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Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

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Wade MacLauchlan : premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Diriger une petite province vient avec son lot d’avantages et d’inconvénients. Et, comme premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Wade MacLauchlan le sait bien. Après avoir fait carrière dans le monde universitaire, M. MacLauchlan s’est lancé en politique. En février 2015, le chef du Parti libéral est devenu premier ministre de sa province. Wade MacLauchlan est fier de son île, connue pour ses plages, ses pommes de terre et Anne, la maison aux pignons verts. Mais il veut mettre l’accent sur l’avenir économique de sa province en attirant des immigrants et des entreprises chez lui.



Réalisateur: Charles Pepin
Année de production: 2016

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
Carte de visite


On visite des décors bucoliques de l'Île-du-Prince-Édouard.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

L'Île-du-Prince-Édouard est

connue pour ses plages, ses

fruits de mer et le sol rouge

dans lequel pousse le quart

des pommes de terre au Canada.

On y arrive par traversier ou

par le pont de la Confédération.

L'Île est petite, à peine

240 kilomètres d'est

en ouest, et pas tout à fait

150 000 habitants.

Diriger une province de cette

taille est un peu comme être

le maire d'une petite ville.


On se trouve devant une vieille résidence de l'île. Puis on pénètre dans la résidence.


GISÈLE QUENNEVILLE (Narratrice)

Wade MacLauchlan est devenu

le premier ministre de

l'Île-du-Prince-Édouard

en février 2015.

Un politicien par accident,

qui a fait carrière dans

le monde universitaire.

Il est fier du passé historique

de sa province, mais sa priorité

comme premier ministre est de

faire évoluer sa petite île sur

le plan économique, en attirant

des entreprises et des immigrants.


WADE MACLAUCHLAN, premier ministre de le l'Île-du-Prince-Édouard, descend un grand escalier bordé des drapeaux de la province et du pays pour rejoindre GISÈLE QUENNEVILLE dans le vestibule. Assis face à face, ils y tiendront un entretien.


Intertitre :
Wade MacLauchlan


GISÈLE QUENNEVILLE

M. MacLauchlan, bonjour.


WADE MACLAUCHLAN

Bonjour.

GISÈLE QUENNEVILLE

M. MacLauchlan, vous

êtes premier ministre de

l'Île-du-Prince-Édouard depuis

un peu plus d'un an. Vous êtes

politicien depuis un peu plus

d'un an. Avant ça, vous avez

passé votre carrière dans

le monde universitaire.

Alors, la grande question:

pourquoi vous avez choisi

de faire de la politique?


WADE MACLAUCHLAN

À la fin de l'an 2014,

j'ai eu mon 60e anniversaire.

Et comme vous avez dit,

j'avais eu un chemin avant ça.

Mais c'est un chemin

qui m'a amené à la vie

politique, surtout à

l'Île-du-Prince-Édouard. Donc,

je dirais qu'il y a eu deux

éléments. Premièrement,

un sens de place.

Deuxièmement, un sens

de régence. Donc, quelque

chose à faire.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que votre façon de voir

les choses, votre façon de faire

de la politique est différente

d'un politicien de carrière?


WADE MACLAUCHLAN

Je crois que les gens

me perçoivent comme différent,

dans le sens où je suis pas

un politicien de carrière, donc

peut-être qu'ils attendent plus.

Mais ils sont en même

temps plus ouverts

aux initiatives qu'on

prend comme gouvernement.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que c'est une bonne

chose pour un premier ministre

de ne pas avoir

d'expérience en politique?


WADE MACLAUCHLAN

Pour moi, ça n'a pas

été une mauvaise chose.

Je crois qu'avec 12 ans

comme recteur d'université,

c'est plus ou moins de la

politique. Il y a beaucoup

de monde qui dit que la

politique de l'université

est plus néfaste, disons,

que la politique des élus.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous avez choisi, bien, je

sais pas, je dis que vous avez

choisi, vous avez choisi

de vous présenter pour le Parti

libéral. Pourquoi ce parti-là?


WADE MACLAUCHLAN

Mes liens familiaux, quoi,

ont toujours été avec les

libéraux. Moi, j'ai assisté

à un congrès national

du Parti libéral tôt dans

le mandat de Pierre Trudeau,

comme un jeune, très jeune

délégué. Et donc, ça fait

longtemps que j'ai été impliqué,

de l'extérieur, dans la politique.


GISÈLE QUENNEVILLE

C'est très important ici, les

liens familiaux et la politique.

On naît libéral ou on naît

conservateur? Est-ce qu'on

change d'allégeance, parfois?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, on voit de plus en plus

que les allégeances changent.

Je crois que c'est peut-être un

quart de l'électorat qui est lié

à leurs traces familiales.

D'autres sont prêts de changer

leur vote. Et justement, on a eu assez

souvent, peut-être toutes

les deux ou trois élections,

un changement total.

Et aussi... Et c'est clair... Et

c'est peut-être plus important

que les liens familiaux,

c'est, comment, je dirais,

la personnalité.

Et je crois qu'au cours, bien,

depuis que je suis en politique,

ce qui n'est pas longtemps,

que j'aurais eu... Peut-être un

tiers de mon appui est un appui

personnel. Donc, les gens

votent pour la personne.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, qu'est-ce que vous avez

de si bien du côté personnel

pour que les gens

aient voté pour vous?


WADE MACLAUCHLAN

D'abord, il faut... Bien,

ça aide d'avoir été sur la scène

depuis un bon bout de temps,

d'avoir eu un visage public,

quoi, comme président de

l'université et d'autres

engagements que j'ai eus

dans la communauté.

Donc, je circule.

Et je crois que les gens

sont aussi attirés par une

personne ou par un leader

qui donne l'impression

qu'il est de bonne humeur.


GISÈLE QUENNEVILLE

À l'Assemblée législative de

l'Île-du-Prince-Édouard, il y a

27 députés. C'est l'équivalent

d'une salle de classe, ça.


WADE MACLAUCHLAN

Oui.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce qu'il est plus

difficile de gouverner

quand il y a 27 députés

ou quand il y a une centaine

de députés, selon vous?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, j'ai pas essayé avec

une centaine, mais à 27, je dis

souvent beaucoup de choses

sur l'Île, qu'on a un avantage

d'échelle. Mais c'est un avantage

qu'il faut, dont il faut

travailler, c'est-à-dire qu'il

faut circuler, il faut être

visible, il faut écouter ce que

les gens disent. Et il faut

le faire. Et il faut être visible

et présent.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... C'est une petite

province. Ceci étant dit, ça

veut pas dire que vous avez

pas de problèmes. En fait,

notamment, vous, en arrivant

au pouvoir, vous avez été

la cible de menaces de mort,

ici sur l'Île-du-Prince-Édouard.

Comment vous avez vécu ça?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, c'est évident, bientôt,

que c'était un problème

de santé de l'individu.


GISÈLE QUENNEVILLE

De santé mentale?


WADE MACLAUCHLAN

Oui. Je l'ai senti. J'en ai eu

de la sympathie, quoi.

Et moi, je circule librement,

sans protection ou sécurité.

Ça me gêne pas. Ça me...

ça ne me méfie pas du fait

que ces circonstances ont

eu lieu à la première semaine,

justement, de mon temps

comme premier ministre.


ÉMILIE MONTGOMERY, guide touristique, incarne le personnage de MILLIE PARLMER, devant le parlement de l'Île-du-Prince-Édouard.


MILLIE PALMER

Bonjour. Je m'appelle Millie

Palmer et je suis la fille

d'Edward Palmer, le ministre

de la Justice, ici à

l'Île-du-Prince-Édouard,

en 1864. En arrière de moi, c'est le

Colonial Building. C'était fini

en 1847, par l'architecte Isaac Smith.

Ici, vous voyez, l'édifice n'est

pas complet. Vous voyez, il n'y

a pas de rail sur le balcon. Et

il n'y a pas de porte non plus.

Quand la reine Élisabeth est

venue ici pour ouvrir le Centre

de la Confédération des arts,

elle avait besoin de sortir

par la fenêtre sur le balcon,

avec les rails temporaires.

Dans le côté est, c'est là

que l'Assemblée législative

se rencontre encore aujourd'hui.

Mais dans le côté ouest,

c'est là où les Pères de la

Confédération sont venus ici

à Charlottetown, en 1864,

dans le mois de septembre,

pour discuter. C'était la

première réunion pour discuter

la possibilité d'une

union canadienne. Alors,

c'est là que John A. Macdonald,

George-Étienne Cartier

et tous ces délégués se sont rencontrés

pour la première fois.

C'était la première de trois

réunions. La deuxième s'était

passée au Québec, et

la troisième à Londres,

en Angleterre.

Les délégués ont marché

sur la rue Great George,

juste en avant de moi.

Et c'est là où George-Étienne

Cartier est sorti du bateau,

le SS Queen Victoria, le bateau

à vapeur, et il a dit:

"C'est comme si les délégués de

Charlottetown ont mis un tapis

rouge pour les accueillir ici."


On retourne à l'entrevue de WADE MACLAUCHLAN.


GISÈLE QUENNEVILLE

M. MacLauchlan,

l'Île-du-Prince-Édouard, c'est

une petite province, environ

140-150 000 habitants. C'est

une province qui est connue

comme étant le berceau de

la Confédération canadienne,

comme étant la maison d'Anne...

La Maison aux pignons verts.

Les gens viennent de partout

pour visiter ce lieu-là.

Et comme étant la province de la

pomme de terre. Est-ce que c'est

comme ça que vous voulez que

votre province soit connue

au-delà de ses frontières?


WADE MACLAUCHLAN

Je crois qu'il faut bâtir

sur nos succès, donc je ne nie

pas ces trois aspects que

vous avez mentionnés.

C'est clair que ça fait partie

de notre image. Mais il faut,

chez nous, et à l'extérieur

de la province, faire le plus

qu'on peut faire pour qu'on soit

mieux connus pour nos aspects

modernes. On a mené l'Atlantique

en immigration depuis plus d'une décennie.

On a une économie qui prédit

d'être la quatrième du pays,

cette année, 2016. On a... on a

été la meilleure des provinces

en exportation, en 2014-2015.

Et on va l'être encore en 2016,

c'est-à-dire par rapport

à l'an précédent. Il y a

ces aspects-là. Puis, notre

économie, en plus d'être un

producteur de pommes de terre,

on a une économie qui est très

diversifiée: la technologie,

les produits de pharmacie,

les services aérospatiaux,

l'électronique. Et donc,

c'est... Je suis fier et il faut

qu'on dise plus pour que

les gens nous reconnaissent

comme une province diversifiée.


GISÈLE QUENNEVILLE

Alors, qu'est-ce que vous faites

pour diversifier, justement,

l'Île-du-Prince-Édouard? Comment

est-ce que vous faites pour

attirer des investisseurs ici?

Parce que votre population

n'est pas très grande. Ça prend

une population très éduquée

pour attirer des gens en

aérospatiale, en informatique,

en pharmaceutique, par exemple.

Qu'est-ce que vous faites?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, d'abord, il faut avoir

l'expertise. Il faut avoir

des programmes postsecondaires,

d'université, collège. Et nous

en avons. Et il faut attirer

et développer une population

pour avancer dans ces domaines.

Et justement, on a commencé,

depuis 15 ou même 20 ans,

à attirer plus d'immigrants

qu'ont fait les autres provinces

dans la région, par exemple.

Et ça a donné un coup de force,

de l'énergie à notre économie

et même à nos compagnies

dans ces domaines

nouveaux, quoi.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... On sait que

l'Île-du-Prince-Édouard est

probablement la province

la plus homogène au Canada.

Je pense qu'un grand nombre

de la population est

d'origine anglaise, écossaise

ou irlandaise.

Je pense que c'est 94% des gens

de l'Île-du-Prince-Édouard

qui ont l'anglais comme langue

maternelle. Est-ce que, à la

lumière de ces chiffres-là,

est-ce que c'est un défi pour

vous d'accueillir et d'intégrer

les immigrants qui choisissent

de venir ici?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, tout d'abord, je dirais

que 25% des insulaires sont

de descendance acadienne.


GISÈLE QUENNEVILLE

Oui.


WADE MACLAUCHLAN

Oui. Et donc, c'est un bon départ.

Nous avons une population

autochtone de presque

2000 personnes.

On a une population chinoise

maintenant de plus de 2000

personnes. Et avec l'université,

le collège, on trouve que

depuis une cinquantaine d'années,

on avait... on a développé

une population qui est

quand même plus diverse.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que vous vous êtes

fixé des objectifs au niveau

économique, quand vous

êtes arrivé au pouvoir?


WADE MACLAUCHLAN

Oui. On a indiqué qu'on avait

trois aspects dans notre programme.

Un, la prospérité, deux, l'engagement,

et le troisième, c'est la

population plus générale, le peuple.

On a fixé, par exemple, une cible

pour la population, pour

la fin de l'an prochain, 2017.

On envisage, et on va

"l'atterrir", on va l'avoir,

une population de 150 000.

Et justement, on dit qu'on

va avoir 150 ans, pour le 150e

anniversaire du Canada.

Et pour l'économie, notre but

est de faire mieux que

la moyenne canadienne. Et ça,

c'est un but, un objectif assez

ambitieux pour une petite

province dans la région

de l'Atlantique, par rapport

au reste du pays. Ça fait longtemps

qu'on ne l'a pas fait.

C'est les années 70, 1970.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... Politiquement,

il y a 27 députés

à l'Assemblée législative

de l'Île-du-Prince-Édouard.

Au fédéral, il y a quatre

sièges au fédéral de

l'Île-du-Prince-Édouard.

Au Sénat, il y a également

quatre sièges de l'Île-du-Prince-Édouard.

À un moment où on repense

le Sénat, il y a beaucoup

de gens qui disent que c'est

peut-être trop de sièges

pour ces 140-150 000 habitants

de l'Île-du-Prince-Édouard.

Qu'est-ce que vous répondez

aux gens qui trouvent que

vous avez trop de pouvoir

au sein du Sénat?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, je dis que je travaille

avec tout le pouvoir que j'ai.

Et étant une province...

Bien, c'est ça, c'est d'être une

province. Et on a eu cet état,

disons depuis 1770. On a été

séparés de la Nouvelle-Écosse.

Et il y a, aujourd'hui,

on est entrés en Confédération

avec le statut d'une province.

Et donc, moi, je l'appelle

le cadeau de juridiction.

Et je vais travailler avec

tous... tout le poids

que je peux exiger.


ÉMILIE MONTGOMERY, guide touristique, incarne le personnage de MILLIE PARLMER, devant The Great George Hotel.


MILLIE PALMER

En arrière de moi,

c'est The Great George Hotel.

Dans l'année 1864, c'était

connu comme The Pavilion.

Et c'était construit en 1811.

C'est là où les délégués

de la Nouvelle-Écosse ont resté

dans le Pavilion pendant

la conférence de Charlottetown.

De l'autre côté, vous voyez

The Wellington. Le Wellington,

c'était un pub très populaire

dans le temps. Et c'est dit qu'il y

avait un tunnel qui allait

de Province House, du Parlement,

jusqu'au Wellington. C'était

un tunnel secret. Et c'est

comme ça que les délégués

allaient, pendant l'heure

du dîner, pour prendre

une bière sans que les citoyens

et leur épouse sachent

qu'ils buvaient pendant

leur jour de travail,

pendant leur journée de travail.

Le Perkins House était peut-être

après les autres édifices.

Et c'était fait par M. Perkins.

Il était un cordonnier

et faisait des bottes.

C'est dit qu'il a fait

toutes les bottes pour

une armée complète.

La rue Great George, c'était la

rue principale de Charlottetown.

C'était vraiment la rue où

les gens allaient, parce qu'il

y avait le havre d'un côté

et de l'autre côté, c'était

le Parlement. On avait la religion ici.

On avait les politiques. On avait

notre industrie de bateaux,

de bateaux à voile.

Alors, c'était vraiment ici, sur

la rue Great George, que la vie

se passait, ici à Charlottetown.


ÉMILIE MONTGOMERY, guide touristique, incarne le personnage de MILLIE PARLMER, devant la basilique St. Dunstan.


MILLIE PALMER

Ici, c'est la basilique St.

Dunstan. Et c'est la quatrième

église qui a été construite

sur cette place.

La première a été construite

en 1815 et c'était juste

une petite chapelle.

Mais avec tous les feux ici à

Charlottetown, ça a brûlé

pas longtemps après.

La deuxième, c'était une

cathédrale et ils ont décidé

qu'ils voulaient la déménager.

Mais quand ils ont commencé

À la déménager, il y avait

un cheval qui a eu peur.

Il a commencé à courir. Alors,

l'église est complètement

tombée. Alors, on dit que

c'était un cheval protestant.

La troisième église,

l'extérieur, c'était les pierres

que vous voyez maintenant.

Mais l'intérieur, c'était

fait complètement de bois.

Mais l'intérieur,

avec toutes les chandelles,

il a aussi brûlé.

L'église que vous voyez

maintenant, c'était la quatrième

église faite sur cette place.

La dernière phase de cette

église a commencé à accueillir

les fidèles en 1919.


On retourne dans le vestibule du parlement où GISÈLE QUENNEVILLE discute avec WADE MACLAUCHLAN.


GISÈLE QUENNEVILLE

M. MacLauchlan, vous êtes

le premier ministre de

l'Île-du-Prince-Édouard, mais

vous êtes aussi le ministre

de la Justice, le ministre

du Travail, le ministre des

Affaires intergouvernementales,

le ministre responsable

des Affaires autochtones

et le ministre responsable

des Affaires francophones

et acadiennes. Est-ce que

c'est normal d'avoir

autant de portefeuilles?


WADE MACLAUCHLAN

On a réduit le nombre

de personnes en cabinet

à dix. Et comme ça,

il faut distribuer le fardeau.

Moi, j'ai accepté ces portefeuilles

parce qu'il y a... Bien, dans chaque cas,

il y a une raison. Je suis avocat.

C'est normal pour le premier

ministre d'être responsable

pour les Affaires

intergouvernementales.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... Vous êtes justement

responsable des Affaires

francophones. à quoi ressemble

la population francophone,

ici sur l'Île-du-Prince-Édouard?


WADE MACLAUCHLAN

On aura 25% de la population

totale de l'Île qui ont des "parentages",

qui ont un "parentage"

acadien. Et pour ce qui...

ceux qui parlent français à la maison,

ce sera plutôt 7% ou 8%

de la population.

Et c'est dans certains locaux,

certaines communautés qu'on

en trouve plus. Au niveau des

écoles et des centres culturels,

il y en a cinq. Il y

en a une à Souris.

Il y en a une dans l'ouest,

pas loin de Tignish.

Puis, il y a Rustico,

le Village-Abram, la région

d'Évangéline. Charlottetown

et Summerside, en effet, il y a

six centres où on trouve

une vie active en français.


GISÈLE QUENNEVILLE

Est-ce que les francophones

d'ici ont accès à des services

gouvernementaux de la province,

par exemple, en français?


WADE MACLAUCHLAN

D'abord, c'est l'éducation.

Dans certaines régions, il est

question d'avoir des services

et des professionnels dans

le domaine de la santé.

Il y a l'accès aux services

du gouvernement directs.

Et on a des fonctionnaires,

des employés qui se

débrouillent en français.

Il y a toujours, toujours

des revendications ou des

conversations de comment on peut

faire plus. Et c'est normal.

Mais on a des bons,

des bonnes ententes

avec la communauté francophone

et acadienne, et francophile.

Et c'est ça qui est de plus

en plus important, ici à

l'Île-du-Prince-Édouard et ailleurs,

pour les services en français

d'être présents, quoi, d'offrir

des services aux francophones

et aux francophiles.


GISÈLE QUENNEVILLE

Vous, où est-ce que

vous avez appris votre

français, M. MacLauchlan?


WADE MACLAUCHLAN

C'est un français qui a

commencé dans un contexte

que beaucoup de personnes,

peut-être, verront comme ce

qu'on dit en bon français

rough.


GISÈLE QUENNEVILLE

OK.


WADE MACLAUCHLAN

J'ai... à la fin de mes

études universitaires,

plutôt que d'accepter un job

avec une grande compagnie,

je suis monté dans le

Grand Nord du Québec,

à Gagnonville, où j'ai travaillé

sur un chantier, dans un

chantier de construction de

chemins. Et comme ça, j'ai

commencé en français avec

un accent qui vient peut-être

du Grand Nord, ou même

du Lac-Saint-Jean.


GISÈLE QUENNEVILLE

Autre élément de votre

parcours qui se distingue

des autres politiciens,

vous êtes homosexuel

et vous avez un conjoint.

C'est su, c'est connu.

Est-ce que c'est accepté?


WADE MACLAUCHLAN

Oui, je crois que je peux dire

franchement que ça m'a attiré de

l'appui. Je crois que les gens

l'ont bien vu. C'était pas...

c'était pas un dévoilement de

nouveau, quand je suis entré

en politique. C'est connu. Et

ça fait partie de qui je suis,

qui je suis, comment je suis

connu dans la communauté.


GISÈLE QUENNEVILLE

Pensez-vous que le jour

viendra où le fait d'être

homosexuel ne sera pas un sujet

qu'on aborde dans une entrevue

comme celle qu'on

fait en ce moment?


WADE MACLAUCHLAN

Bien, je peux vous dire

que depuis que je suis devenu

premier ministre, que ça n'a

presque pas été mentionné.

J'ai participé à une vigile

récemment, suite aux événements

en Floride, mais à part de ça, j'ai été

le président de la parade de Pride,

l'an dernier. Mais à part de ça,

ce n'est pas mentionné. C'est jamais

mentionné par l'opposition,

par exemple.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... Vous êtes au début

de la soixantaine. Vous avez

eu une très belle carrière

universitaire. Vous êtes premier

ministre depuis un peu plus

d'un an, maintenant. Vous allez

faire de la politique pendant

combien de temps, pensez-vous?


WADE MACLAUCHLAN

J'ai déjà indiqué que je suis prêt

de "contester" à l'autre

élection. Et donc, je suis prêt

à la gagner. Et comme

ça, ça fera sept ou huit ans,

ce qui est un bon bout de temps

pour faire... pour faire

des bonnes choses.


GISÈLE QUENNEVILLE

Hum-hum... Donc, à la fin

de sept ou huit ans, quelle est

la meilleure réussite que

vous souhaitez accomplir?


WADE MACLAUCHLAN

Dans un mot, je dirais

plus de confiance pour les gens de

l'Île-du-Prince-Édouard et pour

notre région. Et je travaille

avec mes "contreparties" des

autres provinces. Je connais

très bien les autres trois

provinces: la Nouvelle-Écosse

et le Nouveau-Brunswick. Mais

surtout, je crois que si on a

plus confiance, si on est plus

à l'aise ou plus prêt d'apporter

notre histoire au reste

du pays et au monde,

je crois qu'on va avoir plus de

prospérité et on va attirer du

monde de partout. Et nous allons

voir que nous sommes,

en plus, plus heureux.


GISÈLE QUENNEVILLE

Eh bien, M. MacLauchlan,

merci beaucoup.


WADE MACLAUCHLAN

Merci, Gisèle.


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