruments de musique. Et ça,

ça nous a frappés peut-être,

Pastelle, nous parler un peu

de l'influence de la région.


PASTELLE LEBLANC

Oui, c'est sûr que c'est

vraiment une place musicale.

Quasiment tout le monde sait

comment faire au moins une

couple de pas de gigue. Il

y a énormément de violoneux.

Il y a beaucoup de musique

un peu partout,

que ce soit dans les maisons,

même à l'école. Il y a

des soirées de musique

assez régulièrement.

Puis là, on voit aussi que,

maintenant qu'on est plus

vieilles et qu'on est encore

en contact avec le monde,

que c'est juste comme ça

que c'est. Ça continue.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est encore comme ça

aujourd'hui.


PASTELLE LEBLANC

Oui. Les traditions continuent

à se léguer aux plus jeunes.

C'est vraiment important pour

les gens d'ici de garder ça

vivant. Fait que c'est vraiment

une belle communauté

musicale, absolument.


GISÈLE QUENNEVILLE

Puis Pascal, chez vous?

Aux Îes-de-la-Madeleine,

c'était comment?


PASCAL MIOUSSE

Ah, c'était de la musique...

C'est un peu la même chose.

Aux Îles, la réputation, c'est

qu'il y a sûrement au moins

une personne par famille qui va

jouer d'un instrument. Mon père

était guitariste, fait que

lui, il emmenait beaucoup de

joueurs de violons à la maison

quand j'étais tout petit. Puis

ça me fascinait parce qu'il les

emmenait et ils jouaient à ça,

puis tu sais, quand tu es tout

petit, la joie de vivre que ça

amenait. Le monde venait et ils

étaient tout le temps de bonne

humeur. Il y avait comme une

espèce de quelque chose

là-dedans qui me... J'étais

vraiment inspiré par rapport

à ça. Un moment donné, mon père,

j'avais quoi, 7-8 ans, puis j'ai

commencé à jouer vers 5 ans

à peu près, fait que

je connaissais à peu près

trois-quatre morceaux dans

ce temps-là. Un moment donné,

il est arrivé à 3h du matin avec

ses chums et il a décidé de me

réveiller parce qu'il était

tellement fier d'avoir un gars

qui joue de la musique, qui joue

une couple de tounes de violon.

Probablement qu'il était sur

le party tout ça. Moi, je m'en

souviens pas vraiment, mais en

même temps... J'ai une photo, je

me rappelle. Mon petit pyjama,

mon petit violon. Puis après ça,

j'ai joué mes trois tounes.

Il dit: "OK Pascal, asteure,

tu peux aller te coucher."


GISÈLE QUENNEVILLE

Avais-tu envie de retourner

te coucher?


PASCAL MIOUSSE

C'est ça. Je m'en souviens

pas, mais... Mais c'est ça.

C'était vraiment présent,

puis aux Îles, le monde est

fier de ça. Le violon a

beaucoup, beaucoup de...

Il y a de quoi par rapport

au violon aux Îles. Quand tu

joues du violon, c'est comme

une espèce de... Je sais pas

ce que c'est, mais...


EMMANUELLE et PASTELLE tapent du pied.


GISÈLE QUENNEVILLE

Emmanuelle, tu parlais qu'il

y avait beaucoup de danse. Mais

vous les filles, vous faisiez

de la danse. Pas juste un petit

peu. Beaucoup, je pense. Les

compétitions, compétitions

internationales et tout ça.

C'était quoi comme danses?


Des extraits de spectacles de VISHTÈN montrent les sœurs Leblanc qui giguent en jouant.


EMMANUELLE LEBLANC

C'était de la gigue. C'était

dans des genres de troupes de

danse. C'était de la gigue

acadienne, puis là, c'est devenu

un petit peu plus comme la

gigue percussive plus loin.


GISÈLE QUENNEVILLE

Mais ça, ça vous a pas laissé

non plus. Vous n'avez pas laissé

ça de côté, parce que vous

incorporez beaucoup la danse

dans vos spectacles

aujourd'hui, hein?


PASTELLE LEBLANC

Oui quand même. On gigue

encore. On fait la podorythmie.

Emmanuelle fait beaucoup la

podorythmie dans le groupe, fait

que ça, c'est plus percussif,

mais c'est quand même une forme

de danse. On enseigne beaucoup

aussi... Oui, c'est quand

même très présent.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous faites ça depuis

longtemps et je vous entends

parler. Vous êtes tous les

trois, vous faites de la musique

plutôt traditionnelle depuis

toujours. Quand vous étiez

plus jeune, est-ce que c'était

cool de faire de la musique

traditionnelle?


EMMANUELLE LEBLANC

Non.


GISÈLE QUENNEVILLE

Non?


PASTELLE LEBLANC

Non. Pas vraiment.


EMMANUELLE LEBLANC

C'était comme si on avait une

petite gang de personnes avec

qui on se tenait que c'était

cool, mais on n'en parlait

pas trop quand on arrivait à l'école.


PASTELLE LEBLANC

... pris des cours parce

que j'avais 13 ans et cacher le

violon, parce que tu voulais pas

que le monde sache vraiment que

tu étais en train de prendre

des cours de violon. Un moment

donné, tu passes à côté de ça.

Tu sais, je m'en souviens quand

même plus à 17-18 ans être

comme: Ah, moi je trouve que

c'est cool. Et ça nous faisait

voyager. Nous autres, on avait

des expériences que nos chums

avaient pas nécessairement.

C'était la musique qu'on faisait

qui faisait ça. Rencontrer

d'autres mondes d'autres

cultures. Là, tu étais comme:

OK, c'est comme cool.


GISÈLE QUENNEVILLE

Et toi, Pascal?


PASCAL MIOUSSE

Bien moi, c'était différent.

Moi, j'ai pas vécu vraiment de

honte tout court. J'arrivais à

l'école pour jouer la musique

traditionnelle. Mais moi, je

jouais toutes sortes d'affaires.

Je jouais pas rien que la

musique traditionnelle. C'était

vraiment un mélange. J'ai joué

dans des bands plus rock.

J'aimais ça, mais mon violon

n'était jamais trop loin.

Mais il y avait du monde chez

nous aux Îles qui tripaient

sur la musique traditionnelle,

tu sais. Je me rappelle La

Bottine souriante. Écoute,

les Saint-Jean-Baptistes qu'il

y avait aux Îles, ça blastait.

Ça, c'était vraiment... Fait que

j'ai pas le souvenir que j'ai

comme filé pas correct par

rapport à jouer de la musique

traditionnelle. J'ai pas senti

ce phénomène-là chez moi.


Le trio VISHTÈN joue et chante la chanson « Je vous aime tant », tirée de l'album Terre Rouge (2015), dans un jardin.


VISTHÈN

♪ Là haut là-bas

sur cette montagne

j'entends une voix pleurer ♪

♪ C'est la voix de ma maîtresse

je vais aller la consoler ♪

♪ Qu'avez-vous ô donc la belle ♪

♪ Qu'avez-vous à tant pleurer ♪

♪ Ah je pleure c'est la

tendresse que j'ai pour vous ♪

♪ S'aimer n'est pas un crime ♪

♪ Dieu nous le défend pas ♪

♪ Il aurait fait des coeurs

de pierre s'il voulut

qu'on s'aime pas ♪

♪ Les moutons vivent à l'herbe ♪

♪ Les papillons aux fleurs ♪

♪ Et vous jolie bergère

vous ne vivez que de douleur ♪

♪ Je vous aime tant ♪

♪ Je vous aime tant

de temps en temps ♪

♪ Je vous aime tant ♪

♪ Je vous aime tant mon joli ♪

♪ Les agneaux dans les plaines

sont en danger des loups ♪

♪ Et vous jolie bergère vous

êtes en danger de la mort ♪

♪ Viens donc avec moi la belle ♪

♪ Oublie tous tes tracas ♪

♪ Tu verras nous trouverons

le bonheur ♪

♪ Je vous aime tant ♪

♪ Je vous aime tant

de temps en temps ♪

♪ Je vous aime tant ♪

♪ Je vous aime tant

mon joli ♪


On retourne à l'entrevue de GISÈLE QUENNEVILLE avec les membres du groupe VISHTÈN.


GISÈLE QUENNEVILLE

J'ai toujours eu l'impression

qu'il y avait une belle confrérie

musicale dans l'est du pays,

sur la côte Est. Est-ce que

c'est le cas et d'où vient

cette mentalité-là aussi?


PASTELLE LEBLANC

Je pense que le monde ici

s'encourage beaucoup.

On n'est pas dans un

esprit de compétition.

On aime que le monde fasse

ce qu'il fait et, tu sais,

de pouvoir jouer avec du monde,

c'est tout le temps un plaisir

de voir des gens, d'autres gens

des Maritimes qu'on n'a pas vu

ça fait longtemps comme dans les

événements des

East Coast Music Awards.

On vient juste d'avoir

les prix de musique de l'Île

aussi. C'était le même genre

de vibe. Tout le monde est

juste content de se voir, puis

content un pour l'autre. Puis

heureusement, parce qu'on sait

que c'est pas comme ça partout,

puis on se le dit souvent.

On est chanceux nous autres

d'être dans un genre de climat

comme ça, parce que ça fait

d'autres choses. On est bien.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous jouez aussi beaucoup

à l'extérieur du Canada?

Vous arrivez de... l'Écosse.


PASTELLE LEBLANC

De l'Écosse, oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Un peu le bastion de votre

musique traditionnelle. Si

vous allez en Écosse, soit

en Irlande. Ça vous fait quoi

de jouer dans ces coins

du monde là?


EMMANUELLE LEBLANC

C'est bien, bien intéressant.

On joue principalement à

l'extérieur du Canada. Je sais

pas, on sent vraiment une

appréciation pour la musique

dans ces coins-là. Ça passe

super bien.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que vos versions sont

très différentes de ce que, eux,

ils ont l'habitude d'entendre?


PASTELLE LEBLANC

Oui, quand même. Je veux dire,

on était en Écosse et on

écoutait dans les jams

et on entendait plein de tounes

que le monde joue ici aussi.

Fait que ça déjà, c'est comme:

wow! Tu vois vraiment le lien et

comment est-ce que la musique a

voyagé avec les peuples qui sont

partis de là et qui sont venus

ici. Ça, c'est comme incroyable

de voir que ça s'est légué de

personne en personne. Tu sais,

on est pantoute dans la même

partie du monde, mais on a comme

ce lien-là vraiment proche.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous disiez, vos spectacles,

vous les faites principalement

à l'extérieur du Canada.

C'est normal, ça?


EMMANUELLE LEBLANC

Bien, pour nous autres,

c'est normal.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que ça devrait

être normal?


PASCAL MIOUSSE

Non, je pense pas que...

Non bien... Moi, je pense que j'ai...

Une réponse par rapport à ça:

tu choisis pas ça. C'est de même

que c'est. C'est de même que...

Nous autres, c'est de même que

ça a donné. C'est sûr que dans

la musique traditionnelle, on se

mentira pas. On parle avec des

groupes qu'on connaît super bien

du Québec. Il y a pas vraiment

de place pour ça. C'est rare,

tu vois. C'est comme au Québec.

Ça va jouer dans le temps

des fêtes et ça va jouer

à la Saint-Jean-Baptiste.

Mais si tu veux vivre de ça...

Écoute, oui, tu es obligé de

te déplacer. En France, on y

a été beaucoup, mais on a été

aussi partout dans d'autres pays

parce que justement il y avait

peut-être une soif que le monde

avait par rapport à cette

musique-là et que c'est accessible.

On fait peut-être quoi?

Dix gigs par année au Canada?

Fait que tout le reste, c'est

aux États-Unis. Il y a un gros

marché là-bas. On va où il y a

du marché et où est-ce que le

monde... Tu sais? On n'est

pas comme: Ah, il faudrait

absolument qu'on... Oui, c'est

sûr que ce serait le fun de

jouer plus chez nous. C'est sûr

qu'on y pense, mais en même

temps c'est pas de quoi qui

nous hante la tête à dire:

OK, ça marche pas là parce

qu'on joue pas assez chez nous.

Le marché est là. On joue

beaucoup et on a la chance

de voyager avec ça, tu sais.

Justement, on arrive d'Écosse,

on a été en Louisiane, on a été

en Australie. Pour moi, c'est

merveilleux rien que ça.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous faites ça depuis une

quinzaine d'années maintenant.

C'est pas une vie facile.

Une vie de voyage et tout ça. Et

vous avez quand même atteint une

certaine notoriété, un certain

succès. Est-ce que vous avez

d'autres objectifs? Est-ce que

vous avez des choses que

vous avez encore à réaliser?


EMMANUELLE LEBLANC

Oui. Je pense qu'il y a

certains marchés qu'on a envie

aussi de percer dedans justement

parce que ça peut être des

marchés vraiment intéressants

pour le style de musique

qu'on fait comme le U.K.,

le Royaume-Uni où est-ce qu'on a

été. Fait que je pense que ça,

c'est un petit peu comme

quelque chose que ça nous tente

de faire depuis longtemps. C'est

un but qu'on s'était donné, puis

ça peut prendre une couple

d'années pour tâter le terrain

et aller voir ce qui se passe et

commencer à faire des tournées.

Fait que ça, c'est un but. On se

fait régulièrement des genres de

petits plans pour les prochains

deux-trois ans. Quoi d'autre

qu'on a mis dans ce petit plan-là?


PASTELLE LEBLANC

Un autre album. Travailler

d'autres... Je sais pas,

avoir peut-être des projets

avec d'autres musiciens aussi.

Des collaborations avec d'autres

artistes, ça, ça nous intéresse

beaucoup. Un album peut-être qui

va être un petit peu différent

des autres. Fait que là,

on pense à ça. Quoi d'autre

qu'on veut faire?


PASCAL MIOUSSE

Bien, avoir une période

de création. C'est tout le temps

important, tu sais. Quand tu es

sur la route tout le temps,

c'est sûr que tu as des idées.

Tu peux être influencé. Tu as

une inspiration, mais d'avoir

un bloc de temps à un moment

donné. OK, trois mois, création.

Puis là... Comme on a fait,

pas cet hiver, l'hiver d'avant.

Terre Rouge, on a fait ça. Ça,

c'était vraiment le fun parce

qu'au moins là, tu sais

que tu as le temps.

Parce que ça vient pas de même.

Tu es tout le temps d'un bord

puis de l'autre. Tu prépares

tes tournées. Puis, tu arrives

de tournée, bien tu prépares la

prochaine. Tu fermes l'autre. Il

y a beaucoup de travail qui est

pas musical là-dedans, puis

c'est sûr que tu peux...

Planifier un bloc de temps

quelque part, je pense que ça,

ça serait le fun pour pouvoir

faire ça éventuellement.

Parce que tu as besoin de ça. Tu

as besoin d'un petit peu vider

la bulle et puis là, de pouvoir

la remplir après si tu as des

périodes de même qui sont

prévues. Fait qu'on va essayer

d'avoir ça en quelque part

à un moment donné.


GISÈLE QUENNEVILLE

On vous le souhaite,

Pastelle, Pascal, Emmanuelle.

Vishtèn, merci beaucoup.


ENSEMBLE

Merci.


Générique de fermeture

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