Image univers CinéTFO Image univers CinéTFO

CinéTFO

Retrouvez le meilleur du cinéma sur CinéTFO! Profitez de notre sélection de films offerts gratuitement pour (re)découvrir des classiques et des oeuvres incontournables du cinéma d'auteur contemporain. Pour la programmation en ondes, consultez le Passeport CinéTFO!

Partager

Vidéo transcription

Lost Song

Pierre et Élisabeth, un couple dans la trentaine, emménagent pour l’été avec leur bébé dans un chalet, au bord d’un lac. Le cadre est idyllique, le bonheur semble à portée de main. Pierre part travailler en ville tous les jours, Élisabeth répète en vue d’un futur récital de chant. Malgré la présence bienveillante de sa belle-mère qui habite la maison voisine, la jeune femme se sent seule et submergée par son nouveau rôle de mère. L’entourage s’inquiète, mais personne ne réalise vraiment l’ampleur de la détresse d’Élisabeth. Bientôt, une violence sourde s’installe et l’étau se resserre.



Réalisateur: Rodrigue Jean
Acteurs: Suzie Leblanc, Patrick Goyette, Ginette Morin
Année de production: 2008

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

video_transcript_title-fr

Générique d'ouverture


Dans une voiture, une femme, ÉLISABETH, se fait conduire, elle est sur la banquette arrière, derrière le conducteur. Son air semble léger. À côté d'elle, un bébé dans un siège adapté. Au volant de la voiture, un homme, PIERRE, qui semble avoir un ton plus sérieux ou fatigué.


Ils sont sur une route dans le nord par un jour d'été ensoleillé. La forêt borde la route. Dans la voiture, ÉLISABETH ouvre sa fenêtre alors qu'ils croisent un lac qui brille sous les rayons du soleil.


La musique s'arrête abruptement. La voiture est maintenant stationnée sur le bord de la route. ÉLISABETH est derrière la voiture et vomit dans les herbes hautes qui longent le lac. Le bébé est à l'intérieur de la voiture et pleure. PIERRE vient à elle, mais elle le repousse avec un signe de la main.


ÉLISABETH commence à se ressaisir et va vers PIERRE qui s'est éloigné. Il porte des verres fumés. Au loin, le bébé pleure toujours, seul dans la voiture. ÉLISABETH rejoint PIERRE et il lui met le bras autour du cou.


PIERRE

Ça va?


ÉLISABETH

Oui.


Ils regardent au loin sans dire un mot de plus.


Titre :
Lost Song


Sur un sentier dans la forêt, le couple marche. PIERRE porte un sac de provisions dans un bras et de l'autre main deux sacs de voyage. Il est suivi par ÉLISABETH qui porte le bébé qui dort dans ses bras et un sac de voyage à l'épaule. PIERRE se retourne vers ÉLISABETH derrière lui.


PIERRE

Envoye, on arrive.

Tu veux que je le prenne?


ÉLISABETH

Non, c'est correct.


Ils continuent d'avancer sur le sentier. Ils arrivent finalement sur un terrain privé où se trouvent leur petit chalet en bois et un petit cabanon.


PIERRE

(Appelant)

Maman?


La mère de PIERRE, LOUISE, arrive vers eux, un chapeau de paille à la main.


LOUISE

Vous en avez mis du temps!

Je commençais à m'inquiéter.

(Voyant le bébé dans les bras de ÉLISABETH)

Oh! Mon bébé!

Comme t'as grandi.

(S'adressant au couple)

Puis, son nom?


Le couple se regarde, et ne répond pas.


LOUISE

Bien, là...


LOUISE prend le sac de provisions des bras de son fils.


ÉLISABETH

Ils vous ont livré le piano?


LOUISE

Non, pas encore.


Ils se dirigent vers la maison.


LOUISE ouvre la porte et entre suivie du couple. LOUISE pose son chapeau et ses clés sur la table de cuisine, puis le sac de provisions. PIERRE va ouvrir la fenêtre au-dessus de l'évier de la cuisine. ÉLISABETH, avec le bébé dans les bras, s'avance dans la maison et regarde partout. PIERRE va poser un sac dans une pièce et revient.


PIERRE

Tiens, je vais aller chercher

le reste du [mot_etranger=EN]stock[mot_etranger].

LOUISE

(Partant avec PIERRE)

Attends, je vais t'aider.


ÉLISABETH, seule, s'avance dans le salon et regarde dans la pièce qu'elle croise. Elle pose son sac sur le sofa. Elle s'avance vers une autre pièce pour y jeter un œil.


Dans le fond du salon se trouve une grande porte vitrée donnant sur la forêt et le lac derrière la maison. ÉLISABETH ouvre la porte et regarde dehors.


Une vue du lac calme et silencieux est présentée.


Le lendemain matin, dans une chambre, le bébé est sur le lit avec le couple. Le bébé est réveillé alors que PIERRE et ÉLISABETH semblent toujours dormir à côté de lui. Ils sont collés l'un sur l'autre. PIERRE est réveillé, mais ne lève pas la tête, il reste couché et caresse ÉLISABETH qui dort toujours.


Plus tard, le bébé pleure alors qu'ÉLISABETH tente de lui donner le sein. PIERRE s'approche en finissant de s'habiller.


ÉLISABETH

Il boit pas assez.


PIERRE s'avance et s'appuie sur le bras du fauteuil pour jeter un œil sur le bébé.


PIERRE

Ça doit être le changement.

Hum! Il va s'habituer.


ÉLISABETH

Pas sûre.


PIERRE prend le bébé des bras d'ÉLISABETH.


PIERRE

Bien oui, bien oui.

Hein?

Hein, ça veut vivre,

ces petites choses-là.


PIERRE tient le bébé dans ses bras et lui parle tout bas en le berçant doucement.


PIERRE

(Chuchotant au bébé)

Ah oui.

Bien oui.


Plus tard, sur un chemin dans la forêt, PIERRE marche lentement en regardant les arbres. Il a toujours le bébé dans ses bras. PIERRE s'arrête, regarde le bébé et se remet à marcher. Il semble très songeur et préoccupé.


Il arrive sur le terrain de sa mère LOUISE, regarde discrètement vers la maison, puis fait demi-tour.


Dans la maison du couple, ÉLISABETH est seule et s’occupe du lit du bébé. Elle y dépose un coussin et un petit ours en peluche. ÉLISABETH s’aperçoit qu'il y a une trappe entrouverte au-dessus du lit du bébé d'où s'échappe un filet de lumière. Elle déplace le lit contre un autre mur de la chambre. Elle allume une petite lampe de chevet en forme de carrousel qui tourne en projetant des dessins sur les murs. ÉLISABETH regarde les projections produites par la lampe sur les murs. Puis, d'un grand coup sec, tire sur le fil pour éteindre la lampe. Elle sort de la chambre.


Plus tard, ÉLISABETH regarde PIERRE qui nage dans le lac. Elle a le regard vide. PIERRE sort de l'eau par le petit quai de bois. Il regarde en direction de la maison. Au loin, sur une plate-forme flottante en plein milieu du lac, une JEUNE FEMME monte sur celle-ci et envoie la main à PIERRE.


JEUNE FEMME

(Saluant)

Hé-oh!


PIERRE lui renvoie son salut de la main et la JEUNE FEMME plonge dans l'eau.


PIERRE, serviette au cou, remonte vers la maison par les trois escaliers en ciment qui relie le terrain au lac. Il monte sur la galerie et regarde vers le lac en s'essuyant le visage et le corps.


Dans la maison, ÉLISABETH finit de changer le bébé. Elle le porte dans ses bras. PIERRE arrive doucement par-derrière, il a toujours sa serviette au cou. Il embrasse ÉLISABETH dans le cou. Les baisers deviennent de plus en plus langoureux.


ÉLISABETH

T'es froid.


Ils s'embrassent amoureusement sur la bouche.


ÉLISABETH

Attends.

On va le coucher.

J'aimerais mieux qu'il dorme

avec nous autres pour ce soir.


PIERRE

(Embrassant ÉLISABETH)

Il faut qu'il s'habitue

à dormir tout seul.


ÉLISABETH

On vient d'arriver, là.


ÉLISABETH se défait de l'étreinte et s'éloigne avec le bébé.


La nuit, le couple dort dans le lit, allongé sur le dos. Dans la pièce à côté, le bébé pleure. ÉLISABETH est réveillée, elle se redresse dans le lit, PIERRE se retourne sur le côté. ÉLISABETH se lève du lit et sort de la chambre.


Dans le salon, ÉLISABETH, en robe de chambre, tient le bébé dans ses bras. Elle marche et passe devant la porte vitrée. Elle cajole le bébé tout en étant pensive. Elle revient sur ses pas et se place devant la porte vitrée. Elle regarde son reflet dans la fenêtre alors que le bébé de met à gigoter. Elle ouvre une porte.


Une vue du lac embrumé la nuit est présentée.


Le matin, dans la chambre, le couple dort. PIERRE est réveillé par les pleurs du bébé dans la chambre à côté. Il se lève, mais reste assis sur le bord du lit, fatigué. Il finit par se lever du lit.


Dans la chambre du bébé, PIERRE va jeter un œil au lit et ressort de la chambre d'un pas décidé.


Un peu plus tard, dans la chambre du couple, PIERRE ouvre le store d'une fenêtre. Il est habillé en veston cravate et semble pressé. Il ramasse ses clés.


PIERRE

Il faut que je parte.


ÉLISABETH est toujours au lit. Elle se réveille et se retourne.


ÉLISABETH

Pierre?


PIERRE

(Mettant sa montre)

Élisabeth,

je suis en retard, là.


Il sort de la chambre alors qu'ÉLISABETH reste dans le lit, léthargique.


Plus tard, dans la chambre, ÉLISABETH tient son bébé dans ses bras, elle tente de lui donner le sein. Elle marche un peu et se rassoit sur le bord du lit.


Plus tard, ÉLISABETH arrive sur le balcon avant de la maison de LOUISE. Elle tient toujours le bébé dans ses bras.


ÉLISABETH

(Appelant à travers la porte-moustiquaire)

Louise? Louise?


LOUISE

Oui.


LOUISE sort de la maison et voit le bébé qui pleurniche.


LOUISE

Qu'est-ce qu'il y a, mon bébé?

Pourquoi t'es pas content?

Viens. Viens.


LOUISE prend le bébé dans ses bras.


ÉLISABETH

Je lui donne le sein

à chaque fois qu'il pleure.


LOUISE

(Parlant au bébé)

Oui, ça va, ça va.

Mamie va s'occuper de toi. Oui.

(S'adressant à ÉLISABETH)

C'est correct.

Prends un [mot_etranger=EN]break[/mot_etranger].

Hum! Hum, hum.


ÉLISABETH descend du balcon et repart seule.


Sur le quai au bord du lac, ÉLISABETH est assise, les deux pieds dans l'eau. Elle regarde l'eau et ses pieds, puis se mouille les cheveux avec les mains en se penchant vers l'avant. Elle se passe de l'eau dans le visage, s'envoie les cheveux en arrière et se couche sur le dos sur le quai de bois.


Une vue d'un ciel variable est présentée. Puis, le regard vide d'ÉLISABETH. Elle se ferme les yeux.


Plus tard, ÉLISABETH revient du quai au pas de course, les pieds nus. Elle est toujours mouillée. Le bébé pleure au loin.


Sur le balcon de LOUISE, ÉLISABETH tente de donner le sein à son bébé, mais le bébé ne veut pas.


LOUISE

Il va falloir

qu'on fasse quelque chose.

Cet enfant-là va

se déshydrater.


ÉLISABETH

Pierre est contre.


LOUISE

Oui, mais là...


ÉLISABETH

Il ne voudra plus

du sein après.


LOUISE lance un regard à ÉLISABETH et entre dans la maison. Elle ressort aussitôt avec son sac à main à l'épaule.


LOUISE

Je reviens.

Je descends au village.


Plus tard, dans le salon du chalet du couple, ÉLISABETH, sur le divan, tente toujours de donner le sein à son bébé. Elle se lève et marche en berçant le bébé.


ÉLISABETH

(Chuchotant tout bas)

Qu'est-ce qu'il y a,

mon petit loup?

Qu'est-ce qu'il y a?

Qu'est-ce qu'il y a?

Pourquoi tu veux pas boire?


ÉLISABETH tente toujours de consoler et nourrir le bébé sans succès. Soudainement, d'un pas décidé, elle va dans la chambre du bébé.


Le bébé est couché dans son petit lit, il pleure très fort. ÉLISABETH le regarde puis sort de la chambre. Elle marche dans le salon en se pressant les mains dans le visage puis en les plaçant sur ses oreilles. Désemparée, elle fait les cent pas alors que le bébé pleure toujours au loin. ÉLISABETH se bouche les oreilles puis se décide à revenir à la chambre du bébé.


Dans la chambre du bébé, ÉLISABETH le regarde pleurer dans son lit. Elle ressort d'un pas décidé, passe par la porte vitrée du salon et va s'appuyer sur la rampe de la galerie. Elle se croise les bras. Elle reste là un petit moment puis revient, pensive. Elle reprend le bébé dans ses bras quelques instants plus tard.


LOUISE arrive de ses courses. Elle entre par la porte de la cuisine avec un sac en plastique qu'elle dépose sur la table. LOUISE sort des produits du sac.


Plus tard, ÉLISABETH berce le bébé qui s'est remis à pleurer. LOUISE arrive avec un biberon de lait qu'elle porte à la bouche du bébé. Le bébé boit aussitôt.


LOUISE

Oh oui... Tiens, mon amour.

Tiens, mon amour.

Tiens, mon petit chou.

Oui! Oui. T'es content,

mon bébé, hein?


LOUISE prend la main d'ÉLISABETH et la pose sur le biberon pour qu'elle le tienne.


LOUISE

(Parlant doucement au bébé)

Oui.


ÉLISABETH et LOUISE s'échangent un regard. ÉLISABETH s'éloigne vers le salon en nourrissant son bébé.


Sur la galerie, ÉLISABETH s'occupe de son bébé qui est couché dans un lit portatif. Elle se relève et regarde vers le lac. Deux personnes sont dans un canot et rament. Ils s'arrosent avec les rames.


Sur le terrain arrivent deux déménageurs qui portent un piano emballé dans des couvertures de protection. Le piano est posé sur des sangles de transport que les déménageurs portent en bandoulière.


DÉMÉNAGEUR 1

Attends.


Les hommes déposent le piano par terre et retirent leurs sangles. Un des deux s'avance vers la maison pendant que l'autre s'appuie sur le piano.


DÉMÉNAGEUR 1

Il y a quelqu'un?


Plus tard, dans le salon, ÉLISABETH inspecte le piano alors que les déménageurs replient les couvertures de protection.


DÉMÉNAGEUR 1

Vous auriez dû nous le dire

qu'on pouvait pas se rendre

avec le camion.


ÉLISABETH

Excusez. Je savais pas.

Voulez-vous quelque chose

à boire?

Ah, j'ai rien. Je peux aller

voir à côté si Louise...


DÉMÉNAGEUR 1

Non, non, c'est correct.


Les deux déménageurs quittent.


Plus tard, ÉLISABETH lave son bébé dans une petite bassine posée sur la table de la cuisine. PIERRE arrive au loin.


PIERRE

(Appelant de dehors)

Élisabeth?


PIERRE arrive, souriant. Il entre par la porte de la cuisine. ÉLISABETH emballe le bébé dans une couverture. Elle prend le bébé et le tend à PIERRE.


ÉLISABETH

Et voilà.


PIERRE

(mot_etranger=EN]Boy[/mot_etranger)

!

Viens, mon beau.

(Chuchottant)

Oh, là.


ÉLISABETH va à la cuisinière pour s'occuper du lait pour le bébé.


ÉLISABETH

Ils ont livré mon piano.


PIERRE

Ah, [mot_etranger=EN]good, good[mot_etranger].

ÉLISABETH revient avec un biberon de lait. Elle reprend le bébé. PIERRE voit le biberon et change d'air.


PIERRE

Qu'est-ce que tu fais?


ÉLISABETH

Regarde, je veux bien,

mais il avait faim.


PIERRE

Mais oui, mais c'est pas...


Elle s'éloigne vers le salon en donnant le biberon au bébé. PIERRE reste en plan dans la cuisine.


ÉLISABETH

J'ai vu qu'il y avait

d'autre monde sur le lac.


Le bébé s'étouffe un peu et ÉLISABETH le redresse pour poser sa tête sur son épaule. PIERRE passe derrière elle.


Le soir, dehors au bord d'un feu à ciel ouvert, LOUISE est assise, bien adossée sur une chaise alors que PIERRE est debout et casse des branches pour les ajouter au feu. Les deux ont un air grave.


LOUISE

Je t'ai pas allaité, hein.


PIERRE ne répond rien.


LOUISE

Ça ne marche plus,

ça ne marche plus.


PIERRE

Mais je comprends pas.


LOUISE

Il fallait le nourrir.

Ça attend pas, un bébé.


PIERRE lance les quelques brindilles qu'il lui reste dans le feu.


LOUISE

À part ça,

il faudrait le baptiser.

On va pas l'appeler Bébé

toute sa vie, cet enfant-là.


PIERRE se tire une chaise et s'assoit à côté de LOUISE sur le bout de sa chaise. Son ton est toujours aussi grave.


PIERRE

Je comprends pas.


LOUISE se redresse un peu pour s’approcher de PIERRE. Les deux restent en silence à regarder le feu qui crépite.


La nuit, PIERRE et ÉLISABETH sont au lit, ils dorment. ÉLISABETH est réveillée par un bruit à peine perceptible.


ÉLISABETH

(Chuchottant)

Pierre?

Pierre?


PIERRE

(Dormant)

Hum?


ÉLISABETH

Il y a des bêtes

dans la maison.

Écoute.


ÉLISABETH s'assoit dans le lit et écoute, les yeux en l'air. PIERRE ne se réveille pas.


Dans la chambre du bébé, ÉLISABETH en robe de chambre s'approche. Le bébé est réveillé et fixe quelque chose.


ÉLISABETH

(Parlant tout bas)

Qu'est-ce que tu regardes?


Le bébé s'agite. ÉLISABETH regarde au plafond, puis se penche au-dessus du lit et recouvre son bébé d'une couverture.


ÉLISABETH

(Parlant tout bas)

Mets ta petite couverture,

il fait froid.

Oui...


ÉLISABETH a un autre regard vers le plafond de la chambre avant de sortir.


Dehors, ÉLISABETH sort doucement sur la galerie. Elle regarde la lune qui est pleine. Elle reste là un moment avant de descendre de la galerie. Elle se dirige vers le lac en pleine nuit. Arrivée au quai, elle se tient debout face au lac plongé dans la noirceur. Après un moment, elle se retourne pour jeter un œil vers la maison.


Dans la maison, toujours pendant la nuit, PIERRE s'est levé. Il a enfilé un jeans et tient son bébé la tête sur son épaule. Il marche dans le salon. Après un moment, ÉLISABETH revient. Elle entre par la porte vitrée du salon.


PIERRE

Ah, t'es là.

Élisabeth, en pleine nuit...


ÉLISABETH s'approche et lui prend le bébé des bras et va le recoucher.


Le lendemain matin, PIERRE est en complet cravate et marche vers la maison de sa mère. Il porte son bébé dans ses bras avec un biberon dans une main et un sac sur l'épaule. Il s'approche de la maison.


PIERRE

Maman?


LOUISE sort de la maison et prend le sac de l'épaule de PIERRE. IL lui tend le bébé qu'elle prend doucement.


PIERRE

J'ai pas voulu réveiller

Élisabeth.


LOUISE

(Parlant au bébé)

Viens, Mamie va

s'occuper de toi.


PIERRE

Tu vas être correcte, maman?


LOUISE

Oui, c'est beau.

On se voit ce soir.


PIERRE s'en va.


Chez PIERRE et ÉLISABETH, ÉLISABETH, toujours au lit, se réveille.


ÉLISABETH court dans le chemin pieds nus. Elle est en robe de chambre. Elle arrive chez LOUISE avec empressement. Elle regarde par la porte-moustiquaire et entre sans frapper.


ÉLISABETH

J'ai rien entendu.


ÉLISABETH va vers le bébé qui dort. LOUISE, assise à côté du bébé, la retient.


LOUISE

Laisse-le faire son somme.

(Montrant le biberon vide)

Il a tout bu son biberon.


Une vue sur le ciel bleu et les rayons du soleil qui passent au travers des branches d'arbre est présentée.


Une musique et un chant d'opéra se font entendre de la maison de PIERRE et ÉLISABETH. Une JEUNE FEMME s'approche de la porte de la cuisine et regarde dans la maison par la moustiquaire.


ÉLISABETH est au piano et chante un opéra de Mozart. La JEUNE FEMME frappe à la porte, mais ÉLISABETH ne l'entend pas et continue à chanter et jouer au piano. La JEUNE FEMME entre dans la maison.


JEUNE FEMME

Excusez.


ÉLISABETH arrête de jouer et tourne la tête vers la JEUNE FEMME.


JEUNE FEMME

Je voulais pas vous déranger.

Je voudrais juste

vous emprunter du lait.


ÉLISABETH passe machinalement à la cuisine.


ÉLISABETH

Ah. Oui.


ÉLISABETH ouvre le réfrigérateur et prend le carton de lait.


JEUNE FEMME

C'est beau,

ce que vous chantiez.

C'est quoi?


ÉLISABETH

Mozart. Je suis rouillée.


ÉLISABETH s'approche de la JEUNE FEMME, lui tend le carton de lait, mais l'échappe par terre.


ÉLISABETH

Ah!


La surprise est telle qu'elle gifle la JEUNE FEMME sans réfléchir.


ÉLISABETH

Excusez-moi...


Les deux se penchent, ÉLISABETH ramasse le carton de lait et la JEUNE FEMME essuie le lait renversé avec un chiffon. ÉLISABETH donne le carton de lait à la JEUNE FEMME.


NAOMI

Je vous ai dérangée.

(Se redressant)

Je m'appelle Naomi.


NAOMI sort de la maison. ÉLISABETH s'approche de la porte pour regarder NAOMI partir.


ÉLISABETH se rassoit à son piano, attache ses cheveux et se remet à jouer et à chanter. Son attention est portée vers des bruits de pas venant du grenier.


ÉLISABETH grimpe une petite échelle et pousse la trappe au plafond. La trappe mène au grenier. Là-haut, un désordre d'objets divers et de meubles règne. ÉLISABETH regarde dans le grenier sans y entrer en tenant la porte de la trappe à bout de bras. La voix de LOUISE vient la surprendre.


LOUISE

Élisabeth?


ÉLISABETH

(Se justifiant)

Il y a des bêtes.


LOUISE s'approche avec le bébé dans les bras.


LOUISE

Il faudrait le changer.


ÉLISABETH descend maladroitement de l'échelle.


LOUISE

Attention!


Dans la cuisine, LOUISE est à l'évier et ÉLISABETH change le petit qui est couché sur la table.


ÉLISABETH

Laisse faire, Louise.


LOUISE

Bien, voyons.


ÉLISABETH

Non, ça va.


ÉLISABETH continue de changer la couche du bébé. LOUISE est figée et regarde ÉLISABETH d'un air sérieux. Elle s'essuie les mains et se dirige vers la porte. Elle se retourne avant de sortir.


LOUISE

Si t'as besoin d'aide...


ÉLISABETH

C'est beau. Je m'arrange.


LOUISE sort. ÉLISABETH termine de changer le bébé.


L'après-midi, ÉLISABETH est allongée en sous-vêtement sur le lit. Elle a chaud. Elle se réveille d'une sieste.


Fin de journée, dans le sentier menant au quai sur le lac, PIERRE dans son complet du matin marche. ÉLISABETH est assise sur un drap par terre avec le bébé dans les bras. PIERRE arrive.


PIERRE

Hé!

Où est-ce que t'étais?

J'ai appelé puis...


PIERRE vient s'assoir à côté d'ÉLISABETH.


ÉLISABETH

Je sais pas.

J'ai rien entendu.


Le bébé se met à pleurer et ÉLISABETH tente immédiatement de le consoler en regardant PIERRE.


PIERRE

Je me suis inquiété.

J'ai même appelé maman.


Sur la plate-forme flottante sur le lac quelqu'un appelle.


NAOMI

Hé-oh!


ÉLISABETH envoie la main. NAOMI lui renvoie la main et plonge dans le lac. PIERRE la regarde faire.


PIERRE

Tu la connais?


ÉLISABETH fait un signe discret que oui de la tête et tente de consoler le bébé à nouveau. PIERRE va pour se prendre une tranche de melon sur une assiette, mais il ne reste que les écorces rongées par les fourmis. Il vide le contenu de l'assiette dans la nature et regarde vers le lac. Son regard est inquiet.


La nuit, ÉLISABETH est dehors avec le bébé dans les bras et lui fredonne une chanson. Le bébé dort.


Après un moment, PIERRE sort.


PIERRE

Ah, [mot_etranger=EN]fuck[mot_etranger=EN]...

ÉLISABETH

Pierre?


PIERRE vient la rejoindre.


PIERRE

Ah, j'ai rêvé.

Qu'est-ce que tu fais dehors?


ÉLISABETH

Il y a de l'air. On est mieux.

Il dort.


PIERRE

(Parlant tout bas)

Rentre, s'il vous plaît.


PIERRE prend le bébé des bras d'ÉLISABETH qui se dirige vers la maison. PIERRE la suit.


Le matin, le bébé est tout nu couché sur la table. ÉLISABETH le toilette.


ÉLISABETH

Hum, hum. Oui?

Petit loup fait

des beaux sourires. Oui!

Hein, tu jases ce matin.

Oui, on va être tout propre.

Tout propre.


Le téléphone sonne et ÉLISABETH va répondre au salon en jetant un œil au bébé sur la table.


ÉLISABETH

Allô?

Oui.


À peine ÉLISABETH s'est à peine retournée une seconde, qu'un bruit de chute se fait entendre suivi de pleurs. ÉLISABETH dépose le combiné et revient à la cuisine sans courir. Elle se précipite finalement sur le bébé qui est au sol en pleurs. LOUISE arrive derrière elle.


LOUISE

Oh mon Dieu...


LOUISE se penche à son tour et repousse ÉLISABETH pour prendre soin du bébé.


LOUISE a le bébé dans les bras et le console sous le regard attentif d'ÉLISABETH.


LOUISE

(Parlant tout bas au bébé)

Chut... Ça va, ça va.

T'as eu peur, mon amour, hein?

Oui.


Une tonalité de fin d'appel provenant du salon se fait entendre.


LOUISE

(Parlant sèchement à ÉLISABETH)

Téléphone.


ÉLISABETH passe dans le salon pour aller raccrocher le téléphone puis s'assoit sur le divan quelques secondes. Elle revient vers LOUISE et le bébé. Le téléphone sonne à nouveau. ÉLISABETH décroche sans dire un mot. LOUISE prend le combiné des mains d'ÉLISABETH.


LOUISE

(Parlant au téléphone)

Pierre? Pierre?

Oui, oui, ça va. Ça va.

Il a eu peur, c'est tout.

Non, non, non. Non, non,

ça va, t'inquiète pas.

Bye.


LOUISE redonne le combiné à ÉLISABETH et s'éloigne.


Plus tard, NAOMI est dans la maison alors qu'ÉLISABETH est allongée dans son lit. NAOMI tient un carton de lait neuf. Elle vient s’asseoir sur le bord du lit et pose la main sur l'épaule d'ÉLISABETH.


NAOMI

Hé?


Sur le chemin de terre dans la forêt, ÉLISABETH et NAOMI prennent une marche.


NAOMI

(S'allumant une cigarette)

Je voulais décoller

avec mon chum.

Mon père a pas voulu

me donner l'argent.

Il me dit d'attendre

à l'année prochaine.


NAOMI tend sa cigarette à ÉLISABETH qui hésite.


ÉLISABETH

Juste une «puff».


NAOMI

Il pense que je suis encore

sa petite fille

qui veut passer

ses vacances avec lui.


ÉLISABETH

Il faut que j'aille

reprendre mon bébé.


NAOMI sort deux cigarettes de son paquet et les tend à ÉLISABETH.


NAOMI

Envoye, j'en ai d'autres.


ÉLISABETH prend les cigarettes. Les deux femmes se sourient. NAOMI embrasse ÉLISABETH sur la joue et rentre chez elle en courant.


Plus tard, ÉLISABETH est assise au piano et joue. Un bruit de porte vient de la cuisine. ÉLISABETH arrête de jouer et se retourne.


ÉLISABETH

C'est toi?


Pierre arrive du travail dans la cuisine et va directement dans la chambre du bébé.


PIERRE

Oui.


PIERRE vient au salon avec le bébé dans les bras.


PIERRE

Toi, t'es un solide,

mon petit bonhomme.

Hein? Ah oui, t'es un solide,

mon petit bonhomme.

(Parlant toujours au bébé)

Viens.


PIERRE regarde ÉLISABETH et sort sur la galerie par la porte du salon. ÉLISABETH va à la cuisine. Elle fait couler de l'eau dans l'évier et sanglote. Elle prépare un biberon pour le bébé tout en pleurant.


Dans le lac, PIERRE grimpe sur la plate-forme flottante et plonge dans l'eau. Il nage, grimpe et plonge à nouveau.


Sur la galerie, la nuit, ÉLISABETH fume une cigarette dans le noir. Son attention est attirée par des bruits de pas rapides venant d'en haut. Elle se lève et va prendre le bébé et elle sort dehors avec par la porte de la cuisine.


Le lendemain matin, PATRICIA, la mère d'ÉLISABETH, en tenue de ville, marche sur le chemin de terre. Elle n'a pas l'air dans son élément. Elle semble chercher son chemin. Elle sort son téléphone portable de son sac à main et compose un numéro. Elle est incommodée par les moustiques.


Un peu plus tard, ÉLISABETH avec le bébé dans les bras vient rejoindre PATRICIA sur le chemin. Elles se font la bise.


PATRICIA

Oh, quelle chaleur!


ÉLISABETH

T'aurais dû appeler avant.


PATRICIA

T'es drôle, toi. J'ai appelé,

mais tu répondais pas.

De l'ombre,

pour l'amour du ciel.


Les deux femmes poursuivent leur chemin vers la maison.


Dans la maison, PATRICIA dépose son sac et ses clés sur la table.


PATRICIA

Il y a pas de laveuse?


ÉLISABETH

La mère de Pierre est à côté.


Dans un soupir, PATRICIA retire son blouson et les lunettes de soleil qu'elle portait sur la tête. PATRICIA arpente la maison et jetant un petit regard à sa fille. Elle passe dans le salon et joue quelques notes au piano.


PATRICIA

T'aurais pu trouver

un meilleur piano quand même.


Sur la galerie, ÉLISABETH est assise avec son bébé dans ses bras. PATRICIA piétine en fumant une cigarette. Elle a un regard vers le bébé sans en tenir trop compte. Elle examine la maison et la vue de la galerie.


PATRICIA

C'est isolé, hein.


ÉLISABETH

Il y a d'autres chalets.

Derrière les arbres.


PATRICIA

Au moins, c'est calme.

Tu t'ennuies pas?

Ton chant, tes amis.


ÉLISABETH

On a décidé ça

depuis longtemps.

Pierre venait ici

quand il était petit.


PATRICIA continue de fumer sa cigarette. Elle finit par s'approcher du bébé.


PATRICIA

Puis?

Comment vous l'appelez?


ÉLISABETH

Michel.


PATRICIA

(Fronçant les sourcils)

Il y a tellement...


ÉLISABETH

Maman!


PATRICIA

Je sais pas, moi.

Il y a tellement

de beaux noms aujourd'hui.


PATRICIA s'éloigne et va s'appuyer sur la rampe de la galerie. ÉLISABETH regarde sa mère. PATRICIA regarde sa fille puis détourne le regard. Elle fume.


Dans le salon, PATRICIA regarde les partitions de musique posées sur le piano pendant qu'ÉLISABETH est dans la chambre de MICHEL.


PATRICIA

Tu répètes, quand même?


ÉLISABETH

Oui, oui.


PATRICIA

Quand est-ce que tu chantes?


ÉLISABETH

Fin septembre.


PATRICIA

Quoi?!


PATRICIA s'assoit au piano et choisit un morceau de musique dans le cahier de partitions.


Un peu plus tard, ÉLISABETH est debout à côté de sa mère qui joue du piano.


PATRICIA

On reprend ça.


ÉLISABETH chante «Abendempfindung» de Mozart. Elle est interrompue par des coups sourds au grenier.


ÉLISABETH

Entends-tu?


PATRICIA

Hein?


ÉLISABETH

Les bêtes.


PATRICIA est effrayée, elle regarde au plafond et se lève de son banc.


PATRICIA

Quoi? Où ça?


PATRICIA est dehors, en bas de la galerie, droite et les bras croisés. ÉLISABETH avec MICHEL dans les bras vient la rejoindre.


ÉLISABETH

Ça va?


PATRICIA

Je retourne pas là-dedans.


ÉLISABETH

Ben...


PATRICIA

Moi, la campagne...


ÉLISABETH

Elles sont pas là

tout le temps.


PATRICIA

Je pourrai jamais.

(Jetant un regard accusateur à sa fille)

T'as le don, hein.


ÉLISABETH

Ben là.


PATRICIA est assise dans sa voiture. ÉLISABETH se penche pour faire la bise à sa mère. Elles s'embrassent froidement. PATRICIA démarre la voiture et part sans regarder sa fille et son petit-fils. La voiture s'éloigne sur le chemin de terre battue.


Plus tard, ÉLISABETH est allongée sur le quai. Elle est en compagnie de NAOMI qui se lève et retire ses vêtements. NAOMI est en maillot de bain. Le bébé MICHEL est couché dans son panier.


NAOMI

Tu viens?


ÉLISABETH

Non, non.

Pas encore.


NAOMI plonge dans le lac. ÉLISABETH la regarde se baigner. NAOMI fait semblant d'être une nageuse synchronisée sans grand succès. ÉLISABETH fouille dans le sac de NAOMI et sort son paquet de cigarettes.


ÉLISABETH

Je peux t'en voler une?


NAOMI

Oui, oui.


ÉLISABETH s'allume une cigarette. NAOMI s'approche du quai à la nage. Elle grimpe sur le quai et vient s’asseoir à côté d'ÉLISABETH.


NAOMI

Tu sais pas ce que tu manques.


ÉLISABETH

Je peux pas encore me baigner.


NAOMI

Comment ça?


ÉLISABETH

L'accouchement.


NAOMI s'allonge sur le quai.


NAOMI

C'est-tu si pire que ça?


ÉLISABETH

(Faisait signe que oui)

Hum, hum.


Dans la voiture, PIERRE conduit. Il est sur le chemin du retour. Sa voiture s'approche sur le chemin de terre.


Dans la maison, PIERRE donne le biberon à MICHEL. ÉLISABETH est affairée dans la cuisine.


PIERRE

(Parlant tout bas au bébé)

Oui, monsieur. Oh là là.


LOUISE arrive dans la porte de cuisine et parle à travers la moustiquaire.


LOUISE

(Parlant à PIERRE)

Hé! Je suis venue chercher

mon compagnon de canot.

Tu viens?


PIERRE

Euh... Oui, oui, c'est bon.


PIERRE redonne le bébé à ÉLISABETH. ÉLISABETH couche MICHEL dans son petit lit. Elle le couvre avec une couverture.


ÉLISABETH

On va mettre ça.


Des pas rapides se font entendre du grenier. ÉLISABETH regarde le plafond d'un œil inquiet. D'un pas décidé, elle va à la cuisine et regarde sous l'évier. Elle cherche quelque chose. Elle trouve une boîte de mort aux rats et lit l'étiquette sur le côté en se dirigeant vers l'échelle. Elle monte l'échelle, ouvre la trappe au plafond et lance la boîte dans le grenier.


Plus tard, ÉLISABETH est assise dehors et regarde vers le lac où PIERRE et LOUISE en canot croisent NAOMI et son père dans un autre canot. Ils se parlent sous le regard attentif d'ÉLISABETH.


Plus tard, dans la salle de bain, ÉLISABETH se regarde dans le miroir. Elle examine ses seins et son ventre. Elle lève sa nuisette et passe sa main dessous. Elle se caresse les seins tout en se regardant dans le miroir.


PIERRE

(Appelant de la chambre)

Élisabeth?


ÉLISABETH

Ce sera pas long.


ÉLISABETH continue à se regarder dans le miroir, se replace une mèche et sort de la salle de bain. Elle arrive dans la chambre et remarque que le lit de MICHEL est rendu dans la chambre du couple. PIERRE est allongé dans le lit sur le côté. ÉLISABETH s'approche lentement et vient se coucher à côté de lui.


Le lendemain matin, ÉLISABETH est montée au grenier. Elle marche penchée vers l'avant. Bien qu'il fasse jour et regarde dans tous les recoins avec une lampe de poche. Elle va vers un coin et semble trouver quelque chose qui n'est pas visible.


ÉLISABETH

Oh...


Dans le boisé, près de la maison, ÉLISABETH marche avec MICHEL dans les bras. Elle trouve un endroit et se met à genoux. Elle dépose MICHEL par terre sur le dos. ÉLISABETH se met à creuser dans la terre. Elle a un regard vers son fils et se met à creuser de plus en plus frénétiquement. Le trou est trop grand pour un simple rongeur. Une fois le trou terminé, elle y tire un linge à vaisselle dans lequel est emballé un chat mort. Elle emballe le chat et commence à l'enterrer. Elle redispose méticuleusement les brindilles sur le tas de terre. MICHEL se met à gigoter, ÉLISABETH le ramasse et elle retourne vers la maison.


Une vue des rayons du soleil embrouillés qui passent à travers les branches d'un arbre est présentée. Le vent souffle.


Plus tard, ÉLISABETH est allongée sur le quai de bois en compagnie de NAOMI. Elles prennent du soleil. Des plats et des verres de bière entamés sont par terre à côté d'elles. ÉLISABETH retire ses lunettes fumées et regarde NAOMI avant de se redresser.


ÉLISABETH

On va se baigner.


ÉLISABETH se met à genoux et retire sa robe, elle se glisse lentement dans l'eau alors que NAOMI plonge tête première. Elles se baignent le sourire aux lèvres.


Plus tard, ÉLISABETH et NAOMI sont une fois de plus allongées sur le quai en maillot de bain sur des serviettes et elles lisent. ÉLISABETH fume une cigarette. Elles sont observées de loin par LOUISE près de la maison qui fredonne doucement une berceuse à MICHEL. Elle a un regard grave.


Un peu plus tard, PIERRE arrive du travail avec des sacs de courses. Il entre par la porte de la cuisine. Il dépose les sacs sur la table, traverse le salon et va à sa chambre. Il n'y a personne. Il arrive sur le quai où ÉLISABETH et NAOMI sont toujours. ÉLISABETH ne bronche pas.


PIERRE

Ah, on crève en ville.


PIERRE commence à retirer sa cravate, ses souliers et ses chaussettes, puis déboutonne sa chemise en s'avançant au bout du quai. Il regarde vers le lac.


PIERRE

Avec le monde

sur l'autoroute, là...


PIERRE retire sa chemise et commence à défaire sa ceinture. Il regarde NAOMI.


PIERRE

T'es aux études?


NAOMI

Oui, oui.


PIERRE

(Retirant son pantalon)

T'étudies en quoi?


NAOMI

Sciences humaines.

Je suis pas trop décidée.


PIERRE

OK.


Il est complètement nu et ne quitte pas NAOMI des yeux. Puis se retourne vers le lac. NAOMI jette un œil à ÉLISABETH qui s'est assoupie. PIERRE plonge dans le lac, ce qui réveille ÉLISABETH. NAOMI commence aussitôt à ramasser ses affaires et à remplir son sac.


ÉLISABETH

Tu pars?


NAOMI

Mon père doit m'attendre.


NAOMI se rhabille. ÉLISABETH prend la serviette de NAOMI et lui tend avec un petit sourire. NAOMI est de glace, elle prend la serviette et part d'un pas décidé.


NAOMI

Merci.


PIERRE nage dans le lac vers le quai. Il sort de l'eau et s'assoit sur le quai.


PIERRE

Elle est partie?


ÉLISABETH

Oui.

Je vais aller chercher le bébé.


PIERRE

J'ai décidé de te donner

un coup de main avec Michel.


ÉLISABETH

Me semblait qu'il y avait pas

de vacances?


PIERRE

Oui, j'ai décidé d'en prendre.


ÉLISABETH ramasse quelques pièces de vêtements et sa serviette et part vers la maison. PIERRE reste seul sur le quai. Il a un regard vers ÉLISABETH.


Dans la chambre du couple, ÉLISABETH couche MICHEL dans son petit lit. PIERRE arrive lentement derrière elle. Elle se retourne et ils échangent un regard. Lentement, elle ouvre son peignoir et elle s'allonge sur le lit. Elle finit par enlever son peignoir. Ne lui reste que sa petite culotte. PIERRE vient se mettre par-dessus elle et ils s'embrassent. Ils se caressent. Elle ouvre ses jambes et PIERRE commence à retirer la petite culotte d'ÉLISABETH. Les ébats se poursuivent quelques secondes, mais ÉLISABETH arrête PIERRE.


ÉLISABETH

Non, Pierre. Non...


L'attention d'ÉLISABETH est dirigée vers le bébé qui gémit. PIERRE continue d'embrasser sa femme.


ÉLISABETH

Je dis non. C'est non.


ÉLISABETH est coincée sous le poids de PIERRE.


ÉLISABETH

Non!


Plus tard, PIERRE est debout devant le lit où ÉLISABETH est toujours allongée. Pierre se masturbe en contrôlant la main d'ÉLISABETH qui regarde dans le vide. Il dévoile les seins d'Élisabeth et continue à se masturber. Elle va pour se recouvrir la poitrine, mais PIERRE l’empêche.


PIERRE

Non, je veux te voir.


Il finit par repousser la main d'ÉLISABETH avec laquelle il se masturbait et continue tout seul plus rapidement. Le regard d'ÉLISABETH est vide. Il éjacule sur le ventre d'ÉLISABETH.


La nuit, PIERRE dort à côté d'ÉLISABETH qui n'a pas fermé l'oeil. Elle commence à se lever alors que MICHEL tousse un peu. Elle enfile son peignoir et prend le bébé dans ses bras. Elle sort de la chambre.


ÉLISABETH est dehors en pleine nuit avec MICHEL dans les bras. Elle marche lentement sur le terrain en regardant les étoiles, cigarette aux doigts. Elle prend une touche de cigarette et pointe les étoiles avec. Elle reste dans cette position quelques secondes puis prend une autre touche.


Le lendemain, dans le stationnement d'une petite église de paroisse, une voiture arrive et se stationne. LOUISE, PIERRE, ÉLISABETH avec MICHEL dans les bras attendent à côté d'un PRÊTRE dans une étole de baptême.


PIERRE

(Parlant avec découragement)

Ah, ta mère...


PATRICIA sort de la voiture et arrive avec empressement avec un air à peine désolé. PIERRE ouvre la porte de l'église, LOUISE entre suivie de PATRICIA.


PATRICIA

Je me suis perdue.


Tout le monde entre dans l'église. La petite famille s'avance dans l'allée menant à l'autel. Tout le monde s'échange des petits regards et des sourires chargés de malaises. Une femme chante le Ave Maria au balcon.


Le couple et les deux mères sont autour du bénitier alors que le PRÊTRE prononce la parole de Dieu.


PRÊTRE

Père, c'est toi

qui appelles Michel,

aujourd'hui,

présenté au baptême

dans la foi de l'Église.

Béni sois-tu, Seigneur.


TOUS

Béni sois-tu, Seigneur.


PATRICIA lance un regard agacé vers la chanteuse, puis regarde ÉLISABETH qui lui sourit.


PRÊTRE

Daigne maintenant bénir

cette eau où il va renaître

de l'Esprit saint pour vivre

de la vie éternelle.


ÉLISABETH éclate de rire alors que PATRICIA cache son sourire derrière son mouchoir.


PRÊTRE

Par Jésus, le Christ,

notre Seigneur.


ÉLISABETH éclate de rire à nouveau et se sauve en courant parce qu'elle rit trop. PIERRE la regarde partir, impuissant, il a le bébé dans les bras. PATRICIA tente de retrouver son sérieux alors que LOUISE est très sérieuse.


LOUISE

Amen.


PATRICIA

Amen.


ÉLISABETH est sortie de l'église. PIERRE n'est pas content.


PIERRE

C'est correct.

On va continuer.


PIERRE passe le bébé à LOUISE.


PRÊTRE

Voulez-vous que Michel

soit baptisé

dans cette foi de l'Église

que, tous ensemble,

nous venons d'exprimer?


LOUISE ET PIERRE

Oui, nous le voulons.


PATRICIA

(Parlant sans conviction)

Oui, nous le voulons.


PATRICIA a encore de la difficulté à garder son sérieux.


Plus tard, à l'extérieur de l'église, PIERRE serre la main du PRÊTRE. LOUISE porte MICHEL.


PIERRE

Merci.


LOUISE

(Serrant la main du PRÊTRE)

Merci, mon père.


PIERRE ET LOUISE vont vers la voiture dans laquelle, ÉLISABETH est déjà assise, sur la banquette arrière. PATRICIA parle avec elle à travers la vitre. Alors que PIERRE vient ouvrir la portière pour installer MICHEL, PATRICIA va vers sa voiture les lèvres serrées.


Dans la voiture, PIERRE, au volant, est accoudé sur le bord de la fenêtre, la main au front et les yeux fermés. Il est hors de lui. LOUISE s'attache avec un air très sérieux.


LOUISE

Moi, j'ai voulu faire

pour le mieux.


PIERRE

(Autoritaire)

Maman, c'est correct.

C'est fait, là.

On va aller au restaurant

puis ça va être ça.

(Voyant la voiture de PATRICIA qui s'éloigne)

Ah, crisse! Ostie,

je lui avais dit de me suivre.


Il regarde ÉLISABETH avec découragement derrière lui. ÉLISABETH est de marbre.


Plus tard, LOUISE, PIERRE et ÉLISABETH portant MICHEL arrivent au chalet en marchant dans le sentier de terre.


Plus tard, en après-midi, ÉLISABETH est allongée en nuisette sur le lit. Elle se réveille et regarde si MICHEL est dans son lit. Il n'est pas là. ÉLISABETH bondit du lit.


Dehors, près de sa maison, LOUISE est attablée avec PIERRE et ils discutent au loin. ÉLISABETH arrive et les espionne. MICHEL est dans son panier par terre aux pieds de LOUISE. ÉLISABETH décide de ne pas s'interposer. Elle marche sur le chemin de terre battue en fumant une cigarette. Elle arrive finalement sur le terrain du chalet de NAOMI. Une voiture est sur le terrain avec le coffre ouvert. ÉLISABETH s'avance sur le terrain et marche jusqu'à la galerie qui mène à l'arrière de la maison. Elle passe devant la grande porte-moustiquaire puis une autre fenêtre en regardant dans la maison. Elle frappe à la porte. NAOMI arrive.


ÉLISABETH

Je voulais juste

t'emprunter des cigarettes.


NAOMI

Oh, attends.


NAOMI va à l'intérieur et sort des cigarettes de son sac. Elle revient vers ÉLISABETH.


NAOMI

Tiens.


ÉLISABETH

Tu t'en vas?


NAOMI

Oui. C'est déjà fini.

Au début, c'est plate puis

après, je ne veux plus partir.

Puis j'ai tellement hâte

de revoir mon [mot_etranger=EN]chum[/mot_etranger].

Une chance que t'étais là.


NAOMI sourit puis donne un baiser sur la joue d'ÉLISABETH.


PÈRE DE NAOMI

(Appelant au loin)

Naomi?


NAOMI

Mon père.

(Répondant à son père)

J'arrive!


Après un moment et des échanges de regards, ÉLISABETH s'en va. NAOMI retourne dans la maison. ÉLISABETH traverse le terrain et arrive au chemin de terre les bras croisés et l'air triste. Elle s'accroche le pied et tombe sur les genoux.


ÉLISABETH

Ah!


Elle se relève aussitôt et continue à marcher d'un pas décidé. ÉLISABETH arrive au bord du lac et retire sa robe. Elle est maintenant en sous-vêtements et avance dans le lac. Elle nage seule en plein milieu du lac. Elle se laisse flotter sur le dos. Au loin dans le ciel, un avion passe laissant une traînée derrière lui.


PIERRE arrive en canot et lance un gilet de sauvetage à ÉLISABETH qui sursaute.


PIERRE

Rentre.


ÉLISABETH

Je suis bien.


ÉLISABETH se laisse flotter sur le dos. PIERRE s'éloigne à la rame. PIERRE descend du canot et grimpe sur le quai. LOUISE, avec MICHEL dans les bras, est plantée là, témoin de la scène. PIERRE attache le canot au quai en regardant en direction d'ÉLISABETH au loin sur le lac. ÉLISABETH finit par revenir lentement à la nage. Pierre l'aide à monter brusquement sur le quai en la tirant par le bras. Elle se défait de son emprise et monte vers la maison en passant devant LOUISE qui la dévisage.


Dans la chambre, PIERRE regarde ÉLISABETH qui est allongée, nue, sur le lit. Il la couvre d'un drap.


Le soir, ÉLISABETH porte MICHEL dans ses bras. Elle traverse le salon et va prendre des clés. Elle sort par la porte de la cuisine. Et marche dans le sentier vers la voiture. Elle installe MICHEL dans son siège à l'arrière. Elle va s'asseoir au volant de la voiture.


La voiture roule sur le chemin de terre alors que la musique de Haendel joue. ÉLISABETH semble paisible, elle conduit en jetant des regards vers le bébé de temps en temps.


Sur la route, la voiture tourne vers une station-service. ÉLISABETH sort de la voiture, et entre dans le commerce. Dans le dépanneur, ÉLISABETH regarde à droite et à gauche. Elle est au comptoir-caisse.


ÉLISABETH

Il y a quelqu'un?

(Entendant un bruit au loin)

Allô? Il y a quelqu'un?


Le COMMIS DE DÉPANNEUR arrive.


COMMIS DE DÉPANNEUR

Oui, oui, j'arrive.


ÉLISABETH

Des cigarettes,

s'il vous plaît.


COMMIS DE DÉPANNEUR

Quelle sorte?


ÉLISABETH

(Comptant sa monnaie)

N'importe quelle.


Elle paye les cigarettes tout en regardant toujours vers la porte du dépanneur. Le moteur d'une autre voiture se fait entendre dehors. ÉLISABETH se retourne.


Dehors, PIERRE est là. Il vient ouvrir la porte arrière du côté de MICHEL et la referme. ÉLISABETH sort du dépanneur et se plante à côté de la voiture.


ÉLISABETH

Je n'avais plus de cigarette.


PIERRE

Rentre avec la voiture

de Louise, là.


ÉLISABETH monte au volant de la voiture de LOUISE. Elle conduit sur le chemin de terre. Elle regarde dans son rétroviseur et voit PIERRE qui la suit avec leur voiture.


Plus tard, PIERRE entre dans la chambre avec MICHEL dans les bras.


PIERRE

Je m'en vais chez maman.


ÉLISABETH est couchée dans le lit.


ÉLISABETH

L'as-tu changé?


PIERRE

Bien oui.


ÉLISABETH

Son biberon?


PIERRE

Il a tout bu, là.


PIERRE sort et ÉLISABETH se retourne sur le côté.


PIERRE traverse le terrain en direction de la voiture avec MICHEL dans les bras et transportant un sac de voyage. ÉLISABETH s'est levée pour le voir partir par la porte de la cuisine.


Plus tard, PIERRE est revenu à la maison, il a une serviette au cou et descend vers le quai. Une vue sur le lac calme est présentée. PIERRE retire son chandail en regardant vers le lac. De la galerie, ÉLISABETH observe son mari au loin. PIERRE se retourne et regarde en direction d'ÉLISABETH, puis s'avance sur le quai et plonge dans le lac. ÉLISABETH entre dans la maison.


Dans la maison, ÉLISABETH est installée au piano. Elle retire sa bague et la dépose à côté du lutrin à partitions. Elle se met à jouer, mais s'arrête et ferme le couvercle du clavier. Elle passe dans la chambre du bébé, prend un sac en bandoulière dans lequel elle fourre des choses. Elle ouvre une armoire et prend des boîtes de conserve qu'elle met dans son sac. Elle fouille dans des vêtements accrochés à côté de la porte de cuisine, puis elle sort. D'un pas décidé elle marche vers la maison de LOUISE.


Chez LOUISE, ÉLISABETH entre subtilement et prend MICHEL dans ses bras. Elle sort de la maison et s'en va avec le bébé.


LOUISE arrive chez son fils d'un pas pressé. PIERRE nage dans le lac. LOUISE est sur le quai et appelle PIERRE en faisant de grands signes.


LOUISE

Pierre!

Pierre! Pierre!

Pierre!


Au loin, PIERRE arrête de nager et regarde vers le quai.


Dans la forêt, ÉLISABETH marche toujours en portant MICHEL. Elle s'arrête pour reprendre son souffle, puis poursuit sa route. Quelque part d'autre, PIERRE, le torse et les pieds nus, cherche ÉLISABETH dans la forêt.


PIERRE

Élisabeth!

Élisabeth!


Il est très inquiet. Il marche sur une branche.


PIERRE

Ah! Crisse!


Il continue d'avancer dans la forêt de plus en plus inquiet. Il regarde dans tous les sens.


ÉLISABETH

Élisabeth!


ÉLISABETH marche lentement, sort du sous-bois et arrive dans une zone couverte d'herbes hautes et de fougères. Elle poursuit son chemin et s'enfonce à nouveau dans le sous-bois.


De son côté, PIERRE avance lui aussi dans le bois, il boite et regarde dans tous les sens.


Arrivée au bord du chemin de terre, ÉLISABETH s'arrête, elle ne sait pas quel côté prendre. Elle choisit une direction et continue de marcher sur le chemin, elle se retourne pour regarder derrière elle.


PIERRE avance difficilement pieds nus à travers le sol cahoteux du sous-bois, il arrive à son tour au bord du chemin de terre. Il regarde dans tous les sens. La panique s'empare de lui.


Sur le chemin de terre, ÉLISABETH marche. Le bruit d'un moteur se fait entendre au loin derrière elle, elle se retourne. Une camionnette s'approche, ÉLISABETH fait des grands signes pour arrêter le véhicule. Le véhicule la contourne et continue sa route. ÉLISABETH court un peu derrière, mais c'est peine perdue. Elle continue de marcher en serrant bien MICHEL contre elle.


Un peu plus tard, le pas d'ÉLISABETH a ralenti. Elle entend une autre voiture approcher et elle envoie la main. La voiture passe tout droit sans s'arrêter. Elle marche un peu et entend des klaxons au loin. Elle se retourne et va vite se cacher dans le sous-bois.


PIERRE est au volant de sa voiture et frappe sur le klaxon tout en tentant de voir à travers les branches des arbres. Il est à bout de patience.


De son côté, ÉLISABETH avance lentement dans le bois.


ÉLISABETH

Chut...

C'est correct.


Le klaxon de la voiture se fait entendre au loin. Sur une couverture, ÉLISABETH s'installe pour nourrir MICHEL. Elle sort de son sac un biberon et une boîte de lait qu'elle ouvre et transvide dans le biberon. Elle fait boire MICHEL. Le bébé refuse. ÉLISABETH entend encore les klaxons au loin et elle décide de ramasser ses affaires et de poursuivre sa fuite.


Dans sa voiture, PIERRE est fou de rage, il hurle en klaxonnant sans réfléchir.


ÉLISABETH marche tranquillement dans la forêt. MICHEL dort dans ses bras. Elle s'approche d'une rivière rocailleuse où le courant est très fort. Elle avance encore un peu, perd pied et glisse sur le dos tout en bas d'une élévation jusqu'au bord de la rivière. Elle s'assure que son bébé n'a rien. Elle dépose MICHEL sur une roche recouverte de mousse et descend un peu plus bas à la rivière pour boire de l'eau. Elle remonte vers son bébé.


Plus tard, toujours dans la forêt, un GARDE FORESTIER marche à travers les arbres au loin. Il trouve une boîte de lait pour bébé par terre, l'examine un peu pis la rejette par terre. Il sort de sa poche un émetteur radio dans lequel il parle.


GARDE FORESTIER

Allô?


Le soir commence à tomber dans la forêt. ÉLISABETH est assise et donne le biberon à MICHEL.


ÉLISABETH

(Parlant tout bas à MICHEL)

Allez. Tu veux pas?

Allez. Allez, mon coco.

Oui, c'est ça.

Vas-y, bois un peu.

Tu veux pas?


Le bébé repousse la bouteille.


ÉLISABETH

(langue_etrangere=EN)

Come on[langue_etrangere], on ressaie.

Allez.

On essaie le sein?


ÉLISABETH est soulagée, MICHEL la tète.


Très tôt le matin, ÉLISABETH est allongée près d'une souche. MICHEL est réveillé à côté d'elle. ÉLISABETH est réveillée par le vrombissement d'un hélicoptère. Elle prend MICHEL, ramasse la couverture sur laquelle elle était couchée et part. Elle se faufile dans la forêt, pieds nus. Elle marche sur les roches le long de la rivière. Elle fredonne une berceuse à MICHEL en marchant dans l'eau de la rivière. Elle s'arrête et s’assoit sur un tronc d'arbre mort en bordure de l'eau. Elle boit de l'eau qu'elle puise avec la main. Elle se passe de l'eau au visage et dans le cou.


Au bord d'une portion plus rapide de la rivière, ÉLISABETH erre dans le bois sous le vrombissement d'un hélicoptère. Elle se dissimule derrière un gros arbre en regardant en l'air. L'hélicoptère vole bas au-dessus de la cime des arbres. Elle s'assure que le bébé est bien installé et enveloppé dans sa couverture et elle commence à traverser la rivière. Elle marche lentement pour ne pas être vue. Elle a de l'eau jusqu'aux genoux. Elle est près du bord. Elle glisse et tombe dans l'eau. Elle essaie de garder la tête du bébé hors de l'eau, mais elle est déportée par le courant de la rivière.


Plus tard, ÉLISABETH est échouée au bord de la rivière les pieds encore dans l'eau, son bébé n'est plus accroché à elle. Elle rampe un peu et se relève. Elle s'enfonce dans la forêt avec épuisement.


Le soir, ÉLISABETH marche dans un champ sur le bord d'une autoroute. Sur le bord de la route, une voiture s'est arrêtée. ÉLISABETH va vers la voiture avec empressement.


Plus tard, sur le bord de la route, un ambulancier referme la porte arrière d'une ambulance inoccupée. Tout près, une voiture de patrouille de la police provinciale, un policier à l'intérieur écrit des informations sur un clavier alors qu'un partenaire est dehors et remplit un formulaire papier. Une autre voiture de patrouille se trouve sur le bord de la route dans laquelle est assise ÉLISABETH qui est interrogée par une autre agente de police. Les questions de l'agent sont inaudibles. ÉLISABETH semble dévastée. Sur les lèvres de l'agente on peut lire: «Il est où votre bébé? Madame. Où est votre enfant?» [Générique de fin

Films

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Cinéma
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Fiction

Résultats filtrés par