Destination Nor'Ouest

Six hommes et trois femmes acceptent de recréer, à bord d'un canot d'écorce, un périple de 2 500 km, identique à celui des Voyageurs du XIXe siècle. Ils veulent reproduire rigoureusement les conditions de voyage de l'époque et, malgré leur inexpérience et leur ignorance les uns des autres, ils veulent aller au bout de leur formidable aventure.

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Vidéo transcription

Épisode 6

L’expédition se poursuit alors que les Voyageurs doivent refaire des sentiers d’autrefois qui ne sont plus praticables. Ils se blessent et s’épuisent dans la savane et en traversant le parc Quético où ils se font baptiser hommes et femmes du Nord. Affligés, ils se perdent également dans les milliers d’îles qu’ils croisent jusqu’à Fort Frances.



Année de production: 2006

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NARRATEUR

Destination Nor'Ouest.

100 jours en canot d’écorce.

2 500 kilomètres de

Montréal à Winnipeg.

800 inscriptions

à travers le pays.

Seulement 9 candidats retenus.


Les CANDIDATS sont présentés les uns à la suite des autres, alors que des extraits de l’aventure les mettant en scène sont montrés.


NARRATEUR

Christian Pilon, d’Ottawa.


CHRISTIAN PILON

On a fait à peine un

kilomètre, je pense que ça

nous a pris deux heures,

esprit, puis on en a 12 à faire.


NARRATEUR

Renaud Lafond, de Winnipeg.


RENAUD LAFOND

On était

vraiment dans la merde.

On se demandait

qu’est-ce qu’on fait.


NARRATEUR

Dominique Henri, de Montréal.


DOMINIQUE HENRI

Les arbres continuaient,

continuaient, continuaient puis

il y avait le temps qui pressait

pour arriver à Winnipeg.


NARRATEUR

Youri Cormier, de Québec.


YOURI CORMIER

Il y avait des

roches de tous les bords.

Il y avait des courants qui

nous poussaient puis il y a

une raison pourquoi il y a

deux canots qui ont scrappé.


NARRATEUR

Diane Moreau,

de Rouyn-Noranda.


DIANE MOREAU

Les filles disaient je sais

pas pourquoi très déprimées.

On a pleuré à tour de rôle.


NARRATEUR

Sandrine Desaulniers,

de Val-David.


SANDRINE DESAULNIERS

Mikael en avant

là, on était déchaîné,

on était comme il

faut que ça passe.


NARRATEUR

Mikael Rioux,

de Trois-Pistoles.


MIKAEL RIOUX

Puis là, plus que ça allait,

plus je sentais la jungle

qui se refermait

sur nous autres.


NARRATEUR

Bob Abrames, d’Ottawa.


BOB ABRAMES

On sortira jamais

d’ici dans une semaine

si on continue comme ça.


NARRATEUR

Guillaume Morin,

de Chicoutimi.


GUILLAUME MORIN

Vive les voyageurs,

gang de malades.


NARRATEUR

Tous réunis pour une

grande aventure, pourront-ils

faire revivre

une expédition authentique

comme celle des

voyageurs de 1806?


NARRATEUR

Lors des derniers épisodes.


Des extraits des derniers épisodes défilent, reprenant l’essentiel de l’aventure jusqu’à présent. Puis, l’épisode commence.


Le 7 août correspond au jour 71 de l’aventure.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Le portage original pour

se rendre au lac du Milieu

n’existe plus vraiment.

Ça aurait été dans la forêt.

Il aurait fallu

faire un sentier.

Ça fait que ce qu’on a fait,

c’est qu’on a trouvé, il y a un

pipeline qui passe dans le coin

et puis on a décidé de faire

le portage du pipeline.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Avec le temps, les sentiers

qu’empruntaient autrefois

les voyageurs sont

devenus très imprécis.

Il faut parfois ouvrir

son propre chemin au prix

d’efforts considérables.

Sandrine et Mikael font toujours

équipe ensemble, ce qui

n’est plus le cas de Diane

et Guillaume qui ont finalement

pris la décision de se séparer.


DIANE MOREAU

Bien là, du fait que j’ai

quitté pour une journée à cause

de ma blessure, Dominique

est allée avec Guillaume et puis

finalement, on a compris que

la dynamique de personnalités

peut-être que ça allait mieux.

(Commentant par la suite)

Guillaume a l’air

tellement comme soulagé.

Et là, j’ai dit écoute, on peut

l’essayer, mais en même temps,

je suis un petit peu

blessée dans mon amour-propre.

J’avais l’impression

de faire une bonne job là,

de coéquipière et tout ça.


GUILLAUME MORIN

Avec Dominique,

je n’ai pas de tension avec elle

parce qu’on n’a pas de conflit.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

C’est un long portage

qui est un peu plate.

Il faisait chaud.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

C’est lui qui était

à l’intérieur du canot,

c’était comme un four.


BOB ABRAMES

(Commentant par la suite)

On l’a fait au complet.

Ça nous a pris, je pense,

10-11 heures, mais on l’a fait.

Ça fait qu’on était

heureux de nous autres.


SANDRINE DESAULNIERS

(S’adressant à la caméra des voyageurs)

Il est un peu

énigmatique, Bob.

C’est tout un phénomène.

Je ne sais pas. Il me brasse.

Des fois je le brasse et je lui

réplique et ça me fait du bien

se sentir que, regarde, j’arrive

à me faire respecter, je pense.

Moi, je lui parle à cœur ouvert

parce que c’est incroyable.

Elle me fouette.

Elle me prend, elle me brasse

et c’est comme la vie qui dit

OK, toi, sors de

chez vous et envoie.

Remets-toi dans le trafic.


MIKAEL RIOUX fait ensuite un massage à SANDRINE DESAULNIERS.


SANDRINE DESAULNIERS

Oh, wow!


MIKAEL RIOUX

Ça craqué.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça, c’est génial.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Mikael, c’est sûr

que c’est un coup de cœur.

Je l’appelle mon coup de foudre.

C’est un gars

qui est très détaché

et puis pas très

émotif, mais c’est bon.

Justement j’ai besoin

d’un espèce de détachement.

C’est tellement

simple la vie ici.

C’est tellement simple.

Tu déposes la couverte

de laine quelque part,

tu te roules en boule dedans.

C’est fini.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mikael et Sandrine sentent

de plus en plus le besoin

d’être seuls tous les deux.

Long de 15 kilomètres,

le portage de la Savanne

est une dure épreuve.

Beaucoup de récits rappellent

d’ailleurs le calvaire

qu’ont connu les voyageurs

qui passaient par ici.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(S’adressant aux CANDIDATS)

Et le portage qui était déjà à

l’époque des voyageurs réputé

l’un des plus difficiles

portages que les voyageurs

connaissaient, qui est celui de

la Savanne et qui n’a pas été

fréquenté, si ma mémoire est

bonne, depuis 1992 et après,

il y a le lac des Mille Lacs, le

lac La Pluie et quand vous aurez

franchi tous ces beaux

obstacles, vous serez vraiment

des hommes et des femmes du

nord et d’ailleurs, il y a deux

voyageurs qui vont venir de

Winnipeg pour vous baptiser

et faire de vous d’authentiques

hommes et femmes du nord.


Le 10 août, les CANDIDATS s’apprêtent à faire le Portage La Savanne. BOB ABRAMES se réveille le premier.


BOB ABRAMES

(Réveillant les autres)

Rock’n’roll, Roxanne.

Time for la Savanne!

Hello!

(Pour lui-même)

J’espère que

c’est pas comme hier.


RENAUD LAFOND

On nous l’avait dit que

c’était un des gros portages

pour les voyageurs parmi les

plus difficiles à un endroit

que les voyageurs n’aimaient

vraiment pas et puis ils ont

même été à demander des

augmentations salariales

quand ils ont dû

changer à cette route-là.

Ça fait qu’on savait

que le défi allait être grand.


Les canots des CANDIDATS sont pris dans les hautes herbes et ils se demandent s’ils pourront continuer à ramer ou s’ils devront faire du portage.


BOB ABRAMES

Je ne sais pas si ça passe.

Est-ce que ça va

passer, Sandrine, ou non?


GUILLAUME MORIN

On a fait 25 mètres

puis on a arrêté pour tomber

dans des choses

qui étaient non navigables.

Alors, on repart en

portage jusqu’aux prochains

20 mètres navigables.

On va sûrement

retourner en portage.


Chacune des équipes fait du portage.


GUILLAUME MORIN

Ça va là-dedans?


DOMINIQUE HENRI

Ça va là-dedans.


BOB ABRAMES

À côté ici, il

y a un trafic jam.


CHRISTIAN PILON

OK, on va avancer le plus

qu’on peut pis on va trouver

un petit spot.


Ils remettent à l’eau leur embarcation.


SANDRINE DESAULNIERS

Ça ballotte.


CHRISTIAN PILON

Wow!

Heehaa!


YOURI CORMIER

Il s’agit pas de faire le

périple des voyageurs ou bien

de refaire le périple des

voyageurs parce que tout ça,

ce n’était plus fait.

La Savanne était là

et elle n’avait pas été coupée

depuis 10 ans.

Ça fait qu’on ne

peut pas juste la faire.

Il fallait la refaire.


SANDRINE DESAULNIERS

C’est la Kaministiquia.

Après ça, il y a eu

le Dog Portage, Dog River.

Là, un portage sur un

pipeline et là, on pense que,

OK, ça va commencer

à descendre, le courant.

Non, ça descendu

trois mètres puis

au premier barrage de castor.

OK, on défait le

barrage un autre trois mètres.

Moi puis Mikael en

avant, on était déchaîné.

On était comme

il faut que ça passe.

Il faut qu’il y aille de l’eau.

Il faut qu’on arrête de

patauger dans la bouette,

mais ça pas duré.


RENAUD LAFOND

On a trouvé un étang

ici puis il semblerait

que c’est le

début du lac du Milieu.

Ça ne ressemble

pas vraiment à un lac.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ils ont déjà franchi

le point de non-retour.

S’ils s’enfoncent davantage

dans la Savanne, ils devront

se battre corps à corps avec une

nature sauvage et implacable.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Mais on est arrivé à un

point où c’était plus vraiment

possible de continuer

parce qu’il y avait

trop de branchailles.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Les peupliers, les trembles

avaient envahi le ruisseau

qu’on longeait sur

plusieurs kilomètres.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Jusqu’au point où est-ce

qu’on arrive à ce n’était

plus juste des aunes,

c’était rendu des arbres.

Donc, j’ai dit bien,

on coupe les arbres.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Je voyais tous les arbres

qu’il y avait à couper et je me

disais bon, ça va être

beau, l’écologiste qui rentre

dans la jungle et puis

qui bûche, qui est déchaîné,

qui arrache tous les

arbres en avant de lui,

qui est dans un marécage, milieu

humide, protection des milieux

humides puis qui défait

tous les barrages et tout.

Et en même temps, je me suis dit

bon, on a un travail à faire.

On n’a pas le choix.

On est dans une

situation qu’il faut avancer.

Puis là, plus que ça

allait, plus que je sentais

la jungle qui

se refermait sur nous autres.

Jusqu’à temps que j’ai

été capable d’avancer tout seul,

on a avancé.

Ça peut-être duré une heure puis

un moment donné, j’ai dit bon,

on aurait peut-être

besoin de quelqu’un en arrière.

Et là, il y a

quelqu’un qui arrive.

Après ça, ça été OK, je

pense qu’on a besoin d’un autre.


MIKAEL RIOUX

Un autre gars qui peut venir.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Chaque mètre qu’on gagnait,

ça prenait quatre personnes

qui coupaient avec les

autres qui poussaient les canots

tranquillement à travers de ça.

La Savanne,

la maudite Savanne.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On était

vraiment dans la merde.

On se demandait

qu’est-ce qu’on fait.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

On a fait à peine un

kilomètre, je pense que ça nous

a pris deux heures à couper du

bois à travers du petit creek

pour un kilomètre, esprit,

puis on en a 12 à faire.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Là, c’était comme OK,

non, plan B, quelque chose.

Là, les gars continuaient à

avancer, à couper les branches,

mais les canots passaient même

plus puis là, ils déchiraient.

On a déchiré nos

canots comme jamais.


BOB ABRAMES

On ne sortira jamais

d’ici, dans une semaine

si on continue comme ça.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

On a réalisé que c’était

pas possible de continuer.


GUILLAUME MORIN

On ne le fera pas.

C’est pas possible.

C’est physiquement

et en temps pas possible.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 10 août, durant le Portage La Savanne.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

On ne peut se sortir

seul d’une telle situation.

Chacun sait que sa survie

passe désormais par l’entraide

et la coopération.

C’est ensemble qu’ils

sont entrés dans la savane.

Ce n’est qu’ensemble qu’ils

peuvent espérer s’en sortir.


RENAUD LAFOND

Et puis probablement qu’au

lieu de sillonner cette petite

rivière-ci puis de couper

des arbres puis des sentiers,

on va faire le portage

le long du chemin de fer puis

le long de la Transcanadienne.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Rejoindre la Transcanadienne,

ce n’est pas en soi une mauvaise

idée, mais encore

faut-il savoir comment sortir

de l’interminable Savanne.


MIKAEL RIOUX

Hého!

OK, je l’ai la trail.


BOB ABRAMES

Je ne sais pas

comment que tu as trouvé ça,

mais je te félicite.

Colisse!

Incroyable.


MIKAEL RIOUX

De toute façon, on n’aurait pas

pu bien, bien aller plus loin.


BOB ABRAMES

Good work.

Bon travail.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Une fois qu’ils ont été

avertis, moi, je suis revenu

dans le sentier puis je

suis parti avec la hache

puis on a ouvert le sentier.

J’ai fait un bon bout.

Après ça, Christian

est venu me rejoindre.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Il y a beaucoup,

beaucoup d’arbres qui étaient

dans le chemin.

Donc, il a fallu

couper tout le long.

Il a fallu trimmer les petites

branches puis c’est pour ça

que ça va être tannant parce

qu’on sait que lorsqu’on passait

avec le canot, ça va

être accroché ici et là.

Couper à travers, j’aime

beaucoup couper du bois, mais ça,

c’était de la grosse ouvrage.

J’avais les mains toutes...

Quand je pensais que j’avais

fini, crisse, j’en avais encore.

Ça ne lâchait pas.


MIKAEL RIOUX

Dans l’équipe depuis le début,

mais c’est comme un mythe là,

de porter le canot tout seul.

Il y a comme juste moi qui a

pris le goût à ça puis là,

les autres gars ont essayé seuls

et ils n’étaient pas capables.

Mais maintenant avec

Sandrine qui le fait seule,

je pense que les

autres garçons ont ressayé.


SANDRINE DESAULNIERS

Ils n’ont pas le choix.


MIKAEL RIOUX

Ils n’auront pas le choix.

Quand ils vont voir ça, ils vont

dire OK, si Sandrine le fait,

on peut le faire, mais bon.

Ça reste à voir.


SANDRINE DESAULNIERS

Peut-être pas.


MIKAEL RIOUX

Peut-être qu’ils

ne seront pas capables.


SANDRINE DESAULNIERS

Ils arrivent, vite.


MIKAEL RIOUX

Pour vrai?


SANDRINE DESAULNIERS

Oui.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ces sentiers sont

difficilement praticables,

c’est vrai.

Mais prendre des raccourcis

où ce qu’on croit en être

apporte aussi son lot d’ennuis.

Il vaut parfois mieux

être perdu dans le bois

que sur une autoroute.


Les CANDIDATS marchent en bordure de l’autoroute.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

C’est un environnement qui

est vraiment désagréable

parce qu’une autoroute, ce n’est

pas fait pour marcher dessus.

C’est des gros camions

qui viennent vers toi, qui

t’envoient des grosses soufflées

de vent puis de poussières.

On n’avait vraiment

plus l’impression

d’être des voyageurs.

On avait vraiment

l’impression d’être

des vagabonds puis c’est un peu

moins agréable à ce niveau-là.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Et puis le monde

conduisait comme des déchaînés

sur le bord de la route.

Ça ne ralentissait pas.


BOB ABRAMES

C’est dangereux ici hein,

avec les chars, les autos,

les camions surtout.

Woof!

Plus dangereux que dans le bois.

Mes orteils sont

pleins d’ampoules, je pense.


BOB ABRAMES s’arrête à une table à pique-nique et retire ses bas.


BOB ABRAMES

Là, je suis fatigué.

Une longue journée.

Holly!

Oh! Oh! Mes pieds.


RENAUD LAFOND

Ça saigne.


BOB ABRAMES

Oui, ça saigne.


GUILLAUME MORIN

Mal aux pieds.

C’est pas facile dans les

mocassins sur la garnotte.

C’est rough.

Puis 20 kilomètres, ça ne

se fait pas en criant ciseaux.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Tout le monde a mal partout,

mais on se console un peu en se

rappelant que tous les voyageurs

qui ont emprunté cette route

ont connu les mêmes douleurs.


Plus tard, alors que les CANDIDATS sont assis autour du feu, GUILLAUME MORIN raconte un pan de l’histoire.


GUILLAUME MORIN

(S’adressant aux autres CANDIDATS)

Alexander Mackenzie

est né en Écosse en 1764.

Dix ans plus tard, sa

famille est déménagée

en Amérique du Nord.

À 15 ans, il travaillait

déjà pour Finlay and Gregory,

une compagnie qui pratiquait

la traite des fourrures

dans l’ouest depuis 1773.


Des images d’archives, des peintures, défilent.


GUILLAUME MORIN

(Narrateur)

À 21 ans, Mackenzie

se voit offrir une part

dans la nouvelle entreprise

qui vient d’être fondée,

la Compagnie du Nord-Ouest.

Souhaitant établir un comptoir

maritime sur le Pacifique,

la compagnie demande à Mackenzie

d’explorer l’ouest du continent

et de trouver une voie

navigable au-delà des Rocheuses.

Après une première expédition

qui le conduira dans l’océan

Arctique, Mackenzie à 29

ans devient le premier Européen

à atteindre le Pacifique

par le nord-ouest du continent.


GUILLAUME MORIN

(Poursuivant son récit autour du feu)

L’expédition de Mackenzie

au Pacifique n’a rien apporté

à la Compagnie du Nord-Ouest.

Mais c’est quand même grâce à

son audace et à sa détermination

qu’on a pu ajouter

un gros morceau de terre

sur la carte du monde.


Le 13 août correspond au jour 77 de l’aventure.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Le parc Quetico, j’en

garde des merveilleux souvenirs

puisque pour moi, c’était la

beauté naturelle à son plein.

Les sons, les

sons de la civilisation

sont complètement absents.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Le parc Quetico

c’est un véritable paradis,

un lieu protégé

qu’aucune route ne traverse

et qu’aucun

avion ne peut survoler.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Ça été superbe parce qu’il

n’y avait pas de bateau moteur,

il n’y avait pas de sons.

C’était vraiment le

paradis du canot-camping.

C’était l’expérience

canadienne par excellence, là.


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

C’est à ce moment-là qu’on a

réalisé à quel point il y avait,

quand même un bon

déséquilibre entre les équipes

aussi au niveau du canotage.

On était beaucoup plus vite,

il fallait toujours attendre

après les autres.

Je pense que les équipes de tête

ont commencé à être découragées

d’attendre tout le temps.


RENAUD LAFOND

Ce qui se passe, c’est

qu’on a des canots qui voyagent

à différentes vitesses et

puis donc, il y en a qui vont

plus rapidement, il y en

a d’autres qui vont moins vite.


BOB ABRAMES

Pour avoir une équipe, il

faut que toutes les personnes

jouent le même jeu et on

ne joue plus le même jeu.

Ça fait que c’est une équipe,

ensemble, les neuf.


RENAUD LAFOND

On dit depuis le début il y en

aura pas de facile, mais on

le comprend pas encore que les

jours où est-ce que c’est beau,

c’est calme, il faut

faire 50 kilomètres,

ça fait que ça ne va pas

être une facile non plus.


BOB ABRAMES

Ils ont perdu le

désir de vouloir le faire.


YOURI CORMIER


On a de la misère à se

dire qu’on est encore là-dedans

après deux mois et demi.

Je pense que tout le monde est

un peu fatigué à ce niveau-là

puis moi, je me suis retrouvé

avant-hier à commencer à penser

à ma vraie vie puis planifier

ma prochaine année scolaire

puis c’est là qu’on réalise

à quel point qu’on n’est plus

dans le même mindset

qu’on était au début.


CHRISTIAN PILON

On a encore un

long chemin à faire.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

De plus en plus, Diane,

Christian et Youri divergent

de points de vue sur ce voyage

et la tension monte entre eux,

ce que les autres voyageurs

n’ont pas manqué de remarquer.


SANDRINE DESAULNIERS

Non, mais Youri, il est

high maintenance, comme on dit.


MIKAEL RIOUX

Il est correct, ce gars-là.

C’est juste qu’il a des petits

caprices puis dans le bois,

les petits caprices, je

vais te dire, ça peut-être pas

sa place dans une

expédition comme ça.


SANDRINE DESAULNIERS

Christian ne peut pas pagayer

assez fort parce que Youri

est pas capable de

corriger en arrière.

Ça fait que ça

ralentit le canot.

Puis je pense que Youri a

besoin de beaucoup de petites

attentions, là, qu’il faut que

j’arrête ici parce qu’il faut

que j’arrête arranger

ici, il faut qu’on arrête,

il faut qu’on change de place.

Oh, bla, bla, bla.

C’est ce que j’entends là.

Je ne suis pas là.

Mais je pense que

Christian est à bout, là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Depuis qu’ils ne sont plus

dans le même bateau, l’esprit

de compétition ne cesse de

grandir entre les voyageurs.


BOB ABRAMES

Il y a une histoire que les

hommes du nord ont fait, je ne

sais pas, quelque chose comme

48 heures solides en course.

Ce n’était pas une question

d’attendre pour quelqu’un.

Ils étaient à la course toujours.

C’était complètement

différent de qu'est-ce

qu'on fait ces

jours-ci, nous autres.


DIANE MOREAU

C’est vrai que c’est frustrant

parce qu’on donne beaucoup

de puissance puis même à ça, on

sent bien qu’on n’y arrive pas.

On n’est pas crevé pour rien.

Puis le moral est

bas pour quelque chose.


YOURI CORMIER

Je trouve que mes coéquipiers

sont un peu négatifs ce matin,

mais hier, on avançait quand

même puis on est juste arrivé

une demi-heure plus

tard puis c’est vraiment

pas la fin de monde.


DIANE MOREAU

Bien, c’est pas d’arriver,

c’est pas d’arriver plus tard.

Moi, ça ne me dérange

pas d’arriver plus tard.

C’est l’énergie qu’on

a à déployer pour y arriver

parce que là moi,

je dis qu’il reste,

je ne sais pas, 20 jours.

Je vais-tu y arriver?

Je suis là, là.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


Le 15 août, les CANDIDATS sont au Parc provincial Quetico.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’expédition avance fatalement

à la vitesse des plus lents,

ce qui remet en

question les principes

de solidarité établis au départ.


BOB ABRAMES et RENAUD LAFOND discutent dans leur canot.


BOB ABRAMES

De quoi que j’aimerais moi,

c’est de dire à ceux qui veulent

le faire, vas-y, ceux qui

veulent débarquer, débarque.


RENAUD LAFOND

Le groupe ne voudra

pas prendre de décisions.


BOB ABRAMES

Moi, je dis en perdre

trois, ça serait parfait.

C’est terrible à dire, je

le sais, mais Guillaume

et Christian dans un canot, ils

seraient ici avec nous autres.


MIKAEL RIOUX et SANDRINE DESAULNIERS arrivent à ce moment.


MIKAEL RIOUX

Bonjour.


BOB ABRAMES

Bonjour.


SANDRINE DESAULNIERS

Oui, bien c’est ça

il faut attendre pas mal

toute la journée.


MIKAEL RIOUX

Dans le bateau de neuf,

tu peux te permettre de ne pas

pagayer, il y en a d’autres

qui vont pagayer pour toi.

Mais quand tu es en duo ou

en trio, si tu ne pagayes pas,

ça paraît directement

dans le bateau.


SANDRINE DESAULNIERS

Mais tantôt, vous avez

dépassé la pointe de l’île.

Nous, on s’est arrêté

puis ils sont arrivés

comme cinq minutes après.

J’étais étonnée.

Là, c’est parce qu’ils

se sont endormis sur l’île.

Ils étaient brûlés.

Bien endormis, ils

étaient brûlés, là.

C’est ça, l’affaire.


BOB ABRAMES

En 1800, les seules personnes

qui devenaient des hommes

du nord, c’était les seuls qui

étaient capables de le faire.


MIKAEL RIOUX

Moi, ce que j’ai

lu sur les hommes du nord,

c’était vraiment

rough entre eux autres.

C’était un gros

esprit de compétition.

Puis ceux qui avançaient

et qui ne réussissaient pas

À suivre, bien...


BOB ABRAMES

Ils tombaient.


MIKAEL RIOUX

Ils tombaient.


BOB ABRAMES

Tu te rends

là-bas ou débarque.

Ils n’avaient pas de choix.


DOMINIQUE HENRI

(Arrivant à ce moment avec son équipage)

Allô.


SANDRINE DESAULNIERS

Allô.


YOURI CORMIER

Est-ce qu’on a le bon cap?


MIKAEL RIOUX

Oui, suivez vos cartes.


YOURI CORMIER

Oui.


MIKAEL RIOUX

Ouvrez vos cartes.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mais le soir au

campement, tout le monde choisit

On préfère les laisser régler

eux-mêmes leurs différends.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Youri, ça fait deux mois qu’il

pagaye et j’essaie de lui donner

un petit peu d’aide avec la

technique, la première chose

qu’il me dit, tu peux me donner

n’importe quelle suggestion

que tu veux, mais

quant au sujet de mon pagaye,

ça fait deux mois que je

le fais puis je sais quoi faire.

il faut que tu

deviennes plus fort.

Si tu n’es pas plus

fort, ça n’aide pas.

Il faut que tu

pagaies plus fort.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Youri était très contrarié à

ce moment-là parce qu’on avait

décidé que c’était Christian

qui était toujours en arrière.

Lui était très choqué de ça.

Je suis désolée, mais au moins,

c’était quelqu’un pour avoir

un œil et dire OK,

on tire pas assez d’eau.

Ça veut dire fais ta job, là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Peu à peu, les esprits

se calment, mais le volcan

n’est qu’endormi.

Une descente de rapides vient

de nouveau semer la bisbille

dans l’équipe.


DIANE MOREAU et CHRISTIAN PILON analysent le parcours et établissent la trajectoire à suivre pour la descente.


DIANE MOREAU

Le défi, ça va être

le tourbillon qui est

à peu près

vis-à-vis la grosse bosse.


CHRISTIAN PILON

C’est ça, oui, oui.


DIANE MOREAU

C’est celui-là.


CHRISTIAN PILON

Oui, il faut

passer plus à la droite.


DIANE MOREAU

Mais pas trop parce qu’il

doit y avoir des roches là.


YOURI CORMIER

J’en reviens pas qu’ils

s’en vont faire ça.

Regarde, Guillaume nous a

dit tantôt qu’on n’avait

pas l’expérience pour le faire.

Il n’y a ni l'un

l'autre qui ont déjà fait

des rapides de même.

Ils veulent y aller avec un

canot d’écorce qu’ils pourraient

scrapper sur le chemin.


CHRISTIAN PILON

Oui, on le fait, ostie.

Non, non, on le fait.


YOURI CORMIER

C’est vraiment

une grosse perte de temps

pour un risque qui

n’en vaut pas le prix.

Je suis vraiment

frustré contre eux.

Je trouve ça ridicule qu’ils

veulent faire ça maintenant.

S’ils ont de l’énergie

en masse, qu’ils l’utilisent

dans des moments plus propices

comme hier quand

ils n’avançaient pas.


CHRISTIAN PILON

Gauche.


DIANE MOREAU

On s’en va là, là.


CHRISTIAN PILON

Droite.


DIANE MOREAU

Check ça, mon prof.


YOURI CORMIER

Je trouve

ça con, vraiment, vraiment con.

Ils feront ça sans moi

puis je vais les regarder aller

et puis s’ils

réussissent, tant mieux.

S’ils ne réussissent

pas, je vais être frustré

pour le restant du voyage.


CHRISTIAN PILON

Là, le fait qu’on a ça

ici, on est juste nous deux.

Youri, Monsieur Négatif,

est parti s’asseoir sur le bord

et puis il est inquiet.

C’est correct, ça ne

me dérange pas pantoute.

Moi, j’ai besoin de l’action.

Je suis venu ici,

c’est une aventure,

pas juste une expédition.

Il est temps qu’on

en mange une bonne claque.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après avoir déchargé le canot,

ils se lancent dans le rapide.


DIANE MOREAU

(Commentant par la suite)

Mais pour moi, ça été

magique ce moment-là parce que

j’ai dit au moins, j’ai

fait, j’ai descendu un rapide

avec mon canot d’écorce.

Ça, c’est une grande fierté.


YOURI CORMIER

Moi, je trouvais que

c’était un risque qui ne valait

pas la peine.

Vous l’avez fait, bravo,

je suis pas content pour vous,

je suis pas malheureux.

Je suis comme c’est beau.

Vous l’avez fait

puis on continue.


DIANE MOREAU

OK, allons-y.


CHRISTIAN PILON

Moi, j’ai encore

les jambes un peu shaky.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Blessé dans son amour-propre,

Youri ne digère pas le

succès de ses coéquipiers.

D’autres, par contre,

stimulés par leur courage,

vont tenter d’imiter

leurs prouesses.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Vers la fin du parc, il y

avait des rapides et Guillaume,

en entendant les eaux

blanches tournoyer puis vrombir,

il ne pouvait pas s’empêcher.

Il fallait absolument

qu’on les descende.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Ah, Dominique, ça te

tentes-tu de pagayer fort?

Bien, Dominique

ne regarde même pas.

Elle dit, oui, oui, oui.

Bien, on le descend.


DOMINIQUE HENRI et GUILLAUME MORIN s’en vont dans les rapides et chavirent.


RENAUD LAFOND

Bon bien, notre

première surprise du voyage,

il y a quelqu’un

qui vient de dessaler.

Je ne suis pas certain

c’est qui, mais ça l’air

d’être Guillaume puis Dominique.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Au début, je pensais que

c’était le trio puis là,

je cherchais une autre tête.

Je voyais juste deux têtes

et puis là je paniquais.

Quand j’ai réalisé que

c’était eux autres, j’ai dit OK,

tout le monde est correct.


MIKAEL RIOUX

(Allant rejoindre GUILLAUME MORIN)

T’as perdu un soulier?


GUILLAUME MORIN

Oui.


RENAUD LAFOND

Sandrine puis Mikael

ont réussi à amener le canot

au rivage puis nous autres,

on a vidé notre canot ici,

au cas où ils

avaient besoin d’aide.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

J’ai eu un peu peur, mais en

même temps, c’est une expérience

que je garde bien puisque

je n’avais jamais chaviré

dans un rapide avant.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Sorti du rapide, avec un

soulier en moins, presque pas

rien perdu à part mon petit

sac de jour et mon soulier.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

On avait

presque tout récupéré.

Leur chaudron a chaviré puis

le couvercle est resté dessus.

Il flottait, on l’a ramassé.

Les biscuits marins sont secs.


GUILLAUME MORIN

(Regardant son canot)

Justement, ils avaient

commencé à frapper de la roche.

Le canot, il avait une

roche qui sortait vraiment

qui était pointue.

On est allé l’accrocher

et en l’accrochant,

aussitôt qu’il y a une

bosse comme ça dans le canot,

la roche vient

et déchire l’écorce.

On a déchiré l’écorce

C’est pour ça qu’on

est un petit peu poigné.

Ça va être très dur

à réparer, je pense.

Je pense qu’il est mort, là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Voilà une dure journée qui n’a

pas encore pour autant épuisé

son lot de surprises.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Plus tard on a franchi un

autre rapide qui était pas aussi

gros mais vu que l’eau était plus

basse, il y avait des roches.

Et malheureusement, on

a détruit notre canot.


Le canot dans lequel se trouvent CHRISTIAN PILON, YOURI CORMIER et DIANE MOREAU s’arrête dès qu’ils frappent la roche.


CHRISTIAN PILON

Woops!


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite l’accident)

On a poigné le côté.

Il y avait un manque de

communication dans le groupe

puis comme de fait,

ça fait un gros trou.

On a fait notre meilleur pour

amener le canot sur le bord,

sur la rive, mais à moitié

chemin, ça calé complètement.

Les ballots sont levés dans

l’eau puis c’était tout parti.

Le sac était tout mouillé.


RENAUD LAFOND

Êtes-vous capables

de marcher jusqu’ici?


MIKAEL RIOUX

(Commentant par la suite)

Ils ont poigné une roche juste

en sortant du petit rapide là.

Vraiment niaiseux, mais ça prend

pas grand-chose qu’ils viennent

de péter le canot.

Ça fait que là, on a

deux canots de scrappe.

Ça fait que vraiment, je

le sais pas qu’est-ce qu’on

va faire avec ces canots-là

parce que ça regarde pas bien.


Le 17 août correspond au jour 81 de l’aventure. Les CANDIDATS essaient de réparer les canots. Ils sont sur la Rivière Namakan, dans les rapides Quetico.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Nos voyageurs doivent

maintenant se rendre à un point

de rencontre où ils pourront

échanger les deux canots

d’écorce endommagés pour des

embarcations de fibre de verre.

Ils sont encore

bien loin de leur but.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Là, c’était le

temps de partir.

Moi puis Youri, on a pris

le temps de marcher le canot,

le long des rapides, faire

comme une cordelle quasiment.

Ça, j’ai trouvé ça difficile.


YOURI CORMIER

(Commentant par la suite)

On s’est poussé puis on

s’est dit il faut se rendre.

Il reste juste une couple de

kilomètres avant qu’on reçoive

notre nouveau canot puis il faut

s’arranger pour que notre canot

ne coule pas d’ici ce temps-là.

Ça fait qu’il faut en

prendre soin puis il faut

se rendre un

petit peu plus loin.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Il a fait très beau

depuis le début de ce voyage.

Mais la pluie rend maintenant

toute manœuvre difficile.

Nos voyageurs ont besoin

plus que jamais de travailler

en équipe.

Youri l’a compris

et redouble d’efforts.

Il ne veut surtout pas perdre

la face devant ses coéquipiers.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

C’est difficile de

continuer avec la pluie.

Ça rend le

voyage plus périlleux.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Pour moi, c’était

une vision tunnel vraiment.

C’est de marcher puis

je regardais les roches

et je regardais un peu en

avant puis je regardais en bas.

Je disais crime,

on va-tu arriver?

On vas-tu arriver?

C’était long.


Tandis que DIANE MOREAU, CHRISTIAN PILON et YOURI CORMIER déplacent leur canot, DIANE MOREAU remarque que CHRISTIAN PILON ne tient plus le canot et, livré à lui-même, il risque la noyade.


DIANE MOREAU

Aie, Christian, attention!

Sortez de là!


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Christian a finalement

eu plus de peur que de mal.

Ce n’est pas encore

cette fois-ci heureusement

que la rivière prendra

l’un de nos voyageurs.

Mais elle pourrait bien

engloutir quelques-uns

des canots qui sont

surchargés et qui prennent

l’eau de plus en plus.

Dominique et Guillaume et

l’équipe de trois voyageront

désormais dans des canots

de fibre de verre qui sont

nettement plus performants.


DOMINIQUE HENRI

(Regardant le nouveau canot)

Ça va faire une grosse

différence pour le moral.


CHRISTIAN PILON

Il pleuvait pas mal

puis on savait qu’il y avait

des orages qui s’en venaient.

On pouvait voir les nuages,

c’était beaucoup plus foncé.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Ça été une nuit où

il y a vraiment eu du tonnerre,

puis il y a eu de la

pluie puis beaucoup de pluie.


BOB ABRAMES

Et il y a à peu près

huit heures à attendre.

C’est long.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Après la pluie, le beau temps.

La nature est capable en

effet du meilleur comme du pire.

Les voyageurs ont

dorénavant l’impression

de faire corps avec elle.

Ils sont prêts maintenant

pour leur nouvelle rencontre

avec l’histoire.


RAYMOND BISSON vient leur raconter un pan de l’histoire, question de donner un peu de courage aux CANDIDATS.


RAYMOND BISSON

Il y a de ça plus de 200 ans,

que cette cérémonie que vous

vivrez ce soir se déroule

dans les terres du nord.

Les voyageurs sortaient

leur canot d’écorce

appelé canot Montréal.

Passaient à travers des

marais infestés de moustiques,

et des portages enduits de

boue jusqu’à ce qu’ils arrivent

aux Grands Lacs et au plus

grand de tous, le Supérieur.

Ils ramaient de 16 à 18 heures

par jour, 60 coups la minute.

Il ne faut pas penser que la

vie du voyageur était facile.

Plusieurs s’éreintaient et

plusieurs mouraient jeunes.

Mais aucun d’entre

eux aurait échangé leur vie

pour celle d’un autre.


SANDRINE DESAULNIERS

(Commentant par la suite)

Après tout ce qu’on avait

traversé, ça faisait du bien.

C’était comme une

reconnaissance aussi, OK, oui,

je pense qu’on le mérite.

On a réussi à se

rendre jusque-là.


RAYMOND BISSON baptise ensuite les voyageurs.


RAYMOND BISSON

Sandrine.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

Ils nous ont donné des noms

de voyageurs, des voyageurs

qui existaient réellement.


RAYMOND BISSON

Sandrine, je te baptise

voyageur et ton nom sera

Joseph Bonaventure Sanscartier.

Mikael Rioux, ton

nom sera Dominique Leroux.

Renaud, je te

baptise Pierre Gagné.


RENAUD LAFOND

(Commentant par la suite)

J’ai été bien surpris

de recevoir ce nom-là

parce que Gagné, c’est

le nom de fille de ma mère.


RAYMOND BISSON

Guillaume, je

baptise comme voyageur,

tu porteras le

nom de Pierre Morin.

Je te baptise voyageur.

Christian, je te

baptise voyageur.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

Ce soir-là, j’ai été baptisé

au nom de Théodos Fillion.


RAYMOND BISSON

Youri, tu porteras le nom de

voyageur de Pierre Chalifoux.

Je te baptise voyageur

et tu porteras le nom

de Baptiste Moreau.

Bob, je te baptise comme

voyageur et tu porteras le nom

de Michel Animoustaché.

Alors, Dominique, moi,

je te baptise voyageur

et comme voyageur, tu

porteras le nom de Robert Henri.


DOMINIQUE HENRI

Robert Henri? C’est

le nom de mon grand-père.


DIANE MOREAU

Oh!

Quelle coïncidence.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Pour moi, c’est quelque chose

de très spécial donc de savoir

qu’un certain Robert Henri a

été voyageur et puis qu’il est

passé par les traces à travers

lesquelles je passe aujourd’hui.


BOB ABRAMES

Merci beaucoup.


RAYMOND BISSON

Il n’y a pas de quoi.

Ça me fait plaisir.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Cette fois-ci, pas de

beuveries après le baptême.

La fatigue y est sûrement pour

quelque chose, mais les voyageurs

ressentent surtout une grande

fierté, comme si l’honneur

qu’ils ont reçue ce soir

avait réparé leurs erreurs

et leurs faiblesses et

renforci l’esprit d’équipe.


NARRATEUR

Dans un instant à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain segment de l’émission défilent. Une pause publicitaire a lieu. Puis, l’épisode recommence.


CHRISTIAN PILON

(Commentant par la suite)

On avait 15 kilomètres

à faire pour Fort Frances

et ce 15 kilomètres-là

était très difficile.

On est parti de

bonne heure le matin.

Il y avait de la grosse vague.


GUILLAUME MORIN

(Commentant par la suite)

Sur le lac Supérieur, on

est sorti là-dedans et on

avait un 26 pieds.

Là, on était en

petit canot d’écorce.

C’était limite pas

mal, moi, je pense.

On est peut-être

un peu

con à matin de ramer là-dedans

et puis d’avancer pareil.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Ce matin, à la grande surprise

de tout le monde, l’équipe

de trois est partie la première.

Peut-être bien que Youri

a quelque chose à prouver.

D’une manière ou d’une

autre, il a amplement le temps

de le faire parce que le

voyage est loin d’être terminé.


YOURI CORMIER

(Arrivant plus tard au quai)

Il y avait de la vague.


DIANE MOREAU

On a eu du

vent de face toute la journée,

du très gros vent de

face, 50 kilomètres/heure.


BOB ABRAMES

Ça, c’était long, huit

heures non-stop, pas de break.

Dans le vent comme

ça, là, c’est dur.


GUILLAUME MORIN

Vive les voyageurs.

Une gang de malades.

Maudit Français d’aristocrates.

Ils n’auraient pas pu faire

autre chose que de se mettre

des chapeaux de

castor sur la tête.


DIANE MOREAU essaie, une fois arrivée, de se pratiquer à faire du portage seule.


CHRISTIAN PILON

Bien, baisse-lui le nez...


DIANE MOREAU

(Échappant le canot)

Non, viens le

prendre, viens le prendre.


CHRISTIAN PILON

Es-tu correct?


DIANE MOREAU

Oh!


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Y’a pas lieu de s’inquiéter,

il s’agit heureusement

d’un canot de fibre de verre.

Et pour le moment, de

toute manière les craintes

sont portées ailleurs.

Depuis le matin, on est

sans nouvelles de Sandrine

et de Mikael.


GUILLAUME MORIN

Sandrine et

Mikael sont en arrière.

Ils n’avaient pas

l’air fort à matin.

Puis là ils sont en

arrière puis moi, ça m’inquiète

de savoir qu’est-ce qui arrive.

Est-ce qu’il y a des

grosses vagues puis nous autres,

on a failli se

revirer à un moment donné.

On était proche.

On a fait une fausse

manœuvre et puis la vague était

vraiment rendue haute.

Ça fait que les savoir

tous seuls en arrière,

c’est la première fois qu’on se

sépare puis ça m’inquiète là.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

Mais le voyage

ne peut attendre.

Perdus ou pas perdus, ils

doivent continuer leur route.

Ils traversent la petite ville

de Fort Frances avec toujours

en tête cette question qui

les hante, où sont donc passés

Sandrine et Mikael?


Les CANDIDATS font alors du portage dans la ville.


GUILLAUME MORIN

Je comprends juste

pas pourquoi qu’on n’a pas

pagayé plus longtemps.


DOMINIQUE HENRI

Pourquoi?


GUILLAUME MORIN

Pourquoi que je marche

avec un canot sur la tête quand

il y a de l’eau à côté?


Le 20 août, les CANDIDATS sont à Fort Frances.


DOMINIQUE HENRI

(Commentant par la suite)

Quand on marchait dans la

ville, c’était drôle parce que

c’était complètement

surréaliste, des gens de 1806

marcher au beau milieu d’un

boulevard où est-ce qu’il y a

plein de gens, pleins de

vitrines, pleins de magasins ou

pleins d’objets de consommation.

Les gens nous regardaient

d’une façon étrange.

C’était vraiment une expérience

qui moi me faisait réaliser

à quel point est-ce

qu’on est à part.


YOURI CORMIER

Le problème

maintenant c’est de savoir

où Sandrine

et Mikael sont rendus?

C’est vraiment la

grosse inquiétude.

On ne les a pas vus depuis ce

matin, je sais pas, il devait

être huit heures la

dernière fois qu’on les a vus.

Il va peut-être falloir qu’on

campe ici plutôt qu’avancer.


Un POLICIER est dans son véhicule et reçoit un appel radio.


POLICIER

(Propos traduits de l’anglais)

Nous n’avons toujours pas trouvé l’autre

bateau. La patrouille américaine est

aussi à sa recherche.


GUILLAUME MORIN

On a vu la police

tantôt qui nous a dit

on s’en va ramasser vos amis.

Oui, OK.

Quand la police est habillée

avec les suits de survie,

tu fais oui, OK.


CHRISTIAN PILON

Qu’est-ce qui m’inquiète le

plus, moi, c’est le fait que

possiblement, ils ont chaviré

juste l’autre bord de l’île où

est-ce qu’on ne les voyait pas,

où est-ce que le vent était plus

fort, les vagues en plus gros.


DIANE MOREAU

Le temps passe,

le temps passe,

la journée est très avancée.

On est presque

rendu six heures du soir

et ils ne sont

pas encore arrivés.

On n’a pas de nouvelles.


YOURI CORMIER

On est parti pas mal en même

temps que Sandrine puis Mikael,

mais eux autres, ils

ont changé de route.

Après une couple d’îles,

ils ont arrêté de nous suivre.

Ils étaient toujours en arrière

de nous, mais il a fallu qu’on

les attende plusieurs fois.

Il y a environ quatre

fois qu’on les a attendus

pendant 5, 10 minutes.


CHRISTIAN PILON

Je sais que le moral

n’était pas trop, trop forte

dans la dernière journée.

Ils s’obstinaient puis je pense

que je me sens un peu coupable

du fait qu’on les a laissés.


DIANE MOREAU

En plus, on avait

un sac qui leur appartenait

pour les soulager du fait qu’ils

sont encore en canot d’écorce.

Et puis à part ça,

il y a la hache.

Qu’est-ce qu’on a levé?

La bâche.


CHRISTIAN PILON

Le lard salé.


DIANE MOREAU

Oui.

Donc, ils n’ont plus de bouffe.


GEORGES-HÉBERT GERMAIN

(Narrateur)

L’inquiétude augmente au fur

et à mesure que descend la nuit.

Chacun vaque à ses

occupations, mais ils ne peuvent

empêcher d’imaginer le pire.

Bob, lui, est déchiré

entre son besoin d’être rassuré

sur le sort de Sandrine

et Mikael et son désir

de poursuivre sa route

sans se soucier des autres,

comme auraient fait sans doute

les voyageurs d’autrefois.


BOB ABRAMES

Moi aussi, je suis

inquiet pour Sandrine et Mike,

mais on perd du temps.

Ça fait une semaine

qu’on essaie d’avancer.

On se lève de bonne

heure, on travaille assez fort

dans les canots et

je crois qu’on ne se rend pas.

De faire tout

ça et pas me rendre,

c’est ça qui est stupide.

J’ai dit à

Renaud, tu peux continuer

si tu veux,

mais moi, je débarque.

C’est assez. Fini.


NARRATEUR

Dans le prochain épisode à

Destination Nor'Ouest.


Des extraits du prochain épisode défilent.


Générique de fermeture.

Épisodes de Destination Nor'Ouest