Destination Nor'Ouest

Six hommes et trois femmes acceptent de recréer, à bord d'un canot d'écorce, un périple de 2 500 km, identique à celui des Voyageurs du XIXe siècle. Ils veulent reproduire rigoureusement les conditions de voyage de l'époque et, malgré leur inexpérience et leur ignorance les uns des autres, ils veulent aller au bout de leur formidable aventure.

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Vidéo transcription

Épisode 4

L’aventure se poursuit dans la baie Georgienne alors qu’un des voyageurs participe à un canoë boxing. Ils doivent ensuite changer de canot pour poursuivre leur route sur le lac Supérieur. La beauté des lieux leur fait oublier leur souffrance physique. Des conflits naissent. Pourront-ils être à Thunder Bay pour le 24 juillet?



Année de production: 2000

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NARRATEUR

Destination Nor'Ouest.

100 jours en canot d’écorce.

2 500 kilomètres de

Montréal à Winnipeg.

800 inscriptions

à travers le pays.

Seulement 9 candidats retenus.


Les CANDIDATS sont présentés les uns à la suite des autres, alors que des extraits de l’aventure les mettant en scène sont montrés.


NARRATEUR

Guillaume Morin,

de Chicoutimi.


GUILLAUME MORIN

Il y a des

choses qui deviennent

impossibles à réaliser.

That’s it, ça finit là.


NARRATEUR

Diane Moreau,

de Rouyn-Noranda.


DIANE MOREAU

On ne peut pas tomber à l’eau.

Il n’en est pas question.

Il y en a un qui

va mourir, c’est sûr.


NARRATEUR

Christian Pilon, d’Ottawa.


CHRISTIAN PILON

Il faisait noir,

on ne sait pas pantoute

où est-ce qu’on allait.

On était perdu.


NARRATEUR

Sandrine Desaulniers,

de Val-David.


SANDRINE DESAULNIERS

Je ne me sens pas en sécurité.

Mon objectif,

c’est de se rendre en vie.


NARRATEUR

Youri Cormier, de Québec.


YOURI CORMIER

À partir de 1,50 mètre de

vagues, je ne veux plus être

à l’eau, peu importe quel

canot que je suis dedans.


NARRATEUR

Bob Abrames, d’Ottawa.


BOB ABRAMES

Il faut que quelqu’un se

rend là-bas avec leurs forces.

Je suis le seul qui va le faire.


NARRATEUR

Dominique Henri, de Montréal.


DOMINIQUE HENRI

Ça fait deux nuits

que je rêve qu’on chavire là,

puis juste l’idée de chavirer,

c’est peut-être la mort, là.


NARRATEUR

Renaud Lafond, de Winnipeg.


RENAUD LAFOND

Bien moi, j’étais

définitivement inquiet

de la possibilité qu’on ne

se rende pas à Fort William.


NARRATEUR

Mikael Rioux,

de Trois-Pistoles.


MIKAEL RIOUX

Moi, ça m’inquiète vraiment

de virer à l’envers parce qu’on

est dans la merde si

on vire à l’envers.


NARRATEUR

Tous réunis pour

une grande aventure.

Pourront-ils faire revivre une

expédition authentique comme

celle des voyageurs de 1806?


NARRATEUR

Lors des derniers épisodes.


Des extraits des derniers épisodes défilent, reprenant l’essentiel de l’aventure jusqu’à présent. Puis, l’épisode commence.


Le 3 juillet correspond au jour 36 de l’aventure. Les CANDIDATS décident de partir avec le vieux canot sans attendre le nouveau.


MIKAEL RIOUX

On se fait pour la première

fois donner une date fixe.

Il faut arriver le

24 juillet absolument

puis ce n’est pas négociable.


DOMINIQUE HENRI

On se rendait compte

qu’il nous restait un peu plus

de 600 kilomètres à

parcourir en deux semaines

pour se rendre à Thunder Bay.


GUILLAUME MORIN

On est pris avec beaucoup

de kilométrages à faire.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

S’ils veulent vraiment

répéter l’exploit des voyageurs

d’autrefois,

ils devront, comme eux,

respecter un échéancier précis.

Malgré le danger constant

et malgré le temps qui presse,

nos voyageurs acceptent

de participer aux activités

qu’une communauté autochtone

a organisées à leur intention.


CHRISTIAN PILON

On a été invité pour aller

faire un pow-wow à Sheguiandah,

qui est proche de Little

Current sur l’île Manitoulin,

c’est spécial pour

moi parce que l’île Manitoulin

c’est la place où

est-ce que mon père est né.


GUILLAUME MORIN

On est arrivé là, on était

en retard, comme d’habitude.

On est rarement en avance.

Puis Christian, le canoe-boxing,

il savait qu’il s’en allait

se battre puis il était

motivé puis il tâtait.


Un des membres de la communauté explique les règles à CHRISTIAN PILON.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Ils m’ont expliqué, c’était

quoi les règlements, mais je

n’entends plus rien, moi, là,

et j’entendais juste du bruit.


CHRISTIAN PILON est debout sur canot et affronte un adversaire dans un combat où il s’agit de faire chavirer l’autre en le frappant à l’aide d’un bâton dont le bout est rembourré.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pendant ce temps-là,

les autres visitent un lieu

historique où ils découvrent,

eux qui sont coupés de tout

contact avec l’extérieur,

un moyen de communication

qu’utilisaient

autrefois les autochtones.


Les CANDIDATS sont à l’île La Cloche.


SANDRINE DESAULNIERS

Les Amérindiens qui habitaient

dans le coin, qui étaient les

Odawas, qu’on a retrouvés sur la

rivière des Outaouais plus tôt.

Ils venaient sonner les

cloches ici, mais ils appelaient

ça sonner les cloches

pour alerter les guerriers

quand il y avait un

danger qui menaçait le village.


Les CANDIDATS frappent sur une énorme pierre à l’aide d’une plus petite et le son alors produit ressemble à celui d’une cloche.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça vaut le détour.


DOMINIQUE HENRI

Voyons donc!


YOURI CORMIER

Il doit y avoir

un dépôt métallique.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Le combat commence, le bateau

fait ça, j’ai dit bon, s’il peut

faire n’importe quoi, sauf

la frapper dans la face.


CHRISTIAN PILON frappe son adversaire précisément au visage.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Je me lève la tête, je

vois l’autre personne à l’eau

et Christian qui

est là, oui, bravo!

Moi, je suis allé pour la face,

c’était ça le plus rapide, là.

Ça été rapide, ça

pris deux secondes.

Christian, c’est cool de gagner.

Là, il y a un

gars qui vient le voir

et il dit

ah, non, j’ai pas gagné.

Je suis disqualifié.

Comment ça?

Il a dit, bien, j’ai

frappé dans la face.

Je savais pas, moi.

Ça fait que comment ça,

tu savais pas qu’il fallait

lui frapper dans la face?

Tu avais deux règlements.


BOB ABRAMES

(Commentant le comportement des autres qui frappent sur la roche en chantant)

Ça prend pas

beaucoup pour les engager.

Ils ont du fun.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Bob a de plus en plus

de mal à supporter le manque

de rigueur et la

nonchalance de ses coéquipiers.


BOB ABRAMES

Dominique, amène la roche.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Auprès des autochtones,

les voyageurs ont pris

des leçons de vie.

Pendant quelques jours,

ils vivent en étroite communion

avec la nature.

Malgré la promiscuité qu’ils

connaissent depuis des semaines,

chacun réalise qu’il fait

un voyage très personnel qui

s’apparente à une

véritable quête spirituelle.

Christian, lui,

est heureux de renouer

avec ses racines métisses.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

J’ai eu l’idée, une fois qu’on

est parti de l’île Manitoulin,

j’ai dit ça serait

parfait si on ferait un tipi.

Puis on a pris les perches

nécessaires pour attacher ça,

on t’a monté ça et puis

on a fait notre premier tipi.


Les CANDIDATS fabriquent alors un tipi, où ils passeront la nuit.


CHRISTIAN PILON

(Soulevant des branches qui forment la structure du tipi)

Avance, avance, avance.


RENAUD LAFOND

Tu veux que moi, je swingue?


CHRISTIAN PILON

Non, moi, je vais swinger.


SANDRINE DESAULNIERS

C’est un paratonnerre.

Ça, c’est pour

poigner le satellite dish.


MIKAEL RIOUX

Il faut qu’on l’accote

ailleurs, je vais le retirer

un peu pour l’accoter là.


CHRISTIAN PILON

C’est pas parfait, mais ça

marché puis on n’a pas eu

froid pantoute ce soir-là.


Les CANDIDATS passent la nuit dans le tipi.


SANDRINE DESAULNIERS

Content, content, content.


CHRISTIAN PILON

Deux, trois, quatre,

cinq, six, sept, huit, neuf.

Il manque Bob.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Ça faisait du bien

d’avoir un espace chaleureux.

C’était comme

l’impression d’avoir une maison,

être dans le tipi.

C’était la première fois qu’on

dormait tous à la même place,

avec le petit feu.

Le fait d’avoir un feu, c’est ça

qui fait qu’il y a un sentiment

de maison, de réconfort même.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

J’étais content de voir Bob

venir coucher avec le restant

de la gang finalement,

puis tu voyais, il était bien

confortable puis tout le monde,

ça fait que ça m’a fait un gros

plaisir d’être capable de

prendre soin de lui aussi, tu sais.


Le lendemain, le 5 juillet correspond au jour 38 de l’aventure. Les CANDIDATS repartent.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Cet abandon au rythme de

la nature n’est pas sans causer

quelques soucis.

Bob accumule les frustrations.

Il trouve ses

coéquipiers trop lents,

surtout le matin évidemment.

Or, il reste vraiment très

peu de temps pour couvrir

les 600 kilomètres qui les

séparent encore de Thunder Bay.


BOB ABRAMES

Je pense que c’est très

clair

qu’on ne fait pas Thunder Bay.

Ils n’ont pas le cœur.

La décision est faite

entre eux qu’on le fait pas.

On a juste 20 jours à le faire.

Ça serait presque

impossible de le faire.

Ca fait qu’on le fait pas.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Je me souviens

que parfois, je croyais pas

qu’on allait pouvoir s’y rendre.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Mais moi, j’étais

définitivement inquiet

de la possibilité qu’on ne

se rende pas à Fort William.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

On pensait pas être capable

d’y arriver parce qu’on

n’a jamais fait du

kilométrage de même.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Là, ça commencé à

être inquiétant, puis là,

on parlait de

téléportage, téléportage.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Si nos voyageurs ne

parviennent pas à rattraper

le temps perdu, ils seront

transportés par camion avec leur

canot jusqu’à Thunder Bay qu’on

appelait autrefois Fort William

où ils sont obligatoirement

attendus le 24 juillet.


BOB ABRAMES

(S’adressant aux autres CANDIDATS)

Si on ne se rend pas à

Thunder Bay, je ne me casse pas

la tête à chaque jour

pour arriver à un camion.

C’est stupide. C’est stupide.


SANDRINE DESAULNIERS

Bien, pourquoi?


BOB ABRAMES

Bien, pourquoi, c’est exact.


SANDRINE DESAULNIERS

Bien...


BOB ABRAMES

Pourquoi se casser la tête

pour se rendre à un camion?


SANDRINE DESAULNIERS

Bien, pour essayer de le faire

le mieux possible jusqu’au bout.


BOB ABRAMES

Non, non, c’est

se rendre à un camion

le mieux possible, c’est quoi?

200 kilomètres, 300 kilomètres?

Ça fait rien, c’est un camion.


GUILLAUME MORIN

Un moment donné, il y a

des choses qui deviennent

impossibles à réaliser,

mais il faut faire avec.


YOURI CORMIER

Le 24, c’est encore un chiffre

qui est quasi impossible,

à mon avis.


GUILLAUME MORIN

Je ne crois pas que notre

équipe est capable de continuer

avec ces canots-là à

se rendre à Thunder Bay.

Le monde était à bout.

Quand on est sorti

du canot aujourd’hui.


MIKAEL RIOUX

Moi, j’étais bien correct.


DIANE MOREAU

Pas moi.

Moi, j’aurais continué.

Hier, moi, j’aurais continué.


MIKAEL RIOUX

On est arrêté là, là,

puis on aurait pu continuer

encore deux heures facile.

C’était calme,

il faisait plus froid.

On avait tout pour continuer.

Il y avait des belles îles

tout le long pour parquer.


YOURI CORMIER

C’est pas nous, la contrainte

d’arriver à Thunder Bay.

La contrainte, c’est la

température puis la contrainte,

c’est la date, le 24.


BOB ABRAMES

Ça, c’est trop facile.

Ça, c’est trop facile.

Oui, il y a des choses qui

vont arriver que ce sera pas

possible, mais est-ce qu’il y en

a qui disent wow, c’est parfait,

on va faire 75 kilomètres.


GUILLAUME MORIN

Oui.


BOB ABRAMES

Oui?


GUILLAUME MORIN

Bien oui.


BOB ABRAMES

Mais j’entends pas.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pour Bob, arriver à

Thunder Bay en camion plutôt

qu’en canot, ça

serait un véritable échec.


BOB ABRAMES

Je ne veux pas.

Embarquer dans un camion,

ça serait pour moi une faillite.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 6 juillet, les CANDIDATS débarquent à l’Île McKay à Bruce Mines.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Nos voyageurs ont pour

la plupart perdu tout espoir

d’arriver à temps à Thunder Bay.

La monotonie et l’inquiétude

épuisent leurs forces

tant mentales que physiques.

Ce qu’ils ne savent pas encore,

c’est que c’est la dernière

fois qu’ils portagent

leur vieux canot d’écorce.

On leur a en effet trouvé un

nouveau canot pour remplacer

celui qui s’est

fracassé dans le delta

de la Rivière des Français.

Les voyageurs pourront

donc poursuivre leur périple

à bord d’une embarcation

nettement plus sécuritaire

que leur vieux rafiot.


Les CANDIDATS s’apprêtent à faire une cérémonie d’adieu à leur vieux canot.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

Je pense pas qu’il y avait

personne dans l’équipe qui

voulait qu’on se débarrasse du

canot, mais rendu à ce point-là,

il fallait absolument

le faire parce que

ce n’était plus sécuritaire.

Ça fait que comme c’était

un membre de l’équipe,

on lui a donné une

cérémonie d’au revoir.

On l’a laissé

dériver en pleine nuit.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

C’est le dixième participant

de notre équipe puis ça été

notre bébé, j’en reviens pas,

on en a tellement parlé puis

on s’en est tellement occupé.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après avoir fait leurs

adieux à leur canot d’écorce,

ils accueillent avec

une certaine appréhension

leur nouvelle embarcation.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Juste avant Sault Ste. Marie,

on a laissé tomber notre

canot d’écorce de bouleau

puis on a pris un

canot de fibre de verre.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

On attendait un canot qui

a été brisé, on a réussi

finalement à avoir

un canot l’express.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ils ont un canot neuf, mais

auront-ils la détermination?


BOB ABRAMES

On a le canot, on chiale

tout le temps qu’on n’a pas ça,

on n’a pas ci. On l’a.

On a l’équipement.

Et là, on est fatigué.

Bien colisse, ça

me fend le cul, ça!


DOMINIQUE HENRI

C’est pas de travailler

jusqu’à ce que je sois à terre.

C’est pas ça, tu comprends?


BOB ABRAMES

Oui, je comprends, mais ma

priorité, c’est de le faire.


DOMINIQUE HENRI

C’est sûr.


BOB ABRAMES

Je me rends à Thunder Bay,

crisse, et je ne sais pas

comment, mais je vais me rendre.


DOMINIQUE HENRI

Mais tu ne vas

pas te rendre tout seul.

Tu vas te rendre avec

huit autres personnes.


BOB ABRAMES

Huit autres personnes

qui veulent travailler.


DOMINIQUE HENRI

Tu comprends qu’elles

sont différentes que toi.


BOB ABRAMES

Oui, oui.


DOMINIQUE HENRI

Moi, je veux travailler, OK.

Je veux travailler mais

juste ma petite demi-heure,

ma petite heure

de plus le matin.


MIKAEL RIOUX

C’est la meilleure stratégie.

S’il y en a qui ont besoin

d’une heure de sommeil de plus.

Je pense qu’il faut, en équipe

de même, il faut s’adapter non

pas au plus rapide,

mais au plus lent.


GUILLAUME MORIN

Non, non, il faut se

lever à six heures max.


MIKAEL RIOUX

Non, non, même avant.

Mais en tout cas, ceux

qui veulent se lever avant,

ils se lèvent avant

puis on fait ce qu’on a dit, là.


GUILLAUME MORIN

Six heures max.

ça, six heures max.

Six heures max, le canot

est à l’eau puis on part.


Le lendemain, à 6 heures, BOB ABRAMES, RENAUD LAFOND et MIKAEL RIOUX commencent à remplir le canot.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite le nouveau canot)

Avant même que je mette

le pied dedans, quand j’ai vu

le canot, je me suis

dit woof, c’est petit.

C’était un petit canot.

Je me suis assis dedans puis

j’ai regardé le canot puis je me

suis dit je suis pas certain

qu’il va y avoir de la place

pour tout l’équipement

dans ce canot-là.

On a dû abandonner un certain

montant d’équipement justement

pour avoir assez de

place dans le canot.


Plus tard, à 7 heures et dix, d’autres CANDIDATS viennent les rejoindre pour continuer de mettre les bagages dans le nouveau canot.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Ça, ça été tout un événement,

le changement de canot.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On avait l’impression

de pagayer un petit canot

de 16 pieds en fibre de verre.

Ça avançait tout seul, ça

glissait, c’était un vrai rêve.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

J’étais tout poignée en

avant de Youri puis chaque fois

qu’il pagayait, j’avais

son coude dans ma face.

Je me suis retenue à peu près 50

fois, je plongeais à l’eau puis

je m’en allais

puis je faisais du pouce

puis je rentrais chez nous, là.

Puis là, Mikael, il m’a parlé

et puis c’était comme OK, OK,

ça va être correct.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Là, on voyait le

but à atteindre, réalisable,

grâce à ce canot-là.

C’était comme l’outil

qu’il nous fallait.

J’avais confiance qu’on pouvait

y arriver, ça fait que j’ai

vraiment décidé à ce moment-là,

je voyais qu’il y avait des gens

qui y croyaient plus

ou moins puis j’ai vraiment fait

mon possible pour

convaincre tout le monde.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

La rapidité du nouveau

canot leur redonne confiance

et ils retrouvent bien vite une

énergie qu’ils croyaient morte.

Ils commencent même à croire

qu’il est encore possible d’être

au Fort William le

24 juillet, mais ils essayeront

d’abord de se rendre à

Sault Ste. Marie le jour même.

S’ils réussissent, ce

sera leur plus grosse journée

de pagayage, 65 kilomètres.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Je me suis dit bon, ça y est.

Fais-le, t’as

pas d’autres choix.

Tu te mets dans un autre état

d’esprit puis tu files puis

tu essaies de penser le

moins possible à la douleur.


Les CANDIDATS pagaient et tout semble aller pour le mieux.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ils viennent de

réaliser ce qu’ils ont cru

par moment impossible.

À 22 heures, ils

arrivent, fiers, mais fatigués

à Sault Ste. Marie.

Ils se sont donné du mal,

beaucoup de mal, mais ça valait

amplement la peine

parce qu’ils ont enfin

repris confiance en eux.


KATHY FISHER, au lieu historique national Ermatinger-Clergue, les accueille.


KATHY FISHER

(Propos traduits de l’anglais)

Bienvenue à Sault Ste. Marie!


SANDRINE DESAULNIERS

Aie, bonne job, tout le monde.


KATHY FISHER

(Propos traduits de l’anglais)

Nous avons cuisiné pour vous.


DOMINIQUE HENRI

(Propos traduits de l’anglais)

Nous avons très faim.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Même si Thunder Bay est

encore loin, ils ont maintenant

la certitude, après cette

première victoire sur eux-mêmes,

qu’ils sont

capables d’y arriver.

Les voyageurs sont

chaleureusement accueillis à la

maison de Charles Ermatinger,

commerçant de fourrures

né en 1776 et dont la maison

a été transformée en musée.

Un repas d’époque

leur est servi.


DOMINIQUE HENRI

Je pense que c’est le meilleur

repas que j’ai jamais mangé,

puis ça, sans exagérer, pour

le bien-être que ça procure.

Juste après tant

de souffrances, de sentir

les patates

fondent dans la gorge.


RENAUD LAFOND

C’est pas juste qu’on a

fait 65 kilomètres aujourd’hui.

C’est qu’on a fait

175 en trois jours.

Puis ça, je pense que

c’est assez remarquable.


GUILLAUME MORIN

Je suis tout ému.

J’en ai les larmes aux yeux.


DIANE MOREAU

Moi, en tout cas, je sais que

je n’avais plus d’énergie il y a

peut-être une heure de

ça avant de débarquer.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Bob mesure ses talents

à ceux d’un coureur des bois

rencontré ce soir-là.


BOB ABRAMES essaie d’allumer un feu en frappant deux pierres entre elles.


Le lendemain, GEORGES-HÉBERT GERMAIN vient s’adresser aux voyageurs.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Mais je n’ai pas des

bonnes nouvelles, vous le savez

sans doute, vous avez

pris beaucoup de retard.

On a évalué que c’est

presque cinq jours de retard

que vous avez pris.

Ça serait presque miraculeux

que vous parveniez à annuler

ce retard, mais

c’est quand même possible.

Vous entrez dans

le lac Supérieur.

Il y a des grandes baies

que vous pouvez couper.

Les voyageurs, pour eux,

c’était toujours quelque chose

d’un peu effroyable, dangereux,

c’est périlleux parce que

la température

peut changer beaucoup.

Il y a des brouillards qui

peuvent être très denses et qui

peuvent rendre la navigation

très difficile et très pénible,

mais vous devrez ensemble

prendre chaque fois la décision

de faire ce qu’on appelait une

traverse ou de suivre le rivage.

Si vous suivez le rivage, vous

avez très, très peu de chances

de reprendre ce retard.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mikael prend de plus en

plus souvent la direction

des opérations.

Juste avant d’affronter

les Grands Lacs, il calcule

le nombre de kilomètres qui

les séparent de Thunder Bay.


BOB ABRAMES

La meilleure personne

pour se rendre là-bas vite,

c’est probablement Mike, Mikael.

Je sais pas, il s’est fait

piquer par quelque chose, lui.

Il est décidé qu’il s’en va.

Et il est fort, il

commence le matin et il est prêt

pour travailler

toute la journée.


MIKAEL RIOUX

Il nous

resterait 629 kilomètres.

On disait 800, on se

donnait 800, nous autres.

Il nous reste 15

jours, mettons cinq jours

de mauvais temps bad lucké.

Ça fait quand

même 63 par jour.


BOB ABRAMES

Mais là, c’est le

temps pour le portage.

Come on, let's go!

On y va.

Rock’n’roll, Roxanne.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

À la sortie

de Sault Ste. Marie,

les voyageurs découvrent

un paysage industriel qu’ils

avaient oublié et qui éveille

leurs convictions écologiques.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

J’ai vraiment

eu un choc en voyant

toute l’usine juste à côté.

Nous autres, ça fait comme

environ trois semaines qu’on est

vraiment dans la belle nature.

Puis là, on arrive, bang,

on a ça dans la face.

Moi, ça me donne un choc.

La nature est plus forte que

tout puis elle va se charger de

nous remettre à notre place

si on a affaire à se faire

remettre à notre place,

puis c’est déjà commencé.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs sont heureux

de la rapidité de leur nouveau

canot, mais ils vont bientôt

entrer dans cette véritable

mer intérieure qui est le lac

Supérieur dont ils connaissent

encore mal la nature.


SANDRINE DESAULNIERS

Moi, je dis que

tout peut encore arriver

d’ici Thunder Bay, là.

On est quand même sur un lac qui

est réputé rock’n’roll puis

pour moi, ça

m’étonnerait pas qu’on y goûte.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


BOB ABRAMES

(Criant dès le réveil)

Rock’n’roll, Roxanne!

C’est le temps.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Il est cinq heures du matin.

La levée du corps est

pénible, les muscles font mal,

mais on ne se plaint pas.

On se prépare techniquement

et mentalement à affronter

le gigantesque lac Supérieur.


GUILLAUME MORIN

(Se parlant à lui-même)

Allez, Guillaume.


CHRISTIAN PILON

De la mouche à matin.


MIKAEL RIOUX

On a une grosse

journée devant nous autres.


SANDRINE DESAULNIERS

C’est quoi, l’objectif?


MIKAEL RIOUX

Pagayer fort.

Pagayez!

Constant.


Le 10 juillet, les CANDIDATS commencent leur aventure sur le lac Supérieur.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs évitaient autant

que possible de frôler les rives

à cause des rochers, mais aussi

parce qu’ils optaient toujours

pour le chemin le plus court qui

était souvent le plus dangereux.

Plutôt que d’entrer dans les

baies, ils faisaient ce qu’on

appelait des traverses,

après avoir bien sûr recommandé

leur âme à Dieu.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Les neuf, on était

d’accord qu’on pouvait le faire,

même s’il n’y avait

personne qui nous escortait,

on s’est dit oui, le

matin, on était très en forme.

À cinq heures et

demie, on est parti.


GUILLAUME MORIN

(Pagayant)

La frénésie de la

fin se fait sentir.

On veut couper une baie de

30 kilomètres pour sauver 60.

Alors, on va tout

faire pour le faire.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

C’est sûr qu’il y avait un

petit risque, mais un moment

donné, il faut en prendre

des risques, comme les voyageurs

en prenaient dans le temps.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

On savait, lorsqu’on a signé

sur le papier, qu’on s’en

venait, que c’était pour

être dangereux à un point

Le danger, ça fait partie de

l’expédition pour les voyageurs.

Ou à un autre.

Oui, ça pris

quelques vies aussi.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Tu sauves tellement de

kilomètres à couper des baies

que c’est sûr qu’ils en

coupaient des baies, tu sais.

Ça devait être incroyable,

quand ils décidaient de couper

une baie puis le vent se

levait, ils étaient faits.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Puis dans le bateau, personne

parlait quand on a commencé.

Dans à peu près une heure, on

était tous je pense à essayer

d’absorber ce qui était

en train de se passer.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Quand on est arrivé

au milieu de la traversée,

on ne voyait pas le rivage.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

On perdait le

sens de la direction.

À moment donné,

il y avait le soleil.

C’est le seul qui nous

disait que l’est était là.

Mais sinon, on avait vraiment

l’impression d’être ailleurs

puis de pagayer vers

nulle part parce qu’on

ne voyait pas l’autre rive.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ils retiennent leur souffle.

Ils savent que le

moindre coup de vent peut

les envoyer au fond du lac.

Après quatre heures de

travail intense, les voyageurs

retrouvent enfin la côte, mais

ils ont réalisé que leur petit

canot, même s’il est

rapide, est étroit et instable.

Ils savent maintenant

qu’ils devront risquer leur vie

s’ils veulent arriver

à temps à Thunder Bay.

Mais il n’y a pas que sur

l’eau que le danger existe.

Dominique

l’apprend à ses dépens.


Au jour 42, DOMINIQUE HENRI est couchée sous une tente. Elle ne sent pas bien.


DIANE MOREAU

Vas-tu l’enlever,

ta grosse couverte?


DOMINIQUE HENRI

Non?


DIANE MOREAU

Tu es frissonnante un peu?


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Quelques voyageurs, heureux

des performances de la veille,

ont voulu fêter la chose d’une

façon pour le moins originale

et au réveil, Dominique

le regrette amèrement.


DIANE MOREAU

Oui, tu sais quoi faire.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Mikael commence à empiler

des espèces de troncs d’arbres

qui étaient courbés.

Il fait une armature.

On va mettre une toile là-dessus

puis on va faire un sauna.

On trouve des roches

puis on met ça dans le feu.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Je vois Mikael, Sandrine,

Guillaume et puis Dominique

à poil autour du feu, là.

Qu’est-ce qui se passe là?

Ils ont fait un sauna.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

J’ai resté surpris

qu’elle soit malade, oui.

Oui, j’aurais pas pensé

que ça aurait eu un effet.

Je sais qu’on sue énormément

dans un sauna, mais de là

à dire je me déshydrate

pour ça, je ne savais pas.

C’est peut-être la goutte qui

a fait déborder le vase, mais...


DOMINIQUE HENRI se rend en camion à l’hôpital.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’état de santé de Dominique

inquiète tout le monde.

Elle doit rapidement

être transportée à l’hôpital

où on diagnostique

une grave déshydratation.

Les autres voyageurs, eux,

doivent continuer d’avancer

pour respecter les délais.

Malgré le grand désir qu’elle

avait de retrouver l’équipe,

Dominique se voit forcée

par les médecins de passer

une nuit à l’hôtel.

Pendant ce temps, les autres

pour qui arriver à Thunder Bay

reste une obsession

avancent sans elle jusque tard

dans la soirée.

Rien ne doit désormais

entraver leur chemin.

Après une

dure journée de pagayage,

les voyageurs acceptent

une invitation à souper.

Bob, lui, préfère rester

au camp pour surveiller

l’équipement.

Il n’a pas le goût

de faire la fête.


Les CANDIDATS, sauf DOMINIQUE HENRI qui est à l’hôpital et BOB ABRAMES qui est demeuré au camp, arrivent au Voyageurs' Lodge de Batchawana Bay.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Au Voyageurs' Lodge de

Batchawana Bay, ils sont reçus

comme de véritables

voyageurs d’autrefois.


Les CANDIDATS se mettent à table avec leurs hôtes.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Dominique a à peine eu le

temps de reprendre des forces

qu’elle doit rapidement

rejoindre le groupe.


DOMINIQUE HENRI

(Revenant)

Allô.


CHRISTIAN PILON

On est content de te

revoir, c’est certain.


DOMINIQUE HENRI

Salut.

Il est bien beau, rasé comme ça.


CHRISTIAN PILON

Il s’est nettoyé pour toi.


DOMINIQUE HENRI

Je suis préparée mentalement.

Maintenant, physiquement,

il va falloir que je me ménage,

que je fasse attention à moi

dans la mesure du possible,

que je boive beaucoup d’eau.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs ont besoin

de toutes leurs énergies

pour s’attaquer au lac

Supérieur qui semble maintenant

vouloir se déchaîner.


La caméra des voyageurs capte des images d’immenses vagues et de tempête qu’ont dû affronter les CANDIDATS au cours de la journée.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

On allait vite.

Ça allait bien.

Mais un moment donné,

on avait de la houle

de quatre, cinq, six pieds.

Des fois, on creusait les vagues

tellement qu’on ne voyait

plus l’horizon.

Puis à ce moment-là, je me

suis mis à vraiment avoir peur

parce que je

n’étais pas venue ici

pour risquer ma

vie non plus, là.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Il était très, très,

très versant, ce canot-là.

On manquait de chavirer pour,

tu te retournes trop vite puis

wow, tout le monde,

il faut qu’on compense.

Ça n’avait aucun sens.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

La côte qui

est inhospitalière.

On ne trouve aucun

endroit pour accoster.

Après quelques kilomètres

dans une mer houleuse,

il faut vite se mettre à l’abri.

Il n’y aura pas de longue

discussion cette fois-ci,

le premier

emplacement fera l’affaire.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On était arrêté dans

une espèce d’encavure

dans la roche et

là la tempête a poigné.

Les vents sont

rentrés là-dedans.

Les vagues volaient.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Condamnés à rester sur place,

les voyageurs se préparent

à passer une nuit dans

le vent et la tempête.

Cet arrêt forcé leur rappelle

que d’autres sont passés

sur ce lac longtemps

avant eux et qu’ils ont connu,

eux aussi, le même

genre de problème.


Plus tard, alors que les CANDIDATS sont assis autour du feu, MIKAEL RIOUX raconte un pan de l’histoire.


MIKAEL RIOUX

(S’adressant aux autres CANDIDATS)

On connaît presque rien

des origines d’Étienne Brûlé.

Samuel de Champlain en parle

pour la première fois dans ses

écrits en 1618, mentionne le nom

d’Étienne Brûlé, mentionne aussi

le fait que ça fait huit ans

qu’il demeure avec les Indiens.


Des images d’archives, des peintures, défilent.


MIKAEL RIOUX

(Narrateur)

Il est un des premiers Européens

À connaître leur langue.

Cette expérience le rend très

précieux aux yeux de Champlain

qui lui confie

plusieurs missions.

Mais Brûlé, déjà

reconnu pour son indépendance,

préfère se consacrer à

ses ambitions personnelles.

En 1629, il trahit Champlain en

offrant ses services aux frères

Kirk qui cherchent

à envahir Québec.


MIKAEL RIOUX

(Poursuivant son récit autour du feu)

Étienne Brûlé a habité

pendant 20 ans chez les Hurons.

Son histoire s’est

malheureusement mal terminée.

Pour une raison encore

inconnue, les Hurons l’ont tué

et l’ont mangé.

Étienne Brûlé, c’était un gars

très indépendant, très courageux

qui a marqué l’imaginaire

de la jeunesse française

au premier siècle de la colonie.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Au petit matin, le lac

est toujours aussi déchaîné.

Toujours pas de départ en vue.


BOB ABRAMES

Quand j’ai vu ça ce matin, il

était pire qu’hier, j’ai dit tu

sais, je réveille pas le reste.

Je vais attendre.


RENAUD LAFOND

On va rester puis on ne va pas

prendre de risque pas se faire

poigner au milieu de l’eau avec

des grands vents qui montent.


GUILLAUME MORIN

C’est un suicide d’aller

se pitcher là-dedans, là.


MIKAEL RIOUX

On a besoin de quatre

jours sur six jours.

Ça commence à être serré, oui.


DOMINIQUE HENRI

Non, c’est pas gagné, gagné.


YOURI CORMIER

Je réalise que le rêve

d’arriver à Thunder Bay la bonne

journée, il

tient sur une ficelle

qui n’est pas très, très forte.

On est sur le bord d’être

en retard puis le retard,

d’habitude, c’est pas la fin

du monde, mais dans ce cas-ci,

c’est grave parce que ça

implique qu’on prend un camion

pour se rendre en quelque part.


Le 18 juillet correspond au jour 51 de l’aventure. Les CANDIDATS retournent à l’eau.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le jour suivant,

les voyageurs peuvent

enfin reprendre le large.

La tempête leur a fait perdre

un temps précieux qu’ils

doivent maintenant récupérer.

Ils montent dans

leur petit canot versant

avec une certaine inquiétude.

Ils peuvent chavirer à tout

moment, et ils le savent.

Malgré les appréhensions,

ils s’engagent sur les eaux sans

trop savoir ce qui les attend.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

J’ai trouvé ça vraiment

très téméraire puis les eaux,

à cet endroit-là, étaient

très, très, très froides.

On ne peut pas tomber à l’eau.

Il n’en est pas question.

Il y en a un qui va

mourir, c’est sûr.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Les CANDIDATS sont à présent à Agawa Bay, un parc provincial du lac Supérieur.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le lac s’est enfin calmé et

les voyageurs croient fermement

que c’est l’esprit du lac

Supérieur qui veille sur eux.


Les CANDIDATS s’arrêtent sur un rocher et remarquent des dessins sur un rocher. Ils ne profitent pour se baigner.


YOURI CORMIER

Ça, c’est les pictogrammes qui

ont été faits par les Ojibway.

Ça date d’environ 400

ans pour les plus vieux.

Les plus récents sont

genre de 150 ans.

Il est supposé avoir

un petit câble qui va

du canot au monstre.

Le monstre marin, ça

se trouve à être Machu Pichu

et c’est un monstre qui habite

dans le lac Supérieur ici.

Quand il est de bonne

humeur, le lac est calme,

comme on l’a aujourd’hui.

Quand il se fâche, c’est sa

queue qui commence à branler qui

fait des grandes vagues et c’est

pour ça que le lac Supérieur est

extrêmement violent par moments.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Je n’ai jamais vu

une eau aussi turquoise

dans une eau d’eau douce.

C’est extraordinaire.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

C’était incroyable.

À partir d’Agawa jusqu’à

la baie de Michipicoten,

c’était absolument incroyable.

L’eau était turquoise.

Il y avait des falaises qui

descendaient jusqu’au lac.

J’étais fasciné.


DIANE MOREAU

Ce qui est extraordinaire,

c’est qu’on boit à même le lac,

vraiment comme les

vrais voyageurs faisaient.

Depuis une semaine, on boit

l’eau directement du lac.

C’est le fun.


BOB ABRAMES

On a entendu beaucoup

d’histoires de ce lac, des

bateaux qui calent, des tempêtes

et tout ça et je suis sûr que

dans le temps des voyageurs,

il y avait souvent des choses

qui arrivaient qui étaient

très sérieuses, très tristes.

Mais je crois que

le lac Supérieur va prendre

soin de nous autres.

(Émotif)

I'm so emotional all the time.


RENAUD LAFOND

Le vent s’est élevé et puis ça

nous fait une vague d’environ

un pied et demi puis à un

pied et demi, on a à peu près

un pouce de plat bord qui reste.

Je pense que ça va

prendre un autre canot.


MIKAEL RIOUX

Si on perd deux, trois jours

juste à cause qu’il y a un petit

vent léger qui fait en sorte

que les vagues sont juste un peu

trop grosses, ça serait plate.

C’est un beau canot, mais c’est

un beau canot qui va vite, sauf

que pour les Grands Lacs,

ce qui nous reste à faire,

je pense que ça va

vraiment prendre un autre canot.


BOB ABRAMES

Le positif, c’est

qu’il va très, très vite.

Le négatif, il n’est pas

confortable et il est dangereux

un peu, mais pour ces jours-ci,

je vais prendre le canot qui est

dangereux, faire le maximum avec

parce que c’est le millage d’ici

à Thunder Bay qui compte.


GUILLAUME MORIN

Vu qu’on a une grosse vitesse

de pointe, bien on sacrifiait

la stabilité et

c’est très instable.

Aussitôt qu’on frappe la vague,

ça commence déjà à le faire

bouger beaucoup plus.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

En été, les eaux des

Grands Lacs peuvent être glacées

à certains endroits. Dans les baies cependant,

elles sont tempérées,

parfois presque tièdes.

Le rythme est bon, les

conditions sont excellentes,

mais Bob s’inquiète

quand même des délais.

Il considère que le groupe

perd encore un temps précieux

et qu’on ne profite pas

suffisamment du temps clément

pour prendre un peu d’avance.


Les CANDIDATS arrêtent le canot dans une espèce de grotte quelques instants et en profitent pour s’amuser.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Je n’étais pas amusé.

Ils jetaient les pagayes

au fond de l’eau et montaient.

C’est pas les choses tellement.

C’était le temps et c’était

le temps pour travailler,

pas le temps pour jouer.


DOMINIQUE HENRI

Bob, décourage-toi pas!

On arrive.


SANDRINE DESAULNIERS

On a du rhum, Bob.


GUILLAUME MORIN

Let’s go.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Peut-être que c’est une

question d’âge, je ne sais pas.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’inquiétude grandit au

rythme des vagues qui se font

de plus en plus grosses.

Le petit canot est devenu trop

dangereux pour cette partie

du lac Supérieur.


Les CANDIDATS, qui se sont arrêtés au milieu du lac, discutent de la possibilité de changer de canot.


MIKAEL RIOUX

La question qu’on a à se

poser, c’est est-ce qu’on

garde ce bateau-là

ou on change de canot?

Je regarde ça puis je prendrais

vraiment l’autre canot.

C’est une question de

sécurité, sécurité, sécurité.


BOB ABRAMES

Moi, j’aimerais

garder celui-là.

Ca va bien aujourd’hui.

Pour demain, on le sait pas,

dans celui-là ou un autre.

On change de canot plus souvent

qu’on change de vêtements.

J’aimerais continuer

avec celui-là.


DIANE MOREAU

Moi, je suis

d’accord avec Mikael.

J’irais avec le gros canot.


GUILLAUME MORIN

Je trouve ça un peu bizarre

qu’on est encore en train

de faire une discussion pour

un choix de canot puis on

n’a encore jamais

vu ce canot-là.

On y va.

On va voir

qu’est-ce qu’il a de l’air.

Une fois qu’on est

à côté, on choisit.


Le 19 juillet, les CANDIDATS s’arrêtent à Terrace Bay.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les voyageurs

s’arrêtent à Terrace Bay

pour examiner ce nouveau canot.

Comme les voyageurs d’autrefois

qui négociaient une nouvelle

embarcation avec les

Indiens rencontrés en chemin,

ils devront faire un choix

stratégique entre un canot

rapide et dangereux et un canot

plus sécuritaire, mais plus lent.


GUILLAUME MORIN

C’est un mastodonte.


MIKAEL RIOUX

Ostie de colisse.


RENAUD LAFOND

Ça l’air d’être la

mère de tous les canots.

Il est beau, mais il

est gros en titi.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

L’équipe était divisée.

La moitié des gens voulaient

continuer avec le canot plus

petit en fibre de verre plus

instable, plus dangereux, pour

parcourir plus

de kilomètres plus rapidement

puis l’autre moitié

de l’équipe voulait embarquer

dans le canot plus grand.


GUILLAUME MORIN

Tout le monde forçait pas

mal avec le canot d’écorce.

Huit cents livres,

je m’excuse, mais...


MIKAEL RIOUX

Cinq cents, on était là,

on se cassait quasiment le dos.

Trois cents livres de plus, c’est

quasiment la moitié de plus.


SANDRINE DESAULNIERS

Mon objectif,

ce n’est plus le 24.

Mon objectif, c’est

de se rendre en vie.

Non, mais je suis gelée

et je suis pas dans l’eau.

Ça fait que moi,

si on garde ce canot-là,

vous me laissez sur le bord.

Si un matin vous décidez d’y

aller, moi, je veux pas y aller,

mais je me sens pas

en sécurité, ça fait des jours

que je me sens pas en sécurité.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


RENAUD LAFOND

C’est une décision qui

est pas mal chiante parce que

les deux canots ne

sont pas idéals du tout.


YOURI CORMIER

Moi, de la manière que je vois

ça, à partir de 1,50 mètre

de vague, je veux plus être à

l’eau, peu importe quel canot

que je suis dedans.


DOMINIQUE HENRI

Moi, personnellement, je ne

suis

puis juste l’idée de vraiment pas confortable

chavirer seule avec rien autour,

c’est peut-être la mort.


DIANE MOREAU

Si on tombe à

l’eau c’est sérieux là,

c’est vrai, vrai, là.

C’est pas des farces.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Mais moi, il n’était

pas question que je retourne

dans le petit canot express.

Je trouvais ça

vraiment très téméraire

puis je me disais ça se peut là.

On peut pas tomber à l’eau, là.


BOB ABRAMES

Je pense pas que les voyageurs

ont changé de canot à chaque

fois qu’ils aimaient pas le

canot et il y a des dangers,

il y a des questions,

oui, et la question pour moi,

c’est de se rendre à

Thunder Bay et je ne crois pas

qu’on va faire sept à huit

kilomètres à

l’heure avec celui-là.


GUILLAUME MORIN

On n’arrivera pas

le 24, that's it.

Si on n’est pas capable de le

faire à cause de la température

parce que c’est trop dangereux,

that's it, ça finit là.


RENAUD LAFOND

C’est plate, mais

je pense qu’on est mieux

avec le petit puis il

va falloir jouer ça safe.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Je ne faisais plus tout à fait

confiance à l’équipe je pense

À ce moment-là par rapport

aux décisions de sécurité

dans ce canot-là.


CHRISTIAN PILON

Moi, j’aimerais voir si on

peut le débarquer puis juste le

mettre à l’eau pour qu’on puisse

embarquer dedans, juste poigner

un petit feel, même

donner un petit coup de pagaie

dans la baie, juste voir.


MIKAEL RIOUX

Ça serait la

meilleure affaire.


CHRISTIAN PILON

Juste nous donner

une idée voir comment

est-ce que c’est qu’elle avance.


Les CANDIDATS soulèvent le canot qui est attaché sur le toit du camion.


CANDIDATS

Un, deux, trois, go!


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On a levé le canot,

on l’a débarqué du camion.

On est allé l’essayer

puis on a dit bien, 31 pieds,

on avait de la place.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On passait d’une Ferrari

À une Buick des années 70,

une grosse, grosse bagnole.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

C’est sûr qu’il

était immensément grand.

C’est pas vraiment ça qu’on

avait de besoin, mais au moins,

c’était sécuritaire.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Tout le monde a compris

finalement qu’on avait fait le

bon choix d’y aller pour

la sécurité en choisissant

le canot plus stable.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Winnipeg est encore à

des jours et des jours d’effort

et de fatigue.

Le danger de portage.

Il y a aussi, pour respecter

les habitudes des voyageurs

d’autrefois, des arrêts obligés

comme celui de Welcome Islands.


Le 23 juillet, les CANDIDATS s’arrêtent à Welcome Island.


GUILLAUME MORIN

C’est l’endroit stratégique

des voyageurs avant d’arriver

À Thunder Bay.

Ils ont juste une petite

traverse à faire pour arriver

après ça à Fort William.

C’était la place qu’ils

choisissaient pour arrêter,

se laver, mettre des

vêtements propres, se raser.

Et c’est la même

chose qu’on a fait.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Un voyageur, qui revient

justement de Fort William avec

quelques outils achetés

là-bas propose à nos voyageurs

de les raser de près.


GUILLAUME MORIN

La barbe longue voulait dire

un gars de bois, ça faisait

longtemps qu’il était dans

le bois, ça faisait sale.

Quand le monde arrivait en

ville, ils se lavaient puis

le fait d’avoir une

barbe bien rasée montrait

que tu étais propre.

Donc, tu ne peux pas

arriver à Fort William sale.

Il faut être propre.


YOURI CORMIER

Il y a énormément de femmes

qui nous attendent là-bas,

je suis sûr, parce que

tous les gars sont tous excités

et ils veulent tous se faire

raser la barbe pour en profiter.

C’est comme à l’époque.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’usage voulait en effet que

les voyageurs soient propres

et présentables quand ils

entraient au Fort William.


DOMINIQUE HENRI

Guillaume, je le

trouve pas mal cute.

Vraiment, là, surtout quand

il enlève sa chemise en avant

puis il nous fait des

petits shows de crème solaire.


CHRISTIAN PILON

Personnellement,

je m’arrange beaucoup mieux

avec les femmes que

je m’arrange avec les hommes.

Je pense que si

ça serait juste les hommes

on aurait plus de tête-à-tête,

ça serait plus...

trop de testostérone,

ça c’est certain.

Ça fait qu’avec les

femmes là, au moins ça amène

un petit peu plus d’apaisement.


DOMINIQUE HENRI

Et toi, Sandrine?


SANDRINE DESAULNIERS

Ah bien moi,

mettons, peut-être Mikael.


DOMINIQUE HENRI

Peut-être, hein?


SANDRINE DESAULNIERS

Peut-être.


DOMINIQUE HENRI

Pas sûre?


SANDRINE DESAULNIERS

On va voir

quand il va être rasé.


DOMINIQUE HENRI

Toi, Diane?


DIANE MOREAU

Moi, je dirais Christian.


SANDRINE DESAULNIERS

Oui?


DIANE MOREAU

Oui, son côté,

oui, femme et émotif.


Les trois femmes viennent voir les hommes qui se sont fait raser.


Plus tard, les CANDIDATS pagayent de nuit.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Et ensuite de ça, on a

fait la traversée la nuit.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

J’ai toujours rêvé

de faire une pagaye de nuit,

comme les voyageurs le

faisaient dans le temps,

même si c’était dangereux.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

Sous la lune comme ça,

c’était de toute beauté.

Mais on était

complètement perdu.

On voyait les lumières

de Thunder Bay au loin,

mais on ne savait pas pantoute

où est-ce qu’on s’en allait.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

À un moment donné, on

était complètement perdu.


NARRATEUR

Dans le prochain épisode,

à Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain épisode défilent.


Générique de fermeture

Épisodes de Destination Nor'Ouest