Destination Nor'Ouest

Six hommes et trois femmes acceptent de recréer, à bord d'un canot d'écorce, un périple de 2 500 km, identique à celui des Voyageurs du XIXe siècle. Ils veulent reproduire rigoureusement les conditions de voyage de l'époque et, malgré leur inexpérience et leur ignorance les uns des autres, ils veulent aller au bout de leur formidable aventure.

Partager
Image univers Destination Nor'Ouest Image univers Destination Nor'Ouest

Vidéo transcription

Épisode 3

Les vagues du lac Nipissing bousculent le fragile canot d’écorce des Voyageurs. Après de nombreuses heures d’effort, ils sont invités par la communauté des Dokis à jouer une partie de crosse. Les Voyageurs s’amusent et se défoulent, retrouvant une énergie qu’ils croyaient morte. Ils en profitent d’autant plus qu’ils appréhendent devant eux la célèbre French River, première rivière classée du Patrimoine canadien. Certes, ils auront enfin le courant avec eux, avec tout autour un décor magnifique, mais comment se débrouilleront-ils dans les rapides? En effet, leur fragile canot risque à tout moment de se briser. Les risques de se perdre dans les différents chenaux menant à la Baie Georgienne, incroyable labyrinthe même pour les plus expérimentés, n’augurent rien de bon pour le reste de l’aventure.



Année de production: 2000

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

video_transcript_title-fr

NARRATEUR

Destination Nor'Ouest.

100 jours en canot d’écorce.

2 500 kilomètres de

Montréal à Winnipeg.

800 inscriptions

à travers le pays.

Seulement 9 candidats retenus.


Les CANDIDATS sont présentés les uns à la suite des autres, alors que des extraits de l’aventure les mettant en scène sont montrés.


NARRATEUR

Guillaume Morin,

de Chicoutimi.


GUILLAUME MORIN

Fallait jamais,

jamais arrêter de pagayer.

Si le moindrement on perdait la

vitesse, on perdait le contrôle.


NARRATEUR

Youri Cormier, de Québec.


YOURI CORMIER

Se rendre à Winnipeg,

on ne sait pas si on va arriver.

Il va falloir

bûcher, il faut faire du 40,

50 kilomètres par jour.


NARRATEUR

Mikael Rioux,

de Trois-Pistoles.


MIKAEL RIOUX

Tout le monde,

on s’est regardé.

On était convaincu qu’on

avait brisé le bateau, là.


NARRATEUR

Sandrine Desaulniers,

de Val-David.


SANDRINE DESAULNIERS

J’étais comme très

inquiète, très inquiète

de mon état de santé.


NARRATEUR

Christian Pilon, d’Ottawa.


CHRISTIAN PILON

Quand ils ont échappé

le canot sur mon genou,

j’étais prêt à

en étriper une couple.


NARRATEUR

Bob Abrames, d’Ottawa.


BOB ABRAMES

Toute la question avec la

santé, ça m’inquiétait beaucoup.

J’aurais fait

n’importe quoi pour rester.


NARRATEUR

Dominique Henri, de Montréal.


DOMINIQUE HENRI

Ça fait deux semaines

qu’eux pagayent, moi,

je pose des questions.

Je fais des erreurs.


NARRATEUR

Diane Moreau,

de Rouyn-Noranda.


DIANE MOREAU

On ne peut pas tomber à l’eau.

Il n’en est pas question.

Il y en a un qui va

mourir, c’est sûr.


NARRATEUR

Renaud Lafond, de Winnipeg.


RENAUD LAFOND

La descente de ce rapide-là

a été très désastreuse.

Moi, j’étais certain

qu’on allait frapper la roche.


NARRATEUR

Tous réunis pour

une grande aventure.

Pourront-ils faire revivre

une expédition authentique comme

celle des voyageurs de 1806?


NARRATEUR

Lors des derniers épisodes.


Des extraits des derniers épisodes défilent, reprenant l’essentiel de l’aventure jusqu’à présent.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Nos voyageurs sont maintenant

rendus à North Bay, aux portes

du lac Nipissing où je

suis venu les rencontrer.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Ce qui vous attend maintenant,

c’est peut-être moins exigeant

physiquement, mais c’est je

dirais plus périlleux et plus

dangereux pour le canot surtout

parce que vous allez entrer

demain dans le lac Nipissing.

Ensuite, vous allez descendre

la Rivière des Français

et c’est très dangereux.

Il faudra vraiment, Renaud,

que tu sois très, très attentif

partout et tout le temps et

il faudra aussi tous les jours

faire attention au canot, voir

si le canot est bien colmaté.

Ou enfin, il va falloir

le soigner et le fignoler,

le dorloter parce que

c’est lui qui est en danger.


MIKAEL RIOUX

(Filmant le canot appuyé contre un arbre avec la caméra des voyageurs)

On peut seulement voir

que le bateau est magané.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Quand j’ai vu le trou avec les

varangues enlevées, les lattes

de cèdre enlevées puis que

le trou était grand comme ça

par large comme ça, j’ai

fait non, non, moi, j’abandonne.

Je ne suis plus capable.


MIKAEL RIOUX

(Filmant le canot appuyé contre un arbre avec la caméra des voyageurs)

Tous ces petits

nœuds-là, c’est toutes

des petites fissures.

Encore ici en haut, on les

voit, c’est ça les faiblesses

du canot qu’il y avait.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Mes références à moi, tu

patches un canot, il va flotter

pareil, mais les gars

n’avaient pas l’air d’y croire.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Il ne revivra plus, là.

Il est mort.

Moi, dans ma

tête, il était mort.

Il venait de mourir.

Il y a Mikael et Renaud qui

ont taponné dedans pour environ

au moins trois heures, quatre

heures même je pense avant que

j’ose retourner voir le canot.


MIKAEL RIOUX

(Filmant le canot appuyé contre un arbre avec la caméra des voyageurs)

Ça fait que qu’est-ce qu’on a

fait, on a, avec du pitch puis

des bouts de corde, on a fait de

la fibre un peu, comme un style

fibre de verre, puis on a

vraiment rempli cette craque-là

et essayer d’en mettre le plus

possible pour que ça rentre.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Ils ont travaillé dessus, ils

ont travaillé dessus puis là,

à un moment donné, je commence à

regarder puis je fais bon, bien,

ça s’en vient.

Puis j’ai remis

la main à la pâte.


MIKAEL RIOUX

(Filmant le canot appuyé contre un arbre avec la caméra des voyageurs)

Ensuite, Guillaume

a sacrifié son sac puis il a mis

le morceau de tissus par-dessus

tout ça pour solidifier ça.

On va le voir une fois rendu

sur l’eau comment ça va réagir.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Il n’y a pas que l’avenir

du canot qui est incertain.

La santé de Bob

inquiète elle aussi.

Il a déjà perdu 20 livres.

On peut comprendre que

le médecin lui a recommandé

de passer des tests.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Mais toute la question avec

la santé, là, ça m’a inquiété

beaucoup parce que

j’ai pensé tout le temps

ils vont m’enlever.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Puis là, on apprend que

Bob, il s’en va à l’hôpital.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

J’aurais fait

n’importe quoi pour rester.


BOB ABRAMES arrive à l’hôpital de North Bay et discute avec une INIFIRMIÈRE.


INIFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Vous êtes ici pour une prise

de sang?


BOB ABRAMES

(Tenant des propos en anglais)

Blood work I guess, yes.

That's what I'm doing, yes.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après un mois sur l’eau

tout le monde est fatigué.

Plusieurs sont blessés.

Sandrine, elle, a un poignet qui

la fait cruellement souffrir.


SANDRINE DESAULNIERS

(Discutant avec un MÉDECIN)

Christian, je pense

qu’il est knock-out.

Je voulais pas le

déranger avec ça, mais je suis

mieux de le déranger.


MÉDECIN

Mais si tu n’es

pas pour pagayer fais-le pas.


SANDRINE DESAULNIERS

Oui.


MÉDECIN

Garde-le naturel, là.


SANDRINE DESAULNIERS

OK, c’était ça

que j’étais pas sûre. OK.


MÉDECIN

Si tu pagayes, si

tu te trouves à pagayer,

Christian peut le faire.


SANDRINE DESAULNIERS

OK.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

Là, on a commencé

à faire des étirements,

on a fait tout plein de choses.

Ça avait de l’air à aller

mieux il y a deux heures.

Là, quand j’ai décidé que

j’allais me coucher parce que

je ne me sentais pas

très bien, là, c’est parti.

J’ai bu une couple de shots

de rhum puis là, c’est le moral

personnel qui prend un coup.

Ça fait que, oui.


BOB ABRAMES est à l’hôpital et voit ensuite une MÉDECIN.


BOB ABRAMES

(Propos traduits de l’anglais)

Je risque de sentir mauvais.

Je m’en excuse.


MÉDECIN

C’est correct.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

S’il échoue ses examens,

Bob sera obligé d’abandonner.

D’ailleurs, il ne

supporterait pas d’être un poids

pour les autres.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Moi, personnellement, ça m’a

vraiment bouleversée parce que

je me suis dit wow,

si lui, il fait son tough

puis il est capable et

tout ça, j’ai dit wow,

je le suis de pas loin, là, en âge.

J’ai dit oui, ça m’a questionné

et puis finalement, il est

revenu avec un grand sourire

puis il était bien fier de lui

parce que tout allait bien.


DIANE MOREAU

(Accueillant BOB ABRAMES à son retour)

Puis?


BOB ABRAMES

Ça va.


DIANE MOREAU

Oui?


BOB ABRAMES

Oui.


DIANE MOREAU

En top shape?


BOB ABRAMES

Top shape.

Non, ils ont

pris du sang pour...


CHRISTIAN PILON

Faire du troc?


BOB ABRAMES

Du troc, oui.

Ils ont pris du sang pour

savoir si, pour mon cholestérol.

Mais ça me fatigue un peu.

Mais pour rester dans

l’équipe, je vais le faire.


Le 24 juin correspond au jour 27 de l’aventure. Les CANDIDATS s’apprêtent à retourner dans le canot.


SANDRINE DESAULNIERS

Mais là, on est face à un

lac qui est assez mouvementé,

beaucoup de vent, vent de face.

Moi, j’ai un début de

tendinite là ici, la main gauche

puis je ne peux

pas pagayer aujourd’hui.


MIKAEL RIOUX

(S’adressant aux CANDIDATS)

Il paraît que ce lac-là,

il a des roches en plus.

Ça fait que c’est d’autres

difficultés qui s’ajoutent là.


SANDRINE DESAULNIERS

Mais juste l’idée d’embarquer

dans le canot, c’est déjà assez.

Juste d’être un bagage

aujourd’hui, de m’endurer

puis de pas trop faire endurer

aux autres, j’ai comme pas

de volonté propre, là.

J’ai la larme à l’œil

puis la journée va être longue.


MIKAEL RIOUX

Je ne sais pas pourquoi

on le fait, mais on le fait.

On va l’essayer.

On va l’essayer un peu puis

on va voir assez vite si ça

ne marche pas.


Les CANDIDATS pagaient, malgré les vagues.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Mais je pense qu’on

a tous été surpris de voir

dans le fond qu’il a flotté.

Rendu sur le lac Nipissing,

il me semble qu’il flottait.

Il avait intérêt parce que là,

on était dans la grosse vague.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On est parti sur le lac

Nipissing, dans la vague

comme on n’avait jamais vue.

On est parti là-dessus avec un

canot qu’on ne savait pas trop.

Est-ce que ça va

tenir dans ces vagues-là?


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Tout le monde l’a dit, tu

nous chanteras des chansons.

Tu nous garderas le moral,

mais je l’ai pas le moral, là.


MIKAEL RIOUX

Si le vent était du bon

bord, ça aiderait aussi là,

mais là, on a le vent de face.

On a travaillé peut-être dix

heures pour faire 20 kilomètres.


RENAUD LAFOND

(Encourageant, tandis que les CANDIDATS pagaient)

OK, on lâche pas.

On continue.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

J’ai tiré comme un fou

pour essayer de ramener le nez,

pour essayer de refaire avancer

le bateau parce que dans ces

vagues-là, si le moindrement

on perdait la vitesse,

on perdait le contrôle.

Donc, il ne fallait jamais,

jamais arrêter de pagayer.


RENAUD LAFOND

C’est beau, on continue.

Winnipeg, Winnipeg, Winnipeg!


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

À la fin de la journée,

j’ai craqué à un moment donné.

Je n’avais plus d’énergie.

Je n’étais plus capable.

J’étais épuisé totalement.


RENAUD LAFOND

On continue.

On rentre dans une

baie là, la vague va être

un peu moins forte.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Pour la première fois

du voyage, j’ai eu peur.

J’ai vraiment senti que

notre vie était vraiment en danger.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

On pagayait et j’ai entendu un

crac, un crac, crac, et là,

j’ai dit bon, on cale.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent.


Au jour 29, les CANDIDATS arrivent à la Rivière des Français.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs ont

réussi la dure et dangereuse

traversée du lac Nipissing.

Ils arrivent enfin à la Rivière

des Français avec plusieurs

heures de retard et un

canot dangereusement fragilisé.

En plus, ils se butent à un

barrage infranchissable et pour

la première fois, on devra

portager le canot en camion.

Les forces de Sandrine

déclinent à vue d’œil.

Elle lutte tant bien que mal

contre la fatigue, mais la

douleur à son poignet devient

par moments intolérable.

Elle n’aura pas la force

de faire le portage à pied,

comme Renaud, Bob et Mikael.


RENAUD LAFOND, BOB ABRAMES et MIKAEL RIOUX font le portage à pied, tandis que les autres le font en camion.


RENAUD LAFOND

(Marchant)

Deux kilomètres,

c’est une joke.


MIKAEL RIOUX

(Marchant)

Du moment qu’on commence

À embarquer dans la facilité,

c’est une pente glissante.

Si deux kilomètres à pied,

on décide de le faire en camion,

ça va être quoi.

Je sais qu’il y a des

affaires pas mal plus dures

qui s’en viennent.

J’ai peur un peu que l’équipe

tombe dans la facilité, là.


BOB ABRAMES

(Marchant)

J’ai décidé de le faire

en portage, en marchant,

pour le faire

aussi pur que possible.


CHRISTIAN PILON

Moi, j’ai décidé que j’étais

pas pour faire le portage,

simplement parce que j’étais

rendu écœuré qu’à toutes

les fois qu’on était supposé se

rendre pour faire un événement,

on le manquait puis je

ne manque pas ma chance.

Des portages, on va en

avoir en masse des portages.

Je suis pas inquiet de ça.


BOB ABRAMES

(Marchant)

Les jeunes, ils vont trop vite

pour faire presque tout puis ils

vont très vite pour une heure

et après ça, ils sont brûlés.

Comme l’autre jour en

portage, c’est Mike qui courait.

Pourquoi?

Il faut attendre pour

nous autres quand même.

Ça va très bien jusqu’à midi.

Après ça, ça

descend très, très vite.

Et ils devraient

prendre ça slow, easy.

Et garder leurs forces, mais

d’être capables de le faire

12 heures, 14 heures.

Mais ils sont jeunes encore.

Il faut apprendre.

Ils vont l’apprendre.

Ils ont deux mois

à le faire encore.

Ça fait que j’espère

qu’ils vont le faire.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mikael et Renaud doivent

faire une pause sur le pont.

Bob, lui, qui a

maintenu un rythme constant,

les dépasse sans peine.

C’est peut-être ce qu’on

pourrait appeler une victoire

de la sagesse sur la jeunesse.

Depuis les portages

de la Mattawa, les voyageurs

n’ont eu aucun moment de répit.

Le portage La Vase et le

lac Nipissing leur ont fait

la vie dure.

Et depuis chaque

fois qu’il en a l’occasion,

Youri repose son épaule

qui le fait toujours souffrir.

Toutefois, il n’hésite

pas à accepter une invitation

à une activité sportive.


Le camion dépose les CANDIDATS à la Réserve indienne Dokis.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Cet après-midi-là, on nous

a offert d’aller jouer un match

de la crosse chez

la communauté de Dokis.


Les CANDIDATS se livrent alors à une partie de crosse avec les gens de la communauté.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Pour moi, c’était fantastique.

C’est ça que j’avais

besoin pour me défouler.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Tu reçois le bâton,

la balle, ça commence.

Écoute, malade, pas malade,

on s’en donnait à cœur joie.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On s’est vraiment dégourdi.

On a joué fort.

On a joué comme des voyageurs.

On était agressif.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

C’est très

masculin comme réaction,

mais l’agressivité a monté.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Ça, je m’attendais à jouer ça

avec des coudes puis des coups

de cochon puis c’est venu.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Alors, j’ai donné un petit

coup de hanche et tu as vu

Christian se planter royalement.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Je me suis fait trébucher,

je me suis fait rentrer dedans.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On était à terre, épuisé, plus

capable de continuer ce jour-là.

Tout d’un coup, on avait de

l’énergie pour courir pendant

trois heures après une balle.

Ça aurait été le fun qu’on ait

cette énergie-là dans le canot.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

La partie de crosse, un

jeu traditionnel autochtone,

se termine par une victoire

à l’arraché de nos voyageurs.

Christian lui veut sa

revanche sur Guillaume.


CHRISTIAN PILON renverse GUILLAUME MORIN et les deux se chamaillent.


DIANE MOREAU

Bon, regarde les gars, ils se

battent. La face, ah!


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Ça faisait déjà presqu’une

semaine que j’avais comme cassé

puis j’ai cassé au portage

de La Vase dans le fond.

J’étais comme très inquiète.

Très inquiète de

mon état de santé.

Je me questionne juste parce

que je file vraiment pas depuis

quelques jours puis aujourd’hui,

je me traînais les pieds.

J’ai dormi

trois quarts de la journée.

Mal de cœur, étourdissements.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Cette expédition ne ressemble

en rien à des vacances,

au contraire.

Malgré la fatigue,

la routine, la peur,

il faut se rendre à Winnipeg.

Et tous les jours, en plus de

pagayer pendant des heures

et des heures, beau temps,

mauvais temps, il faut préparer

les repas, faire cuire la

bannique pour le lendemain.

Il faut réparer le canot,

prendre le temps de se laver et

se contenter chaque jour

de quelques heures de repos.

De tout temps, les

voyageurs ont eu faim.

Heureusement pour eux, les

nôtres peuvent pour une rare

fois se nourrir de façon

correcte avant d’entreprendre

la descente de la Rivière

des Français pour laquelle

ils recevront un coup

de main fort apprécié.

Jeff Thuot, un expert en

canotage qu’ils avaient déjà

rencontré, est venu faire

un bout de chemin avec eux.


MIKAEL RIOUX

(Apercevant JEFF THUOT)

Content de te voir.


JEFF THUOT

Ça va bien.

En forme?


MIKAEL RIOUX

En forme, en pleine forme.


JEFF THUOT

(S’adressant à DIANE MOREAU)

Tu t’es baignée

puis tu sèches.


DIANE MOREAU

Oui, c’est ça.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Sur la Rivière des Français,

Jeff Thuot, qui était venu

nous rejoindre,

il a amené le courrier.


JEFF THUOT

Bon.

OK, je fais des enchères.

(Brandissant les lettres)

Je fais des enchères.

Youri!


YOURI CORMIER

(Chantant)

Envoyons de l’avant,

Youri, envoyons de l’avant.


JEFF THUOT

Oui!

Guillaume.

On vas-tu en avoir?

Une chanson?


GUILLAUME MORIN

Ah, tati, tata!


JEFF THUOT

Une petite chanson, mon Bob.


BOB ABRAMES

Merci, Jeff.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pour la première fois

depuis leur départ de Lachine,

les voyageurs reçoivent des

nouvelles de leurs proches.


JEFF THUOT

Diane.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Quand j’ai eu des lettres, de

tout le monde de tout le monde

qui m’encourageait.

Je pense ce qui m’a marquée,

j’ai des lettres d’amis,

de ma sœur, ma mère.

Tout le monde dit, aie,

je pense à toi tous les jours.

J’essaie d’imaginer

qu’est-ce que tu vis puis tu es

vraiment courageuse

et lâche pas, tu sais.


MIKAEL RIOUX

(Regardant un article de journal)

On a gagné un

Phénix de l’environnement

au Festival environnemental

Écofête de Trois-Pistoles. Yé!

Des belles nouvelles.


BOB ABRAMES lit une lettre et verse quelques larmes.


DIANE MOREAU

(Ayant lu une lettre et commentant par la suite)

Mais je pense pas

que ça va m’ébranler.

Je suis contente.

(Émotive)

Pas au point de remettre

en question mon voyage.

Pas du tout, là.

L’aventure, je veux

la faire et tout ça.

Puis je pense qu’il faut

que j’aille jusqu’au bout,

même si c’est difficile.


NARRATEUR

Dans un instant, à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent.


JEFF THUOT

Je suis content de

revenir vous voir pour pagayer

la rivière ici puis en faire

partie, mais en même temps,

la section je pense...


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Quand j’ai su

que Jeff allait venir

nous voir sur

la French, j’étais content.

Je me demandais un peu quel

allait être son rôle, si c’était

pour prendre charge ou quoi,

si moi j’allais devoir regarder

ce qui se passe du côté,

j’étais pas trop certain.


GUILLAUME MORIN

On n’a pas d’erreur à faire.


JEFF THUOT

Non.


GUILLAUME MORIN

C’est ça le problème

majeur du canot.

Si on touche une roche, il

va falloir quasiment arrêter

puis le réparer

la plupart du temps.


JEFF THUOT

Oui.


MIKAEL RIOUX

(Regardant une carte)

Ça c’est tous des rapides?


JEFF THUOT

Oui, c’est ça.

Mais pas toutes,

mais tu sais, Crooked Rapid,

c’est parsemé

de rapides là-dedans.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

J’avais regardé les cartes de

la rivière avec Jeff Thuot puis,

bon, les autres de l’équipe.

Et là, quand j’ai vu, OK,

demain c’est 30 kilomètres

puis 12 rapides

puis peut-être 12 portages,

et là j’étais comme oh, les

larmes montaient toutes seules.

C’était comme non,

OK, la limite est là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Sandrine n’arrive

pas à remonter la pente.

Elle réfléchit

sérieusement à son avenir

dans cette expédition.

Elle jongle même avec

la possibilité de partir.

Renaud lui suggère de ne

pas prendre de décision avant

d’en avoir parlé avec l’équipe.

Après tout ce qu’ils ont vécu

ensemble, ils sont suffisamment

proches les uns et les autres

pour se parler franchement.


SANDRINE DESAULNIERS

(Demandant l’avis de RENAUD LAFOND)

Puis comment tu penses

que l’équipe réagirait à ça?


SANDRINE DESAULNIERS

(S’adressant plus tard aux CANDIDATS réunis autour du feu)

En évaluant mon état physique,

je pense que ça serait mieux

pour moi de prendre une journée

off, aller consulter un médecin

pour savoir exactement

qu’est-ce que j’ai et puis pas

être un fardeau pour vous

autres sur la rivière demain.

Ça fait que je sais pas si

c’est correct avec vous autres

de faire ça.


MIKAEL RIOUX

Oui.


GUILLAUME MORIN

Oui.


YOURI CORMIER

Oui pour moi, pas de problème.


DOMINIQUE HENRI

Frustre-toi pas pour ça.

Sens-toi pas mal.

Sens-toi pas coupable.

Puis je pense que le

groupe t’appuie dans tout ça.


SANDRINE DESAULNIERS

Je veux juste vous remercier

aussi de m’avoir traînée

depuis quelques jours.


GUILLAUME MORIN

Ils vont te donner deux,

trois pilules et ils vont dire

tu es correcte, là.

Tu vas être

poignée pour revenir.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Sandrine pourra se reposer,

un privilège que n’avaient

pas les quelques femmes qui

accompagnaient les voyageurs.


Plus tard, alors que les CANDIDATS sont assis autour du feu, DIANE MOREAU raconte un pan de l’histoire.


DIANE MOREAU

(S’adressant aux CANDIDATS)

Je vais vous parler d’une

femme particulière qui est

Sœur Marie Eulalie Lagrave.

Elle est née en 1806.

Elle est partie de Lachine

avec trois de ses consœurs

pour fonder une communauté

religieuse à la colonie

de la Rivière Rouge.


Des images d’archives, des peintures, défilent.


DIANE MOREAU

(Narratrice)

Comme il n’existait aucun

autre moyen de transport,

tout le monde a dû s’adapter.

Pour descendre les religieuses

du canot sans les prendre

dans leurs bras, les voyageurs

utilisèrent les troncs d’arbre.

Au lieu de chanter des chansons

grivoises, les voyageurs

apprirent des cantiques.


DIANE MOREAU

(Poursuivant son récit autour du feu)

Après un long et pénible voyage,

la bonne grosse sœur et ses

consœurs arrivent finalement

À Saint-Boniface, à une heure

du matin le 21 juin 1844.

Elles sont accueillies par

Monseigneur Provencher, qui est

très heureux de recevoir

les premières religieuses

dans l’ouest du Canada.


Au jour 30, sur la Rivière des Français, les CANDIDATS s’apprêtent à repartir sans SANDRINE DESAULNIERS.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après une nuit d’insomnie

due aux attaques incessantes

des mouches, il faut trouver

la force de se préparer

techniquement et mentalement.

Sandrine a beaucoup de

peine de laisser ses compagnons

partir sans elle.

Les eaux de la Rivière des

Français sont souvent traîtres

et le canot est en

si mauvais état que Jeff Thuot

insiste pour doter nos voyageurs

d’équipement de sécurité moderne.


Les CANDIDATS mettent des casques et des vestes de flottaison.


JEFF THUOT

En avant.


CANDIDATS

Avant.


JEFF THUOT

Allez.


CANDIDATS

Allez!


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pour la première fois depuis

Montréal, ils vont pagayer

dans le sens du courant.

Longue de 110 kilomètres, la

Rivière des Français, première

rivière désignée du patrimoine

canadien, relie le lac Nipissing

à la baie Georgienne,

traversant une région magnifique

restée très sauvage.

Ils espèrent pouvoir y prendre

un peu de repos et s’y payer

du bon temps.


Plus tard, sur la berge, JEFF THUOT, GUILLAUME MORIN et RENAUD LAFOND analysent le courant et les rapides.


JEFF THUOT

En pagayant, on

va rentrer dedans, là.


GUILLAUME MORIN

Renaud il veut

partir de la droite.


RENAUD LAFOND

Tu veux poigner

les petites vagues?


GUILLAUME MORIN

Oui, on n’est pas pour

passer à côté du fun, là

Mikael vient de se pitcher à

l’eau, tester le courant un peu.

On va voir ce que

ça va donner tantôt.

Ça va probablement

être le fun à descendre.


RENAUD LAFOND

(Regardant MIKAEL RIOUX se faire emporter)

Aie, c’est fou

comment ça drague.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

C’est pour les aider

à traverser ce genre de rapide

que Jeff Thuot fait avec

eux cette partie du voyage.


Sous la direction de JEFF THUOT, les CANDIDATS pagaient tant vers l’avant que vers l’arrière pour éviter toute collision avec les roches autour.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On se prépare bien

comme il faut avant de rentrer

dans le rapide.

Il y a une roche ici.

Il y a nous qui est ici.

Il faut s’en aller là.

On commence à y aller,

on commence à y aller

et à un moment, j’entends

Mikael qui crie à l’avant, fort.

Quand il a crié à l’avant

fort, moi, j’étais proche

de frapper l’autre

roche qui était en avant.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Moi, j’étais certain

qu’on allait frapper la roche.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Finalement, de mon angle

de vue, on a passé à ça de la

roche, de venir complètement

écraser tout le devant

du Rabaska dans la roche.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

C’était tout un défi

puis celui-là, on l’a vraiment

bien relevé, mais de justesse.


Pendant ce temps, SANDRINE DESAULNIERS est au West Parry Sound Health Centre où elle voit une INFIRMIÈRE.


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Est-ce que tu bois beaucoup d’eau?


SANDRINE DESAULNIERS

(Propos traduits de l’anglais)

J’essaie de boire au moins 3 litres d’eau

par jour.


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Et est-ce que tu le fais?


SANDRINE DESAULNIERS

(Propos traduits de l’anglais)

Oui, mais ça ne semble ne pas être

assez.


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Je crois que tu es un peu déshydratée.


SANDRINE DESAULNIERS

Ah, oui?


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Oui.

Parfait, pas de fièvre!

Il va venir d’ici une demi-heure.


SANDRINE DESAULNIERS

Le médecin, the doctor?


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Le médecin.


SANDRINE DESAULNIERS

(Propos traduits de l’anglais)

Est-ce que je peux rester ici?


INFIRMIÈRE

(Propos traduits de l’anglais)

Oui.


SANDRINE DESAULNIERS

Oh, youppi! Thank you. Merci.


Pendant ce temps, les CANDIDATS observent la rivière.


RENAUD LAFOND

On est au,

comment ça s’appelle?

Little Pine Rapid.

Bien, il n’y a pas assez d’eau.

Il n’y a pas assez d’eau.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Ça fait que c’est un rapide

qu’en kayak, on n’aurait même

pas débarqué, on

n’aurait même pas regardé.

On serait descendu.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Avec un canot

d’écorce comme on était,

c’était tout un défi, là.


JEFF THUOT

Il manque un petit peu

d’eau et on colle la paroi puis

elle nous projette sur

deux roches en pointu en bas.

Avec le Rabaska, on va

faire un ouvre-boîte dessus.


RENAUD LAFOND

Il va falloir

qu’on fasse le portage.


MIKAEL RIOUX

On a du fun.

Let’s go.


DIANE MOREAU

On est de bonne

heure, mais on n’a de fun.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Depuis le temps qu’on

remontait les rapides puis

on portageait les rapides,

là, on était rendu à descendre

les rapides.

C’était supposé être

le fun, on était supposé avoir

du plaisir puis là, on

retombe encore dans le portage.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Et c’est ainsi qu’ils ont

fait leur deuil du repos qu’ils

espéraient prendre sur

la Rivière des Français.


Les CANDIDATS font alors du portage pour éviter les rapides.


CHRISTIAN PILON

(Recevant le canot sur le genou)

Ah, crisse!

Non, touche-moi pas.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Christian, il a reçu le

canot sur le genou puis il était pas vraiment,

vraiment de bonne humeur.

Il a voulu comme pas

mal tous nous étriper, là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Christian s’est blessé lui

aussi, ce qui porte à quatre

le nombre de voyageurs éclopés.


RENAUD LAFOND

(Expliquant plus tard la stratégie pour descendre les rapides qui les attendent)

Puis quand on était enligné au

passage, on va passer entre

ces deux roches-là.

Ce qu’on va faire, c’est

qu’on va rentrer là-dedans.

Il faut aller légèrement à la

droite parce qu’à la gauche,

c’est pas très profond.

Il y a un beau train de vague,

des petites vagues, un peu comme

on a vu plus haut puis

on va juste pointer là-dedans

puis on va

descendre ces vagues-là.

C’est un beau pagnol,

une belle longueur, là.

Naviguer un petit

peu, c’est le fun.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Je ne le sentais pas,

plus ça allait, plus j’avais

l’impression qu’on s’en

allait vers une catastrophe.


RENAUD LAFOND

(Donnant ses commandes)

OK, on arrête.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

La descente de ce rapide-là

a été très désastreuse.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

On a descendu un rapide

qui en théorie était quand même

assez facile, sauf

qu’on s’est fait prendre.

L’angle était trop

ouvert dans le courant.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

La section du milieu,

il y avait des roches puis

il fallait les

contourner à la droite.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Et le bateau a fait

tranquillement ça comme ça.

On a évité toutes les roches.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On a complètement flambé

notre ligne puis on est allé

beaucoup trop à la droite.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On a tourné pour revenir

dans la ligne et on continuait

jusqu’à temps que ça ne

bouge plus sur les roches.


Le canot est alors immobilisé au milieu des rapides. Impossible de le faire bouger.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On a vite débarqué du

canot pour enlever du poids

pour pas trop le grafigner.

On a pu finalement juste traîner

le canot par-dessus les roches.

Puis heureusement,

le canot n’est pas cassé,

mais la confiance de

tous était extrêmement basse.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Là, tu as vu l’esprit

d’équipe, tout le monde,

on s’est regardé.

Ça été instantané,

on est retombé aussi bas

qu’on était monté.

On était convaincu qu’on

avait brisé le bateau.


Le canot prend l’eau et à l’aide de sceau, DIANE MOREAU doit le vider.


Pendant ce temps, SANDRINE DESAULNIERS est toujours à l’hôpital.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

De la minute qu’ils

m’ont infusée des solutés,

j’ai senti que, OK, c’était

vraiment la déshydratation.

(Allant rejoindre le groupe après son séjour à l’hôpital)

Ils pensent que c’est une

combinaison comme mon état,

c’était une combinaison

de fatigue, coup de chaleur

et puis manque d’eau.

C’est sûr que je veux retourner

avec l’équipe puis me réintégrer,

mais tranquillement.

Je me verrais prendre une

autre journée demain de congé

pour revenir vraiment reposée.


GUILLAUME MORIN et RENAUD LAFOND regardent les rapides et analysent une fois de plus la stratégie à adopter.


GUILLAUME MORIN

Là, je voyais que si le niveau

aurait été un mètre plus haut,

ça aurait fait

des grosses vagues.

Mais là, rien du tout.


RENAUD LAFOND

Peut-être qu’avec huit

personnes puis quatre cordes,

on pourrait réussir

à le descendre doucement.


MIKAEL RIOUX

Je pense qu’on va être

bon de le faire à la cordelle.

Il faudrait qu’il y ait du monde

À l’eau pas mal, par exemple.

Ça va nous éviter

de décharger le canot

puis de faire un grand détour.


GUILLAUME MORIN

Là, on arrive ici puis

c’est des gros pagnols

avec des petits rapides

qui nous obligent à portager.

Ça fait deux semaines qu’on

n’a pas eu une journée de congé.

On est tous fatigués

un après l’autre.

On est rendu avec des

blessés et on est encore

dans un champs de roches.


MIKAEL RIOUX

Qu’est-ce que tu veux faire?

On fait ce qu’on

peut avec ce qu’on a.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Sur le point de partir,

Jeff Thuot ne peut cacher

son inquiétude.


JEFF THUOT

Quand je regarde le groupe qui

est là, la fatigue installée,

le moral aussi, je me

disais, bon, est-ce que

tout le monde va continuer?

Est-ce qu’il y en

a qui vont lâcher?

L’embarcation est vraiment,

il y a des problèmes avec.

Elle est rendue lourde, plus

lente, la difficulté en fait,

elle prend de l’eau un peu.

Ça, ça me fait peur en fait

qu’ils ne se rendent pas.


Pendant ce temps, SANDRINE DESAULNIERS se rend à la pharmacie.


SANDRINE DESAULNIERS

Le linge qu’on m’a donné, qui

est propre, ça sent très parfumé

puis c’est très artificiel.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs se

blessaient souvent.

Ils se faisaient des

entorses, des tours de rein,

des tendinites et très

souvent, les seuls remèdes

qui s’offraient à eux,

contrairement à eux

qui s’offrent à Sandrine,

c’était le temps et la patience.

En plus d’un repos bien

mérité, Sandrine trouve enfin

à l’hôtel un moment d’intimité.


Après la descente en canot, les CANDIDATS discutent entre eux, alors que CHRISTIAN PILON s’occupe du repas.


CHRISTIAN PILON

On mets-tu du sel

puis du poivre là-dedans?


MIKAEL RIOUX

Oh, yes.


CHRISTIAN PILON

Amène-moi ça.

On va brocher ça tout de suite.

C’est écœurant.


JEFF THUOT

(Commentant par la suite la descente de la journée)

Aujourd’hui, c’était plaisant,

sauf qu’à un moment donné,

l’énergie, c’était le fun.

Puis comme je disais au début,

continuez à avoir du plaisir.

Oubliez des fois les bouts

plates parce qu’il y en a

toujours, puis d’embarquer

dans les bouts plaisants.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Jeff Thuot doit partir et

laisser le groupe se débrouiller

seul avec les derniers rapides

de la Rivière des Français.

Mais selon lui, ils ont très peu

de chances dans les conditions

actuelles de

traverser les Grands Lacs.


JEFF THUOT

(Quittant le groupe)

Ça fait que profitez-en.

Quand ça va mal,

vous penserez à moi.


BOB ABRAMES

Ça fait trois jours que

je n’ai pas mangé de viande

et je me sens faible un peu.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les journées sont

longues et la patience diminue

de jour en jour.

Chacun sent le besoin de

s’isoler dès que possible.


Chacun des CANDIDATS est dans son coin.


CHRISTIAN PILON

Ça fait quasiment cinq,

six jours que je ne dors pas

puis ma patience est vraiment.

Et après ça, quand ils m’ont

échappé le canot sur le genou,

j’aurais pu en

étriper une couple, là.


Le lendemain, SANDRINE DESAULNIERS est assise sur un quai et attend l’arrivée du canot.


SANDRINE DESAULNIERS

Hi.


MIKAEL RIOUX

T’as gardé ta

chemise de l’hôpital?


SANDRINE DESAULNIERS

Oui, ils m’ont

gardée à l’hôpital.


MIKAEL RIOUX

Est-ce qu’il y avait

des infirmières là-bas?


SANDRINE DESAULNIERS

Est-ce que je peux rembarquer?


MIKAEL RIOUX

Oui, avec plaisir.


YOURI CORMIER

(Lui laissant sa place)

Je vais rester en avant.


SANDRINE DESAULNIERS

Quelle question.


SANDRINE DESAULNIERS réintègre le groupe.


GUILLAUME MORIN

Bon, on a deux kilomètres

À faire avant les Récollets.


BOB ABRAMES

Avant les quoi?


GUILLAUME MORIN

Avant le portage

des Récollets.


CANDIDATS

(Repartant en chantant)

Rame, rame, rame donc, le

tour du monde que nous ferons.

On est parti tôt ce

matin, le vent du nord.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’absence de Sandrine nous

a permis de confirmer ce que

tout le monde

avait déjà compris.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Plus que ça évoluait avec

Sandrine, plus qu’on s’est

attaché un à l’autre.

C’est une fille

vraiment géniale avec qui

j’ai plein de points en commun.

Je m’entends super bien.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ainsi, la descente de la Rivière des Français

est presque complétée, mais, en fait, ce n’est

qu’une goutte d’eau dans l’océan qu’il leur

reste à traverser avant d’atteindre Winnipeg.


Le 28 juin correspond au jour 31 de l’aventure.


CANDIDATS

(Soulevant le canot pour un portage)

Un, deux, trois, hop.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Bien, le canot d’écorce

de bouleau est très fragile.

On a eu des difficultés avec

sur le barrage de castor avant

North Bay puis on a fait encore

plus de dommages dans La Vase.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

On a frappé des

roches cet après-midi

en descendant les rapides.

Ça fait que ça brisé le canot.

Mais c’est nécessaire de

le réparer avant demain matin

parce qu’il

prend beaucoup d’eau.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Tout le monde

doit se rendre à l’évidence,

affronter les Grands Lacs

avec un canot d’écorce endommagé

est terriblement risqué.

Nous devons, pour la sécurité

des voyageurs, leur fournir

une nouvelle embarcation.

Ils ne le savent pas

encore, mais elle est déjà

en route vers eux.


Un camion s’en vient avec un nouveau canot.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent.


Les CANDIDATS sont maintenant à la Rivière des Français, au jour 31 de l’aventure. Ils décident de s’arrêter quelques instants.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le fait de savoir qu’ils

seront bientôt venus à bout de

la fameuse Rivière des Français

semble rassurer les voyageurs

qui se permettent

un instant de détente.

Les moments de folie

se sont faits plutôt rares

depuis de début de ce voyage.


Les CANDIDATS se baignent, se lancent de la boue et s’en étendent sur le visage.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs auront bientôt

un nouveau canot, plus maniable,

plus sécuritaire, mais il

leur sera impossible de trouver

de la résine naturelle.

Pour respecter les délais

imposés, ils devront sacrifier

une part d’authenticité.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Sans le pitch, c’était

impossible pour nous de faire

les réparations nécessaires

pour que le canot soit assez

résistant pour affronter

la houle puis les vagues

de la baie Georgienne

puis du lac Supérieur.


MIKAEL RIOUX

(Regardant le canot)

Dès le début, je pense qu’avec

la grosse bosse qu’il y avait

ici puis quand on l’a ouvert

À l’intérieur puis qu’on a vu

toutes les faiblesses dans

l’écorce, je sais pas, je pense

qu’on n’a pas eu une Lada,

mais je suis pas sûr qu’on a eu

le meilleur canot

d’écorce qui existait là.

Si on avait encore des beaux

gros bouleaux, je pense que ça

serait plus facile de faire des

beaux canots, mais ça l’air que

ce n’est plus facile de nos

jours d’en trouver, de la belle

écorce parfaite

sans imperfections.


BOB ABRAMES

Mais vraiment,

on parle pour rien.

S’il n’y a pas de pitch,

on ne peut pas continuer.

C’est aussi simple que ça.


GUILLAUME MORIN

Si on aurait de la

résine, on pourrait monter.

Je veux dire, c’est pas

une décision qui est le fun,

mais je pense qu’on

va le laisser partir.


BOB ABRAMES

Le problème

aujourd’hui, c’est le pitch.

On n’a pas de pitch.


SANDRINE DESAULNIERS

C’est le dixième

participant de notre équipe

puis ça été notre bébé.

J’en reviens pas.

On en a tellement parlé puis

on s’en est tellement occupé.


DIANE MOREAU

C’était très important,

un canot d’écorce.

Quand je suis

partie de chez moi, pour moi,

c’était une fierté.

Puis émotivement ça me dérange.

C’était vraiment,

c’était notre maison.

C’était sécurisant,

c’était notre... Mais c’était devenu notre maison.

bon.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça fait que pour

moi, c’est une décision,

c’est comme une résignation

plus qu’une décision.

C’est comme la réalité qui

nous rattrape puis tant pis.


BOB ABRAMES

Au moins, on a le choix.


SANDRINE DESAULNIERS

Oui.


BOB ABRAMES

Tu sais, si le canot

cale, on n’a pas de choix.

Ça, c’est une autre histoire.


YOURI CORMIER

Je pense que tout le monde a

au moins mis ses lèvres une fois

à ce canot-là quand

on faisait des tests.

On l’a embrassé pas mal.


MIKAEL RIOUX

Bouche à bouche.


YOURI CORMIER

Du bouche-à-bouche.


BOB ABRAMES

Le plus important pour moi, et

je pense pour l’équipe, c’est de

se rendre là-bas, à Winnipeg,

À Thunder Bay premièrement,

en canot comme ça, sur le 26 pieds.


DIANE MOREAU

Sur l’eau.


BOB ABRAMES

Hein?

Et sur l’eau, c’est sûr,

avec nos mains, avec nos bras.

Pour faire ça, il

faut changer de canot.

Ça fait que c’est

pas une question de choix,

c’est une question de réalité.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le temps presse et

le danger augmente.

Il faut que les voyageurs

reçoivent leur nouveau canot

avant d’entrer dans

la baie Georgienne.

Pour gagner du temps, on

opte pour un chemin plus court

et plus risqué.


De jeunes guides mettent le nouveau canot à l’eau et s’apprêtent à descendre des rapides pour l’apporter rapidement aux CANDIDATS.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Jeff était inquiet pour nous

qu’on affronte le lac Supérieur

avec des craques aussi grandes

à l’intérieur du canot.

Il disait qu’une

bonne vague qu’on risquait

de refendre le canot.

On risquait de se

ramasser à l’eau aussi,

parce qu’apparemment, c’est

vraiment la structure du canot

qui est attaquée.

On a un canot amoché, il est

vraiment amoché par l’intérieur.

On a fait une belle décision.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pendant ce temps, les

jeunes guides bravent le danger

pour amener le nouveau

canot jusqu’aux voyageurs.

Le delta de la Rivière des

Français est traître pour qui

ne connaît pas ses secrets.


Les jeunes guides, qui essaient d’amener le canot, se retrouvent pris dans les rapides et le canot se brise alors en deux.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Et le temps

presse, comme toujours.

Les voyageurs ont un horaire à

respecter et ils sont prêts à

tout pour y parvenir

même à affronter les Grands Lacs

avec un canot endommagé.

La solidarité n’a jamais été

aussi forte au sein de l’équipe,

mais l’inquiétude et la

peur ne cessent de grandir.


NARRATEUR

Dans le prochain épisode à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain épisode défilent.


Générique de fermeture

Épisodes de Destination Nor'Ouest