Les Autochtones, tu connais?

LES AUTOCHTONES, TU CONNAIS ? est une série ludo-éducative qui s'adresse aux 8-11 ans. Elle vise à permettre aux jeunes Canadiens de mieux connaître les cultures et les perspectives des Premières Nations, des Métis et des Inuit. La série est constituée de huit épisodes de 22 minutes qui font découvrir la diversité et la richesse des Autochtones du Canada. Chaque épisode porte sur une thématique principale qui est déclinée en six sous-thèmes.

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Vidéo transcription

L'alimentation

Cet épisode porte sur l’alimentation traditionnelle et la cuisine moderne autochtones. On découvre ce que représentent les 3 soeurs pour les Wendat. On apprend une légende des Six Nations en lien avec les pommes de pin. On constate que le riz sauvage est bien différent du riz blanc et l’on comprend pourquoi la bannique est populaire chez les Autochtones. Enfin, on découvre l’importance des festins dans les communautés.



Réalisateur: Jean-François Proteau
Année de production: 2019

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Des extraits de l'émission sont présentés.


MÉLANIE (Narratrice)

Aujourd'hui,

à l'émission, on fait pousser

des plantes qu'on appelle

«les trois soeurs»,

on met la main à la pâte

pour préparer de la bannique

et on apprend même à faire fumer

de la viande.


On présente LÉA, une Innue/Anishnabe de 10 ans, EMMA RANKIN, une Innue/Anishnabe de 14 ans, JASMYNE, une Atikamekw/Abénakise de 15 ans et EMMA DESNOYERS, une Wendat de 10 ans.


MÉLANIE (Narratrice)

Et voici celles qui vont

vous aider à découvrir

l'alimentation autochtone.

Bon appétit!


Générique d'ouverture


Titre :
Les autochtones, tu connais?


MÉLANIE et BRAD sont assis avec les enfants à une table à pique-nique du parc Michel-Chartrand, à Longueuil. Ils saluent le public de l'émission en langue autochtone.


MÉLANIE

«Ullakkut»!


BRAD

«Kwe», tout le monde!


MÉLANIE

Si on est devant cette belle

table-là, c'est qu'aujourd'hui,

on parle de nourriture,

de festin,

et même d'une sorte de pain

appelé «bannique».


BRAD

Hum!


BRAD et les enfants prennent des petits fruits dans des bols sur la table et en mangent.


MÉLANIE

Gang, on a dit qu'on en parle,

pas qu'on en mange!


BRAD

Oui, mais tu sais, Mélanie,

nous, on est un peu

comme des Carey Price;

sauf que lui, il gobe

des rondelles, puis nous,

on gobe tout ce qui est bon!


MÉLANIE

Bon, pendant que les Carey

Price remplissent leur creux,

on commence par une capsule sur

l'alimentation traditionnelle.


Une animation débute. Des poissons, des tranches de gibier, des framboises, des têtes de violon, du maïs et des haricots apparaissent sur une planche à découper en bois.


BRAD (Narrateur)

Chez les autochtones,

quand on parle d'alimentation

traditionnelle,

on fait référence à ce qui

provient de la chasse, la pêche,

la cueillette et la culture

des plantes.

Comme les animaux et les plantes

varient d'un territoire

à l'autre,

les différentes nations

ne mangent pas nécessairement

les mêmes choses.


Sur une autre planche à découper, un panier de petits bleuets, un topinambour, de la viande d'oiseau, des haricots rouges, des haricots verts, une courge musquée et une casserole d'un plat à base de ces ingrédients apparaissent.


BRAD (Narrateur)

Chez les peuples nomades,

l'alimentation était adaptée

aux saisons et aux comportements

des animaux.


La casserole et les bleuets disparaissent et un gros morceau de viande d'ours apparaît.


BRAD (Narrateur)

Par exemple, on profitait

de la période de migration

de certaines espèces,

ou encore de la présence

des petits fruits en été.

Pour les peuples agricoles

comme les Mohawks,

on accordait une grande place

à ce qu'on appelait

«les trois soeurs»:

soit le maïs,

la courge et le haricot.


Un épi de maïs, une courge musquée et un haricot vert avec des visages et des petits bras dessinés saluent le public de l'émission en disant «On se ressemble, non?».


MÉLANIE (Narratrice)

Tu veux en savoir plus

sur les trois soeurs?

Monte avec nous.

On s'en va

dans la communauté de Brad,

où on va apprendre à les

planter, grâce à Marcel Godbout.


Sur une carte du Canada, Wendake est marqué d'un point. Puis, MARCEL GODBOUT, un Wendat, est présenté. L'animation se termine.


Un reportage début. Dans une aire de jeu, MARCEL montre à deux GARÇONS et une fille, CATHERINE, comment jardiner dans un coin aménagé en potager.


MARCEL GODBOUT

Donc, on commençait

au centre.

Qu'est-ce qu'on mettait

au centre?

C'est plusieurs petites graines

de maïs.

Et après ça, autour, on plantait

des graines de haricots.

Là, lui, le haricot,

ce qu'il faisait,

c'est qu'il allait

autour du maïs,

puis ça lui servait

comme de tuteur

pour pouvoir grandir et monter.

Et autour,

c'est la troisième des soeurs...


GARÇON 1

C'est

les courges?


MARCEL GODBOUT

Ça fait des grosses,

grosses feuilles, des courges.

Leur rôle, c'était de garder

l'ombrage, l'humidité...


Une animation débute. Une photo d'épis de maïs, de courges et de citrouilles déposés sur une table est présentée.


BRAD (Narrateur)

L'alimentation

traditionnelle

n'est pas seulement importante

parce qu'elle permet

de se nourrir,

mais aussi parce qu'elle

implique des activités sociales.


Des mains marquées de dessins représentant les aliments issus de la chasse, de la pêche et de la cueillette forment un cercle.


BRAD (Narrateur)

Comme la chasse, la pêche et

la cueillette se font en groupe

et qu'on partage ensuite

ce qu'on a obtenu,

les aliments traditionnels

aident à créer des liens solides

entre les membres

de la communauté.


Dans une maison longue, des Autochtones sont rassemblés autour d'une table avec du pain, de la viande grillée, des épis de maïs et des bleuets. Un personnage mythique ressemblant à un raton laveur avec des bois de cerfs, des oreilles de lapin et une carapace de tortue, TRICKSTER, les rejoint en leur disant: «Attendez-moi, j'ai faim!».


BRAD (Narrateur)

Souvent mangés lors de festins,

on peut dire que ces aliments

sont bons autant pour l'estomac

que pour le bien-être

de tout le monde.


L'animation se termine. Des images d'une maison longue sont présentées.


MARCEL GODBOUT

(S'adressant aux enfants)

Il y avait plusieurs maisons

longues, dans nos villages.

Et autour de ça, il y avait

comme une clôture.

Mais en dehors de la palissade,

il y avait de grands,

grands champs de maïs,

courges et haricots.

Et ça pouvait aller de 1 kilomètre,

des fois jusqu'à 2 kilomètres

autour du village.

Et dans ces champs-là,

bien, c'est les femmes, qui faisaient

pousser ça, les trois soeurs.


Une animation débute. TRICKSTER prend un épi de maïs et s'apprête à le manger. À côté de lui, le dessin d'un Européen disant «Allô!» est présenté.


BRAD (Narrateur)

L'alimentation

des autochtones s'est modifiée

au contact des premiers

Européens venus en Amérique,

par exemple, en intégrant

de nouveaux aliments

comme la farine,

le sucre et le thé.


Sur une table près de TRICKSTER, un bol de feuilles de thé, un sac de farine et un sac de sucre apparaissent.


BRAD (Narrateur)

Euh, t'es sûr que c'est du sel?

L'inverse est aussi vrai, parce

que les Anglais et les Français

ont adopté le maïs, les

canneberges, le sirop d'érable

et bien d'autres aliments.


Dans un panier avec des épinglettes représentant la France et le Royaume-Uni, des épis de maïs et des canneberges apparaissent. Une bouteille de sirop d'érable apparaît près du panier. TRICKSTER s'approche en disant «Qui a dit sirop d'érable?». L'animation se termine.


Dans le potager, le second GARÇON point un trou dans la terre.


GARÇON 2

Le maïs, c'est ça?


MARCEL GODBOUT

Ouais! Tu débutes

avec trois grains de maïs.

Oublie pas de refermer

et de mettre de la terre.


Le second GARÇON dépose les grains de maïs dans le trou du centre. CATHERINE s'approche et plante les haricots dans les petits trous autour du trou pour le maïs.


MÉLANIE (Narratrice)

Sais-tu comment

s'appelle le repas

que préparent les Wendats

avec le maïs, la courge

et le haricot? La sagamité!


MARCEL GODBOUT

La sagamité, c'est

comme une soupe qu'on mange.

Encore aujourd'hui,

c'est très important

dans notre

alimentation.

Dans la sagamité, on retrouve

les trois soeurs, et aussi,

on retrouve de la viande

de bois, de l'orignal, hein.

Super! Merveilleux, Catherine!


Une animation débute. Des images de semis sont présentées, suivies d'une carte du Canada où sont réparties des images de souches d'arbres, d'orignaux et de conserves utilisées.


BRAD (Narrateur)

Depuis plusieurs années,

la consommation d'aliments

traditionnels a beaucoup diminué

chez les autochtones.

Quelques-unes des causes sont

les changements climatiques,

la pollution des rivières,

et la difficulté

ou l'impossibilité d'accéder

aux territoires de chasse.

L'adoption d'un mode de vie

sédentaire

et la diminution de

l'alimentation traditionnelle

sont les grandes responsables

de l'apparition

de certaines maladies.


Un jeu «Opération» apparaît avec les mots «obésité», «diabète», «hypertension» et «maladies cardiovasculaires».


BRAD (Narrateur)

De nos jours,

les autochtones font l'épicerie

comme tout le monde.

S'il y en a qui ont délaissé

l'alimentation traditionnelle,

d'autres la maintiennent

en partie

à travers la chasse ou la pêche.


Près d'une rivière, TRICKSTER pêche un épi de maïs. L'animation et le reportage se terminent.


MÉLANIE

Pour vous aider à digérer,

je vais vous raconter

la légende de la tortue

et des pommes de pin.

Vous savez c'est quoi, hein,

des pommes de pin?


JASMYNE

C'est-tu une patate?


EMMA DESNOYERS

Ça se mange-tu?


BRAD

Est-ce que c'est l'espèce

de boule de pain sur les pizzas?


MÉLANIE

Bien non, Brad! C'est ça!


MÉLANIE prend des pommes de pin sur le banc à côté d'elle et les montre aux autres.


BRAD

Bien là, ça l'air pas mal

moins le fun à manger, ça.


BRAD essaie de croquer dans une pomme de pin. MÉLANIE grimace.


MÉLANIE, BRAD et les enfants se lèvent et vont s'asseoir en cercle sous un arbre.


MÉLANIE

OK. Voici la légende.

Les êtres humains sont pas

les seuls qui aiment manger.

D'ailleurs, les Six Nations

ont une histoire

à propos d'une tortue

qui se vantait de manger

les graines qui se cachaient

dans les pommes de pin.

Il y a de ça très longtemps,


Une animation débute. Une tortue sort sa tête de sa carapace.


MÉLANIE (Narratrice)

Tortue avait un tout petit cou.

Même s'il était petit,

elle l'étirait le plus possible

pour pouvoir entendre

le moindre bruit.

Tortue voulait tout savoir,

tout voir et tout faire

comme les autres.

Elle aimait faire croire qu'elle

était au-dessus de ses affaires

et qu'elle n'avait besoin

de personne, mais en fait,

elle était plutôt orgueilleuse

et entêtée.


La tortue obtient des lunettes fumées, puis celles-ci disparaissent, la rendant un peu gênée. La tortue dit «Moi, entêtée?». L'animation illustre l'histoire racontée par MÉLANIE.


MÉLANIE (Narratrice)

Un jour, elle entend un bruit

qui vient d'un grand pin blanc

et qui pousse

tout près de chez elle.

Elle se rend lentement pour voir

de quoi il s'agit.

Quand elle se rend compte

que ce sont des oiseaux

qui font du bruit en mangeant,

elle leur demande

ce qu'ils font dans son arbre.

Surpris que Tortue ne sache pas

ce qu'ils font,

les oiseaux répondent

qu'ils mangent les graines

de pomme de pin

parce que c'est ce qu'il y a

de meilleur au monde.

Même si Tortue savait pas,

elle répond:

«Oui, oui, je savais».

Et retourne dans son étang.

Plus tard dans la journée,

elle entend encore un bruit.

Ce sont des écureuils

qui se chamaillent.

(Personnifiant la tortue)

«Hé, les petits bavards!

Qu'est-ce que vous faites

dans mon arbre?»

(Avec sa voix normale)

Comme Tortue a la réputation

de tout savoir,

les écureuils sont surpris

qu'elle ne sache pas

qu'ils sont en train

de se régaler

des graines de pomme de pin.

(Personnifiant la tortue)

«Oui, oui, je sais. Je grimpe

souvent dans mon arbre,

«parce que ces graines sont ce

qu'il y a de meilleur au monde.

Mais j'ai pas faim,

en ce moment.»

(Avec sa voix normale)

Le lendemain matin,

un autre bruit réveille Tortue.

Elle se rend lentement au pin

blanc. C'est un bébé ourson noir

qui se régale des graines.

(Personnifiant la tortue)

«Hé! Pourquoi tu manges

toute ma nourriture?»

(Avec sa voix normale)

L'ourson répond

qu'il y en a beaucoup

et propose de lui en apporter.

Mais l'orgueil de Tortue est

trop grand, et elle lui répond:

(Personnifiant la tortue)

«Non, je suis

une bonne grimpeuse.

Je vais aller les chercher

moi-même.»

(Avec sa voix normale)

Tortue a beau grimper du mieux

qu'elle le peut,

elle n'y parvient pas.

L'ourson lui fait remarquer

que c'est pas

une très bonne grimpeuse.

Mais la tortue

continue d'affirmer

qu'elle est très agile, qu'elle

faisait seulement des exercices.

Tortue essaie encore et encore:

rien à faire.

Ourson dit pas un mot, mais il

pense qu'elle devrait ravaler

sa fierté et se rendre à l'évidence

qu'elle n'y arrivera pas.

Sauf que, à force de griffer

le tronc, un liquide épais

se met à couler.

C'est de la gomme de pin,

en plein ce qu'il fallait

à Tortue.


TRICKSTER apparaît près de la gomme de pin en disant «J'adore la gomme!».


MÉLANIE (Narratrice)

Elle trempe ses pattes dedans

et commence à grimper.

Elle voit alors

une grosse pomme de pin

au bout d'une petite branche

et étire son cou

le plus possible.

Mais elle perd l'équilibre

et tombe la tête la première

dans la vase. Ourson noir

vient à la rescousse

et essaie de sortir Tortue en

tirant très fort sur sa queue.

Il finit par y parvenir,

mais le cou de Tortue

est maintenant

trois fois plus long qu'avant.

Si aujourd'hui on voit souvent

Tortue cacher sa tête

dans sa carapace,

c'est parce qu'elle a honte

d'avoir fait une folle

d'elle-même.

Par contre, ça ne l'empêche pas

d'être toujours aussi curieuse

quand elle entend un bruit.


Dans l'arbre près de la tortue, TRICKSTER mange des graines de pommes de pin.


TRICKSTER

Hum!


L'animation se termine.


MÉLANIE

Et encore à ce jour,

personne n'a jamais vu

une tortue manger des graines

de pomme de pin.


MÉLANIE, BRAD et les enfants retournent s'asseoir à la table à pique-nique.


BRAD

Là, la prochaine capsule

va être sur le riz sauvage.

Puis pendant que le monde va la

regarder, nous, on va compter

combien y a de grains de riz

dans chaque pile! Ha! Ha!


EMMA RANKIN

Mais pourquoi?


MÉLANIE

Parce qu'il y a une surprise

pour celui ou celle qui devine

combien il y en a.


EMMA RANKIN

Ha!


Les enfants se mettent aussitôt à compter les grains de riz devant elles.


LÉA

60, 61...


Une animation débute. Dans un lac, des tiges de riz sauvage sortent de l'eau.


BRAD (Narrateur)

Le riz sauvage

est une plante

d'Amérique du Nord

qui est cultivée

depuis au moins 1000 ans par

certaines nations autochtones.


TRICKSTER arrive en nageant et en portant un tuba et un masque de plongée.


BRAD (Narrateur)

Plus précisément, les

Anishnabegs du centre du Canada

récoltaient cette plante bien

avant l'arrivée des Européens.


Sur une carte du Canada, le sud des provinces de la Saskatchewan, du Manitoba et de l'Ontario est mis en surbrillance.


BRAD (Narrateur)

On retrouve le riz sauvage

surtout en Ontario,

dans la région des Grands Lacs,

au Manitoba et en Saskatchewan.


L'animation se termine. Des images du musée Huron-Wendat sont présentées.


MÉLANIE (Narratrice)

Même si le riz sauvage

ne provenait pas originalement

de leur territoire,

il y a des nations

comme les Wendats de Wendake

qui l'ont par la suite intégré

à leur alimentation.


Un reportage débute. Dans la salle à manger de l'hôtel-musée Premières Nations, MAXIME ALBERT accueille deux garçons, BAPTISTE et RYAN, et CATHERINE autour d'une table.


MAXIME ALBERT

Alors, bienvenue à l'hôtel-musée Premières Nations.

Aujourd'hui, je vous ai préparé

une assiette qui est composée

de différents éléments.


L'assiette décrite par MAXIME est présentée, ainsi que ces ingrédients.


MAXIME ALBERT

On retrouve dans l'assiette, donc,

le riz sauvage, du riz blanc; on

a un petit bout de côte de bison

et puis un petit morceau

d'omble chevalier.

Aussi, ce qu'on aimerait savoir

de votre part, c'est avec quoi

vous le préférez.


Les enfants goûtent le plat.


RYAN

C'est bon!


MAXIME ALBERT

Ouais, c'est bon?


RYAN

Ouais!


MÉLANIE (Narratrice)

Je sais pas,

mais on dirait qu'il y en a qui

vont demander une deuxième portion.


BRAD (Narrateur)

Même si on l'appelle

«riz sauvage»,

ce n'est pas vraiment du riz.

C'est une céréale

comme le blé ou le maïs.

Avant l'arrivée de ces grains,

c'était d'ailleurs

la seule céréale qui poussait

naturellement ici.


Un sac de riz sauvage et le plat de MAXIME sont présentés. Puis, une animation débute.


BRAD (Narrateur)

Fait cocasse:

la plante aquatique

dont on tire le riz sauvage

est aussi connue en français

sous le nom de folle avoine

ou zizanie des marais.


Des tiges de riz sauvage avec des petits visages et des petits bras dessinés saluent.


BRAD (Narrateur)

On dirait que ceux

qui ont donné ces noms-là

la trouvaient amusante!


Dans le lac, TRICKSTER s'approche des tiges de riz sauvage avec un ruban à mesurer.


BRAD (Narrateur)

Le riz sauvage pousse dans des

eaux peu profondes et calmes.

Sa tige peut atteindre 3 mètres

de hauteur

et ses grains noirs ne dépassent

pas 3 centimètres de long.

Ils ont un goût qui rappelle

celui de la noisette

et sont un accompagnement idéal

pour le gibier.


L'animation se termine.


RYAN

Moi, j'aime mieux

le riz sauvage avec...


MAXIME ALBERT

Avec le bison? Ouais?


RYAN

Ouais.


CATHERINE

Moi, je trouve que les deux

sont bons, avec le riz sauvage.


MAXIME ALBERT

Les deux sont bons,

avec le riz sauvage?

Et Baptiste, est-ce que

tu préfères le riz sauvage

ou le riz blanc?


BAPTISTE

Le riz blanc.


MAXIME ALBERT

Tu préfères le riz blanc?

Par contre,

l'avantage du riz sauvage,

comparativement au riz blanc,

c'est qu'il est beaucoup plus

nutritif.

Il y a plus de protéines

et puis il y a aussi plus

de fibres que le riz blanc.

Donc, c'est un aliment qui va

nous rassasier beaucoup mieux.


BRAD (Narrateur)

La récolte du riz

sauvage se fait à l'automne,

souvent au mois de septembre.


Une photo d'archives montrant deux hommes en canot parmi des tiges de riz sauvage est présentée.


BRAD (Narrateur)

La méthode traditionnelle des

récoltes consiste à recueillir

les grains dans un canot ouvert.

Une personne s'occupe de faire

avancer l'embarcation au travers

des longues tiges de riz,

et une autre frappe les tiges

avec deux bâtons pour faire

tomber les grains dans le canot.

En utilisant cette méthode,

une équipe peut ramasser environ

45 kilos de riz par jour!


MAXIME ALBERT

Est-ce que c'est quelque chose

que vous aviez déjà goûté,

le riz sauvage?


CATHERINE

Oui, dans des salades

qu'on achète, là.


MAXIME ALBERT

Oui?


RYAN

C'est la première fois

que je goûte à ça.


MAXIME ALBERT

Et le bison,

comment vous trouvez ça?


RYAN

Trop bon.


MAXIME ALBERT

Trop bon? Ha! Ha!


En animation, un tas de riz sauvage est présenté, suivi d'une autre photo d'archives des deux hommes faisant la récolte de riz sauvage en canot.


BRAD (Narrateur)

De nos jours, bien que

certains Anishnabegs

utilisent toujours des canots

pour recueillir le riz sauvage,

la plus grande partie

de la récolte

se fait avec des hydroglisseurs.


Deux photos modernes d'hommes préparant un aéroglisseur sont présentées.


BRAD (Narrateur)

Une seule personne

est nécessaire pour la récolte,

qui atteint en moyenne 450 kilos

par jour.


Sur une balance, des tas de riz sauvage tombent et font afficher 450 kilos sur compteur.


BRAD (Narrateur)

C'est 10 fois plus

que la méthode traditionnelle!

Le riz sauvage a encore

une place importante

dans l'alimentation

des Anishnabegs,

mais aussi dans celle d'autres

nations, telles que les Dakota.


Sur une carte du Canada, les zones occupées par les Anishnabegs et les Dakota sont indiquées dans les Praires.


Dans le lac, TRICKSTER nage près des tiges de riz sauvage.


BRAD (Narrateur)

«Manoomin»

est un des mots

que les Anishnabegs utilisent

pour le riz sauvage.

Fait cocasse: il veut aussi dire

«bon aliment».


L'animation et le reportage se terminent.


BRAD

La gagnante est: Léa!

Son chiffre était de 342,

et la réponse était: 342! Bravo!


Tout le monde applaudit LÉA.


MÉLANIE

Et pour vous récompenser

de votre grand effort de calcul,

on vous offre deux morceaux

de bannique.

(Désignant LÉA)

Toi, t'en as un de plus.


LÉA serre le poing en signe de victoire.


BRAD

Là, va falloir dire

c'est laquelle vous préférez,

parce que moi, j'en ai fait une

et Mélanie a fait l'autre.


LÉA

Je crois que je vais prendre

celle à Mélanie.


MÉLANIE prend sa bannique et la rompt.


BRAD

Hum!


Une animation débute. Devant une cabane dans la forêt avec un panneau «La cabane à banniques», TRICKSTER vent des banniques sur un étal en portant un tablier.


MÉLANIE (Narratrice)

La bannique

est un pain de forme ovale

très simple à préparer.

C'est l'aliment le plus répandu

chez les autochtones.


TRICKSTER s'exclame: «Qui veut mes bonnes banniques?». Puis, les mots «farine, gras, eau, baies, beurre et sel» apparaissent.


MÉLANIE (Narratrice)

Si les ingrédients

sont semblables

d'une nation à l'autre,

chacune l'apprête et la prépare

différemment.


Une boule de pâte sur une planche en bois est présentée.


MÉLANIE (Narratrice)

Certaines la cuisent avec une

cuisinière ou un feu extérieur.


Puis, sur une cuisinière, une bannique est cuite dans une poêle. À l'extérieur, sur un feu près d'un tipi, une boule de bannique se fait cuire.


MÉLANIE (Narratrice)

D'autres roulent la pâte

dans le sable

puis la cuisent

dans la braise du feu.

Une fois la bannique prête,

ils la brossent

pour enlever le sable.


En animation, un personnage identique à BRAD fait cuire une guimauve sur le feu en l'accrochant au bout d'un bâton.


MÉLANIE (Narratrice)

Il y en a aussi qui enroulent

la pâte autour d'un bâton

et la font cuire sur un feu.

On parle de bannique, là,

pas de guimauve!


TRICKSTER arrive prend le bâton de BRAD. L'animation se termine et YOLANDE OKIA PICARD, une Wendat, est présentée.


BRAD (Narrateur)

Même si à Wendake,

on mangeait du pain de maïs

à l'origine,

on aime aussi la bannique.

Yolande Okia Picard a d'ailleurs

une recette pour nous.


Un reportage débute. YOLANDE est assise à une table à pique-nique avec CATHERINE, BAPTISTE et RYAN.


YOLANDE OKIA PICARD

Est-ce que ça vous tente?


ENFANTS

Oui!


Texte informatif :
Yända'tara', pain de maïs


YOLANDE OKIA PICARD

Pour préparer yända'tara',

on a besoin de farine,

on a besoin d'eau tiède,

un petit peu d'huile;

moi, j'utilise de l'huile

de tournesol

ou de l'huile de maïs,

parce que ça, c'est des matières

qu'on avait autrefois.


YOLANDE ajoute les ingrédients qu'elle nomme dans un bol en bois.


YOLANDE OKIA PICARD

Ça prend un petit peu

de ce qu'on appelle

de la poudre à pâte.

Et je mets aussi un peu de sel

et un peu de sucre.


Une animation débute. En Angleterre, une catapulte lance un Anglais tenant une bannique jusqu'au Canada.


MÉLANIE (Narratrice)

À l'origine,

la bannique était la nourriture

de base des premiers Européens

à venir au Canada.


L'Anglais atterrit et dit: «Ouf! Quel voyage!».


MÉLANIE (Narratrice)

Certains autochtones faisaient

déjà un type de galette

avec de la farine

de plantes sauvages,

mais ils ont par la suite

intégré des ingrédients

utilisés par les colons.


Sur une table, un sac de farine de quenouille est présenté, puis est remplacé par des sacs de sel, de farine et de sucre.


MÉLANIE (Narratrice)

C'est pourquoi on dit

que la version actuelle

de la bannique

est d'origine écossaise.


TRICKSTER apparaît en portant un kilt et tenant une cornemuse.


MÉLANIE (Narratrice)

D'ailleurs, le mot «bannique»

vient de vieux termes anglais

et écossais

qui voulaient dire «pain»

ou «bouchée de pain».

Le mot «bannique» est le terme

que tout le monde connaît,

mais ça n'empêche pas

certaines nations

d'utiliser d'autres noms.


Texte informatif :
«Palauga», «luskinikn», «Ba'wezhiganag»


L'animation se termine. À la table, les enfants façonnent des boules de pâte en compagnie de YOLANDE.


BRAD (Narrateur)

Comme Yolande

leur a dit,

les apprentis cuisiniers doivent

replier la pâte vers le centre.


YOLANDE OKIA PICARD

Ça s'appelle «pétrir la pâte».


En animation, les aliments suivants apparaissent sur une planche en bois: de la sagamité, du maïs, de la viande d'oiseau, de la viande d'orignal, du topinambour, des poissons, des haricots verts, une courge musquée, des têtes de violon, des haricots rouges et du riz sauvage.


MÉLANIE (Narratrice)

Au fur et

à mesure de la colonisation,

il est devenu de plus en plus

compliqué pour les autochtones

de s'alimenter. Chassés de leurs

territoires et souvent forcés

à vivre dans des réserves,

ils perdaient leurs sources

de nourriture traditionnelles.


Les aliments disparaissent. Puis, un bol de farine, un bol de graisse, des oeufs et un bol de sel sont présentés près de la planche de bois.


MÉLANIE (Narratrice)

Les rations d'aliments

que le gouvernement canadien

fournissait étaient si peu variées

que la bannique

est devenue une nécessité.

Elle a permis à plusieurs

nations d'éviter la famine.

C'est ce qui explique que,

même si la bannique

est un aliment très apprécié,

c'est aussi un rappel

désagréable de la colonisation.


L'animation de l'Anglais catapulté est présentée de nouveau avec la mention «Colonisation». Puis, les animations se terminent. YOLANDE continue son atelier avec les enfants.


YOLANDE OKIA PICARD

Cette boule-là,

on en fait un beau petit boudin.


BAPTISTE

De même?


RYAN

Je suis rendu tout blanc

à cause de la farine.


YOLANDE OKIA PICARD

Oui. Bien, moi aussi,

je suis rendue toute blanche

à cause de la farine.


CATHERINE

Moi, non.


YOLANDE OKIA PICARD

Après le petit boudin, on veut

avoir une belle langue de chat.

On appuie

et on descend

pour que notre bout de pâte

devienne mince.


BAPTISTE

(Montrant sa pâte)

De même?


YOLANDE OKIA PICARD

Parfait, ça!


BRAD (Narrateur)

Ensuite, c'est le

temps de bien enrouler la pâte

au bout du bâton

et de la faire cuire.


Un moment plus tard, YOLANDE et les enfants font cuire leur pâte sur un feu de braises.


MÉLANIE (Narratrice)

Les façons

de préparer la bannique

et de la combiner

avec d'autres aliments

a évolué au fil du temps.


En animation, la cheminée d'une maison projette des banniques.


MÉLANIE (Narratrice)

On continue d'en faire pour soi

à la maison,

mais elle est aussi consommée

dans d'autres contextes.

Par exemple, ce qu'on appelle

«les tacos indiens»

est même devenu une spécialité

dans les pow-wow.


En animation, dans la forêt, TRICKSTER et des Autochtones mangent des «tacos indiens» près d'une cabane à banniques.


MÉLANIE (Narratrice)

Que ce soit avec un chili

au boeuf ou végétarien,

du porc effiloché ou du poulet

de style jerky,

c'est un aliment qui fait

le plaisir des Autochtones

et des Non-Autochtones.


Les ingrédients mentionnés par MÉLANIE sont présentés rapidement.


MÉLANIE (Narratrice)

Tu pourrais même en faire

chez toi, avec un adulte.


L'animation se termine. Autour du feu, YOLANDE et les enfants mangent leur bannique.


BRAD (Narrateur)

Il existe beaucoup

de bonnes recettes

de bannique, mais si on se fie

au groupe, ça vaut la peine

d'essayer celle de Yolande.


Le reportage se termine. À la table à pique-nique du parc, MÉLANIE, BRAD et les enfants mangent de la bannique.


EMMA DESNOYERS

Hum! Je crois que je préfère

celle de Mélanie. Désolée, Brad.


EMMA RANKIN

Moi aussi! Mélanie!


JASMYNE

La bannique à Mélanie,

c'est la meilleure.


BRAD

Bon. Bien, en tout cas, moi,

je vote pour... Mélanie.


MÉLANIE

Avouez qu'un autre endroit

où ma bannique serait populaire,

c'est dans un festin.


BRAD

Hein! On devrait s'en faire un

nous-mêmes, on a tout

ce qu'il nous faut, ici!


BRAD désigne des glacières. Les autres s'exclament de surprise.


Une animation débute. TRICKSTER tient un bol de morceaux de banniques et une assiette d'épis de maïs cuits en disant «Ça sent presque aussi bon que moi!».


MÉLANIE (Narratrice)

Les festins

sont des repas communautaires

où tout le monde se partage

de la nourriture.

Comme ils reflètent des valeurs

de partage et d'union,

les autochtones leur accordent

une grande importance.


Dans une maison, des Autochtones sont rassemblés autour d'une table avec des petits fruits, de la bannique, de la viande grillée et des épis de maïs.


MÉLANIE (Narratrice)

Les festins accompagnent

des rassemblements ou des fêtes,

mais aussi des cérémonies

ou des rituels.


L'animation se termine. MÉLANIE, BRAD et les enfants commencent leur festin sur la table à pique-nique.


MÉLANIE (Narratrice)

Ils peuvent entre autres

être organisés

pour marquer des passages

importants de la vie,

ou encore pour regrouper

les communautés

à des moments précis de l'année.

Par exemple,

au changement des saisons,

ou après certaines périodes

de chasse.


BRAD (Narrateur)

On s'en va

dans mon coin,

à Wendake,

où Suheres et sa famille

vont nous parler des festins et

de la nourriture qu'on y mange.


SUHERES, un Wendat de 10 ans, est présenté. Il se trouve autour d'une table de nourriture à l'extérieur avec sa famille qu'il nous présente.


SUHERES

Yohan: mon frère.

Uashtushkueu: ma grande soeur.


Texte informatif :
Danielle


SUHERES

Mamie: ma grand-mère.

Wa'ta: mon gros frère.

Et mon père: Benoît.


BENOÎT

Dans la cérémonie, qu'est-ce

qui est important aussi,

c'est le partage du repas.

Ça, c'est quoi que t'es en train

de me faire, mon Wa'ta?


WA'TA

De la sagamité.


BENOÎT

Les repas qu'on mange,

traditionnels,

c'est quoi que vous préférez

le plus?


UASHTUSHKUEU

Bien, la bannique,

j'aime quand même ça.


BENOÎT

OK.


WA'TA

Sinon, ce serait de l'orignal.


BENOÎT

De l'orignal?


Une animation débute. Sur une berge, des Autochtones mangent ensemble.


MÉLANIE (Narratrice)

Le festin

est une activité commune à

beaucoup de peuples autochtones.

C'est une occasion de partager

ce qui a été chassé,

mais aussi de se rassembler

et de célébrer.


La nuit tombée, dans un campement, TRICKSTER dansent autour d'un feu en compagnie d'autres Autochtones. Une table de nourriture est tout près.


MÉLANIE (Narratrice)

Chez les Innus, le festin

porte le nom de «makusham»;

il désigne à la fois le repas

qu'on partage

et la danse qui accompagne

ce rassemblement.

Bref, chez les Innus, faut être

prêt à manger et à danser,

quand on participe

à un «makusham».


La nuit tombée sur la berge, des Autochtones sont rassemblés près d'un feu avec de la nourriture. Des fantômes d'Autotchtones apparaissent parmi eux.


MÉLANIE (Narratrice)

Un autre type de festin

est celui pour les personnes

décédées.

Lors de l'anniversaire de décès

d'une personne,

ses mets préférés sont préparés,

servis aux invités

et offerts au feu,

en son honneur.

Les personnes décédées, qu'on

appelle aussi les ancêtres,

font donc partie des festins

même si on ne les voit pas.


L'animation se termine.


BENOÎT

À chaque fois qu'on fait

un festin,

à la maison longue,

niveau traditionnel,

on a toujours un chant pour

signifier que le repas est prêt.


BENOÎT se sert un bol de sagamité.


DANIELLE

Je vais vous faire

le chant du festin.


DANIELLE se met à chanter en langue autochtone en frappant en rythme sur un tambour.


En animation, des plats de nourriture sont présentés.


MÉLANIE (Narratrice)

Les festins

favorisent le sentiment d'unité

parce qu'il regroupe

plusieurs familles.

Aussi, la mise en commun

de la nourriture

enseigne la notion de partage.

Fait intéressant: le respect

envers les personnes âgées

fait qu'elles sont toujours

les premières à se servir

ou à être servies.


À l'extérieur, des Autochtones âgés se servent de la nourriture à une table d'un festin. L'animation se termine. SUHERES se sert de la sagamité.


BRAD (Narrateur)

C'est maintenant

au tour de Suheres de se servir.

Et si je vois bien, il a choisi

la sagamité. Hum, la sagamité!

C'est bon jusqu'à

la dernière goutte.


En animation, des Autochtones partagent un repas.


MÉLANIE (Narratrice)

Ce qui est servi

lors des festins

contient parfois des aliments

traditionnels

qui viennent de la chasse

ou de la pêche,

mais ce n'est pas

toujours le cas.

Ce qui compte,

dans la culture autochtone,

c'est le geste de partage

de la nourriture.

Comme chacun apporte

quelque chose qu'il a préparé,

on finit par connaître les

spécialités de tout le monde.

Pas besoin de liste: on sait

ce que les autres vont apporter.

Ah oui! Dernière chose:

comme rien ne se gaspille

lors des festins,

on a l'habitude de rapporter

des restes à la maison.


À la fin du festin, TRICKSTER arrive à la table et prend les derniers restes.


MÉLANIE (Narratrice)

Hé! Moi aussi, j'en voulais!


L'animation se termine. À la table à pique-nique, BRAD, MÉLANIE et les enfants mangent ensemble.


MÉLANIE

Toi, Jasmyne,

as-tu des souvenirs

d'aliments traditionnels

avec ta famille?


JASMYNE

Oui. Je me rappelle de la

bannique de ma grand-mère,

qui était super moelleuse.

Elle mettait du beurre dessus

quand elle était encore

toute chaude.


MÉLANIE

Hum!

Vous, les filles?


EMMA RANKIN

Moi, je me rappelle

de ses «waabooz».


Texte informatif :
«Waabooz»: lièvre d'Amérique


EMMA RANKIN

Elle mettait la viande

de «waabooz» dans un bol,

du riz, de l'eau,

elle le bouillait,

ça prenait quelques secondes,

mais c'est super délicieux.


EMMA DESNOYERS

Moi, ma grand-mère faisait

la soupe des trois soeurs.

C'est délicieux.


MÉLANIE

Hum!


Des menus de restaurant présentant des repas autochtones sont présentés.


BRAD (Narrateur)

La cuisine autochtone

d'aujourd'hui

est très diversifiée. Comme

toutes les cuisines du monde,

elle a évolué et s'est

modernisée au fil du temps.


En animation, TRICKSTER montre une table d'aliments tels que des petits fruits, de la bannique, des épis de maïs et de la viande grillée. Un panier d'épicerie apparaît sur la table avec des produits laitiers et des légumes. TRICKSTER s'exclame: «Tout ça pour moi! Wou hou!»


BRAD (Narrateur)

Les aliments traditionnels

sont encore importants,

mais on retrouve aussi ceux

qu'on achète dans les épiceries.

Ce qui distingue

la cuisine autochtone,

c'est autant la saveur

des aliments

que les méthodes de cuisson.


En animation, une roue, avec plusieurs sections désignant divers aliments, tourne et s'arrête sur le boeuf.


BRAD (Narrateur)

En plus des cuisinières

modernes, on utilise aussi

des méthodes traditionnelles.


En animation, TRICKSTER arrive près d'un feu de camp où grille un morceau de viande. Il dit: «Traditionnel ou pas, j'en ai l'eau à la bouche!».


BRAD (Narrateur)

Par exemple,

il arrive qu'on fasse griller

un aliment

directement sur un feu ouvert,

ou qu'on le fasse fumer.


Une photo de castor grillé sur le feu est présentée. Puis, l'animation se termine.


MÉLANIE (Narratrice)

Et pour en savoir

plus sur comment on fait fumer

la viande de manière

traditionnelle,

on met le cap sur Wendake.

Là-bas, René Gros-Louis

va enseigner

des techniques de fumage

à notre petit groupe.


RENÉ GROS-LOUIS, un Wendat, est présenté. Puis, dans la même cour que YOLANDE, il accueille BAPTISTE, CATHERINE et RYAN autour d'une table près d'un fumoir traditionnel et d'un feu de camp.


RENÉ GROS-LOUIS

Je vais explorer avec vous

autres différentes techniques

de fumage que j'ai apprises

de mes ancêtres,

de mon grand-père.

Alors, à tour de rôle,

vous allez prendre

votre bannique

puis vous allez vous diriger

jusqu'au fumoir là-bas.

Fait que je vais

commencer avec Ryan.


RYAN prend des boules de bannique et les dépose sur une grille dans le fumoir.


RENÉ GROS-LOUIS

Juste au bord de la grille,

pas trop loin, ouais. Parfait.


MÉLANIE (Narratrice)

Sous la supervision de René,

on place les morceaux

de bannique chacun son tour.


En animation, des fruits et légumes apparaissent sur un étal.


BRAD (Narrateur)

La cuisine autochtone

d'aujourd'hui dépend,

entre autres,

de l'accès à la nourriture.

Plus une communauté est isolée,

plus les aliments frais

sont dispendieux

et difficiles à obtenir.


Plusieurs des fruits et légumes disparaissent, laissant une pomme défraîchie seule disant: «Allô! Pourquoi personne veut de moi?»


BRAD (Narrateur)

Par exemple, au Nunavut,

les aliments coûtent trois fois

plus cher que dans les villes.


Sur une carte du Canada, une boîte de céréales au Nunavut coûte 15 dollars alors que la même boîte en Ontario coûte 5 dollars. Le personnage de MÉLANIE apparaît en s'exclamant: «Pardon? Trois fois?»


BRAD (Narrateur)

Souvent, cet accès limité

à des aliments frais et sains

contribue aux problèmes

d'obésité et de diabète.


L'animation se termine.


RENÉ GROS-LOUIS

J'ai préparé du chevreuil,

de l'ours,

de l'orignal... C'est de la

viande qui a déjà été fumée.

Oui. Vas-y,

si t'as des questions.


CATHERINE

Est-ce que je pourrais

goûter l'ours?


RENÉ GROS-LOUIS

Alors, vas-y.


MÉLANIE (Narratrice)

Pensez-vous que

Catherine va trouver ça bon?


CATHERINE s'avance et prend un morceau de viande d'ours fumée.


RENÉ GROS-LOUIS

Alors, c'est bien?


RYAN

C'est bon, le chevreuil.


RENÉ GROS-LOUIS

C'est bon, le chevreuil?

Oui, c'est bien.


En animation, TRICKSTER se trouve devant une maison avec une toque de chef cuisinier.


BRAD (Narrateur)

La cuisine

autochtone moderne

ne se prépare pas uniquement

dans les maisons,

mais aussi

dans les restaurants,

où des chefs cuisiniers

de plusieurs nations

créent des mets raffinés

et sophistiqués.


Soudainement, TRICKSTER se trouve près d'une table de restaurant chic et de quatre portraits encadrés de Gerry Brandon, Cezin Nottaway, Rich Francis et Lysanne O'bomsawin.


BRAD (Narrateur)

Ils font partie de la génération

montante qui veut préserver

et diffuser la culture

culinaire traditionnelle.

Pratiquer une cuisine

autochtone moderne

est pour eux une façon

d'affirmer leur identité

et de reprendre la transmission

des connaissances

qui se sont perdues

avec la colonisation.


L'animation se termine. RENÉ et les enfants reprennent les banniques dans le fumoir et se retrouvent autour de la table de nourriture fumée.


RENÉ GROS-LOUIS

On va utiliser

la technique

de fumage sur ficelle,

qu'on appelle.

On va attacher

notre pièce de viande

qu'on va suspendre

au-dessus du feu.


Les enfants attachent une pièce de viande au bout d'une ficelle.


RENÉ GROS-LOUIS

Excellent. Regarde-moi ça,

si c'est pratique!


RENÉ accroche les ficelles sur un support au-dessus d'un feu de camp.


RENÉ GROS-LOUIS

Alors, évidemment,

ces techniques de fumage

et de cuisson,

c'est vraiment plus long.

C'est des pièces qui sont

installées le matin

au-dessus du feu,

et toute la journée,

ça va tourner comme ça

avec la chaleur,

et continuellement, y a

quelqu'un qui alimente le feu

et qui permet aussi de mettre

un peu de bois humide

pour faire le plus

de fumée possible.

Alors, il va cuire à la chaleur

et à la fumée,

et la viande va se garder

des semaines.


Le reportage se termine.


BRAD (Narrateur)

De plus en plus,

la cuisine autochtone

est accessible

aux non-autochtones.


Sur une télévision portative, un extrait intitulé «Philippe Jetté, Bannique, la préparation» de «Joliette, au coeur des traditions» est présenté.


BRAD (Narrateur)

En plus d'événements culinaires

organisés pour faire connaître

cette cuisine, il existe aussi

des émissions de télévision

qui mettent en valeur

la gastronomie autochtone.


En animation, un Autochtone cueille des fruits et des plantes.


BRAD (Narrateur)

À certains endroits, on offre

même aux gens de venir cueillir

les plantes et de préparer

des mets autochtones.


Puis, un livre intitulé «À table» mettant en vedette TRICKSTER est présenté.


BRAD (Narrateur)

Si jamais l'envie te prend

d'essayer des recettes

autochtones,

il y a de bons livres

qui existent.

Avec un adulte,

tu pourrais préparer

un bon hot-dog au wapiti,

du délicieux bison effiloché

ou savourer un chili

au chevreuil. Pas pire, hein?


Dans une maison, TRICKSTER se caresse le ventre près de sa cuisinière où chauffe une marmite. L'animation se termine.


MÉLANIE

Bon! Là, il faut décider

qui va faire la vaisselle.


BRAD

Ouais.


MÉLANIE

Emma va piger.


EMMA DESNOYERS

Emma! Désolée.


EMMA RANKIN

Ah non! Y en a bien trop!


EMMA DESNOYERS

Mais on va t'aider!


MÉLANIE

(S'adressant au public de l'émission)

Nous, en attendant,

on se voit bientôt!


TOUS

(Saluant de la main)

Bye!


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