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Vidéo transcription

Au bout du compte

Reposant dans son cercueil, Léo, un paysan âgé, fait le constat qu’il est inutile de s’opposer au destin.



Réalisateur: Jocelyn Forgues
Acteurs: Guy Thibodeau, Nicole Blundell, Brian St-Pierre
Année de production: 2018

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Titre :
Au bout du compte After all de/by Jocelyn Forgues


Dans une salle communautaire, plusieurs personnes sont réunies. Certains se serrent la main, d'autres se font la bise.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Ah, tout ce beau monde réunit.

Ça fait chaud au coeur

de les voir ici.

Je m'attendais pas

à autant de visite.

J'espère qu'ils ont fait

assez de sandwiches.


Un cercueil est posé dans un coin de la pièce.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Bien, c'est pas pour critiquer,

mais au bout du compte,

j'aurais préféré qu'ils viennent

me voir de mon vivant.

Pas besoin d'attendre

à l'enterrement.


Un homme gît dans le cercueil, une photo d'une femme sous ses mains croisées sur son ventre.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Me voilà, Léo Ladouceur.

Bien, c'est vrai que j'ai l'air

pas mal vieux astheure.

Il faut m'excuser, je suis pas

de ces plus présentables.

C'est l'embaumeur

qui est responsable.

Il y a des choses dans la vie

qu'on choisit pas.

Son embaumeur

en est une de celles-là.

C'est pas pour critiquer,mais les temps ont bien changé.


Une jeune fille, appuyée sur un mur, envoie un message sur son cellulaire.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Dans ma jeunesse, on était

chanceux si on recevait

quelques télégrammes

de son amoureux.

Astheure, ils font

des téléphones à poche.

Ça s'envoie des messages

écrits tout croche.

Ça rapproche les gens,

qu'ils disent tout le temps.

Même s'ils se fréquentent pas

bien, bien souvent.


Un homme se tient seul dans la pièce.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

En plus, ça ne sait même plus

parler à son voisin

qui habite juste

l'autre bord de son jardin.

C'est pas pour critiquer,mais les temps ont bien changé.


Habillés de noir, des membres de la famille discutent entre eux.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

La famille.

Ah, tous réunis comme ça,

ils ont l'air bien smart avec leurs habits et leurs cravates.

Sourire en coin,

ils font semblant

avant de repartir

dans pas grand temps.


Une femme discute avec un homme en souriant. Une fleur est épinglée sur sa robe.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Prenez Josianne, mon bébé.

Toujours bien parée

avec ses robes empruntées.

Demain, elle va être

première en ligne au magasin

pour la retourner.

Bien, c'est pas élevé

sur la ferme

qu'elle a récolté

de l'orgueil comme ça.

Pourtant, bien jeune,

je leur ai appris à travailler

et à prendre

leur responsabilité.

Ah, on avait du fun itou.

Avec des boîtes de pomme

et des clous,

on faisait

des belles barouettes,

des maisons d'oiseaux

et des girouettes.


Une fillette s'approche de Josianne. Elle tient une tablette électronique dans ses mains.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Ça prenait pas grand-chose

pour les amuser.

Pas d'électronique

et de bébelles à pocheté.


Un homme en complet cravate discute avec deux femmes.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Puis Jean-Paul, mon plus vieux.

Il laisse pas trop paraître

qu'il est dans la marde

jusqu'aux yeux

avec Revenu Canada et ses impôts qui balancent pas.

La grosse maison hypothéquée,

le beau char neuf de l'année.

Il vit à crédit

sans jamais savoir

si sa famille va avoir

de quoi manger à soir.

À chacun sa marde.

J'aimais mieux le fumier

de mes vaches et ma mansarde.


Un jeune garçon se dirige vers un buffet de crudités et sandwiches.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

C'est comme

la nouvelle génération

qui pense que les légumes

poussent comme des champignons

sur les tablettes du supermarché

en petits morceaux

tout découpés.

Je suis pas certain

qu'ils ont conscience

qu'il reste quelques fermiers

et leur famille

qui triment bien dur

depuis des générations

pour engraisser les grandes

compagnies agroalimentaires

et leurs actions.

Comme ça, tout le monde

peut tout trouver

au magasin à bon marché.


Sur une table sont placées des photos du défunt.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Bien, jadis,

après ma huitième année,

je suis resté à la maison

pour travailler.

J'ai fait mon homme

du matin au soir

assis sur la charrue

ou le semoir.

J'ai conduit mes quatre chevaux.

Heureux, j'étais

aux petits oiseaux.

Jamais je me serais attendu

que ma ferme se soit vendue

à des développeurs pour

des millions pour y construire

en série des petites maisons.

Les terres arables

et les fermiers,

on n'en a plus de besoin

depuis qu'on importe

de tous les recoins

notre pain quotidien.


Une photo de mariage est posée dans un cadre sur la table.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Je me suis marié.

Ma famille, je l'ai élevée.

Et en ville,

mes enfants s'en sont allés.

Tout seul et fatigué, c'està l'hôpital qu'ils m'ont laissé

pour que le système

de la santé m'oublie

dans des couches de papier.

Ah, c'est pas pour critiquer.

J'ai pas de regret.

Mais c'est pas pantoute comme ça que je me l'imaginais.

J'en aurais encore

bien long à vous raconter,

mais voilà que mon temps

dans ce bas monde est compté.


Les gens continuent de parler doucement dans la pièce. Certains s'approchent du cercueil.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

Enfin. Là, à ma guise,

je peux me reposer.

J'ai toujours rêvé

de partir en dignité.

Allongé dans le satin

avec mon habit rayé,

dans un tombeau

de bel érable du pays,

faire un dernier tour

de grosse voiture

pour faire escale

à la cathédrale

et m'étendre confortablement

au frais dans la terre

qui m'a offert

tous ses bienfaits.

Mais j'ai entendu dire

qu'ils ont décidé

qu'ils vont

plutôt m'incinérer...


Le cercueil se referme.


LÉO LADOUCEUR (Narrateur)

... et je vais finir

sur une tablette

dans un tas

de cendres embouteillé.

C'est pourquoi je vous le dis

tout de bon...

... il vaut mieux

pas attendre la fin

pour faire la guerre au destin.

Parce qu'au bout du compte,

juste critiquer,

ça change rien.


Générique de fermeture

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