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La Petite Mosquée dans la prairie

La Petite Mosquée dans la prairie décrit avec humour le quotidien d´une communauté musulmane dans le Saskatchewan.

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Belle Maman

Belle Maman



Année de production: 2007

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VIDÉO TRANSCRIPTION

SARAH et RAYYAN font du ménage et préparent l'arrivée de la mère de YASIR chez elles.


RAYYAN

Oh! Tu ferais bien

de frotter cette table

jusqu'à ce que grand-mère puisse

voir son reflet dedans.


SARAH

Ah, les sorcières ont

aussi des reflets?


YASIR

(Appelant d'une autre pièce)

Hé-oh! Devinez qui est là.


SARAH et RAYYAN se dépêchent de ranger les produits de nettoyage en se bousculant.


SARAH

Excuse-moi.


RAYYAN

Bien.


Belle-maman, MME HAMOUDI, entre dans la cuisine.


MME HAMOUDI

Je vous en prie,

ne vous dérangez pas pour moi.

Bien, je vois que

ce n'est pas le cas.

Yasir?


SARAH

Ah, maman Hamoudi,

le vol s'est bien passé?


RAYYAN

Bonjour.


MME HAMOUDI

Rayyan, tu es magnifique!

Tu me ressembles

de plus en plus chaque jour.


RAYYAN

Comment va ton coeur?


MME HAMOUDI

Ah, merci de poser la

question, mais ne demande pas.


SARAH

Oh! Y a-t-il encore

autre chose que l'on puisse

vous offrir?

Une autre télévision

grand écran?

Une autre machine à laver?

Un sèche-linge?


MME HAMOUDI

(S'adressant à YASIR)

En fait, il y a quelque chose.


YASIR

Je le savais. Tu as faim?


MME HAMOUDI

J'ai apporté mes repas.


YASIR

Mais Sarah a fait la cuisine

toute la journée.


MME HAMOUDI

Normal que tu aies

perdu du poids.


MME HAMOUDI ouvre la valise que YASIR a déposée sur la table en continuant d'ignorer complètement SARAH.


YASIR

Maman, arrête.


MME HAMOUDI

Voilà ce que tu adores.


La valise est pleine de plats préparés.


YASIR

Ah! Ça alors, les awamats.

Des beignets libanais!

On ne trouve rien

qui ressemble à ça par ici.


SARAH

Rien à part des beignets.


YASIR

Personne ne fait les awamats

comme ta cousine Samira.


SARAH

Tu aurais dû épouser Samira.


MME HAMOUDI

C'est pour ça que je suis ici.

Son mari est mort.

Cette pauvre femme

se retrouve seule

au monde maintenant.


YASIR

Ah, je suis navré, maman.

J'épouserais bien Samira,

mais j'ai bien peur

que Sarah n'accepte pas

le divorce.


MME HAMOUDI

Yasir! Ne sois pas cruel.

Tu n'as pas besoin

de divorcer de Sarah.

Samira peut être

ta deuxième femme.


SARAH

Hein?


Générique d'ouverture


Titre :
La petite mosquée dans la prairie Belle maman


SARAH discute avec ANN, à la mairie.


SARAH

Elle a vraiment touché

le fond cette fois.

Non, mais vous vous imaginez?

Une deuxième femme?


ANN

Vous devez vous battre.

Prenez un deuxième mari.


SARAH

Je laisse Samira épouser

n'importe quel Libanais.


ANN

Yasir est n'importe

quel Libanais.


SARAH

Vous verriez Yasir

avec sa mère.

«Je t'offre

une autre tasse de thé?»

«Je peux te faire

couler un bain?»

«Je peux te masser les pieds.»


ANN

Comme un spa?

Yasir m'épouserait?


SARAH

Bon, d'accord,

j'ai fini de parler du sujet.

Ensuite, elle a eu le culot

de me dire que j'avais

les cheveux fins.

Est-ce que j'ai

les cheveux fins?


ANN

Oui, bien sûr.


Le RÉVÉREND MCGEE reçoit un couple d'hommes à son bureau. C'est JOHNNY le maître nageur et son fiancé.


RÉVÉREND MCGEE

Vous êtes absolument sûr

de vouloir aller jusqu'au bout?

Parce que cela pourrait

créer quelques remous.

Mercy est une petite ville.


JOHNNY 

On est sûrs.

On a même écrit notre serment

en vers, mon révérend.

Qu'en pensez-vous?

«Je promets de t'honorer,

mais pas de t'obéir.

Sauf les soirs

où tu seras vêtu de cuir.»


RÉVÉREND MCGEE

D'accord. Bien.

On se verra dimanche.


JOHNNY

Oui.


RÉVÉREND MCGEE

Et un mariage, un.


Le couple d'hommes se lève et chacun serre la main du RÉVÉREND MCGEE.


RÉVÉREND MCGEE

Avec une réception

et un enterrement à suivre.


JOHNNY

À bientôt.


RÉVÉREND MCGEE

À bientôt.


JOE attend à côté du bureau du RÉVÉREND et croise le couple qui sort.


JOE

Vous ne marierez pas

ces deux types dans mon église.


RÉVÉREND MCGEE

Et alors, on oublie

de frapper et de dire bonjour?


JOE

Et on oublie le caractère

sacré du mariage. Bonjour.


RÉVÉREND MCGEE

Le caractère sacré? Mais vous

avez déjà divorcé trois fois.


JOE

D'accord. Qui qu'est-ce qui

vous oblige à faire ça?

La... la mafia gaie?


RÉVÉREND MCGEE

Personne ne m'oblige

à faire quoi que ce soit.

C'est essentiellement

une question de conscience.


JOE

Ça n'a pas de sens.

Vous ne pouvez pas

avoir une conscience

et puis être gai.


RÉVÉREND MCGEE

Vous savez que j'apprécie

les débats en direct,

comme n'importe lequel

de mes prochains,

même si ce prochain est

quelqu'un comme vous.


JOE

J'ai parlé aux gens,

mon cher McGee.

Vous allez perdre

tous vos paroissiens.


RÉVÉREND MCGEE

Je ne l'espère pas.

Parce que dans les périodes

de ce genre,

nous avons besoin de regarder

les autres avec compréhension.


JOE

Donc, vous laissez tomber?


RÉVÉREND MCGEE

Non.

Je vais célébrer la cérémonie

ce dimanche.

Et cela, qu'il vente

ou qu'il pleuve.


JOE

Dieu doit pouvoir

faire les deux.


MME HAMOUDI entre dans la mosquée et s'adresse à AMAAR qui range des livres.


MME HAMOUDI

Petit? Où est l'imam?


AMAAR

Je crois que c'est moi.


MME HAMOUDI

Mais vous ne pouvez pas

être l'imam,

vous n'avez même pas de barbe.


AMAAR

Ah, j'en ai. Elle apparaît

généralement vers 5h. Ha, ha!

Hum, qu'est-ce que

je peux faire pour vous?


MME HAMOUDI

Je voudrais que

vous célébriez un mariage.


AMAAR

Avec joie. C'est bien d'avoir

trouvé l'amour à votre âge.


MME HAMOUDI

Pas pour moi, pour mon fils.


Pendant ce temps, YASIR discute au téléphone dans son bureau adjacent à la mosquée.


YASIR

Parce que cette facture a déjà

été payée. Oui, absolument.


MME HAMOUDI

Il prend une deuxième femme.


YASIR entend sa mère parler à AMAAR et se dépêche de clore sa discussion téléphonique.


YASIR

Faut que j'y aille.


AMAAR

Malheureusement, la polygamie

est illégale dans ce pays.


MME HAMOUDI

Alors, ça peut être

notre petit secret.


YASIR ferme le store de la fenêtre qui donne sur la mosquée et se fait discret pour écouter la conversation.


AMAAR

Je n'aime pas vraiment

enfreindre la loi,

même si je conçois que

ça puisse être très attirant

d'avoir deux femmes.


MME HAMOUDI

Si le deuxième mariage

n'est pas enregistré,

vous n'enfreindrez pas la loi.


AMAAR

À mon avis, je devrais

parler à votre fils,

mais je ne sais pas

vraiment où le joindre.


MME HAMOUDI

Mais ça ne va pas ou quoi?

Son bureau est là.


AMAAR

Vous êtes maman Hamoudi.


MME HAMOUDI

Bien sûr!

Vous m'avez prise pour qui?


AMAAR

Je suis désolé.

Bienvenue dans notre mosquée.


MME HAMOUDI

Merci. Revenons

à nos affaires.


YASIR choisit ce moment pour intervenir.


YASIR

(Se penchant vers sa mère)

Ah oui! Tu es sûrement

très fatiguée.

Je te ramène à la maison.


MME HAMOUDI

Mais je n'ai pas fini

avec la préparation du mariage.


YASIR

Je m'en occupe. Va dans la

voiture. J'arrive tout de suite.


MME HAMOUDI

Bien, si c'est ce que tu veux.


YASIR

Oui, oui, c'est ce que

je veux. Allez, allez. Oui.


YASIR reconduit sa mère vers la sortie, puis retourne vers AMAAR.


AMAAR

Une deuxième femme?

Sarah va être folle de rage.


YASIR

C'est une femme

très raisonnable

et elle comprend

que ma mère est âgée

et traditionnelle et...

Oh, hi! Elle est folle de rage.

Qu'est-ce que je peux faire?


AMAAR

Eh bien, il est peut-être

temps de sortir une table.


YASIR

Hé... Pour quoi faire?


AMAAR

Et de taper du poing.

Très fermement.


YASIR

Je suis absolument pour.

Oui. Il faudrait que je trouve

un bon moyen de dire: «Non.»


AMAAR

Pourquoi pas: «Non!»?


Le RÉVÉREND est au comptoir du restaurant de FATIMA. FRED TUPPER est assis plus loin dans la salle à manger.


FATIMA

Un autre muffin?


RÉVÉREND MCGEE

Je ne me

le pardonnerais jamais.

Mais Jésus comprendra.

Donnez-le.


FRED

(S'approchant du comptoir)

McGee, d'abord, vous laissez

entrer les musulmans

et j'ai lu que deux fiottes

allaient se marier

dans votre église anglicane.


RÉVÉREND MCGEE

Je suis choqué.


FRED

Vous étiez pas au courant?


RÉVÉREND MCGEE

Si, bien sûr, mais je ne

savais pas que vous saviez lire.


FRED

Le mariage est une

institution sacrée, révérend,

et ça, c'est un scandale.

Où est-ce que ça va nous mener?


RÉVÉREND MCGEE

À la paix et à la tolérance

parmi tous les hommes.


FRED

Ha, ha... Hippie.


Le RÉVEREND prend son muffin pour apporter et se tourne vers une cliente.


RÉVÉREND MCGEE

À plus.

(S'adressant à FATIMA)

Merci, Fatima.

(Se tournant vers FRED)

Plouc!


SARAH est en colère et confronte YASIR à son bureau.


SARAH

Allez, il va falloir que

tu choisisses entre elle et moi.


YASIR

Chérie, il n'y a

que toi au monde pour moi.

Et même si je devais

épouser Samira,

je ne penserais

toujours qu'à toi.


SARAH

Pas Samira,

je parle de ta mère.

Ne prends pas ça à la légère.

Arrête tout de suite.


YASIR

Je le ferai.

Oh, tu veux dire maintenant?


SARAH

Je ne veux pas dire

après ton mariage. Maintenant!


YASIR

Bien, je vais rentrer

à la maison pour déjeuner

et c'est la première chose

que je vais lui annoncer.


Une fois chez lui, YASIR prend des gants blancs pour parler à sa mère.


YASIR

Maman, laisse-moi te faire

un délicieux sandwich.

Je vais découper la tomate

comme tu l'aimes:

fine, fine, fine, fine, fine.


MME HAMOUDI

Samira te ferait la cuisine.

Son couscous est divin.

Il a le goût de crottes

d'ange pour moi.


YASIR

Mon type de crotte préféré.

Maman...

il faut que je te dise

quelque chose.

Je ne peux pas l'épouser.


MME HAMOUDI

Quoi? Tu as déjà trois autres

femmes que je ne connais pas?


YASIR

Non.


MME HAMOUDI

Alors, c'est autorisé.


YASIR

Mais, c'est... c'est ma vie.

Et je devrais pouvoir décider.


MME HAMOUDI commence à respirer difficilement.


YASIR

Maman, maman?


MME HAMOUDI

(Feignant un malaise)

Ah, j'ai mal. J'ai mal!


YASIR

Non, maman. Maman!

Au secours! Maman?


MME HAMOUDI

Ah!


Plus tard, MME HAMOUDI est étendue sur le divan et RAYYAN l'ausculte.


RAYYAN

Tu vas bien.

On pourrait danser sur

les battements de ton coeur.

J'ai peut-être vu

un peu trop d'épisodes

d' Un, dos, tres

ces derniers jours.


MME HAMOUDI

Après ma mort,

je ne veux pas

que ta mère lave mon corps.


RAYYAN

Je suis sûre qu'elle en aura

le coeur brisé,

mais tu ne vas pas mourir.

C'est juste

une petite indigestion.


MME HAMOUDI

Tu dis ça pour

que je m'inquiète pas.


YASIR et RAYYAN s'éloignent du divan pour discuter.


MME HAMOUDI

Ah...


YASIR

Elle est pas vraiment malade?


RAYYAN

Elle nous survivra,

ne t'inquiète pas.


YASIR

Même si ça doit nous tuer?


À la radio locale, FRED TUPPER commence son émission.


FRED

Donc, on va célébrer

un mariage entre gais

dans l'église de Mercy,

chers auditeurs.

Ha, ha!

L'église des grandes folles.

Quel homme faut-il être

pour célébrer un mariage

entre gais de toute manière?


Le RÉVÉREND MCGEE et AMAAR sont ensemble dans le bureau d'AMAAR. La radio joue l'émission de FRED.


FRED

(Parlant à la radio)

Est-ce quelqu'un qui a peut-être

une propension à aimer

la façon de vivre des gais?

Qui sait quels autres

secrets sont cachés

dans les allées

de l'église de Mercy.


RÉVÉREND MCGEE

Vous entendez?

(Fermant le poste de radio)

Il déteste les gais

et les musulmans.

Dire qu'on pensait

qu'il n'avait qu'une obsession.


AMAAR

Vous voulez vraiment le faire?


RÉVÉREND MCGEE

J'ai baptisé Johnny.

Lui tourner le dos serait

un péché. Que feriez-vous?


AMAAR

Ah, c'est définitivement loin

de la conception musulmane

du mariage.


À ce moment, BABER entre dans le bureau d'AMAAR en ne remarquant pas le RÉVÉREND.


BABER

Amaar, il faut que vous

appeliez McGee dans la seconde.

(Remarquant finalement le RÉVÉREND.)

Ah, bravo. Dites-lui,

s'il vous plaît,

qu'une congrégation musulmane

ne peut partager l'établissement

avec un prêtre

qui est une folle.


RÉVÉREND MCGEE

Marier deux hommes

ne me rend pas gai pour autant.

Ça ne me fait pas trop plaisir,

mais c'est la chose à faire.


BABER

Ne m'obligez pas à vous

envoyer un avis d'expulsion.


AMAAR

Baber, vous oubliez

un détail: nous sommes

les locataires.

C'est lui, le propriétaire.


BABER

Bon, on va s'envoyer un avis

d'expulsion à notre nom.


RÉVÉREND MCGEE

(Sortant du bureau)

Bon, quand vous aurez

trouvé la solution,

vous me le direz.

Je suis dans mon bureau.


AMAAR

(S'adressant à BABER)

Écoutez, on ne s'en va pas,

et même si on le voulait,

vous ne pourriez pas trouver

une mosquée. Il a fallu un an

à Yasir pour trouver celle-là.


BABER

Yasir est un fainéant.

Je peux vous trouver

une mosquée en un clin d'oeil.


AMAAR

C'est ça.


JOHNNY entre au restaurant de FATIMA et se dirige au comptoir.


FATIMA

Qu'est-ce que

je vous sers, Johnny?


JOHNNY

Je voudrais

commander du curry.


FATIMA

Je vous l'apporte.


JOHNNY

Ah, non, non, c'est

pour la réception du mariage.


FATIMA

Hum! Ha, ha!

Je serai le traiteur

pour votre mariage

quand vous aurez trouvé

une gentille fille. Hum?


JOHNNY

Fatima, je suis

vraiment choqué.

Je croyais que vous aviez

surmonté le problème homo

dès votre deuxième

cours d'aquagym.


FATIMA

Je vous aime bien,

mais il y a des règles

que je ne peux pas briser.


JOHNNY

Ah bon. Si on en reste là,

malheureusement,

va falloir que je m'adresse

au traiteur de Mercy.


FATIMA

Hum! Pour du curry?


JOHNNY

Ah, il est pas aussi bon

que le vôtre,

mais si on peut pas avoir

ce qu'il y a de mieux...


FATIMA

Je n'approuve pas

l'homosexualité.

Mais je déteste

le traiteur de Mercy.

Alors, je vous donnerai le menu

avant la fin de la journée.


JOHNNY

Ah! Je vous aime, Fatima!

Si c'est autorisé par cette

vieille grincheuse d'islam.


SARAH rentre à la maison avec des provisions. Sa belle-mère est assise dans la cuisine.


SARAH

Comment allez-vous

aujourd'hui, maman Hamoudi?


MME HAMOUDI

Oh, ma douleur à la hanche

m'aide à oublier

ma douleur au genou.

Comme c'est gentil

de poser la question.


SARAH

Mais je serai toujours là

pour vous, maman Hamoudi.


MME HAMOUDI

Han-han...

Une minute.

Pourquoi vous êtes

si gentille avec moi?


SARAH

Et vous, pourquoi vous êtes

si gentille avec moi?


YASIR arrive dans la cuisine.


YASIR

Ah, les deux femmes de--


SARAH ET MME HAMOUDI

Tu lui as pas

encore dit, c'est ça?


YASIR

J'y pense

très sérieusement, oui.


SARAH

Ah!


MME HAMOUDI

Yasir va épouser Samira!


SARAH

Yasir!


YASIR

Je lui ai dit,

mais elle a fait

une petite attaque cardiaque.


SARAH

Alors, redis-le-lui et

tu finiras le boulot comme ça.


MME HAMOUDI

Yasir est l'homme de la maison

et sa décision est prise.


YASIR

Maman, je n'ai encore

rien décidé.


SARAH

Qu'est-ce qu'il y a à décider?


SARAH tend les sacs de provisions à YASIR et sort de la maison.


YASIR

Mais tu sais que je t'aime.


SARAH

Non!


YASIR

Je t'en prie,

ne me quitte pas maintenant.

Sarah! Non! Non, Sarah! Non!


MME HAMOUDI

C'est bizarre comme

certains ne comprennent pas

le mot «non», hum.


Le lendemain, ANN trouve SARAH en train de replier un sac de couchage dans son bureau.


SARAH

Bonjour.


ANN

J'aime quand un bureau

est occupé jour et nuit.


SARAH

Ah, désolée. Il a fallu

que je dorme ici.


ANN

Oh, la fameuse

épouse numéro 2?


SARAH

Non, non, non. J'ai mis fin

à cette polygamie absurde.

Je suis partie.


ANN

Ah, enfin!

Je n'ai jamais trouvé

que le côté musulman était

vraiment un truc pour vous.


SARAH

Ann, je suis toujours

musulmane.


ANN

Ce qui est merveilleux.

Parce que c'est votre foi.


SARAH

Oui.


ANN

Et vous y croyez

dur comme fer.

Et c'est une bonne chose.

Mais sérieusement,

vous allez dormir encore

longtemps dans mon bureau?


SARAH

Jusqu'à ce que Yasir

s'oppose à sa mère.


ANN

Quelle chance de me présenter

pour un troisième mandat.


BABER fait des téléphones pour trouver un nouveau local pour la mosquée.


BABER

Oui, c'est ça.

On veut louer un lieu.

Oui, pour une mosquée.

Non, non,

pas une maquette, mosquée.

Oui, où les musulmans

prient Allah.


Une tonalité indique qu'on a raccroché.


BABBER effectue plusieurs appels de suite.


BABER

Allô?

Le prix est correct.

Et j'aime bien le quartier.

Le garage? Oui, d'accord. Oui.

Faut le partager

avec votre groupe.

Où est-ce?

Au-dessus d'un magasin

de vidéos pour adultes XXX?

Vous pouvez peut-être

m'expliquer quelque chose.

Je voudrais savoir: pourquoi

avoir mis autant de «X»?

(Raccrochant)

Ah!


RAYYAN est avec sa grand-mère au restaurant de FATIMA.


MME HAMOUDI

(S'adressant à FATIMA)

Mais ils perdent

tous la raison.

Pourquoi le fait de prendre

une deuxième femme

provoque un tel chamboulement?


FATIMA

La polygamie est

une tradition qui se meurt.


RAYYAN

Même dans les pays

où c'est légal,

peu de musulmans prennent

une deuxième femme.


FATIMA

Sérieusement,

combien de femmes

a eues votre mari?


MME HAMOUDI

Ha, ha! J'ai bien trop occupé

mon pauvre mari.


RAYYAN

Oui. Ça, j'imagine facilement,

grand-mère.


MME HAMOUDI

Yasir est particulier.

Il a besoin d'une vraie femme.


RAYYAN

Grand-mère!


FATIMA

Sarah n'est pas quelqu'un

que j'apprécie beaucoup.

Elle est nulle comme musulmane,

elle est nulle comme mère.


RAYYAN

Tout ça pour en arriver où?


FATIMA

Mais c'est la seule

et unique femme pour Yasir.


RAYYAN

Merci, Fatima.


MME HAMOUDI

Qu'est-ce qui vous arrive,

toutes les deux?

Vous êtes féministes?


BABER entre et rejoint les femmes au comptoir.


RAYYAN

Assalamou alaykoum, Baber.


BABER

Alaykoum salam.


MME HAMOUDI

Enfin un musulman qui a

vraiment l'air d'un musulman.


RAYYAN

Baber, tu te souviens

de ma grand-mère?


BABER

Soeur Hamoudi.

Vous avez voyagé dans la machine

à remonter le temps?

Parce que vous semblez

bien plus jeune

que la dernière fois

que je vous ai vue.


MME HAMOUDI

Doucement, Roméo.

Avant tout, il faut

que mon fils se marie.

Ensuite, vous et moi,

on se parlera. Hein?


BABER

Non, moi,

je cherche pas de femme.

Je cherche une nouvelle mosquée.


RAYYAN

Qu'est-ce qui cloche

avec l'actuelle?


BABER

On ne peut pas avoir

une mosquée

dans une église

pleine de «draggueens».


RAYYAN

Non, «queens», dragqueens.


BABER

Peu importe ce qu'elles sont.

Nous devons protester.

J'ai besoin de ton aide, Fatima.


FATIMA

Je ne peux pas.

Je fournis les repas

pour la cérémonie.


BABER

Tu... tu vas nourrir

cette abomination?

C'est une abomination!


FATIMA

Je vais faire une parade

de mes meilleures recettes.


BABER

Une parade de gais,

c'est pas possible.

Tu es encore plus folle qu'eux.


YASIR prie seul dans la mosquée. AMAAR le rejoint.


AMAAR

Je suis dans

la quatrième dimension.

Vous priez?

Qu'est-ce qui se passe?


YASIR

Ah, l'amour de ma vie,

depuis mes 20 ans, s'est éloigné

de moi, sans raison valable.


AMAAR

Excepté la brosse à dents

supplémentaire

qui prendra place

dans votre salle de bain.


YASIR

D'accord, d'accord.

Il doit bien y avoir un moyen.


AMAAR

Le Coran a la parfaite

solution pour vous.

Dites non à votre mère.


YASIR

Bonne idée, oui.

C'est un excellent plan B.

Et si on parlait du plan A?


AMAAR

Dommage qu'avec Sarah,

vous n'ayez pas établi

un contrat prénuptial

excluant la polygamie.


YASIR

On pourrait en établir

un tout de suite.

Vous pouvez creuser au fond

de votre cerveau d'ex-avocat

et me mettre au point une espèce

de charabia en latin?


AMAAR

Je vais vous traduire

le charabia latin, Yasir.

«Pré» veut dire «avant».

La loi n'est pas rétroactive.


YASIR

Même pas la loi islamique?


AMAAR

La loi islamique

particulièrement.


FRED continue de contester le mariage gai à la radio.


FRED

L'église de Mercy,

c'est-à-dire la même institution

qui accueille des terroristes,

va ouvrir sa porte de derrière

à ce que j'appellerais

un autre démon.

Un démon qui pourrait très bien

tout saper notre façon de vivre:

le mariage des folles! Ouh!

Réveille-toi, bon peuple.

Sur ce, reprenons

notre reportage

en direct de la légion,

où nous récoltons des fonds

pour la campagne

Chatrer un chat

pour un gamin qui n'en a pas

les moyens.


BABER de son côté confectionne des pancartes pour manifester. JOE le rejoint à la mosquée.


BABER

(Lisant sa pancarte)

«Le mariage gai

est une abomination.»

(Se tournant vers JOE)

Si vous vous voulez un écriteau,

prenez un de ceux-là.

Ah, c'est vous.

Je peux faire

quelque chose peut-être?


JOE

Il paraît que vous pensez

faire une manifestation.


BABER

Oui, contre l'abomination.


JOE

Ah, c'est pas

contre le mariage gai.


BABER

Oui, le mariage gai,

je dis que

c'est une abomination.


JOE

Abomination? Moi aussi.


BABER

Abomination.


JOE

Abomination.


BABER

Abomination!


JOE

Abomination!


BABER

Parfait. Oui.


JOE

Oui, comme les deux

premières fois.


BABER

Abomination.


YASIR essaie de fabriquer un faux document. D'abord en le tapant sur une vieille machine à écrire, ensuite en imitant les signatures de SARAH et de l'imam de l'époque. Puis il dépose le document dans une boîte et l'arrose de thé pour lui donner un aspect jauni. AMAAR entre à ce moment.


AMAAR

Tiens, tiens.

Vous buvez du thé

dans une boîte?

C'est une tradition

libanaise, sans doute.


YASIR

C'est juste une...

une petite expérience.


AMAAR

(Se penchant sur le document)

«Contrat prénuptial.»

Yasir, c'est malhonnête.

Je ne peux pas vous aider.


YASIR

Bien. Eh bien,

vous ne dites rien à personne

et on considère ça

comme un secret professionnel

imam-client.


RAYYAN visite sa mère au bureau de la mairesse.


RAYYAN

Bonjour, maman.


SARAH

Ah, bonjour.


RAYYAN

(Déposant un sac sur le bureau)

Voilà. Je t'ai apporté

ce que tu m'as demandé,

mais je crois que tu devrais

rentrer à la maison.


SARAH

Merci, chérie. Fais voir.

(Ouvrant le sac)

Dessous propres,

du vernis, du shampoing.

Qu'est-ce qu'il manque? Ah oui,

ton père et sa mère. Parfait.


RAYYAN

Je t'en prie, maman.

Il finira par lui dire non.

Enfin, un jour ou l'autre.


SARAH

Et je rentrerai à la maison

un jour ou l'autre.


ANN entre dans son bureau.


ANN

Je croyais que vous deviez

rentrer chez vous ce soir,

demande-t-elle avec espoir.


SARAH

J'ai jamais dit ça.


ANN

Dites-le maintenant.


RAYYAN

Elle a raison. Retrouve papa à

la maison. Il t'aime très fort.


ANN

Sauf si vous emménagez

chez moi.

Allez-y, quittez votre mari,

tout comme je l'ai fait.

Et on aura plus de rapports

sexuels de toute notre vie.


SARAH

D'accord, bien, j'ai perdu.

Je rentre à la maison.

Mais il couche sur le divan.


JOHNNY et son fiancé sont chez le RÉVÉREND qui tient une pile de tracts anti-gais.


RÉVÉREND MCGEE

Vous avez vu ça?

On va leur donner une raison

de manifester.


JOHNNY

Vous êtes un grand homme,

révérend McGee,

mais on en a parlé et on ne peut

pas vous laisser faire ça.


RÉVÉREND MCGEE

Quoi? Mais comment ça?

Mais je ne me suis jamais

autant préparé à la bagarre

depuis qu'on a défoncé

les franciscains

en finale de hockey.


JOHNNY

Je suis désolé. On a pris

notre décision, révérend.


RÉVÉREND MCGEE

Il faut savoir se battre

pour l'amour.

Vous ne devez pas

annuler le mariage.


JOHNNY

Ah, mais on n'annule rien du

tout. On va se marier à Toronto.

On a trouvé une église géniale.

Spa et massage compris.


RÉVÉREND MCGEE

À Toronto?!

Ah, vous êtes vraiment

tous pareils.

(Se rendant compte de sa bourde)

Oh!


JOHNNY

Ah...


RÉVÉREND MCGEE

Je suis vraiment désolé.


JOHNNY

Ah, je comprends.

Cette haine de Toronto

peut aveugler le jugement

de n'importe qui.

Tu viens, chéri? Bye bye!


RÉVÉREND MCGEE

Bye bye. Oh...


Le couple sort du bureau.


De son côté YASIR est chez lui avec sa mère qui lit le faux document..


YASIR

Je suis navré, maman.

Tout est écrit

dans le prénuptial.


MME HAMOUDI

(Reniflant)

Ça sent...


YASIR

Je l'avais dans mon tiroir

à chaussettes.


MME HAMOUDI

Ça sent le thé de Chine.


YASIR

Je mets toujours des sachets

au milieu de mes chaussettes,

mais ça met un point final

à l'histoire.

Je ne peux pas épouser Samira.


SARAH et RAYYAN arrivent à ce moment.


SARAH

Ah, merci, Yasir.


YASIR

Tu es revenue, ma chérie.


SARAH et YASIR s'enlacent.


MME HAMOUDI

Yasir!


RAYYAN

(Tendant la main à sa grand-mère)

Viens, on va aller

faire un petit tour.


MME HAMOUDI

Tu es médecin. On peut marcher

quand on a le coeur brisé en

plusieurs millions de morceaux,

jeté dans la poussière,

couvert de crachat

et poussé dans les égouts?


RAYYAN

Si on a les chaussures

adéquates, bien sûr.


MME HAMOUDI

Ah...


Le jour supposé du mariage, BABER et JOE manifestent devant l'église avec leur pancarte. LE RÉVÉREND sort en leur portant du thé.


RÉVÉREND MCGEE

Je vous l'ai dit,

ils sont allés à Toronto.


BABER

(Acceptant le thé)

Merci.


JOE

Vous nous dites ça

pour nous faire lâcher

leur piste.

Leur piste parfumée.


AMAAR sort aussi rejoindre les hommes.


AMAAR

Non, ça, c'est

mon gel douche. Je viens

de faire du sport,

alors je me suis douché.


RÉVÉREND MCGEE

Vous devriez partir

en emportant

vos écriteaux. Le moindre

de ces mots est douloureux.


BABER

Il y a vraiment personne

à l'intérieur?


RÉVÉREND MCGEE

Baber, je souhaiterais

vous dire que l'église

est pleine d'une foule

d'individus gais, mais...


AMAAR

Là, il est sincère.


BABER

Alors, c'est stupide.

Je vais rentrer chez moi.

Joe, il y aura d'autres jours

et d'autres pécheurs. Hum!


JOE

Je vous offre une bière.


BABER

Moi, je suis musulman.


JOE

D'accord, à vous

de me l'offrir.


Les deux hommes s'éloignent avec leurs pancartes.


RÉVÉREND MCGEE

(S'adressant à AMAAR)

Ça a l'air du commencement

d'une merveilleuse amitié.


SARAH prépare des pâtisseries. YASIR la rejoint dans la cuisine.


YASIR

Ah, chérie, tu cuisines.

Et je suis excité.

Bon, regarde bien.

(Montrant les armoires et les tiroirs)

Tu vois? Vide.

Vide. Aucune autre femme.

Tu regrettes d'avoir

douté de moi?


SARAH

Non, il y a des moments

où je regrette

de m'être mariée avec toi,

surtout quand je lis ça.


SARAH ouvre le document jauni.


YASIR

Ah? Oui, oui.

Je l'ai écrit parce que...

parce que je savais

que ça mettrait fin

à ce problème. Ma mère était-


SARAH

Calme-toi, calme-toi. J'ai lu

le contrat et il est pas mal.


YASIR

Euh, je savais

que tu comprendrais.


SARAH

J'y ai même ajouté

quelques clauses.


YASIR

D'accord.


SARAH

Hum?


YASIR

Oui. Tout ce que tu voudras,

chérie. Pas de problème.

(Lisant les clauses)

«La lessive toutes

les semaines, vider le garage.»

Mais tout est utile là-dedans.


SARAH

Non. Non négociable.


YASIR

«Film à l'eau

de rose vendredi.»


SARAH

Oui. Commençons

par le mettre dans l'agenda.


YASIR

Oui, oui. D'accord.

Dernière clause...


SARAH

Tu n'es pas d'accord?


YASIR

Je crois que,

pour celle-là, il me faudra

un peu d'entraînement.

Pour m'y faire. Tu vois?


SARAH

Tu devrais t'y faire

tout de suite, alors.

Après tout, chéri,

un contrat est un contrat.


SARAH entraîne YASIR vers l'étage du haut.


YASIR

Hum-hum!


SARAH

Ah!


Générique de fermeture

Épisodes de La Petite Mosquée dans la prairie