Image univers Carte de visite Image univers Carte de visite

Carte de visite

Gisèle Quenneville, Linda Godin et Daniel Lessard rencontrent des personnalités francophones et francophiles. Découvrez ces politiciens, ces artistes, ces entrepreneurs ou ces scientifiques dont l'histoire, extraordinaire, mérite d'être racontée.

Partager

Afin de visionner le contenu, il est nécéssaire d'installer un plugin

https://get.adobe.com/flashplayer/

Mariette Mulaire : pdg World Trade Centre de Winnipeg

Brasser des affaires en français au Manitoba n’est pas l’exception, c’est plutôt la règle. Et c’est Mariette Mulaire qui le veut ainsi. Mme Mulaire est présidente-directrice-générale du World Trade Centre de Winnipeg. Son travail est d’aider les entreprises manitobaines à prendre de l’expansion ailleurs, et de fournir des services aux entreprises internationales qui veulent faire des affaires au Manitoba. Et, même si 90 pour cent de la clientèle est anglophone, pour Mariette Mulaire, le français est tout aussi important que l’anglais. En fait, le WTC de Winnipeg est bilingue et la langue de travail est le français.



Réalisateur: Charles Pepin
Année de production: 2016

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

VIDÉO TRANSCRIPTION

Titre :
Carte de visite


MARIETTE MULAIRE, présidente directrice générale du World Trade Center de Winnipeg se présente pendant que des images de la ville de Winnipeg défilent.


MARIETTE MULAIRE (Narratrice)

Mon nom, c'est Mariette

Mulaire. Je suis

Franco-Manitobaine,

originaire de Saint-Pierre-Jolys

au Manitoba. Je suis beaucoup

dans la francophonie manitobaine

et canadienne, et maintenant

internationale parce que je suis

présidente directrice générale

du World Trade Center Winnipeg.

Mais au Manitoba, une des choses

qu'on voit, c'est que les

secteurs économiques sont très

variés. Alors, l'économie est

très diversifiée au Manitoba.

Donc oui, on peut penser

à l'agriculture, à l'agroalimentaire,

à la machinerie agricole, ça en est

un secteur important, mais du

côté services financiers aussi

quand on pense qu'on a Investors

puis qu'on a Great-West Life

comme des grands employeurs.

Mais on a aussi, tout

autour, les technologies

environnementales. On a quand

même beaucoup de ressources

naturelles ici: on peut penser

à Manitoba Hydro, mais aussi,

on a beaucoup de soleil, on a

beaucoup de vent donc, on a tout

un morceau sur les éoliennes. On

a aussi tout ce qui est autour

de la logistique de transport

autour du CentrePort, qui est

un nouveau port interne.

Moi, ce qui me motive le plus,

dans mon travail, c'est que

j'ai la chance de travailler en

français tout en desservant la

clientèle générale du Manitoba,

tant les francophones que les

anglophones. Donc, je normalise

l'apport francophone

dans ce qui a trait

au commerce international.


L'animatrice LINDA GODIN rencontre MARIETTE MULAIRE dans un restaurant.


LINDA GODIN

Mariette Mulaire, bonjour.


MARIETTE MULAIRE

Bonjour.


LINDA GODIN

Qu'est-ce que le World Trade

Center de Winnipeg?


MARIETTE MULAIRE

Bien, le World Trade Center

Winnipeg est essentiellement

un centre pour faciliter

les échanges commerciaux

pour les Manitobains.

Donc, à travers le monde

parce qu'on est connecté

avec un réseau de plus

de 300 World Trade Center.

Alors, des frères et soeurs

un peu partout dans le monde qui

sont là pour nous aider et nous,

on est là pour les aider aussi,

pour les gens qui s'intéressent

à faire affaire au Manitoba.


LINDA GODIN

Et donc, vous, vous faites

la promotion de Winnipeg

à l'étranger des entreprises

d'ici et vice-versa?


MARIETTE MULAIRE

Nous autres, on fait la

promotion puis l'accompagnement

d'entreprises pour l'ensemble

du Manitoba. On est World Trade

Center Winnipeg parce que tous

les World Trade Center ont

le nom de leur ville principale

parce que les gens, en général,

connaissent plutôt les villes

que les provinces quand on pense

au niveau mondial. Donc, c'est

vraiment d'accompagner des gens

d'affaires qui sont intéressés

à connaître davantage un marché

ou de voir si le produit

marcherait bien.

Alors, on a toute une section

sur la recherche, l'information

de produits, de marchés,

de réglementations pour aider

l'entrepreneur quand ils font

la décision d'aller ailleurs ou

de voir le potentiel, on est là

pour les accompagner avec

le réseau de World Trace Center

qui nous accompagne

de notre côté aussi.


LINDA GODIN

Et donc, quels sont les défis

des entreprises d'ici

quand elles veulent faire

affaire à l'étranger?


MARIETTE MULAIRE

Les défis sont nombreux. On

peut commencer avec les défis au

niveau interpersonnel, culturel.

Juste ça, c'est toute

une leçon en soi parce qu'il y

a différentes façons

de fonctionner. Il y a

des gouvernements qui sont très

présents dans certains marchés:

on peut penser à la Chine, par

exemple. On a aussi des façons

de faire: il y en a qui sont

très au ralenti, il y en a

qui sont très rapides.

En Corée du Sud, par exemple,

ils ont une expression, c'est

ppaleun, ppaleun. Ppaleun,

ppaleun, ça veut dire:

let's go, on y va. Puis, ils vont

vite puis ils s'attendent

à avoir des résultats

tout de suite puis qu'on fasse

des suivis. Israël, ils sont

beaucoup comme ça aussi. Mais

dans d'autres pays, c'est à

la manana, c'est le lendemain,

on va s'en occuper.

Donc, on peut penser au Mexique,

on peut penser à l'Amérique du

Sud en général. Alors, on voit

ça. Puis ça, c'est vraiment de

base, mais toutes les affaires

de cadeaux, les couleurs

qu'on utilise, il y a toutes

sortes de petites façons--


LINDA GODIN

Des choses à ne pas

faire, à ne pas dire.


MARIETTE MULAIRE

Il y a des livres là-dessus et

puis nous autres, on travaille

beaucoup avec les gens

de protocole pour nous aider

à chaque fois parce que ça peut

juste prendre une petite chose

qui pourrait vraiment mettre

en péril la relation. Alors,

on sait que la première chose,

c'est la relation de personnes.

On sait que les gens vont

pas aller dans un autre...

Faire affaire avec quelqu'un

s'ils leur font pas confiance.

Alors, nous autres,

c'est essayer de bâtir

cette confiance, la découverte

de la personne, du marché,

de l'entreprise puis ensuite,

c'est de vraiment regarder, OK,

les réglementations au niveau du

packaging, des étiquettes, de

ce qui doit apparaître. Même, il

y a certains produits qu'il faut

avoir des approbations. On peut

penser au FDA par exemple.

Il y a beaucoup, beaucoup

à tous les niveaux.

Alors, c'est pour ça que, bien,

les avocats sont très pertinents

dans toute la chaîne

d'approvisionnement parce qu'ils

sont obligés de voir où est-ce

qu'on pourrait peut-être avoir

des difficultés légales aussi.


LINDA GODIN

Et donc, vous, vous vendez

aussi Winnipeg, le Manitoba

aux entreprises étrangères. Vous

voulez aussi les attirer ici.

Comment vous vendez

Winnipeg, entre autres?


MARIETTE MULAIRE

Premièrement, le défi

qu'on a, ici, au Manitoba puis

à Winnipeg, c'est que les gens

connaissent pas nécessairement

notre région. Quand on pense

au Canada, on pense à Toronto,

on pense à Vancouver, on pense

à Montréal. Et de plus en plus

aussi, on parle aussi à Calgary,

peut-être moins maintenant

avec la chute du pétrole,

mais il y a quand même eu...

Mais pas Winnipeg.

Donc, la première chose qu'on

leur montre, on leur montre

la carte du Canada puis on leur

montre qu'on est en plein

centre. Puis on commence

comme ça. Puis, ce qu'on dit,

c'est que les gens qui sont ici,

au Manitoba, c'est des gens très

débrouillards. Regardez, on est

en plein milieu de nulle part,

mais on est au centre de tout.

On a Centre-Port qui est très

fort au niveau pour attirer

des entreprises, disons,

dans tout ce qui est transports,

dans le déplacement de produits.

On a trois voies ferrées qui se

rencontrent ici, à Winnipeg. On

a aussi la zone franche autour

du Centre-Port, qui est le Free

Trade Zone, ici, à Winnipeg.


LINDA GODIN

Qu'est-ce que c'est,

en fait, ça?


MARIETTE MULAIRE

Bien ça, c'est vraiment de

permettre à des entreprises qui

vont faire la transformation de

leurs produits de pouvoir être

dans un endroit, ici au Canada,

et de pas être obligées de payer

des taxes supplémentaires

pendant qu'ils sont là,

pendant qu'ils sont en train

de transformer leurs aliments.

Donc, que ce soit de la graine

de moutarde en moutarde ou que

ce soit même un produit qui est

entre deux, bon, bien, c'est

une zone franche où est-ce que

ça facilite, ça coûte moins

cher. Puis souvent, ce qu'on dit

aussi, c'est qu'on est la porte

d'entrée vers l'Ouest canadien.

C'est une façon pour les gens de

dire: Bon, bien, c'est un marché

petit, mais que quand on regarde

un radius d'à peu près une journée,

c'est au moins 33 millions

de consommateurs

à une journée de transport

en camion. Donc, c'est pas

si pire que ça. Donc, les gens

vont commencer à penser:

C'est peut-être une belle

place pour commencer,

c'est en plein centre du Canada,

c'est très probusiness,

c'est très ouvert, très branché,

donc, pourquoi pas?


LINDA GODIN

Comment la présence des Jets,

ici à Winnipeg, a ramené

ou a amené plus d'affaires

dans la ville? Est-ce que ça,

vous l'avez senti chez vous?


MARIETTE MULAIRE

Ah, le retour des Jets a été

vraiment l'élément déclencheur,

je pense, pour beaucoup d'autres

projets, mais surtout la mentalité

des gens. C'est la mentalité

des gens qui a changé.

C'est que là, ah, on est

winner encore, on a ramené

notre équipe, on a plein de

nouveaux restaurants, on a

l'Alt Hotel qui est juste en face,

qui était pas là avant,

c'est à cause des Jets.

C'était... Dans l'esprit des

gens, c'est que tout d'un coup,

c'était: Nous autres aussi, on

peut, nous autres aussi, on est

capable. Et puis c'est après ça

que le World Trade Center, on

a décidé d'acheter la licence.

C'était pas avant ça. Ça faisait

partie d'un momentum très

positif. Puis le zoo, le parc

Assiniboine, avec le zoo,

ça aussi, c'est tout un nouveau

projet qui était pas là avant.

On voit plein de petites choses

puis des grandes choses aussi

qui commencent à s'installer,

mais c'est à cause qu'il y a un

moteur économique, qui s'appelle

les Jets, qui a vraiment

favorisé l'essor économique.

C'est certain, certain

que ça a eu un effet.

Ça a eu un effet monétaire

et ça a eu un effet moral.


On visite le parc Assiniboine pendant le commentaire de MARIETTE MULAIRE.


MARIETTE MULAIRE (Narratrice)

Il y a beaucoup de lieux

que j'aime à Winnipeg, on est

vraiment chanceux ici, mais une

des places qui est super le fun,

c'est le parc Assiniboine.

Le parc Assiniboine,

je vais souvent là en vélo.

C'est à peu près à 35 minutes en

vélo de Saint-Boniface et puis

c'est ultra paisible, mais

il y a un petit peu de tout:

il y a le zoo, qui est

au parc Assiniboine.

Il y a aussi un jardin de

sculptures par Leo Mol, qui est

un grand sculpteur de chez nous,

qui a fait des magnifiques,

magnifiques statues de toutes

les sortes. Et puis, il y a

aussi un grand jardin. C'est des

fleurs de toutes les sortes,

mais toutes les fleurs

qui poussent au Manitoba puis

c'est agencé de toute beauté.

Je sais pas qui travaille là

puis s'organise, à chaque

année, de nous présenter

quelque chose de si beau,

mais avec toutes les plantes

de chez nous, les fleurs de chez

nous, c'est tellement bien

agencé que franchement,

c'est inspirant.


On retourne à l'entrevue dans un restaurant avec MARIETTE MULAIRE et LINDA GODIN.


LINDA GODIN

Mariette, d'où vous vient cet

intérêt-là pour les affaires?


MARIETTE MULAIRE

Bien moi, je suis née dans

une famille d'entrepreneurs.

Mon grand-père Mulaire

avait cinq fils, mon père

étant un, mais tous les fils

étaient en entreprise.

Et puis, papa avait

une pharmacie alors

il était professionnel

dans son métier, mais aussi--


LINDA GODIN

C'est un pharmacien?


MARIETTE MULAIRE

C'est un pharmacien. Et je

disais tout le temps: "Oui, mon

père vendait de la drogue."

Pour être cool, tu sais? Mais il

y avait un magasin qui venait

avec ça puis des employés

puis un « bottom line »,

puis tout ce qui vient avec,

donc, j'ai été élevée là-dedans.

Puis, j'étais toujours

intriguée, mais je m'étais dit:

Ah, je pourrais jamais faire ça,

c'est trop risqué, ça prend

du monde qui veulent le risque,

ça prend du monde qui peuvent

endurer les hauts et les bas

puis moi, j'ai besoin

de stabilité. Puis pourtant,

aujourd'hui, je travaille

avec les entrepreneurs,

je ne suis pas une entrepreneure

avec mon propre commerce,

mais je comprends et j'apprécie

surtout beaucoup, beaucoup,

les entrepreneurs, énormément,

un grand respect.


LINDA GODIN

Et pour revenir à votre père,

c'est de votre père que

vous avez compris le concept, si

je peux dire, de bien desservir

une clientèle, entre autres,

la clientèle ukrainienne

qui venait beaucoup

à la pharmacie de votre père.

Expliquez-nous un petit peu.


MARIETTE MULAIRE

Bien, Saint-Pierre, c'est

un petit village à peu près à 60

kilomètres au sud de Winnipeg.

Alors, c'est un village francophone.

Mais tout autour,

c'est des villages allemands

et ukrainiens où beaucoup,

beaucoup d'Ukrainiens sont venus

s'installer parce que c'était

les bonnes fermes puis tout ça.

Ils sont venus dans les années

50-60. Et puis papa avait,

dans sa pharmacie,

des cartes de souhaits.

Alors, des cartes de souhaits

qu'il allait acheter au Québec

parce qu'elles étaient pas

disponibles, il y avait pas

de distributeur, rien ici,

il y avait pas assez de marché.

Alors, il a commencé à vendre

des cartes en français, puis là,

il s'est dit: "J'ai tous

mes Ukrainiens qui viennent

puis même les Allemands."

Puis finalement, il a trouvé

des cartes de souhaits

dans leur langue.

Puis, je me souviens toujours

parce que le Noël ukrainien,

il est plus tard que notre Noël,

alors, j'avais pas compris ça,

moi, comme jeune fille, pourquoi

ils achetaient leurs cartes

si tard puis ils étaient tout

excités le 3 janvier de venir

acheter leurs cartes.

Mais je me rappelle

la différence que ça avait faite

chez cette population-là,

qui s'est sentie incluse.

Puis, la bataille

francophone-anglophone était

toujours présente, mais pas avec

les Ukrainiens. On a toujours eu

l'appui des Ukrainiens et puis

ça, ça en est une des façons

que je me souviens qu'on avait

démontré une ouverture

envers l'autre. Et puis,

pour moi, ça, c'est important.


LINDA GODIN

Je dirais pas que vous avez

un parcours atypique parce que

vous êtes arrivée, justement,

dans le monde des affaires assez

rapidement, mais entre, disons,

l'école et le monde du travail,

ce parcours-là était atypique.

Comme l'université,

pour vous, ça vous disait

rien, par exemple.

Les études postsecondaires,

vous y croyiez pas?


MARIETTE MULAIRE

Bien, c'est pas que j'y

croyais pas. Dans ma famille,

c'était très fort, l'éducation,

comme ultra fort.

Tellement fort... Comme moi, je

suis numéro 5 de 7, alors, par

le temps que le petit numéro 5

arrive puis dise: "Non, moi,

je vais pas faire comme

les autres", c'est plutôt l'idée

que je vais pas faire

comme les autres dans

ma famille. Puis, tout le monde

est allé en éducation

puis c'était le même parcours:

Madeleine, Rachel, Raymond,

Lise, tous dans le domaine

de l'éducation. Puis, bien,

Mariette dit: "Hum! Non." Donc,

moi, je suis venue à Winnipeg

puis là j'ai travaillé

dans la caisse populaire

de Saint-Boniface. Puis là,

j'ai décidé d'aller ailleurs

et je suis allée à la caisse

populaire de Maillardville

en Colombie-Britannique.

Puis c'était vraiment

parce que j'avais besoin

de cette expérience.

J'ai payé pour plus tard

quand je suis retournée

à l'université.

À l'âge de 40 ans, avec mes deux

petits, disons que je suis allée

éventuellement, mais j'aurais pu

prendre le parcours

un petit peu plus évident.


LINDA GODIN

Plus rapide.


MARIETTE MULAIRE

Plus rapide. Je pense

que ça aurait été plus facile.


LINDA GODIN

Mais c'était votre parcours

à vous.


MARIETTE MULAIRE

J'ai fait d'autres choses.


LINDA GODIN

Mais est-ce que ça, que vous

vouliez pas faire la même chose

que vos autres frères et soeurs

surtout, ça en dit long

sur votre personnalité?


MARIETTE MULAIRE

Un petit peu.

Parlez à ma mère, peut-être

qu'elle va dire "la petite

tannante". J'étais un petit

peu plus tannante, mais pas

méchante. Plutôt, juste,

je voulais faire autre chose.


LINDA GODIN

Mais, c'est ça, mais, est-ce

que vous appliquez ça, si je

peux dire, dans votre job, dans

le sens où vous aimez trouver

des solutions différentes?

On dit toujours "penser

à l'extérieur de la boîte",

pour emprunter une mauvaise

expression anglaise, mais

est-ce que vous aimez trouver

des solutions qui sont pas

évidentes, qui sont pas

celles qui apparaissent

tout de suite aux yeux?


MARIETTE MULAIRE

J'adore ça. Même, c'est

dans notre marketing de nos

événements. Je vais toujours

dire, disons pas: "OK, on va

avoir un atelier sur la Chine,

OK?" On en a fait un,

on a appelé ça:

Dim Sum and Then Some.

Donc, c'est juste,

on va vous parler de la Chine

et d'autres choses:

Dim Sum and Then Some.

Puis ensuite, un autre qu'on

faisait des choses avec la Corée

du Sud, puis on a fait un

atelier avec l'ambassadeur de

la Corée du Sud et on a appelé

ça: Seoul Searching.

Alors,les gens commencent

à aimer le fait qu'on arrive

avec des choses un petit

peu différentes, à l'extérieur

de la boîte, dans le marketing,

puis je pense que ça, ça marche.

Parce que c'est pas aussi gouvernemental,

c'est pas aussi straight. C'est le

fun, c'est sérieux, mais c'est

avec un petit peu d'humour, un

petit sens de l'humour. Et puis,

j'ai une belle équipe, très

sérieuse, très "travaillante",

mais en même temps, qui arrive

avec des belles solutions

à toutes sortes de différents

défis. Et puis, je pense

que ça fait partie de la

nature de notre organisme aussi.


Dans les marches qui mènent au PARLEMENT du MANITOBA, GREG SELINGER, premier ministre du Manitoba de 2009 à 2016, témoigne.


GREG SELINGER

J'ai rencontré Mme Mulaire

quand elle a été impliquée dans

l'organisation qui travaille

avec les municipalités bilingues

sur le projet du développement

économique il y a 16 ans.

On a travaillé sur des projets

internationaux, les partenariats

avec les régions de France.

Et en général, on a appuyé

l'organisation de faire

les choses pour le développement

économique dans les communautés

francophones, ici, au Manitoba.

La personnalité de Mme Mulaire

est très enthousiaste, une

personne qui est toujours prête

à s'engager avec le monde, de

faire la promotion du Manitoba.

Donc, elle donne une bonne image

de notre province parce qu'elle

est une personne dynamique,

qui est prête à faire

les choses nécessaires d'inviter

tout le monde de venir ici

dans la province du Manitoba.

Avec le World Trade Center,

Mariette a fait une énorme

contribution à la possibilité

du Manitoba d'être engagé dans

le monde, dans le sens de notre

économie et dans le sens de nos

possibilités d'être en échange

avec le reste du monde.


MARIETTE MULAIRE témoigne sur un pont au cœur de Winnipeg.



MARIETTE MULAIRE

Je pense à des gens

qui m'ont frappée dans ma vie,

il y a beaucoup de monde

qui m'intéresse. Il y a beaucoup

de gens que j'aurais voulu

rencontrer puis parler.

Mais une des personnes

qui me reste dans l'esprit,

c'est Pierre-Elliot Trudeau.

J'étais très jeune quand

il était premier ministre

et puis, toute son approche

de "bilinguiser" le Canada, de

rendre le français et l'anglais

les deux langues de notre pays,

pour moi, ça, c'était grand.

C'était vraiment quelque chose

qui nous a différencié

des États-Unis, qui nous

a différenciés de plein

d'autres pays. Puis je trouve

que c'est un grand atout.

Si je le rencontrais,

je lui dirais: "Merci, bravo...

Mais vous auriez peut-être pu le

rendre un peu plus structuré."

Je pense qu'on a vraiment,

peut-être, manqué un peu la

chance de rendre ce bilinguisme

pour vrai. Je pense que quand

il a vraiment amené la loi,

la commission de bilinguisme

puis de biculturalisme,

j'aurais voulu témoigner de ça.

J'aurais voulu faire partie de

ça parce que ça m'allume, ça me

motive, ça me fait vibrer,

tout ça, parce que j'y crois

tellement. Parce que je crois

vraiment que c'est deux cultures

qui peuvent se connaître,

et puis d'avoir ça dans un pays

qui a réellement un bilinguisme.

Pas un Canada où on parle

du Québec puis les hors-Québec,

j'aime pas cette expression-là.

J'aime pas qu'on parle

du ROC, le « Rest of Canada ».

Moi, je fais pas partie du

« Rest of Canada », je fais partie

du Canada puis dans mon Canada,

mon Canada est bilingue.

J'aimerais ça que ce soit plus

évident pour tout le monde

et que ce genre de discours-là

ne se passe pas. Puis, j'aurais

voulu être à ses côtés pour

être capable de savoir ce que

je sais aujourd'hui, c'est: "Hé,

soyons vigilants dans comment

est-ce qu'on met en oeuvre

et comment est-ce qu'on le

fait vraiment vivre,

le bilinguisme au Canada."


L'entretien se poursuit entre LINDA GODIN et MARIETTE MULAIRE dans un restaurant de Winnipeg.


LINDA GODIN

Mariette, le World Trade

Center est bilingue. Et plus

encore, la langue de travail

est le français.

C'est grâce à vous, ça?


MARIETTE MULAIRE

C'est grâce à du monde comme

moi qui ont cru à faire ça.

C'était important de le faire.

Sans ça, ça se perd rapidement

si on le fait pas. C'est de

protéger la langue, chez nous,

à l'intérieur, sachant très bien

que notre clientèle

est plutôt anglophone.


LINDA GODIN

Mais comment vous avez

fait, sérieusement?


MARIETTE MULAIRE

On les a truqués.


LINDA GODIN

C'est quoi votre truc?

Parce qu'il faudrait

le partager, sérieusement.


MARIETTE MULAIRE

Bien, je pense qu'on a eu les

bons alliés du début. Ce qu'on a

fait, c'est qu'on a organisé

un premier forum international.

Donc, on a invité les gens.

Mais c'était basé sur un forum

qui avait eu lieu à Québec, donc

on avait amené 35 Manitobains,

dont la plupart étaient des

anglophones, puis là, les gens

ont tous dit:

(Propos en anglais)

"Hey, why don't we have

an international business forum?"

"Why don't, why don't, why don't..."

Puis là, qui va le faire?

Puis là, ils nous ont dit:

"Bien, pourquoi vous le faites

pas, vous autres?" On a dit:

"OK, on va le faire, mais il va

être bilingue, même qu'on pense

qu'on devrait le faire

trilingue, pour le faire

international." Parce qu'on sait

très bien, Linda, que si

ça avait été les anglophones

qui auraient fait un forum

international, ça aurait pas été

francophone. Alors, du début,

on s'est dit: "On va le rendre

international." Alors, on a fait

le premier forum en 2010 qu'on a

appelé Centralia, les alliances

au centre. Alors, des alliances

au centre du Canada, mais dans

le monde. On a invité des chefs

de délégation d'un peu partout.

Ça s'est bien passé, mais

on s'est allié avec la Winnipeg

Chamber of Commerce. Ça a été

une grande réussite pour une

première. Il y a eu à peu près

500 délégués qui sont venus à

Winnipeg, il y a eu beaucoup de

« deals » qui ont été faits, les

gens étaient sur le momentum,

les gens du Manitoba étaient

fiers de montrer leur endroit,

leur place, leur ville.

Et puis, c'est à ce moment-là

que je pense qu'ils ont vu

qu'on était capable

d'organiser quelque chose.


LINDA GODIN

Tout le potentiel

aussi, en fait, aussi.


MARIETTE MULAIRE

C'est ça. Puis qu'on était

capable d'organiser quelque

chose, nous, les petits

francophones, qui avait

de l'allure, qui était classe,

qui était international.

Oui, on a eu de l'aide

de la Winnipeg Chamber.

Alors, après ça, on a décidé

d'en organiser un deuxième, mais

à ce moment-là, les Jets sont

revenus, et puis il y avait

un momentum en ville, puis

les gens ont dit: "On devrait

peut-être regarder à attirer

un World Trade Center.

Puis, la Winnipeg Chamber a pris

le leadership là-dessus. Elle a

commencé à faire des démarches,

voir qu'est-ce que ça prend,

combien ça coûte?

Et puis, ils nous ont

approchés pour venir voir.


LINDA GODIN

Mais donc, vous, vous avez pas

eu plus de difficultés qu'il

faut à ce que le World Trade

Center soit bilingue?

Ça a été relativement facile?


MARIETTE MULAIRE

Bien, « money talks », comme

on dit, parce que ce qui est

arrivé, c'est que la Winnipeg

Chamber... Ça coûtait 200 000$,

maintenant, c'est 250 000$, mais

ça coûtait 200 000$ pour acheter

la licence au World Trade

Center. La Winnipeg Chamber

avait 100 000$ mis de côté,

nous autres, il a fallu aller

chercher 100 000$ du secteur

privé. Donc, avec la

Banque Nationale,

on a pu décrocher

un 100 000$ pour, ensemble,

acheter la licence.

Mais, on leur a dit: "On achète

la licence sur une condition,

que tout va être bilingue, notre

site web, tout ce qui est public

va être bilingue, et la langue

de travail va être le français.

Sachant très bien, vous savez

qu'on est capable de parler

anglais, on est capable

de desservir la clientèle

anglophone." Puis, c'est

à ce moment-là qu'ils ont dit:

"Oui, il y a pas de problèmes,

au contraire, pourquoi pas?

On va montrer qu'on a

une communauté francophone

très forte au Manitoba, c'est

un plus." Alors, les gens du

Winnipeg Chamber étaient allumés

là-dessus. C'était plutôt de

convaincre les anglophones, de

les amener de notre côté plutôt

que de l'imposer, que c'était

un plus. Puis, on l'a présenté

comme un plus: quand on parle

d'international, pourquoi pas

parler au moins les deux

langues de notre propre pays?

Donc, si on est pour aller à

l'international, commençons chez

nous. Alors, ça a été bien reçu

de l'autre côté, mais il fallait

le vendre avec une affaire

très business, très...

Ça a juste du gros bon sens.


LINDA GODIN

On parle souvent

du plafond de verre...

En affaires, pour les femmes,

que ce plafond-là est difficile

à transpercer, à traverser.

Est-ce que vous, vous le voyez,

ça, justement? Comment vous

faites? Est-ce que vous faites

quelque chose pour aider

davantage les femmes à se lancer

en affaires puis à occuper

des hautes fonctions? Justement,

pas juste à être gérantes, mais

à être haut cadres en affaires?


MARIETTE MULAIRE

C'est drôle que vous me

demandiez ça parce que oui,

il y a encore certainement

des limites qui sont imposées

sur les femmes ou que les femmes

vont peut-être même se l'imposer

des fois, ça dépend.

Des fois, on est responsable de

nos propres choses. Mais ce que

je vois au niveau mondial,

c'est que je vois que le Canada,

en général, et les États-Unis,

c'est pas pire.

Le rôle de la femme, la place

que la femme prend, le fait

qu'elle est respectée dans

différents domaines, que ce soit

dans les sciences ou que ce soit

en politique, c'est de mieux en

mieux. Ce que je trouve vraiment

dur, honnêtement, dur, des fois,

c'est la façon dont les femmes

sont traitées dans d'autres

parties de la planète. Je peux

penser au Moyen-Orient, je

peux penser à plein de places.

Pour moi, ça, c'est vraiment

dur. Puis souvent, même,

ça devrait pas être moi qui suis

dans un marché, ça devrait être

mon collègue homme, masculin,

qui est là, plutôt que moi

parce que ça marche pas.

Je vais pas être un bénéfice,

je vais pas être un atout

pour l'entrepreneur de chez nous

dans certains marchés,

ça marche juste pas.

Puis c'est frustrant, mais

au nom d'aider l'entrepreneur,

on va mettre ça de côté, la

bataille féministe. Mais c'est

quelque chose qui me dérange

quand même beaucoup, beaucoup.

Puis je trouve qu'il y a

du chemin à faire au niveau

mondial, surtout.


LINDA GODIN

Puis la politique,

ça vous intéresse?


MARIETTE MULAIRE

Pas pour moi-même. J'adore

regarder ce qui se passe.


LINDA GODIN

Mais de vous présenter, non?


MARIETTE MULAIRE

Non, pour moi, j'ai aucun,

aucun désir de me lancer

en politique. C'est pas une

prochaine étape pour moi, c'est

pas quelque chose qui m'attire.

Je trouve même le contraire.


LINDA GODIN

Pourquoi?


MARIETTE MULAIRE

Bien, premièrement, j'aurais

pas le goût d'être attaquée.

Je me sens comme si c'est plutôt

une attaque que de faire

une différence. Il y a plus

d'attaques que de bravos.

Je trouve qu'on est dur

sur nos politiciens

de toutes les couleurs.

Je trouve qu'on est dur

sur les femmes politiciennes,

parce qu'aujourd'hui, elles ont

changé la couleur de leurs

cheveux puis ça lui fait pas

bien tandis qu'un homme,

il a pas de cheveux puis lui,

il est correct. Je trouve que...

Je serais pas capable d'être

dans ce monde-là, c'est pas mon

monde. Et puis, je trouve que

s'il y a des femmes qui veulent

se présenter, je suis là

pour appuyer, par exemple.

Comme la politique,

ça m'intéresse surtout...

Les gens qui veulent faire une

différence, une vraie différence

positive. Puis, je pense

que tout le monde peut faire

une différence à quelque part,

tu as pas besoin d'être

en politique, mais tu peux faire

ton petit bout de chemin.

Puis je suis très

focus sur la

francophonie, c'est vraiment mon

champ de bataille puis peut-être

que dans d'autres cercles,

ce serait moins apprécié,

puis je pense que je peux faire

ma différence à ce niveau-là.


LINDA GODIN

Mariette Mulaire,

merci beaucoup.


MARIETTE MULAIRE

Ça me fait plaisir,

merci à vous.


Générique de fermeture


Épisodes de Carte de visite

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Saison
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par