Destination Nor'Ouest

Six hommes et trois femmes acceptent de recréer, à bord d'un canot d'écorce, un périple de 2 500 km, identique à celui des Voyageurs du XIXe siècle. Ils veulent reproduire rigoureusement les conditions de voyage de l'époque et, malgré leur inexpérience et leur ignorance les uns des autres, ils veulent aller au bout de leur formidable aventure.

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Vidéo transcription

Épisode 8

Après avoir remonté la rivière Winnipeg où l’une des équipes chavire, les Voyageurs arrivent enfin au Fort Gibraltar de Winnipeg où ils sont accueillis en héros. À leur parrain, Georges-Hébert Germain, ils remettent une boîte secrète qu’ils transportent depuis leur départ.



Année de production: 2000

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NARRATEUR

Destination Nor'Ouest.

100 jours en canot d’écorce.

2 500 kilomètres de

Montréal à Winnipeg.

800 inscriptions

à travers le pays.

Seulement 9 candidats retenus.


Les CANDIDATS sont présentés les uns à la suite des autres, alors que des extraits de l’aventure les mettant en scène sont montrés.


NARRATEUR

Guillaume Morin,

de Chicoutimi.


GUILLAUME MORIN

Moi, j’étais obsédé

vraiment par le fait d’arriver

et je me suis dit bien là,

je vais peut-être

pagayer tout seul.


NARRATEUR

Bob Abrames, d’Ottawa.


BOB ABRAMES

À pied s’il faut,

crisse, mais je me rends.


NARRATEUR

Diane Moreau,

de Rouyn-Noranda.


DIANE MOREAU

Il a plu toute la nuit puis il

y a eu un vent de face terrible.

Le canot n’avançait pas.


NARRATEUR

Youri Cormier, de Québec.


YOURI CORMIER

On s’est ramassé avec

un énorme défi en partant.

Moi, j’ai chialé

trois, quatre fois.


NARRATEUR

Christian Pilon, d’Ottawa.


CHRISTIAN PILON

Les derniers jours

ont été vraiment tough.

J’étais écœuré,

je pensais de mourir.


NARRATEUR

Mikael Rioux,

de Trois-Pistoles.


MIKAEL RIOUX

Plus qu’on avançait,

plus qu’on réalisait que, oui,

les vagues sont de

plus en plus grosses.


NARRATEUR

Dominique Henri, de Montréal.


DOMINIQUE HENRI

Ça me faisait peur.

Moi personnellement,

j’étais déjà vidée,

j’étais déjà crevée.


NARRATEUR

Sandrine Desaulniers,

de Val-David.


SANDRINE DESAULNIERS

Honnêtement, le

dernier kilomètre des 2 500

kilomètres a été le plus dur.


NARRATEUR

Renaud Lafond, de Winnipeg.


RENAUD LAFOND

C’est un projet de

fous avec une gang de fous.


NARRATEUR

Tous réunis

pour une grande aventure.

Pourront-ils faire revivre

une expédition authentique

comme celle des

voyageurs de 1806?


NARRATEUR

Lors des derniers épisodes.


Des extraits des derniers épisodes défilent, reprenant l’essentiel de l’aventure jusqu’à présent. Puis, l’épisode commence.


Le 27 août, à Kenora en Ontario, GUILLAUME MORIN descend de l’avion.


GUILLAUME MORIN

On n’a plus les taxis qu’on avait.

Ça va?


DIANE MOREAU

(L’accueillant)

T’es pas mal bon. En

tout cas, chapeau. Chapeau.


GUILLAUME MORIN

Avec toutes les vagues

que j’ai poignées hier

et puis aujourd’hui, là.


CHRISTIAN PILON

Ça va?


GUILLAUME MORIN

Bonjour, tout le monde.


CHRISTIAN PILON

Tu es notre

idole, vraiment là.


GUILLAUME MORIN

Ah, oui.


CHRISTIAN PILON

Tu es bien trop grand.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

On a attaché mon canot

sur la base de l’hydravion,

embarqué dans

l’hydravion et je me suis

fait sortir de la course

et ramené avec tout le monde

vers Kenora en hydravion.


GUILLAUME MORIN

(Regardant une carte avec les autres CANDIDATS)

Moi, j’ai commencé

à vraiment avoir des pépins,

et je suis passé ici.


DIANE MOREAU

OK, c’était très rough.


GUILLAUME MORIN

Là, le vent, il me

déportait, il me déportait.

J’ai jamais réussi à faire

cette île-là que je me suis fait

déporter puis je me promenais

sur les petites îles de même

puis j’ai vu une balise

ici puis j’ai dit moi,

je ferai jamais

plus loin que ça.


DIANE MOREAU

C’est ça, on

a dit c’est les pires conditions

pour canoter tout seul.


GUILLAUME MORIN

Oui.


YOURI CORMIER

Hier toi, ça

n’avait pas de bon sens, là.


GUILLAUME MORIN

C’est l’enfer.


YOURI CORMIER

Mais c’est vraiment

génial que tu t’es rendu

jusque là tout seul, là. Wow!


DIANE MOREAU

Chapeau. Chapeau mille fois.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Toujours à l’hôtel

où elle soigne son poignet,

Dominique s’inquiète

pour Guillaume dont

elle n’a aucune nouvelle.

Elle réfléchit

également à son propre avenir.


DOMINIQUE HENRI

Je n’arrête pas

de penser à Guillaume.

Je m’inquiète pour lui.

Je m’en veux d’être ici

quand Guillaume

est tout seul sur l’eau.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Depuis le départ de la

course il y a maintenant presque

cinq jours, tous les voyageurs,

à l’exception de Dominique,

se retrouvent ensemble pour

la première fois à Pine Falls,

à l’embouchure

de la rivière Winnipeg.

Guillaume en profite pour

raconter l’aventure qu’il

a vécue en solitaire.


CHRISTIAN PILON

Je suis vraiment,

vraiment fier de Guillaume

d’avoir pagayé tout

seul, même une bonne partie

dans la nuit aussi,

ça prend beaucoup de courage.

Je parle puis

je suis quasiment...

Tant qu’à moi, lui,

il a gagné la première place.


BOB ABRAMES

Guillaume, viens ici.

Il y a quelque chose

là-bas que je ne

peux pas accepter.

C’est une prime pour

avoir gagné la course.


BOB ABRAMES et GUILLAUME MORIN se dirigent vers le prix que veut lui remettre BOB ABRAMES.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Je vais la

donner à Guillaume, OK,

parce que

je pense qu’il l’a besoin.


GUILLAUME MORIN

Tu m’énerves, mon Bob.


BOB ABRAMES

Oui, hein. Parfait, ça.


GUILLAUME MORIN

(Apercevant une table à massage)

Ah, taboire. Bien, merci, Bob.


BOB ABRAMES

Bienvenue,

Monsieur. Bon travail.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

La course, la disparition

de Guillaume, les voyageurs

ont connu de grandes tensions

au cours des dernières heures.

Avant de reprendre la route qui

doit les mener à Winnipeg, les

gagnants de la course ont droit

à un massage en pleine nature.

Ils apprécient, bien sûr,

ce moment de détente, mais ils

s’inquiètent quand même

un peu au sujet de Dominique.

Reviendra-t-elle à temps pour

terminer le voyage avec eux?


DOMINIQUE HENRI

(Revenant vers le groupe en auto)

Vraiment, c’est deux jours que

je me suis reposée énormément.

J’ai dormi beaucoup.

Je pense que si

on me donnait un lit,

je pourrais dormir une semaine.

Ma main, je pense

que ça va mieux.

Je pense que ça va faire

mal pendant quatre jours.

J’espère seulement que mon corps

va attendre avant de me faire

trop mal, attendre

d’arriver à Winnipeg.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(S’adressant aux CANDIDATS)

Rebienvenue dans

l’équipe, Dominique.

Alors, il vous reste quelques

jours seulement avant d’arriver

à Winnipeg, mais vous

le savez aussi bien que moi,

rien n’est

jamais gagné d’avance.

Vous allez

faire encore quelques

milles sur la rivière Winnipeg.

Vous allez entrer

dans le grand lac Winnipeg.

Il peut avoir

beaucoup de vagues.

S’il vente comme il vente

présentement, il peut y avoir

des vagues très

dangereuses et très dures.

Vous allez remonter

ensuite la Rivière Rouge

qui est une rivière sinueuse.

Il y a assez de courant et vous

allez vous rendre jusqu’au fort

Gibraltar où tu vas remettre la

boîte secrète, à qui de droit.

Et peut-être le plus

étonnant de tout votre voyage,

vous allez

réintégrer la vie moderne.

Alors, vous allez vous refaire

un saut dans le temps de 200 ans

puis je vous souhaite

que ça se passe bien.


Le 28 août correspond au jour 92 de l’aventure. Les CANDIDATS s’apprêtent à faire un portage.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mais avant toute chose,

nos voyageurs doivent affronter

ce qui tout

au long de leur voyage

leur a demandé le plus

d’efforts, un portage.

Ils n’ont pas le

temps de se reposer.

Ils savent qu’ils doivent rester

unis et investir toutes leurs

énergies dans un même but,

arriver à temps à Winnipeg.


BOB ABRAMES

Les autres sont où?

Allons-y.


CHRISTIAN PILON

Aucune idée.


DIANE MOREAU

On ne le sait pas.


YOURI CORMIER

Mikael s’en vient.


BOB ABRAMES

Tabarnac, on a décidé qu’on...


DIANE MOREAU

Non, non, mais...


GUILLAUME MORIN

Oui, oui, mais

il y a quelque chose.

On a décidé qu’on ne se

perdait plus parce qu’on a perdu

une journée l’autre jour.


DIANE MOREAU

Non, non, mais

ils sont à leur canot là.

Ils ne sont pas loin.


CHRISTIAN PILON

S’ils ont décidé

de passer dans la merde,

c’est droit ici.

C’est pour ça que je te disais

on est loin, on peut voir.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Quand le temps presse,

l’inquiétude grandit et on s’affole.

Comme cette fois où

les voyageurs ont réalisé

qu’ils n’avaient plus

de nouvelles de Diane

depuis déjà un bon moment.


Les CANDIDATS cherchent DIANE MOREAU dans la forêt.


BOB ABRAMES

Diane!


RENAUD LAFOND

Là, on ne peut pas trouver

Diane puis elle ne répond pas

à nos appels.


BOB ABRAMES

Diane! Diane!


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


BOB ABRAMES

Diane! Diane!

(La retrouvant)

Oh!


DIANE MOREAU

Ah, qu’est-ce que c’est ça?


GUILLAUME MORIN

Diane, tu étais où?


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

J’étais partie

faire une petite marche.

Je suis allée explorer un petit

peu plus loin, mais j’entendais

à moment donné la grosse

voix de Bob qui criait.

Bien là, je me suis

rendue compte à quel point

que le groupe était tissé serré.


Le 29 août correspond au jour 93 de l’aventure.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Un repos s’impose après

le portage et les recherches

pour retrouver Diane.

L’arrivée à Winnipeg semble

plus problématique que prévu.


YANN PERREAU vient rejoindre les CANDIDATS.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mais une rencontre

surprise va remonter

le moral des voyageurs.


YANN PERREAU

Je vous connais un peu.


RENAUD LAFOND

Mon nom c’est Renaud.


YANN PERREAU

Bonjour, Renaud. Enchanté.


MIKAEL RIOUX

Enchanté.


YANN PERREAU

Salut, Mikael.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Avec lui, ils vont

évoquer l’un des grands thèmes

de leur expédition,

l’environnement.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Je savais que ça allait être

quelqu’un de Fondation Rivières.

Quand j’ai su que c’était Yann Perreau,

j’étais agréablement surpris.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Yann Perreau, ç’a été

vraiment une belle rencontre.

C’est un gars super

humain, super le fun.

J’étais impressionnée qu’il

a fait tout ce voyage-là pour

venir nous rencontrer sur le

bord d’une rivière une heure

puis qu’il reparte chez lui.


YANN PERREAU

(Discutant avec les CANDIDATS)

Vous n’avez

pas rencontré d’ours?


MIKAEL RIOUX

Non.


RENAUD LAFOND

Ça m’intéresse pas.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Il y a des artistes qui

s’impliquent, mais pas tous de la

même façon puis ce gars-là, je

l’ai vraiment trouvé brillant.


YANN PERREAU

Quand tu vois qu’un

pays comme même la France,

ils sont en pénurie d’eau,

qui achètent

l’eau parce qu’il y a des

endroits où ils n’ont

plus d’eau, là tu te dis

c’est plus juste en Éthiopie.


MIKAEL RIOUX

S’il y a quelque chose qu’on

devrait être fier, c’est nos

ressources naturelles puis

c’est l’eau parce que l’eau,

c’est la vie puis l’eau,

c’est le futur aussi.


YANN PERREAU

Mais là, ils m’ont

dit qu’ils ont peut-être besoin

d’une paire de bras,

ça fait que je me suis proposé.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Je savais que ça paraissait

dans sa façon d’être qu’il ait

touché par ce qu’on faisait.

J’ai appris à le connaître

puis ça me donne juste le goût

de le connaître davantage.


YANN PERREAU

(Chantant tout en pagayant)

Je dirige, je dirigerai

mon bateau loin des continents,

comme un marin trinquant au goulot.

J’aurai tout perdu sauf mon temps.

Je japperai à la lune, je boirai

mon vin et je chatouillerai

Madame la mort.

La, la, la, la, la, la, la,

la, la, la, la, la, la, la, la.

La, la,

la, la, la, la, la,

la, la, la, la, la, la, la, la.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’environnement

n’était pas un enjeu majeur

à l’époque des voyageurs.

Comme les Amérindiens

ou les métis qu’ils croisaient,

ils pouvaient profiter de

ce que leur offrait la nature

sans trop se

soucier du lendemain.


Plus tard, alors que les CANDIDATS sont assis autour du feu, CHRISTIAN PILON raconte un pan de l’histoire.


CHRISTIAN PILON

(S’adressant aux autres CANDIDATS)

J’aimerais vous conter

une histoire au sujet

de Gabriel Dumont.

Gabriel Dumont est né en 1837 à

Saint-Boniface, qui était connu

dans le temps comme la

colonie de la Rivière Rouge.

En 1840, lui et sa famille

ont pris part d’une expédition,

la plus grande expédition de

chasse organisée par les métis.

Il était dit que ça

comprenait 1 500 personnes

dont 400 enfants, puis lui,

ça en était

un de ces enfants-là.


Des images d’archives, des peintures, défilent.


CHRISTIAN PILON

(Narrateur)

Gabriel Dumont devient le chef

du plus gros groupe de chasseurs

de bison jusque vers 1880.

Il devient ensuite

un commerçant très impliqué

dans sa communauté métisse.

C’est lui qui contacte Louis

Riel pour négocier un accord

pour l’arpentage de leur terre

avec le gouvernement canadien.

Suite à l’échec des négociations,

Dumont appuie Riel pour

la rébellion du Nord-ouest.


CHRISTIAN PILON

(Poursuivant son récit autour du feu)

Bon bien, après la rébellion,

Gabriel Dumont a passé une

couple d’années aux États-Unis

où est-ce qu’il a

joué le rôle d’un acteur

dans le Buffalo Bill’s Wild West Show.

Il a fini le restant de ses

jours sur sa ferme à Batoche.

Il est décédé le 19 mai 1906.


Le 30 août, les CANDIDATS pagaient sur le lac Winnipeg.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Renaud est Franco-Manitobain.

Contrairement aux autres,

qui s’éloignent de chez eux, ce

long voyage le ramène chez lui,

à la maison.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Justement la

route qu’on emprunte

pour revenir à

Winnipeg, ça passe devant

le chalet de mes parents.

Puis là, en approchant, j’ai

vu une pancarte dans les arbres

qui disait hé-ho, puis là,

je me suis dit ah, ils sont là.

C’était vraiment

émouvant de les voir.

C’est là que je

commençais vraiment à me sentir

près d’arriver.

Sur la plage, ça

disait bienvenue, Oncle Renaud.

Il y avait ma sœur, ma mère,

ma filleule et puis mon neveu.


RENAUD LAFOND

(allant voir sa famille)

Allô, Amélie. Allô.


AMÉLIE

Tu donnes un

beau bec à mon oncle.


RENAUD LAFOND

(Faisant un câlin à sa nièce)

Ah!


RENAUD LAFOND

Je viens te

voir, oui. Ooopelai!


AMÉLIE

Allô, Renaud, comment ça va?

Il sent le voyageur, là.


RENAUD LAFOND

Ah, oui.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Maintenant que

la course est terminée,

plus question de se séparer.

Les voyageurs veulent pagayer

leurs derniers

kilomètres en équipe.

Ils veulent être ensemble pour

affronter les derniers obstacles

de cette aventure.

Voilà justement

que le vent se met à

souffler violemment et les force

À tirer leur canot à terre.

L’arrivée à Winnipeg

dans les délais imposés

n’est toujours pas assurée.

S’ils ne peuvent pas,

avec un vent pareil, se rendre

à destination sur l’eau,

ils devront poursuivre

leur route à pied.


MIKAEL RIOUX

On est encore au fort Garry

en espérant que le vent tombe.

C’est la vie des voyageurs.

Jusqu’à la fin,

on va l’avoir eu difficile,

mais ça fait

partie de la game, là.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Ah, qu’on est embarré dehors.

Moi, c’est ça que j’ai, moi.

Des fois, je trouvais ça flyé.

Je disais aie, c’est

normal d’être dehors.


DOMINIQUE HENRI

Oui.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

On a passé

l’été au complet dehors.

Il n’y a rien de plus normal,

mais notre civilisation, on a

inventé le en dedans

et puis là, le en dedans,

c’est comme quelque chose

de bien le fun, tu sais.


MIKAEL RIOUX

Les écluses n’ouvrent

pas avant 9 heures.

Ça fait que là, il nous

reste quasiment 34 kilomètres

à faire après 9 heures.

De 9 à 1 heure,

c’est impossible.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

La nuit, des fois

je me souviens là,

il y a deux nuits, j’étais

gelée et là, à moment donné,

OK, de la merde.

Je me suis collée sur Mikael.

Oh, juste la chaleur

humaine, je me suis détendue.

Je me suis endormie.


GUILLAUME MORIN

Si demain il vente comme

ça, on est fucké encore.


MIKAEL RIOUX

On peux-tu

portager aux écluses?


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Pauvre Mikael. Lui, il

était super compétitif un bout.


DOMINIQUE HENRI

Oui.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Mais moi aussi,

je peux être compétitive,

mais à ce moment-là,

ça ne me tentait pas pantoute.

Puis à d’autres moments.

Puis là, il ne

filait pas pour parler.

Moi, je filais pour parler.

Et là à d’autres moments,

j’étais comme moi, je filais

pour plus opérer puis je

ne filais plus pour parler.

Lui était comme la, la, la.

J’étais là, come on, tu sais,

puis c’était...

Mais c’était spécial, mais à

la fin, oui, on se parlait plus.

Là, ça allait...


MIKAEL RIOUX

Ça fait qu’en alternative,

ça pourrait en embarquer

trois dans chaque canot.

On split ça, on

embarque trois chaque canot.


GUILLAUME MORIN

Plus de poids, plus de force.


DOMINIQUE HENRI

Ça fait combien de temps

que tu ne t’es pas lavée?


SANDRINE DESAULNIERS

Honnêtement moi,

je m’en souviens plus.

Ça doit faire deux semaines.

Du savon, ça

remonte à la Savanne.

Ça c’est il y a

trois semaines, je pense.


DOMINIQUE HENRI

Du savon. Moi, je me lavais,

mais ça sert à quoi, le savon?

Juste de l’eau. Juste de l’eau.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça, c’est des choses

que j’ai découvert.


DOMINIQUE HENRI

Laver à l’eau.


SANDRINE DESAULNIERS

Fuck le savon.


RENAUD LAFOND

Oui, on va y aller.


SANDRINE DESAULNIERS

On va aller où?


RENAUD LAFOND

On va aller trois par canot.


SANDRINE DESAULNIERS

OK.


RENAUD LAFOND

Puis demain matin, ça

ne va pas être beau non plus.

Il faut faire du chemin en masse

aujourd’hui autant que possible.


DOMINIQUE HENRI

Wow!


RENAUD LAFOND

Oui.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

À trois par canot, ils y

arriveront peut-être à condition

bien sûr que

tous soient du même avis.


BOB ABRAMES

Je vais prendre une

carte de quelqu’un, là.


RENAUD LAFOND

Bien, Bob a décidé que c’était

trop venteux puis c’était

trop difficile puis

ça ne lui tentait plus.

Ça fait qu’il va

se rendre à Winnipeg à pied

puis nous autres,

on va continuer en canot.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 31 août correspond au jour 95 de l’aventure.


GUILLAUME MORIN

Dominique s’est fait mal

au poignet pendant la course

puis ce n’est pas revenu.

On a essayé tantôt

puis après 50 mètres,

il a fallu changer de bord.

Elle n’était plus

capable de pagayer de son bord.

Je pense qu’elle

est vraiment blessée.

Ça ne vaut pas

la peine de continuer.


RENAUD LAFOND

Partir, on a

décidé qu’on y allait,

Let’s go parce qu’il

commence à faire noir.

Il approche 8 heures.

Dix-sept heures

avant notre arrivée.

Fait qu’il faut

se grouiller le cul.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Il y en a qui voulaient partir

et moi, je dis c’est trop tard

pour aller en canot et je ne

sais pas si vous allez le faire

demain matin parce que les

vents sont tellement forts.

Ça fait que je

m’en vais, je marche.

J’ai pris mon stock.

Dominique, elle

avait mal au poignet.

Ça fait qu’elle a dit,

veux-tu marcher avec moi?

Et j’ai dit oui, OK. Ça va.


BOB ABRAMES et DOMINIQUE HENRI partent à pied pendant que les autres continuent en canot.


Les CANDIDATS arrêtent à l’Écluse St-Andrews et campent pour la nuit.


CHRISTIAN PILON

Moi, j’ai faim.


YOURI CORMIER

Sauver quelque chose

pour les piquets...


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Dominique, qui éprouvait

du remords à laisser

son équipe arriver à Winnipeg

sans elle, a convaincu

Bob de rejoindre le groupe

pour terminer le voyage

sur l’eau, tous ensemble.

Ils ont donc retrouvé les

autres au campement le soir.


CHRISTIAN PILON

S’il y aurait

eu bien de la pluie,

ça aurait été

bien plus difficile.


BOB ABRAMES

Oh, yes.


Le lendemain, 1er septembre, jour de l’arrivée, il pleut.


MIKAEL RIOUX

Donc, dernier matin, là

on a dormi tant bien que mal

avec tout le vent qu’il y avait.


BOB ABRAMES

Rock’n’roll, Roxanne!


GUILLAUME MORIN

Bon!


BOB ABRAMES

Pour la dernière fois.


MIKAEL RIOUX

Ça fait que l’on va adopter la

stratégie du trio ce matin.

Trois par canot.

(Voyant BOB ABRAMES qui se laisse porter par les deux autres)

Bob, il faut

que tu pagayes pareil.


BOB ABRAMES

Ah, ah, OK!


CHRISTIAN PILON

Heehaa!


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

La saga des voyageurs

tient une place très importante

dans l’histoire et la

culture des francophones

et des métis du Manitoba.

Beaucoup d’entre eux se

sont réunis au fort Gibraltar

de Saint-Boniface pour assister

à l’arrivée de ces voyageurs

des temps modernes

qui ont réédité l’exploit

des aventuriers d’autrefois.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

C’était tough ce matin-là.

Le vent poussait

plus fort qu’hier.

Là, il ne me reste

plus rien à donner.


BOB ABRAMES

Si le vent ne baisse

pas, je pars à pied.

Je veux me rendre à Winnipeg.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Moi, j’étais obsédé

vraiment par le fait d’arriver.

Je savais que Dominique

filait excessivement mal

cette journée-là.

Elle dormait partout.

Elle avait mal dormi.

Elle avait vomi pendant la nuit.

Le matin, ça n’allait

pas vraiment mieux.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

C’était à l’image

du voyage quand même.

C’était jamais

gagné. J’ai jamais gagné.

Tu peux jamais rien

prendre pour acquis.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Afin de terminer leur

voyage le plus authentiquement

possible, nos voyageurs décident

de reprendre leur quatre

canots d’écorce de boulot.

C’est une façon pour eux de

saluer la mémoire de leur

valeureux prédécesseurs.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Cette journée-là,

c’était assez venteux,

ça fait qu’on est parti

tout le monde ensemble

puis c’était pas si pire.

On avait le vent de face.

Il y avait des bonnes vagues,

mais plus qu’on avançait,

plus qu’on réalisait que, oui,

les vagues, elles

sont de plus en plus grosses.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

On avait eu des

avertissements des gens du coin

parce que c’est

un lac peu profond.

Donc, quand il

vient des vents,

c’est des petites

vagues cassantes.

Je ne sais pas comment ils

appellent ça, mais qui viennent

de tous côtés.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Le trio, eux autres,

tout de suite au début,

ils ont commencé

à prendre de l’eau.

Ça fait que plus que tu

prends de l’eau en petit canot

comme ça, plus que tu es

pesant, plus que tu es pesant;

plus que tu prends d’eau.

Ils ont fini par prendre

tellement d’eau que là,

il n’y avait plus de

stabilité dans le bateau.

Une petite vague

est embarquée puis...


Le trio, CHRISTIAN PILON, DIANE MOREAU et YOURI CORMIER chavire alors.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Quand on a versé,

je me suis dit le voyage,

il est

fini pour nous autres.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Quand le trio a chaviré,

ç’a été assez intense.

On était au milieu

de la rivière.

Il y avait des bateaux à moteur

qui sont venus nous aider.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

On était fini.

Ça finissait là puis c’est tout.

J’espérais simplement

que personne s’est fait mal.

Ça n’a pas été trop long

que tout le monde

est venu nous aider.

Ça m’a vraiment

fait chaud au cœur.


Des gens en bateau aident les membres de l’équipe à sortir de l’eau et à sortir leur matériel. Ils les raccompagnent jusqu’au bord de l’eau.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

L’eau était super froide.

C’est sûr qu’il y a eu

un petit moment de panique.

Moi, jusqu’au moment où

je me suis assurée que Youri

était en sécurité.

Il y avait une dame dans

son bateau qui est venue,

en tout cas, qui

s’est bien, bien occupée de moi,

qui m’a repêchée puis qui m’a

pris dans ses bras à l’arrivée.

Elle pleurait.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Les heures passent et les

invités au fort Gibraltar

ne savent toujours pas ce

qui retarde les voyageurs.

La rumeur circule déjà qu’ils ne

pourront respecter leur contrat

et atteindre leur

but dans les délais prévus.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 1er septembre, jour de l’arrivée, les CANDIDATS sont attendus, à Winnipeg.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

À peine rescapés,

les membres du trio

se sèchent

rapidement près d’un feu.

Ils ne sont en principe qu’à

quelques minutes de la fin de

leur voyage, mais ils ont encore

pris du retard et ils craignent

par conséquent qu’il n’y ait

plus personne à leur arrivée.


Les CANDIDATS se trouvent à ce moment à 1 km sur la Rivière Rouge.


MIKAEL RIOUX

Deux millions

de coups de pagaie.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Honnêtement

le dernier kilomètre

des 2 500 a été le plus dur.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On l’a dit tout le voyage,

on dit il y

en aura pas de facile.

Chaque fois que tu surpasses un

gros obstacle, on va dire OK, là

peut-être que ça va aller mieux.

Il y a toujours

quelque chose d’autre

puis c’était la même affaire.

Le dernier kilomètre, on

a pagayé comme des malades.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

Un vent de face c’est

vraiment le vent le plus fort

en canot qu’on

a eu jusqu’à date.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

J’avais hâte, j’avais hâte puis

le vent qui nous ralentissait.

Même à 20 minutes de l’arrivée,

je me disais ça vas -tu finir?


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Par solidarité, les

voyageurs du Manitoba viennent

à la rencontre des nôtres

qu’ils escorteront jusqu’à

leur point d’arrivée.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

On voit la gang de canoteurs

qui viennent nous accueillir,

la brigade des voyageurs

puis un super bel accueil.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après avoir tiré de l’arrière

plus souvent qu’à son

tour, l’équipe de trois arrive

finalement la première

au quai du fort Gibraltar.

Ils en sont fiers évidemment.

Surtout Youri qui

avait beaucoup à prouver

à ses deux coéquipiers.

Les derniers jours ont été très

éprouvants pour lui, mais il a su

démontrer une grande force de

caractère et il a terminé comme

les autres son périple en

véritable homme du nord.


Les équipes arrivent les unes après les autres au fort Gibraltar.


BOB ABRAMES

(Félicitant RENAUD LAFOND)

Way to go, Bud.


RENAUD LAFOND

Merci beaucoup, man.


SANDRINE DESAULNIERS

Le kilomètre le plus

long a été le dernier.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après trois mois

d’efforts et de sacrifices,

et faisant mentir

tous ceux qui croyaient

leur aventure

irréalisable, nos voyageurs

arrivent à Winnipeg le 1er

septembre respectant ainsi le

contrat signé à Lachine.


L’archevêque de St-Boniface, ÉMILIUS GOULET, accueille les CANDIDATS.


ÉMILIUS GOULET

Chers voyageurs,

chers amis, à titre

d’archevêque de Saint-Boniface,

l’église mère de l’Ouest

canadien, vous avez

relevé un défi très grand et

vous avez puisé dans l’histoire

pour réaliser un rêve.

Cette histoire que

vous nous rappelez est bien

importante pour nous.

On m’a dit que vous êtes

allés à Sainte-Anne-de-Bellevue,

à Montréal, avant de partir.

J’en remercie le Seigneur.

Elle vous a guidés.

Bienvenue au Manitoba.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(S’adressant aux CANDIDATS)

Mikael, on vous a

confié une boîte secrète.

Alors, c’est maintenant le

temps de l’ouvrir et vous allez

en connaître le contenu.


On revoit alors la scène, au début de l’aventure, lorsque GEORGES-HÉBERT GERMAIN remet le coffre aux CANDIDATS.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Alors, c’est ce coffre dont

vous ne connaîtrez le contenu

qu’à votre arrivée.

C’est un contenu qui est

symbolique et qui représente

votre unité, qui représente

votre esprit d’équipe, votre

force et qui représente aussi

l’histoire et qui est une sorte

de témoignage que vous allez

apporter aux gens que vous allez

rencontrer à

la fin de votre voyage.


Les CANDIDATS ouvrent le coffre ensemble.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Alors, il s’agit de

lettres authentiques qui ne sont

jamais parvenues à leurs

destinataires et nous avons

retrouvé des descendants de

ceux qui ont écrit ces lettres.

Et aujourd’hui, vous allez leur

remettre et c’est des lettres

qui ont été adressées à leurs

ancêtres il y a 150 ans ou 140

ans, enfin, ou même peut-être

plus, près de deux siècles.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Madame Gervais.


Des extraits de lettres apparaissent à l’écran, tandis qu’on entend leur contenu qui est lu par des hommes ou des femmes.


VOIX DE FEMME 1

(Narratrice)

Cher époux, l’année

dernière a été bien dure

et que le peu

d’argent que tu m’as envoyé

m’a été bien favorable.

Mais si tu

peux m’assister encore,

tu me feras bien plaisir.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Alors ici, une lettre

qui est adressée à Monsieur

Hercule Lebrun, voyageur.


VOIX D’HOMME 1

(Narrateur)

Mon cher fils,

nos pauvres cheveux

ont bien blanchi

depuis que tu es parti.

Ton arrivée pourrait peut-être

bien nous faire vivre quelques

années de plus par la joie que

tu nous causerais de te revoir.


VOIX DE FEMME 2

(Narratrice)

Cher enfant, ton pauvre père

est décédé et je puis t’assurer

qu’il a désiré beaucoup

de te voir avant sa mort.


VOIX D’HOMME 2

Mon cher frère, je ne

sais pas si tu as appris la

triste catastrophe qui nous est

arrivée depuis que tu es parti.

Notre pauvre mère commune

nous a laissés à la fin juin

de l’année dernière.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

Mais bravo, hein.

Vraiment, vous avez fait une

chose extraordinaire et vous

êtes des gens extraordinaires,

magnifiques et vous avez réussi

une chose plus encore

que la prouesse physique.

Vous avez réussi à être ensemble

puis vous avez réussi à faire de

cette aventure quelque

chose de merveilleux. Bravo.


Les gens venus les accueillir félicitent les CANDIDATS et les applaudissent chaleureusement.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Il y a de ces choses

qui ne peuvent attendre.

Comme l’amour est plus fort que

tout, rien n’est plus important

maintenant que de

retrouver ceux qu’on aime.


Les proches des CANDIDATS viennent les rejoindre.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Je l’ai vue venir puis

on dirait que tous les bruits

ont arrêté. Le vent a arrêté.

Je n’entendais plus rien.

Je faisais juste voir ma

femme arriver tranquillement.

Je l’ai pris dans mes bras.

Je l’ai serrée.

Je ne l’ai pas lâchée non plus.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

De la revoir,

c’était après 100 jours,

j’avais tellement

hâte de la voir.

On a pu s’écrire des lettres

durant le voyage, mais c’est pas

pareil qu’être en personne

avec ton amie, tu sais.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le moment est enfin venu

pour nos voyageurs de quitter

la belle époque de 1806 et de

revenir lentement au 21e siècle.

Certains d’entre

eux on trouvé ce retour

à la modernité plutôt brutal.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Quand ils ont ouvert

les portes puis il y avait les

limousines, je vais dire pour

moi, ça vraiment été négatif.

J’aurais embarqué dans une

charette volontiers,

mais dans une limousine...

même Bob y voulait pas.


BOB ABRAMES

Qu’est-ce qui se passe là?


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 1er septembre, les CANDIDATS sont conduits à l’Hôtel Fort Garry en limousine.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Sitôt arrivés à l’hôtel, c’est

avec grand soulagement que Bob

et les autres sont

sortis des limousines.

Ce qui devait être une gentille

promenade dans des conditions

idéales a été perçu

par nos voyageurs

comme le summum de l’inconfort.


Les CANDIDATS sont dans l’ascenseur qui les mène à leur chambre.


DOMINIQUE HENRI

Aie, Guillaume,

c’est peut-être la dernière

fois que je te

vois habillé de même.

Ça fait que bon voyage.


GUILLAUME MORIN

Moi, j’ai hâte

de te voir habillé autrement.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

C’était un rêve

que j’avais, je pense,

depuis Montréal, que ma

copine soit à l’arrivée.

Je rêvais de ça puis quand je

suis arrivé à fort Gibraltar,

je me suis rendu compte

que c’était juste un rêve.


DIANE MOREAU

Un petit bain chaud

là, après trois mois.

C’est vraiment trois mois

que je n’ai pas pris un bain.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Rentré dans la chambre

et se coucher sur un lit,

c’était comme

dormir sur un nuage.


GUILLAUME MORIN

(Lisant une lettre)

Bienvenue en 2005.

J’ai vraiment hâte de te voir.

Ouvre la boîte vite et

mange un peu de tout avant

que tu m’embrasses, au cas où

tu aurais attrapé le scorbut.

Je t’aime vraiment et

j’ai hâte de te voir.

À très bientôt.

Ta blonde qui t’aime.

Signé Audrey, ma copine.

Je vais la voir demain.

(Déballant la boîte)

Le porc-épic encore.

Elle est cute, hein?


AUDREY

Tu m’as manqué.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Ma femme même elle

gardait sa distance.

Elle voyait comment

j’étais crotté.


AUDREY

Va te laver, tu pues.


GUILLAUME MORIN

Je pue pas, regarde.

Comment qu’elle peut

être blanche puis puer?


CHRISTIAN PILON

De l’eau chaude.


RENAUD LAFOND

Il a fallu que je me lave

les cheveux trois fois là,

avant que ça commence,

l’eau commence à être claire.


FEMME DE CHRISTIAN

(Voyant qu’il se cure les oreilles)

Ah, Christian.


CHRISTIAN PILON

Ah, c’est écœurant, ça.


À tour de rôle, on voit les CANDIDATS qui ouvrent leur porte de chambre, alors qu’ils sortent de la douche.


RENAUD LAFOND

Allô.


CHRISTIAN PILON

Allô.


SANDRINE DESAULNIERS

Allô.


DIANE MOREAU

Bonjour.


YOURI CORMIER

Aie, je ne me reconnais plus.

Est-ce que vous me

reconnaissez vous autres?


GUILLAUME MORIN

Humm.


BOB ABRAMES

Whoo hoo!


CANDIDATS

Rock’n’roll, Roxanne!


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Des neuf voyageurs, Bob

est certainement celui qui

a subi les plus grands

changements physiques.

Non seulement il a perdu

50 livres, mais sa pression

et son taux de cholestérol

ont chuté considérablement.

Les autres aussi ont perdu

du poids, mais ils ont ramassé

en chemin d’impérissables

souvenirs et la fierté

d’avoir réussi un

exploit remarquable.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(S’adressant aux CANDIDATS)

Il y a plus de trois mois

maintenant, quelques jours avant

votre départ de

Lachine, on vous avait demandé

de vous tenir tous

ensemble sur un canot miniature.

Alors, je vous propose

aujourd’hui de reprendre

l’exercice du canot

miniature afin qu’on voit ce que

les nouvelles personnes

que vous êtes devenues,

comment elles se

comportent dans la vie.

Alors, voici le canot.


CANDIDATS

Un, deux, trois, doucement.


On revoit alors les CANDIDATS, au début de l’aventure, qui essaient de se tenir sur la planche bois qui tient lieu de canot sans y arriver. Des images de l’aventure se succèdent ensuite, tandis que les CANDIDATS émettent leurs derniers commentaires.


GUILLAUME MORIN

J’ai approfondi

beaucoup de choses cet été.

J’ai remis des choses en

question puis au lieu d’avancer

avec des suppositions,

je pense que là, j’avance

plus avec des certitudes.

Puis en même temps, j’ai

travaillé tellement sur ma

personne, j’ai dit bien

OK, il faut que je fonctionne

dans un groupe puis

il faut pas qu’il explose.

C’est dur de rester dans un

groupe de neuf personnes pendant

100 jours sans dire les quatre

vérités à quelqu’un et qu’il

t’haïsse pour

le reste de sa vie.


YOURI CORMIER

Depuis le début du voyage,

j’ai toujours eu de la misère

à me rattraper à l’équipe.

Je suis arrivé dans le voyage,

un gars qui n’avait presque pas

fait de canot de sa vie.

Là, de se rendre ici c’est

non seulement un soulagement,

mais c’est une espèce de

feeling d’accomplissement.

Tu peux pas enlever ça à personne

C’est là pour de bon. C’est génial.


DOMINIQUE HENRI

Un rêve complètement

fou, en fait.

C’est un projet unique,

sur mon chemin unique,

dans une vie et

puis je suis très heureuse.


MIKAEL RIOUX

C’est un projet vraiment

intéressant puis je pense pas

que quelque chose de même se

fait très, très souvent.

On était loin en tabarouette

de notre arrivée à

Winnipeg puis on a réussi

à faire de ce trois

mois-là un succès.

Je pense que tout

le monde ressort grandi

de cette expérience-là puis

c’est ça qui est magnifique.


SANDRINE DESAULNIERS

Je pense que la joie de

retrouver les miens ne sera pas

assez grande pour compenser

la fin d’un périple qui va être

extraordinaire dans tous les

sens, dur et facile et joyeux.

Je me sentais beaucoup en marge

de la société des fois puis là,

j’ai comme plus le

feeling d’en faire partie.

C’est à travers de vivre en

groupe comme ça puis d’arriver

à un but ensemble

que ça me l’a appris.


BOB ABRAMES

La santé, c’est de l’or. Là,

je le sais, ça. Je connais ça.

Le plus simple la vie,

le mieux que c’est.

La famille,

c’est très important.


DIANE MOREAU

Je suis comme toute

émotive et c’est vrai.

Je n’avais même pas l’impression

que j’étais si attachée

à la gang et à notre canot.

Là, hier, on se rendait compte

qu’on se quittait pour le vrai

puis il y avait beaucoup

d’émotion, beaucoup d’émotion.

Mikael est venu me

prendre dans ses bras.

Sandrine m’a dit 40 fois

qu’elle m’aimait puis que...


KAROLINE LACROIX

Je pense que ça va me donner

encore le goût de dire "yes"

puis y’a d’autre monde fou.

Ça se fait.

Ça va me donner le goût

je pense de concrétiser

d’autres expéditions.


CHRISTIAN PILON

Pour moi, c’est vraiment

de partir de ce point-ci

de ma vie et puis de

vraiment monter de ça,

monter, de me tester.

La dynamique de groupe,

autant qu’elle m’a écœurée,

je vais la manquer, oui.

Destination Nor'Ouest m’a

permis de me retrouver puis ça,

je n’oublierai

jamais, jamais, jamais ça.


RENAUD LAFOND

Notre destination finale,

c’est mon chez-moi.

Alors, il y aura la famille,

il y aura ma communauté

qui sera là

pour nous accueillir.

Je pense que ça va être

vraiment des grandes émotions

d’arriver à Winnipeg.

Quand on a une idée,

quand on s’y met puis

quand on décide de le

faire, c’est vraiment possible.

Et puis si on peut

garder le moral en santé,

le corps va suivre.

Ça, c’est la chose

que j’ai appris.

C’est un projet de fou.

On était une gang de fous

qui se sont embarqués là-dedans

puis je pense qu’on

s’est bien adonné ensemble.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Pour ma part,

j’ai réalisé avec eux que

l’esprit d’aventure existe encore.


On revoit une dernière fois les CANDIDATS qui montent sur la petite planche qui tient lieu de canot.


CANDIDATS

Un, deux, trois, doucement.


Début générique de fermeture


Les CANDIDATS sont attablés et répondent aux questions des gens venus les rencontrer après l’aventure.


BOB ABRAMES

(Levant une coupe)

Ça fait trois mois, OK.

Je m’excuse, mais,

ostie, c’est le fun.


RENAUD LAFOND

Ça été un voyage incroyable.

On est neuf personnes

qui viennent de partout,

on est très différent.


Un HOMME du public pose une question.


HOMME

Pour chacun de vous,

quel est le moment qui s’est

relevé le plus grand défi?


YOURI CORMIER

En fait, après trois mois,

c’est dur à cristalliser un seul

grand défi parce que c’est un

grand défi du début à la fin.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça été extraordinaire

de voir ces paysages-là,

de les vivre au

rythme de la pagaie.


Fin générique de fermeture

Épisodes de Destination Nor'Ouest