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La Petite Mosquée dans la prairie

La Petite Mosquée dans la prairie décrit avec humour le quotidien d´une communauté musulmane dans le Saskatchewan.

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Jour de chance

Jour de chance



Année de production: 2007

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VIDÉO TRANSCRIPTION

AMAAR, l'imam de Mercy, entre au café de FATIMA. Il rejoint SARAH et sa fille RAYYAN, assises à une table de la salle à manger.


AMAAR

Bon sang, cet Islamapalooza

va avoir ma peau.


SARAH

C'est quoi, un Islamapalooza?


RAYYAN

À part un mauvais jeu de mots?


AMAAR

C'est la journée

des jeunes musulmans.


AMAAR

Cette année,

je l'appelle Islamapalooza.


SARAH

Ah!


AMAAR

Compris?

«Islam» comme «islam» et...

«palooza».


RAYYAN

On a compris.

Vous avez pris des mots

et vous les avez collés

ensemble. Comme «non»

et «impressionnant»,

c'est «nonpressionnant».


SARAH

Sois gentille.

Il essaie de rendre cette fête

plus tendance pour les enfants


RAYYAN

Pour les enfants qui vivaient

dans les années 90.


AMAAR

Wô, quelqu'un s'est levé

du mauvais pied ce matin?


RAYYAN

Oui, le pied du côté de mon

réveil qui sonne à 3h du matin.


AMAAR

Votre réveil ne marche pas?


RAYYAN

J'ai enchaîné deux

tours de garde à la clinique.


AMAAR

Ah bien, donc vous savez

ce que je ressens.


RAYYAN

Vous voulez comparer deux

tours de garde à la clinique

avec votre activité

d'assemblage de mots?


AMAAR

C'est bien plus que ça. Je

vais louer un château gonflable.

Enfin, je l'ai pas encore fait,

mais j'y pense.


RAYYAN

Oui, sauver la vie des gens,

louer un château gonflable,

c'est à peu près la même chose.

Faut que j'y aille.


RAYYAN s'en va.


SARAH

Je pourrais faire

du château gonflable?


AMAAR

Faut avoir moins de 10 ans.


Titre :
La petite mosquée dans la prairie Jour de chance


ANN, la mairesse de Mercy, inaugure le site du Parc Gazebo de Mercy. YASIR, le mari entrepreneur de SARAH, se tient à ses côtés.


ANN

Lors de ma campagne

pour la mairie,

je vous avais promis

la construction d'un kiosque.

Et aujourd'hui, nous commençons

les travaux de fondation de...

de ce kiosque qui...

qui est un genre de plateforme,

n'est-ce pas.

Enfin bref, je déclare

officiellement ce chantier...

(Donnant la première pelletée de terre)

... ouvert.


Deux personnes et un photographe assistent à l'inauguration.


ANN

Merci.

Maintenant, je confie la suite

à Yasir Hamoudi,

des entreprises Hamoudi.


YASIR

Je suis ému par tant de faste.


ANN

On finit par s'y faire.


Le photographe immortalise le moment en prenant une photo d'ANN et YASIR tenant la pelle.


YASIR

Un kiosque, le rêve

de tout entrepreneur.

Les angles, le travail du bois,

les dépassements d'horaire.


ANN

Vous étiez le seul pour ce job.


YASIR

Merci.


ANN

Personne d'autre

n'était disponible.


YASIR

Oh...


ANN

Mon Dieu!

(Retirant ses chaussures)

Oh, ces escarpins me tuent.

Comment faites-vous

dans le bâtiment, pour rester

debout toute la journée?


YASIR

J'évite les escarpins.


ANN

(Marchant sur quelque chose)

Ah!


YASIR

Faites attention!


ANN

(Ramassant un objet)

Mais... Oh, mais

qu'est-ce que c'est que ça?


YASIR

Je pencherais

pour un genre de caillou.


ANN

Oh, c'est dangereux.

Quelqu'un pourrait se blesser.

Mieux vaut remettre ce bout

de gravier où il était.


YASIR

Vous comprenez le sens

du mot creuser, j'espère.


YASIR dépose l'objet dans sa poche.


SARAH et RAYYAN font l'épicerie ensemble.


SARAH

Tu es stressée.

Tu devrais faire une pause.


RAYYAN

Je n'ai même pas le temps

de faire une pause.


SARAH

Allons, je sais que tu

as des jours de congé de côté.


RAYYAN

Oui, je les collectionne

presque.


SARAH

Ne te vexe pas, mais

c'est plutôt moyen comme hobby.

Sérieusement, je me fais

du souci pour toi.


RAYYAN

Peut-être que j'ai vraiment

besoin de congé finalement.


SARAH

Tu veux que

je te fasse un mot?


RAYYAN

Non, je vais le faire et je

signerai «la maman de Rayyan».


SARAH

Ça, c'est ma fille. Tu

m'achètes un billet de loterie?


RAYYAN

Hum-hum. J'espère

que c'est pas pour toi.


SARAH

Pourquoi ça?


RAYYAN

C'est un jeu de hasard.

Les musulmans ne jouent pas

et tu es musulmane.


SARAH

On peut pas gagner

si on joue pas.


RAYYAN

C'est péché de gagner.


CAISSIÈRE

Très accrocheur comme slogan.


SARAH

Ah... Bon, pas de billet.


CAISSIÈRE

J'encaisse le lait ou vous

allez la convaincre de renoncer?


RAYYAN

Ha, ha...


YASIR est en visite chez BABER.


YASIR

Ton toit a une fuite.


BABER

Je suis ravi que ta première

consultation soit gratuite.


YASIR

T'as eu raison d'appeler.

Les toits, c'est ma spécialité.


BABER

J'exige un prix honnête,

tu comprends?

Il n'est pas question

que tu profites de moi.

Mais il y a quelque chose

que tu dois savoir.


YASIR

Et c'est quoi?


BABER

Je suis désespéré.


YASIR

Tu es de la famille.

Je ne profiterais pas de toi.

Bien que ce soit tentant;

t'es dans de beaux draps.


BABER

Viens demain.


YASIR

Oh non, non, non.

Pas maintenant,

je construis un kiosque.


BABER

Tu peux venir quand alors?


YASIR

Je vérifie mon agenda.

(Mettant la main dans sa poche)

Ah...


BABER

Pourquoi tu fais semblant

d'avoir mal?

Pour me facturer plus?


YASIR

Ça ne marchera pas.


BABER

Combien tu veux en plus?


YASIR

(Montrant la pierre)

C'est le caillou que le maire

a trouvé dans la terre.

Très pointu


BABER

Ah, c'est une pointe

de flèche.


YASIR

Ça te plaît?

Elle est pour toi.


BABER

T'essaierais pas de m'amadouer

en m'offrant un caillou?

Un caillou ne réparera pas

mon toit.


YASIR

Alors, rends-le-moi.


BABER

Non, c'est à moi. Non.


YASIR

Écoute, je vais régler

le problème le plus urgent

et je terminerai plus tard.


YASIR dépose la tasse de café qu'il tenait sur la table pour que l'eau qui tombe du toit s'y écoule.


BABER

Bien.


AMAAR entre au café de FATIMA. RAYYAN se trouve déjà au comptoir.


AMAAR

(Propos en arabe)

Assalamu alaykum.


RAYYAN

(Propos en arabe)

Wa alaykum assalam.


AMAAR

Qu'est-ce que vous faites?


RAYYAN

(Montrant son journal)

Je commençais

par les mots croisés,

mais ça m'a rapidement lassée.

Alors je cherche les différences

entre les deux dessins.

Sur celui-là, l'écureuil a

trois rayures sur sa chemise

et sur celui-ci,

il n'en a que deux.


AMAAR

Wow, rien

ne vous échappe à vous.


RAYYAN

Je prends quelques jours

de vacances.

Je vais rattraper

mon sommeil en retard,

me promener...

et compter les rayures

sur les écureuils.

Ça paraît relaxant.

C'est incroyablement barbant.


AMAAR

Oui, ça paraît barbant.

Écoutez, pourquoi vous ne me

donneriez pas un coup de main

pour l'Islamapalooza?

Il y a un quiz coranique

à faire.


RAYYAN

Je ne sais pas trop...


AMAAR

Allez.

Vous voulez vous impliquer

dans la mosquée.

C'est votre chance.


RAYYAN

Je peux écrire «quiz»

avec un «K» pour montrer

que c'est un jeu délire?


AMAAR

Comme dans «K-W-I-Z»?


RAYYAN

J'allais juste l'écrire

normalement, mais avec un «K».

Mais votre idée est bien mieux.


AMAAR

Qui a dit que les musulmans

ne savent pas rire?

(Toussant)

Excusez-moi.


RAYYAN

Ça va?


AMAAR

Juste un chat dans la gorge.


RAYYAN

Non, c'est un début d'angine.

J'en suis sûre.


AMAAR

C'est mauvais?


RAYYAN

Oh...

Ah, je suis désolée.

Je ne suis pas en service.

(Retournant à ses jeux dans le journal)

Hé, sur celui-ci,

il porte des gants

et sur celui-là, non.

On ne me la fait pas à moi,

l'écureuil.


À l'Hôtel de Ville, SARAH et ANN discutent dans le bureau de la mairie.


SARAH

Ah, le gros lot de la loterie

atteint 10 millions!


ANN

Qu'est-ce que vous achèteriez?

Un truc cool, comme un requin?

Ou quelque chose d'utile, comme

une grosse boîte de diamants?


SARAH

Pourquoi choisir?

Un diamant en forme de requin.

Ah, et moi qui n'ai pas de billet.


ANN

Vous achetez toujours

un billet.


SARAH

J'ai pas le droit

aux jeux de hasard,

c'est un truc musulman.


ANN

Mais c'est pas du hasard.

C'est une loterie.


SARAH

Continuez.


ANN

Les chances sont nulles.

C'est comme jeter l'argent

à la poubelle.

C'est donc un geste

désintéressé.


SARAH

Un geste désintéressé

qui pourrait me donner

un requin serti de diamants?


ANN

Serti de diamants, maintenant?


SARAH

Au prix où je le paye!


ANN

Vous avez bien plus de chance

d'être frappé par la foudre.


SARAH

Vous appelleriez ça un jeu

de hasard, marcher sous l'orage?


ANN

J'appelle ça une stupidité.


SARAH

J'y vais de ce pas.


ANN

Si vous devez partir,

ne vous gênez pas.


BABER rend visite au professeur KRACKLE à son bureau de l'université.


BABER

Pr Krackle?


PR KRACKLE

Baber Siddiqui. Quoi encore?

Vous n'allez pas

me demander d'examiner

quelque chose que vous avez

trouvé par terre?


BABER

Vous êtes archéologue et--


PR KRACKLE

Vous êtes un économiste

et je ne viens pas

de votre côté du campus

pour vous montrer mes schémas.


BABER

Cette fois, c'est bien.


PR KRACKLE

J'aimerais ne jamais

vous avoir croisé. Mais pourquoi

me suis-je inscrit sur un site?


BABER

(Montrant la pierre)

Regardez. Hein?


PR KRACKLE

Hum-hum.


PR KRACKLE

(Examinant la pierre)

Hum...

Regardez ces marques.

C'est taillé...

c'est très primitif.


BABER

Inutile de l'insulter.


PR KRACKLE

(Repoussant BABER vers la porte)

Primitif, c'est positif.

Ça veut dire ancien, hum.

Je peux l'emprunter?


BABER

Euh, tout à coup... Attendez.


PR KRACKLE

(Fermant la porte)

Merci.


BABER

Attendez!


PR KRACKLE

Merci beaucoup.


RAYYAN travaille au projet d'AMAAR. Elle est assise avec AMAAR au café de FATIMA.


RAYYAN

OK. Islamapalooza.

Qu'est-ce qu'on fait?


AMAAR

Des activités, des jeux

pour les enfants de 7 à 97 ans.


RAYYAN

Les enfants de moins de 7 ans

ne peuvent pas venir?


AMAAR

Bon, d'accord, mais personne

de plus de 100 ans.


RAYYAN

D'accord. Comment va

votre toux au fait?


AMAAR

Ma toux?

J'avais complètement oublié.

(Toussant)

Et la voilà.


RAYYAN

Ça va aller.

Tant qu'elle ne passe pas

d'une toux sèche

à une toux grasse...


AMAAR

Pourquoi?

Ça voudrait dire quoi?


RAYYAN

Ah non, rien. Je suis sûre

que ça va aller.

Sauf si vous avez

une raideur dans le cou.

Mais je suis sûre

que ça va aller.


AMAAR

Mais j'ai une raideur.

Enfin, je...


RAYYAN

Est-ce que vous avez

bon appétit?


AMAAR

Pas trop. Pourquoi?


RAYYAN

Parce que je me demande

si vous allez finir vos frites.


AMAAR

Ah. Oui, allez-y.


SARAH tient son billet de loterie et court vers YASIR qui s'installe avec un sandwich au salon.


SARAH

J'arrive pas à le croire.

J'ai gagné.

J'ai gagné!


YASIR

T'as gagné quoi?


SARAH

La loterie.


YASIR

Le jackpot de 10 millions?


SARAH

Non, 5000$.


YASIR

Ah, 5000$... 5000$!


SARAH

J'arrive pas à le croire.

J'ai gagné. J'ai gagné!


YASIR

Tu l'as dit à Rayyan?


SARAH

Bien sûr que non. T'es fou?


YASIR s'exclame. SARAH et lui sautent de joie.


RAYYAN et AMAAR visitent ensemble un centre de location de jeux gonflables.


RAYYAN

Oh...


AMAAR

Ah, ces châteaux gonflables

ont l'air vraiment très chers.


RAYYAN

On pourrait payer

avec un chèque gonflable.

Je... je vais en choisir un.

Vous voulez l'essayer?


AMAAR

Oh, je peux pas.

Mal au genou.


RAYYAN

Oh. Vous avez été vacciné

contre le tétanos étant petit?


AMAAR

Pourquoi?


RAYYAN

Ah, je suis désolée.

Je veux pas jouer à l'interne,

mais j'ai du mal à déconnecter.


AMAAR

J'ai le tétanos?


RAYYAN

Cette douleur dans votre

genou, ça pique ou ça lance?


AMAAR

Euh... Ça fait à peine mal.

Comme une petite piqûre.


RAYYAN

Alors, ça ne peut pas

être si grave.

(Pointant un jeu gonflable)

Celui-là.


AMAAR

Si grave que quoi?


RAYYAN

On va prendre le rouge là-bas.


AMAAR

Si grave que quoi?

Bien, en fait, maintenant

c'est un petit peu...

Aïe!


YASIR arrive dans le parc pour commencer la construction du kiosque, mais une équipe d'archéologues est déjà sur le terrain. BABER aussi est présent.


YASIR

Qu'est-ce qui se passe?


BABER

C'est excitant, non?

Des fouilles archéologiques.


YASIR

Vous pouvez pas faire ça. Je

dois construire un kiosque ici.


Le professeur KRACKLE approche de BABER et YASIR.


PR KRACKLE

Ah non. Ça a été annulé.

Le gouverneur a estimé

que ce site était potentiellement

historique.


YASIR

J'ai un boulot à faire.


PR KRACKLE

Désolé.

Ça ne devrait pas prendre

plus de trois semaines.


Des ouvriers attendent derrière YASIR.


OUVRIER

Tu dois quand même nous payer.


YASIR

Je sais.

(S'approchant d'une archéologue)

Regardez-moi ces petits balais

ridicules en plus.

(S'adressant à l'archéologue)

Hé, balayez plus vite.


RAYYAN rejoint AMAAR qui travaille toujours au projet de fête pour les jeunes. Le RÉVÉREND MCGEE est assis dans le bureau. Un gros ventilateur fonctionne. [AMAAR

Excusez-moi.

(Se levant pour fermer le ventilateur)

Juste une seconde.


RAYYAN

Pas la peine de faire tout ça.


AMAAR

Ah, non, non. C'est pour moi.

J'ai très froid tout d'un coup.

Il a fait ça toute la matinée.


RÉVÉREND MCGEE

Il passe de froid à chaud.


AMAAR

C'est mauvais signe.

Ah, ça l'est.


RAYYAN

Vous pourriez créer

un système de basse pression.


RÉVÉREND MCGEE

Il s'informe sur des sites

médicaux d'internet.


AMAAR

J'ai une raideur au cou.

Mes yeux me piquent.

J'ai des crampes aux bras.


RAYYAN

Tous les symptômes de la

curiosité médicale sur le net.


AMAAR

Et puis, j'ai très soif.

J'arrête pas de boire de l'eau.

Excusez-moi


AMAAR sort du bureau pour chercher de l'eau.


RÉVÉREND MCGEE

(S'adressant à RAYYAN)

Vous croyez qu'il est malade?


RAYYAN

Pourquoi? Parce qu'il a soif?

Son taux d'insuline

a peut-être baissé,

ce qui parfois

peut provoquer chez les-


RÉVÉREND MCGEE

Ah-ha, c'est vous.

Mais oui, c'est vous!


RAYYAN

Comment ça, moi?


RÉVÉREND MCGEE

Vous ne déconnectez pas.

Vous êtes une machine

à symptômes.

Et vous rendez Amaar malade.


RAYYAN

Amaar est un adulte, voyons.

Si je lui sors un terme médical,

ça ne le fera pas tomber malade.


AMAAR

(Revenant au bureau)

Hé, vous trouvez pas

que mes coudes ont l'air ridés?


RAYYAN

Je vais lui parler.


RÉVÉREND MCGEE

Merci.


YASIR et BABER discutent ensemble au comptoir de chez FATIMA..


YASIR

Avoue que tu l'as fait exprès.


BABER

Quoi?


YASIR

Eh bien, faire fermer

mon chantier du kiosque.

Résultat: la ville

va se retrouver sans kiosque.

C'est pas comme si on avait

un petit kiosque

ou un vieux kiosque.

On a pas de kiosque.

Zéro. Walou!


BABER

Mais qu'est-ce que

ça m'apporterait

de faire fermer ton chantier?


FATIMA

(S'adressant à YASIR, puis à BABER)

Maintenant, tu as une équipe

qui se tourne les pouces.

Et toi, un toit

qui a besoin d'être réparé.

Pousse-le à le faire pour moins

cher que sa première estimation.


YASIR

Merci infiniment, Fatima, mais

c'est une conversation privée.


FATIMA

Hum. J'attends

mon pourboire, Baber.


YASIR

(S'adressant à BABER)

Non, parce que--


FATIMA

Attends, attends, attends.

Tu vois pas? Elle a raison.

Tu peux réparer mon toit

et me faire une ristourne.


YASIR

Frère Baber,

tu vas quand même pas

profiter de mes malheurs, non?


BABER

Les affaires sont les affaires.

Tu me le fais à moitié prix.

C'est gagnant-gagnant.


YASIR

En quoi c'est gagnant-gagnant?


BABER

Gagnant-perdant,

gagnant-gagnant.

Dans les deux cas,

mon toit ne fuit plus.

Ah!


SARAH fait vérifier son billet de loterie à l'épicerie.


CAISSIÈRE

5000, pas mal.


SARAH

C'est pas assez pour

un requin, mais c'est déjà bien.


CAISSIÈRE

Hein?


SARAH

Non, rien.


CAISSIÈRE

Ah, merci d'avoir

appelé avant.

On ne peut remettre ces sommes

sans avoir été prévenus.


SARAH

Ah, pourquoi c'est

comme ça, d'ailleurs?


CAISSIÈRE

Pour qu'on puisse louer

un canon à confettis!


SARAH

Quoi, un canon à conf... Ah!


Les confettis explosent et un homme apparaît avec un chèque géant. Un photographe le suit.


REPRÉSENTANT DE LA LOTERIE

Félicitations, Sarah Hamoudi!

Vous avez gagné!


Le représentant remet le chèque géant à SARAH et une photo est faite.


SARAH

Ah, ça sera dans le journal?


CAISSIÈRE

(Prenant la pose)

J'espère bien.


SARAH

Ah...


SARAH et YASIR regardent la fameuse photo dans le journal du lendemain.


SARAH

Faut cacher ça

avant que Rayyan se lève.

C'est une photo assez flatteuse,

tu trouves pas?


YASIR

Fiou! T'es la plus belle

femme de toute la page.


SARAH

Les autres photos,

c'est des annonces de décès.


YASIR

Et tu les ridiculises toutes,

ma chérie.


RAYYAN

(Entrant dans la cuisine)

Hum, ça sent bon le café.


YASIR

T'es debout tôt.


RAYYAN

En fait, il est tard.


SARAH

Oh, alors bonne journée.


RAYYAN

Je prends des vacances.


SARAH

Alors, je te fais

un café à emporter?


RAYYAN

Pourquoi tu essaies

de me mettre à la porte?


SARAH

C'est toi qui as dit

que t'étais en retard.


RAYYAN

J'ai dit qu'il était tard.


SARAH

(Donnant son café à RAYYAN)

Bon, alors dépêche-toi.


RAYYAN

Merci. Je peux savoir pourquoi

tu caches le journal?


SARAH

Maintenant, elle a le temps

de lire le journal.

(Se tournant vers YASIR)

Elle est en retard, mais elle a

le temps. Quelle drôle de fille.

C'est une drôle de fille, Yasir.


YASIR

C'est une fille très étrange.


RAYYAN

Pourquoi tu jettes

le journal aux ordures?


SARAH

Oups, je le ressors.


YASIR

Elle le ressort. Ah.


SARAH

(Sortant avec le journal)

Bon, il faut que j'y aille.


YASIR

Voilà, partie.


RAYYAN

(S'adressant à YASIR)

Donc, elle ne veut pas

que je lise le journal.

Tu peux m'expliquer?


YASIR

Parce qu'elle a gagné 5000$

à la loterie. Elle ne veut pas

que tu saches, elle sait

que ce n'est pas islamique

et que tu vas lui

mettre de la pression.


RAYYAN

Exact. Et je te remercie.


YASIR

Ravi de pouvoir t'aider.


BABER entre dans le bureau du professeur KRACKLE.


PR KRACKLE

Qu'est-ce que vous faites ici?


BABER

Je viens pour creuser.

Je sais comment ça marche

et vous avez besoin d'aide.

J'ai décalé mon cours sur les

anomalies de la consommation.


PR KRACKLE

Vous ne pouvez pas faire ça

à vos étudiants.


BABER

Ils peuvent attendre.

Vous et moi,

nous sommes aux portes

de l'histoire.


PR KRACKLE

Vous, vous allez rester

sur le palier de l'histoire.

Il n'y a rien de pire

que d'avoir un archéologue

amateur dans les jambes.


BABER

Je sais exactement

ce que vous voulez dire.

Est-ce que je dois mettre

mon casque de spéléo?


RAYYAN rejoint sa mère chez FATIMA. Elle dépose le journal sur le comptoir.


RAYYAN

Je croyais que tu avais promis

de ne plus acheter

de billets de loterie.


SARAH

Oh, chérie, tout ça n'est

qu'un terrible malentendu.

En fait, je ne savais pas qu'ils

allaient me prendre en photo.

Sans ça, tu ne l'aurais

jamais su.


RAYYAN

Je crois que

tu ne comprends pas.


SARAH

Et si je prie deux fois plus?


RAYYAN

Tu ne comprends toujours pas.


SARAH

J'irai au sermon

tous les vendredis.


RAYYAN

C'est déjà le cas.

L'idée, c'est que

notre foi a des règles.


SARAH

Mais j'ai jamais été

très bonne avec les règles.

À l'école, j'oubliais toujours

mon carnet de correspondance

aux toilettes.


RAYYAN

Pourquoi es-tu musulmane?


SARAH

Euh... parce que...

Tu sais, Allah est le seul dieu

et tout le reste.

Et ton père est musulman.

Enfin c'est qu'un

billet de loterie.

C'est pas comme si j'avais joué

à la roulette russe à Las Vegas.


RAYYAN

La roulette russe

est un jeu qui consiste

à ne pas se tirer

une balle dans la tête.


SARAH

Tu vois, je ne ferais

jamais ça.


RAYYAN

Je crois que tu as un travail

de recherche spirituelle à faire.


SARAH

Bien. Je peux dépenser

les 5000$ d'abord?


Le RÉVÉREND MCGEE arrive, il semble inquiet.


RÉVÉREND MCGEE

Rayyan?


RAYYAN

Oui.


RÉVÉREND MCGEE

Vous avez parlé à Amaar?


RAYYAN

Non, pourquoi?


Le RÉVÉREND jette un regard d'urgence à RAYYAN.


RAYYAN visite AMAAR à son bureau.


RAYYAN

Je voulais

vous en parler plus tôt

et ça risque

de paraître ridicule,

mais il est possible que le fait

que je vous parle

souvent médecine

vous ait rendu

un peu plus hypocondriaque.


AMAAR a une poche de glace sur la tête et un thermomètre dans la bouche.


AMAAR

Quoi, comment ça?


RAYYAN

Où avez-vous trouvé

cette poche de glace horrible?

Vous l'avez empruntée

à Andy Capp?


AMAAR

C'est qui ça?

Il est malade aussi?


RAYYAN

Vous allez bien.

Vous n'avez rien du tout.


AMAAR

J'ai mal aux deux genoux

maintenant.

Et en plus, mon sang me gratte.


RAYYAN

D'accord. Vous savez quoi?

Vous êtes malade.

Mais pas de panique,

on va tuer le mal dans l'oeuf.


AMAAR

Comment?


RAYYAN cherche dans l'armoire des médicaments de la clinique.


RAYYAN

(S'adressant à une infirmière)

Où sont les placebos?


INFIRMIÈRE

Pourquoi?

Vous avez quelque chose?


RAYYAN

Si j'avais quelque chose,

pourquoi je me soignerais

avec des placebos?


INFIRMIÈRE

Non, non. Ça marche

vraiment des fois.

Vous savez, le pouvoir

de suggestion.


RAYYAN

Je repars en vacances. Merci.


Dans le parc, les fouilles archéologiques se poursuivent.


PR KRACKLE

(S'adressant à son équipe)

Donc, on est d'accord.

On va prolonger

les tranchées de fouilles

vers le sud-ouest d'abord,

et ensuite vers le nord-ouest.


BABER

Je suis en désaccord.

On devrait creuser

à l'endroit où on a trouvé

la pointe de flèche.


PR KRACKLE

Pardon?

J'aurais dû dire:

«Nous, archéologues,

sommes d'accord

avec un non-archéologue

dissident.»


BABER

Sans moi, vous n'auriez jamais

trouvé cet endroit.


PR KRACKLE

Eh bien, je crois

qu'on est partis du bon pied.


BABER s'éloigne, soudain un fracas attire l'attention du PR KRACKLE.


BABER

(Parlant au loin)

Euh... c'était important?


La mosquée de Mercy grouille de monde. AMAAR accueille les gens qui arrivent. RAYYAN s'adresse à lui.


RAYYAN

Vous vous sentez mieux?


AMAAR

Comme vous avez dit,

tuer le mal dans l'oeuf.

(Toussant)

Le pollen.

(Saluant les gens en arabe)

Assalamu alaykum.


FATIMA s'approche.


FATIMA

Vous pensez que

c'est vraiment bien,

serrer la main

avec votre maladie?


AMAAR

Je me sens bien.

Ça se voit pas?


FATIMA

Absolument.


AMAAR

(Saluant un homme en arabe)

Assalamu alaykum.


FATIMA

(S'adressant à l'homme)

Je me laverais les mains

si j'étais vous.


AMAAR

Euh... Non, c'est...


Au parc, les fouilles progressent. BABER arrive avec une boite d'artéfacts.


BABER

Pr Krackle.

J'ai trouvé un tas

de vieilles capsules.


PR KRACKLE

Pourquoi

vous me montrez tout ça?


BABER

New Cola.

Vous vous souvenez, New Cola.


PR KRACKLE

Baber, l'archéologie

est un processus lent

et méticuleux.

Il faut que vous avanciez

doucement, patiemment,

en étant bien concentré.


BABER

Oui, chef. Hum-hum.


PR KRACKLE

(Se penchant vers son équipe)

Écoutez, bouchées doubles.

Je ne peux plus le supporter.


SARAH s'épanche auprès de la mairesse, sa patronne.


SARAH

Rayyan est totalement

déraisonnable.


ANN

Elle est musulmane.


SARAH

Je suis musulmane.

Mais elle, c'en est une vraie.


ANN

Vous savez, quand quelqu'un

est plus pieux que vous

il y a qu'une seule

chose à faire.


SARAH

S'élever à son niveau?


ANN

Bien sûr que non.

Le traîner vers le vôtre.


SARAH

Vous devriez brandir

une fourche

et vous habiller en rouge.

Comment je fais

pour la traîner à mon niveau?


ANN

Préparez une virée en ville.

Elle ne travaille pas.

Sortez-la et faites-lui

dépenser vos gains honteux.


SARAH

En faire une complice?

Souiller son âme pure?


ANN

C'est la seule chose décente

à faire.


SARAH

Ah, mais je suis sa mère.

Vous êtes sûre que c'est

vraiment dans son intérêt?


ANN

C'est ça l'amour, Sarah.


SARAH

Ah.


ANN

L'amour vache.


SARAH

Hum?


SARAH frappe à la porte du bureau d'AMAAR.


SARAH

Euh... Ah oui,

(Propos en arabe)

Assalamu alaykum.


AMAAR

(Propos en arabe)

Wa alaykum assalam.

Vous venez de me «salamer»?

Vous me «salamez» jamais.


SARAH

En fait, j'ai besoin d'un avis,

et même d'un avis spirituel.


AMAAR

Vraiment?


SARAH

Hum.


AMAAR

Ah, oui, bien sûr.


AMAAR tousse de plus en plus.


SARAH

Ça va? Vous avez l'air malade.


AMAAR

Rayyan m'a donné

des super pilules.

J'ai tué le mal dans l'oeuf.


SARAH

(S'éloignant)

Bon, je... je vais

m'asseoir par là.

Vous, restez ici.


YASIR et ses hommes chargent leur matériel dans la camionnette devant la maison de BABER.


BABER

Je ne comprends pas pourquoi

tu ne répares pas mon toit.


YASIR

Désolé, mon frère.

On vient d'apprendre que

les fouilles ont été arrêtées.

Alors, place au kiosque.


BABER

Déjà? Mais ils creusaient

si lentement.


YASIR

Quelque chose les a poussés

à creuser plus vite.


BABER

Mais, Yasir,

on avait un accord.


YASIR

Ah, les affaires

sont les affaires.

Encore une chose. Après avoir

mieux examiné ton toit,

il y a beaucoup plus

de travail que prévu.

Je repasse mardi avec un devis

révisé à la hausse.


BABER

(Pour lui même)

Krackle...


RAYYAN et sa mère discutent dans la cuisine.


RAYYAN

Un dîner et puis un ciné en ville,

comme c'est gentil

de ta part, maman.


SARAH

Tu le mérites. C'est d'accord?


RAYYAN

Tu veux juste ma permission

pour dépenser l'argent

sans culpabiliser.


SARAH

C'est faux. J'ai déjà

dépensé tout l'argent.


RAYYAN

Tu acheté un t-shirt avec

écrit «la pire musulmane»?


SARAH

Quel genre de t-shirt

pourrait coûter 5000$?

À vrai dire, j'ai dépensé

mon argent pour une chose

qui commence par

«I» et se termine par «A»,

avec «slamapalooz»

entre les deux.


RAYYAN

Islamapalooza?

Tu as donné cet argent

à la mosquée?


SARAH

Anonymement.

J'ai cru que c'était

la bonne chose à faire.


RAYYAN

Maman, c'est géant.

Je suis si fière de toi.

Avec 5000$, on pourra acheter

des tonnes de maquillage

et de déguisements.


SARAH

Oui, c'est pour ça que tu vas

payer le dîner et les popcorn.


RAYYAN et AMAAR sont ensemble devant un kiosque de l'Islamapalooza.


RAYYAN

Attention, restez calme.

Nerfs d'acier.


AMAAR

Vous m'empêchez

de me concentrer.

C'est très délicat.


RAYYAN

Je suis désolée.

Je sais que c'est important.


AMAAR lance un cerceau sur des bouteilles.


RAYYAN

Mais de toute manière,

qu'est-ce que ce jeu a

à voir avec l'islam?


AMAAR

Eh bien, le...

l'anneau représente

notre lutte pour... suivre...

les préceptes de l'islam

et les bouteilles

représentent... euh...

le verre.

Rien. Mais c'est drôle.


RAYYAN

Oh!


AMAAR

(Ratant sa cible)

Bien, c'est sensé l'être.


RAYYAN

Je dois bien l'admettre, Amaar,

vous vous êtes

superbement débrouillé.

On a un château gonflable,

une course d'obstacles.

C'est le meilleur

Islamapalooza de ma vie.

Dommage qu'il y ait personne.


AMAAR

Ah, je comprends pas.

J'ai fait du porte-à-porte,

distribué des prospectus,

serré des mains,

mangé avec tout le monde.


RAYYAN

Vous avez mangé face aux gens?


AMAAR

Oui.


RAYYAN

En touchant leurs affaires?

En diffusant la bonne parole et...


AMAAR tousse.


RAYYAN

... et des germes.


AMAAR

Des germes? Non, mais

qu'est-ce que vous racontez?

Vous m'avez donné ces pilules.


RAYYAN

Les vacances sont terminées.

Je file à la clinique.


AMAAR

Qu'est-ce qu'il y a?


RAYYAN

Je pencherais pour

une épidémie de grippe

dans les familles musulmanes

avec de jeunes enfants.


AMAAR

Wow, on dirait Dr House.


Un homme arrive en tenant une chèvre.


HOMME

Où est-ce que j'installe

le petit zoo?


AMAAR

Ah?


AMAAR s'étouffe.


RAYYAN

(Parlant à la chèvre)

Salut toi.


Générique de fermeture.

Épisodes de La Petite Mosquée dans la prairie