Les Métis : Notre culture, nos histoires

Qui sont les Métis? Une culture riche en traditions et en folklore enchanté. Rendez visite à des personnalités métisses de l'Ontario qui nous partagent leurs connaissances, sagesse et espoirs. Que ce soit par le smudge, les cabanes en rondins ou les ceintures fléchées, les Métis nous dévoilent comment la nature, la spiritualité et la communauté sont des piliers de leur identité. D'une part documentaire et d'une autre, des animations où les personnages nous amènent sur une aventure. Découvrez ...

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Vidéo transcription

Le canot d'écorce

Le Métis et Voyageur extraordinaire Christian Pilon nous partage les secrets de la fabrication d’un canot d’écorce, l’importance d’écouter la nature autant que les histoires de nos origines. Un long voyage de canot ardu démontre la débrouillardise et la persévérance des Métis d’autrefois.



Réalisateur: Émilie Martel
Année de production: 2019

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Titre :
Les Métis: notre culture, nos histoires


Intertitre :
Le canot d'écorce


CHRISTIAN PILON est à bord d'un canot et vogue à la rame sur une rivière paisible.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Le canot, il est vivant.

Il a son propre esprit.

On travaille ensemble.

Il m'a aidé à comprendre

qu'aujourd'hui, on continue

à voyager avec, mais

c'est pour transmettre tous

nos messages et notre culture.

Bonjour! Mon nom, c'est

Christian. J'ai grandi dans

le nord de l'Ontario, un petit

village, Azilda, dans la région

de Sudbury.


Une carte géographique de l'Ontario est présentée. Un point indique l'emplacement de la ville de Sudbury. Tout juste à côté de cette dernière, un cercle indique l'emplacement du village d'Azilda.


À un autre moment, CHRISTIAN s'adresse à deux jeunes garçons alors qu'ils sont assis à une table de pique-nique au bord d'une rivière.


CHRISTIAN PILON

C'est quoi ton nom

et d'où est-ce que tu viens?


ALEXANDRE

Je m'appelle Alexandre

et je viens de Barrhaven.


NICOLAS

Nicolas, et je viens

de Barrhaven.


CHRISTIAN PILON

Et vous êtes...


NICOLAS ET ALEXANDRE

(En choeur)

Des frères.


CHRISTIAN PILON

Des frères.

Vous êtes mes petits...


ALEXANDRE

Neveux.


CHRISTIAN PILON

Ha! Ha! Ha!


À un autre moment, CHRISTIAN examine son canot, qui est posé à l'envers sur deux supports, à côté d'un autre canot. Il pose une bise sur la coque. Puis, des images diverses de canots d'écorce défilent.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Je partage ma culture métisse

à travers la fabrication des

canots d'écorce. Le canot, c'est

un véhicule pour transporter.

C'est ça qui a permis aux gens

de voyager à travers le Canada,

et c'est un cadeau que

mes ancêtres anichinabés avaient

partagé avec mes ancêtres

français, longtemps passé.


À un certain moment, CHRISTIAN allume une torche portative et fait brûler de la gomme d'épinette dans une petite poêle, qu'il applique ensuite sur les coutures dans l'écorce des canots à l'aide d'un pinceau rudimentaire.


CHRISTIAN poursuit son entrevue, qui est entrecoupée d'images de la rivière et de CHRISTIAN qui se déplace en canot le long du cours d'eau.


CHRISTIAN PILON

On partageait la rivière, on

partageait l'air, la nourriture.

On partageait tout ça.

L'eau, c'est ton autoroute de

l'époque, et encore aujourd'hui.

La rivière, elle divise pas:

elle réunit. Quand avaient lieu

les rassemblements, de un,

on voyageait à travers

avec les rivières. C'était

un bon temps, quand on avait

ces rassemblements, pour faire

la fête, où est-ce que

les jeunes hommes, les jeunes

femmes se rencontraient et...


CHRISTIAN pousse un rire complice, amusé.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Est-ce que j'ai toujours su

que j'étais Métis?

Bien, c'était caché.


Dans une forêt, CHRISTIAN marche sur un petit tronc d'arbre couché, mais ce dernier craque sous ses pas. ALEXANDRE, qui se tient derrière lui, rit.


Au bord de la rivière, CHRISTIAN s'adresse à ses neveux.


CHRISTIAN PILON

Savais-tu que t'étais Métis?


ALEXANDRE

Non.


CHRISTIAN PILON

Non? T'aimerais-tu en savoir

plus, par exemple?


ALEXANDRE

Oui!


ALEXANDRE et NICOLAS acquiescent avec intérêt.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Oui. Quand j'allais à l'école,

j'étais tout jeune, je réalisais

que c'est pas tout le monde qui

parlait aux arbres. Mais dans

le fond de moi, j'ai toujours eu

une connexion.


Un dessin animé débute. Un petit village au bord de la rivière est ceinturé par une clôture de bois.


NARRATRICE

Par un matin de l'été 1830,

des voyageurs

se préparent pour une grande

expédition en canot qui va durer

plusieurs semaines. Leur canot

va partir du Fort William

pour se rendre jusqu'au lac

des Esclaves, au nord.


LUC LEVASSEUR, un jeune homme, transporte un colis emballé dans ses mains. Il se rend en bordure de la rivière où deux HOMMES chargent un canot de différents vivres. SIMON, près du canot, s'approche de LEVASSEUR.


SIMON

Ça va, Levasseur?

T'es pas blessé?


LUC

Non. Je sais pas

ce que j'ai, ce matin.


SIMON

Ah... De la nervosité. C'est

normal, pour ton premier voyage

dans le nord. On est tous passés

par là.

(S'adressant aux autres HOMMES)

Pas vrai, les gars?


HOMME

Ha! Ha! Ha! Bien oui!


À ce moment, la femme de SIMON, FÉLICITÉ, et sa fille, FRANÇOISE, arrivent. L'un transporte une marmite et l'autre, une pile de couvertures.


FÉLICITÉ

Tu peux ajouter ça

à nos bagages?


SIMON accourt vers sa femme et FRANÇOISE.


SIMON

Pas de problème!


FÉLICITÉ

On est presque prêts à partir?


SIMON

Oui! Demain, à l'aube.


FÉLICITÉ

Ça fait plus de trois ans que

je suis pas retournée au Fort

Chipewyan. J'ai hâte de revoir

mes parents, mes frères,

mes cousines et tous les autres!


FRANÇOISE

Moi, je veux aller avec vous.


SIMON

Bien voyons, Françoise...

C'est pas un voyage

pour une jeune femme!


FRANÇOISE

(Croisant ses bras)

Mais maman y va.


SIMON

Oui, mais... Elle vient parce

qu'elle est la meilleure

réparatrice de canots.


FÉLICITÉ

Je te rappelle, Simon, que

Françoise travaille à mes côtés

depuis plusieurs années.


FRANÇOISE

C'est vrai, papa.

Je suis bonne.


SIMON

J'ai déjà dit non!


SIMON se racle la gorge.


LEVASSEUR

(S'approchant)

On a presque fini

de charger les canots.


SIMON

Je vais aller voir.

(S'éloignant)

Luc, apporte ça au canot.


LUC ramasse la marmite et les couvertures en poussant un rire gêné devant FRANÇOISE et sa mère. FRANÇOISE rougit.


VOIX DE SIMON

Levasseur!

Arrête de traîner la patte!


LUC se tourne vers les canots avec les bras pleins, mais titube. Il échappe la marmite et les couvertures par terre par maladresse.


LUC

Argh...


SIMON se racle la gorge avec agacement en regardant LUC. FRANÇOISE aide LUC à ramasser le tout, puis ce dernier s'éloigne timidement en riant.


SIMON

Dépose ça à côté

de mes affaires.


LUC pose les objets au sol, à côté de SIMON, qui se tient devant le canot. Tout à coup, LUC aperçoit quelque chose au loin.


LUC

Un canot arrive!


FRANÇOISE et sa mère s'exclament.


FÉLICITÉ

Oh! Mais je pense que c'est

mon frère! S'il a fait le voyage

jusqu'ici, il doit y avoir

quelque chose de grave.


Au loin sur la rivière, deux HOMMES sont en canot.


Le dessin animé s'arrête.


CHRISTIAN est dans une forêt avec ses deux neveux. Il tient dans ses mains un petit contenant rempli d'une sorte de pommade. Il en applique sur ALEXANDRE et NICOLAS, qui se frottent les bras.


CHRISTIAN PILON

Ça icitte, c'est de la menthe

sauvage. Et c'est moi qui

l'ai faite. Là, les maringouins

vont te lâcher tranquille.

Veux-tu goûter? Ha! Ha! Ha!


Un peu plus tard, CHRISTIAN et ses deux neveux traversent un sentier boisé.


Puis, la conversation de CHRISTIAN et de ses neveux au bord de la rivière se poursuit.


CHRISTIAN PILON

Nicolas, toi, t'es déjà venu

avec moi bâtir un canot.

Quand on marche dans la forêt,

tu prends 20 pas, tu regardes

toujours en arrière. Comment

savoir où est-ce que tu vas

aller dans le futur quand

tu sais même pas qu'est-ce

qu'il y a en arrière de toi?

Découvre qui est-ce que t'es,

va voir tes racines.


Dans la forêt, CHRISTIAN pose sa main sur le tronc d'un arbre. Ses neveux l'imitent.


CHRISTIAN PILON

La première des choses,

on demande permission.

Si l'arbre veut, on va

le prendre. Si l'arbre veut pas,

je le touche pas, je le laisse

drette là. C'est important

d'écouter le sentiment.

Quand t'écoutes pas, ça va être

très difficile. L'écorce va

toute casser dans tes mains.

Parles-y avec ton coeur,

pas avec ta voix.

(Levant les yeux vers l'arbre)

Yo, bouleau!


CHRISTIAN rit. Ses neveux sont amusés.


Un moment plus tard, CHRISTIAN grimpe dans une échelle appuyée contre un bouleau. Il pratique une incision verticale dans l'écorce avec le bout légèrement crocheté d'un couteau.


CHRISTIAN PILON

Ça, ça va faire des petits

panneaux sur le côté du canot.


CHRISTIAN insère le couteau sous l'écorce et fait glisser le couteau en faisant des va-et-vient pour faire décoller l'écorce du tronc.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

C'est de leur permettre

à eux autres la chance

d'aller découvrir leur culture.

T'as la chance aussi de baigner

vraiment dans l'esprit

de tes ancêtres qui ont voyagé.


La conversation des neveux et de leur oncle se poursuit au bord de la rivière.


CHRISTIAN PILON

Comment tu te sens

quand t'es dans la forêt?


ALEXANDRE

Bien.


CHRISTIAN PILON

T'es en train de faire

exactement qu'est-ce

que nos ancêtres faisaient.

Ils ont passé là.


Dans la forêt, CHRISTIAN parvient à dérouler l'écorce du tronc de l'arbre avec l'aide d'ALEXANDRE et de NICOLAS qui l'aident à la détacher.


CHRISTIAN PILON

Ça va prendre entre 6 à 20 ans

pour qu'il repousse

une deuxième écorce.

Cool! Beau travail d'équipe.

C'est ça! Juste icitte,

c'est bon.


ALEXANDRE aide CHRISTIAN à transporter le long bout d'écorce, puis le pose au sol. Ensuite, ils l'enroulent.


CHRISTIAN PILON

C'est un beau

morceau, ça! On va aller

chercher du

watap, racine

d'épinette. Et c'est ça qui va

nous permettre de tout

attacher ça ensemble.


À un autre moment, CHRISTIAN et ses deux neveux creusent la terre.


NICOLAS

Il y a une racine, là.


CHRISTIAN PILON

Oui. Ça, c'est une belle petite

racine, et regarde, [langue_etrangere=EN]jackpot[/langue_etrangere]!

On y va!


CHRISTIAN tire sur une racine d'épinette pour la déterrer. Puis, des images de la rivière paisible défilent.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Quand on est sur l'eau, on est

toujours enraciné à la terre,

à cause des racines.


Dans la forêt, CHRISTIAN s'adresse à ALEXANDRE, alors que ce dernier pioche la terre.


CHRISTIAN PILON

Un petit peu plus fort que ça,

là! Pas plus vite, plus fort!


Puis, CHRISTIAN et ses neveux élaguent les racines avec un couteau.


CHRISTIAN PILON

Le canot, on va le percer

et on va mettre la racine

dedans. On va replacer

toute la terre. On va lui

donner une chance de guérir.


Après avoir sorti des racines de la terre, CHRISTIAN et ses neveux replacent la terre dans les trous qu'ils ont creusés. Tous les trois ont maintenant de longues racines fines servant de cordes comme matériel.


CHRISTIAN PILON

Pas pire, pour des gars qui ont

jamais fait ça! La dernière

étape qu'on a besoin,

c'est de la gomme d'épinette.


À un autre moment, CHRISTIAN et ses neveux se tiennent à côté d'une épinette.


CHRISTIAN PILON

Mets-la dans ta bouche.

Ça goûte-tu bon, par exemple?


ALEXANDRE

(Grimaçant)

Non!


CHRISTIAN rit.


Un peu plus tard, CHRISTIAN fait fondre de la gomme d'épinette dans une petite poêle avec l'aide d'ALEXANDRE.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Ha! Ha! Ha! On va le faire

fondre, et je vais le mélanger

avec le sable. Quand tu mélanges

tout ça ensemble,

ça coule pas sur le canot.

Puis, on va ajouter

du gras d'ours là-dedans.


Le dessin animé reprend. Au coeur du village, SIMON et FÉLICITÉ sont assis sur un tronc d'arbre servant de banc, devant un feu de camp.


FÉLICITÉ

Il faudrait que Françoise

vienne avec nous. Mon frère dit

que mon père est mourant.

Il tient à voir sa petite-fille.


SIMON

Je sais pas...


FÉLICITÉ

Si c'est pas maintenant,

ça sera jamais!


FRANÇOISE s'approche et s'assoit à côté de SIMON.


FÉLICITÉ

J'avais son âge

quand j'ai fait le voyage

avec toi pour venir ici

pour la première fois.


SIMON se lève.


SIMON

(S'adressant à FRANÇOISE)

Si tu viens avec nous, tu fais

mieux d'aller préparer un sac

de voyage et d'aller te coucher.


FRANÇOISE

(Se levant avec enthousiasme)

Mon sac est déjà prêt!


FRANÇOISE embrasse son père sur la joue.


FRANÇOISE

(S'éloignant)

Bonne nuit!


SIMON pousse un petit rire et passe son bras par-dessus les épaules de sa femme.


SIMON

Elle me fait penser

à une autre, celle-là!


FÉLICITÉ

Ha! La pomme ne tombe jamais

loin du pommier!


Puis, SIMON et sa famille, accompagnés du reste de l'équipage, traversent la rivière en canot. Ils parcourent la distance du Fort William jusqu'au lac Winnipeg.


FRANÇOISE

On avance bien, hein, maman?

Juste 11 jours et on est déjà

dépassés le lac Winnipeg!


FÉLICITÉ

Oui, mais on avance plus

lentement que mon frère.

Il va arriver à Chipewyan

bien avant nous. J'espère

qu'on sera pas trop tard.


SIMON

On va dresser notre camp à

droite, près de la grosse roche.


SIMON atteint la rive avec son équipage et sa famille. LUC débarque du canot en premier, puis tend sa main vers FRANÇOISE pour l'aider à descendre. Elle accepte de prendre sa main sans hésiter, puis débarque.


FRANÇOISE

Merci, Luc. T'es bien galant!


Alors que FRANÇOISE s'éloigne, LUC rougit.


SIMON

(Réprimandant)

Levasseur... On a besoin de

tes bras, pas de tes beaux yeux!


Un peu plus tard, SIMON, FÉLICITÉ, FRANÇOISE et LUC sont assis autour d'un feu de camp.


SIMON

Une autre semaine de route puis

ce sera le grand

jour pour toi, Luc.


LUC

Les gars m'en ont parlé.

Ils m'ont dit que le portage

de La Loche, c'est le plus long

et le plus difficile du voyage.


SIMON

Ha! Pas juste ça.


LUC

Quoi, alors?


SIMON

Il est tard. On va faire

comme les autres et se coucher.


SIMON et sa FEMME se lèvent.


FÉLICITÉ

(S'adressant à FRANÇOISE)

Tu viens pas te coucher?


FRANÇOISE

Oui, oui, dans un peu.


FÉLICITÉ

Veille pas trop tard.

Il faut se lever avec le soleil.


SIMON et FÉLICITÉ s'éloignent.


LUC

Qu'est-ce que ton père voulait

dire? Qu'est-ce qui va se passer

au lac La Loche?


FRANÇOISE

Ça va juste être

ton initiation.


LUC

Une initiation à quoi?


FRANÇOISE pose sa main sur celle de LUC.


FRANÇOISE

Mon père dit que quand

t'arrives au portage La Loche

pour la première fois, il faut

que tu sois initié pour devenir

un vrai voyageur.


LUC

Et qu'est-ce qu'il faut faire

pour être initié?


FRANÇOISE

(Se levant)

Ça, je le sais pas.

C'est un secret des voyageurs!

Bonne nuit!


FRANÇOISE s'éloigne en saluant LUC de la main. Ce dernier a le regard inquiet.


Sur une carte géographique, un tracé part du lac Winnipeg jusqu'au lac Laloche.


NARRATRICE

Au cours des

prochains jours, les voyageurs

poursuivent leur trajet vers

le nord. Ils arrivent enfin

à une des dernières étapes

de leur parcours, le difficile

et long portage La Loche.


Sur la carte, un tracé traversant que de la terre ferme pour atteindre la rivière Clearwater est présente.


NARRATRICE

Les voyageurs se reposent avant

d'entreprendre ce long portage

d'une vingtaine de kilomètres.


À un autre moment, au bord de la rivière, SIMON est endormi près du canot. L'autre HOMME de l'équipage se repose près d'un feu de camp, puis LUC et FRANÇOISE sont assis sur un rocher près de l'eau.


LUC

As-tu l'impression

que je suis assez bon

pour être un vrai voyageur?


FRANÇOISE

Oh oui!


LUC

Ha! Ha! Moi, quand je suis

heureux, je danse!


LUC se met debout sur le rocher.


FRANÇOISE

Tu sais giguer?


LUC

Euh, oui. Regarde ça.


LUC se met à danser sur le rocher.


FRANÇOISE

Mais fais attention!


Tout à coup, LUC glisse sur la roche et tombe dans l'eau.


LUC

(Criant)

Woh!


FRANÇOISE

Tu vois que ce n'était pas

une bonne idée de giguer

sur la roche.


Dans l'eau, LUC panique.


LUC

Ah! Je peux pas nager!


FRANÇOISE

Reste calme.


LUC panique, mais se rend compte que l'eau lui arrive jusqu'à la taille. Il marche jusqu'à la rive, vers FRANÇOISE.


LUC

Ah! Ah!

(Timide)

Ah...


LUC s'approche de FRANÇOISE, qui lui prend la main.


LUC

(Rougissant)

Miigwech.


FRANÇOISE

Si tu sais pas comment nager,

il va falloir que

je te montre comment.


Tout à coup, SIMON et deux autres de ses HOMMES s'approchent.


SIMON

C'est le temps de t'initier,

Luc. Mais...


LUC

Mais quoi?


SIMON

On arrive trop tard. Ha! Ha!

Pour t'initier, on devait

te faire plonger dans le lac!


FRANÇOISE

(S'adressant à LUC)

Mais tu as déjà plongé.


LUC

Alors, je suis un vrai

voyageur, maintenant?


SIMON

T'as été initié, mais il faut

encore que tu fasses tes preuves

jusqu'au Fort Chipewyan.


LUC

Vous pouvez compter sur moi.


SIMON

C'est ce qu'on va voir.

Le plus difficile est à venir.

D'abord, le long portage,

et ensuite les rapides.


NARRATRICE

Quelques jours

plus tard, après le long

portage, les voyageurs arrivent

finalement aux rapides.


Tous à bord du canot, ils atteignent les rapides de la rivière.


SIMON

On devrait pouvoir sauter

ce rapide-là. Concentrez-vous!

On va se faire brasser un peu.


Le canot fait chemin entre les rochers des rapides. Soudainement, la proue en percute un et tous tombent à l'eau.] Dans l'eau, LUC nage difficilement et tousse, mais FRANÇOISE arrive de justesse en nageant vers lui, puis le tire jusqu'à la rive. Allongé par terre, LUC reprend son souffle. La mère de FRANÇOISE arrive.


FÉLICITÉ

Tout le monde est sain et sauf.


FRANÇOISE

Mais on ne peut pas en dire

autant pour le canot.


Au loin, SIMON tire le canot hors de l'eau et le pose sur terre avec l'aide de ses deux HOMMES.


LUC

Ça veut dire

qu'on est pris ici.


Le dessin animé s'arrête.


Au bord de la rivière, CHRISTIAN est avec ses neveux.


CHRISTIAN PILON

Trois, deux, un,

go!


Aussitôt, CHRISTIAN et ses neveux partent en course à travers la forêt.


À un autre moment, CHRISTIAN attache une ceinture fléchée à la taille d'ALEXANDRE alors que celui-ci porte un gilet de sauvetage. CHRISTIAN serre la ceinture d'un coup sec.


CHRISTIAN PILON

Ah! Es-tu correct?


CHRISTIAN rit. Puis, lorsque ses neveux portent finalement leurs ceintures, CHRISTIAN attache la sienne à sa taille.


Puis, la conversation de CHRISTIAN et de ses neveux au bord de la rivière se poursuit.


CHRISTIAN PILON

C'est quoi qui t'a marqué,

aujourd'hui? C'est quoi

que t'as vraiment appris?


NICOLAS

Toutes les choses que tu peux

manger et faire avec la nature.


CHRISTIAN PILON

Alexandre, c'est quoi, toi, que

t'as aimé le plus, aujourd'hui?


ALEXANDRE

Faire les...


CHRISTIAN PILON

L'écorce de bouleau?


ALEXANDRE

Oui!


CHRISTIAN PILON

T'as aimé ça?


ALEXANDRE

Oui!


CHRISTIAN PILON

OK!


Un extrait de CHRISTIAN gravant le symbole de l'infini dans l'écorce du bouleau du canot, avec son couteau, est présenté.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Ton symbole métis a affaire

avec l'équilibre, l'importance

de transporter ta culture

en toi, mais aussi la partager.


Puis, un extrait de CHRISTIAN et de ses neveux amenant le canot à la rivière défile.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Ce sera le temps de parler avec

pépère et mamie pour leur poser

des questions, pour savoir.

Je pense que c'est important que

tu partages avec les plus vieux

itou, les adultes.


L'entrevue de CHRISTIAN se poursuit au bord de la rivière.


CHRISTIAN PILON

On pense

toujours que c'est les adultes

qui montrent aux jeunes,

mais c'est vraiment l'inverse:

c'est les enfants qui enseignent

les adultes.


Puis, ALEXANDRE et NICOLAS montent à bord du canot, sous la supervision de leur oncle. Puis, un extrait de CHRISTIAN appliquant la gomme d'épinette et la graisse d'ours fondue sur le canot défile. Ensuite, ALEXANDRE imite son oncle en lissant la gomme refroidie avec son doigt.


CHRISTIAN PILON

(En entrevue)

En travaillant à travers avec

le canot, les adultes, autant

que les enfants, on voit que ça

vient les chercher. On dit:

«Le canot est guéri.» C'est pas

moi qui fais ça. Non seulement

que ça les réveille, le coeur

vient plus léger, commencer

à découvrir qui est-ce qu'ils

sont, ça les pousse à l'action.

Dans le futur, on veut voir plus

les jeunes venir, mais on veut

aussi voir plus les petits vieux

et les petites vieilles venir

participer eux autres aussi.

Parce qu'ils ont des choses

à apprendre, et ils ont

des choses aussi à partager

aux plus jeunes.


Le dessin animé reprend. FRANÇOISE et sa mère sont assises autour d'un feu de camp, près du canot brisé.


FÉLICITÉ

Quand j'ai vu mon sac partir

dans le courant, mon coeur

s'est mis à battre très fort.

Si les hommes peuvent trouver

un peu d'écorce de bouleau

et de la racine d'épinette,

on aura tout ce qu'il nous faut.


FRANÇOISE, qui a encore son sac, l'ouvre pour en sortir un contenant en verre. À ce moment, SIMON arrive et pose des branches par terre.


FÉLICITÉ

Vous voilà, enfin!


SIMON

Il a fallu qu'on cherche

longtemps pour trouver

des bouleaux.


LUC arrive et s'approche de FRANÇOISE. Il lui tend des racines d'épinette.


FRANÇOISE

Et des racines d'épinette.


FÉLICITÉ

On va faire bouillir ça

tout de suite.


FRANÇOISE

On pourra réparer le canot

dès que le soleil sera levé.


NARRATRICE

Dès le lever

du jour, Françoise et Luc ont

commencé à préparer le canot.

Maintenant, ils arrivent

à la dernière étape.


FRANÇOISE et LUC se tiennent près du canot posé sur ses côtés.


FRANÇOISE

Tout ce qu'il reste à faire,

c'est de sceller les coutures.

Tu veux le faire?


LUC

J'étale la graisse d'ours?


FRANÇOISE

Oui.


Alors que LUC s'apprête à étaler la graisse d'ours, FRANÇOISE pose sa main sur celle de LUC et l'aide à faire glisser le pinceau sur l'une des coutures du canot.


LUC

J'ai jamais rencontré

une jeune femme comme toi.


FRANÇOISE

Tu veux dire, une Métis?


LUC

Pas juste ça! Tu connais

tout ce qu'il faut savoir pour

se débrouiller dans la nature!


FRANÇOISE

Ha! Je suis une fille du pays.


LUC

Une fille du pays adorable.


Tout à coup, la mère de FRANÇOISE arrive. LUC et FRANÇOISE se lâchent la main et détournent leur regard.


FÉLICITÉ

(S'approchant)

Tu fais du beau travail!

Une fois que les coutures

auront séché, on pourra

reprendre la route.


NARRATRICE

Les voyageurs

pagaient depuis plusieurs

semaines. Ils arrivent enfin

à leur destination finale.


Sur la carte géographique, un tracé allant du lac Laloche jusqu'au Fort Chipewyan est présenté.


SIMON, son équipage et sa famille atteignent la rive.


SIMON

Voilà le village.


Tous débarquent du canot.


FÉLICITÉ

Tu rentres chez toi, Françoise!

Viens, je vais te présenter

à ton grand-père.


FRANÇOISE et sa mère s'éloignent.


SIMON

Bienvenue à Chipewyan, Luc.


SIMON tapote l'épaule de LUC.


LUC

Je suis content d'être arrivé.


Au loin, FRANÇOISE salue LUC de la main. Ce dernier lui renvoie la main.


SIMON

Tu sais, mon premier hiver ici,

même s'il a duré plusieurs mois,

il a passé très vite.


LUC

Parce que tu as été

bien occupé?


SIMON

Non... Parce que je suis

tombé follement amoureux

quand j'ai rencontré Félicité.


NARRATRICE

Le premier voyage

de Luc est enfin terminé,

mais il a mené à un autre,

et ce voyage-là,

il va le faire avec Françoise,

et il sera pour la vie.


La nuit tombe sur le Fort Chipewyan.


Générique de fermeture

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