Image univers CinéTFO Image univers CinéTFO

CinéTFO

Retrouvez le meilleur du cinéma sur CinéTFO! Profitez de notre sélection de films offerts gratuitement pour (re)découvrir des classiques et des oeuvres incontournables du cinéma d'auteur contemporain. Pour la programmation en ondes, consultez le Passeport CinéTFO!

Partager

Vidéo transcription

Les marches de la liberté

En août 1963, les Noirs américains marchent sur Washington pour obtenir des droits équivalents aux Blancs. La manifestation se termine avec le discours de Martin Luther King , I have a dream, devant le Lincoln Memorial.. En 1983, une trentaine d’enfants d’immigrés décidé de relier Marseille à Paris pour obtenir, comme il y a 50 ans aux États-Unis, l’égalité des droits.C’est alors la Marche pour l’égalité et contre le racisme transformé en “Marche des Beurs”, par les médias. Et le 3 décembre 1983 c’est 100 000 manifestants qui rejoignent Paris.
Rokhaya Diallo compare les deux mouvements ce qui lui permet de s’interroger sur l’identité de la France5. Ainsi elle filme dix jeunes américains qui visitent la France afin de se faire leur propre idée du pays des Droits de l’Homme. L’évocation de l‘« American Dream » qu’en est-il du « rêve » français ?



Réalisateur: Rokhaya Diallo
Année de production: 2013

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

video_transcript_title-fr

Des images d’archives montrent un camion diffusant un message à propos de la Marche sur Washington dans les rues à bord duquel se trouve un ANNONCEUR.


ANNONCEUR

(Propos traduits de l’anglais)

Ici Freedom Now Movement, écoutez-moi!

Nous appelons tous les citoyens

à se rendre à Washington.

En avion, en voiture, en bus,

à pied s’il le faut!


Des images d’archives montrent des manifestants se rendant à Washington par train, autobus ou voiture.


ANNONCEUR

(Propos traduits de l’anglais)

Nous exigeons des emplois,

des logements, l’abolition

de la ségrégation raciale à l’école.

S’il vous plaît, rejoignez

la Marche! Allez à Washington!


Dans un autobus, des manifestants mettent des chapeaux sur leur tête sur lesquels est écrit «Freedom Now!».


ANNONCEUR

(Propos traduits de l’anglais)

Pour la victoire de la marche

«La liberté maintenant».


À Washington, des milliers de manifestants sont rassemblés devant le Lincoln Memorial.


Les Marches de la Liberté


NARRATRICE

28 août 1963.

250 000 manifestants affluent au

coeur de la capitale fédérale

des États-Unis. Menés entre

autres par le révérend Martin

Luther King, ils exigent la fin

de la ségrégation des citoyens

noirs, discriminés entre autres

à l'emploi, dans l'accès

à l'éducation ou au vote.

La Marche sur Washington

pour l'emploi et la liberté

marquera un tournant dans

l'histoire des Afro-Américains

au point d'influencer

20 ans plus tard de jeunes

Français, eux aussi mus par

une solide foi dans l'égalité.


Au Lincoln Memorial, un ANIMATEUR et un PRÉSENTATEUR sont sur scène devant les milliers de manifestants.


ANIMATEUR 1

(Propos traduits de l’anglais)

Mesdames et messieurs,

votre attention s’il vous plaît.


PRÉSENTATEUR

(Propos traduits de l’anglais)

J’ai le plaisir de vous présenter

Martin Luther King.


Les manifestants acclament l’arrivée de Martin Luther King.


MARTIN LUTHER KING

(Propos traduits de l’anglais)

Je suis heureux de me joindre

à ce rassemblement qui sera retenu

comme la plus grande manifestation

pour la liberté dans l’histoire

de notre nation.

Le temps est venu de réaliser

les promesses de la démocratie.

Le temps est venu de quitter

la sombre vallée de la ségrégation

pour fouler le Sentier lumineux

de la justice raciale.


Les manifestants applaudissent.


MARTIN LUTHER KING

(Propos traduits de l’anglais)

C’est un rêve profondément ancré

dans le rêve américain.

Je rêve qu’un jour, cette nation

se dresse et honore son crédo.

Nous tenons ces vérités comme évidentes

que tous les hommes sont créés égaux.

Je fais ce rêve aujourd'hui.


De nos jours, THIONE NIANG, fondateur de Give 1 Project, se tient devant le Capitole à Washington et donne une entrevue.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Je peux témoigner de ce rêve américain.

Et oui, j’incarne le rêve américain.

Je suis arrivé dans ce pays

il y a 12 ans, avec 20$ en poche,

sans parler couramment la langue,

sans expérience. Huit ans plus tard,

j’ai rencontré le Président des États-Unis.

J’ai mobilisé les jeunes Américains

pour qu’ils s’impliquent

dans les élections les plus importantes

de notre temps.


En France, THIONE NIANG est invité à l’émission «Le Grand Journal» animée par MICHEL DENISOT.


MICHEL DENISOT

Thione Niang.


Le public applaudit alors que THIONE NIANG arrive sur le plateau. THIONE NIANG et MICHEL DENISOT se saluent. THIONE NIANG va s’asseoir à la table aux côtés de LAURENCE PARISOT, la présidente du MEDEF.


MICHEL DENISOT

Deux mots sur votre histoire.

Vous êtes parti du Sénégal

à 21 ans. Vous n'aviez que

20$ en poche et vous ne

parliez pas un mot d'anglais.

Quelques années plus tard,

c'est-à-dire aujourd'hui, vous

êtes le directeur adjoint de

la campagne de Barack Obama.

Laurence Parisot, quel est

votre point de vue sur

le parcours de Thione Niang?


LAURENCE PARISOT

Pleine d'admiration,

évidemment. Et puis, je vois que

le rêve américain est toujours

possible. J'aurais presque envie

de lui poser une question si

vous me permettez. Est-ce que

vous pensez qu'en France,

il est possible d'avoir

des parcours comme celui que

vous avez eu aux États-Unis?


THIONE NIANG

(mot_etranger=EN]I think...[/mot_etranger)


MICHEL DENISOT

Vous pouvez parler français.


THIONE NIANG

Ah, bien sûr!

Je pense que c'est possible.


LAURENCE PARISOT

Voilà, c'est bien. Bravo!


Le public applaudit.


De retour à l’entrevue de THIONE NIANG devant le Capitole à Washington.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Beaucoup de jeunes Américains

ne voyagent pas, en particulier

les jeunes Afro-Américains!

Mais aujourd'hui, le monde

est interconnecté.

Si on ne voyage pas,

on rate quelque chose.

Alors, j’emmène des jeunes Américains

à Paris, pas seulement

pour qu’ils voient la tour Eiffel,

mais pour leur montrer aussi

l’envers du décor français.


NARRATRICE

Depuis qu'il vit aux

États-Unis, le chemin de Thione

Niang a croisé celui d'autres

jeunes Américains engagés.

C'est une des raisons qui l’a

conduit à fonder Give 1 Project,

une association dont

le but est de favoriser

l'émergence de jeunes

leaders à travers le monde.

Avec dix Américains, il

s'apprête à arpenter les chemins

de la République française

pour comprendre ce qui se

cache derrière ses lumières.

Parmi eux, une jeune femme

particulièrement déterminée.


JANAYE INGRAM se trouve devant un centre d’entraînement de kickboxing.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Je suis Janaye Ingram. Je suis

la directrice du National Action

Network à D.C..

C’est un organisme national

de défense des droits civiques

doté d’un programme moderne.


JANAYE INGRAM fait du kickboxing dans le centre d’entraînement.


NARRATRICE

Bien décidée à défendre

l'héritage des luttes des droits

civiques, Janaye travaille

quotidiennement pour donner

corps au rêve de King.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Se battre pour la justice,

c’est un peu comme la boxe!

Ici, parfois, vous faites face

au sac immobile, parfois un adversaire.

Il faut toujours être prêt,

quel que soit l’adversaire!


Le groupe de THIONE NIANG arrive à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.


NARRATRICE

À Paris, les jeunes Français

de l'association de Thione Niang

accueillent Janaye et les autres

Américains du groupe, dont

certains foulent pour la

première fois le sol français.

Au programme de la visite

de la France, de nombreuses

rencontres qui commenceront

avec les plus hauts responsables

politiques au coeur des

institutions républicaines.

Liberté, égalité, fraternité.

La devise de la France.

La République a-t-elle

connu les mêmes problèmes

que les États-Unis?


Le groupe de THIONE NIANG entre dans le palais de l’Élysée pour rencontrer Valérie Trienweiler.


VALÉRIE TRIENWEILER

J'avoue que quand on a m'a

parlé de ce projet, j'ai trouvé

ça super. Il n'y a pas d'autres

mots. Cet échange entre Français

et Américains était très

positif et j'utilise ce mot

parce que c'est un projet

qui est dans le positif.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Chacun va se présenter brièvement.

Vous saurez ainsi qui ils sont.


JEUNE FEMME 1

(Propos traduits de l’anglais)

J’ai grandi à Washington D.C.

et je vis à New York.

J’ai travaillé dans l’organisation

des jeunes et la mobilisation

communautaire dans les zones

urbaines dans le domaine

de la justice pénale. Je viens de créer

un magazine traitant de politique,

de foi et de culture urbaine

pour les jeunes urbains de mon âge.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

Tina Fletcher. Je suis née

et j’ai grandi dans l’Arkansas,

dans le Sud. J’ai travaillé comme

stagiaire de Michelle Obama

et sur la campagne de réélection

du Président Obama.


VALÉRIE TRIENWEILER

J'ai été très impressionnée

par Michelle Obama quand je suis

allée avec le président aux

États-Unis. Elle nous a emmenés

à Chicago dans cette école

de la deuxième chance. Et là,

elle a tenu un discours devant

des jeunes en leur disant:

«Voilà, vous serez pas

tous présidents de république,

mais vous pouvez être avocat…»


NARRATRICE

Au milieu des dorures et

des petits fours, ce n'est pas

vraiment le lieu pour trouver

les réponses. Malgré

un accueil positif,

il faut continuer à chercher.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

Avant de venir à Paris,

avec Give 1 Project,

je ne connaissais de ce pays

que les lieux touristiques célèbres.

La tour Eiffel, l’Arc de Triomphe

Mona Lisa. C’est tout ce qu’il

y a dans nos livres.


RAHIEL TESFAMARIAM

(Propos traduits de l’anglais)

Ce que je pensais de la France

était lié à la mode, comme le fait

que les Français s’habillent bien.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

J’étais déjà venue en France.

J’avais visité Paris, Monaco et Nice.

Ce que je savais de la France?

Pas grand-chose de plus que

ce que j’avais vu: la Côte d’Azur,

la tour Eiffel, les monuments.


Le groupe de THIONE NIANG se rend au ministère de la Justice pour y rencontrer CHRISTIANE TAURIBA, garde des Sceaux.


CHRISTIANE TAUBIRA

Merci d'être là, Thione Niang.


THIONE NIANG

Bonjour, Madame la

Ministre. Comment vous allez?


CHRISTIANE TAUBIRA

Ah, je vais bien, et vous?


THIONE NIANG

Merci pour votre temps.


CHRISTIANE TAUBIRA

Hé, excellent français!


THIONE NIANG

Ça va, ouais?


CHRISTIANE TAUBIRA

(Propos traduits de l’anglais)

Je suis ravie de vous rencontrer.

Qui parle français?


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Les Américains, non!


Le groupe de THIONE NIANG rigole.


CHRISTIANE TAUBIRA

Je vous en prie,

installez-vous!


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Madame la Ministre, merci

de nous recevoir. Félicitations

pour le beau travail que vous faites.


CHRISTIANE TAUBIRA

(Propos traduits de l’anglais)

Merci!


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

C’est pourquoi il est important

pour nous, jeunes leaders,

de vous rencontrer.

Parce que vous êtes source

d’inspiration pour beaucoup

de jeunes, particulièrement

pour les jeunes femmes.


À l'Assemblée nationale de France, le 18 février 1999, Yves Cochet, vice-président de l'Assemblée nationale, fait un discours.


YVES COCHET

L'ordre du jour appelle

la discussion de la proposition

de loi de Madame Christiane

Taubira-Delannon et

plusieurs de ses collègues,

tant à la reconnaissance de la

traite et de l'esclavage en tant

que crimes contre l'humanité.


CHRISTIANE TAUBIRA monte sur l’estrade.


CHRISTIANE TAUBIRA

Monsieur le président.

Madame la ministre.

Monsieur le ministre.

Chers collègues.

Ce rapport n'est pas le script

d'un film d'horreur portant

l'inventaire des chaînes,

des fers, carcans, entraves,

menottes et fouets qui ont

été conçus et perfectionnés

pour déshumaniser.

Il n'est pas non plus

un acte d'accusation,

parce que la culpabilité

n'est pas héréditaire

et parce que nos intentions

ne sont pas de revanche.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

C’était génial de la rencontrer,

car c’est une femme qui

me ressemble et qui occupe

un poste très important dans

un pays dont j’ignorais

qu’il y avait des leaders noirs.

J’ai adoré la voir avec des tresses!

Parce qu’aux États-Unis, il est

encore difficile pour les femmes noires

de porter des tresses. Il faut encore

se conformer à une certaine

apparence pour être acceptée

à certains postes.


Des parlementaires sont rassemblés au jardin du Luxembourg ainsi que le groupe de THIONE NIANG et les membres de Give 1 Project en France.


NARRATRICE

L'éloquence de Christiane

Taubira ne parviendra pas à

convaincre les parlementaires

de voter la loi telle que

proposée. Il faudra deux ans

pour qu'une version

édulcorée de la proposition

initiale soit adoptée.

Et c'est à une loi en partie

vidée de sa substance que

le président de la République

rend aujourd'hui hommage.


FRANÇOIS HOLLANDE arrive sur l’estrade sous les applaudissements de la foule.


FRANÇOIS HOLLANDE

Mesdames, messieurs

et jeunes enfants.

Nous sommes le 10 mai.

Pourquoi cette date? Le 10 mai.

En 2001 fut adoptée

à l'unanimité par le Sénat

la loi dite Taubira.

Et je salue ici la présence

de la garde des Sceaux.

Pour la première fois, en effet,

la République reconnaissait

la réalité de l'esclavage

et la considérait pour ce

qu'elle était et est encore:

un crime contre l'humanité.

Mais ici, si l'esclavage

a disparu, la haine, le mépris

qui l'ont rendu possible

sont eux, toujours là.

Le racisme est là et lui,

il n'est pas mort. Il prend

d'autres formes, d'autres

visages, s'attaque à d'autres

personnes. Mais il doit toujours

être combattu sans répit,

sans faiblesse, sans silence.


NARRATRICE

La lutte contre le racisme

consacré au plus haut

niveau de l'État. Mais

les paroles sont-elles

à la hauteur des actes?


FRANÇOIS HOLLANDE

… Ou la couleur

de peau, parce que

la discrimination, c'est

un poison contre l'égalité.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Que ce jour de commémoration existe,

en présence du président, est important.

Je ne savais pas que la France

avait été impliquée à ce point

dans la traite. Que le gouvernement

soit là pour reconnaître cette

responsabilité et en parler,

c’est primordial!

C’est un très grand événement

et je suis vraiment content

d’y avoir assisté.


MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT 1

(Propos traduits de l’anglais)

Merci beaucoup.


MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT 2

(Propos traduits de l’anglais)

Oui, merci.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Nous devrions faire la même chose

aux États-Unis. Peut-être

serons-nous les leaders qui y arriveront!


Au ministère de la Justice, pour la commémoration du 10 mai, CHRISTIANE TAUBIRA donne un discours devant, entre autres, le groupe de THIONE NIANG.


CHRISTIANE TAUBIRA

Je vous remercie très, très

chaleureusement d'être présents,

d'avoir accepté cette invitation

d'être avec nous ce soir

pour partager ce moment.

C'est un documentaire

d'Angela Davis avec

des problématiques de

l'égalité, donc, des droits

civiques pour tous. C'est

un engagement de liberté.

C'est un sujet toujours

d'actualité, un sujet

inépuisable, parce que nous

aurons toujours à nous battre

pour la liberté pour faire

entendre des voix différentes,

divergentes, dissonantes,

mais des voix singulières

et surtout, des voix

qui sont toutes légitimes.


NARRATRICE

Angela Davis, militante

communiste, féministe,

emprisonnée en raison de

ses engagements contre le

racisme, est une figure de la

rébellion contre l'oppression.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Votre combat est juste.


CHRISTIANE TAUBIRA

(Propos traduits de l’anglais)

Merci!


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Que Dieu vous bénisse!

Merci pour tout.


NARRATRICE

La ministre française commémore

l'anniversaire de la loi qui

porte son nom avec panache.


CHRISTIANE TAUBIRA

(Propos traduits de l’anglais)

Merci d’être venus|


THIONE NIANG

Merci beaucoup, merci.


La MEMBRE DU GROUPE GIVE 1 PROJECT 3 en France s’approche de CHRISTIANE TAUBIRA pour faire signer un livre.


CHRISTIANE TAUBIRA

Ah ouais, mais vous êtes

du groupe aussi, pardon.


MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT 3

Oui, mais moi,

je suis Française.

Une petite question…

Pourquoi avoir choisi un film

sur une Américaine pour

ce jour du 10 mai?


CHRISTIANE TAUBIRA

Angela, par ses combats, par

ce qu'elle est, elle mobilise.

C'est quand même un fermier

blanc qui hypothèque sa ferme,

il a sa famille, il hypothèque

sa ferme pour verser sa caution.


MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT 3

Tout en sachant les problèmes

que ça allait lui apporter.


CHRISTIANE TAUBIRA

Exactement. Donc, voilà.

Moi, je dis que là, il y a

un enseignement qui rappelle,

justement, que nous appartenons

à l'espèce humaine, quelles

que soient nos cultures.

Donc, moi, je trouvais

que c'était le film, pour

aujourd'hui, c'était LE film.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

C’était incroyable pour moi

que Christiane Taubira projette

«Free Angela». Je n’imagine pas

un membre de notre gouvernement

parrainer un film sur un prisonnier

politique d’un autre pays.

C’est intéressant et rafraîchissant

de voir que c’est possible!

Elle a une très grande ouverture d’esprit

pour faire cela et personne

n’a semblé choqué!


Dans les rues de Paris, le groupe de THIONE NIANG se mêle aux passants pour assister à une prestation de patin à roues alignées. La foule acclame la performance d’un athlète. Puis, sous les encouragements de la foule, une des membres du groupe de THIONE NIANG va dans la rue et fait une danse.


NARRATRICE

En France, la numéro 3 du

gouvernement est une femme noire

qui arbore fièrement des

tresses? Le pays vivrait-il

en harmonie avec ses minorités?

Tout n'est pas si simple.

Certaines blessures ne sont

toujours pas cicatrisées.

Djaidja Toumi est à

l'origine d'un événement

sans précédent qui

a marqué l'histoire de France.


DJAIDJA TOUMI arrive dans un restaurant où sont rassemblés le groupe de THIONE NIANG et le groupe Give 1 Project de France.


DJAIDJA TOUMI

Bonjour, enchanté.


AMINATA

Enchantée, Aminata. Bienvenue.


DJAIDJA TOUMI

Enchanté. Je sais

pas si je le dis…


AMINATA

C'est pas grave.


DJAIDJA TOUMI

Bonjour.


DANINA

Bonjour, Danina.


DJAIDJA TOUMI

Enchanté. Je m'appelle

Djaidja Toumi. J'ai été

l'instigateur, l'initiateur

de la marche des années 1883.


DANINA traduit les propos de DJAIDJA TOUMI au groupe de THIONE NIANG.


DJAIDJA TOUMI

Dans les années 1980-1983…

Alors…

les tensions, les injustices

contre les Français

des minorités avaient

atteint un tel paroxysme.

La vie, elle ne valait pas

très cher. On tuait, on tuait.

C'était la chasse ouverte,

on disait. Il faut savoir

que cette période, c'est

une centaine de morts.


Des images d’archives montrent différentes affiches pendant une manifestation qui font état de gens qui se sont fait assassiner. Puis, une foule manifeste dans les rues de Paris avec ces affiches.


DJAIDJA TOUMI

Juin, il y a la police qui lâche

un chien sur un jeune maghrébin.

Je suis intervenu seulement pour

un esprit de justice. Et là,

le policier m'a tiré dessus.

Alors, sur mon lit d'hôpital,

j'ai dit: «Non, mais il

faut pas que ça dure. Il faut

faire quelque chose.»

Vous avez ce grand homme, paix

à son âme, qui est Martin Luther

King, qui a dit: «Aucune loi

sur cette Terre ne forcera

mon ennemi à m'aimer.

Mais la loi peut lui

interdire de me lyncher.»

Alors, je dis: «Il faut faire

une marche.» Parce que

j'avais à l'idée que

ces marches outre-Atlantique

et aussi indiennes, Gandhi…

La marche, elle va commencer

le 15 octobre pour terminer

le 3 décembre à Paris.

On a commencé à 15 et on s'est

retrouvés à Paris à 100 000

personnes. Il faut savoir que

la marche, il y a un événement,

c'est choquant et bouleversant

qui va la «booster»

malgré nous. C'est trois

légionnaires qui vont massacrer

un jeune dans un train.


DANINA

(Propos traduits de l’anglais)

Oh mon Dieu! Ils l’ont attrapé

et l’ont jeté hors du train!


Des images d’archives montrent le reportage couvrant l’événement.


PRÉSENTATEUR DE NOUVELLES 1

Les trois meurtriers présumés

du jeune Algérien précipité

du train Bordeaux-Vintimille

dans la nuit de lundi à mardi,

ces trois hommes ont été

inculpés d'homicide volontaire.

Ils ont reconnu les faits.

Au départ, ils étaient quatre

jeunes gens et un instructeur

de la Légion étrangère et ils

avaient bu. Et dans la nuit, ils

ont commis cet horrible crime

raciste. Max Gallo, le

porte-parole du gouvernement

s'est exprimé sur cette

affaire cet après-midi.


Au palais de justice de Toulouse, les trois inculpés en attente de leur procès sont présentés.


MAX GALLO

Le gouvernement tient

à marquer son indignation

et à exprimer sa détermination

à lutter contre toutes

les formes de racisme.

Il appelle chaque citoyen

à prendre conscience du fait

que le racisme est un cancer

qui ronge les fondements

démocratiques d'une société.


Des images d’archives montrent les manifestants lors de la marche organisée par DJAIDJA TOUMI.


NARRATRICE

20 ans à peine après la fin de

la guerre coloniale d'Algérie,

c'est la violence raciste qui

saute aux yeux des Français.

Les visages basanés de ceux

dont les parents étaient naguère

des indigènes surgissent

sur les petits écrans

et dans les pages des journaux.

Pendant près de deux mois, ils

traversent la France des villes

et des campagnes jour et nuit,

provoquant plus de 400 débats

qui questionnent sans le dire ce

que l'on n'appelait pas encore

les «entités nationales».

Pacifiques, aux antipodes

des clichés qui les décrivent

volontiers comme violents,

ils marchent, inspirés

de leurs aînés: Gandhi

et Martin Luther King.

C'est les premières

manifestations antiracistes

d'envergure nationale

de l'histoire de France.

Les enfants d'immigrés

postcoloniaux font une entrée

fracassante sur la scène

publique. Et leur arrivée

triomphale à Paris frappe

l'opinion et les politiques.


PRÉSENTATEUR DE NOUVELLES 2

Une délégation de ces

marcheurs a été reçue il y a

quelques minutes par François

Mitterand à l'Élysée. Elle est

composée de huit personnes:

quatre Français et quatre

immigrés dont le jeune Toumi

Djaidja des Minguettes à

Vénissieux qui est à l'origine,

effectivement, donc, de

cette marche. Nous allons

écouter leurs réactions.


Des images d’archives montrent François Mitterand en compagnie des représentants de la marche, dont DJAIDJA TOUMI plus jeune, au palais de l’Élysée à 19 heures.


DJAIDJA TOUMI

Eh bien, écoutez. En partant

de Marseille, il s'est passé

qu'on lançait un message de

paix, un message pour l'égalité,

contre le racisme. On voit

qu'aujourd'hui, par le monde

de personnes qui sont venues,

il a été entendu, et même

par le président Mitterand.


NARRATRICE

Dans les colonnes des

journaux, la marche pour

l'égalité et contre le racisme

devient la marche des Beurs.

Ces jeunes, réduits à

leur condition de seconde

génération, ne réclamaient

pourtant qu'une seule chose:

l'égalité. Simplement.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Le mouvement des droits civiques

aux États-Unis a dû manifester

et combattre pendant

de nombreuses années.

A-t-il fallu maintenir la pression

pour obtenir certains changements?


DJAIDJA TOUMI

Nous, on marche toujours!


DANINA

(Propos traduits de l’anglais)

Il marche toujours!


DANINA rigole.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Il a marché de Marseille à Paris,

à son arrivée, il y avait

100 000 personnes.

Et personne ne sait qui il est?

C’est dommage, car si

plus de personnes savaient

ce qu’il a réalisé, elles auraient

plus conscience de ce qu’elles

sont capables de faire.

Elles ne croiraient pas

leurs situations totalement désespérées.

Elles pourraient s’inspirer

de ce qu’il a fait et utiliser cela

pour créer plus d’égalité dans ce pays.

Alors, j’espère que plus de gens

vont découvrir qui il est

et davantage faire appel à lui.

Il est encore là, il peut raconter

ce qu’il a fait et aider à mettre

en évidence les problèmes.

Connaître sa propre histoire

est très important, alors j’espère

que les gens entendront davantage

parler de lui.


RAHIEL TESFAMARIAM

(Propos traduits de l’anglais)

En le voyant marcher dans la rue,

on ne devinerait jamais qu’en France,

il a changé le cours de l’histoire.

C’est à cela qu’on reconnaît

les vrais héros. Ils agissent

par amour des gens et pas pour

obtenir une quelconque récompense.


Le groupe de THIONE NIANG entre dans la salle du Sénat en France pour y rencontrer BARIZA KHIARI, la vice-présidente du Sénat.


NARRATRICE

Surprise lors de la visite de

la chambre haute du parlement.

En ces lieux où les Français

d'origine maghrébine se comptent

encore sur les doigts d'une

main, rencontre avec l'exception

qui confirme la règle.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

La vice-présidente du Sénat.

(Propos en français)

Je vous laisse la parole.


BARIZA KHIARI

Bien, écoutez, en

France, l'égalité est

inscrite dans nos gènes,

mais résultat des courses,

l'égalité est tellement inscrite

qu'elle n'est pas réelle. Si

moi, je suis arrivée à un niveau

extrêmement important alors

que je suis d'origine arabe, que

je suis de religion musulmane,

c'est vraiment quelque chose

d'assez rare. C'est possible,

mais ce sont des réussites

individuelles. Et maintenant,

il faut donner la possibilité

à d'autres. Le gouvernement

de François Hollande devrait

faire un effort en matière

de nomination, du volontarisme

politique. Et je pense que

pour le moment, ce n'est pas

fait. Et moi, je suis un peu

déçue de ce point de vue là.


JEUNE HOMME 1

(Propos traduits de l’anglais)

Votre histoire m’inspire du respect

parce qu’aux États-Unis,

des responsables politiques

de haut rang issus des minorités

ont dû changer de nom

ou de religion pour se présenter

aux élections.


BARIZA KHIARI

Si nos parents, ou nos

grands-parents, parce qu'il

y a plusieurs générations

maintenant, ont été dans ce que

j'appelle… ont rasé les murs

par rapport à leurs origines,

nous, nous refusons cela.

Nous refusons le déni,

nous refusons de nous renier.

On le refuse et on veut être

accepté. On veut accepter

la nation française dans tout

ce qu'elle a d'exceptionnel,

de magnifique, etc., sans renier

ce que nous sommes au très,

très profond de nous-mêmes.

Moi, je pense qu'on ne peut pas

bien servir les autres si on

n'est pas soi-même. Quand on est

sûr de qui on est, d'où

l'on vient, on peut savoir

où on va. Ah oui, je dis:

«Farouchement républicaine

et sereinement musulmane».


JEUNE FEMME 2

(langue_etrangere=EN]I like that.[/langue_etrangere)


MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT 4

Moi, en fait, ma question:

il y a quelques jours, on a

eu l'occasion d'écouter le

témoignage de Toumi Djaidja.

Qu'est-ce qui a changé depuis?


BARIZA KHIARI

J'ai accueilli Toumi

quand il est arrivé à Paris.

La marche, c'était la marche

pour l'égalité. C'est devenu

par la grâce des médias

la «marche des Beurs».


JEUNE FEMME 2

(Propos traduits de l’anglais)

La marche quoi?


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

Des Beurs!


JEUNE FEMME 2

(Propos traduits de l’anglais)

Les Beurres, c’est quoi?


THIONE NIANG

Beurre qu’on mange?


BARIZA KHIARI

Les Rebeus, les Rebeus à l’envers.


THIONE NIANG

Je ne savais pas que

les sénateurs parlaient l’argot!


Tout le monde rigole.


BARIZA KHIARI

C'est devenu la marche

des Beurs et puis après,

il y a eu tout un vocabulaire

pour nous désigner jusqu'au

mot «diversité».

Il y a eu «Beurs», il y a

eu «enfants d'immigrés»,

il y a eu «musulmans»,

il y a eu «terroristes»,

il y a eu «extrémistes».

Quand allons-nous tout

simplement être Français?


Le groupe de THIONE NIANG arrive à Montmartre alors que des musiciens jouent du jazz. Le groupe de THINONE NIANG rencontre JAKE LAMAR, un écrivain américain.


NARRATRICE

Montmartre, le Paris d'Amélie

Poulin. L'écrivain américain

Jake Lamar a choisi la France

et s'y épanouit depuis 20 ans.

Au-delà de l'attrait culturel

de la ville, quelle est son

expérience de Noir à Paris?


JAKE LAMAR

C'est une belle coïncidence,

parce que les Français

ont découvert la culture

africaine-américaine par

le jazz quand les soldats noirs

américains sont arrivés en 1917,

1918, ils ont emmené le jazz

en France, à la France. Et de

voir un petit groupe français

jouer la musique de notre

peuple, c'est touchant.


THIONE NIANG

Voilà!


JAKE LAMAR amène le groupe de THIONE NIANG devant un présentoir d’une boutique vendant des napperons. JAKE LAMAR prend un napperon représentant un homme noir buvant une boisson chaude et portant un fez, un chapeau traditionnel sénégalais.


JAKE LAMAR

Pardon. Merci.

(Propos traduits de l’anglais)

C’est une marque de boisson

chocolatée qui s’appelle Banania.

C’est comme l’image d’Uncle Ben’s.

Mais la marque s’inspire

des tirailleurs sénégalais.

Les tirailleurs sénégalais ont combattu

pour la France pendant

la Première Guerre mondiale.

Ils sont célèbres pour leurs chapeaux!

Le personnage de Banania

les tourne en ridicule.

Les courageux guerriers sénégalais

sont transformés en caricature raciste.

En général, on le voit buvant son bol

de lait et disant: «Y’a bon!»

Ça veut dire «C’est bon!» en pseudo

argot sénégalais.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

Quand nous étions dans le dix-huitième

arrondissement et que nous avons vu

la publicité Banania, pour moi,

ce n’était pas un choc!

Je ne connaissais pas la marque,

mais elle me rappelait tellement

les marques américaines Uncle Ben’s

pour le riz ou Aunt Jemima

pour le mélange à crêpes.

En revanche, ce qui m’a choquée,

c’est qu’en 2013, on vende encore

cela dans les rues de Paris.


De retour à Montmartre en compagnie de JAKE LAMAR.


JAKE LAMAR

(Propos traduits de l’anglais)

En Amérique, le racisme est vraiment

lié à la couleur, c’est noir et blanc

et ça se voit! Ici, le racisme

est beaucoup plus subtil

et beaucoup plus compliqué.

J’ai déjà été arrêté par la police

sans autre raison que celle d’être

un homme noir au mauvais endroit,

au mauvais moment.

Quand je montre mes papiers

et qu’ils voient que je suis

Américain, il n’y a plus

de problèmes. Pour mes amis

Africains, Nord-Africains

ou Caribéens, ce n’est pas

aussi simple. C’est très lié

à l’histoire coloniale de la France

et aux pesanteurs qui en découlent.

Le cas de l’Algérie est particulier

à cause de la guerre d’indépendance

sanglante. Mais en France

et en Europe en général,

les questions raciales

sont toujours liées à l’immigration.

Il y a donc une idée très répandue:

«Ces gens viennent d’ailleurs

et prennent le contrôle

de notre culture!


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Pensez-vous que c’est comparable

avec le ressenti de l’immigration

aux États-Unis, particulièrement

l’immigration latino?

Car même si nous avons

des immigrés du monde entier,

on se focalise surtout sur les Latinos!


JAKE LAMAR

(Propos traduits de l’anglais)

Oui, absolument! La situation

des Latinos aux États-Unis

est plus proche des minorités

en France que celle

des Noirs américains.


JEUNE HOMME 2

(Propos traduits de l’anglais)

Nous avons une idée de ce

parallèle puisque nous travaillons

dans le domaine des droits civiques.

Qu’est-ce que ça veut dire pour

vous qui habitez ici depuis

longtemps et qui êtes intéressé

par ces questions de justice sociale?


JAKE LAMAR

(Propos traduits de l’anglais)

Il y a eu un gros changement en France.

Il y a eu des émeutes en 2005.

Elles ont commencé en Seine–Saint-Denis

et se sont propagées

à des communautés de minorités

dans toute la France.

Cela a été un véritable traumatisme

pour la nation. Je pense que

ça a été la fin du déni.


Le groupe de THIONE NIANG arrive à Clichy-sous-Bois en Seine–Saint-Denis pour y rencontrer Fatima Hani, porte-parole d’ACLEFEU et ses membres.


NARRATRICE

À 15 kilomètres à peine, c'est

un monde qui sépare Paris la

Magnifique de Clichy-sous-Bois.

Implantée dans cette ville de

banlieue pauvre, l'association

AC LE FEU en témoigne.


FATIMA HANI

(Propos traduits de l’anglais)

Quelque chose d’extrêmement tragique

s’est produit ici entre octobre

et novembre 2005.

Tout a commencé le 27 octobre 2005

suite à la mort de deux adolescents.

Ils revenaient d’un match de football.

Ils ont eu peur en voyant la police

et se sont réfugiés dans

un transformateur EDF.

Ils étaient terrifiés!

Cette tragédie a choqué l’ensemble

des habitants de la ville,

chacun d’entre nous.

Tout le monde attendait

des explications quant

aux circonstances exactes

de leurs morts. Et pourquoi,

à cause de la police,

ces deux jeunes étaient morts!

À Clichy-sous-Bois, les révoltes

ont duré six nuits.

Jour et nuit, les voitures ont brûlé,

la police et les jeunes

se sont affrontés. Il y avait

des centaines et des centaines

de CRS face aux jeunes

qui voulaient comprendre

ce qui était arrivé.


Des images d’archives montrent les policiers à Clichy-sous-Bois courir à l’assaut des manifestants en tirant des coups de feu.


FATIMA HANI

(Propos traduits de l’anglais)

Les jeunes, mais aussi les personnes âgées,

les femmes, les mères, les pères,

tout le monde est descendu

dans la rue.


Des MANIFESTANTS marchent dans les rues de Clichy-sous-Bois.


MANIFESTANTS

Être jeune n'est pas un délit!

Être jeune n'est pas un délit!


Des policiers utilisent leur sifflet pour tenter de stopper les MANIFESTANTS qui crient leur mécontentement.


FATIMA HANI

(Propos traduits de l’anglais)

On devait envoyer un message fort

au gouvernement parce que le problème

allait au-delà de la mort

des deux adolescents.

C’était un problème politique.

Je veux dire que pour les gens

comme nous, nés en France,

l’apparence, la couleur et l’endroit

d’où viennent nos parents

jouent en notre défaveur

parce qu’ils n’acceptent pas

les gens comme nous!

Ce qui s’est passé ensuite

est très important.

Les émeutes se sont étendues

aux autres villes de toute

la France au sud, au nord,

à l’ouest, partout!


Des images d’archives montrent le reportage couvrant l’événement.


PRÉSENTATEUR DE NOUVELLES 3

Pour la première fois depuis

le déclenchement de ces émeutes,

les incendies volontaires

ont été plus nombreux en région.

Près de 1000 voitures y ont été

brûlées et les incendiaires

ont également pris pour cible

des églises, des locaux

de police, des écoles

et des entreprises. Le point

avec Jean-Pierre Ferré,

le correspondant en région.


Des images montrent des policiers patrouillant dans les rues de Toulouse puis des pompiers éteignant un incendie.


JEAN-PIERRE FERRÉ (Narrateur)

C'est le plus lourd bilan

enregistré en une nuit depuis

le début des émeutes depuis

le 27 octobre, il y a 11 jours

maintenant. Ces images

de la nuit dernière ont été

filmées à Toulouse, mais elles

pourraient provenir de Lisle,

de Clermont-Ferrand ou de Rouen,

car ce sont sensiblement

les mêmes scènes qui

se sont reproduites

sur l'ensemble du territoire.


De retour à la rencontre du groupe de THIONE NIANG avec FATIMA HANI.


FATIMA HANI

(Propos traduits de l’anglais)

Nous avons décidé de faire

quelque chose pour arrêter

les incendies dans nos villes

parce que c’était mauvais pour nous.

En effet, c’était nos propres voitures,

nos écoles, etc.…

Nous brûlions nos propres affaires.

Nous avons décidé de créer

une association qui s’appelle

ACLEFEU. Nous avons décidé

de nous battre, de changer

nos vies, de changer la condition

de nos enfants ainsi que celle

de nos parents. Nos parents

arrivés ici en France après

la Seconde Guerre mondiale

et la colonisation!


MEMBRE D’ACLEFU

Je n'ai qu'une envie, c'est

que les choses, elles changent,

et qu'il y a toujours

ceux qui marchent encore

derrière les gens qui ont

marché il y a 30 ans et

il y a ceux qui marchent encore.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

J’ai déjà vu des cités comme ça

en Amérique. Il y en a

à Brooklyn, dans le Bronx,

à Détroit. Toutes les grandes villes

en Amérique ont leurs cités.

Mais être en France, dans un pays

dont je n’avais jamais vu que

de superbes images

et découvrir ces bâtiments

de 20-25 étages

aux fenêtres cassées

ou condamnées. Les gens

vivent dans des immeubles

dont l’appartement voisin

a des fenêtres cassées.

C’était choquant de voir

que les problèmes de

ces populations sont les mêmes

en France et aux États-Unis!


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Très souvent, et nous l’avons vu

lors des émeutes ici

aux États-Unis, les gens

défoulent leur rage sur

leur propre communauté.

Et ils cognent sur leur

communauté plutôt que de l’aider.

Il faut que les gens apprennent

à canaliser leur colère

et leur rage! Et qu’ils s’en servent

pour transformer

leurs communautés,

les droits qu’ils cherchent

à obtenir. Ils doivent s’attaquer

aux injustices auxquelles

ils sont confrontés.

Mais bien sûr, le souvenir

de ces deux adolescents

ne devrait pas être lié au fait

que leur communauté ait brûlé.

Espérons que leur mort servira

un jour à en éviter d’autres!


RAHIEL TESFAMARIAM

(Propos traduits de l’anglais)

Au moment où on nous parlait

de ces émeutes en France

et comment les jeunes brutalisés

par la police avaient décidé

de descendre dans la rue

déverser leur rage, nous avions

un débat similaire aux États-Unis.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

La relation avec la police

et la capacité à lui faire confiance

n’existent pas! Je n’ose imaginer

la peur que ces deux adolescents

ont dû éprouver. Et savoir

qu’en essayant de fuir,

ils sont morts!

Désolée, je vais pleurer.

Je ne connais pas les mots

qui peuvent décrire

ce que je ressens!


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

Un de mes cousins de 18 ou 19 ans

a été tué par la police. Il a reçu

huit ou neuf balles. Vous savez,

beaucoup de nos questions

sont toujours sans réponse

et nous devons vivre avec ça!


RAHIEL TESFAMARIAM

(Propos traduits de l’anglais)

Il y a toujours et partout des jeunes

qui meurent et la question

de comment obtenir justice

qui reste sans réponse.

C’est devenu une question

internationale avec la mort

de Trayvon Martin. Pour moi,

c’est très triste, la façon

dont nous traitons ces questions

évidemment liées aux problématiques

raciales et sociales

à l’échelle mondiale.

Mais que nous puissions nous haïr

à cause de nos différences

au point de tuer des jeunes,

c’est très douloureux pour moi.


À Cergy-Val d’Oise, le groupe de THIONE NIANG participe au festival Art May.


NARRATRICE

Contre la stigmatisation,

les banlieusards s'organisent.

À Cergy, le festival Art May,

organisé par l'association AGPR

dévouée au maintien du tissu

social, plonge le groupe dans

une ambiance musicale familière.


Des participants, séparés par sexe, se placent de chaque côté d’une corde pour la tirer et tenter d’amener l’autre équipe dans la zone du milieu, le tout supervisé par un ANIMATEUR.


ANIMATEUR 2

(Propos traduits de l’anglais)

Trois, deux, un!

(Propos en français)

Tirez!

Tirez, tirez, tirez, tirez!


Les filles et les garçons tirent sur la corde en criant et en riant.


ANIMATEUR 2

Allez, les filles!

Allez, les filles!

Allez, les filles! Allez!


Les filles réussissent à amener les garçons dans la zone du milieu et poussent des cris de joie.


ANIMATEUR 2

OK, OK!


Par la suite, un MEMBRE DE GIVE 1 PROJECT en France pose une question à JANAYE INGRAM.


MEMBRE de GIVE 1 PROJECT 5

Comment tu fais avec ton

organisation pour chercher des

financements, pour les trouver,

vu que l'État n'intervient

pas directement dans

votre organisation pour

aider votre organisation

à faire des actions?


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Aux États-Unis, ce sont

les entreprises qui soutiennent

financièrement les organisations

et les associations. Pour avoir

les Afro-Américains comme clients,

les entreprises doivent faire

du mécénat. Elles donnent

de l’argent à la communauté

et il y a un bon retour

sur investissement.

Il faudrait des partenariats

entre les secteurs publics,

privés et les organisations

à but non lucratif pour

travailler ensemble

pour le bien de la communauté.

S’il n’y a pas d’emplois

et si les gens ne gagnent

pas d’argent, les entreprises

en souffriront.


Le groupe de THIONE NIANG assiste à une prestation de jeunes RAPPEURS.


RAPPEUR 1

On rappe avec le coeur

On fait pas ça pour la monnaie

Punch line sur punch line

Crois-nous c'est pas donné

Mental d'acier

Mais nos flows vont cartonner


RAPPEUR 2

T'as l'air parano

mais y'a que sur Twitter

qu'on te suit

Ton équipe protège les ponts

C'est la défaite que t'essuies

Dans la street aucune survie

C'est un peu comme au loto ouais

Si la vie c'était comme le foot

Je tirerais jamais sur mes potos


RAHIEL TESFAMARIAM

(Propos traduits de l’anglais)

Où que ce soit dans le monde,

quand je voyage et que je retrouve

le monde du hip-hop,

je suis fascinée. Quelque chose

qui a commencé ici

dans le Bronx est désormais

un mouvement qui touche

des millions de personnes

à travers le monde!

Je pense à l’effet qu’il a sur

les gens qui se sentent opprimés.

Et l’entendre dans différentes

langues, en français par exemple,

c’est magnifique!

Les [mot_etranger=EN]beats[/mot_etranger]

sont universels et la musique va

bien au-delà des mots!

Même si les paroles

ne sont pas comprises en Amérique,

les [mot_etranger=EN]beats[/mot_etranger]

le sont parce qu’ils sont universels!

Si les [mot_etranger=EN]beats[/mot_etranger]

sont bons, tout le monde bat la mesure.


Puis, le groupe de THIONE NIANG rencontre MABOULA SOUMAHORO, NAMISATA SOUMAHORO et RACHIDA NACEUR.


NARRATRICE

Souvent, les Français

d'origine étrangère doivent

faire leurs preuves à l'étranger

pour être reconnus dans

leur propre pays. Après

dix ans aux États-Unis,

Maboula Soumahoro est

aujourd'hui une universitaire

reconnue en France.

Rachida Naceur et Namisata

Soumahoro, quant à elles, ont

fait le choix de rester aux

États-Unis. Ensemble, elles ont

importé le concept américain du

Blakc History Month,

le mois

consacré à l'histoire des Noirs.


MABOULA SOUMAHORO

(Propos traduits de l’anglais)

Je m’appelle Maboula Soumahoro,

je suis professeure à l’Université

de Tours, ici en France.

Je suis docteure en études

américaines et afro-américaines.

J’ai également enseigné

à l’université de Columbia

et à Bennington College.

L’année dernière en février,

nous avons lancé

notre première édition de

l’équivalent français du

Black History Month

et cette année, nous venons

d’organiser la deuxième

édition française du

Black History Month

renommé Africana. Nous voulons

promouvoir et célébrer

l’histoire des cultures noires.

Pour cette édition, j’ai travaillé

avec Namisata Soumahoro

et Rachida Naceur et nous

avons déplacé le Black History Month

en mai en hommage à la loi Taubira.

Nous voulions rendre

notre événement plus français.

Plus français parce que

nous ressentons un manque

de modèles et figures

historiques en France.

Les personnes d’ascendance

africaine, au sens large,

se tournent souvent vers

les États-Unis pour trouver

des modèles de lutte.

Par exemple, le Mouvement

des droits civiques,

Martin Luther King, Malcolm X

ou les Black Panthers!

Nous croyons que nous pouvons

avoir nos propres références

en France, il faut simplement

apprendre à les connaître

et les célébrer.


JEUNE FEMME 3

(Propos traduits de l’anglais)

Dans les publicités sur la France,

on n’en voit jamais!

Demandez à n’importe qui

de vous citer un nom d’acteur

français, il ne citera jamais

celui d’un acteur noir ou arabe!


JEUNE FEMME 4

(Propos traduits de l’anglais)

Oui!


JEUNE FEMME 3

(Propos traduits de l’anglais)

Quelles sont les grandes différences

que vous avez observées

entre les Noirs en France

et les Noirs en Amérique?


MABOULA SOUMAHORO

(Propos traduits de l’anglais)

L’histoire de l’esclavage,

ce n’est pas mon histoire.

L’histoire du racisme traditionnel,

de l’exclusion et de

la marginalisation

des Afro-Américains aux États-Unis,

ce n’est pas mon histoire.

Pour les Américains, je suis

une Noire très «convenable».

Je suis Noire, je peux bénéficier

des mesures en faveur

des gens de couleur

et je n’ai aucun contentieux

dû au passé à régler

avec les États-Unis! Alors,

je suis une fille noire,

Africaine d’origine et Française.

Ils n’en reviennent pas:

«Oh mon Dieu, vous êtes

si ouverte, si cultivée!»

Et tout est donc plus facile

pour moi. En France aussi,

on me demande constamment

d’où je viens. Ce qui m’agace,

c’est que ma réponse change rien

à la conversation. Je pourrais

mentir et dire que je viens

du Sénégal, personne ne s’en

soucierait. Que je dise «Je viens

du Kenya» ou que je dise «Je viens

d’Afrique du Sud», c’est pareil!

Parce que quand les gens

vous demandent d’où vous êtes,

ils cherchent uniquement

à être rassurés. Ils veulent

vous entendre dire que vous

êtes d’ailleurs. Pour moi,

ce sont des simulacres

de conversations, car ils

ne s’intéressent pas à mon

histoire. Aux États-Unis,

les gens me demandaient

constamment d’où je venais,

ça ne me posait évidemment

aucun problème. J’étais étrangère.

Mais comment donner du sens

à cette sensation de se sentir

étrangère dans son propre pays?


RACHIDA NACEUR

(Propos traduits de l’anglais)

Nous avons grandi dans l’illusion

que nous étions tous pareils,

tous Français, et qu’il n’y avait

qu’un seul type de Français.

La devise de la France, c’est:

Liberté. Égalité. Fraternité.

Nous avons grandi dans l’idée

que nous étions comme eux,

mais chaque jour nous apportait

la preuve du contraire.

L’État est laïc, mais les vacances

sont basées sur le calendrier

chrétien. C’est schizophrène

et cela relève de la psychiatrie!


NAMISATA SOUMAHORO

(Propos traduits de l’anglais)

Le temps est venu de dire que

nous sommes Français, de dire:

«Je suis Noire et je suis Française,

je suis née ici et je suis Française.»

Que cela vous plaise ou non,

c’est comme ça!


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Je n’ai jamais posé

cette question à voix haute,

mais je l’ai toujours à l’esprit:

viendra-t-il un jour

où la race ne sera plus déterminante?

Cette question silencieuse,

jusqu’à maintenant sans réponse,

ne quitte pas mon esprit.

Oui, j’y crois forcément,

j’ai consacré ma vie au fait

de faire progresser l’égalité

et pas seulement l’égalité raciale,

mais aussi l’égalité socioéconomique…


MABOULA SOUMAHORO

(Propos traduits de l’anglais)

Il faut réfléchir à ces questions

et bien comprendre comment

on peut corriger la situation.

Il ne s’agit pas d’être gentil.

Il s’agit d’être juste. C’est vraiment

une question de pouvoir

et de privilège. Il faut partager.

Si une catégorie gagne quelque chose,

l’autre catégorie devra perdre

quelque chose.


TINA FLETCHER

(Propos traduits de l’anglais)

En Amérique, lorsqu’une personne

me demande d’où je viens,

ce qu’elle cherche à savoir,

c’est de quel État je viens.

C’est mon accent,

plus que ma couleur de peau,

qui fait qu’on me demande

d’où je viens.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Beaucoup de Noirs américains

qui sont ici du faire de la traite

négrière veulent savoir d’où

leurs ancêtres sont venus.

C’est le chaînon manquant,

on ne peut retracer son histoire

que jusqu’à ce navire négrier

si on a la chance de pouvoir

remonter aussi loin. Très souvent,

les gens étaient vendus

et l’histoire orale ne pouvait pas

être transmise dans son intégralité.

Une partie de votre histoire

fait défaut, le fait d’avoir une idée

d’où vous venez, de quelle culture,

de ce à quoi vos ancêtres

ressemblaient, ce qu’ils faisaient.


Plus tard, le groupe de THIONE NIANG mange dans un restaurant.


NARRATRICE

Le périple s'achève autour

d'un savoureux couscous, repas

traditionnel du Maghreb devenu

le plat préféré des Français.

Tout un symbole.


JEUNE FEMME 1

(Propos traduits de l’anglais)

Quand nous sommes arrivés ici,

nous ne savions vraiment pas

à quoi nous attendre.

Ce que nous avons vécu ici

a largement dépassé toutes

nos attentes du fait de l’accueil

que nous avons reçu, au-delà

de ce que nous avons appris

en termes d’activisme,

de combat pour la liberté.

D’après tout ce que j’ai vu,

les gens de Cergy,

les gens de toutes ces banlieues

sont les gens les plus riches

que j’aie jamais rencontrés.


Tout le monde applaudit.


NARRATRICE

De retour aux États-Unis, c'est

un grand défi qui attend Janaye,

alors que l'anniversaire

de la Marche sur Washington

approche à grands pas.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

La Marche sur Washington

représente quelque chose

de très important pour moi.

Je me rappelle lorsque j’ai

entendu parler de la Marche

et bien évidemment

du discours de Dr King

qui a pris une importance

et un sens qui lui sont propres.

Quand j’étais petite,

je n’imaginais pas qu’un jour,

je serais ici, à planifier

une marche pour poursuivre

le travail de Dr King.

Le fait de participer, de jouer

un rôle dans cette marche

ou même simplement d’être ici,

ça signifie beaucoup pour moi.

Nous avons avancé sur

certains points, notre président

est noir, mais il y a encore

des défis. Par exemple

le taux de chômage

des Afro-Américains est

deux fois plus élevé

que la moyenne nationale,

ça en dit long sur la capacité

des Noirs à créer de la richesse

dans ce pays.


NARRATRICE

Janaye doit s'assurer que les

Américains n'oublient pas que

le rêve de Martin Luther King

n'est toujours pas accompli.


À Washington, JANAYE INGRAM regarde un plan en compagnie d’un GARDIEN DE SÉCURITÉ.


GARDIEN DE SÉCURITÉ

(Propos traduits de l’anglais)

C’est exactement ce que

nous avons vu.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Oui, oui, c’est juste là.


GARDIEN DE SÉCURITÉ

(Propos traduits de l’anglais)

Vous allez d’ici à là,

au lieu de faire ça,

puis vous tournez.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

C’est ça.


GARDIEN DE SÉCURITÉ

(Propos traduits de l’anglais)

C’est plus court.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

C’est plus court, en effet.


JANAYE INGRAM s’adresse maintenant à la réalisatrice.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Maintenant qu’ils sont ici,

vous savez, c’est à eux de jouer.

Je m’assure juste que tout

se déroule sans problème

et en toute sécurité.

Ils ont d’ailleurs l’air de faire

un excellent travail. Ce sont

des professionnels,

donc je ne m’inquiète pas.

Je suis simplement heureuse

d’être ici. Ça prend forme,

ça commence à devenir vrai.


Texte narratif :
Cinquantième anniversaire de La Marche sur Washington


LA FOULE déambule dans les rues de Washington avec des affiches.


NARRATRICE

C'est une foule de 100 000

personnes qui se presse sur les

pas de celles et ceux qui ont

lutté pour les droits civiques.

Le visage de Trayvon

Martin, un adolescent

noir victime d'un meurtre

raciste, est omniprésent.

Au pays d'Obama,

la route est encore longue.


LA FOULE

(Chantant)

(Propos traduits de l’anglais)

♪ Nous triompherons ♪

♪ Nous triompherons un jour ♪

♪ Au fond de mon coeur je le crois ♪

♪ Nous triompherons un jour ♪


Devant le Lincoln Memorial, un PRÉSENTATEUR vient parler sur l’estrade en compagnie de JANAYE INGRAM.


PRÉSENTATEUR 2

(Propos traduits de l’anglais)

Il a fait ce rêve,

nous devons faire équipe!

Aujourd’hui, mesdames et messieurs,

nous avons l’honneur

d’accueillir Janaye Ingram,

la directrice du bureau

de Washington du Natioal

Action Network, Réseau

d’action nationale…


NARRATRICE

Janaye se trouve à l'exact

endroit où se tenait le

révérend King 50 ans plus tôt.

Une nouvelle génération

saisit le flambeau.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Il y a 50 ans, des centaines

de milliers de personnes

sont venues à l’endroit où

nous nous trouvons aujourd'hui.

Elles exigeaient des emplois,

la liberté et voulaient vivre

le rêve américain.

Tous les êtres humains

aspirent à cela: la vie,

la liberté et la poursuite

du bonheur. Aujourd'hui,

nous rendons ici hommage

à leur travail et à ce

qu’ils ont accompli,

mais nous exprimons aussi

nos griefs. Nous appelons

à une action nationale pour

réaliser ce rêve. Nous avons

encore besoin d’emplois,

nous avons encore besoin

de liberté. Sans justice,

il n’y aura pas de paix;

pas de justice, pas de paix!


LA FOULE acclame JANAYE INGRAM.


THIONE NIANG, en compagnie de JANAYE INGRAM, s’adresse à la réalisatrice.


THIONE NIANG

(Propos traduits de l’anglais)

En un mot, j’évoquerais simplement

la gratitude que je ressens.

Je suis très, très indigné

par cette expérience.

Jamais de toute ma vie,

même dans mes rêves

les plus fous, je n’aurais pu

imaginer que je verrais ça.

Au Sénégal, quand j’étais petit,

Docteur King était un véritable héros.

Nous devons ce que nous

sommes aujourd’hui aux

personnes qui nous ont précédés ici.

Elles ne sont pas fatiguées,

elles continuent de se battre

aujourd'hui à près de 70-80 ans!

J’ai vu ici aujourd'hui une dame

de 80 ans. Nous, les trentenaires,

avons énormément de travail à faire.

Tout cela me pousse à faire davantage,

à contribuer davantage,

non seulement pour mon pays,

les États-Unis, mais aussi

pour le monde entier

et à prendre exemple

sur ces jeunes leaders exceptionnels

et très impressionnants

comme Janaye qui nous a

tous inspirés tandis que nous étions

assis à l’écouter.


JANAYE INGRAM

(Propos traduits de l’anglais)

Il faut rester vigilant et faire

en sorte que les victoires

que nous avons obtenues

ne soient pas compromises

par notre incapacité à protéger

ces droits que nous avons conquis.


Plus tard, JANAYE INGRAM fait du kickboxing dans un centre d’entraînement.


Générique de fermeture

Films

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Cinéma
  • Catégorie Documentaire
  • Catégorie Fiction

Résultats filtrés par